Tableaux de l'économie françaiseInsee Références - Édition 2017

Les Tableaux de l'économie française s'adressent à tous ceux qui souhaitent disposer d'un aperçu rapide et actuel sur la situation économique, démographique et sociale de la France.

Insee Références
Paru le : 02/03/2017
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Sommaire

Changement climatique et effet de serre

Insee Références
Paru le : 02/03/2017

Présentation

Le réchauffement de la température moyenne mondiale est très net. L’écart par rapport à la moyenne de la période de référence 1961-1990 est presque systématiquement positif depuis le début des années 1980. La décennie 2001-2010 a été plus chaude de 0,21°C que la décennie 1991-2000 et se situe 0,48°C au-dessus de la moyenne 1961-1990. L’année 2015, avec une température moyenne supérieure de 0,74°C à la moyenne 1961-1990, se classe au premier rang parmi les années les plus chaudes depuis 1850. Comme à l’échelle mondiale, l’évolution des températures moyennes annuelles en France métropolitaine montre un réchauffement net depuis 1900. Ce réchauffement est particulièrement marqué depuis les années 1980. Sur la période 1959-2009, la tendance observée est d’environ + 0,30°C par décennie. En France, 2014, 2011 et 2015 ont été les trois années les plus chaudes observées depuis 1990.

En 2013, les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) (y compris UTCF ) initialement couverts par le protocole de Kyoto ont atteint 54 milliards de tonnes équivalent CO2 , les émissions de CO2 représentant près de 73 % de ce total. Les émissions mondiales de CO2 (hors UTCF) ont progressé de plus de 58 % entre 1990 et 2014 avec des évolutions contrastées selon les pays. La Chine, premier émetteur mondial en 2014, se distingue par un quadruplement de ses émissions depuis 1990.

En 2014, les émissions françaises sur le sol national de GES hors UTCF s’établissent à 459 millions de tonnes équivalent CO2 ; 73 % de ces émissions sont des émissions de CO2. Les émissions de GES de la France ont diminué de 6 % par rapport à 2013 et de 16 % par rapport à 1990. L’utilisation d’énergie est la principale source d’émissions de GES en France avec 70 % des émissions en 2014. Le secteur le plus émetteur est celui des transports (29 %), tandis que celui de l’énergie est relativement peu émetteur (9 %) en raison de l’importance de la production électrique nucléaire. Entre 2013 et 2014, les secteurs qui ont le plus contribué à la baisse des émissions en France sont le résidentiel-tertiaire (– 16 %) et l’industrie de l’énergie (– 25 %). Parmi les émissions de GES sur le territoire métropolitain, celles de CO2 ont diminué entre 1995 et 2015 de 14 % et de 23 % par personne.

En 2015, en se limitant aux émissions de CO2 uniquement, l’ empreinte carbone induite par la demande intérieure de la France s’élève à 532 millions de tonnes équivalent CO2. Elle est supérieure de 11,7 % à celle de 1995 du fait d’une forte augmentation du contenu en CO2 des produits importés (+ 76 %) alors même que les émissions sur le sol national pour satisfaire la demande nationale se contractent (– 23 %). Cependant, compte tenu de l’accroissement de la population, l’empreinte carbone par personne de 2015 est très proche de celle de 1995. Mais à l’instar des émissions de CO2 comptabilisées dans l’ inventaire national , l’empreinte CO2 décroît également depuis le milieu des années 2000.

Tableaux et graphiques

Émissions de gaz à effet de serre hors UTCF dans l'UE

en millions de tonnes d'équivalent CO2
Émissions de gaz à effet de serre hors UTCF dans l'UE
1990 2000 2014
Total dont énergie dont agriculture dont process. Industriels
Allemagne 1 246 1 041 900 762 66 61
Autriche 79 80 76 51 7 16
Belgique 146 149 114 82 10 20
Bulgarie 104 58 57 43 5 5
Chypre 6 8 8 6 1 1
Croatie 31 25 23 16 2 3
Danemark 71 71 51 37 11 2
Espagne 286 385 329 238 37 38
Estonie 40 17 21 19 1 1
Finlande 71 70 59 44 6 6
France 548 554 459 320 79 40
Grèce 105 128 101 75 9 12
Hongrie 94 74 57 40 7 6
Irlande 56 69 58 35 19 3
Italie 522 554 419 340 30 30
Lettonie 26 10 11 7 3 1
Lituanie 47 19 19 11 4 3
Luxembourg 13 10 11 9 1 1
Malte 2 3 3 2 0 0
Pays-Bas 222 220 187 154 18 11
Pologne 473 392 380 309 30 30
Portugal 61 84 65 44 7 6
Rép. tchèque 199 151 126 95 8 15
Roumanie 255 142 112 77 18 12
Royaume-Uni 797 714 524 425 45 35
Slovaquie 75 50 41 27 3 9
Slovénie 19 19 17 13 2 1
Suède 72 69 54 39 7 6
UE 5 665 5 168 4 282 3 322 436 374
  • Source : Agence européenne de l'environnement.

Émissions de CO2 hors UTCF dans le monde

Émissions de CO2 hors UTCF dans le monde
en millions de t CO2 en t CO2 par habitant
2014 14/90 en % 2014 14/90 en %
Amérique du Nord 6 357 11,0 13,2 -16,0
dont : Canada 566 26,2 15,9 -1,9
           États-Unis 5 335 6,9 16,5 -15,8
Amérique latine 1 306 101,8 2,6 45,2
dont Brésil 501 130,5 2,5 71,0
Europe et ex-URSS 6 142 -26,5 6,8 -31,4
dont : Russie 1 766 -25,7 12,4 -22,8
           UE 3 415 -21,4 6,7 -26,1
            dont France 324 -16,3 5,0 -25,4
Afrique 1 188 78,1 1,0 -3,2
Moyen-Orient 2 272 179,1 12,8 67,3
Extrême-Orient 16 833 213,0 4,3 133,1
dont : Chine 10 541 337,1 7,6 261,9
           Corée du Sud 610 127,6 12,3 97,4
           Inde 2 342 258,9 1,8 125,0
           Japon 1 235 5,6 10,1 5,2
Océanie 454 49,4 15,0 9,9
Soutes internationales maritimes et aériennes 1 117 78,2 /// ///
Émissions mondiales de CO2 35 669 58,4 4,9 15,3
  • /// : absence de résultat due à la nature des choses.
  • Champ : émissions liées à la combustion d'énergie fossile et aux procédés industriels (par exemple fabrication du ciment hors consommation d'énergie). Ces émissions représentent 85 % des émissions totales de CO2 dans le monde, soit 65 % des émissions de GES.
  • Sources : Banque mondiale ; SOeS d’après EDGAR.

Émissions de gaz à effet de serre hors UTCF par secteur d'activité

en millions de tonnes équivalent CO2
Émissions de gaz à effet de serre hors UTCF par secteur d'activité
1990 (r) 2000 (r) 2005 (r) 2015 (e)
Transports1 121 141 144 135
Industrie manufacturière 147 128 117 85
Agriculture et sylviculture 95 96 92 91
Résidentiel, tertiaire, institutionnel et commercial 90 96 107 92
Industrie de l'énergie2 78 71 73 46
Traitement des déchets3 17 23 23 19
Total hors UTCF 548 554 555 469
  • e : données estimées.
  • r : données révisées.
  • 1. Trafic domestique uniquement.
  • 2. Y c. l'incinération des déchets avec récupération d'énergie.
  • 3. Hors incinération des déchets avec récupération d'énergie.
  • Note : l'année 1990 est la valeur de référence dans le cadre du protocole de Kyoto.
  • Source : Citepa.

Évolution des émisions de gaz à effet de serre au titre du protocole de Kyoto de 1990 à 2014

en % par rapport à 1990
Évolution des émisions de gaz à effet de serre au titre du protocole de Kyoto de 1990 à 2014
Taux d'évolution
1990 0,0
1991 4,9
1992 3,2
1993 -1,6
1994 -1,6
1995 -0,2
1996 2,5
1997 1,6
1998 4,3
1999 1,6
2000 1,1
2001 0,9
2002 -0,2
2003 0,9
2004 0,9
2005 1,3
2006 -0,9
2007 -2,6
2008 -3,8
2009 -7,5
2010 -6,0
2011 -11,1
2012 -10,9
2013 -11,3
2014 -16,2
  • Note : évolution du pouvoir de réchauffement global (PRG).
  • Champ : France y c. Saint-Martin.
  • Source : Citepa.

Évolution des émisions de gaz à effet de serre au titre du protocole de Kyoto de 1990 à 2014

Écart à la moyenne des températures de la période 1961-1990

en degrés celsius (°C)
Écart à la moyenne des températures de la période 1961-1990
Écart de température
1900 0,3
1901 -0,7
1902 -0,6
1903 -0,3
1904 0,1
1905 -0,6
1906 0,0
1907 -0,4
1908 -0,4
1909 -1,0
1910 -0,4
1911 0,5
1912 -0,4
1913 0,1
1914 -0,3
1915 -0,4
1916 -0,2
1917 -1,2
1918 -0,2
1919 -0,7
1920 0,0
1921 0,6
1922 -0,7
1923 -0,1
1924 -0,4
1925 -0,6
1926 0,3
1927 -0,1
1928 0,5
1929 -0,2
1930 0,4
1931 -0,6
1932 -0,3
1933 -0,2
1934 0,4
1935 -0,1
1936 0,0
1937 0,5
1938 -0,1
1939 -0,3
1940 -0,9
1941 -0,9
1942 -0,4
1943 0,7
1944 -0,4
1945 0,6
1946 -0,3
1947 0,8
1948 0,3
1949 0,8
1950 0,2
1951 -0,1
1952 0,1
1953 0,1
1954 -0,5
1955 0,0
1956 -1,2
1957 0,0
1958 0,0
1959 0,8
1960 0,0
1961 0,8
1962 -0,8
1963 -1,1
1964 -0,1
1965 -0,5
1966 0,2
1967 0,1
1968 -0,2
1969 -0,2
1970 -0,1
1971 -0,2
1972 -0,5
1973 -0,2
1974 0,1
1975 0,0
1976 0,3
1977 0,1
1978 -0,4
1979 -0,2
1980 -0,6
1981 0,1
1982 0,8
1983 0,6
1984 -0,2
1985 -0,5
1986 -0,2
1987 -0,1
1988 0,7
1989 1,2
1990 1,2
1991 0,2
1992 0,5
1993 0,2
1994 1,5
1995 1,0
1996 0,1
1997 1,3
1998 0,7
1999 1,2
2000 1,3
2001 1,0
2002 1,3
2003 1,7
2004 0,8
2005 0,8
2006 1,4
2007 1,1
2008 0,7
2009 1,2
2010 0,1
2011 1,8
2012 1,0
2013 0,6
2014 1,9
2015 1,7
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : Météo-France.

Écart à la moyenne des températures de la période 1961-1990

Évolution des émissions de CO2 selon l'approche empreinte carbone

millions de tonnes équivalent CO2
Évolution des émissions de CO2 selon l'approche empreinte carbone
1995 2000 2005 2010 2015 (e)
Empreinte CO2 totale 476 534 592 572 532
CO2 associé aux importations 167 217 268 279 292
CO2 du territoire métropolitain (production intérieure pour la demande intérieure + ménages) 310 317 324 294 240
Empreinte CO2 par personne 8,2 9,1 9,7 9,1 8,3
  • e : données estimées.
  • Note : l'empreinte carbone de la demande finale intérieure représente les émissions de CO2, en France et à l'étranger, par la consommation de la population résidant en France.
  • Sources : AIE ; calculs SOeS d'après Eurostat ; Citepa (Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques - protocole de Kyoto) ; DGDDI ; Insee.

Évolution des émissions de CO2 selon l'approche empreinte carbone

Évolution des émissions de CO2 selon l'inventaire national

millions de tonnes équivalent CO2
Évolution des émissions de CO2 selon l'inventaire national
1995 2000 2005 2010 2015 (p)
Émissions de CO2 sur le territoire métropolitain 393 407 416 380 337
Émissions de CO2 par personne sur le territoire métropolitain 6,8 6,9 6,8 6,1 5,2
  • p : données provisoires.
  • Note : l'empreinte carbone de la demande finale intérieure représente les émissions de gaz à effet de serre induites, en France et à l'étranger, par la consommation de la population résidant en France.
  • Sources : AIE ; calculs SOeS d'après Eurostat ; Citepa (Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques - protocole de Kyoto) ; DGDDI ; Insee.

Évolution des émissions de CO2 selon l'inventaire national

Définitions

Empreinte carbone : indicateur destiné à caractériser la pression exercée à l’échelle planétaire sur le climat (bien public mondial) en termes d’émissions de gaz à effet de serre par la population du pays considéré. Elle couvre à la fois les émissions directes de cette population et les émissions indirectes, liées à la production et au transport des biens et services qu’elle consomme, que ceux-ci soient produits en France ou à l’étranger. L’empreinte carbone permet donc de s’interroger sur les responsabilités de chaque pays et de mieux appréhender les négociations internationales sur le climat. C’est une information complémentaire aux inventaires d’émissions de gaz à effet de serre (GES) sur le territoire national, qui sont réalisés au titre de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

Équivalent CO2  : méthode de mesure des émissions de gaz à effet de serre qui prend en compte le pouvoir de réchauffement de chaque gaz relativement à celui du CO2.

Gaz à effet de serre (GES) : les principaux gaz responsables de l’effet de serre, dont les émissions sont encadrées par le protocole de Kyoto, sont le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4), l’oxyde nitreux (N2O) et les gaz fluorés (HFC, PFC et SF6). Les émissions de ces gaz sont pondérées par leurs potentiels de réchauffement global (PRG) et exprimées en équivalent CO2 pour donner un total d’émissions en équivalents CO2.

Inventaire national d’émission de GES : indicateur destiné à caractériser la pression exercée par un pays en termes d’émissions de gaz à effet de serre (GES). Il calcule des quantités de GES physiquement émises à l’intérieur du pays selon une approche territoire. Ces inventaires nationaux sont réalisés chaque année pour répondre aux normes de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Une méthode complémentaire permettant d’apprécier les pressions d’un pays sur le climat est l’empreinte carbone.

Pouvoir de réchauffement global d’un gaz (PRG) : rapport entre l’énergie renvoyée vers le sol en 100 ans par kg de gaz et celle que renverrait 1 kg de CO2. Ce rapport dépend de la concentration et des durées de vie des gaz. Par exemple, 1 kg de CH4 et 21 kg de CO2 auront réchauffé de la même manière l’atmosphère au cours du siècle qui suit leur émission. Le PRG est donc de 21 pour le CH4, de 310 pour le N2O, variables de 140 à 11 700 selon les molécules considérées pour le HFC, variables de 6 500 à 9 200 selon les molécules considérées pour le PFC et 23 900 pour le SF6.

Protocole de Kyoto : afin de lutter contre le changement climatique, deux accords majeurs ont été adoptés au niveau international. Il s’agit de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), adoptée en 1992 à Rio, et le protocole de Kyoto, adopté en 1997. La CCNUCC, lors du Sommet de la Terre à Rio, prévoyait une conférence des parties chaque année. Elle a pour but de stabiliser la concentration des gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère à un niveau empêchant toute perturbation dangereuse du système climatique pour l’homme. Pour les pays industrialisés, l’objectif était de stabiliser, avant l’an 2000, les émissions de GES à leur niveau de 1990. La 3e conférence des parties à Kyoto a débouché sur l’adoption du protocole dit « Protocole de Kyoto ». Il est entré en vigueur le 16 février 2005. Certains pays signataires se sont fixés des objectifs quantitatifs. Ainsi, les pays industrialisés se sont engagés, pour la période 2008-2012, à réduire de 5,2 % leurs émissions des principaux GES par rapport à leur niveau de 1990. Le protocole de Kyoto a été ratifié en 2002 par l’Union européenne. Cette dernière a un objectif collectif de réduction de 8 % des GES. La COP21 a permis de conclure à un accord historique permettant de remplacer le prolongement du protocole de Kyoto, et ce dès 2020 grâce à la signature de l’accord de Paris. Celui-ci entérine que la communauté internationale fera tout son possible pour contenir le réchauffement climatique bien en-dessous de + 2°C, voire le limiter à + 1,5°C. Pour atteindre cet objectif très ambitieux, tous les États se sont engagés à publier leurs propres objectifs de réductions des émissions de GES. Ils sont aujourd’hui accessibles sur le site des Nations unies. Si on additionne l’ensemble des contributions nationales, il apparaît que le réchauffement climatique devrait être de + 3,5°C en 2100, ce qui reste encore loin de l’objectif fixé. L’enjeu de l’après COP21 est donc d’engager pleinement les entreprises, collectivités et citoyens dans des actions de réduction. Par ailleurs, d’autres mécanismes seront discutés au cours des prochaines COP, comme la mise en place d’un prix du carbone ou d’un fonds vert pour le climat. 

UTCF : utilisation des terres, leur changement et la forêt. C’est une catégorie utilisée dans les inventaires d'émissions de gaz à effet de serre qui couvre les émissions et les absorptions de ces gaz liées à l'utilisation des terres, leur changement et à la forêt.

Pour en savoir plus