Tableaux de l'économie françaiseÉdition 2017

Les Tableaux de l'économie française s'adressent à tous ceux qui souhaitent disposer d'un aperçu rapide et actuel sur la situation économique, démographique et sociale de la France.

Insee Références
Paru le : 02/03/2017
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Sommaire

Monnaie - Crédit

Présentation

À la fin 2015, l’endettement des agents non financiers (ANF) résidents s’établit à 4 818,8 milliards d’euros (Md€), en hausse de 3,8 % sur l’année, après + 4,2 % en 2014. La dette des administrations publiques (APU) augmente moins fortement en 2015 de même que, dans une moindre mesure, celle des sociétés non financières. En revanche, l’accroissement de la dette des ménages – y compris les institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM) – se renforce. Exprimés en proportion du PIB, le ratio d’endettement des ménages et celui des APU croissent respectivement de 0,7 et 0,9 point, atteignant 55,9 % pour le premier et 96,2 % pour le second. Parallèlement, celui des sociétés non financières (SNF) s’accroît de 2,7 points pour s’établir à 69,0 %.

S’agissant des formes d’endettement des SNF, l’encours de crédits obtenus auprès des institutions financières accélère, mais sa hausse reste plus modérée que pour les titres de créance. Les grandes entreprises continuent ainsi de recourir au financement de marché, à un rythme moins soutenu toutefois qu’en 2014. Ce fléchissement concerne à la fois les titres de long terme et de court terme, dont l’encours croît respectivement de 7,3 %, et de 14,1 %. In fine, la part des titres de créance émis par les SNF (557 Md€) dans leur endettement total croît légèrement en 2015 (37,0 % contre 36,4 % en 2014).

Le taux de croissance annuel des crédits aux ménages progresse de 3,3 %. Les ménages contractent davantage de crédits à l’habitat. En effet, l’environnement de taux bas et la légère diminution des prix de l’immobilier favorisent la reprise des transactions.

L’endettement bancaire des APU continue de ralentir en lien avec le cycle d’investissement des collectivités locales. L’encours des titres de créances à long terme qu’elles émettent croît de 5,0 % en 2015. Dans le même temps, les APU augmentent leurs remboursements nets de titres de créance à court terme dont l’encours baisse de 9,9 %.

La croissance monétaire est demeurée robuste, tandis que celle des prêts se redresse de manière progressive seulement. Les sources d’origine interne de la création monétaire continuent d’être le principal moteur de la progression de la monnaie au sens large. Le bas niveau des taux d’intérêt , ainsi que les effets des opérations de refinancement à plus long terme ciblées et du programme étendu d’achats d’actifs de la Banque Centrale Européenne ont contribué au renforcement de la dynamique de la monnaie et du crédit. L’amélioration des conditions de distribution du crédit a continué de soutenir le rebond de la croissance des prêts. Le flux annuel global du financement externe des sociétés non financières aurait encore augmenté au quatrième trimestre 2015, après s’être stabilisé au cours des deux trimestres précédents.

Tableaux et graphiques

Endettement des agents non financiers en 2015

en fin d'année en milliards d'euros
Endettement des agents non financiers en 2015
Encours 15/14 en %
Endettement des agents non financiers 4 818,8 3,8
Ménages et ISBLSM 1 218,4 3,1
Sociétés non financières 1 503,0 5,8
Administrations publiques1 2 097,4 2,8
Crédits auprès des Institutions financières2 2 463,8 3,5
Ménages et ISBLSM 1 218,4 3,1
Sociétés non financières 948,1 5,0
Administrations publiques 297,3 0,7
Dépôts au passif du Trésor3 39,2 -2,2
Financements de marché 2 315,8 4,2
Sociétés non financières 554,9 7,3
   Titres de créance à court terme 33,4 13,5
   Titres de créance à long terme 521,5 7,0
Administrations publiques 1 760,9 3,3
   Titres de créance à court terme 177,4 -9,8
   Titres de créance à long terme 1 583,5 5,0
  • 1. Dette publique au sens de Maastricht.
  • 2. Institutions financières monétaires et les autres intermédiaires financiers (organismes de titrisation, etc.).
  • 3. Dépôts auprès du Trésor pour toutes les contreparties autres que les administrations publiques.
  • Sources : Banque de France ; Insee, comptes nationaux - base 2010.

Principaux indicateurs monétaires et financiers en France et dans la zone euro

glissement annuel de déc. à déc. en %
Principaux indicateurs monétaires et financiers en France et dans la zone euro
2012 (r) 2013 (r) 2014 (r) 2015
M1
Zone euro 6,5 5,8 8,1 10,4
France (contribution) 2,8 3,4 8,6 14,8
M2
Zone euro 4,5 2,5 3,8 5,0
France (contribution) 5,2 2,3 3,5 6,7
M3
Zone euro 3,5 1,0 3,8 4,5
France (contribution) 2,4 0,8 3,6 3,3
Crédits au secteur privé
Zone euro1 -0,5 -2,4 -0,3 0,6
France2 2,5 0,7 2,6 3,0
  • r : données révisées.
  • 1. Crédits (y c. crédits titrisés, hors opérations vis-à-vis des chambres de compensation) consentis par les institutions financières monétaires (IFM) résidant dans la zone euro aux résidents de la zone euro hors IFM et hors APU.
  • 2. Crédits (y c. crédits titrisés) consentis par les institutions financières monétaires (IFM) résidant en France aux résidents français hors IFM et hors APU.
  • Note : données corrigées des effets saisonniers et calendaires.
  • Sources : Banque de France ; Banque centrale européenne.

Crédits des établissements de crédit implantés en France à des résidents français

encours en fin d'année en milliards d'euros
Crédits des établissements de crédit implantés en France à des résidents français
2013 2014 2015
Crédits aux résidents par secteur bénéficiaire
Secteur privé (y compris titrisation) 2 114,9 2 167,7 2 229,0
Administrations publiques 213,1 214,7 217,0
Total 2 328,1 2 382,4 2 445,9
Crédits aux sociétés non financières
Investissement 568,0 581,7 605,3
Trésorerie 167,5 175,6 197,0
Autres objets 81,3 81,1 71,8
Total 816,7 838,4 874,1
Crédits aux ménages
Habitat 907,0 927,4 964,0
Trésorerie 157,3 159,5 165,1
Autres objets 92,3 91,5 88,6
Total 1 156,6 1 178,4 1 217,7
  • Source : Banque de France.

Dépôts et dépôts à terme

encours en fin d'année en milliards d'euros
Dépôts et dépôts à terme
2000 2014 2015
Dépôts à vue 333,5 669,8 766,5
dont : ménages1 144,0 314,2 348,5
          sociétés non financières 105,6 254,1 296,2
Comptes sur livret 274,6 615,8 608,0
dont : livrets A et bleus 115,3 260,0 253,0
          livrets soumis à l'impôt 46,1 169,5 171,6
Dépôts à terme de 2 ans ou moins 56,5 156,3 135,4
Dépôts à terme de plus de 2 ans 279,8 456,5 495,4
dont ménages1 274,3 289,6 318,9
         dont plans d'épargne logement 190,3 215,9 239,9
  • 1. Ménages et institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM).
  • Source : Banque de France.

Taux d'intérêt à court et à long terme par pays

taux moyen annuel en %
Taux d'intérêt à court et à long terme par pays
1999 2014 2015
France
   Court terme 2,96 0,21 -0,02
   Long terme 4,61 1,67 0,84
Zone euro
   Court terme 2,96 0,21 -0,02
   Long terme 4,66 2,28 1,27
Royaume-Uni
   Court terme 5,45 0,54 0,55
   Long terme 5,09 2,57 1,90
États-Unis
   Court terme 5,33 0,12 0,23
   Long terme 5,64 2,54 2,14
Japon
   Court terme /// 0,20 0,17
   Long terme 1,75 0,52 0,35
  • /// : absence de résultat due à la nature des choses.
  • Note : les taux interbancaires à trois mois (taux à court terme) sont identiques pour tous les pays de la zone euro. Les taux à long terme sont les taux se référant au rendement des obligations d'État.
  • Source : OCDE.

Ratios de dette des agents non financiers

en % du PIB
Ratios de dette des agents non financiers
Dette des ménages et ISBLSM Dette des SNF, valeur nominale Dette des administrations publiques au sens de Maastricht
2004 38,0 50,1 65,7
2005 40,8 51,1 67,2
2006 43,3 51,3 64,4
2007 45,7 53,1 64,4
2008 47,7 57,1 68,1
2009 51,7 60,2 79,0
2010 52,9 60,3 81,7
2011 54,0 62,3 85,2
2012 54,5 63,6 89,6
2013 54,8 63,4 92,4
2014 55,1 66,3 95,3
2015 55,9 69,0 96,2
  • Sources : Banque de France ; Insee, comptes nationaux - base 2010.

Ratios de dette des agents non financiers

Définitions

Administrations publiques (APU) : ensemble des unités institutionnelles dont la fonction principale est de produire des services non marchands ou d'effectuer des opérations de redistribution du revenu et des richesses nationales. Elles tirent la majeure partie de leurs ressources de contributions obligatoires. Le secteur des administrations publiques comprend les administrations publiques centrales, les administrations publiques locales et les administrations de sécurité sociale.

Agents non financiers (ANF) résidents : ensemble regroupant les ménages, les institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM), les sociétés non financières et les administrations publiques.

Agrégats monétaires (M1, M2, M3) : recensent les avoirs financiers les plus liquides des agents non financiers de la zone euro. L’agrégat M1 est composé des moyens de paiements (dépôts à vue et billets et pièces). M2 comprend, en plus de M1, les dépôts à court terme (comptes sur livrets). M3 inclut, outre M2, les instruments négociables détenus sur des institutions monétaires (notamment titres d’OPCVM monétaires et certificats de dépôts).

Dépôt à terme : dépôt de fonds sur une durée et avec un taux d’intérêt déterminé à l’avance.

Dépôt à vue : dépôt de fonds dont la disponibilité est immédiate. Il peut être rémunéré. Un compte courant est un dépôt à vue.

Fonds européen de stabilité financière (FESF) : communément appelé Fonds de secours européen, est un fonds de stabilisation, sous la forme d’un fonds commun de créance, approuvé par les États membres de l’Union européenne le 9 mai 2010.

Institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM) : ensemble des unités privées dotées de la personnalité juridique qui produisent des biens et services non marchands au profit des ménages. Leurs ressources principales proviennent de contributions volontaires en espèces ou en nature effectuées par les ménages en leur qualité de consommateurs, de versements provenant des administrations publiques, ainsi que de revenus de la propriété.

Organisme de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) : intermédiaire financier qui donne à ses souscripteurs la possibilité de diversifier leurs investissements en particulier sur des marchés financiers auxquels ils n'auraient que difficilement accès autrement. L'activité principale des OPCVM consiste à collecter des fonds en émettant des titres financiers auprès de divers agents (particuliers, entreprises, etc.) en vue d'acquérir certains actifs financiers. On distingue traditionnellement deux grandes catégories d'OPCVM selon leur mode d'organisation : d'une part, les sociétés d'investissement à capital variable (SICAV) qui sont des sociétés avec conseil d'administration et, d'autre part, les fonds communs de placement (FCP) ainsi que leurs déclinaisons (fonds commun de placement en entreprises, etc.) qui n'ont pas de personnalité juridique et qui sont créés à l'instigation d'une société de gestion et d'une banque dépositaire.

Sociétés non financières (SNF) : ensemble des unités institutionnelles qui sont des producteurs marchands dont la fonction principale consiste à produire des biens et des services non financiers, et dont les opérations de répartition et les opérations financières sont séparées de celles de leurs propriétaires.

Taux d’intérêt : indique le prix à payer par un emprunteur pour disposer d’une somme d’argent. Par rapport au taux d’intérêt nominal, le taux d’intérêt réel tient compte des fluctuations de valeur de la monnaie. Les taux d’intérêt à court terme sont en général associés au bons du Trésor ou à des instruments comparables ayant une échéance à trois mois. Ils sont fixés par l’autorité monétaire (e.g. la Banque centrale européenne pour la zone euro). Les taux d’intérêt à long terme sont souvent associés aux obligations à 10 ans (des instruments dont l’échéance est à 5 ans ou 30 ans peuvent également entrer dans cette catégorie). L’Union européenne retient comme référence les bons du Trésor à 10 ans pour déterminer le taux d’intérêt à long terme. Le niveau des taux d’intérêt à long terme est déterminé par des mécanismes de marchés.

Ratios d’endettement : leur suivi permet d’apprécier l’adéquation des financements obtenus sous forme d’emprunts par les agents économiques aux évolutions de l’économie réelle. La répartition par instruments des financements obtenus (crédits, titres de créance) fournit des indications sur les substitutions entre les différentes formes d’endettement.