Tableaux de l'économie françaiseÉdition 2018

Les Tableaux de l'économie française s'adressent à tous ceux qui souhaitent disposer d'un aperçu rapide et actuel sur la situation économique, démographique et sociale de la France.

Insee Références
Paru le : 27/02/2018
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Sommaire

Monnaie - Crédit

Présentation

À la fin de l’année 2016, l’endettement des agents non financiers (ANF) résidents résidents s’établit à 4 995,5 milliards d’euros, en hausse de 3,8 % sur l’année, après + 3,7 % en 2015. La dette des administrations publiques (APU) augmente moins fortement en 2016 qu’en 2015. En revanche, la dette des sociétés non financières (SNF) et celle des ménages – y compris les institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM) – accélèrent. Exprimés en proportion du PIB, le ratio d’endettement des ménages et celui des APU continuent de croître, + 1,3 point à 56,9 % pour le premier et + 0,7 point à 96,3 % pour le second. Parallèlement, celui des SNF s’accroît de 2,9 points pour s’établir à 71,0 %.

S’agissant des formes d’endettement des SNF, la croissance de l’encours de crédits obtenus auprès des institutions financières accélère, mais la hausse est plus modérée que celles des titres de créance. Les grandes entreprises continuent de privilégier les financements de marché (+ 7,0 %). Cette progression concerne les titres de long terme, dont l’encours croît de 7,4 %, alors que l’encours des titres de court terme marque le pas (+ 1,2 %). Au total, la part des titres de créance émis par les SNF dans leur endettement total augmente en 2016 (37,3 %, contre 36,9 % en 2015).

Le taux de croissance annuel des crédits aux ménages progresse (+ 4,0 %). Il augmente comme leur endettement, lequel est entièrement constitué par les crédits auprès des institutions financières. L’environnement de taux bas favorise la progression des transactions immobilières, financée principalement sous forme de crédits par les ménages.

L’endettement bancaire des APU diminue. Parallèlement, la hausse de l’encours des titres de créances à long terme qu’elles émettent ralentit (+ 4,1 %). Dans le même temps, les APU poursuivent leurs remboursements nets de titres de créance à court terme dont l’encours baisse de 10,0 %.

La croissance de la monnaie au sens large est demeurée globalement stable fin 2016, à un rythme toujours aussi soutenu que celui observé dans une large mesure depuis mi-2015. Le faible coût d’opportunité de la détention des instruments les plus liquides dans un environnement de taux d’intérêt très bas, ainsi que l’incidence des mesures de politique monétaire de la Banque Centrale Européenne, ont continué de soutenir la croissance de la monnaie. Les sources internes de la création monétaire sont restées le principal moteur de la croissance de la monnaie au sens large. La croissance des prêts au secteur privé a poursuivi son redressement progressif. Le flux annuel du financement externe total des SNF de la zone euro se serait renforcé au quatrième trimestre 2016, après s’être temporairement ralenti au trimestre précédent.

Tableaux et graphiques

Figure 1 – Endettement des agents non financiers en 2016

en fin d'année en milliards d'euros
Endettement des agents non financiers en 2016
Encours 16/15 en %
Endettement des agents non financiers 4 995,5 3,8
Ménages et ISBLSM 1 265,4 4,0
Sociétés non financières 1 582,7 5,8
Administrations publiques1 2 147,4 2,4
Crédits auprès des Institutions financières2 2 555,3 3,7
Ménages et ISBLSM 1 265,4 4,0
Sociétés non financières 990,4 5,1
Administrations publiques 299,5 -1,4
Dépôts au passif du Trésor3 36,7 -6,7
Financements de marché 2 413,3 3,7
Sociétés non financières 590,8 7,0
   Titres de créance à court terme 32,6 1,2
   Titres de créance à long terme 558,2 7,4
Administrations publiques 1 822,4 2,6
   Titres de créance à court terme 175,1 -10,0
   Titres de créance à long terme 1 647,4 4,1
  • 1. Dette publique au sens de Maastricht.
  • 2. Institutions financières monétaires et les autres intermédiaires financiers (organismes de titrisation, etc.).
  • 3. Dépôts auprès du Trésor pour toutes les contreparties autres que les administrations publiques.
  • Sources : Banque de France ; Insee, comptes nationaux - base 2010.

Figure 2 – Principaux indicateurs monétaires et financiers en France et dans la zone euro

glissement annuel de déc. à déc. en %
Principaux indicateurs monétaires et financiers en France et dans la zone euro
2013 (r) 2014 (r) 2015 (r) 2016
M1
Zone euro 5,6 8,0 10,5 8,7
France (contribution) 3,4 8,6 14,8 10,7
M2
Zone euro 2,4 3,7 5,2 4,7
France (contribution) 2,3 3,5 6,7 5,7
M3
Zone euro 0,9 3,8 4,6 4,9
France (contribution) -1,7 2,8 5,0 5,7
Crédits au secteur privé
Zone euro1 -2,4 -0,3 0,7 2,4
France2 3 0,7 2,6 3,0 4,9
  • r : données révisées.
  • 1. Crédits (y c. crédits titrisés, hors opérations vis-à-vis des chambres de compensation) consentis par les institutions financières monétaires (IFM) résidant dans la zone euro aux résidents de la zone euro hors IFM et hors APU.
  • 2. Crédits (y c. crédits titrisés) consentis par les institutions financières monétaires (IFM) résidant en France aux résidents français hors IFM et hors APU.
  • 3. Non corrigé des effets saisonniers et calendaires.
  • Note : données corrigées des effets saisonniers et calendaires.
  • Sources : Banque centrale européenne ; Banque de France.

Figure 3 – Dépôts et dépôts à terme

encours fin d'année en milliards d'euros
Dépôts et dépôts à terme
2000 2015 2016
Dépôts à vue 333,5 766,5 847,3
dont : ménages1 144,0 348,5 381,8
         sociétés non financières 105,6 296,2 338,1
Comptes sur livret 274,6 608,0 614,4
dont : livrets A et bleus 115,3 253,0 256,4
         livrets soumis à l'impôt 46,1 171,6 176,6
Dépôts à terme de 2 ans ou moins 56,5 135,4 134,0
Dépôts à terme de plus de 2 ans 279,8 495,4 506,3
dont ménages1 267,1 318,9 334,5
         dont plans d'épargne logement 190,3 239,9 258,8
  • 1. Ménages et institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM).
  • Note : dépôts des non-IFM hors administrations centrales.
  • Source : Banque de France.

Figure 4 – Crédits des établissements de crédit implantés en France à des résidents français

encours fin d'année en milliards d'euros
Crédits des établissements de crédit implantés en France à des résidents français
2014 2015 2016
Crédits aux résidents par secteur bénéficiaire
Secteur privé (y c. titrisation) 2 167,7 2 228,9 2 323,0
Administrations publiques 214,7 217,0 210,4
Total 2 382,4 2 445,9 2 533,4
Crédits aux sociétés non financières
Investissement 581,7 605,3 638,5
Trésorerie 175,6 197,0 216,3
Autres objets 81,1 71,8 57,3
Total 838,4 874,1 912,1
Crédits aux ménages
Habitat 927,4 964,0 997,8
Trésorerie 159,5 165,1 173,1
Autres objets 91,5 88,6 87,2
Total 1 178,4 1 217,7 1 258,1
  • Source : Banque de France.

Figure 5 – Ratios de dette des agents non financiers de 2004 à 2016

en % du PIB
Ratios de dette des agents non financiers de 2004 à 2016
Dette des ménages et ISBLSM Dette des SNF, valeur nominale Dette des administrations publiques au sens de Maastricht
2004 38,0 50,1 65,7
2005 40,8 51,1 67,1
2006 43,3 51,3 64,4
2007 45,7 53,0 64,3
2008 47,8 56,9 68,0
2009 51,8 60,1 78,9
2010 53,0 60,2 81,6
2011 54,1 62,2 85,2
2012 54,5 63,4 89,5
2013 54,9 63,3 92,3
2014 55,0 65,9 94,9
2015 55,6 68,1 95,6
2016 56,9 71,0 96,3
  • Sources : Banque de France ; Insee, comptes nationaux - base 2010.

Figure 5 – Ratios de dette des agents non financiers de 2004 à 2016

Figure 6 – Taux d'intérêt à court et à long terme par pays

taux moyen annuel en %
Taux d'intérêt à court et à long terme par pays
1999 2015 2016
France
   Court terme 2,96 -0,02 -0,26
   Long terme 4,61 0,84 0,47
Zone euro
   Court terme 2,96 -0,02 -0,26
   Long terme 4,66 1,27 0,93
Royaume-Uni
   Court terme 5,45 0,55 0,49
   Long terme 5,09 1,90 1,31
États-Unis
   Court terme 5,33 0,23 0,64
   Long terme 5,64 2,14 1,84
Japon
   Court terme nd 0,17 0,07
   Long terme 1,75 0,35 -0,07
  • nd : donnée non disponible.
  • Note : les taux interbancaires à trois mois (taux à court terme) sont identiques pour tous les pays de la zone euro. Les taux à long terme sont les taux se référant au rendement des obligations d'État.
  • Source : OCDE.

Avertissement

Sauf mention contraire, les données nationales se réfèrent à la France métropolitaine et aux cinq départements d’outre-mer (sauf mention contraire Mayotte est inclus dans les données de la France).

Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d’une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.

Les comparaisons internationales s’appuient en général sur les données issues d’organismes internationaux (Eurostat, ONU, etc.) qui peuvent diverger des sources produites par les instituts nationaux de statistiques, notamment pour l’Insee, pour les données françaises. En effet, ces organismes effectuent souvent des ajustements de champ ou de méthode, d’ampleur souvent réduite, afin de produire des données comparables d’un pays à l’autre.

Sauf précision contraire, les indicateurs relatifs à l’Union européenne (UE) figurant dans cet ouvrage portent sur l’UE à 28.

Définitions

Administrations publiques (APU) : ensemble des unités institutionnelles dont la fonction principale est de produire des services non marchands ou d'effectuer des opérations de redistribution du revenu et des richesses nationales. Elles tirent la majeure partie de leurs ressources de contributions obligatoires. Le secteur des administrations publiques comprend les administrations publiques centrales, les administrations publiques locales et les administrations de sécurité sociale.

Agents non financiers (ANF) résidents : ensemble regroupant les ménages, les institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM), les sociétés non financières et les administrations publiques (APU), ces dernières regroupant l’État, les organismes divers d’administration centrale (Odac), les collectivités locales et les organismes de sécurité sociale.

Agrégats monétaires (M1, M2, M3) : recensent les avoirs financiers les plus liquides des agents non financiers de la zone euro. L’agrégat M1 est composé des moyens de paiements (dépôts à vue et billets et pièces). M2 comprend, en plus de M1, les dépôts à court terme (comptes sur livrets). M3 inclut, outre M2, les instruments négociables détenus sur des institutions monétaires (notamment titres d’OPCVM monétaires et certificats de dépôts).

Dépôt à terme : dépôts qui ne peuvent être convertis en espèces avant un terme fixe convenu ou qui ne peuvent être convertis en espèces avant ce terme que moyennant une réfaction totale ou partielle de la rémunération convenue.

Dépôt à vue : fonds déposés auprès d’un établissement de dépôts et payables à vue (immédiatement ou dans un délai très bref). Les formes les plus courantes de dépôts à vue sont les comptes de chèques.

Institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM) : ensemble des unités privées dotées de la personnalité juridique qui produisent des biens et services non marchands au profit des ménages. Leurs ressources principales proviennent de contributions volontaires en espèces ou en nature effectuées par les ménages en leur qualité de consommateurs, de versements provenant des administrations publiques, ainsi que de revenus de la propriété.

Organisme de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) : intermédiaire financier qui donne à ses souscripteurs la possibilité de diversifier leurs investissements en particulier sur des marchés financiers auxquels ils n'auraient que difficilement accès autrement. L'activité principale des OPCVM consiste à collecter des fonds en émettant des titres financiers auprès de divers agents (particuliers, entreprises, etc.) en vue d'acquérir certains actifs financiers. On distingue traditionnellement deux grandes catégories d'OPCVM selon leur mode d'organisation : d'une part, les sociétés d'investissement à capital variable (SICAV) qui sont des sociétés avec conseil d'administration et, d'autre part, les fonds communs de placement (FCP) ainsi que leurs déclinaisons (fonds commun de placement en entreprises, etc.) qui n'ont pas de personnalité juridique et qui sont créés à l'instigation d'une société de gestion et d'une banque dépositaire. L'Autorité des marchés financiers distingue six grandes familles d'OPCVM selon la nature des fonds gérés : OPCVM monétaires, obligataires, actions, à fonds alternatifs, à fonds à formule et diversifiés.

Ratios d’endettement : généralement exprimés en pourcentage du PIB, leur suivi permet d’apprécier l’adéquation des financements obtenus sous forme d’emprunts par les agents économiques aux évolutions de l’économie réelle. La répartition par instruments des financements obtenus (crédits, titres de créance) fournit des indications sur les substitutions entre les différentes formes d’endettement.

Sociétés non financières (SNF) : ensemble des unités institutionnelles qui sont des producteurs marchands dont la fonction principale consiste à produire des biens et des services non financiers, et dont les opérations de répartition et les opérations financières sont séparées de celles de leurs propriétaires.

Taux d’intérêt : les taux d’intérêt fournissent des informations sur le coût ou prix d’un emprunt ou le gain tiré d’un prêt. Ils sont normalement exprimés en pourcentage annuel du montant emprunté, bien que la période du prêt/de l’emprunt puisse s’étendre d’un jour à plusieurs années. Les taux d’intérêt se distinguent soit par la période du prêt/de l’emprunt, soit par les parties concernées par la transaction (entreprises, consommateurs, administrations publiques ou opérations interbancaires). Les taux d’intérêt à long terme figurent parmi les critères de convergence de l’Union économique et monétaire (UEM) européenne. Le respect de ce critère impose aux États membres de l’Union d’afficher un taux d’intérêt nominal moyen à long terme ne dépassant pas de plus de 2 points de pourcentage celui des trois États membres les plus performants, au maximum. Les taux d’intérêt à long terme se basent sur les rendements des obligations d’État (ou de titres comparables), compte tenu des différences existant dans les définitions nationales, sur le marché secondaire, avant déduction des impôts, avec une échéance résiduelle d’environ dix ans.