Tableaux de l'économie françaiseÉdition 2017

Les Tableaux de l'économie française s'adressent à tous ceux qui souhaitent disposer d'un aperçu rapide et actuel sur la situation économique, démographique et sociale de la France.

Insee Références
Paru le : 02/03/2017
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Sommaire

Étrangers - Immigrés

Présentation

En 2013, 4,1 millions d’ étrangers et 5,8 millions d’ immigrés vivent en France, soit respectivement 6,2 % et 8,9 % de la population totale. L’immigration en France est un phénomène ancien. Après une stabilisation dans les années 1990, la population des immigrés augmente à nouveau depuis 1999. Jusqu’au milieu des années 1970, les flux d’immigration étaient majoritairement masculins, comblant les besoins de main-d’œuvre nés de la reconstruction d’après-guerre, puis de la période des Trente Glorieuses. Depuis, la part des femmes est croissante, qu’il s’agisse de regroupement familial ou non. En 2013, 51 % des immigrés sont des femmes, contre 44 % en 1968. Elles sont majoritaires parmi les immigrés nés en Europe (à l’exception du Portugal) et, depuis peu, parmi ceux nés en Afrique hors Maghreb. Parmi les immigrés du Maghreb et de Turquie, les femmes sont minoritaires, même si leur part augmente depuis 1990.

Depuis 1975, les origines géographiques des immigrés présents en France se diversifient. La part des immigrés originaires d’Europe se réduit et atteint 36 % en 2013 (66 % en 1975). Cette baisse est notamment le fait des immigrés d’Espagne et d’Italie dont les effectifs diminuent en raison des décès ou de retour au pays. Depuis 1999, les origines des immigrés européens sont de plus en plus variées, avec une part croissante d’immigrés nés en Europe de l’Est ou au Royaume-Uni. En 2013, 44 % des immigrés sont nés dans un pays du continent africain. Les personnes nées au Maghreb représentent 30 % de l’ensemble des immigrés, proportion stable depuis les années 1980. L’immigration d’Afrique subsaharienne est plus récente et concerne surtout des pays autrefois sous administration française. Enfin, 14 % des immigrés sont originaires d’Asie. La migration en provenance des pays d’Asie s’est accrue sur la période récente, principalement depuis la Chine.

En 2015, le flux annuel des acquisitions de la nationalité française, avec 113 608 nouveaux Français, progresse par rapport à 2014 : les acquisitions de la nationalité par décret et les acquisitions par déclaration augmentent respectivement de 6,9 % et 9,4 %. Parmi ces dernières, ce sont les acquistions par mariage qui sont en hausse tandis que les déclarations anticipées (mineurs nés en France de parents étrangers) baissent. L’âge à l’arrivée et la durée de présence en France expliquent la propension à acquérir la nationalité française. En effet, plus une personne arrive jeune, plus le taux d’acquisition de la nationalité française augmente et s’avère, à long terme, élevé. Les immigrés arrivés très jeunes ont un taux d’acquisition de plus de 65 % après plus de 27 ans de présence, alors que ceux arrivés adultes ont des taux inférieurs. Après 27 ans de présence, le taux d’acquisition n’évolue quasiment plus.

Tableaux et graphiques

Étrangers actifs selon la catégorie socioprofessionnelle

effectifs en milliers
Étrangers actifs selon la catégorie socioprofessionnelle
2014 (r) 2015
Part d'étrangers dans la CSP en %
Artisans, commerçants et chefs d'entreprise (10 salariés ou +) 129,5 142,2 8,2
Cadres et professions intellectuelles supérieures 191,6 200,5 4,2
Professions intermédiaires 226,9 220,0 3,2
Employés 533,9 501,9 6,2
Ouvriers 604,8 643,3 10,4
Chômeurs n'ayant jamais travaillé 49,1 51,6 11,2
Ensemble1 1 751,4 1 774,5 6,2
dont salariés 1 246,5 1 243,7 5,4
  • r : données révisées.
  • 1. Hors catégorie socioprofessionnelle non déclarée.
  • Note : les chômeurs sont classés dans leur ancienne catégorie socioprofessionnelle.
  • Champ : France métropolitaine, population des ménages, actifs de 15 ans ou plus.
  • Source : Insee, enquêtes Emploi.

Acquisitions de la nationalité française

Acquisitions de la nationalité française
2000 2014 2015
en %
Acquisitions enregistrées 141 455 103 609 111 878 98,5
Acquisitions par décret 77 478 57 610 61 564 54,2
  naturalisations 68 750 55 010 58 858 51,8
  réintégrations 8 728 2 600 2 706 2,4
Acquisitions par déclaration 63 977 45 999 50 314 44,3
  déclaration anticipée 35 883 25 043 24 159 21,3
  par mariage 26 056 19 725 25 044 22,0
  autres déclarations 2 038 1 231 1 111 1,0
Acquisitions sans formalités 8 570 2 004 1 730 1,5
Total 150 025 105 613 113 608 100,0
  • Sources : ministère de l'Intérieur ; ministère de la Justice - SDSE.

Population étrangère et immigrée par sexe et âge en 2013

en %
Population étrangère et immigrée par sexe et âge en 2013
Étrangers Immigrés
Part des hommes 50,5 48,7
Part de la population ayant :
   moins de 15 ans 16,8 4,8
   15 à 24 ans 9,5 8,5
   25 à 54 ans 48,7 54,4
   55 ans ou plus 25,0 32,3
Nombre (en milliers) 4 084 5 835
Poids dans la population totale 6,2 8,9
  • Source : Insee, RP 2013 exploitation principale.

Immigrés selon le pays de naissance en 2013

Immigrés selon le pays de naissance en 2013
Part en % Effectif en milliers
Europe 36,5 2 127
Union européenne à 27 31,8 1 852
    Espagne 4,2 246
    Italie 5,0 289
    Portugal 10,4 607
    Royaume-Uni 2,6 150
    Autres pays de l'UE à 27 9,6 560
Autres pays d'Europe 4,7 275
Afrique 43,5 2 540
    Algérie 13,0 760
    Maroc 12,2 710
    Tunisie 4,4 259
    Autres pays d' Afrique 13,9 811
Asie 14,5 840
    Turquie 4,3 249
    Cambodge, Laos, Vietnam 2,8 161
    Autres pays d'Asie 7,4 431
Amérique, Océanie 5,6 328
Total 100,0 5 835
  • Source : Insee, RP 2013 exploitation principale.

Population étrangère dans les pays de l'Union européenne en 2015

Population étrangère dans les pays de l'Union européenne en 2015
Population totale au 1er janvier Population active4
Étrangers3 en milliers Part en % Étrangers3 en milliers Part en %
Allemagne 7 540 9,3 4 304 10,5
Autriche 1 131 13,2 624 14,5
Belgique 1 300 11,6 583 11,8
Bulgarie 66 0,9 4 0,1
Chypre 145 17,1 81 19,5
Croatie 37 0,9 3 0,2
Danemark 422 7,5 257 9,0
Espagne 4 454 9,6 2 729 12,0
Estonie 191 14,6 92 14,0
Finlande 219 4,0 90 3,4
France1 4 356 6,6 1 769 6,1
Grèce 822 7,6 349 7,4
Hongrie 146 1,5 25 0,6
Irlande 551 11,9 329 15,7
Italie 5 014 8,2 2 791 11,2
Lettonie 298 15,0 124 12,8
Lituanie 22 0,8 9 0,6
Luxembourg 259 45,9 144 52,5
Malte 27 6,4 8 4,4
Pays-Bas 773 4,6 382 4,4
Pologne 108 0,3 47 0,3
Portugal 395 3,8 130 2,6
Rép. tchèque 457 4,3 111 2,1
Roumanie2 89 0,4 10 0,1
Royaume-Uni 5 422 8,4 3 391 10,7
Slovaquie 62 1,1 7 0,3
Slovénie 102 4,9 38 3,9
Suède 731 7,5 333 6,6
  • 1. France métropolitaine pour la population active.
  • 2. Données 2009 pour la population active.
  • 3. Personnes non citoyennes du pays dans lequel elles résident, apatrides inclus.
  • 4. Population âgée de 15 à 64 ans.
  • Source : Eurostat.

Taux de chômage selon la nationalité en 2015

en %
Taux de chômage selon la nationalité en 2015
Hommes Femmes
Nationalité française 9,8 9,0
Étrangers hors UE 25,9 23,6
Ensemble étrangers 21,2 18,9
  • Champ : France métropolitaine, personnes actives agées de 15 ans ou plus.
  • Source : Insee, enquête Emploi.

Taux de chômage selon la nationalité en 2015

Définitions

Étranger : personne qui réside en France et ne possède pas la nationalité française, soit qu'elle possède une autre nationalité (à titre exclusif), soit qu'elle n'en ait aucune (c'est le cas des personnes apatrides). Les personnes de nationalité française possédant une autre nationalité (ou plusieurs) sont considérées en France comme françaises. Un étranger n'est pas forcément immigré, il peut être né en France (les mineurs notamment). À la différence de celle d'immigré, la qualité d'étranger ne perdure pas toujours tout au long de la vie : on peut, sous réserve que la législation en vigueur le permette, devenir français par acquisition.

Immigré : selon la définition adoptée par le Haut Conseil à l'Intégration, population constituée des personnes nées étrangères à l’étranger et résidant en France. Elle comprend donc en partie des personnes qui, depuis leur arrivée, ont acquis la nationalité française. À l’inverse, elle exclut les Français de naissance nés à l’étranger et résidant en France et les étrangers nés en France. Certains immigrés ont pu devenir français, les autres restant étrangers. Les populations étrangère et immigrée ne se confondent pas totalement : un immigré n'est pas nécessairement étranger et réciproquement, certains étrangers sont nés en France (essentiellement des mineurs). La qualité d'immigré est permanente : un individu continue à appartenir à la population immigrée même s'il devient français par acquisition. C'est le pays de naissance, et non la nationalité à la naissance, qui définit l'origine géographique d'un immigré.

Nationalité : lien juridique qui relie un individu à un État déterminé. De ce lien découlent des obligations à la charge des personnes qui possèdent la qualité de Français, en contrepartie desquelles sont conférés des droits politiques, civils et professionnels, ainsi que le bénéfice des libertés publiques. La nationalité française peut résulter soit d'une attribution par filiation (droit du sang) ou par la naissance en France (droit du sol) soit d'une acquisition à la suite d'évènements personnels (mariage avec un Français, par exemple) ou d'une décision des autorités françaises (naturalisation). La nationalité française est attribuée de plein droit à la naissance à l'enfant, légitime ou naturel, dont l'un des parents au moins est français (droit du sang) ou à l'enfant, légitime ou naturel, né en France lorsque l'un de ses parents au moins y est lui-même né (double droit du sol).

Naturalisation : le fait de naturaliser français un étranger consiste à lui accorder la condition de citoyen français à part entière. Une naturalisation, par décision de l'autorité publique, ne peut être accordée qu'à l'étranger justifiant d'une résidence habituelle en France pendant les cinq années qui précèdent le dépôt de sa demande (sauf cas de réduction ou de suppression du stage de cinq ans prévus par le code civil).

Titre de séjour : document sécurisé assurant la reconnaissance par l’autorité publique du droit à séjourner sur le territoire national pour un ressortissant étranger majeur. Un titre de séjour se définit par sa nature juridique, son motif d’admission et sa durée de validité. Les cartes de séjour temporaires, les cartes de séjour et les cartes de résident sont des titres de séjour. Le suivi des flux migratoires est assuré au Ministère de l’Intérieur grâce à l’Application de gestion des dossiers des ressortissants étrangers en France (AGDREF), sur la base de la délivrance des premiers titres de séjour. Les chiffres définitifs ne sont connus qu’après un temps de latence, dans la mesure où le délai entre le dépôt d’une demande de titre et sa délivrance peut varier dans des proportions importantes du fait de nombreux facteurs. Aussi, les statistiques définitives de délivrance des titres ne sont arrêtées pour une année donnée qu’au 31 décembre de l’année suivante.