Tableaux de l'économie françaiseÉdition 2018

Les Tableaux de l'économie française s'adressent à tous ceux qui souhaitent disposer d'un aperçu rapide et actuel sur la situation économique, démographique et sociale de la France.

Insee Références
Paru le : 27/02/2018
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Sommaire

Salaire minimum - Coût du travail

Présentation

Au 1er janvier 2017, le montant mensuel brut du salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) est de 1 480,27 euros pour 151,67 heures de travail, soit une revalorisation de 0,9 % entre janvier 2016 et janvier 2017. En dix ans, le Smic horaire brut a augmenté de 16 %, passant de 8,44 euros en juillet 2007 à 9,76 euros en 2017, dans le même temps les prix augmentaient de 12 %. Le minimum de traitement brut dans la fonction publique s'élève à 1 447,98 euros au 1er février 2017.

Au 1er janvier 2017, 1,65 million de salariés des entreprises du secteur concurrentiel (hors apprentis, stagiaires et intérimaires) bénéficient de la revalorisation du Smic, soit 10,6 % des salariés de ces entreprises. Par rapport à 2016, la proportion de bénéficiaires de la revalorisation du Smic progresse ou reste stable, dans les branches professionnelles ou secteurs d’activité relevant de la construction ou de l’industrie. Elle se replie, en revanche, dans quelques branches ou secteurs des services. Le recul est très marqué dans le secteur de l’« hébergement-restauration » et le regroupement de branches « hôtellerie, restauration et tourisme » du fait en partie des évolutions récentes des minima salariaux dans la grille conventionnelle. Pour autant, au 1er janvier 2017, la proportion de salariés concernés par la revalorisation du Smic reste la plus importante dans ce secteur (31,2 %). La part des bénéficiaires de la revalorisation du Smic est beaucoup plus élevée pour les salariés à temps partiel que ceux à temps complet (24,2 % contre 7,5 %) et dans les entreprises de moins de dix salariés (24,3 % contre 7,4 % pour celles de dix salariés ou plus).

La France fait partie des pays de l’Union européenne dont le coût horaire de la main-d'œuvre est élevé (35,6 euros en 2016 pour l’ensemble de l’industrie, de la construction et des services, hors administration publique et hors apprentis). Elle se situe derrière le Danemark, la Belgique, la Suède et le Luxembourg. Le coût horaire du travail est souvent plus élevé dans les secteurs où la main-d’œuvre est plus qualifiée et qui concentrent les plus grandes entreprises, comme l’« énergie » ou les « activités financières et d’assurance ». En revanche, il est le plus faible dans l’« hébergement-restauration », qui emploie une main-d’œuvre peu qualifiée et bénéficie davantage des allègements de cotisations sur les bas salaires. En France, le coût du travail dans le secteur marchand non agricole, dont l'évolution est mesurée par l' indice du coût du travail (salaires et charges), a très nettement ralenti en 2013 (+ 0,5 %) et ne progresse que d’un peu plus de 1 % par an en 2015 et en 2016. Plusieurs mesures ont contribué à cette modération : le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) mis en place en 2013 et dont le taux a été très régulièrement rehaussé, puis, dans le cadre du Pacte de responsabilité et de solidarité, la réduction du taux de cotisation patronale pour les salaires inférieurs à 1,6 Smic (2015) puis pour ceux inférieurs à 3,5 Smic (2016). En revanche, depuis janvier 2016, l’obligation de proposer une complémentaire santé d’entreprise a fait augmenter le coût du travail.

Tableaux et graphiques

Figure 1 – Pouvoir d'achat du Smic et du salaire horaire de base ouvrier et employé

Pouvoir d'achat du Smic et du salaire horaire de base ouvrier et employé
1990 1995 (r) 2000 2005 (r) 2010 2014 2015 2016
Smic horaire brut en moyenne annuelle (en euros) 4,70 5,53 6,31 7,82 8,86 9,53 9,61 9,67
Évolution en moyenne annuelle du pouvoir d'achat (en %) :
   Du Smic horaire brut 0,8 1,3 0,5 3,9 – 0,5 0,6 0,8 0,4
   Du Smic horaire net1 0,9 1,0 0,5 4,0 – 0,3 0,3 0,7 0,3
   Du salaire horaire de base des ouvriers et employés 2 1,5 0,6 3,4 1,3 0,4 0,9 1,2 0,9
Indice des prix à la consommation3 3,4 1,8 1,7 1,7 1,5 0,5 0,0 0,2
  • r : données révisées.
  • 1. CSG et CRDS non déduites.
  • 2. L'indice de salaire horaire de base des ouvriers et employés (SHBOE) remplace l'indice de salaire horaire de base des ouvriers (SHBO) depuis 2013. Le SHBO avait remplacé à partir de décembre 1998 le taux de salaire horaire des ouvriers.
  • 3. Y c. tabac.
  • Sources : Dares ; Insee.

Figure 2 – Montant brut du Smic

en euros
Montant brut du Smic
Smic horaire Smic mensuel pour 151,67 heures de travail Hausse en %
2012 (au 1er juillet) 9,40 1 425,7 2,0
2013 (au 1er janvier) 9,43 1 430,2 0,3
2014 (au 1er janvier) 9,53 1 445,4 1,1
2015 (au 1er janvier) 9,61 1 457,5 0,8
2016 (au 1er janvier) 9,67 1 466,6 0,6
2017 (au 1er janvier) 9,76 1 480,3 0,9
2018 (au 1er janvier) 9,88 1 498,5 1,2
  • Source : ministère du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social.

Figure 3 – Salariés ayant bénéficié de la revalorisation du Smic de 2017

en %
Salariés ayant bénéficié de la revalorisation du Smic de 2017
Au 1er janvier Ensemble des salariés Salariés à temps partiel
Industries extractives 5,9 ns
Industrie manufacturière 5,7 14,1
Production et distribution d'énergie1 0,8 3,0
Production et distrib. d'eau ; assainiss.2 2,9 6,9
Construction 8,8 24,1
Commerce ; réparation d'auto. et de moto. 12,6 25,1
Transports et entreposage 6,5 9,1
Hébergement et restauration 31,2 54,1
Information et communication 2,6 7,9
Activités financières et d'assurance 3,6 9,1
Activités immobilières 10,3 21,6
Act. spécialisées, scient. et techniques 6,4 22,3
Activités de services adm. et de soutien 11,7 12,3
Enseignement (hors enseig. public) 5,9 8,5
Santé humaine et action sociale3 21,1 33,0
Arts, spectacles et act. récréatives 14,7 18,2
Autres activités de services 24,9 36,8
Ensemble 10,6 24,2
  • ns : donnée non significative.
  • 1. Électricité, gaz, vapeur et air conditionné.
  • 2. Y c. gestion des déchets et dépollution.
  • 3. Hors fonction publique hospitalière et associations de loi 1901 de l’action sociale.
  • Champ : France métropolitaine, ensemble des salariés sauf apprentis, stagiaires, intérimaires ; ensemble des secteurs sauf agriculture, administration, syndicats de copropriété, associations de loi 1901 de l’action sociale, activités des ménages, activités extraterritoriales.
  • Source : Dares, enquête Acemo.

Figure 4 – Coût horaire du travail selon l'activité en 2015

en euros
Coût horaire du travail selon l'activité en 2015
2000 2008 2016
Industrie 25,4 33,1 38,3
Construction 22,1 28,0 31,4
Services marchands 24,7 31,7 36,1
Ensemble marchand 24,4 31,8 36,3
  • Champ : ensemble des secteurs marchands (secteurs B à N de la Nace), entreprises de 10 salariés ou plus, apprentis inclus.
  • Source : Eurostat (extraction du 21 novembre 2017), données annuelles du coût de la main-d'œuvre.

Figure 4 – Coût horaire du travail selon l'activité

Figure 5 – Évolution du salaire moyen et du salaire minimum de 1982 à 2014

indices (base 100 en 1951) en euros constants
Évolution du salaire moyen et du salaire minimum de 1982 à 2014
Salaire minimum pour 39 h hebdomadaires Salaire moyen Salaire minimum pour 35 h hebdomadaires
1982 285 307 ///
1983 289 310 ///
1984 290 309 ///
1985 291 313 ///
1986 291 321 ///
1987 291 320 ///
1988 289 320 ///
1989 287 323 ///
1990 290 328 ///
1991 295 330 ///
1992 297 330 ///
1993 295 328 ///
1994 293 328 ///
1995 296 329 ///
1996 296 328 ///
1997 302 331 ///
1998 311 334 ///
1999 314 339 ///
2000 315 341 ///
2001 322 342 289
2002 326 345 293
2003 331 344 297
2004 342 345 307
2005 354 348 318
2006 /// 348 326
2007 /// 353 329
2008 /// 354 330
2009 /// 358 335
2010 /// 362 335
2011 /// 363 334
2012 /// 361 338
2013 /// 365 339
2014 /// 367 341
  • /// : absence de résultat due à la nature des choses.
  • Note : de 2000 à 2005, le salaire minimum est représenté à la fois pour 39 heures et pour 35 heures. À partir de 2006, seul le salaire minimum pour 35 heures demeure représenté.
  • Champ : salariés à temps complet du secteur privé et des entreprises publiques, y c. les apprentis et les stagiaires ; salaires nets de prélèvements.
  • Source : Insee.

Figure 5 – Évolution du salaire moyen et du salaire minimum de 1982 à 2014

Figure 6 – Salaire mensuel minimum et coût horaire de la main-d'œuvre dans l'UE

Salaire mensuel minimum et coût horaire de la main-d'œuvre dans l'UE
Salaire minimum brut en euros par mois1 Coût de la main-d'œuvre en 2016
2016 2017 en euros par heure2
Allemagne 1 440 1 498 33,0
Autriche /// /// 32,7
Belgique 1 502 1 532 39,2
Bulgarie 215 235 4,4
Chypre /// /// 15,8
Croatie 408 433 10,0
Danemark /// /// 42,0
Espagne 764 826 21,3
Estonie 430 470 10,9
Finlande /// /// 33,2
France 1 467 1 480 35,6
Grèce3 684 684 14,2
Hongrie 351 412 8,3
Irlande 1 546 1 563 30,4
Italie /// /// 27,8
Lettonie 370 380 7,5
Lituanie 350 380 7,3
Luxembourg 1 923 1 999 36,6
Malte 728 736 13,2
Pays-Bas 1 525 1 552 34,3
Pologne 434 453 8,6
Portugal 618 650 13,7
Rép. tchèque 366 407 10,2
Roumanie 232 275 5,5
Royaume-Uni 1 512 1 397 26,7
Slovaquie 405 435 10,4
Slovénie 791 805 16,2
Suède /// /// 38,0
  • /// : absence de résultat due à la nature des choses.
  • 1. Au 1er semestre de l'année considérée.
  • 2. Coût horaire par salarié en équivalent temps plein (hors apprentis) dans les entreprises de l'industrie, de la construction et des services (hors administration publique, défense et sécurité sociale obligatoire).
  • Source : Eurostat (extraction du 17 novembre 2017).

Avertissement

Sauf mention contraire, les données nationales se réfèrent à la France métropolitaine et aux cinq départements d’outre-mer (sauf mention contraire Mayotte est inclus dans les données de la France).

Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d’une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.

Les comparaisons internationales s’appuient en général sur les données issues d’organismes internationaux (Eurostat, ONU, etc.) qui peuvent diverger des sources produites par les instituts nationaux de statistiques, notamment pour l’Insee, pour les données françaises. En effet, ces organismes effectuent souvent des ajustements de champ ou de méthode, d’ampleur souvent réduite, afin de produire des données comparables d’un pays à l’autre.

Sauf précision contraire, les indicateurs relatifs à l’Union européenne (UE) figurant dans cet ouvrage portent sur l’UE à 28.

Définitions

Coût de la main-d’œuvre : comprend l’ensemble des dépenses encourues par les employeurs pour l’emploi de salariés. Il comprend, en plus des salaires et traitements bruts, les cotisations sociales à la charge de l’employeur (sécurité sociale, chômage, retraite, prévoyance, indemnités de départ) que celles-ci soient obligatoires, conventionnelles ou facultatives, nettes d’exonérations comme les allègements de charges ; les frais de formation professionnelle (taxe d’apprentissage, contributions patronales au financement de la formation professionnelle) ; d’autres dépenses liées à l’emploi de salariés comme les frais de recrutement ; les taxes et les impôts relatifs à l’emploi et aux salariés, déduction faite des subventions perçues par l’employeur et destinées à favoriser l’emploi (CICE notamment).

Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) : à compter du 1er janvier 2013, les salaires versés par les entreprises ouvrent droit à un crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, le CICE. L’assiette du CICE est constituée des rémunérations brutes soumises aux cotisations sociales versées au cours d’une année civile dans la limite de 2,5 fois le salaire minimum légal (Smic). Le taux du crédit d’impôt est de 4 % pour les rémunérations versées au titre de 2013 (première année d’application) et de 6 % pour celles versées au titre des années suivantes. Le CICE s’impute sur les sommes dues par les entreprises au titre de l’impôt sur les sociétés (IS) ou de l’impôt sur le revenu (IR) pour les entreprises qui ne sont pas assujetties à l’IS. De manière générale, le CICE dû au titre d’une année donnée s’impute sur l’impôt dû au titre du même exercice. Ainsi, le CICE calculé au titre des rémunérations versées en 2013 doit être imputé sur l’impôt dû au titre de l’exercice 2013.

Indice du coût du travail : l'indice du coût du travail (ICT), ou Labor cost index (LCI) vise à refléter l'évolution du coût horaire du travail de la main-d'œuvre salariée en prenant en compte tous les éléments de coût (salaires et charges). Décliné par secteur d'activité (Industrie, Construction et Tertiaire) et harmonisé au niveau européen, l'ICT décrit chaque trimestre les fluctuations des rémunérations, des cotisations sociales ainsi que les taxes ou impôts basés sur la masse salariale des entreprises. Depuis 2009, cet indice couvre le secteur public en plus du secteur marchand non agricole. Sur le site d'Eurostat, on dispose des mêmes indices pour les autres pays de l'Union européenne.

Salaire horaire de base ouvrier et employé (SHBOE) : il s'agit du salaire horaire brut de base, avant déduction des cotisations sociales et avant versement de prestations sociales dont les salariés pourraient bénéficier, pour la population des ouvriers et employés. Le salaire horaire de base ouvrier et employé (SHBOE) ne comprend donc ni les primes (sauf, le cas échéant, la prime liée à la réduction du temps de travail), ni les heures supplémentaires.

Salaire minimum dans l’Union européenne : un salaire minimum légal national s'applique dans 22 des 28 États membres de l'Union européenne. Il s’agit des Pays-Bas depuis 1969, de la France depuis 1970, du Luxembourg depuis 1973, du Portugal et de Malte depuis 1974, de la Belgique depuis 1975, de l’Espagne depuis 1980, de la Hongrie depuis 1988, de la Bulgarie, de la Pologne et de la Roumanie depuis 1990, de l’Estonie, de la Grèce, de la Lettonie, de la Lituanie, de la République tchèque et de la Slovaquie depuis 1991, de la Slovénie depuis 1995, de la Croatie depuis 1998 (loi modifiée en 2008), du Royaume-Uni depuis 1999, de l’Irlande depuis 2000 et de l’Allemagne depuis 2015.

Salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) : salaire horaire minimum légal en France métropolitaine ainsi que dans les départements d'outre-mer (DOM) et dans la collectivité territoriale de Saint-Pierre-et-Miquelon. Il a été institué par une loi du 2 janvier 1970 et il a pris, avec le minimum garanti, la succession du Smig (salaire minimum interprofessionnel garanti), créé en 1950. Un salaire au moins égal au Smic est versé à tout salarié du secteur privé, âgé d'au moins 18 ans. Bénéficient également de ce minimum les salariés du secteur public employés dans des conditions de droit privé. Un taux réduit du Smic peut être pratiqué pour : les apprentis et les jeunes salariés en contrat de professionnalisation, en fonction de leur âge et de la durée du contrat ; les jeunes salariés âgés de moins de 18 ans qui ont moins de 6 mois de pratique professionnelle dans la branche d'activité. Un abattement de 10 % peut ainsi être pratiqué lorsque le jeune salarié est âgé de 17 à 18 ans et de 20 % lorsque le jeune salarié est âgé de moins de 17 ans. Sont exclus du bénéfice du Smic les salariés dont l'horaire de travail n'est pas contrôlable (certains VRP). Le Smic est revalorisé au 1er juillet de chaque année jusqu'en 2009, puis au 1er janvier de chaque année à partir de 2010. Depuis 2013 (décret n°2013-123 du 7 février 2013), le Smic est revalorisé :

    - chaque 1er janvier, en tenant compte de l'évolution de l'indice mensuel des prix à la consommation hors tabac des ménages du premier quintile de la distribution des niveaux de vie, augmentée de la moitié du gain de pouvoir d'achat du salaire horaire de base des ouvriers et des employés (avec possibilité pour le gouvernement de décider d'une revalorisation supplémentaire) ;

    - en cours d'année lorsque cet indice des prix à la consommation atteint un niveau correspondant à une hausse d'au moins 2 % par rapport à l'indice constaté lors de l'établissement du Smic immédiatement antérieur.

Jusqu'en 2012, le Smic était revalorisé en fonction de l'évolution de l'indice des prix à la consommation (IPC) hors tabac des ménages urbains dont le chef est ouvrier ou employé, augmenté de la moitié de la croissance du pouvoir d'achat du salaire horaire de base ouvrier (SHBO).