Tableaux de l'économie françaiseÉdition 2017

Les Tableaux de l'économie française s'adressent à tous ceux qui souhaitent disposer d'un aperçu rapide et actuel sur la situation économique, démographique et sociale de la France.

Insee Références
Paru le : 02/03/2017
Consulter
Sommaire

Environnement

Présentation

En 2014, la dépense de protection de l’environnement s’établit à 47,6 milliards d’euros. La gestion des déchets (36 %) et l’assainissement des eaux usées (27 %) constituent les principaux postes de ce total. Depuis 2000, cette dépense augmente de 3,5 % en moyenne annuelle, alors que la croissance du produit intérieur brut (PIB) en valeur est de 2,6 % sur cette période. Toutefois, le poids de ces dépenses reste modeste : 1,4 % du PIB.

Parmi les 47,6 milliards d'euros de dépense, les entreprises sont les principaux financeurs (41 %), suivis des administrations (31 %) puis des ménages (26 %). En 2014, selon l’ enquête annuelle sur les investissements pour protéger l’environnement (Antipol) , les établissements industriels employant 20 salariés ou plus ont consacré 1,6 milliard d’euros à des investissements ou des études pour protéger l’environnement. Les secteurs de l'énergie, de l’industrie agroalimentaire et de la chimie, dont les activités sont davantage susceptibles d’affecter l’environnement, contribuent pour près de 60 % à ces investissements. Plus du tiers des montants investis visent à protéger la qualité de l’air ou à limiter les émissions de gaz à effet de serre. Les administrations soutiennent de nombreuses dépenses comme les mesures agro-environnementales, le bonus-malus sur les véhicules, les subventions aux agences de l'eau. Les dépenses des ménages concernent principalement l'eau et les déchets via leurs factures d'eau et la taxation des déchets.

L’environnement occupe une place croissante dans l’appareil de formation initiale tant par le nombre de diplômes proposés que par le nombre d’inscrits. Malgré des effectifs légèrement en baisse sur l'année scolaire 2014-2015, les formations environnementales restent attractives avec 94 900 élèves et étudiants. La création de nouveaux diplômes contribue à la progression des effectifs. L’offre de formations environnementales se concentre majoritairement sur les domaines « traditionnellement » environnementaux que sont le domaine de l'énergie, la prévention des pollutions et la protection de la nature.

La qualité de l’air, liée à la baisse des émissions, s’est améliorée ces quinze dernières années. Les concentrations moyennes de polluants diminuent et les dépassements des normes pour la protection de la santé concernent moins de zones. Ces améliorations sont cependant fragiles car elles dépendent pour partie des conditions météorologiques.

Les sols artificialisés , 9,3 % du territoire, continuent de s'étendre sous l'effet de la poussée de l'urbanisation, mais leur progression semble se stabiliser depuis 2008. Quant aux aires protégées françaises, elles ont progressé en nombre et en surface sur la période 1998-2015. Début 2015, les surfaces sous protections réglementaires couvrent 1,4 % du territoire métropolitain et 28,7 % du territoire des DOM.

Tableaux et graphiques

Occupation physique du territoire

en milliers d'hectares
Occupation physique du territoire
2006 2010 2014
Sols bâtis 756 833 923
Sols revêtus ou stabilisés 2 160 2 324 2 456
Autres sols artificialisés 1 653 1 736 1 725
Sols agricoles 28 591 28 259 28 030
Sols boisés 17 042 16 994 17 033
Landes 2 787 2 856 2 815
Sols nus naturels 942 967 967
Zones humides et sous les eaux 864 901 915
Zones interdites 125 50 55
Surface totale 54 919 54 919 54 919
dont surfaces artificialisées en % 8,3 8,9 9,3
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : SSP, enquêtes Teruti et Teruti-Lucas.

Espaces protégés et gérés en 2016

Espaces protégés et gérés en 2016
Types d'espace France métropolitaine DOM France
Nombre Surface totale en km² Nombre Surface totale en km² Nombre Surface totale en km²
Arrêtés préfectoraux de protection de biotope 808 1 602 36 316 844 1 918
Zones relevant de la Convention de Ramsar 32 7 684 5 2 753 37 10 436
Réserves de biosphère (zone centrale, zone tampon et aires de coopération) 11 38 484 1 2 470 12 40 955
Sites Natura 2000 nd 111 640 /// /// /// ///
dont : ZPS au titre de la directive « Oiseaux »1 392 79 066 /// /// /// ///
          propositions de SIC et de ZSC au titre de la directive « Habitats »2 3 1 364 75 573 /// /// /// ///
Parcs nationaux 7 14 388 3 38 232 10 52 620
dont cœurs de parc 7 4 097 3 21 508 10 25 605
Réserves naturelles nationales et de Corse 157 2 594 13 3 040 170 5 634
Réserves nationales de chasse et de faune sauvage 9 360 0 0 9 360
Réserves biologiques domaniales ou forestières 235 426 10 1 274 245 1 700
Parcs naturels régionaux (PNR) 49 80 935 2 6 968 51 87 903
Parc naturel marin 4 11 896 1 68 313 5 80 209
  • nd : donnée non disponible.
  • /// : absence de résultat due à la nature des choses.
  • 1. ZPS : Zones de protection spéciale.
  • 2. SIC : Sites d'intérêt communautaire.
  • 3. ZSC : Zone spéciale de conservation.
  • Source : SOeS.

Occupation physique des sols de l'Union européenne en 2012

en % de la superficie totale
Occupation physique des sols de l'Union européenne en 2012
Forêts1 Sols cultivés Prairies Eaux et zones humides Zones artificielles2 Landes3 Sols nus3
Allemagne 33 33 23 2 8 1 1
Autriche 48 18 23 2 6 1 3
Belgique 25 28 32 1 13 0 0
Bulgarie 43 32 17 1 2 4 1
Chypre 30 19 15 1 7 21 7
Danemark 18 49 21 2 7 1 1
Espagne 37 28 14 1 4 12 5
Estonie 61 11 16 7 2 2 1
Finlande 72 5 4 16 2 1 1
France 32 31 27 2 6 2 1
Grèce 37 23 11 2 4 19 3
Hongrie 24 47 19 3 4 2 1
Irlande 13 5 67 7 4 2 2
Italie 35 32 15 3 8 5 2
Lettonie 56 14 21 6 2 1 1
Lituanie 39 27 27 4 3 0 1
Luxembourg 31 18 37 1 12 0 1
Malte 5 27 11 1 33 15 8
Pays-Bas 13 23 38 11 12 2 1
Pologne 36 34 22 2 4 1 1
Portugal 44 18 15 2 6 12 3
Rép. tchèque 39 34 20 2 4 1 1
Roumanie 31 36 25 3 2 2 1
Royaume-Uni 20 22 40 5 7 6 1
Slovaquie 46 28 19 1 3 2 1
Slovénie 60 12 21 1 4 1 1
Suède 76 4 5 12 2 1 1
UE à 27 41 25 20 5 5 4 2
  • 1. Y c. autres zones boisées.
  • 2. Les zones artificielles comprennent les constructions couvertes, les zones construites non-bâties et les équipements linéaires (routes et voies ferrées).
  • 3. Les landes sont des zones dominées par des arbustes et des plantes ligneuses, les sols nus des zones sans végétation ou recouvertes de lichens.
  • Source : Eurostat.

Dépenses liées à l'environnement

en millions d'euros courants
Dépenses liées à l'environnement
2000 (r) 2010 (r) 2014 (p)
Protection de l'environnement (1) 29 508 44 427 47 645
Air 1 665 3 373 2 757
Eaux usées 9 838 12 753 12 708
Déchets 9 316 14 927 17 040
Sol, eaux souterraines et de surface 715 1 642 1 541
Bruit 1 544 1 911 1 910
Biodiversité et paysages 1 159 1 750 2 147
Déchets radioactifs 570 729 653
Recherche et développement 3 083 3 587 5 006
Administration générale 1 617 3 754 3 883
Dépense de gestion des ressources (2) 13 829 19 494 20 601
Adduction en eau potable 10 423 13 955 13 889
Récupération 3 406 5 539 6 713
Dépense liée à l'environnement (1)+(2) 43 337 63 921 68 246
Espaces verts urbains 2 131 3 188 3 822
Énergies renouvelables nd 23 848 24 913
  • nd : donnée non disponible.
  • p : données provisoires.
  • r : données révisées.
  • Source : SOeS.

Définitions

Biodiversité : définie par la Convention sur la diversité biologique comme la variabilité des êtres vivants de toute origine y compris, entre autres, les écosystèmes aquatiques et les complexes écologiques dont ils font partie. Cela comprend la diversité au sein des espèces ainsi que celle des écosystèmes. Le concept de biodiversité concerne donc toutes les composantes et les variations du monde vivant. Les scientifiques distinguent trois niveaux d’organisation : la diversité écologique (les écosystèmes), la diversité spécifique (les espèces) et la diversité génétique (les gènes). Une autre composante essentielle et constitutive de la biodiversité sont les interactions au sein et entre chacun de ces trois niveaux.

Convention de Ramsar : la Convention sur les zones humides, signée à Ramsar, en Iran, en 1971, est un traité intergouvernemental qui sert de cadre à l’action nationale et à la coopération internationale pour la conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides et de leurs ressources.

Dépense de protection de l’environnement : effort financier que consacrent les différents agents à la prévention, la réduction ou la suppression des dégradations de l’environnement. Elle comprend la protection de l’air ambiant et du climat, la gestion des eaux usées, la collecte et le traitement des déchets (y compris les déchets radioactifs de faible activité, le compostage, le nettoyage et le balayage de la voirie), la protection et l’assainissement du sol, des eaux souterraines et des eaux de surface, la lutte contre le bruit et les vibrations (à l’exclusion de la protection des lieux de travail), la protection de la biodiversité et des paysages, la protection contre les radiations (à l’exclusion de la sécurité extérieure), la recherche et développement en environnement, ainsi que les autres activités de protection de l’environnement, dont l’administration et la gestion générales. Les activités de gestion et d’utilisation des ressources ne sont pas incluses dans cette dépense. De même, les mesures en faveur de la maîtrise de l’énergie ou du développement des énergies renouvelables, les activités de récupération, recyclage ne sont par exemple pas prises en compte dans la dépense de protection de l’environnement.

Enquête annuelle sur les investissements pour protéger l’environnement (Antipol) : porte sur les investissements dans des matériels entièrement dédiés à la protection de l’environnement, ainsi que dans des achats d’équipements de production plus performants en matière environnementale. Les investissements de renouvellement des équipements qui ne sont pas dédiés à lutter contre la pollution, mais qui bénéficient de technologies plus propres, réduisant les nuisances environnementales, ne font pas partie du champ de l’enquête. L'enquête couvre les établissements de 20 salariés ou plus implantés en France, appartenant aux secteurs des industries extractives, manufacturières et de la production et distribution d’électricité, de gaz, de vapeur et d’air conditionné (divisions 05 à 35 de la NAF rév. 2). L’échantillon est composé de 10 725 établissements ; le taux de sondage est de 48 %.

Parc national : territoire classé en Conseil d’État, sur lequel la conservation de la faune, de la flore, du sol, du sous-sol, de l’atmosphère, des eaux et en général d’un milieu naturel présente un intérêt spécial. Il importe de le préserver contre toute dégradation et de le soustraire à toute intervention artificielle susceptible d’en altérer l’aspect, la composition et l’évolution. La nouvelle loi d’avril 2006 introduit les notions de « cœur » et d’« aire d’adhésion », nouvelles appellations respectivement pour la zone centrale et la zone périphérique. Cette loi prévoit pour chaque parc la mise en place d’une charte, plan de préservation et d’aménagement conçu comme un projet de territoire (description des mesures de protection stricte dans le cœur et des aménagements autorisés dans l’aire d’adhésion).

Parc naturel régional (PNR) : territoire classé en Conseil d’État pour protéger et mettre en valeur de grands espaces ruraux habités. Peut être classé parc naturel régional un territoire à dominante rurale dont les paysages, les milieux naturels et le patrimoine culturel sont de grande qualité mais dont l’équilibre est fragile. Un parc naturel régional s’organise autour d’un projet concerté de développement durable, fondé sur la protection et la valorisation de son patrimoine naturel et culturel.

Sol artificialisé : surface retirée de son état naturel (friche, prairie naturelle, zone humide etc.), forestier ou agricole, qu’elle soit bâtie ou non et qu’elle soit revêtue (exemple : parking) ou non (exemple : jardin de maison pavillonnaire). Les surfaces artificialisées incluent donc également les espaces artificialisés non bâtis (espaces verts urbains, équipements sportifs et de loisirs etc.) et peuvent se situer hors des aires urbaines, à la périphérie de villes de moindre importance voire de villages, à proximité des dessertes du réseau d’infrastructures ou encore en pleine campagne (phénomène d’urbanisme diffus).