Tableaux de l'économie françaiseÉdition 2017

Les Tableaux de l'économie française s'adressent à tous ceux qui souhaitent disposer d'un aperçu rapide et actuel sur la situation économique, démographique et sociale de la France.

Insee Références
Paru le : 02/03/2017
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Sommaire

Pétrole - Charbon

Présentation

En 2015, la production de pétrole brut en France augmente de 9,1 % par rapport à 2014. Divisée par quatre depuis la fin des années 1980, elle ne satisfait plus qu’environ 1 % de la consommation française. Les importations françaises de pétrole brut repartent à la hausse en 2015, progressant de 5,8 %. L’instabilité politique en Libye pèse de nouveau sur les importations en provenance d’Afrique du Nord. La France se tourne ainsi davantage vers l’Afrique subsaharienne et le Moyen-Orient. Les principaux fournisseurs de la France restent l’Arabie Saoudite, le Kazakhstan, le Nigeria et la Russie.

En moyenne sur l’année 2015, le baril de Brent s’établit légèrement au-dessus de la barre des 50 dollars. Il cède près de la moitié de sa valeur en l’espace d’un an (– 47,2 %). La forte baisse observée entre la mi-2014 et début 2016 s’explique par la conjonction de plusieurs facteurs. D’une part, la demande mondiale s’est affaiblie, grevée notamment par le ralentissement de l’économie chinoise. D’autre part, l’offre sur le marché mondial s’est maintenue à un niveau excédentaire face à la demande, alimentée par l’afflux de pétrole de schiste américain, ainsi que par la décision des pays de l’ Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) de maintenir inchangés les quotas de production de l’organisation.

En 2015, les importations de produits raffinés se replient légèrement (– 1,2 %), tandis que les exportations augmentent fortement (+ 13,8 %). Ainsi, le déficit des échanges physiques n’est plus que de 19,4 millions de tonnes (Mt), contre 22,5 Mt en 2014. Celui-ci est surtout imputable à l’ensemble gazole / fioul domestique qui représente 58 % des importations. La consommation finale énergétique de produits pétroliers se stabilise à 60,8 millions de tonnes-équivalent pétrole (tep) .

En moyenne, sur 2015, le prix du charbon vapeur s’établit à 56,7 dollars la tonne, chutant de 24,6 % par rapport à 2014. Cette baisse est notamment liée au développement concurrentiel de l’exploitation du gaz de schiste aux États-Unis ainsi qu’au repli de la demande de charbon en Chine. Depuis l’arrêt de l’extraction de charbon en France en 2004 subsistait encore une petite filière de production. En 2015, cette production cesse, si bien que l’approvisionnement ne repose plus que sur les importations nettes et le déstockage. Mesurées en équivalent énergétique, les importations de combustibles minéraux solides (CMS) s’élèvent, en 2015, à 8,4 Mtep, soit 0,3 Mtep de moins qu’en 2014. La houille représente 92 % des CMS importés.

La consommation primaire de charbon corrigée des variations climatiques se contracte de 3,1 % en 2015. Cette évolution prolonge le déclin de la consommation de charbon sur le long terme, qui reflète, d'une part, la fermeture d'anciennes unités de production électrique à partir de charbon et, d'autre part, le recul de la demande dans l'industrie, en particulier dans la sidérurgie.

Tableaux et graphiques

Consommation de produits pétroliers

en millions de tonnes
Consommation de produits pétroliers
1973 1985 2015 15/14 en %
Gazole 6,5 10,9 34,7 0,8
Fioul domestique 37,2 20,7 6,6 3,6
Supercarburants 15,8 18,0 7,2 1,2
Bases pétrochimie 5,4 7,1 8,8 -3,6
Carburéacteurs 1,8 2,6 6,5 4,8
Fiouls lourds 34,1 8,2 0,7 -7,3
Gaz (GPL) 2,7 2,9 1,8 -0,1
Autres produits 8,2 4,7 8,5 -3,1
Consommation intérieure 111,8 75,1 74,7 0,3
  • Sources : CPDP ; SOeS pour la pétrochimie en 2015.

Prix moyens des énergies importées

en euros courants CAF par tonne
Prix moyens des énergies importées
1973 1985 2000 2015
Charbon1 22 80 49 92
Pétrole brut 18 281 228 367
Produits pétroliers raffinés 31 295 278 465
  • 1. Houille, lignite, coke et agglomérés.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Sources : SOeS ; DGDDI.

Provenances du pétrole brut importé en France

en millions de tonnes
Provenances du pétrole brut importé en France
1973 1990 2015 2015 en %
Afrique 33,3 21,0 19,8 34,9
dont : Nigeria 12,6 3,1 6,6 11,7
          Libye 6,5 2,9 2,1 3,6
          Algérie 11,1 3,0 4,3 7,6
URSS/ex-URSS 3,4 6,2 15,9 28,0
dont Russie /// /// 4,5 7,9
Moyen-Orient 96,4 31,7 14,5 25,6
dont Arabie Saoudite 30,2 15,2 10,6 18,6
Mer du Nord 0,2 10,4 5,0 8,8
Importations totales 134,9 73,4 56,7 100,0
dont Opep 127,8 41,7 31,6 55,7
  • /// : absence de résultat due à la nature des choses.
  • Note : le pétrole est classé ici en fonction du pays d'où il a été extrait.
  • Champ : y c. condensats et autres produits à distiller.
  • Source : SOeS.

Consommation de charbon par secteur

en millions de tep
Consommation de charbon par secteur
1973 1990 2010 2015 15/14 en %
Branche énergie 9,9 8,6 5,8 3,1 1,9
Consommation finale 17,3 10,2 5,7 5,2 -5,9
Sidérurgie 9,5 5,5 4,0 3,8 -7,0
Industrie (hors sidérurgie) 2,6 2,9 1,4 1,1 -3,8
Résidentiel-tertiaire 5,2 1,8 0,3 0,3 0,4
Non énergétique 0,1 0,2 0,1 0,1 -0,7
Total consommation primaire 27,4 19,1 11,5 8,4 -3,1
  • Note : données corrigées des variations climatiques.
  • Source : SOeS.

Production et réserves de pétrole brut dans le monde

en millions de tonnes
Production et réserves de pétrole brut dans le monde
Production en 2015 Réserves prouvées au 1er janvier 2016
en % en %
Amérique du Nord 712 16,7 28 753 12,7
Canada 145 3,4 23 310 10,3
États-Unis 567 13,3 5 443 2,4
Amérique latine 507 11,9 46 507 20,6
dont : Mexique 122 2,9 1 325 0,6
          Venezuela 135 3,2 40 921 18,1
Afrique 399 9,4 17 178 7,6
dont : Algérie 69 1,6 1 664 0,7
          Libye 20 0,5 6 598 2,9
          Nigeria 113 2,7 5 057 2,2
Europe 834 19,6 17 722 7,8
dont : Kazakhstan 79 1,9 4 093 1,8
          Norvège 87 2,1 701 0,3
          Royaume-Uni 45 1,1 376 0,2
          Russie 528 12,4 10 914 4,8
Proche-Orient 1 405 33,0 109 504 48,5
dont : Arabie saoudite 569 13,4 36 368 16,1
          Irak 197 4,6 19 518 8,6
          Iran 183 4,3 21 491 9,5
          Koweït 149 3,5 13 847 6,1
Extrême-Orient et Océanie 396 9,3 6 284 2,8
dont Chine 215 5,0 3 429 1,5
Total monde 4 253 100,0 225 949 100,0
dont Opep 1 807 42,5 165 033 73,0
  • Sources : CPDP ; Oil and Gas Journal.

Consommation de pétrole dans le monde

en millions de tonnes
Consommation de pétrole dans le monde
1973 1985 2015 2015 en %
États-Unis 818 720 852 19,7
Chine 54 90 560 12,9
Inde nd 43 196 4,5
Japon 269 206 190 4,4
Russie nd 247 143 3,3
Allemagne1 150 126 110 2,5
Canada 84 69 100 2,3
France 127 84 76 1,8
Royaume-Uni 113 77 72 1,7
Italie 104 84 59 1,4
Total monde 2 798 2 803 4 331 100,0
  • nd : donnée non disponible.
  • 1. Ex-RFA pour 1973.
  • Sources : CPDP ; BP Statistical Rewiew of World Energy.

Provenance des importations de charbon en 2015

en %
Provenance des importations de charbon en 2015
Part des importations de charbon
Australie 28,4
Russie 18,8
Afrique du Sud 15,4
États-Unis 11,7
Colombie 11,6
UE 10,7
Autres 3,5
  • Sources : SOeS ; DGDDI.

Provenance des importations de charbon en 2015

Définitions

Charbon : terme recouvrant la houille, le lignite, le coke, les agglomérés et les produits de récupération. La houille est plus riche en carbone et a une teneur en eau et en matières volatiles plus faible que le lignite. Le coke de houille est obtenu par carbonisation de la houille.

Combustibles minéraux solides : comprennent le charbon à l’état brut et les produits solides issus de sa transformation. Le charbon est un terme générique qui recouvre en fait trois produits : la tourbe (elle n’est pas utilisée en France), le lignite et la houille, dont l’anthracite est une variété de qualité supérieure. Les produits transformés à partir du charbon sont le coke et les agglomérés y compris les briquettes.

Consommation d’énergie corrigée des variations climatiques : la consommation d’énergie pour le chauffage est plus forte quand l’hiver est plus rigoureux. C’est une évidence qui ne présente pas un grand intérêt pour l’analyse dans la mesure où elle ne traduit pas un changement des comportements. Pour mieux analyser les évolutions, on calcule des consommations « corrigées des variations climatiques » (primaire et finale). C’est-à-dire qu’on évalue ce qu’aurait été la consommation si les températures avaient été conformes à la moyenne de référence 1986-2015. On obtient un résultat théorique, qui dépend de la méthode utilisée, et qui complète la consommation « réelle », celle qui est observée.

Consommation finale d’énergie : quantité d’énergie disponible pour l’utilisateur final. C’est la consommation primaire d’énergie, moins la consommation de la branche énergie (combustible des centrales classiques et des raffineries, pertes des centrales et des réseaux, pompages, etc.). À l’intérieur de la consommation finale totale, on distingue la consommation finale non énergétique et la consommation finale énergétique, que l’on répartit entre les secteurs consommateurs (transports, sidérurgie, industrie, agriculture et résidentiel-tertiaire).

Consommation primaire d’énergie : agrégat des comptes de l’énergie qui se décompose en consommation interne de la branche énergie et en consommation finale totale. Cette dernière se décompose, elle-même, en consommation finale énergétique et en consommation non énergétique.

Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) : créée en 1960 (Conférence de Bagdad), l’organisation siège à Vienne et regroupe désormais quatorze pays (Algérie, Angola, Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Équateur, Gabon, Indonésie, Irak, Iran, Koweït, Libye, Nigeria, Qatar et Venezuela), suite à la réintégration de l’Indonésie et du Gabon, respectivement en janvier et juillet 2016. Elle se fixe pour objectif de coordonner les politiques pétrolières des États membres, à la fois pour rentabiliser les investissements des producteurs et assurer l'approvisionnement des consommateurs.

Pays de la Mer du Nord : les pays de la mer du nord producteurs de pétrole ou de gaz sont le Royaume-Uni, la Norvège, les Pays-Bas et le Danemark.

Pétrole, produits pétroliers : huile minérale naturelle, mélange complexe d’hydrocarbures liquides (éléments chimiques contenant de l’hydrogène associé à du carbone), qui se forme naturellement dans des nappes souterraines présentes dans les roches sédimentaires. Les formes primaires comprennent le pétrole brut, les liquides du gaz naturel et les autres hydrocarbures. Elles sont transformées par distillation en raffinerie. Il en résulte toute une gamme de produits pétroliers, propane, butane, naphta, essence, kérosène, fioul, bitume... La pétrochimie élabore les dérivés du pétrole pour les usages non énergétiques.

Réserves prouvées : quantités d'hydrocarbures, de charbon qui, selon les informations géologiques et techniques disponibles, ont une forte probabilité (supérieure à 90 %) d'être récupérées dans le futur, à partir des gisements connus et dans les conditions technico-économiques existantes. Cette estimation est donc continuellement réévaluée en fonction des nouvelles découvertes et de l'amélioration de la récupération sur les champs existants.

Tonne-équivalent pétrole (tep) : quantité d’énergie contenue dans une tonne de pétrole brut. Cette unité est utilisée pour exprimer dans une unité commune la valeur énergétique des diverses sources d’énergie. Selon les conventions internationales, une tonne-équivalent pétrole équivaut par exemple à 1 616 kg de houille, 1 069 m3 de gaz d’Algérie ou 954 kg d’essence moteur. Pour l’électricité, 1 tep vaut 11,6 MWh.