Tableaux de l'économie françaiseÉdition 2018

Les Tableaux de l'économie française s'adressent à tous ceux qui souhaitent disposer d'un aperçu rapide et actuel sur la situation économique, démographique et sociale de la France.

Insee Références
Paru le : 27/02/2018
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Sommaire

Production et valeur ajoutée agricoles

Présentation

Selon les comptes prévisionnels, en 2016, la valeur de la production de la branche agricole se redresse (+ 2,4 %) du fait des volumes produits, sans compenser sa chute de 2016 (– 6,6 %). La valeur de la production animale se raffermit nettement, tandis que celle de la production végétale évolue peu. Pour cette dernière, le redressement du volume est en effet contrebalancé par le recul des prix.

La production végétale, mesurée en volume, s’oriente à la hausse en 2017 pour la première fois depuis trois ans (+ 4,9 %, après – 8,9 %). La récolte de céréales se redresse fortement, après une année 2016 catastrophique. En effet, les conditions climatiques ont été favorables aux rendements, tandis que les surfaces évoluent peu globalement. La progression est également très marquée pour les oléagineux avec une récolte historique pour le colza et le tournesol, en dépit de moindres superficies. La suppression des quotas de betteraves au 1er octobre 2017 a entraîné une augmentation sensible de leur surface cultivée. La production de vin est en net recul, du fait notamment du gel de printemps (– 12,2 %). Le prix de la production végétale (hors subventions sur les produits) repart à la baisse. L’essentiel de cette diminution s’explique par celle des légumes et des pommes de terre. En effet, le prix de la pomme de terre, traditionnellement soumis à de fortes variations annuelles, s’effondre (– 40,0 %) du fait d’une offre en forte hausse. Celui des légumes diminue également nettement. À l’inverse, le prix du vin se renchérit.

La production animale poursuit son repli en volume (– 1,3 %). Pour les gros bovins, elle est en retrait par rapport au niveau élevé de 2016. Pour les porcins, elle recule de 3,0 %, du fait de la réduction du cheptel entamée fin 2016. À l’inverse, la production d’œufs progresse et la collecte de lait reste stable. Le prix de la production animale (hors subventions) se redresse pour la première fois en quatre ans (+ 7,3 %). Celui du porc continue à se raffermir sur la lancée de 2016, malgré un repli à partir de mai. Le prix du lait s’oriente nettement à la hausse (+ 14,0 %), à la faveur d’une demande dynamique et d’une production en recul au niveau mondial depuis la mi-2016. De ce fait, la tendance s’inverse après deux années consécutives de baisse ; toutefois, les prix de 2017 resteraient inférieurs à ceux de 2014. La hausse du prix des œufs au premier semestre s’accélèrerait en fin d’année, en raison de la crise du fipronil (+ 19,0 % en moyenne annuelle).

En 2017, les charges des agriculteurs se réduisent pour la 4e année consécutive. Cette évolution favorable vient s’ajouter à la hausse de la valeur de la production.

Par conséquent, la valeur ajoutée de la branche agricole se raffermirait nettement. L’emploi agricole continue par ailleurs à décroître. Au total, d’après les estimations du compte prévisionnel de l’agriculture, la valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif augmenterait de 7,7 % en 2017 en termes réels , après une baisse de 8,4 % en 2016.

Tableaux et graphiques

Figure 1 – Production végétale et effectifs d'animaux

Production végétale et effectifs d'animaux
1990 2000 (r) 2010 2016 (p)
Production végétale (en millions de tonnes)
Céréales 55,1 65,6 65,5 54,2
dont : blé tendre 31,4 35,7 35,5 27,6
          blé dur 2,0 1,7 2,5 1,7
          maïs (grain et semence) 9,4 16,0 14,1 11,9
Oléagineux 4,6 5,5 6,6 6,3
Protéagineux 3,7 2,1 1,6 0,8
Pommes de terre 4,7 6,5 6,6 7,0
Effectifs animaux (en millions de têtes)
Bovins 21,4 21,3 19,6 19,4
Porcins 12,3 15,1 14,3 12,7
Ovins 11,4 9,6 8,0 7,0
Caprins 1,2 1,3 1,4 1,3
Gallus1 198,4 205,3 222,0 240,9
  • p : données provisoires.
  • r : données révisées.
  • 1. Ensemble Gallus : poules pondeuses d’œufs à couver et d’œufs de consommation, poulettes, poulets de chair.
  • Champ : France métropolitaine pour les années 1990 et 2000.
  • Source : SSP, Agreste.

Figure 2 – Production de vin, jus et moûts

Production de vin, jus et moûts
2015 (r) 2016 (p) 16/15 en %
Superficie de production (en milliers d'hectares)
Récolte AOP1 517,7 519,0 0,3
   AOP hors VDN2 434,5 435,3 0,2
   VDN en AOP 7,8 7,9 1,6
   Vin pour eaux-de-vie AOP 75,4 75,7 0,4
Vin IGP3 192,3 193,6 0,7
Autres vins4 36,9 33,8 - 8,2
Total vins 746,9 746,5 - 0,1
Production de vin (en millions d'hectolitres)
Récolte AOP1 31,0 28,7 - 7,4
   AOP hors VDN2 21,4 20,8 - 2,4
   VDN en AOP 0,2 0,1 - 14,2
   Vin pour eaux-de-vie AOP 9,5 7,7 -18,5
Vin IGP3 13,2 12,8 - 3,1
Autres vins4 3,7 4,0 7,1
Total vins 47,9 45,5 -5,1
  • p : données provisoires.
  • r : données révisées.
  • 1. Appellation d'origine protégée.
  • 2. Vins doux naturels ; vins de liqueur remplissant certaines conditions particulières.
  • 3. Indication géographique protégée.
  • 4. Comprend la récolte en AOP/IGP non commercialisée en vin et la récolte pour vins sans IG.
  • Source : SSP, Agreste.

Figure 3 – Évolution de la valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif de la branche agricole de 1980 à 2017

indice base 100 en 1980
Évolution de la valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif de la branche agricole de 1980 à 2017
Valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif en termes réels Moyenne mobile sur 3 ans
1980 100,0 103,1
1981 102,0 106,2
1982 116,6 108,8
1983 108,0 110,2
1984 106,0 106,5
1985 105,5 106,1
1986 106,9 106,9
1987 108,4 107,4
1988 106,9 113,0
1989 123,9 121,4
1990 133,4 126,8
1991 123,1 129,4
1992 131,8 128,4
1993 130,4 135,7
1994 144,9 142,7
1995 152,7 150,8
1996 154,8 155,5
1997 159,0 159,7
1998 165,2 161,8
1999 161,3 162,8
2000 161,9 162,1
2001 163,1 162,9
2002 163,6 163,3
2003 163,1 164,3
2004 166,3 163,4
2005 160,8 167,1
2006 174,2 175,2
2007 190,5 180,2
2008 176,0 173,9
2009 155,1 175,8
2010 196,2 185,3
2011 204,7 202,8
2012 207,7 199,7
2013 186,9 198,5
2014 200,8 199,3
2015 210,2 201,2
2016 192,5 203,3
2017 207,3 ///
  • /// : absence de résultat due à la nature des choses.
  • Note : données arrêtées en novembre 2017.
  • Source : Insee, comptes prévisionnels de l'agriculture - base 2010.

Figure 3 – Évolution de la valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif de la branche agricole de 1980 à 2017

Figure 4 – Production et valeur ajoutée de l'agriculture

Production et valeur ajoutée de l'agriculture
2017 17/16 en %
en Md€ Volume Prix Valeur
Production hors subventions 71,1 2,4 0,0 2,4
   Produits végétaux 40,3 4,9 -4,4 0,3
   Céréales 9,7 26,4 -1,1 25,0
   Oléagineux, protéagineux 2,8 18,5 -2,5 15,5
   Betteraves industrielles 0,8 23,0 -18,0 0,9
   Autres plantes industrielles1 0,6 0,1 4,7 4,8
   Fruits, légumes, pommes de terre 7,7 6,5 -16,1 -10,7
   Vins 10,4 -12,2 3,4 -9,2
   Fourrages, plantes, fleurs 8,3 1,5 -4,1 -2,7
   Produits animaux 26,2 -1,3 7,3 5,9
   Bétail2 11,3 -2,2 3,4 1,1
   Volailles, œufs 4,7 -1,4 5,1 3,7
   Lait et autres produits de l'élevage 10,2 -0,3 13,2 12,8
   Services3 4,6 0,0 1,0 1,0
Subventions sur les produits 1,2 0,6 -0,9 -0,3
Production au prix de base 72,3 2,3 0,0 2,3
Consommations intermédiaires 42,8 -0,5 -1,8 -2,3
dont achats 36,3 -1,1 -1,0 -2,1
Valeur ajoutée brute 29,5 7,0 2,7 9,8
Consommation de capital fixe 10,6 -0,5 1,7 1,2
Valeur ajoutée nette 18,9 11,8 3,2 15,4
  • 1. Tabac, lin textile, houblon, canne à sucre, etc.
  • 2. Bovins, porcins, ovins, caprins, équidés.
  • 3. Production des entreprises de travaux agricoles, des coopératives d'utilisation de matériel agricole, services entre agriculteurs, agritourisme, etc.
  • Note : données arrêtées en novembre 2017.
  • Source : Insee, comptes prévisionnels de l'agriculture - base 2010.

Figure 5 – Production agricole de l'UE

en millions d'euros
Production agricole de l'UE
Production1 végétale Production1 animale
2010 2016 16/15 en % 2010 2016 16/15 en %
Allemagne 25 440 25 664 0,9 23 235 23 937 - 0,8
Autriche 2 784 2 918 3,1 2 922 3 197 - 1,1
Belgique 3 619 3 625 - 0,2 4 061 4 274 - 1,9
Bulgarie 2 153 2 677 1,9 1 081 990 - 4,9
Chypre 324 254 - 12,3 330 399 12,4
Croatie 1 707 1 275 7,5 1 042 749 0,0
Danemark 3 474 3 015 - 19,1 5 626 6 075 5,3
Espagne 25 028 29 439 8,3 13 797 16 951 1,3
Estonie 275 319 - 31,9 321 349 - 4,3
Finlande 1 386 1 370 - 1,5 2 257 2 294 1,1
France 39 164 38 913 - 8,6 23 151 24 906 - 4,2
Grèce 6 803 6 811 - 4,4 2 759 2 676 - 3,7
Hongrie 3 476 5 015 7,1 2 178 2 693 - 2,4
Irlande 1 670 1 770 1,5 3 833 5 288 - 0,3
Italie 26 699 29 296 - 6,0 14 358 14 965 - 4,6
Lettonie 475 705 - 10,4 383 456 - 6,8
Lituanie 1 063 1 632 - 9,4 811 837 - 3,0
Luxembourg 141 171 0,8 165 201 1,4
Malte 50 52 - 4,5 69 68 0,0
Pays-Bas 12 632 13 455 1,1 9 384 10 332 1,9
Pologne 10 010 10 546 2,1 9 148 11 281 - 0,9
Portugal 3 582 3 973 - 0,6 2 557 2 631 - 5,7
Rép. tchèque 2 252 2 952 7,6 1 617 1 683 - 1,2
Roumanie 10 324 10 056 2,6 3 636 3 780 - 6,0
Royaume-Uni 8 624 9 931 - 15,6 12 879 15 163 - 14,1
Slovaquie 868 1 364 21,1 805 787 2,6
Slovénie 586 676 - 6,7 497 528 - 0,7
Suède 2 314 2 606 - 6,4 2 408 2 678 0,7
UE 196 923 210 480 - 2,3 145 309 160 168 - 2,8
  • 1. Production au prix de base.
  • Source : Eurostat (extraction le 18 décembre 2017).

Avertissement

Sauf mention contraire, les données nationales se réfèrent à la France métropolitaine et aux cinq départements d’outre-mer (sauf mention contraire Mayotte est inclus dans les données de la France).

Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d’une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.

Les comparaisons internationales s’appuient en général sur les données issues d’organismes internationaux (Eurostat, ONU, etc.) qui peuvent diverger des sources produites par les instituts nationaux de statistiques, notamment pour l’Insee, pour les données françaises. En effet, ces organismes effectuent souvent des ajustements de champ ou de méthode, d’ampleur souvent réduite, afin de produire des données comparables d’un pays à l’autre.

Sauf précision contraire, les indicateurs relatifs à l’Union européenne (UE) figurant dans cet ouvrage portent sur l’UE à 28.

Définitions

Appellations d’origine (AOP et AOC) : l’appellation d’origine protégée (AOP), signe européen, désigne un produit dont les principales étapes de production sont réalisées selon un savoir-faire reconnu dans une même aire géographique, qui donne ses caractéristiques au produit. L’appellation d’origine contrôlée (AOC), signe national constitue une étape vers l’AOP. La notion de terroir, système d’interactions entre un milieu physique et biologique et un ensemble de facteurs humains fonde le concept des appellations d’origine.

Branche agricole : regroupement de toutes les unités d’activité économique qui exercent les activités suivantes : culture de végétaux (y compris maraîchage et horticulture), élevage d’animaux, activités de travaux agricoles à façon, chasse et activités annexes. Outre les exploitations agricoles, les unités caractéristiques de la branche comprennent les groupements de producteurs (coopératives) produisant du vin et de l’huile d’olive et les unités spécialisées qui fournissent des machines, du matériel et du personnel pour l’exécution de travaux agricoles à façon.

Évolution en termes réels : les évolutions à prix courants sont déflatées par l’indice de prix du produit intérieur brut (PIB), qui couvre l’ensemble du champ de l’économie. Ainsi, l’évolution d’un prix ou d’un résultat calculée en termes réels est positive ou négative selon qu’elle est supérieure ou inférieure à l’évolution générale des prix. Il s’agit d’une moyenne qui résulte d’une grande diversité de situations individuelles.

Indication géographique protégée (IGP) : signe européen, distingue un produit dont toutes les phases d’élaboration ne sont pas nécessairement issues de la zone géographique éponyme mais qui bénéficie d’un lien à un territoire et d’une notoriété.

Production au prix de base : la valeur de la production au prix de base est égale à la valeur de la production hors subventions augmentée des subventions sur les produits (directement liées à la production).

Subventions à l’agriculture : comprennent les subventions sur les produits (aides associées à certains types de production), qui ont pour la plupart disparu en 2010, et les subventions d’exploitation, entièrement restructurées dans le cadre de la PAC 2015, telles que le paiement de base (DPB), le paiement vert (aide agro-environnementale) et les aides pour calamités agricoles.

Valeur ajoutée brute au coût des facteurs de la branche agricole : valeur ajoutée brute de la branche agricole à laquelle sont ajoutées les subventions d'exploitation et retranchés les impôts sur la production. Son évolution peut être rapportée à celle du nombre d'unités de travail annuel total (ou équivalent temps plein). On obtient ainsi l'évolution de la valeur ajoutée brute au coût des facteurs de la branche agricole par actif.