Tableaux de l'économie françaiseÉdition 2018

Les Tableaux de l'économie française s'adressent à tous ceux qui souhaitent disposer d'un aperçu rapide et actuel sur la situation économique, démographique et sociale de la France.

Insee Références
Paru le : 27/02/2018
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Sommaire

Revenus des ménages

Présentation

En 2016, le revenu disponible brut (RDB) des ménages augmente de 1,7 % en valeur, après + 1,1 % en 2015. Parallèlement, le prix de la dépense de consommation finale baisse (– 0,1 %) pour la première fois depuis 2009, si bien que le pouvoir d’achat du RDB connaît sa plus forte hausse (+ 1,8 %) depuis 2007. Compte tenu de la croissance de la population, le pouvoir d’achat au niveau individuel, c’est-à-dire par unité de consommation , accélère nettement (+ 1,4 %, après + 0,4 % en 2015). La progression du RDB est d’abord imputable aux revenus nets d’activité (avec une contribution de + 1,2 point, après + 0,9 point en 2015), puis aux prestations sociales en espèces (contribution de + 0,6 point), tandis que la contribution des revenus du patrimoine est nulle. Les impôts courants pèsent légèrement à la baisse sur le RDB, comme les années précédentes.

Les salaires nets perçus par les ménages progressent plus vite qu’en 2015 (+ 1,9 %, après + 1,4 %) en raison de la meilleure tenue de l’emploi salarié (+ 0,7 %, après + 0,3 % en 2015) et d’une croissance du salaire moyen par tête (+ 1,2 %) proche de celle de 2015 (+ 1,1 %). Après avoir chuté de 15 % entre 2008 et 2014, le revenu mixte net des entrepreneurs individuels augmente pour la deuxième année consécutive (+ 2,5 % en 2015 et 2016) dans un contexte où leurs cotisations sociales baissent (– 0,6 %, après – 1,6 % en 2015).

Les prestations sociales en espèces reçues par les ménages accélèrent légèrement (+ 1,8 %), après quatre années de ralentissement. Les dépenses d’indemnisation du chômage continuent de croître sous l’effet notamment d’une hausse du taux de couverture par l’assurance chômage. En revanche, les prestations familiales se replient, sous l’effet d’une baisse de la natalité et de la modulation des allocations familiales en fonction des revenus mise en place au cours de l’année 2015, qui joue en année pleine en 2016. Le gel des pensions de retraite contient la progression des prestations vieillesse, alors que la hausse des dépenses d’assurance maladie respecte l’objectif national fixé pour 2016 (+ 1,8 %).

La stabilité des revenus du patrimoine des ménages est le résultat de deux évolutions contraires : les loyers (réels et imputés) reçus par les ménages progressent au même rythme qu’en 2015 (+ 2,1 % , après + 2,2 %), tandis que les revenus nets de la propriété chutent (– 3,2 %). Cette baisse tient essentiellement à la forte diminution, pour la troisième année consécutive, des revenus tirés de leurs placements en assurance-vie. Les dividendes perçus par les ménages sont stables, alors que les intérêts reçus et versés par les ménages se replient sous l’effet de la baisse des taux d’intérêt.

Les impôts courants sur le revenu et le patrimoine ralentissent quant à eux légèrement (+ 1,1 %, après + 1,7 % en 2015).

Tableaux et graphiques

Figure 1 – Revenu disponible brut des ménages

en milliards d'euros
Revenu disponible brut des ménages
2010 2011 2012 2013 2014 (r) 2015 (r) 2016
Salaires et traitements bruts 777,2 795,3 811,5 820,8 832,5 845,1 862,1
  Cotisations sociales à la charge des salariés 103,4 104,6 108,8 113,8 117,5 120,4 124,0
  Salaires et traitements nets 673,8 690,7 702,7 707,1 715,0 724,7 738,1
Prestations sociales autres que transferts sociaux en nature 419,4 428,9 445,1 458,2 469,1 476,0 484,6
Revenus salariaux et sociaux 1 093,2 1 119,6 1 147,8 1 165,3 1 184,1 1 200,7 1 222,8
Excédent brut d'exploitation et revenu mixte brut 280,9 286,6 289,8 286,9 290,3 295,8 301,7
Cotisations des non salariés 28,1 27,8 29,1 30,3 31,0 30,6 30,4
Revenu disponible brut (RDB) 1 285,4 1 311,4 1 318,3 1 321,9 1 338,5 1 353,3 1 377,0
  • r : données révisées.
  • Champ : ménages y c. entreprises individuelles.
  • Source : Insee, comptes nationaux - base 2010.

Figure 2 – Évolution du revenu disponible brut et du pouvoir d’achat des ménages

en %
Évolution du revenu disponible brut et du pouvoir d’achat des ménages
10/09 11/10 12/11 13/12 (r) 14/13 (r) 15/14 (r) 16/15
Revenu disponible brut (RDB) 2,4 2,0 0,5 0,3 1,3 1,1 1,7
Évolution de l'indice du prix de la dépense de consommation finale des ménages 1,2 1,8 1,4 0,6 0,1 0,3 -0,1
Pouvoir d'achat du RDB1 1,2 0,2 -0,9 -0,4 1,1 0,8 1,8
Pouvoir d'achat par personne 0,7 -0,3 -1,4 -0,9 0,6 0,4 1,4
Pouvoir d'achat par ménage 0,3 -0,7 -1,7 -1,2 0,3 0,2 1,2
Pouvoir d'achat par unité de consommation 0,6 -0,4 -1,5 -1,0 0,5 0,4 1,4
Population moyenne 0,5 0,5 0,5 0,5 0,5 0,5 0,4
Nombre de ménages 0,9 0,9 0,8 0,9 0,8 0,7 0,6
Nombre d'unités de consommation 0,6 0,6 0,6 0,7 0,6 0,5 0,4
  • r : données révisées.
  • 1. Évolution déflatée à l'aide de l'indice du prix de la dépense de consommation finale des ménages.
  • Champ : ménages y c. entreprises individuelles.
  • Source : Insee, comptes nationaux - base 2010.

Figure 3 – Évolution du RDB et du pouvoir d’achat des ménages de 1960 à 2016

par rapport à l'année précédente en %
Évolution du RDB et du pouvoir d’achat des ménages de 1960 à 2016
RDB Pouvoir d'achat du revenu disponible brut1
1960 11,2 7,8
1961 7,9 4,8
1962 14,9 10,2
1963 11,4 6,3
1964 8,6 5,1
1965 7,4 4,7
1966 8,0 4,9
1967 9,0 5,6
1968 9,8 4,5
1969 12,2 4,7
1970 12,6 7,2
1971 11,5 5,5
1972 12,1 5,9
1973 13,3 5,7
1974 18,4 3,5
1975 15,0 3,0
1976 12,3 2,4
1977 12,4 2,8
1978 15,2 6,0
1979 11,9 0,9
1980 13,7 0,6
1981 15,6 1,7
1982 14,2 2,2
1983 9,5 -0,1
1984 6,7 -1,2
1985 7,0 0,7
1986 5,3 2,6
1987 4,4 1,3
1988 6,2 3,4
1989 7,6 3,6
1990 6,7 3,7
1991 4,3 1,5
1992 4,7 2,0
1993 2,2 0,6
1994 1,7 0,8
1995 3,4 2,4
1996 2,4 0,9
1997 2,7 1,9
1998 3,5 3,3
1999 2,5 3,1
2000 5,7 3,4
2001 5,2 3,2
2002 4,0 3,0
2003 2,6 0,9
2004 4,5 2,3
2005 2,9 1,0
2006 4,5 2,4
2007 5,2 3,0
2008 3,1 0,3
2009 0,1 1,6
2010 2,4 1,2
2011 2,0 0,2
2012 0,5 -0,9
2013 0,3 -0,4
2014 1,3 1,1
2015 1,1 0,8
2016 1,7 1,8
  • 1. Évolution déflatée à l'aide de l'indice du prix de la dépense de consommation finale des ménages.
  • Source : Insee, comptes nationaux - base 2010.

Figure 3 – Évolution du RDB et du pouvoir d’achat des ménages de 1960 à 2016

Figure 4 – Contributions à l'évolution du pouvoir d'achat des ménages de 2009 à 2016

en points
Contributions à l'évolution du pouvoir d'achat des ménages de 2009 à 2016
Pouvoir d'achat du RDB (évolution par rapport à l'année précédente en %) Revenus nets d'activité Revenus du patrimoine Prestations sociales en espèces Impôts courants Prix
2009 1,6 -0,9 -1,2 1,7 0,5 1,5
2010 1,2 1,7 0,2 1,0 -0,3 -1,2
2011 0,2 1,3 0,7 0,7 -0,7 -1,8
2012 -0,9 0,8 -0,1 1,2 -1,3 -1,4
2013 -0,4 -0,1 0,1 1,0 -0,7 -0,6
2014 1,1 0,6 0,2 0,8 -0,3 -0,1
2015 0,8 0,9 0,1 0,5 -0,3 -0,3
2016 1,8 1,2 0,0 0,6 -0,2 0,1
  • Source : Insee, comptes nationaux - base 2010.

Figure 4 – Contributions à l'évolution du pouvoir d'achat des ménages de 2009 à 2016

Figure 5 – Revenu disponible des ménages par habitant dans l'UE en 2015

Revenu disponible des ménages par habitant dans l'UE en 2015
Revenu médian1
en euros en SPA2
Allemagne 20 668 20 365
Autriche 23 260 21 981
Belgique 21 654 19 921
Bulgarie 3 332 6 882
Chypre 13 793 15 313
Croatie 5 453 8 253
Danemark 28 364 20 384
Espagne 13 352 14 463
Estonie 7 889 10 432
Finlande 23 763 19 430
France 21 415 19 885
Grèce 7 520 8 802
Hongrie 4 556 7 919
Irlande 21 688 17 704
Italie 15 846 15 395
Lettonie 5 828 8 092
Lituanie 5 180 8 251
Luxembourg 35 270 29 285
Malte 13 493 16 681
Pays-Bas 21 292 19 387
Pologne 5 556 9 950
Portugal 8 435 10 317
Rép. tchèque 7 423 11 652
Roumanie 2 315 4 357
Royaume-Uni 20 945 17 712
Slovaquie 6 930 10 220
Slovénie 12 332 15 102
Suède 26 640 21 216
UE 16 153 nd
  • nd : donnée non disponible.
  • 1. Revenu par unité de consommation.
  • 2. Standard de pouvoir d'achat : unité monétaire artificielle utilisée pour neutraliser les différences de niveaux de prix entre les pays.
  • Note : revenu annuel.
  • Source : Eurostat (extraction du 5 juillet 2017).

Avertissement

Sauf mention contraire, les données nationales se réfèrent à la France métropolitaine et aux cinq départements d’outre-mer (sauf mention contraire Mayotte est inclus dans les données de la France).

Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d’une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.

Les comparaisons internationales s’appuient en général sur les données issues d’organismes internationaux (Eurostat, ONU, etc.) qui peuvent diverger des sources produites par les instituts nationaux de statistiques, notamment pour l’Insee, pour les données françaises. En effet, ces organismes effectuent souvent des ajustements de champ ou de méthode, d’ampleur souvent réduite, afin de produire des données comparables d’un pays à l’autre.

Sauf précision contraire, les indicateurs relatifs à l’Union européenne (UE) figurant dans cet ouvrage portent sur l’UE à 28.

Définitions

Déflateur : de manière générale, un déflateur implicite mesure les variations de prix dans un domaine de l'économie en divisant la grandeur en valeur par cette même grandeur en volume. Les déflateurs implicites sont nommés d'après l'agrégat utilisé. Les déflateurs du PIB, de la dépense de consommation finale, de la formation de capital brute, des exportations et des importations mesurent les variations de prix dans leur domaine respectif de l'économie. Ils sont utilisés pour corriger les agrégats des effets de l'inflation.

Pouvoir d’achat : quantité de biens et de services que l’on peut acheter avec une unité de revenu disponible brut (RDB). Son évolution est liée à celles des prix et des revenus. Ainsi, si les prix augmentent quand les revenus sont constants, le pouvoir d’achat diminue, alors que si la hausse des revenus est supérieure à celle des prix, le pouvoir d’achat augmente. Voir aussi : Revenu disponible brut des ménages.

Prestations sociales (ou transferts sociaux) : les prestations sociales (ou transferts sociaux) sont des transferts versés (en espèces ou en nature) à des individus ou à des familles afin de réduire la charge financière que représente la protection contre divers risques. Elles sont associées à six grandes catégories de risques :

  - la vieillesse et la survie (pensions de retraite, pensions de réversion, prise en charge de la dépendance) ;

  - la santé (prise en charge totale ou partielle de frais liés à la maladie, à l'invalidité, aux accidents du travail et aux maladies professionnelles) ;

  - la maternité-famille (prestations familiales : prestations liées à la maternité, allocations familiales, aides pour la garde d'enfants) ;

  - la perte d'emploi (indemnisation du chômage) et les difficultés d'insertion ou de réinsertion professionnelle ;

  - les difficultés de logement (aides au logement) ;

  - la pauvreté et l'exclusion sociale (minima sociaux : revenu minimum d'insertion – RSA, minimum vieillesse, etc.).

Revenu disponible brut des ménages (RDB) : revenu à la disposition des ménages pour la consommation et l’épargne une fois déduits les prélèvements sociaux et fiscaux. Il comprend les revenus d’activité (rémunération des salariés et revenus d’entreprise des entrepreneurs individuels), les revenus de la propriété (dividendes, intérêts et loyers), les prestations sociales autres que des transferts sociaux en nature (pensions de retraite, indemnités de chômage, allocations familiales, minima sociaux, etc.), les autres transferts courants (notamment les indemnités d’assurance nettes des primes), diminués des impôts et cotisations sociales versés par les ménages.

Revenu primaire : revenu directement lié à une participation des ménages au processus de production. La majeure partie des revenus primaires des ménages est constituée de la rémunération des salariés, laquelle comprend les salaires et les cotisations sociales. Ces revenus comprennent aussi des revenus de la propriété résultant du prêt ou de la location d'actifs financiers ou de terrains (intérêts, dividendes, revenus fonciers, etc.).

Unité de consommation (ou équivalent-adulte) : système de pondération attribuant un coefficient à chaque membre du ménage et permettant de comparer les niveaux de vie de ménages de tailles ou de compositions différentes. Avec cette pondération, le nombre de personnes est ramené à un nombre d'unités de consommation (UC). L'échelle actuellement la plus utilisée (dite de l'OCDE) retient la pondération suivante : 1 UC pour le premier adulte du ménage, 0,5 UC pour les autres personnes de 14 ans ou plus et 0,3 UC pour les enfants de moins de 14 ans.