Tableaux de l'économie françaiseÉdition 2018

Les Tableaux de l'économie française s'adressent à tous ceux qui souhaitent disposer d'un aperçu rapide et actuel sur la situation économique, démographique et sociale de la France.

Insee Références
Paru le : 27/02/2018
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Sommaire

Électricité - Gaz naturel

Présentation

La production d’électricité en France métropolitaine est relativement stable depuis le milieu des années 2000, son niveau fluctuant principalement avec la disponibilité du parc nucléaire et l’activité des barrages hydrauliques. Nette de la consommation des auxiliaires et des pertes dans les transformateurs des centrales, elle s’établit à 532 TWh en 2016, en recul de 2,8 % par rapport à 2015. Le nucléaire représente 72 % de la production totale d’électricité en métropole, devant l’hydraulique (12 %), le thermique classique (10 %), l’éolien (4 %) et le photovoltaïque (moins de 2 %).

Après avoir atteint un creux en 2014, la consommation totale d’électricité - nette des pertes de transport et de distribution et de l’électricité absorbée par le pompage - progresse de 1,9 % en 2015, puis de 1,8 % en 2016. Elle s’élève à 448 TWh en 2016 et retrouve ainsi un niveau proche de celui de 2012. Corrigée des variations climatiques , la consommation totale d’électricité est quasiment stable entre 2015 et 2016.

La dépense d’électricité s’élève à 52 Md€ en 2016. Alors qu’elle progressait de 4 % par an en moyenne entre 2012 et 2015, elle n’augmente que de 0,4 % en 2016, les prix baissant en 2016 pour la première fois depuis le début de la décennie.

Le résidentiel représente 36 % de la consommation finale physique, devant le tertiaire (33 %), l’industrie (26 %), le transport (2 %) et l’agriculture (2 %). Comme le prix de l’électricité pour les ménages, tenant compte de coûts d’acheminement et de commercialisation différents, est en moyenne supérieur au prix payé par les entreprises, le résidentiel pèse encore davantage dans la dépense (51 %). À l’inverse, l’industrie, bénéficiant des prix les plus bas, ne représente que 15 % de cette dernière. Les entreprises tertiaires, dont les prix sont proches de la moyenne des consommateurs, acquittent 30 % de la dépense.

La consommation finale énergétique de gaz naturel croît, pour la deuxième année consécutive, de 4,8 % en 2016, à 376 TWh. Corrigée des variations climatiques, elle recule de 1,2 % sur un an, prolongeant la tendance baissière depuis 2011. Le résidentiel représente 41 % de la consommation finale énergétique de gaz naturel, devant l’industrie (34 %) et le tertiaire (24 %).

Après deux années consécutives de baisse, les importations de gaz naturel rebondissent de 4,7 % en 2016. Elles reposent à plus de 80 % sur des contrats de long terme négociés de gré à gré, principalement avec la Norvège, la Russie et l’Algérie. Les tarifs de ces contrats demeurent très dépendants des cours du pétrole, sur lesquels ils étaient historiquement indexés. Tiré à la baisse par la faiblesse des cours du pétrole, le prix du gaz a atteint en cours d’année 2016 son plus bas niveau depuis le début de la décennie.

Tableaux et graphiques

Figure 1 – Production brute et consommation d'électricité

en TWh
Production brute et consommation d'électricité
1973 1985 2000 2016 16/15 en %
Production nationale 182 344 540 556 -2,5
   Hydraulique, éolien et photovoltaïque 48 64 72 96 7,2
   Thermique nucléaire 15 224 415 403 -7,8
   Thermique classique 119 56 53 57 31,2
Solde des échanges -3 -23 -69 -42 -35,2
   Importations 5 6 4 20 99,8
   Exportations -8 -29 -73 -61 -17,0
Pompages 0 -2 -7 -7 -2,2
Consommation des auxiliaires -8 -16 -24 -23 -2,5
Consommation intérieure 171 303 440 485 1,9
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : SDES.

Figure 2 – Consommation finale d'électricité par secteur

en TWh
Consommation finale d'électricité par secteur
1990 2000 2010 2016 16/15 en %
Résidentiel-tertiaire1 181 242 297 306 -0,2
Industrie1 115 135 116 117 -0,1
Transports 7 9 10 11 -1,8
Agriculture 2 3 8 9 1,3
Total1 305 389 431 442 -0,2
  • 1. Corrigée des variations climatiques.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : SDES.

Figure 3 – Production nette et consommation d'électricité dans quelques pays de l'OCDE en 2016

en TWh
Production nette et consommation d'électricité dans quelques pays de l'OCDE en 2016
Production nette Consommation intérieure 1
Totale dont nucléaire dont hydraulique
Allemagne 612,5 80,1 26,0 562,0
Australie 253,7 /// 18,1 253,7
Autriche 65,2 /// 41,0 72,4
Belgique 79,9 41,4 1,4 86,1
Canada 634,9 97,4 384,4 570,5
Danemark 28,9 /// 0,0 34,0
Espagne 264,3 56,2 39,4 272,0
États-Unis 4 109,4 805,8 288,0 4 180,4
Finlande 66,1 22,3 15,6 85,0
France 531,6 384,1 63,1 491,0
Grèce 45,1 /// 5,6 53,9
Irlande 29,5 /// 1,0 28,8
Italie 274,7 /// 42,3 311,7
Japon 1 021,5 13,9 87,3 1 021,5
Luxembourg 2,2 /// 1,5 8,5
Mexique 305,0 10,2 28,9 305,0
Norvège 148,8 /// 143,3 132,4
Pays-Bas 109,8 3,8 0,1 114,7
Portugal 58,5 /// 16,8 53,4
Royaume-Uni 322,4 65,1 8,3 340,0
Suède 151,3 60,0 61,2 139,6
Suisse 61,6 20,2 36,3 65,5
  • /// : absence de résultat due à la nature des choses.
  • 1. Y c. pompages.
  • Note : données provisoires ou estimées.
  • Source : Agence internationale de l'énergie.

Figure 4 – Production et consommation de gaz naturel

en TWh pouvoir calorifique supérieur
Production et consommation de gaz naturel
1990 2000 2010 2016 16/15 en %
Production totale1 33 19 8 0 -6,1
Branche énergie2 3 29 49 117 105 24,3
Consommation finale énergétique3 292 398 381 375 -1,2
   Industrie3 (y c. construction) 120 161 140 127 -3,7
   Résidentiel-tertiaire3 171 233 238 245 0,1
   Agriculture, transports et divers 2 4 3 4 6,4
Usage non énergétique 25 30 13 14 0,6
Consommation totale 345 477 511 494 3,4
  • 1. Biométhane exclus.
  • 2. Consommation nette de gaz naturel de la branche énergie (y c. pertes et écart statistique).
  • 3. Corrigé des variations climatiques.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : SDES.

Figure 5 – Importations de gaz naturel par origine

en TWh pouvoir calorique supérieur
Importations de gaz naturel par origine
Norvège Russie Pays-Bas Algérie Autres1
1990 63,1 108,9 42,3 104,4 0,0
2000 140,3 133,6 55,5 112,9 28,8
2010 182,5 77,1 80,5 73,9 130,3
2015 244,9 66,4 62,4 44,6 90,7
2016 228,5 109,5 60,8 54,6 79,4
  • 1. Inclut les importations d'origine indéterminée (e.g. contrats à court terme).
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : SDES.

Figure 5 – Importations de gaz naturel par origine

Figure 6 – Production et consommation de gaz naturel dans quelques pays de l'OCDE

en milliards de m3
Production et consommation de gaz naturel dans quelques pays de l'OCDE
Production Consommation
2015 (r) 2016 2015 (r) 2016
Allemagne 8,4 7,6 81,3 89,1
Australie 74,8 93,4 42,5 41,7
Autriche 1,2 1,2 8,3 8,7
Belgique /// /// 16,8 17,0
Canada 164,0 174,1 104,0 113,3
Danemark 4,6 4,5 3,2 3,2
Espagne 0,1 0,1 27,9 28,6
États-Unis 767,9 750,9 773,2 778,4
Finlande /// /// 2,7 2,5
France 0,0 0,0 38,8 42,7
Grèce /// /// 3,1 4,1
Irlande 0,1 3,0 4,4 5,1
Italie 6,8 5,8 67,5 70,9
Japon 4,4 4,2 123,1 122,3
Luxembourg /// /// 0,9 0,8
Mexique 46,0 41,2 66,3 64,5
Norvège 120,6 120,4 4,5 5,3
Pays-Bas 54,4 50,5 40,1 42,0
Portugal /// /// 4,7 5,1
Royaume-Uni 41,3 41,6 72,2 81,2
Suède /// /// 0,8 0,9
Suisse 0,0 0,0 3,4 3,6
  • r : données révisées.
  • ///: absence de résultat due à la nature des choses.
  • Source : Agence internationale de l'énergie.

Avertissement

Sauf mention contraire, les données nationales se réfèrent à la France métropolitaine et aux cinq départements d’outre-mer (sauf mention contraire Mayotte est inclus dans les données de la France).

Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d’une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.

Les comparaisons internationales s’appuient en général sur les données issues d’organismes internationaux (Eurostat, ONU, etc.) qui peuvent diverger des sources produites par les instituts nationaux de statistiques, notamment pour l’Insee, pour les données françaises. En effet, ces organismes effectuent souvent des ajustements de champ ou de méthode, d’ampleur souvent réduite, afin de produire des données comparables d’un pays à l’autre.

Sauf précision contraire, les indicateurs relatifs à l’Union européenne (UE) figurant dans cet ouvrage portent sur l’UE à 28.

Définitions

Consommation d’énergie corrigée des variations climatiques : la consommation d’énergie pour le chauffage est plus forte quand l’hiver est plus rigoureux. C’est une évidence qui ne présente pas un grand intérêt pour l’analyse dans la mesure où elle ne traduit pas un changement des comportements. Pour mieux analyser les évolutions, on calcule des consommations « corrigées des variations climatiques » (primaire et finale). C’est-à-dire qu’on évalue ce qu’aurait été la consommation si les températures avaient été conformes à la moyenne de référence 1986-2015. On obtient un résultat théorique, qui dépend de la méthode utilisée, et qui complète la consommation « réelle », celle qui est observée.

Consommation finale d’énergie : quantité d’énergie disponible pour l’utilisateur final. C’est la consommation primaire d’énergie, moins la consommation de la branche énergie (pertes de transformation, de transport et de distribution d’énergie, consommation propre des entreprises de la branche.). À l’intérieur de la consommation finale totale, on distingue la consommation finale non énergétique et la consommation finale énergétique, que l’on répartit entre les secteurs consommateurs (transports, sidérurgie, industrie, agriculture et résidentiel-tertiaire).

Consommation intérieure d’électricité : quantité d’énergie électrique mise à disposition de la consommation française. Cette énergie est soit consommée par les usagers, soit perdue dans les réseaux de transport et de distribution. Elle est également désignée par l’expression « énergie électrique appelée » et correspond à l’électricité qu’on injecte dans le réseau. Elle diffère légèrement de la consommation intérieure brute qui comprend les pompages et la consommation des auxiliaires.

Consommation primaire d’énergie : agrégat des comptes de l’énergie qui se décompose en consommation interne de la branche énergie et en consommation finale totale. Cette dernière se décompose, elle-même, en consommation finale énergétique et en consommation non énergétique.

Contrats d’importation de gaz naturel : historiquement les contrats d’importation de gaz naturel sont des contrats à long terme dont les prix sont indexés sur celui des produits pétroliers. Il existe également des marchés de court terme, dont les prix sont établis en fonction de l’offre et de la demande.

Électricité : vecteur d’énergie ayant de multiples usages. L’électricité peut être produite à partir de diverses sources primaires (nucléaire, combustibles fossiles ou renouvelables, géothermie, hydraulique, énergie éolienne, photovoltaïque etc.).

Pouvoir calorifique : quantité de chaleur dégagée par la combustion complète d’une unité de combustible. Le pouvoir calorifique supérieur (PCS) donne le dégagement maximal théorique de la chaleur lors de la combustion, y compris la chaleur de condensation de la vapeur d’eau produite. Le pouvoir calorifique inférieur (PCI) exclut cette chaleur de condensation de l’eau supposée restée à l’état de vapeur à l’issue de la combustion. En pratique, le rapport PCS/PCI est de l’ordre de 90 % pour le gaz naturel, de 91 % pour le gaz de pétrole liquéfié, de 92-93 % pour les autres produits pétroliers et de 95 % à 98 % pour les combustibles solides.

Production brute d’électricité : production mesurée aux bornes des groupes de centrales. Elle inclut par conséquent la consommation des services auxiliaires et les pertes dans les transformateurs des centrales.

Tonne d'équivalent pétrole (tep) : quantité d’énergie contenue dans une tonne de pétrole brut. Cette unité est utilisée pour exprimer dans une unité commune la valeur énergétique des diverses sources d’énergie. Selon les conventions internationales, une tonne-équivalent pétrole équivaut par exemple à 1 616 kg de houille, 1 069 m3 de gaz d’Algérie ou 954 kg d’essence moteur. Pour l’électricité, 1 tep vaut 11,63 MWh.

Unité de mesure d’énergie : les statistiques de production et de consommation d’énergie sont généralement exprimées en kilowatt-heure (1 kWh ou 103 Wh), en mégawatt-heure (1 MWh ou 103 kWh), en gigawatt-heure (1 GWh ou 106 kWh), en térawatt-heure (1 TWh ou 109 kWh).