Tableaux de l'économie françaiseÉdition 2019

Les Tableaux de l'économie française s'adressent à tous ceux qui souhaitent disposer d'un aperçu rapide et actuel sur la situation économique, démographique et sociale de la France.

Insee Références
Paru le : Paru le 26/03/2019
Tableaux de l'Économie Française - mars 2019
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Sommaire

Revenus des ménages

Présentation

En 2017, le revenu disponible brut (RDB) des ménages augmente de 2,6 % en valeur, après + 1,7 % en 2016. Parallèlement, le prix de la dépense de consommation finale rebondit (+ 1,3 %), après avoir baissé en 2016 (– 0,1 %), si bien que le pouvoir d’achat du RDB ralentit (+ 1,3 %, contre + 1,8 % en 2016). Compte tenu de la croissance de la population, le pouvoir d’achat au niveau individuel, c’est-à-dire par unité de consommation , progresse de seulement 0,7 %. Comme c’est le cas depuis 2015, la progression du RDB est principalement imputable aux revenus nets d’activité, avec une contribution de + 1,6 point en 2017. Pour la première fois depuis 2011, les revenus du patrimoine contribuent significativement à la hausse du RDB (+ 0,8 point). Les prestations sociales en espèces y contribuent également, mais dans une moindre mesure (+ 0,6 point). Comme les années précédentes, les impôts courants pèsent négativement sur le RDB (– 0,4 point).

Les salaires nets perçus par les ménages progressent, en valeur, plus vite qu’en 2016 (+ 3,0 %, après + 1,8 %) tant en raison de la meilleure tenue de l’emploi salarié (+ 1,2 %, après + 0,8 % en 2016) que d’une croissance plus forte du salaire net moyen par tête (+ 1,8 %, après + 1,0 % en 2016). Après trois années de progression, le revenu mixte net des entrepreneurs individuels fléchit légèrement (– 0,1 %) dans un contexte où leurs cotisations sociales augmentent à nouveau (+ 1,2 %), après deux années de baisse.

Les prestations sociales en espèces reçues par les ménages croissent au même rythme qu'en 2016(+ 1,9 %, après + 1,8 %), mais en termes réels elles ralentissent nettement. Si les dépenses d’indemnisation du chômagedécélèrent sous l’effet du ralentissement du nombre de chômeurs et d’une hausse du taux de couverture par l’assurance chômage, les prestations familiales et les dépenses d'assurance maladie accélèrent en revanche légèrement. Les prestations vieillesse augmentent au même rythme qu'en 2016.

Deux raisons principales expliquent la forte hausse des revenus du patrimoine des ménages (+ 4,1 %). La première est le dynamisme des revenus générés par les loyers (réels et imputés) reçus par les ménages (+ 3,7 %), induit par la forte baisse de la consommation de services d'intermédiation financière indirectement mesurés (Sifim) sur les crédits immobiliers liée à la diminution des taux d’intérêt. La seconde est liée à la forte augmentation des revenus tirés de leurs placements en assurance-vie (+ 10,3 %), après trois années de baisse (– 15,9 % entre 2013 et 2016). Les dividendes perçus par les ménages progressent modérément (+ 1,4 %).

Après avoir constamment ralenti entre 2012 et 2016 (avec une augmentation de 8,9 % en 2012 et de 1,0 % en 2016), les impôts courants sur le revenu et le patrimoine accélèrent en 2017 (+ 2,3 %), tirés à la hausse par des recettes supplémentaires de la contribution sociale généralisée (CSG) en lien avec l’accélération de la masse salariale.

Tableaux et graphiques

Figure 1Revenu disponible brut des ménages

en milliards d'euros
Revenu disponible brut des ménages (en milliards d'euros)
2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017
Salaires et traitements bruts 796,4 812,6 823,5 833,4 847,4 863,7 890,3
  Cotisations sociales à la charge des salariés 104,8 109,0 113,9 117,6 120,7 124,1 128,7
  Salaires et traitements nets 691,7 703,6 709,6 715,8 726,7 739,5 761,7
Prestations sociales autres que transferts sociaux en nature 430,1 446,3 459,4 470,6 477,9 486,3 495,4
Revenus salariaux et sociaux 1 121,7 1 149,9 1 169,0 1 186,4 1 204,6 1 225,8 1 257,1
Excédent brut d'exploitation et revenu mixte brut 287,1 291,6 289,3 293,1 296,3 300,3 307,2
Cotisations des non salariés 27,8 29,1 30,3 31,0 30,6 30,0 30,4
Revenu disponible brut (RDB) 1 291,9 1 304,9 1 298,0 1 315,1 1 330,8 1 353,3 1 389,0
  • Champ : ménages y c. entreprises individuelles.
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

Figure 2Évolution du revenu disponible brut et du pouvoir d’achat des ménages

en %
Évolution du revenu disponible brut et du pouvoir d’achat des ménages (en %)
11/10 12/11 13/12 14/13 15/14 16/15 17/16
Revenu disponible brut (RDB) 2,0 1,0 -0,5 1,3 1,2 1,7 2,6
Évolution de l'indice du prix de la dépense de consommation finale des ménages 1,8 1,4 0,6 0,1 0,3 -0,1 1,3
Pouvoir d'achat du RDB1 0,1 -0,4 -1,2 1,2 0,9 1,8 1,3
Pouvoir d'achat par personne -0,4 -0,9 -1,7 0,7 0,5 1,4 1,0
Pouvoir d'achat par ménage -0,7 -1,2 -2,0 0,3 0,1 1,0 0,5
Pouvoir d'achat par unité de consommation -0,6 -1,1 -1,8 0,6 0,3 1,2 0,7
Population moyenne 0,5 0,5 0,5 0,5 0,4 0,4 0,4
Nombre de ménages 0,9 0,8 0,9 0,9 0,9 0,8 0,8
Nombre d'unités de consommation 0,7 0,7 0,7 0,7 0,6 0,6 0,6
  • 1. Évolution déflatée à l'aide de l'indice du prix de la dépense de consommation finale des ménages.
  • Champ : ménages y c. entreprises individuelles.
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

Figure 3Évolution du revenu disponible et du pouvoir d’achat des ménages

par rapport à l'année précédente en %
Évolution du revenu disponible et du pouvoir d’achat des ménages (par rapport à l'année précédente en %)
RDB Pouvoir d'achat du RDB 1
1960 11,1 7,7
1961 7,9 4,8
1962 14,8 10,2
1963 11,6 6,5
1964 8,7 5,3
1965 7,5 4,7
1966 8,1 4,9
1967 8,8 5,6
1968 9,8 4,6
1969 12,2 4,8
1970 12,6 7,3
1971 11,4 5,4
1972 11,8 5,6
1973 13,6 5,9
1974 18,1 3,2
1975 15,1 3,1
1976 12,3 2,5
1977 12,3 2,7
1978 15,1 5,9
1979 11,7 0,7
1980 13,4 0,3
1981 15,4 1,5
1982 14,5 2,4
1983 9,5 0,0
1984 6,8 -1,0
1985 7,0 0,8
1986 5,6 2,8
1987 4,6 1,6
1988 6,1 3,3
1989 7,5 3,5
1990 6,9 4,0
1991 3,8 1,1
1992 4,9 2,3
1993 1,8 0,3
1994 1,5 0,6
1995 3,1 2,2
1996 2,6 1,1
1997 2,5 1,7
1998 3,5 3,3
1999 2,6 3,2
2000 5,9 3,5
2001 5,2 3,3
2002 4,1 3,0
2003 2,5 0,9
2004 4,4 2,2
2005 3,2 1,4
2006 5,1 2,9
2007 5,4 3,2
2008 3,3 0,5
2009 0,1 1,7
2010 2,8 1,6
2011 2,0 0,1
2012 1,0 -0,4
2013 -0,5 -1,2
2014 1,3 1,2
2015 1,2 0,9
2016 1,7 1,8
2017 2,6 1,3
  • 1. Évolution déflatée à l'aide de l'indice du prix des dépenses de consommation finale des ménages.
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

Figure 3Évolution du revenu disponible et du pouvoir d’achat des ménages

  • 1. Évolution déflatée à l'aide de l'indice du prix des dépenses de consommation finale des ménages.
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

Figure 4Contributions à l'évolution du pouvoir d'achat des ménages de 2012 à 2017

en points
Contributions à l'évolution du pouvoir d'achat des ménages de 2012 à 2017 (en points)
Pouvoir d'achat du RDB (évolution par rapport à l'année précédente en %) Revenus netsd'activité Revenusdu patrimoine Impôts courants Prestations socialesen espèces Prix
2012 -0,4 1,0 0,2 -1,3 1,3 -1,4
2013 -1,2 0,1 -0,9 -0,8 1,0 -0,6
2014 1,2 0,6 0,2 -0,3 0,9 -0,1
2015 0,9 0,9 0,2 -0,3 0,6 -0,3
2016 1,8 1,1 -0,1 -0,2 0,6 0,1
2017 1,3 1,6 0,8 -0,4 0,7 -1,3
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

Figure 4Contributions à l'évolution du pouvoir d'achat des ménages de 2012 à 2017

  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

Figure 5Revenu disponible des ménages par habitant dans l'UE en 2016

Revenu disponible des ménages par habitant dans l'UE en 2016
Revenu médian 1
en euros en SPA 2
Allemagne 21 275 21 210
Autriche 23 694 22 524
Belgique 22 295 20 820
Bulgarie 3 151 6 715
Chypre 14 020 15 985
Croatie 5 726 8 829
Danemark 28 665 21 120
Espagne 13 681 15 175
Estonie 8 645 11 860
Finlande 23 650 19 766
France 21 713 20 750
Grèce 7 500 8 828
Hongrie 4 768 8 387
Irlande 22 407 18 158
Italie 16 247 16 232
Lettonie 6 365 9 257
Lituanie 5 645 9 279
Luxembourg 33 818 28 071
Malte 13 572 16 925
Pays-Bas 22 733 20 994
Pologne 5 884 10 850
Portugal 8 782 10 714
Rép. tchèque 7 838 12 514
Roumanie 2 448 4 794
Royaume-Uni 21 136 17 521
Slovaquie 6 951 10 507
Slovénie 12 327 15 500
Suède 25 164 20 706
UE 16 529 16 452
  • 1. Revenu par unité de consommation.
  • 2. Standard de pouvoir d'achat : unité monétaire artificielle utilisée pour neutraliser les différences de niveaux de prix entre les pays.
  • Note : revenu annuel.
  • Source : Eurostat (extraction du 12 juillet 2018).

Avertissement

Sauf mention contraire, les données nationales se réfèrent à la France métropolitaine et aux cinq départements d’outre-mer (sauf mention contraire Mayotte est inclus dans les données de la France).

Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d’une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.

Les comparaisons internationales s’appuient en général sur les données issues d’organismes internationaux (Eurostat, ONU, etc.) qui peuvent diverger des sources produites par les instituts nationaux de statistiques, notamment pour l’Insee, pour les données françaises. En effet, ces organismes effectuent souvent des ajustements de champ ou de méthode, d’ampleur souvent réduite, afin de produire des données comparables d’un pays à l’autre.

Sauf précision contraire, les indicateurs relatifs à l’Union européenne (UE) figurant dans cet ouvrage portent sur l’UE à 28.

Définitions

Déflateur : de manière générale, un déflateur implicite mesure les variations de prix dans un domaine de l'économie en divisant la grandeur en valeur par cette même grandeur en volume. Les déflateurs implicites sont nommés d'après l'agrégat utilisé. Les déflateurs du PIB, de la dépense de consommation finale, de la formation de capital brute, des exportations et des importations mesurent les variations de prix dans leur domaine respectif de l'économie. Ils sont utilisés pour corriger les agrégats des effets de l'inflation.

Pouvoir d’achat : quantité de biens et de services que l’on peut acheter avec une unité de revenu disponible brut (RDB). Son évolution est liée à celles des prix et des revenus. Ainsi, si les prix augmentent quand les revenus sont constants, le pouvoir d’achat diminue, alors que si la hausse des revenus est supérieure à celle des prix, le pouvoir d’achat augmente. Voir aussi : Revenu disponible brut des ménages.

Prestations sociales (ou transferts sociaux) : les prestations sociales (ou transferts sociaux) sont des transferts versés (en espèces ou en nature) à des individus ou à des familles afin de réduire la charge financière que représente la protection contre divers risques. Elles sont associées à six grandes catégories de risques :

-        la vieillesse et la survie (pensions de retraite, pensions de réversion, prise en charge de la dépendance) ;

-        la santé (prise en charge totale ou partielle de frais liés à la maladie, à l'invalidité, aux accidents du travail et aux maladies professionnelles) ;

-        la maternité-famille (prestations familiales : prestations liées à la maternité, allocations familiales, aides pour la garde d'enfants) ;

-        la perte d'emploi (indemnisation du chômage) et les difficultés d'insertion ou de réinsertion professionnelle ;

-        les difficultés de logement (aides au logement) ;

-        la pauvreté et l'exclusion sociale (minima sociaux : minimum vieillesse, revenu minimum d'insertion – RSA etc.).

Revenu disponible brut des ménages (RDB) : revenu à la disposition des ménages pour la consommation et l’épargne une fois déduits les prélèvements sociaux et fiscaux. Il comprend les revenus d’activité (rémunération des salariés et revenus d’entreprise des entrepreneurs individuels), les revenus de la propriété (dividendes, intérêts et loyers), les prestations sociales autres que des transferts sociaux en nature (pensions de retraite, indemnités de chômage, allocations familiales, minima sociaux, etc.), les autres transferts courants (notamment les indemnités d’assurance nettes des primes), diminués des impôts et cotisations sociales versés par les ménages.

Revenu primaire : revenu directement lié à une participation des ménages au processus de production. La majeure partie des revenus primaires des ménages est constituée de la rémunération des salariés, laquelle comprend les salaires et les cotisations sociales. Ces revenus comprennent aussi des revenus du patrimoineliés à la possession de logements (loyers réels et imputés) aussi bien qu’aux actifs et passifs financiers (intérêts, dividendes, etc.).

Unité de consommation (ou équivalent-adulte) : système de pondération attribuant un coefficient à chaque membre du ménage et permettant de comparer les niveaux de vie de ménages de tailles ou de compositions différentes. Avec cette pondération, le nombre de personnes est ramené à un nombre d'unités de consommation (UC). L'échelle actuellement la plus utilisée (dite de l'OCDE) retient la pondération suivante : 1 UC pour le premier adulte du ménage, 0,5 UC pour les autres personnes de 14 ans ou plus et 0,3 UC pour les enfants de moins de 14 ans.