Tableaux de l'économie françaiseÉdition 2018

Les Tableaux de l'économie française s'adressent à tous ceux qui souhaitent disposer d'un aperçu rapide et actuel sur la situation économique, démographique et sociale de la France.

Insee Références
Paru le : 27/02/2018
Consulter
Sommaire

Catégories d'entreprises

Présentation

La loi de modernisation de l’économie (LME) de 2008 a introduit une définition de l’ entreprise et de sa taille (décret n° 2008-1354) à partir de critères économiques qui conduit à une meilleure vision du tissu productif. Approchée par la notion de groupe , cette définition est, depuis 2013, affinée par un travail de profilage pour les plus grands d’entre eux. En 2015, on dénombre alors 3,82 millions d’entreprises dans les secteurs marchands non agricoles, dont 3,70 millions correspondent à une seule unité légale indépendante.

Cette définition économique de l’entreprise révèle la forte concentration du tissu productif. Sur ces 3,82 millions d’entreprises, 287 grandes entreprises (GE) emploient 3,9 millions de salariés en équivalent temps plein (EQTP), soit 29 % du total. À l’opposé, 3,67 millions, soit 96 %, sont des microentreprises ; elles emploient 2,4 millions de salariés en EQTP (18 % du total). Par-delà ce dualisme se dessine une partition assez équilibrée de la valeur ajoutée ou de l’emploi : 5 800 entreprises de taille intermédiaire (ETI) et 140 000 petites et moyennes entreprises (PME) non microentreprises emploient respectivement 25 % et 28 % des salariés (EQTP). Le secteur le plus concentré est celui des activités financières et d’assurances : 26 grandes entreprises y emploient 74 % des salariés. Dans les secteurs non financiers, les grandes entreprises dégagent près d’un tiers de la valeur ajoutée, les ETI un quart, les deux autres catégories en réalisent le reste à parts à peu près égales. En 2015, 57 % de la valeur ajoutée est ainsi produite par près de 6 000 entreprises (GE et ETI) qui réalisent aussi 85 % des exportations.

Les ETI se distinguent des autres catégories par leur orientation vers l’industrie manufacturière et par le poids des implantations étrangères. Parmi les 2,8 millions de salariés (EQTP) de l’industrie manufacturière, 38 % sont employés par des ETI. Compte tenu de leur orientation industrielle, les ETI jouent un rôle essentiel dans le commerce extérieur, réalisant 34 % du chiffre d’affaires à l’export.

Dans les services, qu’ils soient destinés aux particuliers ou orientés vers les activités spécialisées scientifiques et techniques, la majorité des salariés travaillent dans les PME, y compris les microentreprises. Dans la construction, en dépit de la présence d’une dizaine de grandes entreprises, la surreprésentation des PME (y c. microentreprises) est encore plus forte. Les microentreprises comptent 72 % de leurs effectifs salariés dans les activités tertiaires. Les PME hors microentreprises comptent en moyenne 27 salariés (EQTP). La majorité (54 %) ont moins de 20 salariés. Les activités exercées sont plus diversifiées que pour les autres catégories. De ce fait, leur structure d’emploi est assez proche de celle de l’ensemble. Les PME hors microentreprises sont néanmoins surreprésentées dans la construction, les industries de type traditionnel, la réparation et l’installation de machines et d’équipements.

Tableaux et graphiques

Figure 1 – Principales caractéristiques des entreprises par catégorie en 2015

Principales caractéristiques des entreprises par catégorie en 2015
Catégories d'entreprises Total
Grandes entreprises (GE) Entreprises de taille intermédiaire (ETI) Petites et moyennes entreprises (PME) hors microentreprises Microentreprises (MIC)
Entreprises, y c. activités financières et assurances
Nombre d'entreprises 287 5 753 139 941 3 674 141 3 820 122
Effectif salarié au 31/12 (en milliers) 4 235 3 657 4 259 2 745 14 897
Effectif salarié en EQTP1 (en milliers) 3 900 3 337 3 792 2 449 13 478
Nombre d'unités légales situées en France 28 178 54 895 266 031 3 723 742 4 072 846
  • 1. En équivalent temps plein.
  • Lecture : dans ce tableau, l'entreprise désigne « le groupe y c. ses filiales financières » ou « l'unité légale indépendante ». Ce concept nouveau se rapproche de celui d'« acteur économique ».
  • Champ : secteurs marchands non agricoles.
  • Source : Insee, Ésane, Clap et Lifi.

Figure 2 – Caractéristiques selon la catégorie d’entreprise en 2015

en %
Caractéristiques selon la catégorie d’entreprise en 2015
GE ETI PME hors MIC MIC
Nombre d'entreprises 0,0 0,1 3,7 96,2
Nombre d'unités légales 0,5 1,3 6,5 91,6
Effectif salarié en EQTP1 26,1 25,5 29,4 19,0
Immobilisations corporelles 45,3 28,3 16,4 10,1
Chiffre d'affaires export 50,5 34,0 12,7 2,8
VA HT 31,4 25,6 23,0 20,0
  • 1. En équivalent temps plein.
  • Champ : secteurs marchands non agricoles, hors activités financières et assurances.
  • Source : Insee, Ésane, Clap et Lifi.

Figure 2 – Caractéristiques selon la catégorie d'entreprise en 2015

Figure 3 – Effectifs salariés selon la catégorie d’entreprise et le type de contrôle en 2015

en milliers
Effectifs salariés selon la catégorie d’entreprise et le type de contrôle en 2015
Unités légales hors groupes Groupes français Sous contrôle d'un groupe étranger
GE 0 3 603 632
ETI 154 2 443 1 060
PME hors MIC 1 669 2 255 335
MIC 2 549 177 20
  • Note : effectifs au 31/12.
  • Champ : secteurs marchands non agricoles.
  • Source : Insee, Ésane, Clap et Lifi 2015.

Figure 3 – Effectifs salariés selon la catégorie d'entreprise et le type de contrôle en 2015

Figure 4 – Effectifs salariés par secteur et catégorie d'entreprises en 2015

en milliers
Effectifs salariés par secteur et catégorie d'entreprises en 2015
Catégories d'entreprises Total
Grandes entreprises (GE) Entreprises de taille intermédiaire (ETI) Petites et moyennes entreprises (PME) hors microentreprises Microentreprises (MIC)
Industrie 1 081,6 1 171,7 868,1 285,6 3 406,9
Construction 204,8 167,8 520,1 475,6 1 368,3
Commerce, transports, hébergement et restauration 1 519,3 1 168,7 1 494,5 1 123,7 5 306,2
Information et communication 279,6 197,0 175,8 66,0 718,3
Activités financières 590,2 108,0 55,0 46,6 799,8
Activités immobilières 42,7 70,9 58,4 56,7 228,8
Act. spéc., scient. et tech. et act. de serv. adm. et de soutien 378,0 500,0 713,8 386,9 1 978,7
Enseig., santé humaine et act. soc. ; autres act. de services 138,6 273,0 373,7 304,1 1 089,4
Total 4 234,8 3 657,1 4 259,3 2 745,3 14 896,6
  • Note : effectifs au 31/12.
  • Champ : secteurs marchands non agricoles.
  • Source : Insee, Ésane, Clap et Lifi.

Avertissement

Sauf mention contraire, les données nationales se réfèrent à la France métropolitaine et aux cinq départements d’outre-mer (sauf mention contraire Mayotte est inclus dans les données de la France).

Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d’une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.

Les comparaisons internationales s’appuient en général sur les données issues d’organismes internationaux (Eurostat, ONU, etc.) qui peuvent diverger des sources produites par les instituts nationaux de statistiques, notamment pour l’Insee, pour les données françaises. En effet, ces organismes effectuent souvent des ajustements de champ ou de méthode, d’ampleur souvent réduite, afin de produire des données comparables d’un pays à l’autre.

Sauf précision contraire, les indicateurs relatifs à l’Union européenne (UE) figurant dans cet ouvrage portent sur l’UE à 28.

Définitions

Catégorie d’entreprise : quatre catégories d’entreprises sont définies par la loi (article 51 de la loi de modernisation de l’économie) pour les besoins de l’analyse statistique et économique. Pour déterminer la catégorie à laquelle une entreprise appartient, on utilise les données suivantes, afférentes au dernier exercice comptable clôturé et calculées sur une base annuelle : l’effectif, le chiffre d’affaires et le total du bilan. On distingue :

    - les microentreprises (MIC) ;

    - les petites et moyennes entreprises (PME) ;

    - les entreprises de taille intermédiaire (ETI) ;

    - les grandes entreprises (GE).

Entreprise : plus petite combinaison d’unités légales qui constitue une unité organisationnelle de production de biens et de services jouissant d’une certaine autonomie de décision, notamment pour l’affectation de ses ressources courantes.

Entreprises de taille intermédiaire (ETI) : entreprise qui a entre 250 et 4 999 salariés, et soit un chiffre d’affaires annuel n’excédant pas 1,5 milliard d'euros, soit un total de bilan n’excédant pas 2 milliards d’euros. Une entreprise qui a moins de 250 salariés, mais plus de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires et plus de 43 millions d’euros de total de bilan est aussi considérée comme une ETI. Les ETI constituent une catégorie d'entreprises intermédiaire entre les PME et les grandes entreprises. Il s’agit de l’une des quatre catégories d'entreprises définies par la loi (article 51 de la loi de modernisation de l'économie) pour les besoins de l'analyse statistique et économique.

Grandes entreprises (GE) : entreprises ayant au moins 5 000 salariés. Une entreprise qui a moins de 5 000 salariés mais plus de 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires et plus de 2 milliards d'euros de total de bilan est aussi considérée comme une grande entreprise. Il s’agit de l’une des quatre catégories d'entreprises définies par la loi (article 51 de la loi de modernisation de l'économie) pour les besoins de l'analyse statistique et économique.

Groupe : ensemble de sociétés liées entre elles par des participations au capital et parmi lesquelles l’une exerce sur les autres un pouvoir de décision. Considérer un groupe de sociétés comme une seule entreprise quelle que soit sa taille est une approximation. En effet, certains conglomérats diversifiés sont formés de branches quasi autonomes qui devraient en toute rigueur être considérés comme autant d’entreprises. Identifier au sein des groupes de telles entreprises au sens du décret de 2008 et reconstituer les variables économiques au niveau de ces entreprises est un travail de grande ampleur, dit de profilage. Pour les données 2015 est intégré le résultat du profilage de 51 grands groupes. En identifiant plusieurs entreprises au sein de groupes diversifiés, ce profilage génère 115 entreprises : 68 grandes entreprises (GE), 42 entreprises de taille intermédiaire (ETI) et 5 petites et moyennes entreprises (PME).

Microentreprises (MIC) : entreprise occupant moins de 10 personnes, et qui a un chiffre d'affaires annuel ou un total de bilan n'excédant pas 2 millions d'euros. Cette notion, utilisée à des fins d'analyse statistique et économique, diffère de celle du régime fiscal de la microentreprise et ne s'apparente pas non plus au statut de micro-entrepreneur, appelé auto-entrepreneur avant le 19 décembre 2014. Il s’agit de l’une des quatre catégories d'entreprises définies par la loi (article 51 de la loi de modernisation de l'économie) pour les besoins de l'analyse statistique et économique.

Petites et moyennes entreprises (PME) : cette catégorie est constituée des entreprises qui occupent moins de 250 personnes, et qui ont un chiffre d'affaires annuel inférieur à 50 millions d'euros ou un total de bilan n'excédant pas 43 millions d'euros. Il s’agit de l’une des quatre catégories d'entreprises définies par la loi (article 51 de la loi de modernisation de l'économie) pour les besoins de l'analyse statistique et économique.

Profilage : profiler un groupe de sociétés consiste à définir la structure d'observation statistique du groupe qui paraît la mieux appropriée pour une observation de l'activité économique qui se situe dans la sphère « réelle ». Il s'agit de définir des unités statistiques intermédiaires, éventuellement différentes du groupe, qui peuvent être les « divisions opérationnelles » du groupe, ou des sous-groupes, ou des découpages ad hoc définis alors en collaboration avec le groupe lui-même. Cette opération, appelée «profilage» (terme traduit de l'anglais « profiling»), se justifie dans le cas de grands groupes présents dans plusieurs domaines d'activité. Les unités ainsi définies, restreintes au territoire économique français dans le cas d'un groupe multinational, seront appelées entreprises issues du profilage ou par abus de langage « entreprises profilées », et constituent des entreprises. Les opérations de profilage des groupes français s'étaleront sur plusieurs années. Les grands groupes seront profilés en étroite coopération avec les groupes eux-mêmes. En règle générale, la structure d'observation définie correspondra aux grands métiers du groupe qui définiront alors autant d'unités statistiques. Celles-ci réuniront généralement plusieurs sociétés du groupe. Les quelques expériences déjà conduites indiquent que ces unités peuvent réunir de une à quelques centaines de sociétés. Un petit groupe sera considéré comme définissant une seule entreprise.

Unité légale : entité juridique de droit public ou privé. Cette entité juridique peut être une personne morale, dont l’existence est reconnue par la loi indépendamment des personnes ou des institutions qui la possèdent ou qui en sont membres ou une personne physique, qui, en tant qu’indépendant, peut exercer une activité économique. Elle est obligatoirement déclarée aux administrations compétentes (Greffes des tribunaux, sécurité sociale, DGFiP, etc) pour exister. L’existence d’une telle unité dépend du choix des propriétaires ou de ses créateurs (pour des raisons organisationnelles, juridiques ou fiscales). L’unité légale est l’unité principale enregistrée dans Sirene. Cette définition de l’unité légale ne doit pas être confondue avec celle de l’entreprise, considérée comme unité statistique.

Valeur ajoutée : solde du compte de production de la comptabilité nationale. Elle est égale à la valeur de la production diminuée de la consommation intermédiaire.