Tableaux de l'économie françaiseÉdition 2017

Les Tableaux de l'économie française s'adressent à tous ceux qui souhaitent disposer d'un aperçu rapide et actuel sur la situation économique, démographique et sociale de la France.

Insee Références
Paru le : 02/03/2017
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Sommaire

Salaire minimum - Coût du travail

Présentation

Au 1er janvier 2016, le montant mensuel brut du salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) est de 1 466,6 euros pour 151,67 heures de travail, soit une revalorisation de 0,6 % entre janvier 2015 et janvier 2016. En dix ans, le Smic horaire brut a augmenté de 17 %, passant de 8,27 euros en juillet 2006 à 9,67 euros en 2016, dans le même temps les prix augmentaient de 12 %. Le minimum de traitement brut dans la fonction publique s'élève à 1439,4 euros au 1er juillet 2016.

Au 1er janvier 2016, 1,6 million de salariés des entreprises du secteur concurrentiel (hors apprentis et intérimaires) bénéficient de la revalorisation du Smic, soit 10,5 % des salariés de ces entreprises. La proportion de salariés ayant bénéficié de la revalorisation du Smic au 1er janvier 2016 est légèrement inférieure à celle du 1er janvier 2015 (11,1 % soit – 0,6 point). La proportion de bénéficiaires de la revalorisation du Smic baisse dans plus de la moitié des branches professionnelles et des secteurs d’activité. Le recul est le plus marqué dans les regroupements de branches du « commerce principalement alimentaire » et dans l'« agro-alimentaire ». Cette proportion baisse également dans le « commerce - réparation d’automobiles et de motocycles » et la « santé humaine-action sociale » mais augmente fortement dans l'« hébergement-restauration ». Au 1er janvier 2016, la proportion de salariés concernés par la revalorisation du Smic reste la plus importante dans l’« hébergement-restauration » (38 %). La part des bénéficiaires de la revalorisation du Smic est beaucoup plus élevée pour les salariés à temps partiel que ceux à temps complet (24 % contre 7 %) et dans les entreprises de moins de dix salariés (24 % contre 7 % pour celles de dix salariés ou plus).

La France fait partie des pays de l’Union européenne dont le coût horaire de la main-d'œuvre est élevé (35,1 euros en 2015 pour l’ensemble de l’industrie, de la construction et des services, hors administration publique et hors apprentis). Elle se situe derrière le Danemark, la Belgique, la Suède et le Luxembourg. Le coût horaire du travail est souvent plus élevé dans les secteurs où la main-d’œuvre est plus qualifiée et qui concentrent les plus grandes entreprises, comme l’« énergie » ou les « activités financières et d’assurance ». En revanche, il est le plus faible dans l’« hébergement-restauration », qui emploie une main-d’œuvre peu qualifiée et bénéficie donc davantage des allègements de cotisations sur les bas salaires. En France, le coût du travail dans le secteur marchand non agricole dont l'évolution est mesurée par l'indice du coût du travail - salaires et charges, a ralenti pour se stabiliser à un rythme de progression proche de 1 % en 2015, en moyenne annuelle. Plusieurs mesures ont contribué à cette modération, notamment par la mise en place en 2013 du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) , puis en 2015, dans le cadre du Pacte de responsabilité et de solidarité, la baisse du taux de cotisation patronale pour les salaires inférieurs à 1,6 Smic.

Tableaux et graphiques

Montant brut du Smic

en euros
Montant brut du Smic
Smic horaire Smic mensuel pour 151,67 heures de travail Hausse en %
2012 (au 1er janvier) 9,22 1 398,4 0,3
2012 (au 1er juillet) 9,40 1 425,7 2,0
2013 (au 1er janvier) 9,43 1 430,2 0,3
2014 (au 1er janvier) 9,53 1 445,4 1,1
2015 (au 1er janvier) 9,61 1 457,5 0,8
2016 (au 1er janvier) 9,67 1 466,6 0,6
2017 (au 1er janvier) 9,76 1 480,3 0,9
  • Source : ministère du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social.

Pouvoir d'achat du Smic et du salaire horaire de base ouvrier et employé

Pouvoir d'achat du Smic et du salaire horaire de base ouvrier et employé
1990 1995 2000 2005 2010 2013 2014 2015
Smic horaire brut en moyenne annuelle (en euros) 4,70 5,53 6,31 7,82 8,86 9,43 9,53 9,61
Évolution en moyenne annuelle du pouvoir d'achat (en %)
  Du Smic horaire brut 0,8 1,4 0,5 3,8 – 0,5 0,4 0,6 0,8
  Du Smic horaire net1 0,9 1,1 0,5 3,9 – 0,3 0,3 0,3 0,7
  Du salaire horaire de base des ouvriers et employés2 1,5 0,7 3,4 1,2 0,4 0,9 0,9 1,2
Indice des prix à la consommation3 3,4 1,7 1,7 1,8 1,5 0,9 0,5 0,0
  • 1. CSG et CRDS non déduites.
  • 2. L'indice de salaire horaire de base des ouvriers et employés (SHBOE) remplace l'indice de salaire horaire de base des ouvriers (SHBO) depuis 2013. Le SHBO avait remplacé à partir de décembre 1998 le taux de salaire horaire des ouvriers.
  • 3. Y c. tabac.
  • Sources : Dares ; Insee.

Salariés ayant bénéficié de la revalorisation du Smic de 2016

en %
Salariés ayant bénéficié de la revalorisation du Smic de 2016
Au 1er janvier Ensemble des salariés Salariés à temps partiel
Industries extractives 3,4 ns
Industrie manufacturière 5,2 14,7
Production et distribution d'énergie1 0,5 1,2
Production et distrib. d'eau ; assainiss.2 1,9 3,8
Construction 8,2 22,9
Commerce ; réparation d'auto. et de moto. 11,4 23,6
Transports et entreposage 5,7 7,7
Hébergement et restauration 38,3 61,8
Information et communication 2,5 7,2
Activités financières et d'assurance 2,9 7,9
Activités immobilières 11,1 24,0
Act. spécialisées, scient. et techniques 6,0 21,8
Activités de services adm. et de soutien 12,0 13,0
Enseignement (hors enseig. public) 7,7 9,3
Santé humaine et action sociale3 20,0 30,1
Arts, spectacles et act. récréatives 14,2 18,8
Autres activités de services 22,3 32,7
Ensemble 10,5 24,3
  • ns : donnée non significative.
  • 1. Électricité, gaz, vapeur et air conditionné.
  • 2. Y c. gestion des déchets et dépollution.
  • 3. Hors fonction publique hospitalière et associations de loi 1901 de l’action sociale.
  • Champ : France métropolitaine ; ensemble des salariés sauf apprentis, stagiaires, intérimaires ; ensemble des secteurs sauf agriculture, administration, syndicats de copropriété, associations de loi 1901 de l’action sociale, activités des ménages, activités extraterritoriales.
  • Source : Dares, enquêtes Acemo.

Salaire mensuel minimum et coût horaire de la main d'œuvre dans l'UE

Salaire mensuel minimum et coût horaire de la main d'œuvre dans l'UE
Salaire minimum brut en euros par mois1 Coût de la main d'œuvre en 2015
2015 2016 en euros par heure2
Allemagne (r) 1 440 1 440 32,2
Autriche /// /// 32,4
Belgique 1 502 1 502 39,1
Bulgarie 184 215 4,1
Chypre /// /// 15,6
Croatie 396 408 9,6
Danemark /// /// 41,3
Espagne 757 764 21,2
Estonie 390 430 10,3
Finlande /// /// 33,0
France 1 458 1 467 35,1
Grèce 684 684 nd
Hongrie 333 351 7,5
Irlande 1 462 1 546 30,0
Italie /// /// 28,1
Lettonie 360 370 7,1
Lituanie 300 350 6,8
Luxembourg 1 923 1 923 36,2
Malte 720 728 13,0
Pays-Bas 1 502 1 525 34,1
Pologne 410 434 8,6
Portugal 589 618 13,2
Rép. tchèque 332 366 9,9
Roumanie 218 232 5,0
Royaume-Uni 1 379 1 512 25,7
Slovaquie 380 405 10,0
Slovénie 791 791 15,8
Suède /// /// 37,4
  • nd : donnée non disponible.
  • r : donnée révisée.
  • /// : absence de résultat due à la nature des choses.
  • 1. Au 1er semestre de l'année considérée.
  • 2. Coût horaire par salarié en équivalent-temps plein (hors apprentis) dans les entreprises de l'industrie de la construction et des services (hors administration publique, défense et sécurité sociale obligatoire).
  • Source : Eurostat.

Évolution du salaire moyen et du salaire minimum de 1982 à 2014

indices (base 100 en 1951) en euros constants
Évolution du salaire moyen et du salaire minimum de 1982 à 2014
Salaire minimum pour 39 h hebdomadaires Salaire moyen Salaire minimum pour 35 h hebdomadaires
1982 285 307
1983 289 310
1984 290 309
1985 291 313
1986 291 321
1987 291 320
1988 289 320
1989 287 323
1990 290 328
1991 295 330
1992 297 330
1993 295 328
1994 293 328
1995 296 329
1996 296 328
1997 302 331
1998 311 334
1999 314 339
2000 315 341
2001 322 342 289
2002 326 345 293
2003 331 344 297
2004 342 345 307
2005 354 348 318
2006 348 326
2007 353 329
2008 354 330
2009 358 335
2010 362 335
2011 363 334
2012 361 338
2013 360 339
2014 362 341
  • r : données révisées.
  • Note : de 2000 à 2005, le salaire minimum est représenté à la fois pour 39 heures et pour 35 heures. À partir de 2006, seul le salaire minimum pour 35 heures demeure représenté.
  • Champ : salariés à temps complet du secteur privé et des entreprises publiques, y c. les apprentis et les stagiaires ; salaires nets de prélèvements.
  • Source : Insee.

Évolution du salaire moyen et du salaire minimum de 1982 à 2014

Coût horaire du travail selon l'activité en 2015

en euros
Coût horaire du travail selon l'activité en 2015
2000 2008 2015
Industrie 25,4 33,1 37,6
Construction 22,1 28,0 30,5
Services marchands 24,7 31,7 35,5
Ensemble marchand 24,4 31,8 35,7
  • Champ : ensemble des secteurs marchands (secteurs B à N de la Nace), entreprises de 10 salariés ou plus, apprentis inclus.
  • Source : Eurostat, données annuelles du coût de la main-d'oeuvre.

Coût horaire du travail selon l'activité

Définitions

Coût de la main-d’œuvre : comprend l’ensemble des dépenses directement liées à l’emploi de salariés. Il s’agit en premier lieu de la rémunération assimilable à du salaire (le salaire brut, les primes, les avantages en nature) : une partie rémunère des heures effectivement travaillées, l’autre des congés. S’y ajoute l’épargne salariale (participation, intéressement, abondement de l’employeur au plan d’épargne entreprise ou au Perco). Les autres composantes du coût du travail sont principalement les cotisations - obligatoires, conventionnelles ou facultatives - de protection sociale à la charge de l’employeur (sécurité sociale, chômage, retraite, prévoyance, mais aussi indemnités de départ), et les autres charges assises sur les salaires et l’emploi salarié (participation à la formation professionnelle continue, à l’effort de construction, taxe sur les salaires, etc.), taxes nettes de subventions et d’allègements. Le coût horaire moyen de la main-d’œuvre dans un établissement est le rapport entre l’ensemble des dépenses liées à l’emploi de salariés et le total des heures effectivement travaillées par les salariés de cet établissement. Les effectifs retenus sont constitués des salariés ayant eu un contrat de travail durant l’année, permanent, occasionnel ou saisonnier, à temps partiel ou à temps complet, y compris les apprentis. Les effectifs salariés sont comptés en équivalent-temps plein (EQTP) sur l’année, c’est-à-dire au prorata de leur durée d’emploi dans l’année et de leur quotité d’emploi lorsqu’ils sont à temps partiel : un salarié ayant travaillé 6 mois à mi-temps compte ainsi pour 1/4 dans les effectifs.

Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) : à compter du 1er janvier 2013, les salaires versés par les entreprises ouvrent droit à un crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, le CICE. L’assiette du CICE est constituée des rémunérations brutes soumises aux cotisations sociales versées au cours d’une année civile dans la limite de 2,5 fois le salaire minimum légal (Smic). Le taux du crédit d’impôt est de 4 % pour les rémunérations versées au titre de 2013 (première année d’application) et de 6 % pour celles versées au titre des années suivantes. Le CICE s’impute sur les sommes dues par les entreprises au titre de l’impôt sur les sociétés (IS) ou de l’impôt sur le revenu (IR) pour les entreprises qui ne sont pas assujetties à l’IS. De manière générale, le CICE dû au titre d’une année donnée s’impute sur l’impôt dû au titre du même exercice. Ainsi, le CICE calculé au titre des rémunérations versées en 2013 doit être imputé sur l’impôt dû au titre de l’exercice 2013.

Minimum mensuel garanti dans la fonction publique : joue, dans la fonction publique, un rôle analogue à celui du Smic dans le secteur privé. Il correspond au traitement afférent à l’indice majoré 309 depuis le 1er janvier 2013. De plus, aucun agent public ne peut percevoir une rémunération inférieure au Smic. Une indemnité différentielle est donc versée à l’agent dont le traitement indiciaire (y compris les avantages en nature) est inférieur, pour un temps complet, au montant du Smic mensuel brut.

Salaire horaire de base ouvrier et employé (SHBOE) : il s'agit du salaire horaire brut de base, avant déduction des cotisations sociales et avant versement de prestations sociales dont les salariés pourraient bénéficier, pour la population des ouvriers et employés. Le salaire horaire de base ouvrier et employé (SHBOE) ne comprend donc ni les primes (sauf, le cas échéant, la prime liée à la réduction du temps de travail), ni les heures supplémentaires.

Salaire minimum dans l’Union européenne : un salaire minimum légal national s'applique dans 22 des 28 États membres de l'Union européenne. Il s’agit des Pays-Bas depuis 1969, de la France depuis 1970, du Luxembourg depuis 1973, du Portugal et de Malte depuis 1974, de la Belgique depuis 1975, de l’Espagne depuis 1980, de la Hongrie depuis 1988, de la Bulgarie, de la Pologne et de la Roumanie depuis 1990, de l’Estonie, de la Grèce, de la Lettonie, de la Lituanie, de la République tchèque et de la Slovaquie depuis 1991, de la Slovénie depuis 1995, de la Croatie depuis 1998 (loi modifiée en 2008), du Royaume-Uni depuis 1999, de l’Irlande depuis 2000 et de l’Allemagne depuis 2015.

Salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) : salaire horaire minimum légal en France métropolitaine ainsi que dans les départements d'outre-mer (DOM) et dans la collectivité territoriale de Saint-Pierre-et-Miquelon. Il a été institué par une loi du 2 janvier 1970 et il a pris, avec le minimum garanti, la succession du SMIG (salaire minimum interprofessionnel garanti), créé en 1950. Un salaire au moins égal au Smic est versé à tout salarié du secteur privé, âgé d'au moins 18 ans. Bénéficient également de ce minimum les salariés du secteur public employés dans des conditions de droit privé. Un taux réduit du Smic peut être pratiqué pour : les apprentis et les jeunes salariés en contrat de professionnalisation, en fonction de leur âge et de la durée du contrat ; les jeunes salariés âgés de moins de 18 ans qui ont moins de 6 mois de pratique professionnelle dans la branche d'activité. Un abattement de 10 % peut ainsi être pratiqué lorsque le jeune salarié est âgé de 17 à 18 ans et de 20 % lorsque le jeune salarié est âgé de moins de 17 ans. Sont exclus du bénéfice du Smic les salariés dont l'horaire de travail n'est pas contrôlable (certains VRP). Le Smic est revalorisé au 1er juillet de chaque année jusqu'en 2009, puis au 1er janvier de chaque année à partir de 2010. Depuis 2013 (décret n°2013-123 du 7 février 2013), le Smic est revalorisé :

    - chaque 1er janvier, en tenant compte de l'évolution de l'indice mensuel des prix à la consommation hors tabac des ménages du premier quintile de la distribution des niveaux de vie, augmentée de la moitié du gain de pouvoir d'achat du salaire horaire moyen des ouvriers et des employés (avec possibilité pour le gouvernement de décider d'une revalorisation supplémentaire) ;

    - en cours d'année lorsque cet indice des prix à la consommation atteint un niveau correspondant à une hausse d'au moins 2 % par rapport à l'indice constaté lors de l'établissement du Smic immédiatement antérieur.

Jusqu'en 2012, le Smic était revalorisé en fonction de l'évolution de l'indice des prix à la consommation (IPC) hors tabac des ménages urbains dont le chef est ouvrier ou employé, augmenté de la moitié de la croissance du pouvoir d'achat du salaire horaire de base ouvrier (SHBO).