Tableaux de l'économie françaiseÉdition 2017

Les Tableaux de l'économie française s'adressent à tous ceux qui souhaitent disposer d'un aperçu rapide et actuel sur la situation économique, démographique et sociale de la France.

Insee Références
Paru le : 02/03/2017
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Sommaire

Industrie agroalimentaire

Insee Références
Paru le : 02/03/2017

Présentation

Les entreprises agroalimentaires (hors tabac) françaises constituent un des secteurs les plus importants de l’industrie. En 2014, elles génèrent un chiffre d’affaires de 184,5 milliards d’euros (21 % du chiffre d’affaires industriel manufacturier) et une valeur ajoutée de 39,5 milliards (18 % de la valeur ajoutée manufacturière). Elles emploient 525 000 salariés en équivalent-temps plein (EQTP) (20 % des effectifs manufacturiers). L’agroalimentaire est un secteur relativement stable : ses variations conjoncturelles sont habituellement modérées par l’inertie des dépenses de consommation des ménages.

En 2015, la production en volume de la branche de l’ industrie agroalimentaire (IAA) y compris tabac continue de croître (+ 0,9 %). Cette croissance fait suite à un net rebond survenu en 2014 après deux années de recul. Ce regain de vitalité s'explique par une demande extérieure en volume fortement accrue (+ 3,3 %), et une demande intérieure qui par l'entremise des ménages reste à un bon niveau (+ 1,5 %).

En 2015, la production de la branche agroalimentaire est portée conjointement par l'alimentaire et les boissons-tabac. Dans l'alimentaire, deux branches contribuent grandement à soutenir la croissance : la fabrication des produits de boulangerie-pâtisserie et pâtes alimentaires et celle des autres produits alimentaires (sucre, chocolat, produits de confiserie,...). La baisse du prix du blé tendre de qualité meunière au début de la campagne 2014-2015 a bénéficié en premier lieu à la fabrication de produits amylacés qui affiche la plus forte croissance de l'agroalimentaire. Cependant, en raison de leur faible poids, l'impact de ces produits sur l'évolution de l'ensemble demeure limité. La fabrication de produits de boulangerie-pâtisserie et pâtes alimentaires en a tiré également parti. Concernant les autres produits alimentaires, leur fabrication a progressé, en dépit des moindres productions de sucre et de confiseries. La première a été pénalisée par la sécheresse estivale, qui a fait baisser la teneur en sucre des betteraves, mais aussi par la volonté de réduire les surfaces cultivées en vue d'inclure à la production 2015 le surplus hors-quota de la campagne précédente.

L'excédent commercial en produits agroalimentaires (y compris tabac) s'est globalement amplifié en 2015 (+ 466 millions d'euros de plus sur un an), notamment dans les échanges vers les pays tiers (hors Union européenne). Il s'appuie principalement sur le lait et les boissons. La contribution de celles-ci à la hausse des exportations agroalimentaires est la plus élevée, notamment en raison des exportations de vins et champagne à destination de la Chine et des États-Unis. Le lait régresse dans les échanges. Ses exportations ont pâti de la baisse des prix, conséquence de la fin des quotas qui a dynamisé la production à un moment où la Chine réduisait ses commandes et où la Russie appliquait son embargo.

Tableaux et graphiques

Principaux résultats des entreprises des industries alimentaires et de boissons en 2014

en millions d'euros
Principaux résultats des entreprises des industries alimentaires et de boissons en 2014
Nombre d'entreprises Effectif salarié en EQTP Chiffre d'affaires HT Valeur ajoutée HT Frais de personnel1 Exportations Investissements coporels bruts hors apports
Transform. & conserv. viande & préparation prod. à base de viande 8 425 111 472 36 028 6 439 4 772 3 375 794
Transform. & conserv. poisson, crustacés & mollusques 327 10 954 3 512 640 470 307 98
Transformation et conservation de fruits et légumes 1 397 21 063 7 158 1 559 988 1 440 287
Fabrication d’huiles et graisses végétales et animales 277 3 280 7 699 483 225 2 667 254
Fabrication de produits laitiers 1 269 55 911 31 869 4 820 2 857 7 639 1 041
Travail des grains ; fabrication de produits amylacés 425 13 335 7 232 1 370 832 3 070 298
Fabrication produits boulangerie-pâtisserie & pâtes alimentaires 41 369 175 466 23 494 8 624 6 360 1 881 1 119
Fabrication d'autres produits alimentaires 5 248 73 892 26 426 6 348 3 888 5 624 1 219
Fabrication d'aliments pour animaux 436 17 185 13 420 1 776 1 037 2 235 297
Fabrication de boissons 3 051 42 429 27 710 7 409 2 730 8 086 1 075
Total 62 224 524 987 184 546 39 469 24 157 36 323 6 483
  • 1. Salaires et charges.
  • Champ : unités légales et entreprises profilées des secteurs des industries alimentaires et de boissons.
  • Source : Insee, Ésane.

Évolution de la production des industries alimentaires, de boissons et du tabac

Évolution de la production des industries alimentaires, de boissons et du tabac
Production en millons d'euros Évolution 15/14 en %
2014 valeur 2015 volume Indice de valeur Indice de volume Indice de prix
Transform. & conserv. viande & préparation prod. à base de viande 32 647 32 694 -1,4 0,1 -1,6
Transform. & conserv. poisson, crustacés & mollusques 2 924 2 965 1,0 1,4 -0,5
Transformation et conservation de fruits et légumes 6 763 6 451 -5,8 -4,6 -1,2
Fabrication d’huiles et graisses végétales et animales 5 035 5 156 0,7 2,4 -1,7
Fabrication de produits laitiers 28 034 27 938 -3,1 -0,3 -2,8
Travail des grains ; fabrication de produits amylacés 5 935 6 119 -0,2 3,1 -3,2
Fabrication produits boulangerie-pâtisserie & pâtes alimentaires 24 309 25 028 2,2 3,0 -0,8
Fabrication d'autres produits alimentaires 22 271 22 912 2,2 2,9 -0,7
Fabrication d'aliments pour animaux 11 529 11 461 -3,3 -0,6 -2,7
Fabrication de boissons 18 944 19 254 3,5 1,6 1,9
Fabrication de produits à base de tabac 553 386 -30,5 -30,2 -0,5
Total 158 944 160 364 -0,3 0,9 -1,2
  • Source : Insee, comptes nationaux - base 2010.

Solde du commerce extérieur des produits agroalimentaires selon l'origine et la destination en 2015

en millions d'euros
Solde du commerce extérieur des produits agroalimentaires selon l'origine et la destination en 2015
UE Hors UE Total
Exportations (FAB) 28 343 17 363 45 706
Importations (CAF) 29 031 9 696 38 727
Solde (FAB/CAF) -688 7 667 6 979
Solde des échanges par secteur d'activité (NAF rév. 2)
Transform. & conserv. viande & prép. viande -1 744 746 -998
Transform. & conserv. poisson, crust., etc. -593 -2 346 -2 939
Transf. et conserv. de fruits et légumes -1 784 -792 -2 576
Fab. huiles et graisses végétales & animales -1 033 -1 436 -2 469
Fabrication de produits laitiers 1 615 1 938 3 553
Travail des grains ; fab. prod. amylacés 873 250 1 123
Fab. prod. boulangerie-pâtis. & pâtes -598 251 -347
Fab. autres produits alimentaires 51 393 444
Fabrication d'aliments pour animaux 752 551 1 303
Fabrication de boissons 3 521 8 105 11 626
Fabrication de produits à base de tabac -1 748 7 -1 741
  • Source : Insee, comptes nationaux - base 2010.

Commerce extérieur des produits agroalimentaires de 2000 à 2015

en milliards d'euros
Commerce extérieur des produits agroalimentaires de 2000 à 2015
Exportations (FAB) Importations (CAF) Excédent (FAB/CAF)
2000 28,08 20,87 7,21
2001 28,36 22,15 6,21
2002 29,26 22,71 6,55
2003 29,21 22,58 6,63
2004 29,53 23,40 6,13
2005 30,36 24,18 6,17
2006 32,96 25,82 7,14
2007 35,12 28,09 7,03
2008 36,89 31,11 5,78
2009 33,58 29,60 3,98
2010 37,01 30,89 6,12
2011 41,98 34,76 7,22
2012 43,27 36,10 7,17
2013 44,27 37,54 6,73
2014 44,17 37,66 6,51
2015 45,71 38,73 6,98
  • Source : Insee, Comptes nationaux - base 2010

Commerce extérieur des produits agroalimentaires de 2000 à 2015

Définitions

Branche d’activité : regroupe des unités de production homogènes, c'est-à-dire qui fabriquent des produits (ou rendent des services) qui appartiennent au même item de la nomenclature d'activité économique considérée. Au contraire, un secteur regroupe des entreprises classées selon leur activité principale.

Consommation effective des ménages : inclut tous les biens et services acquis par les ménages résidents pour la satisfaction de leurs besoins, que ces acquisitions aient fait, ou non, l'objet d'une dépense de leur part. La consommation effective des ménages comprend donc, en plus des biens et des services acquis par leurs propres dépenses de consommation finale, les biens et les services qui, ayant fait l'objet de dépenses de consommation individuelle des administrations publiques ou des ISBLSM, donnent lieu à des transferts sociaux en nature de leur part vers les ménages.

Consommation intermédiaire : valeur des biens et services transformés ou entièrement consommés au cours du processus de production. L’usure des actifs fixes mis en oeuvre n’est pas prise en compte ; elle est enregistrée dans la consommation de capital fixe.

Ésane (Élaboration des statistiques annuelles d’entreprise) : dispositif qui combine des données administratives (obtenues à partir des déclarations annuelles de bénéfices que font les entreprises à l'administration fiscale et à partir des données annuelles de données sociales qui fournissent des informations sur les salariés) et des données obtenues à partir d'un échantillon d'entreprises enquêtées par un questionnaire spécifique pour produire les statistiques structurelles d'entreprises. Il remplace donc le précédent système, composé de deux dispositifs avec les enquêtes annuelles d'entreprise (EAE) et le système unifié de statistique d'entreprise s'appuyant sur les déclarations fiscales (SUSE), en les unifiant. Le changement de dispositif génère des ruptures au niveau des résultats produits par rapport à ceux provenant du système précédent, pour trois raisons principales. Le questionnaire des enquêtes du dispositif ESANE a été rénové, ce qui a pu induire certaines modifications du comportement de réponse des entreprises. La prise en compte conjointe des données d'enquête et des données administratives, et en particulier la confrontation des informations disponibles dans les deux sources sur la ventilation du chiffre d'affaires selon les activités principales, a nécessité la mise en place de méthodes d'estimations statistiques rénovées. Les données sont publiées selon la nomenclature d'activités révisée NAF rév.2, alors que les précédents résultats l'étaient en NAF rév.1.

Emploi en équivalent-temps plein (EQTP) : nombre total d'heures travaillées dans l'activité considérée divisé par la moyenne annuelle des heures travaillées dans des emplois à plein temps.

Entreprise : le décret de décembre 2008 pris en application de la loi no 2008-776 de modernisation de l’économie du 4 août 2008 (dite LME) définit une entreprise comme la plus petite combinaison d’unités légales qui constitue une unité organisationnelle de production de biens et services jouissant d’une certaine autonomie de décision, notamment pour l’affectation de ses ressources courantes. Chaque groupe est, jusqu’à présent, considéré comme une seule entreprise. Il s’agit d’une approximation. En effet, certains conglomérats diversifiés devraient en toute rigueur être considérés comme plusieurs entreprises. Identifier des entreprises au sein des groupes complexes est un long travail appelé profilage. Le profilage des groupes est actuellement en cours. Il accroîtra le nombre des grandes entreprises et à la marge celui des autres catégories.

Industries agricoles et alimentaires (IAA) : correspondent au code CA de la nomenclature d’activités française (NAF Rév. 2) : industrie des viandes ; industrie du lait ; industrie des boissons ; travail du grain, fabrication d’aliments pour animaux ; industries alimentaires diverses ; industrie du tabac. À partir de 2008, ces industries sont regroupées dans le poste C1 du niveau A17 de la nomenclature agrégée (NA) : fabrication de denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac.

Profilage : analyse des groupes afin d’identifier en leur sein, par delà leur organisation juridique en unités légales, des entreprises pertinentes au sens économique.

Secteur d’activité : regroupe des entreprises de fabrication, commerce ou service qui ont la même activité principale (au regard de la nomenclature d’activité économique considérée). L’activité d’un secteur n’est donc pas tout à fait homogène et comprend des productions ou services secondaires qui relèveraient d’autres items de la nomenclature que celui du secteur considéré. Au contraire, une branche regroupe des unités de production homogènes.

Unité légale : entité juridique de droit public ou privé. Cette entité juridique peut être une personne morale, dont l’existence est reconnue par la loi indépendamment des personnes ou des institutions qui la possèdent ou qui en sont membres ou une personne physique, qui, en tant qu’indépendant, peut exercer une activité économique. Elle est obligatoirement déclarée aux administrations compétentes (Greffes des tribunaux, Chambres de commerce et d’industrie, Chambres de Métiers, Organismes de sécurité sociale, DGFiP, etc) pour exister. L’existence d’une telle unité peut ne dépendre que du choix des propriétaires ou de ses créateurs et n’exister que pour des raisons organisationnelles, juridiques ou fiscales. L’unité légale est l’unité principale enregistrée dans Sirene et connue des différentes administrations. Cette définition de l’unité légale ne doit pas être confondue avec celle de l’entreprise, considérée comme unité statistique.