Tableaux de l'économie françaiseÉdition 2017

Les Tableaux de l'économie française s'adressent à tous ceux qui souhaitent disposer d'un aperçu rapide et actuel sur la situation économique, démographique et sociale de la France.

Insee Références
Paru le : 02/03/2017
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Sommaire

Salaires dans les entreprises

Présentation

En 2014, le salaire mensuel moyen en équivalent-temps plein (EQTP) d'une personne travaillant dans le secteur privé ou dans une entreprise publique est de 2 225 euros nets des cotisations et contributions sociales. Correction faite de l’inflation, le salaire net moyen augmente de 0,5 % en euros constants par rapport à 2013, après deux années de baisse (– 0,3 % en 2013 et – 0,4 % en 2012). Le Smic horaire brut a été revalorisé de 1,1 % au 1er janvier 2014.

Le salaire net moyen augmente en euros constants dans l’industrie (+ 1,1 %) et dans le tertiaire (+ 0,5 %), tandis qu’il baisse très légèrement dans la construction (– 0,1 %). En 2014, le salaire net moyen en EQTP progresse pour toutes les catégories socioprofessionnelles. C'est pour les employés que l'augmentation est la plus sensible (+ 0,7 % en euros constants, après + 0,2 % en 2013), en particulier dans les activités commerciales et les services aux entreprises. Pour les ouvriers, le salaire net moyen progresse dans une moindre mesure (+ 0,4 % en euros constants, après – 0,3 % en 2013), comme pour les cadres (+ 0,4 % en euros constants, après – 1,1 %). Le salaire net moyen des cadres est soutenu par une hausse marquée pour les femmes (+ 1,3 %), notamment dans deux secteurs qui rassemblent près de la moitié des cadres : les services aux entreprises et les services mixtes. Le salaire net moyen des professions intermédiaires augmente, quant à lui, plus modérément (+ 0,3 % en euros constants).

Le salaire net médian en EQTP s’élève à 1 783 euros par mois, en 2014. En EQTP, les 10 % de salariés les moins bien rémunérés perçoivent un salaire net mensuel inférieur à 1 206 euros. En haut de l’échelle, les 10 % de salariés les mieux rémunérés gagnent au moins 3 599 euros par mois. Par rapport à 2013, les salaires nets augmentent à tous les niveaux de l’échelle salariale avec des hausses sensiblement plus marquées dans le haut de l’échelle. Les inégalités augmentent donc dans la moitié haute de l’échelle salariale. Au total, le rapport entre le neuvième et le premier décile de salaire augmente légèrement, à 3,0. En 2014, une salariée gagne, en moyenne, en EQTP, 18,5 % de moins que son homologue masculin (18,6% y compris contrats aidés). Cependant, le salaire net moyen des femmes progresse plus que celui des hommes : + 0,9 % contre + 0,4 % en euros constants. Ainsi, dans l’ensemble, l’écart de salaire moyen entre femmes et hommes continue de baisser tendanciellement. Entre 2013 et 2014, il diminue en moyenne de 0,5 point. À secteur d’activité, âge, catégorie socioprofessionnelle et condition d’emploi (temps complet, temps partiel) donnés, l’écart de salaire moyen entre femmes et hommes continue aussi de se réduire. Il atteint 9,6 % en 2014, soit 0,3 point de moins qu'en 2013.

Tableaux et graphiques

Salaires mensuels moyens nets de tous prélèvements selon le sexe et la catégorie socioprofessionnelle en 2014

Salaires mensuels moyens nets de tous prélèvements selon le sexe et la catégorie socioprofessionnelle en 2014
Montants mensuels nets en euros courants Évolution 14/13 en euros constants en %
Hommes Femmes Ensemble F/H en % Hommes Femmes Ensemble
Cadres1 4 407 3 524 4 104 -20,0 0,2 1,3 0,4
Professions intermédiaires 2 419 2 082 2 272 -13,9 0,6 0,2 0,3
Employés 1 739 1 584 1 631 -8,9 0,9 0,5 0,7
Ouvriers 1 750 1 462 1 702 -16,5 0,4 1,0 0,4
Ensemble 2 410 1 962 2 225 -18,6 0,4 0,9 0,5
  • 1. Y c. les chefs d'entreprise salariés.
  • Champ : salariés en équivalent-temps plein du secteur privé et des entreprises publiques, y c. bénéficiaires de contrats aidés et hors apprentis, stagiaires, salariés agricoles et salariés des particuliers-employeurs.
  • Source : Insee, DADS (fichier semi-définitif).

Distribution des salaires mensuels nets de tous prélèvements en 2014

en euros courants
Distribution des salaires mensuels nets de tous prélèvements en 2014
Déciles Hommes Femmes Ensemble F/H en %
D1 1 257 1 164 1 206 -7,4
D2 1 419 1 279 1 349 -9,9
D3 1 565 1 386 1 480 -11,4
D4 1 717 1 500 1 620 -12,6
Médiane (D5) 1 893 1 636 1 783 -13,5
D6 2 113 1 812 1 988 -14,2
D7 2 425 2 051 2 264 -15,4
D8 2 955 2 402 2 716 -18,7
D9 3 940 3 100 3 599 -21,3
D9/D1 3,1 2,7 3,0 ///
  • /// : absence de résultat due à la nature des choses.
  • Lecture : en 2014, 10 % des salariés en équivalent-temps plein du secteur privé et des entreprises publiques, y c. bénéficiaires de contrats aidés, gagnent un salaire mensuel net inférieur à 1 206 euros.
  • Champ : salariés en équivalent-temps plein du secteur privé et des entreprises publiques, y c. bénéficiaires de contrats aidés et hors apprentis, stagiaires, salariés agricoles et salariés des particuliers-employeurs.
  • Source : Insee, DADS (fichier semi-définitif).

Écart de salaires mensuels nets entre les hommes et les femmes

en euros courants
Écart de salaires mensuels nets entre les hommes et les femmes
2013 (r) 2014
Hommes 2 389 2 410
Femmes 1 935 1 962
Ensemble 2 202 2 225
Différentiel F/H en % -19,0 -18,6
  • r : données révisées.
  • Champ : salariés en équivalent-temps plein du secteur privé et des entreprises publiques, y c. bénéficiaires de contrats aidés et hors apprentis, stagiaires, salariés agricoles et salariés des particuliers-employeurs.
  • Source : Insee, DADS (fichier semi-définitif).

Salaires horaires nets par sexe et par catégorie socioprofessionnelle

en euros courants
Salaires horaires nets par sexe et par catégorie socioprofessionnelle
2013 (r) 2014 14/132 en %
Salariés à temps complet 14,69 14,80 0,3
Hommes 15,55 15,65 0,1
Femmes 13,16 13,32 0,7
Cadres1 26,35 26,56 0,3
Professions intermédiaires 14,76 14,88 0,3
Employés 10,86 10,98 0,6
Ouvriers 11,17 11,26 0,3
SMIC (151,67 heures) 7,39 7,44 0,2
Salariés à temps non complet 12,25 12,48 1,3
Hommes 14,01 14,24 1,1
Femmes 11,41 11,61 1,2
Cadres1 22,80 22,91 0,0
Professions intermédiaires 13,68 13,73 -0,2
Employés 9,66 9,73 0,3
Ouvriers 9,73 9,82 0,4
  • r : données révisées.
  • 1. Y c. chefs d'entreprise salariés.
  • 2. En euros constants.
  • Champ : salariés en équivalent-temps plein du secteur privé et des entreprises publiques, y c. bénéficiaires de contrats aidés et hors apprentis, stagiaires, salariés agricoles et salariés des particuliers-employeurs.
  • Source : Insee, DADS (fichier semi-définitif).

Salaires mensuels moyens nets selon le secteur d'activité

Salaires mensuels moyens nets selon le secteur d'activité
2014 en euros 14/131 en %
Ind. extractives, énergie, eau, gestion des déchets et dépollution 2 770 1,2
Fabr. de denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac 1 965 1,0
Cokéfaction et raffinage 3 607 -2,4
Fabr. d'équip. élect., électroniques, informatiques et fabrication de machines 2 763 1,8
Fabrication de matériels de transport 2 925 1,5
Fabrication d'autres produits industriels 2 343 1,0
Construction 2 039 -0,1
Commerce et réparation 2 035 0,9
Transports et entreposage 2 202 0,3
Hébergement et restauration 1 613 0,0
Information et communication 3 174 0,4
Activités financières et d'assurance 3 342 1,3
Activités immobilières 2 276 -0,1
Activités scientifiques et techniques, services adm. et de soutien 2 235 0,8
Adm. publique, enseignement, santé humaine et action sociale 1 790 -0,2
Autres activités de services 1 935 0,0
  • 1. En euros constants.
  • Champ : salariés en équivalent-temps plein du secteur privé et des entreprises publiques, y c. bénéficiaires de contrats aidés et hors apprentis, stagiaires, salariés agricoles et salariés des particuliers-employeurs.
  • Source : Insee, DADS (fichier semi-définitif).

Évolutions annuelles des salaires moyens

en euros constants et en %
Évolutions annuelles des salaires moyens
2005 2008 2014
Salaire net moyen 1,0 0,4 0,7
Salaire net moyen à structure constante 0,9 – 0,3 0,3
Incidence des effets de structure sur le salaire net 0,1 0,7 0,4
indice des prix à la consommation 1,8 2,8 0,5
  • Champ : salariés en équivalent-temps plein du secteur privé et des entreprises publiques, hors bénéficiaires de contrats aidés, apprentis, stagiaires, salariés agricoles et salariés des particuliers-employeurs.
  • Source : Insee, DADS (fichier semi-définitif).

Salaires annuels bruts moyens dans quelques pays de l'UE en 2015

en euros
Salaires annuels bruts moyens dans quelques pays de l'UE en 2015
Salaires annuels bruts moyens
Luxembourg 55 553
Danemark 54 416
Royaume-Uni 49 621
Pays-Bas 49 235
Allemagne 47 042
Belgique 46 693
France 37 792
Italie 30 710
Pologne 11 788
Rép. tchèque 11 655
Hongrie 10 233
  • Champ : salaire moyen pour un célibataire sans enfant.
  • Source : Eurostat.

Salaires annuels bruts moyens dans quelques pays de l'UE en 2015

Définitions

Déciles et rapports interdéciles : si l’on ordonne une distribution de salaires, de revenus, de chiffre d'affaires…, les déciles sont les valeurs qui partagent cette distribution en dix parties égales. Ainsi, pour une distribution de salaires :

    - le premier décile (noté généralement D1) est le salaire au-dessous duquel se situent les 10 % des salariés disposant des salaires les plus faibles ;

    - le neuvième décile (noté généralement D9) est le salaire au-dessus duquel se situent les 10 % des salariés disposant des salaires les plus élevés.

Le premier décile est, de manière équivalente, le salaire au-dessus duquel se situent 90 % des salariés disposant des salaires les plus élevés ; le neuvième décile est le salaire au-dessous duquel se situent 90 % des salariés disposant des salaires les plus faibles. Les déciles d'une distribution permettent de calculer des rapports interdéciles :

    - le rapport D9/D1 met en évidence l'écart entre le haut et le bas de la distribution ; c'est une des mesures de l'inégalité de cette distribution ;

    - le rapport D9/D5 compare le haut de la distribution à la valeur médiane ;

    - le rapport D5/D1 compare la médiane au bas de la distribution.

Déclaration annuelle de données sociales (DADS) : formalité déclarative que doit accomplir toute entreprise employant des salariés, en application de l'article R243-14 du code de la Sécurité sociale (Décret du 24 mars 1972) et des articles 87.240 et 241 de la loi 51-711 du 7 juin 1951 du code Général des Impôts. Dans ce document commun aux administrations fiscales et sociales, les employeurs, y compris les administrations et les établissements publics, fournissent annuellement et pour chaque établissement, la masse des traitements qu'ils ont versés, les effectifs employés et une liste nominative de leurs salariés indiquant pour chacun, le montant des rémunérations salariales perçues. Le champ des DADS couvre l'ensemble des employeurs et leurs salariés, à l'exception des agents des ministères, titulaires ou non, des services domestiques (division 97-98 de la NAF rév. 2) et des activités extra-territoriales (division 99 de la NAF rév. 2).

Effet de structure : lorsqu'une population est répartie en sous-populations, il peut arriver qu'une grandeur évolue dans un sens sur chaque sous-population et dans le sens contraire sur l'ensemble de la population. Ceci s'explique parce que les effectifs de certaines sous-populations augmentent alors que d'autres diminuent : c'est l'effet de structure. Par exemple, le salaire de chaque profession peut stagner (ou augmenter faiblement) alors que le salaire moyen augmente fortement ; cela se produit si les professions très qualifiées, les mieux payées, sont de plus en plus nombreuses et, réciproquement, les emplois non qualifiés, les moins bien rémunérés, de plus en plus rares. A contrario, la variation à structure constante se calcule en figeant la structure de la population à celle de l’année précédente.

Médiane : valeur qui partage une distribution de données statistiques, rangée en ordre croissant ou décroissant, en deux parties égales. Ainsi, pour une distribution de salaires, la médiane est le salaire au-dessous duquel se situent 50 % des salaires. C’est de manière équivalente le salaire au-dessus duquel se situent 50 % des salariés.

Salaire brut ou net : le salaire est le paiement du travail convenu entre un salarié et son employeur. Le salaire brut correspond à l'intégralité des sommes perçues par le salarié au titre de son contrat de travail, avant toute déduction de cotisations obligatoires. Il intègre les participations. Dans la fonction publique, le salaire brut s’obtient en ajoutant au traitement indiciaire brut toutes les primes et indemnités diverses. Le salaire net (de prélèvements sociaux) est le salaire que perçoit effectivement le salarié. Calculé dans les secteurs privé et semi-public à partir du salaire net fiscal disponible dans les DADS, il est net de toutes cotisations sociales, y compris CSG (contribution sociale généralisée) et CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale). Il ne comprend pas les participations (qui ne sont pas imposables). Depuis le 1er janvier 2013, les cotisations patronales de complémentaire santé obligatoire (CPCSO) rentrent dans le champ du salaire net fiscal déclaré dans les DADS. Dans la fonction publique d'État, le salaire est calculé à partir du Système d’information sur les agents des services publics (SIASP).

Salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) : salaire horaire minimum légal en France métropolitaine ainsi que dans les départements d'outre-mer (DOM) et dans la collectivité territoriale de Saint-Pierre-et-Miquelon. Il a été institué par une loi du 2 janvier 1970 et il a pris, avec le minimum garanti, la succession du SMIG (salaire minimum interprofessionnel garanti), créé en 1950. Un salaire au moins égal au Smic est versé à tout salarié du secteur privé, âgé d'au moins 18 ans. Bénéficient également de ce minimum les salariés du secteur public employés dans des conditions de droit privé. Un taux réduit du Smic peut être pratiqué pour : les apprentis et les jeunes salariés en contrat de professionnalisation, en fonction de leur âge et de la durée du contrat ; les jeunes salariés âgés de moins de 18 ans qui ont moins de 6 mois de pratique professionnelle dans la branche d'activité. Un abattement de 10 % peut ainsi être pratiqué lorsque le jeune salarié est âgé de 17 à 18 ans et de 20 % lorsque le jeune salarié est âgé de moins de 17 ans. Sont exclus du bénéfice du Smic les salariés dont l'horaire de travail n'est pas contrôlable (certains VRP). Le Smic est revalorisé au 1er juillet de chaque année jusqu'en 2009, puis au 1er janvier de chaque année à partir de 2010. Depuis 2013 (décret n°2013-123 du 7 février 2013), le Smic est revalorisé :

    - chaque 1er janvier, en tenant compte de l'évolution de l'indice mensuel des prix à la consommation hors tabac des ménages du premier quintile de la distribution des niveaux de vie, augmentée de la moitié du gain de pouvoir d'achat du salaire horaire de base des ouvriers et des employés (avec possibilité pour le gouvernement de décider d'une revalorisation supplémentaire) ;

    - en cours d'année lorsque cet indice des prix à la consommation atteint un niveau correspondant à une hausse d'au moins 2 % par rapport à l'indice constaté lors de l'établissement du Smic immédiatement antérieur.

Jusqu'en 2012, le Smic était revalorisé en fonction de l'évolution de l'indice des prix à la consommation (IPC) hors tabac des ménages urbains dont le chef est ouvrier ou employé, augmenté de la moitié de la croissance du pouvoir d'achat du salaire horaire de base ouvrier (SHBO).

Salaire moyen en équivalent-temps plein (EQTP) : salaire converti à un temps plein pendant toute l’année, quel que soit le volume de travail effectif. Pour un agent ayant occupé un poste de travail durant six mois à 80 % et ayant perçu au total 10 000 euros, le salaire en EQTP est de 10 000 / (0,5 x 0,8) = 25 000 euros par an. Pour calculer le salaire moyen en EQTP ou sa distribution, tous les postes y compris ceux à temps partiel sont pris en compte au prorata de leur volume de travail effectif (soit 0,5 x 0,8 = 0,4 EQTP dans l’exemple précédent).

Temps non complet : les emplois à temps non complets regroupent les personnes embauchées sur des postes à temps complet qui ont fait le choix de travailler à temps partiel et les personnes embauchées sur des postes à temps non complet.