Tableaux de l'économie françaiseÉdition 2019

Les Tableaux de l'économie française s'adressent à tous ceux qui souhaitent disposer d'un aperçu rapide et actuel sur la situation économique, démographique et sociale de la France.

Insee Références
Paru le : Paru le 26/03/2019
Tableaux de l'Économie Française - mars 2019
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Sommaire

Industrie agroalimentaire

Présentation

En 2017, la production en volume de la branche de l’ industrie agroalimentaire (IAA) s’accroît très légèrement (+ 0,3 %) alors même que la production manufacturière est beaucoup plus dynamique (+ 2,1 %). Traditionnellement moins réceptive aux aléas de la conjoncture, l’industrie agroalimentaire ne bénéficie pas autant que l’industrie manufacturière des moteurs de la croissance de l’année 2017.

La légère hausse de la production agroalimentaire en 2017 est portée principalement par trois branches. L’industrie des fruits et légumes tire profit de la réorientation de la consommation des ménages vers des produits transformés et du rebond de la production de pomme de terre. La fabrication de boissons (hors vins) est tirée par une forte demande tant intérieure qu’extérieure. La production des huiles est favorisée par la hausse des disponibilités mondiales de graines oléagineuses sur la campagne 2016/2017.

La production des produits laitiers est quasi stable. L’année a été marquée par une demande très vigoureuse de l’étranger qui s’est traduite par une forte augmentation du prix du lait sur les marchés mondiaux. L’offre des grands groupes laitiers s’est tournée vers ces débouchés à l’exportation rémunérateurs au détriment de la production de beurre, provoquant une pénurie de ce produit dans l’Hexagone.

Les baisses de production les plus marquées concernent la production des viandes et produits à base de viande qui souffre d’une baisse de la consommation, de poissons et d’autres produits alimentaires (sucre, chocolat, produits de confiserie…).

Les produits alimentaires sont consommés majoritairement par les ménages, suivis par les consommations intermédiaires et les exportations. En 2017, la consommation effective des ménages croît légèrement (+ 0,3 %). Quant aux consommations intermédiaires qui fournissent principalement l’industrie alimentaire, elles augmentent sensiblement (+ 0,9 %).

En 2017, l’excédent commercial en produits agroalimentaires s’élève à 5,9 milliards d’euros (+ 0,6 milliard par rapport à 2016) en raison de la progression des exportations (+ 6,7 %) supérieure à celle des importations (+ 6,2 %).

La hausse des exportations vers les marchés des pays tiers est plus forte que vers l’Union européenne. Ainsi, les ventes de boissons, notamment de vins et de champagne, ont été soutenues vers les États-Unis et les pays d’Asie. A contrario, la branche des viandes connaît des difficultés à l’export et ne parvient pas à compenser l’accès au marché russe depuis l’embargo de 2014.

Tout en restant excédentaire, le solde des produits laitiers s’est contracté. La concurrence d’autres pays (Italie, Pays-Bas …) explique le recul des parts de marché, surtout en yaourts, crème et beurre.

La croissance des importations touche plusieurs filières, en particulier celles des fruits et légumes et de la viande.

Tableaux et graphiques

Figure 1Caractéristiques de l'industrie agroalimentaire par activité en 2016

en millions d'euros
Caractéristiques de l'industrie agroalimentaire par activité en 2016 (en millions d'euros) -
Nombre d'entreprises Salariés en EQTP1 Chiffre d'affaires hors taxes Valeur ajoutée hors taxes Frais de personnel2 Exportations Investissements corporels bruts hors apports
Transform. & conserv. viande & préparation prod. à base de viande 6 391 109 541 34 170 6 138 4 718 3 490 867
Transform. & conserv. poisson, crustacés & mollusques 495 12 665 4 172 687 540 365 92
Transformation et conservation de fruits et légumes 1 388 23 183 7 872 1 678 1 089 1 726 294
Fabrication d’huiles et graisses végétales et animales 244 3 535 6 569 325 243 2 395 99
Fabrication de produits laitiers 1 222 55 980 29 164 4 926 2 976 7 085 1 122
Travail des grains ; fabrication de produits amylacés 471 13 094 7 138 1 519 851 3 141 233
Fabrication produits boulangerie-pâtisserie & pâtes alimentaires 40 615 184 261 23 738 8 973 6 704 1 963 1 408
Fabrication d'autres produits alimentaires 4 511 71 443 25 200 6 290 3 868 6 172 1 097
Fabrication d'aliments pour animaux 474 16 540 12 261 1 729 1 024 2 074 350
Fabrication de boissons 3 946 43 784 29 447 7 773 2 861 9 479 1 016
Fabrication de produits à base de tabac 9 nd 933 705 138 92 nd
Total hors fabrication de produits à base de tabac 59 756 534 027 179 731 40 038 24 876 37 890 6 578

Figure 2Évolution de la production des industries alimentaires, de boissons et du tabac

Évolution de la production des industries alimentaires, de boissons et du tabac ( ) -
Production en millions d'euros Évolution 17/16 en %
2016 valeur 2017 volume Indice valeur Indice volume Indice prix
Transform. & conserv. viande & préparation prod. à base de viande 32 449 32 040 0,3 -1,3 1,6
Transform. & conserv. poisson, crustacés & mollusques 3 266 3 191 2,8 -2,3 5,2
Transformation et conservation de fruits et légumes 5 866 6 297 7,2 7,4 -0,2
Fabrication d’huiles et graisses végétales et animales 4 291 4 377 3,6 2,0 1,6
Fabrication de produits laitiers 25 140 25 281 4,3 0,6 3,7
Travail des grains ; fabrication de produits amylacés 5 795 5 843 0,5 0,8 -0,3
Fabrication produits boulangerie-pâtisserie & pâtes alimentaires 26 535 26 434 0,6 -0,4 1,0
Fabrication d'autres produits alimentaires 22 367 21 956 -2,9 -1,8 -1,1
Fabrication d'aliments pour animaux 10 971 11 075 0,1 1,0 -0,8
Fabrication de boissons 20 071 21 034 4,8 4,8 0,0
Fabrication de produits à base de tabac 585 263 -58,8 -55,1 -8,2
Total 157 336 157 791 1,3 0,3 1,0
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

Figure 3Commerce extérieur des produits agroalimentaires de 2000 à 2016

en milliards d'euros
Commerce extérieur des produits agroalimentaires de 2000 à 2016 (en milliards d'euros) -
Solde (Caf - Fab) Exportations (Fab) Importations (Caf)
2000 7,21 28,08 20,87
2001 6,21 28,36 22,15
2002 6,55 29,26 22,71
2003 6,63 29,21 22,58
2004 6,13 29,53 23,40
2005 6,17 30,36 24,18
2006 7,14 32,96 25,82
2007 7,03 35,12 28,09
2008 5,78 36,89 31,11
2009 3,98 33,58 29,60
2010 6,12 37,01 30,89
2011 7,22 41,98 34,76
2012 7,17 43,27 36,10
2013 6,73 44,27 37,54
2014 6,12 43,88 37,77
2015 6,58 45,29 38,71
2016 5,32 45,02 39,70
2017 5,89 48,05 42,16
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

Figure 3Commerce extérieur des produits agroalimentaires de 2000 à 2017

  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

Figure 4Solde du commerce extérieur des produits agroalimentaires selon l'origine et la destination en 2017

en millions d'euros
Solde du commerce extérieur des produits agroalimentaires selon l'origine et la destination en 2017 (en millions d'euros) -
UE Hors UE Total
Exportations (Fab) 28 916 19 129 48 045
Importations (Caf) 31 964 10 195 42 159
Solde (Caf-Fab) -3 048 8 934 5 886
Solde des échanges par secteur d'activité (NAF rév. 2)
Transform. & conserv. viande & prép. viande -1 804 669 -1 135
Transform. & conserv. poisson, crust., etc. -795 -2 560 -3 355
Transf. et conserv. de fruits et légumes -2 282 -740 -3 022
Fab. huiles et graisses végétales & animales -1 110 -1 201 -2 311
Fabrication de produits laitiers 653 2 099 2 752
Travail des grains ; fab. prod. amylacés 786 191 977
Fab. prod. boulangerie-pâtis. & pâtes -654 356 - 298
Fab. autres produits alimentaires 88 439 527
Fabrication d'aliments pour animaux 529 608 1 137
Fabrication de boissons 3 271 9 077 12 348
Fabrication de produits à base de tabac -1 730 -4 -1 734
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

Avertissement

Sauf mention contraire, les données nationales se réfèrent à la France métropolitaine et aux cinq départements d’outre-mer (sauf mention contraire Mayotte est inclus dans les données de la France).

Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d’une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.

Les comparaisons internationales s’appuient en général sur les données issues d’organismes internationaux (Eurostat, ONU, etc.) qui peuvent diverger des sources produites par les instituts nationaux de statistiques, notamment pour l’Insee, pour les données françaises. En effet, ces organismes effectuent souvent des ajustements de champ ou de méthode, d’ampleur souvent réduite, afin de produire des données comparables d’un pays à l’autre.

Sauf précision contraire, les indicateurs relatifs à l’Union européenne (UE) figurant dans cet ouvrage portent sur l’UE à 28.

Définitions

Branche d’activité : regroupe des unités de production homogènes, c'est-à-dire qui fabriquent des produits (ou produisent des services) qui appartiennent au même item de la nomenclature d'activité économique considérée. Au contraire, un secteur regroupe des entreprises classées selon leur activité principale.

Caf (coût, assurance, fret) : prix d’un bien à la frontière du pays importateur ou prix d’un service fourni à un résident avant acquittement de tous les impôts et droits sur les importations et paiement de toutes les marges commerciales et de transport dans le pays.

Consommation effective des ménages : inclut tous les biens et services acquis par les ménages résidents pour la satisfaction de leurs besoins, que ces acquisitions aient fait ou non l'objet d'une dépense de leur part. La consommation effective des ménages comprend donc, en plus des biens et des services acquis par leurs propres dépenses de consommation finale, les biens et les services qui, ayant fait l'objet de dépenses de consommation individuelle des administrations publiques ou des ISBLSM, donnent lieu à des transferts sociaux en nature de leur part vers les ménages.

Consommation intermédiaire : valeur des biens et services transformés ou entièrement consommés au cours du processus de production. L’usure des actifs fixes mis en œuvre n’est pas prise en compte ; elle est enregistrée dans la consommation de capital fixe.

Emploi en équivalent temps plein (EQTP) : l’emploi peut se mesurer en nombre de personnes ayant travaillé, même pendant une durée limitée. On peut aussi mesurer les emplois en équivalent temps plein (EQTP). Chaque poste est pris en compte au prorata de son volume horaire de travail rapporté à celui d’un poste à temps complet. Par exemple, un salarié ayant occupé un poste donné durant six mois à 80 % compte pour 0,4 (=0,5*0,8) en EQTP.

Entreprise : plus petite combinaison d’unités légales qui constitue une unité organisationnelle de production de biens et de services jouissant d’une certaine autonomie de décision, notamment pour l’affectation de ses ressources courantes (décret n°2008-1354 du 18 décembre 2008 de la Loi de modernisation de l’économie -LME).

Ésane (Élaboration des statistiques annuelles d’entreprise) : dispositif qui combine des données administratives (obtenues à partir des déclarations annuelles de bénéfices que font les entreprises à l'administration fiscale et à partir des données annuelles de données sociales qui fournissent des informations sur les salariés) et des données obtenues à partir d'un échantillon d'entreprises enquêtées par un questionnaire spécifique pour produire des statistiques structurelles d'entreprises. Mis en place en 2009 sur l’exercice 2008, ce dispositif remplace le précédent système composé de deux dispositifs avec les enquêtes annuelles d'entreprise (EAE) et le système unifié de statistiques d'entreprises (SUSE) s'appuyant sur les déclarations fiscales, en les unifiant.

Fab (franco à bord) : prix d’un bien à la frontière du pays exportateur ou prix d’un service fourni à un non-résident. Il comprend la valeur des biens ou des services au prix de base, des services de transport et de distribution jusqu’à la frontière, les impôts moins les subventions.

Industries agroalimentaires (IAA) : correspondent aux divisions 10, 11 et 12 de la nomenclature NAF rév. 2. Les données prennent en compte l'artisanat commercial.

Investissements corporels  : investissements en actifs physiques destinés à être utilisés durablement par l'entreprise comme moyens de production (constructions, installations techniques, matériel et outillage industriels…).

Production : activité exercée sous le contrôle et la responsabilité d'une unité institutionnelle qui combine des ressources en main-d'œuvre, capital et biens et services pour fabriquer des biens ou fournir des services, et résultat de cette activité. Les processus purement naturels sans intervention ou contrôle humain ne font pas partie de la production.

Profilage : profiler un groupe de sociétés consiste à en définir une ou des entreprises disposant d’une certaine autonomie opérationnelle au sens de la LME 2008 et à reconstituer les variables économiques à ce niveau d’observation. Ces unités statistiques intermédiaires, autonomes d’un point de vue opérationnel, peuvent être les « divisions opérationnelles » du groupe, des sous-groupes, ou des découpages ad hoc définis alors en collaboration avec le groupe lui-même ou encore le groupe lui-même. Cette opération, appelée « profilage » (terme traduit de l'anglais « profiling »), définit ainsi des unités, restreintes au territoire économique français dans le cas d'un groupe multinational, qui seront appelées entreprises issues du profilage ou par abus de langage « entreprises profilées », et qui constituent des entreprises. Celles-ci réunissent généralement plusieurs sociétés du groupe, de une à quelques centaines. Ces opérations de profilage des groupes français, qui nécessitent des échanges personnalisés avec les groupes (profilage « manuel »), s'étalent sur plusieurs années ; elles se limitent aux plus grands groupes présents sur le territoire français. Les autres groupes sont supposés former une seule entreprise ; leurs variables économiques sont constituées par algorithme (profilage automatique).

Secteur d’activité : regroupe des entreprises de fabrication, commerce ou service qui ont la même activité principale (au regard de la nomenclature d’activité économique considérée). L'activité d'un secteur n'est donc pas tout à fait homogène et comprend des productions ou services secondaires qui relèveraient d'autres items de la nomenclature que celui du secteur considéré. Au contraire, une branche regroupe des unités de production homogènes.

Unité légale : entité juridique de droit public ou privé. Cette entité juridique peut être une personne morale, dont l’existence est reconnue par la loi indépendamment des personnes ou des institutions qui la possèdent ou qui en sont membres, ou une personne physique, qui, en tant qu’indépendant, peut exercer une activité économique. Elle est obligatoirement déclarée aux administrations compétentes (Greffes des tribunaux, sécurité sociale, DGFiP, etc.) pour exister. L’existence d’une telle unité dépend du choix des propriétaires ou de ses créateurs (pour des raisons organisationnelles, juridiques ou fiscales). L’unité légale est l’unité principale enregistrée dans Sirene. Cette définition de l’unité légale ne doit pas être confondue avec celle de l’entreprise, considérée comme unité statistique.