Tableaux de l'économie françaiseÉdition 2018

Les Tableaux de l'économie française s'adressent à tous ceux qui souhaitent disposer d'un aperçu rapide et actuel sur la situation économique, démographique et sociale de la France.

Insee Références
Paru le : 27/02/2018
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Sommaire

Étrangers - Immigrés

Présentation

En 2014, 4,2 millions d’ étrangers et 6,0 millions d’ immigrés vivent en France, soit respectivement 6,4 % et 9,1 % de la population totale. L’immigration en France est un phénomène ancien. Après une stabilisation dans les années 1990, la population des immigrés augmente à nouveau depuis 1999. Jusqu’au milieu des années 1970, les flux d’immigration étaient majoritairement masculins, comblant les besoins de main-d’œuvre nés de la reconstruction d’après-guerre, puis de la période des Trente Glorieuses. Depuis, la part des femmes est croissante, qu’il s’agisse de regroupement familial ou non. À partir du milieu des années 1980, les femmes migrent de plus en plus souvent pour des raisons autres que familiales, par exemple pour trouver un emploi en adéquation avec leur diplôme ou pour suivre des études. En 2014, 51 % des immigrés sont des femmes, contre 44 % en 1968.

Depuis 1975, les origines géographiques des immigrés présents en France se diversifient. La part des immigrés originaires d’Europe se réduit et atteint 36 % en 2014 (66 % en 1975). Cette baisse s’explique notamment par la diminution du nombre d’immigrés venus d’Espagne et d’Italie en raison des décès ou des retours au pays. Depuis 1999, les origines des immigrés européens sont de plus en plus variées, avec une part croissante d’immigrés nés en Europe de l’Est ou au Royaume-Uni. En 2014, 44 % des immigrés sont nés dans un pays du continent africain. Les personnes nées au Maghreb représentent 30 % de l’ensemble des immigrés, une proportion stable depuis les années 1980. L’immigration d’Afrique subsaharienne est plus récente et concerne surtout des pays autrefois sous administration française. Enfin, 15 % des immigrés sont originaires d’Asie. La migration en provenance des pays d’Asie autres que le Cambodge, le Laos et le Viet Nam s’est accrue sur la période récente.

En 2016, le flux annuel des acquisitions de la nationalité française, avec 119 200 nouveaux Français, augmente par rapport à 2015 (+ 4,9 %). Cette hausse est principalement liée à la progression des acquisitions de la nationalité par décret (+ 10,6 %).

En 2016, le taux de chômage des étrangers (20 %) est deux fois supérieur à celui des personnes de nationalité française (9 %). Cette différence est encore plus marquée pour les étrangers non originaires de l’Union européenne (UE), notamment les femmes (27 %). Environ 6 % des actifs sont étrangers. Ces derniers sont surreprésentés parmi les ouvriers (10 %) et les artisans, commerçants et chefs d’entreprises de 10 salariés ou plus (9 %). Ils sont au contraire sous-représentés parmi dans les professions intermédiaires (3 %) et les cadres (5 %).

La proportion d’étrangers dans la population de l’UE est de 7,2 %, soit une part proche de celle observée en France (6,6 %).

Tableaux et graphiques

Figure 1Acquisitions de la nationalité française

en milliers
Acquisitions de la nationalité française
2000 2015 2016
part en %
Acquisitions enregistrées 141 455 111 878 117 084 98,3
Acquisitions par décret 77 478 61 564 68 067 57,1
    naturalisations 68 750 58 858 65 524 55,0
   réintégrations 8 728 2 706 2 543 2,1
Acquisitions par déclaration 63 977 50 314 49 017 41,1
   déclaration anticipée 35 883 24 159 27 100 22,7
   par mariage 26 056 25 044 20 708 17,4
   autres déclarations 2 038 1 111 1 209 1,0
Acquisitions sans formalités 8 570 1 730 2 068 1,7
Total 150 025 113 608 119 152 100,0
  • Sources : ministère de l'Intérieur ; ministère de la Justice, SDSE.

Figure 2Part des étrangers et des immigrés au sein des actifs selon la catégorie socioprofessionnelle en 2016

Part des étrangers et des immigrés au sein des actifs selon la catégorie socioprofessionnelle en 2016
Population active en milliers Part d'étrangers en % Part d'immigrés en %
Artisans, commerçants et chefs d'entreprise (10 salariés ou +) 1 830 8,8 13,6
Cadres et professions intellectuelles supérieures 4 897 4,5 8,2
Professions intermédiaires 7 242 3,2 5,7
Employés 8 135 6,3 10,5
Ouvriers 6 348 10,1 14,3
Chômeurs n'ayant jamais travaillé 490 12,9 15,5
Ensemble1 29 556 6,3 10,0
dont salariés 23 442 5,5 9,0
  • 1. Hors catégorie socioprofessionnelle non déclarée.
  • Lecture : en 2016, 10,1 % des ouvriers sont étrangers et 14,3 % sont immigrés.
  • Note : les chômeurs sont classés dans leur ancienne catégorie socioprofessionnelle.
  • Champ : France hors Mayotte, personnes des ménages, personnes actives de 15 ans ou plus.
  • Source : Insee, enquête Emploi.

Figure 3Immigrés selon le pays de naissance en 2014

Immigrés selon le pays de naissance en 2014
Part en % Effectif en milliers
Europe 36,1 2 157
UE 31,5 1 880
   Espagne 4,1 247
   Italie 4,8 287
   Portugal 10,3 616
   Royaume-Uni 2,5 149
   Autres pays de l'UE 9,8 582
Autres pays d'Europe 4,6 277
Afrique 43,8 2 612
   Algérie 13,0 774
   Maroc 12,1 723
   Tunisie 4,5 266
   Autres pays d'Afrique 14,2 849
Asie 14,5 863
   Turquie 4,3 250
   Cambodge, Laos, Viet Nam 2,8 160
   Autres pays d'Asie 7,4 453
Amérique, Océanie 5,6 336
Total 100,0 5 967
  • Source : Insee, RP2014 exploitation principale.

Figure 4Population étrangère et immigrée par sexe et âge en 2014

en %
Population étrangère et immigrée par sexe et âge en 2014
Étrangers Immigrés
Part des hommes 50,4 48,7
Part de la population ayant :
   moins de 15 ans 16,9 4,8
   15 à 24 ans 9,5 8,5
   25 à 54 ans 48,7 54,2
   55 ans ou plus 24,9 32,5
Nombre (en milliers) 4 200 5 967
Poids dans la population totale 6,4 9,1
  • Source : Insee, RP2014 exploitation principale.

Figure 5Taux de chômage selon la nationalité en 2016

en %
Taux de chômage selon la nationalité en 2016
Femmes Hommes
Nationalité française 9,2 9,6
Étrangers hors UE 27,3 23,5
Ensemble étrangers 20,5 19,4
  • Champ : France hors Mayotte, personnes des ménages, personnes actives de 15 ans ou plus.
  • Source : Insee, enquête Emploi.

Figure 5Taux de chômage selon la nationalité en 2016

Figure 6Population étrangère dans les pays de l'UE en 2016

Population étrangère dans les pays de l'UE en 2016
Population totale au 1er janvier Population active1
Étrangers2 en milliers Part en % Étrangers2 en milliers Part en %
Allemagne 8 652 10,5 4 765 11,4
Autriche 1 249 14,4 689 15,6
Belgique 1 327 11,7 556 11,3
Bulgarie 74 1,0 6 0,2
Chypre 140 16,5 80 19,7
Croatie 41 1,0 3 0,2
Danemark 463 8,1 276 9,4
Espagne 4 418 9,5 2 686 11,9
Estonie 198 15,0 95 14,5
Finlande 228 4,2 91 3,5
France3 4 409 6,6 1 819 6,2
Grèce 798 7,4 321 6,8
Hongrie 156 1,6 29 0,6
Irlande 587 12,4 343 16,1
Italie 5 026 8,3 2 813 11,1
Lettonie 289 14,7 120 12,5
Lituanie 19 0,6 7 0,5
Luxembourg 269 46,7 147 53,1
Malte 31 7,1 8 3,8
Pays-Bas 835 4,9 380 4,3
Pologne 150 0,4 52 0,3
Portugal 389 3,8 127 2,6
Rép. tchèque 476 4,5 108 2,1
Roumanie4 107 0,5 10 0,1
Royaume-Uni 5 641 8,6 3 612 11,3
Slovaquie 66 1,2 8 0,3
Slovénie 108 5,2 44 4,5
Suède 773 7,8 365 7,2
  • 1. Population âgée de 15 à 64 ans.
  • 2. Personnes non citoyennes du pays dans lequel elles résident, apatrides inclus.
  • 3. France hors Mayotte pour la population active.
  • 4. Données 2009 pour la population active.
  • Source : Eurostat (extraction du 17 octobre 2017).

Avertissement

Sauf mention contraire, les données nationales se réfèrent à la France métropolitaine et aux cinq départements d’outre-mer (sauf mention contraire Mayotte est inclus dans les données de la France).

Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d’une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.

Les comparaisons internationales s’appuient en général sur les données issues d’organismes internationaux (Eurostat, ONU, etc.) qui peuvent diverger des sources produites par les instituts nationaux de statistiques, notamment pour l’Insee, pour les données françaises. En effet, ces organismes effectuent souvent des ajustements de champ ou de méthode, d’ampleur souvent réduite, afin de produire des données comparables d’un pays à l’autre.

Sauf précision contraire, les indicateurs relatifs à l’Union européenne (UE) figurant dans cet ouvrage portent sur l’UE à 28.

Définitions

Étranger : personne qui réside en France et ne possède pas la nationalité française, soit qu'elle possède une autre nationalité (à titre exclusif), soit qu'elle n'en ait aucune (c'est le cas des personnes apatrides). Les personnes de nationalité française possédant une autre nationalité (ou plusieurs) sont considérées en France comme françaises. Un étranger n'est pas forcément immigré, il peut être né en France (les mineurs notamment). À la différence de celle d'immigré, la qualité d'étranger ne perdure pas toujours tout au long de la vie : on peut, sous réserve que la législation en vigueur le permette, devenir français par acquisition.

Immigré : selon la définition adoptée par le Haut Conseil à l'Intégration, population constituée des personnes nées étrangères à l’étranger et résidant en France. Elle comprend donc en partie des personnes qui, depuis leur arrivée, ont acquis la nationalité française. À l’inverse, elle exclut les Français de naissance nés à l’étranger et résidant en France et les étrangers nés en France. Certains immigrés ont pu devenir français, les autres restant étrangers. Les populations étrangère et immigrée ne se confondent pas totalement : un immigré n'est pas nécessairement étranger et réciproquement, certains étrangers sont nés en France (essentiellement des mineurs). La qualité d'immigré est permanente : un individu continue à appartenir à la population immigrée même s'il devient français par acquisition. C'est le pays de naissance, et non la nationalité à la naissance, qui définit l'origine géographique d'un immigré.

Nationalité : lien juridique qui relie un individu à un État déterminé. De ce lien découlent des obligations à la charge des personnes qui possèdent la qualité de Français, en contrepartie desquelles sont conférés des droits politiques, civils et professionnels, ainsi que le bénéfice des libertés publiques. La nationalité française peut résulter soit d'une attribution par filiation (droit du sang) ou par la naissance en France (droit du sol) soit d'une acquisition à la suite d'évènements personnels (mariage avec un Français, par exemple) ou d'une décision des autorités françaises (naturalisation). La nationalité française est attribuée de plein droit à la naissance à l'enfant, légitime ou naturel, dont l'un des parents au moins est français (droit du sang) ou à l'enfant, légitime ou naturel, né en France lorsque l'un de ses parents au moins y est lui-même né (double droit du sol).

Naturalisation : le fait de naturaliser français un étranger consiste à lui accorder la condition de citoyen français à part entière. Une naturalisation, par décision de l'autorité publique, ne peut être accordée qu'à l'étranger justifiant d'une résidence habituelle en France pendant les cinq années qui précèdent le dépôt de sa demande (sauf cas de réduction ou de suppression du stage de cinq ans prévus par le code civil).