Tableaux de l'économie françaiseÉdition 2018

Les Tableaux de l'économie française s'adressent à tous ceux qui souhaitent disposer d'un aperçu rapide et actuel sur la situation économique, démographique et sociale de la France.

Insee Références
Paru le : 27/02/2018
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Sommaire

Croissance - Productivité

Présentation

En 2016, la croissance française accélère à peine : le produit intérieur brut (PIB) progresse de 1,2 % en volume, après + 1,1 % en 2015. La consommation des ménages et les dépenses d’investissement accélèrent de façon notable. La contribution de la demande intérieure hors stocks à la croissance du PIB en volume s’élève à + 2,1 points, après + 1,3 point. En revanche, le comportement de stockage des entreprises et le commerce extérieur pèsent significativement sur la croissance.

En 2016, l' investissement de l’ensemble de l’économie augmente de 2,8 % en volume, après + 1,0 % en 2015. Cette accélération est imputable au rebond de l’investissement des ménages et, dans une moindre mesure, à une hausse plus rapide de l’investissement des entreprises ainsi qu’à un moindre recul de l’investissement des administrations publiques (APU) . L’accélération de l’investissement des entreprises non financières est significative dans les services d’information-communication et dans la construction.

La rémunération des salariés des sociétés non financières (SNF) accélère en 2016 et croît à un rythme comparable à celui de leur valeur ajoutée . Avec en outre la fin de la montée en charge du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), l' excédent brut d’exploitation (EBE) décélère. Le taux de marge des SNF se stabilise ainsi pour s’établir à 31,9 % comme en 2015. Leur taux d’autofinancement est stable.

La production manufacturière ralentit. Cette décélération concerne quasiment toutes les branche d’activité . En effet, la production dans la branche cokéfaction-raffinage se replie ainsi que celle de l’agroalimentaire ; la production de matériel de transport et celle des « autres industries » ralentissent. En revanche, la production de biens d’équipement accélère nettement. La production d’énergie, eau, déchets conserve, quant à elle, un rythme proche de celui de 2015. En 2016, la production des services marchands ralentit. Elle se replie en particulier dans les services financiers et décélère dans le commerce, les services aux entreprises et les services aux ménages. À l’inverse, la production de la branche transport accélère franchement, de même que celle de l’hébergement-restauration. La production des branches d’information-communication et de logement garde un rythme similaire à celui de 2015. Enfin, l’activité agricole chute tandis que dans la construction elle se stabilise.

L’emploi total accélère nettement en 2016, du fait de l’emploi salarié marchand. Celui-ci bénéficie à la fois de la légère accélération de l’activité et des dispositifs de baisse du coût du travail qui enrichissent la croissance en emplois. La productivité horaire apparente du travail de l’ensemble des branches de l’économie progresse de 0,9 %, après + 0,6 % en 2015.

Tableaux et graphiques

Figure 1 – Comptes de la Nation en 2016

en %
Comptes de la Nation en 2016
Évolution en volume aux prix de l'année précédente chaînés1 2016
14/13 (r) 15/14 (r) 16/15 en milliards d'euros Évolution 16/15 Contribution à la croissance du PIB en volume
des prix en valeur
Produit intérieur brut (PIB) 0,9 1,1 1,2 2 229 0,4 1,6 1,2
Importations de biens et services 4,8 5,7 4,2 696 -2,4 1,7 1,3
Total des emplois finals 1,8 2,2 1,9 2 924 -0,3 1,6 2,5
Consommation finale effective des ménages 1,1 1,4 2,1 1 577 -0,1 2,0 1,5
dont : dépense de consommation des ménages 0,7 1,4 2,3 1 186 -0,1 2,2 1,2
          dépense de conso. Individualisable des administrations 2,1 1,5 1,6 344 -0,3 1,3 0,2
Consommation collective des administrations publiques -0,1 0,5 0,7 183 0,2 0,8 0,1
Formation brute de capital fixe 0,0 1,0 2,8 489 0,5 3,4 0,6
dont : entreprises non financières 1,7 3,1 3,6 277 0,6 4,3 0,4
          ménages -3,0 -2,1 2,4 112 0,8 3,2 0,1
          administrations publiques -5,3 -3,0 -0,1 76 0,0 -0,1 0,0
Variation de stocks1 2 0,7 0,3 -0,2 23 /// /// -0,2
Exportations de biens et services 3,3 4,3 1,8 652 -1,7 0,2 0,5
  • r : données révisées.
  • /// : absence de résultat due à la nature des choses.
  • 1. Y c. les acquisitions moins cessions d'objets de valeur.
  • 2. Contributions à la croissance du PIB pour la variation des stocks.
  • Source : Insee, comptes nationaux - base 2010.

Figure 2 – Contributions à la croissance du PIB en volume de 2009 à 2016

en %
Contributions à la croissance du PIB en volume de 2009 à 2016
Consommation privée Investissement privé Demande publique1 Solde des échanges extérieurs Variation de stocks Produit intérieur brut (PIB)
2009 0,0 -2,3 0,8 -0,3 -1,1 -2,9
2010 0,9 0,5 0,4 -0,1 0,3 2,0
2011 0,2 0,6 0,1 0,0 1,1 2,1
2012 -0,1 0,0 0,5 0,5 -0,6 0,2
2013 0,3 -0,2 0,4 -0,1 0,2 0,6
2014 0,4 0,2 0,2 -0,5 0,7 0,9
2015 0,7 0,3 0,2 -0,5 0,3 1,1
2016 1,2 0,6 0,3 -0,8 -0,2 1,2
  • 1. Y c. institutions sans but lucratif au service des ménages.
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2010.

Figure 2 – Contributions à la croissance du PIB en volume de 2009 à 2016

Figure 3 – Évolution de la productivité horaire apparente du travail par branche

en %
Évolution de la productivité horaire apparente du travail par branche
14/13 (r) 15/14 (r) 16/15
Agriculture, sylviculture et pêche 17,3 1,8 -9,0
Ind. manufacturière, ind. extractives et autres 1,1 1,8 2,8
Ind. extractives, énergie, eau, gestion des déchets et dépollution -4,2 1,9 2,2
Fabr. de denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac -0,3 0,3 -1,3
Cokéfaction et raffinage 129,7 13,8 -20,1
Fabr. de machines et d'équip. électriques1 0,4 0,5 6,7
Fabrication de matériels de transport 1,7 1,6 8,6
Fabrication d'autres produits industriels 1,9 2,3 2,6
Construction -1,9 0,0 1,9
Services principalement marchands 1,3 0,4 0,5
Commerce, transports, héb. et restauration 1,6 0,9 1,8
Information et communication 4,4 1,6 1,5
Activités financières et d'assurance 1,4 -0,9 -1,7
Activités immobilières 4,9 0,6 0,7
Act. scient. et tech. ; serv. adm. et de soutien -0,2 -0,8 -0,8
Autres services -0,7 1,7 0,7
Services principalement non marchands2 -0,2 0,1 0,8
Ensemble 1,0 0,6 0,9
  • r : données révisées.
  • 1. Y c. fabrication d'équipements électroniques et informatiques.
  • 2. Regroupement Admin. publique, Enseignement, Santé humaine et action sociale.
  • Source : Insee, comptes nationaux - base 2010.

Figure 4 – Taux de croissance du PIB en volume dans quelques pays du monde

en %
Taux de croissance du PIB en volume dans quelques pays du monde
15/14 (r) 16/15
Allemagne 1,7 1,9
Autriche 1,0 1,5
Belgique 1,5 1,2
Bulgarie 3,6 (p) 3,4
Chypre 1,7 (p) 2,8
Croatie 2,2 3,0
Danemark 1,6 1,7
Espagne (p) 3,2 3,2
Estonie 1,4 1,6
Finlande 0,0 1,9
France (p) 1,1 1,2
Grèce (p) -0,2 0,0
Hongrie 3,1 2,0
Irlande 25,6 5,1
Italie 0,8 0,9
Lettonie 2,7 2,0
Lituanie 1,8 2,3
Luxembourg 4,0 4,2
Malte 7,3 5,0
Pays-Bas 2,3 (p) 2,2
Pologne 3,8 2,7
Portugal 1,6 1,4
Rép. tchèque 5,3 2,6
Roumanie (p) 3,9 4,8
Royaume-Uni 2,2 1,8
Slovaquie 3,8 3,3
Slovénie 2,3 2,5
Suède 4,1 3,2
UE 2,2 1,9
Islande 4,1 7,2
Norvège 1,6 1,1
Suisse (p) 0,8 1,3
  • p : données provisoires.
  • r : données révisées.
  • Source : Eurostat (extraction du 29 août 2017).

Avertissement

Sauf mention contraire, les données nationales se réfèrent à la France métropolitaine et aux cinq départements d’outre-mer (sauf mention contraire Mayotte est inclus dans les données de la France).

Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d’une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.

Les comparaisons internationales s’appuient en général sur les données issues d’organismes internationaux (Eurostat, ONU, etc.) qui peuvent diverger des sources produites par les instituts nationaux de statistiques, notamment pour l’Insee, pour les données françaises. En effet, ces organismes effectuent souvent des ajustements de champ ou de méthode, d’ampleur souvent réduite, afin de produire des données comparables d’un pays à l’autre.

Sauf précision contraire, les indicateurs relatifs à l’Union européenne (UE) figurant dans cet ouvrage portent sur l’UE à 28.

Définitions

Administrations publiques (APU) : ensemble des unités institutionnelles dont la fonction principale est de produire des services non marchands ou d'effectuer des opérations de redistribution du revenu et des richesses nationales. Elles tirent la majeure partie de leurs ressources de contributions obligatoires. Le secteur des administrations publiques comprend les administrations publiques centrales, les administrations publiques locales et les administrations de sécurité sociale.

Branche d’activité : regroupe des unités de production homogènes, c'est-à-dire qui fabriquent des produits (ou rendent des services) qui appartiennent au même item de la nomenclature d'activité économique considérée. Au contraire, un secteur regroupe des entreprises classées selon leur activité principale.

Contribution à l'évolution d'un agrégat : l'évolution d'un agrégat (PIB ou valeur ajoutée par exemple) peut être décomposée en la somme des contributions de ses différentes composantes. Dans les cas simples (agrégats en valeur notamment) la contribution d'une composante à l'évolution de l'agrégat est égale au produit du taux de croissance de cette composante par son poids dans l'agrégat à la période précédente.

Demande intérieure finale : la demande intérieure finale hors stocks est égale à la somme de la consommation finale des ménages et des administrations publiques, ainsi que de la formation brute de capital fixe (investissement). La demande intérieure finale est égale à la demande intérieure finale hors stocks augmentée des variations de stocks.

Excédent brut d’exploitation (EBE) : solde du compte d'exploitation, pour les sociétés. Il est égal à la valeur ajoutée, diminuée de la rémunération des salariés, des autres impôts sur la production et augmentée des subventions d'exploitation. Pour les entreprises individuelles, le solde du compte d'exploitation est le revenu mixte. L'excédent d'exploitation peut être calculé net, si l'on retranche la consommation de capital fixe.

Institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM) : ensemble des unités privées dotées de la personnalité juridique qui produisent des biens et services non marchands au profit des ménages. Leurs ressources principales proviennent de contributions volontaires en espèces ou en nature effectuées par les ménages en leur qualité de consommateurs, de versements provenant des administrations publiques, ainsi que de revenus de la propriété.

Investissement ou formation brute de capital fixe (FBCF) : acquisitions moins cessions d'actifs fixes réalisées par les producteurs résidents. Les actifs fixes sont les actifs corporels ou incorporels issus de processus de production et utilisés de façon répétée ou continue dans d'autres processus de production pendant au moins un an.

Production (au sens de la comptabilité nationale) : activité exercée sous le contrôle et la responsabilité d'une unité institutionnelle qui combine des ressources en main-d’œuvre, capital et biens et services pour fabriquer des biens ou fournir des services, et résultat de cette activité. Les processus purement naturels sans intervention ou contrôle humain ne font pas partie de la production.

Productivité apparente du travail : rapport entre la richesse créée et le facteur travail. La richesse créée est mesurée par la valeur ajoutée (évaluée en volume) et seul le volume de travail mis en œuvre dans le processus de production est pris en compte. Elle ne tient compte que du facteur travail comme ressource mise en œuvre. Le terme « apparente » rappelle que la productivité dépend de l'ensemble des facteurs de production (capital et travail) et de la façon dont ils sont combinés. Plusieurs mesures sont possibles :

- si le volume de travail est mesuré par le nombre d'heures travaillées, on parle de « productivité horaire apparente du travail » ;

- si le volume de travail est mesuré par le nombre de personnes en emploi (personnes physiques), on parle de « productivité par tête ».

Produit intérieur brut (PIB) : agrégat représentant le résultat final de l'activité de production des unités productrices résidentes. Il peut se définir de trois manières : la somme des valeurs ajoutées brutes des différents secteurs institutionnels ou des différentes branches d'activité, augmentée des impôts moins les subventions sur les produits (lesquels ne sont pas affectés aux secteurs et aux branches d'activité) ; la somme des emplois finals intérieurs de biens et de services (consommation finale effective, formation brute de capital fixe, variations de stocks), plus les exportations, moins les importations ; la somme des emplois des comptes d'exploitation des secteurs institutionnels (rémunération des salariés, impôts sur la production et les importations moins les subventions, excédent brut d'exploitation et revenu mixte).

Sociétés financières : ensemble des sociétés et quasi-sociétés dont la fonction principale consiste à fournir des services d’intermédiation financière (banque et assurance) et/ou à exercer des activités financières auxiliaires.

Sociétés non financières (SNF) : ensemble des unités institutionnelles qui sont des producteurs marchands dont la fonction principale consiste à produire des biens et des services non financiers, et dont les opérations de répartition et les opérations financières sont séparées de celles de leurs propriétaires.

Solde du commerce extérieur : différence entre la valeur des exportations et celle des importations entre deux pays (ou deux zones). Il peut être relatif à un produit ou à l'ensemble des échanges. Le rapport entre ces deux valeurs est appelé taux de couverture.

Valeur ajoutée : solde du compte de production de la comptabilité nationale. Elle est égale à la valeur de la production diminuée de la consommation intermédiaire.