Tableaux de l'économie françaiseÉdition 2018

Les Tableaux de l'économie française s'adressent à tous ceux qui souhaitent disposer d'un aperçu rapide et actuel sur la situation économique, démographique et sociale de la France.

Insee Références
Paru le : 27/02/2018
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Sommaire

Pétrole - Charbon

Présentation

Après s’être effondré de plus de 70 % en un an et demi, pour atteindre en début d’année 2016 son plus bas niveau depuis douze ans, le cours du pétrole est reparti à la hausse tout au long de l’année. En moyenne annuelle, le prix du pétrole brut importé par les raffineurs français s’établit à 297 € la tonne en 2016, en baisse de 18 % sur un an. Il atteignait plus de 600 € la tonne en 2012 et 2013.

En 2016, les importations de pétrole brut s’élèvent à 55,4 millions de tonnes (Mt), en baisse de 3,8 % par rapport à 2015. La facture correspondante chute de 21,0 % en un an et de plus de moitié en seulement trois ans, principalement du fait de l’effondrement des cours. L’Arabie saoudite demeure le principal fournisseur de la France, suivie par le Kazakhstan, le Nigeria, la Russie et la Norvège. Les importations d’Arabie saoudite ont toutefois fortement reculé en un an, du fait de la concurrence du pétrole iranien, de retour sur les marchés après la levée des sanctions économiques liées au programme nucléaire de l’Iran. En 2016, la France a acheté environ 52 % de son pétrole brut auprès des membres de l’ Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) . Le solde importateur de la France en produits raffinés s’établit à 20,9 Mt en 2016, alors qu’il dépassait 22 Mt en 2015 et était proche de 25 Mt les années antérieures.

Autrefois importante, la production primaire d’énergie fossile en France est désormais marginale. Elle s’élève à 1 Mtep en 2016, composée en majeure partie de pétrole brut extrait des bassins parisien et aquitain. Cette production de pétrole brut ne satisfait désormais qu’un peu plus de 1 % de la consommation nationale. La consommation finale de produits pétroliers à usage énergétique s’élève à 53,9 Mtep en 2016. Après s’être stabilisée en 2015, elle recule à nouveau en 2016 (– 2,4 % en données corrigée des variations climatiques ). Les trois quarts de cette consommation relèvent du secteur du transport.

Le charbon est principalement importé sous forme primaire. En 2016, son prix moyen s’élève à 89 € la tonne. Il demeure stable sur un an malgré le rebond des prix spots sur les marchés internationaux.

La consommation primaire de charbon poursuit son déclin sur le long terme. En 2016, elle recule de 6,5 % à climat constant et s’établit à un niveau historiquement bas, à 8,5 Mtep. La filière fonte constitue le principal secteur d’activité consommateur de charbon, avec 45 % de la consommation totale en 2016. Elle est suivie par le secteur de la production d’électricité et de chaleur (31 %). La consommation finale (essentiellement celle de l’industrie manufacturière hors hauts-fourneaux) ne représente que 16 % de l’ensemble.

La dépense totale en charbon s’élève à 1,6 milliard d’euros en 2016. Bien que la chute des prix observée les années précédentes se soit enrayée, la dépense en charbon continue de baisser en 2016, de 5,7 %, du fait du recul de l’activité des centrales électriques à charbon. Les hauts-fourneaux, qui consomment majoritairement du coke, issu de la transformation d’un type de charbon plus onéreux que celui utilisé pour la production d’électricité et de chaleur, concentrent 60 % de la dépense totale.

Tableaux et graphiques

Figure 1 – Consommation de produits pétroliers

en millions de tonnes
Consommation de produits pétroliers
1973 1985 2016 16/15 en %
Gazole 6,5 10,9 34,8 -0,1
Fioul domestique 37,2 20,7 6,3 -5,2
Supercarburants 15,8 18,0 7,4 2,7
Bases pétrochimie 5,4 7,1 8,1 -7,2
Carburéacteurs 1,8 2,6 6,5 -1,0
Fiouls lourds 34,1 8,2 0,6 -19,0
Gaz (GPL) 2,7 2,9 (e) 1,8 (e) -1,2
Autres produits 8,2 4,7 8,5 0,3
Consommation intérieure 111,8 75,1 (e) 73,9 (e) -1,3
  • e : donnée estimée.
  • Source : CPDP.

Figure 2 – Consommation de pétrole dans le monde

en millions de tonnes
Consommation de pétrole dans le monde
1973 (r) 1985 (r) 2016 2016 en %
États-Unis 833 710 863 19,5
Chine 54 90 579 13,1
Inde 23 43 213 4,8
Japon 269 208 184 4,2
Arabie saoudite 24 47 168 3,8
Russie nd 247 148 3,3
Brésil 39 56 139 3,1
Corée du Sud 12 26 122 2,8
Allemagne1 162 126 113 2,6
Canada 82 71 101 2,3
Iran 16 45 84 1,9
Mexique 25 61 83 1,9
France 127 84 76 1,7
Royaume-Uni 114 78 73 1,7
Indonésie 9 23 73 1,6
Total monde 2 769 2 827 4 418 100,0
  • nd : donnée non disponible.
  • r : données révisées.
  • 1. Ex-RFA pour 1973.
  • Sources : BP Statistical Review of World Energy ; CPDP.

Figure 3 – Consommation de charbon par secteur

en millions de tep
Consommation de charbon par secteur
1990 2000 2010 2016 16/15 en %
Branche énergie1 14,9 12,6 9,6 7,2 -6,6
dont filière fonte 5,9 5,0 4,2 3,8 -3,4
Consommation finale1 5,3 2,5 1,8 1,4 -5,8
Industrie (y c. construction) 3,3 1,7 1,4 1,0 -8,9
Autres usages énergétiques 1,8 0,6 0,4 0,1 3,1
Non énergétique 0,3 0,2 0,1 0,3 2,2
Total consommation primaire1 20,3 15,1 11,4 8,5 -6,5
  • 1. données corrigées des variations climatiques.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : SDES.

Figure 4 – Provenance des importations de charbon en 2016

en %
Provenance des importations de charbon en 2016
Part des importations de charbon
Australie 30,8
Russie 27,5
Colombie 14,2
Afrique du Sud 10,9
États-Unis 8,0
Autres pays 8,6
  • Sources : DGDDI ; SDES.

Figure 4 – Provenance des importations de charbon en 2016

Figure 5 – Prix moyens des énergies importées

en euros courants Caf par tonne
Prix moyens des énergies importées
1973 1985 2000 2016
Charbon1 22 80 49 92
Pétrole brut 18 281 228 297
Produits pétroliers raffinés 31 295 278 384
  • 1. Houille, lignite, coke et agglomérés.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Sources : DGDDI ; SDES.

Figure 6 – Provenances du pétrole brut importé en France

en millions de tonnes
Provenances du pétrole brut importé en France
1973 1990 2016 2016 en %
Afrique 33,3 21,0 16,2 29,2
dont : Nigeria 12,6 3,1 5,8 10,5
         Libye 6,5 2,9 1,5 2,7
         Algérie 11,1 3,0 4,5 8,1
URSS/ex-URSS 3,4 6,2 17,0 30,6
dont Russie /// /// 5,8 10,4
Moyen-Orient 96,4 31,7 14,0 25,3
dont Arabie saoudite 30,2 15,2 8,3 15,0
Mer du Nord 0,2 10,4 5,9 10,7
Importations totales 134,9 73,4 55,4 100,0
dont Opep 127,8 41,7 28,6 51,7
  • /// : absence de résultat due à la nature des choses.
  • Note : le pétrole est classé ici en fonction du pays d'où il a été extrait.
  • Champ : y c. condensats et autres produits à distiller.
  • Source : SDES.

Figure 7 – Production et réserves de pétrole brut dans le monde

en millions de tonnes
Production et réserves de pétrole brut dans le monde
Production en 2016 Réserves prouvées au 1er janvier 2017
en % en %
Amérique du Nord 711 16,6 27 965 12,5
Canada 158 3,7 23 153 10,3
États-Unis 552 12,9 4 812 2,1
Amérique latine 489 11,4 45 751 20,4
dont : Brésil 125 2,9 1 774 0,8
         Mexique 116 2,7 1 042 0,5
         Venezuela 124 2,9 41 047 18,3
Afrique 376 8,8 17 156 7,6
dont : Algérie 69 1,6 1 664 0,7
         Libye 20 0,5 6 598 2,9
         Nigeria 99 2,3 5 056 2,3
Europe 830 19,4 17 892 8,0
dont : France 1 0,0 10 0,0
         Kazakhstan 77 1,8 4 093 1,8
         Norvège 80 1,9 902 0,4
         Royaume-Uni 45 1,0 350 0,2
         Russie 541 12,7 10 914 4,9
Proche-Orient 1 489 34,8 109 538 48,8
dont : Arabie saoudite 586 13,7 36 351 16,2
         Irak 219 5,1 19 441 8,7
         Iran 216 5,1 21 610 9,6
         Koweït 153 3,6 13 847 6,2
Extrême-Orient et Océanie 380 8,9 6 236 2,8
dont Chine 200 4,7 3 495 1,6
Total monde 4 275 100,0 224 538 100,0
dont Opep 1 919 44,9 165 373 73,7
  • Sources : CPDP ; Oil and Gas Journal.

Avertissement

Sauf mention contraire, les données nationales se réfèrent à la France métropolitaine et aux cinq départements d’outre-mer (sauf mention contraire Mayotte est inclus dans les données de la France).

Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d’une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.

Les comparaisons internationales s’appuient en général sur les données issues d’organismes internationaux (Eurostat, ONU, etc.) qui peuvent diverger des sources produites par les instituts nationaux de statistiques, notamment pour l’Insee, pour les données françaises. En effet, ces organismes effectuent souvent des ajustements de champ ou de méthode, d’ampleur souvent réduite, afin de produire des données comparables d’un pays à l’autre.

Sauf précision contraire, les indicateurs relatifs à l’Union européenne (UE) figurant dans cet ouvrage portent sur l’UE à 28.

Définitions

Charbon : terme recouvrant la houille, le lignite, le coke, les agglomérés et les produits de récupération. La houille est plus riche en carbone et a une teneur en eau et en matières volatiles plus faible que le lignite. Le coke de houille est obtenu par carbonisation de la houille.

Consommation d’énergie corrigée des variations climatiques : la consommation d’énergie pour le chauffage est plus forte quand l’hiver est plus rigoureux. C’est une évidence qui ne présente pas un grand intérêt pour l’analyse dans la mesure où elle ne traduit pas un changement des comportements. Pour mieux analyser les évolutions, on calcule des consommations « corrigées des variations climatiques » (primaire et finale). C’est-à-dire qu’on évalue ce qu’aurait été la consommation si les températures avaient été conformes à la moyenne de référence 1981-2010. On obtient un résultat théorique, qui dépend de la méthode utilisée, et qui complète la consommation « réelle », celle qui est observée.

Consommation finale d’énergie : quantité d’énergie disponible pour l’utilisateur final. C’est la consommation primaire d’énergie, moins la consommation de la branche énergie (pertes de transformation, de transport et de distribution d’énergie, consommation propre des entreprises de la branche). À l’intérieur de la consommation finale totale, on distingue la consommation finale non énergétique et la consommation finale énergétique, que l’on répartit entre les secteurs consommateurs (transports, industrie, agriculture et résidentiel-tertiaire).

Consommation primaire d’énergie : agrégat des comptes de l’énergie qui se décompose en consommation interne de la branche énergie et en consommation finale totale. Cette dernière se décompose, elle-même, en consommation finale énergétique et en consommation non énergétique.

Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) : créée en 1960 (Conférence de Bagdad), l’organisation siège à Vienne et regroupe désormais quatorze pays (Algérie, Angola, Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Équateur, Gabon, Indonésie, Irak, Iran, Koweït, Libye, Nigeria, Qatar et Venezuela), suite à la réintégration de l’Indonésie et du Gabon, respectivement en janvier et juillet 2016. Elle se fixe pour objectif de coordonner les politiques pétrolières des États membres, à la fois pour rentabiliser les investissements des producteurs et assurer l'approvisionnement des consommateurs.

Pays de la Mer du Nord : les pays de la Mer du Nord producteurs de pétrole ou de gaz sont le Royaume-Uni, la Norvège, les Pays-Bas et le Danemark.

Pétrole, produits pétroliers : huile minérale naturelle, mélange complexe d’hydrocarbures liquides (éléments chimiques contenant de l’hydrogène associé à du carbone), qui se forme naturellement dans des nappes souterraines présentes dans les roches sédimentaires. Les formes primaires comprennent le pétrole brut, les liquides du gaz naturel et les autres hydrocarbures. Elles sont transformées par distillation en raffinerie. Il en résulte toute une gamme de produits pétroliers, propane, butane, naphta, essence, kérosène, fioul, bitume, etc. La pétrochimie élabore les dérivés du pétrole pour les usages non énergétiques.

Réserves prouvées : quantités d'hydrocarbures, de charbon qui, selon les informations géologiques et techniques disponibles, ont une forte probabilité (supérieure à 90 %) d'être récupérées dans le futur, à partir des gisements connus et dans les conditions technico-économiques existantes. Cette estimation est donc continuellement réévaluée en fonction des nouvelles découvertes et de l'amélioration de la récupération sur les champs existants.

Tonne d'équivalent pétrole (tep) : quantité d’énergie contenue dans une tonne de pétrole brut. Cette unité est utilisée pour exprimer dans une unité commune la valeur énergétique des diverses sources d’énergie. Selon les conventions internationales, une tonne d'équivalent pétrole équivaut par exemple à 1 616 kg de houille, 1 069 m3 de gaz d'Algérie ou 954 kg d'essence moteur. Pour l'électricité, 1 tep vaut 11,63 MWh.