Tableaux de l'économie françaiseÉdition 2019

Les Tableaux de l'économie française s'adressent à tous ceux qui souhaitent disposer d'un aperçu rapide et actuel sur la situation économique, démographique et sociale de la France.

Insee Références
Paru le : Paru le 26/03/2019
Tableaux de l'Économie Française - mars 2019
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Sommaire

Épargne - Patrimoine

Présentation

Fin 2017, le patrimoine économique national s’élève à 14 762 milliards d’euros (Md€), soit l’équivalent de 7,9 fois le produit intérieur net de l’année. Sa progression se poursuit à un rythme soutenu (+ 3,7 %, après + 2,7 % en 2016). Elle est portée, cette année encore, par l’accélération du patrimoine non financier (+ 3,9 %, après + 3,1 %), notamment celle du patrimoine en terrains bâtis, logements et autres constructions. Les actifs et passifs financiers augmentent au même rythme (+ 6,5 %, après respectivement + 4,5 % et + 4,8 % en 2016). In fine, le patrimoine financier net s’établit à 23 Md€ en 2017, après 48 Md€ en 2016. En 2017, la valeur des fonds propres des sociétés non financières (SNF) continue de croître à un rythme très élevé (+ 10,2 %,après + 5,8 % en 2016). Comme les années précédentes, cela s’explique par la hausse du prix des actions au cours de l’année 2017. Les fonds propres des sociétés financières progressent aussi, mais moins fortement que ceux des SNF. Enfin, le patrimoine des administrations publiques (APU) se redresse en 2017. Il s’établit à 190 Md€ en 2017, contre 124 Md€ en 2016, ceci résultant principalement de variations de prix du patrimoine financier net avec la dépréciation de titres de créance et la valorisation des entreprises publiques.

En 2017, le patrimoine des ménages progresse (+ 3,8 %), essentiellement en raison de l’augmentation des prix de l’immobilier. En 2017, ce patrimoine immobilier augmente de 3,3 %, après + 2,9 % en 2016. Cette accélération reflète à la fois celle du prix des logements anciens et le dynamisme de la construction neuve. Au total, le patrimoine non financier des ménages s’accroît de 3,5 % en 2017, pour s’établir à 7 679 Md€. Plus forte que celle de l’an passé, cette hausse est aussi supérieure à la moyenne des dix années précédentes. Au sein des actifs financiers, les ménages continuent de privilégier les placements bancaires. L’encours en numéraire et dépôts progresse. D’une part, les ménages préfèrent les placements en livrets aux placements à risque. D’autre part, les placements sur les dépôts à vue restent dynamiques. L’encours des titres de créance détenus par les ménages diminue assez fortement en 2017 dans un environnement de taux bas. La détention d’actions et de parts de fonds d’investissement accélère. À l’opposé, les placements des ménages en assurance-vie décélèrent.

En 2016, 56 % des salariés du secteur marchand non agricole, soit 8,9 millions de salariés, ont eu accès à au moins un dispositif de participation, d’intéressement ou d’ épargne salariale  ; 7,5 millions de salariés ont ainsi bénéficié d’un complément de rémunération. Le plan d’épargne entreprise , qui couvre 46 % des salariés, demeure le plus répandu des dispositifs car il sert de support principal de versement des primes de participation et d’intéressement.

Tableaux et graphiques

Figure 1Patrimoine national des secteurs institutionnels fin 2017

en milliards d'euros
Patrimoine national des secteurs institutionnels fin 2017 (en milliards d'euros)
Ménages1 Sociétés non financières Sociétés financières Administrations publiques Ensemble de l'économie nationale
Actifs non financiers 7 679 4 740 292 2 028 14 739
dont : logements 3 682 715 44 63 4 504
            autres bâtiments et génie civil 163 814 68 971 2 017
            machines et équipements 42 535 17 32 625
            terrains 3 617 1 617 115 799 6 147
Actifs financiers2 5 446 8 829 14 254 1 305 29 834
dont : numéraires et dépôts 1 491 617 3 621 147 5 876
            titres de créances 58 68 3 581 55 3 762
            crédits 10 1 610 3 201 101 4 922
            actions et parts de fonds d'investissement 1 555 5 200 2 705 575 10 035
            systèmes d'assurances et de garanties 2 027 42 125 5 2 198
Ensemble des actifs3 13 125 13 569 14 546 3 333 44 573
Passifs financiers2 1 631 11 052 13 937 3 143 29 763
dont : numéraires et dépôts /// /// 6 186 122 6 311
            titres de créances /// 655 1 492 2 231 4 378
            crédits 1 342 2 629 463 305 4 739
            actions et parts de fonds d'investissement 10 6 780 2 626 45 9 461
            systèmes d'assurances et de garanties /// /// 2 217 /// 2 220
Patrimoine financier net4 3 815 -2 223 269 -1 837 23
Patrimoine (ou valeur nette)5 11 494 2 517 561 190 14 762
  • /// : absence de résultat due à la nature des choses.
  • 1. Y c. entrepreneurs individuels et institutions sans but lucratif au service des ménages.
  • 2. Hors produits dérivés.
  • 3. Somme des actifs non financiers et des actifs financiers.
  • 4. Différence entre les actifs financiers et les passifs financiers.
  • 5. Différence entre l'ensemble des actifs et les passifs financiers.
  • Sources : Banque de France ; Insee, comptes nationaux, base 2014.

Figure 2Dispositifs d'épargne salariale

Dispositifs d'épargne salariale
2006 20103 2016
Participation
Montant brut distribué1 6 926 7 380 6 714
Nombre de bénéficiaires2 4 981 (r) 5 226 4 904
Montant moyen en euros 1 391 (r) 1 412 1 369
Intéressement
Montant brut distribué1 6 391 7 185 8 318
Nombre de bénéficiaires2 4 076 4 646 4 797
Montant moyen en euros 1 568 1 546 1 734
Plan d'épargne entreprise (PEE)
Montant brut distribué1 1 290 1 338 1 549
Nombre de bénéficiaires2 2 339 2 256 2 313
Montant moyen en euros 551 593 670
  • r : donnée révisée.
  • 1. En millions d'euros.
  • 2. En milliers.
  • 3. Données révisées pour 2010, méthode de pondération des enquêtes Acemo revue.
  • Champ : France métropolitaine, entreprises de 10 salariés ou plus du secteur marchand non agricole, hors intérim et secteur domestique.
  • Source : Dares.

Figure 3Taux d'épargne des ménages dans quelques pays de l'UE

en %
Taux d'épargne des ménages dans quelques pays de l'UE (en %)
2000 (r) 2005 (r) 2010 (r) 2017
Allemagne 15,2 16,2 16,8 17,3
Autriche 15,8 16,1 14,8 12,4
Belgique 15,9 14,8 14,9 11,5
Danemark 2,4 3,5 8,6 11,9
Espagne 10,5 9,3 10,1 5,5
Finlande 9,7 7,9 9,8 5,7
France 13,3 13,5 15,6 (p) 13,9
Hongrie 11,9 12,6 11,5 12,1
Italie 12,9 14,7 11,1 9,6
Pays-Bas 9,8 9,5 13,3 (p) 15,4
Portugal 10,5 9,2 9,2 (p) 4,7
Rép. tchèque 11,5 11,0 12,7 9,5
Royaume-Uni 9,1 7,5 10,9 4,5
Slovénie 12,9 15,3 12,9 13,9
UE 11,8 11,2 12,1 9,7

Figure 4Taux d'épargne des ménages de 1950 à 2017

en %
Taux d'épargne des ménages de 1950 à 2017 (en %) -
Taux d'épargne Taux d'investissement en logement1 Taux d'épargne financière2
1950 14,8 7,0 6,9
1951 14,6 8,1 5,3
1952 15,2 9,1 5,7
1953 13,4 9,4 4,2
1954 15,3 10,1 5,1
1955 16,4 10,9 5,7
1956 14,4 10,8 3,8
1957 15,4 11,4 3,6
1958 16,0 11,5 4,0
1959 14,8 11,5 3,0
1960 17,0 11,1 4,8
1961 16,2 11,9 4,4
1962 18,3 10,8 6,4
1963 17,8 11,6 5,4
1964 17,6 12,7 4,0
1965 18,3 13,2 4,0
1966 18,4 13,7 3,4
1967 18,8 13,8 4,3
1968 19,0 14,2 4,1
1969 17,7 14,2 2,7
1970 19,8 13,8 5,1
1971 19,7 14,2 5,0
1972 20,0 14,5 4,6
1973 20,2 15,1 4,4
1974 20,5 15,6 4,4
1975 21,3 14,1 7,0
1976 18,9 14,1 4,7
1977 19,0 13,6 5,1
1978 20,5 13,5 6,4
1979 18,3 13,9 4,2
1980 17,6 14,1 3,2
1981 17,2 13,1 4,3
1982 16,4 12,0 4,6
1983 15,7 11,4 4,4
1984 14,3 11,0 3,4
1985 13,3 10,3 3,2
1986 12,5 10,3 2,1
1987 11,1 10,6 0,1
1988 11,1 10,9 0,3
1989 11,4 11,3 0,0
1990 12,6 10,7 1,9
1991 13,1 9,8 2,9
1992 14,2 9,0 5,0
1993 14,6 8,5 5,8
1994 13,7 8,9 4,4
1995 14,2 8,8 5,1
1996 13,5 8,5 4,3
1997 14,4 8,7 5,4
1998 13,9 8,9 4,5
1999 13,6 9,4 4,9
2000 13,5 9,2 4,5
2001 14,2 9,1 4,7
2002 15,2 9,2 5,6
2003 14,5 9,5 4,6
2004 14,6 9,8 4,0
2005 13,7 10,2 3,2
2006 14,4 10,7 3,6
2007 14,8 10,9 4,0
2008 14,8 10,7 3,9
2009 16,1 9,3 6,8
2010 16,0 9,3 6,6
2011 15,6 9,5 5,9
2012 15,6 9,3 6,2
2013 14,2 9,3 4,7
2014 14,6 9,0 5,2
2015 14,2 8,8 4,9
2016 13,9 9,0 4,4
2017 14,3 9,4 4,4
  • 1. Rapport entre la formation brute de capital fixe des ménages et le revenu disponible brut.
  • 2. Rapport entre la capacité de financement des ménages et le revenu disponible brut.
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

Figure 4Taux d'épargne des ménages de 1950 à 2017

  • 1. Rapport entre la formation brute de capital fixe des ménages et le revenu disponible brut.
  • 2. Rapport entre la capacité de financement des ménages et le revenu disponible brut.
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

Figure 5Taux de détention par grand type d'actifs en 2018

en % des ménages
Taux de détention par grand type d'actifs en 2018 (en % des ménages)
Taux de détention
Patrimoine financier 88,7
Livrets d'épargne 83,8
Patrimoine immobilier1 61,6
Ensemble assurance-vie, épargne retraite 45,6
Épargne-logement 33,2
Valeurs mobilières 15,6
  • 1. Y c. en usufruit pour la résidence principale.
  • Champ : France métropolitaine, ménages ordinaires.
  • Source : Insee, enquêtes HVP 2017-2018.

Figure 5Taux de détention par grand type d'actifs en 2018

  • 1. Y c. en usufruit pour la résidence principale.
  • Champ : France métropolitaine, ménages ordinaires.
  • Source : Insee, enquêtes HVP 2017-2018.

Avertissement

Sauf mention contraire, les données nationales se réfèrent à la France métropolitaine et aux cinq départements d’outre-mer (sauf mention contraire Mayotte est inclus dans les données de la France).

Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d’une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.

Les comparaisons internationales s’appuient en général sur les données issues d’organismes internationaux (Eurostat, ONU, etc.) qui peuvent diverger des sources produites par les instituts nationaux de statistiques, notamment pour l’Insee, pour les données françaises. En effet, ces organismes effectuent souvent des ajustements de champ ou de méthode, d’ampleur souvent réduite, afin de produire des données comparables d’un pays à l’autre.

Sauf précision contraire, les indicateurs relatifs à l’Union européenne (UE) figurant dans cet ouvrage portent sur l’UE à 28.

Définitions

Administrations publiques (APU) : ensemble des unités institutionnelles dont la fonction principale est de produire des services non marchands ou d'effectuer des opérations de redistribution du revenu et des richesses nationales. Elles tirent la majeure partie de leurs ressources de contributions obligatoires. Le secteur des administrations publiques comprend les administrations publiques centrales, les administrations publiques locales et les administrations de sécurité sociale.

Épargne des ménages : part du revenu disponible (ou du revenu disponible ajusté) des ménages qui n'est pas utilisée en dépense de consommation finale (ou en consommation finale effective).

Épargne salariale : ensemble de dispositifs dont l’objectif est d’associer les salariés aux résultats de leur entreprise et de favoriser l’épargne collective et le développement des investissements des entreprises.

Fonds propres : les fonds propres des sociétés financières et non financières sont mesurés par différence entre la valeur de leurs actifs et celle de leurs passifs autres qu’en actions.

Ménage : ensemble des occupants d’un même logement sans que ces personnes ne soient nécessairement unies par des liens de parenté (en cas de cohabitation, par exemple). Un ménage peut ne comprendre qu'une seule personne. Au sens du recensement de la population, les personnes vivant dans des habitations mobiles, les mariniers, les sans-abri, et les personnes vivant en communauté (foyers de travailleurs, maisons de retraite, résidences universitaires, maisons de détention...) sont considérées comme vivant hors ménage. Il y a égalité entre le nombre de ménages et le nombre de résidences principales. Dans les enquêtes auprès des ménages réalisées par l'Insee, depuis 2005, sont considérées comme formant un ménage l’ensemble des personnes (apparentées ou non) qui partagent de manière habituelle un même logement (que celui-ci soit ou non leur résidence principale) et qui ont un budget en commun. La résidence habituelle est le logement dans lequel on a l'habitude de vivre. Font donc partie du même ménage des personnes qui ont un budget commun, c'est-à-dire qui apportent des ressources servant à des dépenses faites pour la vie du ménage ou qui bénéficient simplement de ces dépenses. Dans la définition du budget commun, on ne tient pas compte des dépenses faites pour le logement et la participation occasionnelle à des dépenses communes ne suffit pas à former un budget commun. Le fait d’avoir plusieurs comptes en banque différents dans un ménage ne signifie pas faire budget à part. Depuis 2005, dans le cadre des enquêtes auprès des ménages, un logement peut donc comporter plusieurs ménages appelés encore « unités de vie ».

Patrimoine : différence entre la valeur des actifs (financiers et non financiers) et celle des passifs (par nature financiers). Les comptes de patrimoine de la comptabilité nationale recensent les actifs et passifs économiques, c’est-à-dire ceux sur lesquels des droits de propriété peuvent être exercés et qui peuvent procurer des avantages économiques à leurs propriétaires. Ils peuvent être financiers ou non financiers ; ces derniers peuvent être le résultat de processus de production ou avoir une origine naturelle.

Patrimoine national : patrimoine des résidentssur le territoire national. Il repose sur la propriété d'actifs économiques susceptibles de faire l'objet de transactions. Il ne comprend pas les monuments historiques.

Plan d’épargne entreprise (PEE) : permet aux salariés de se constituer une épargne sous la forme d'un portefeuille de valeurs mobilières, avec l’aide de leur entreprise. Bloquées pendant 5 ans minimum, les sommes détenues proviennent des versements volontaires des salariés et de l’abondement de l’entreprise. Le PEE peut également être alimenté par l’intéressement et la participation.

Produit intérieur net (PIN) : mesure la production agrégée des agents économiques résidents au cours de la période (PIB), nette de la consommation de capital fixe (CCF), qui correspond au coût d'usure du capital au cours de la même période. De même, le revenu disponible net s'obtient en déduisant la CCF du revenu disponible brut. Il est préférable de comparer le stock de patrimoine avec des flux macro-économiques nets plutôt que des flux bruts (PIN plutôt que PIB, revenu net plutôt que revenu brut). En effet, en faisant abstraction des effets de réévaluation ou d'autres changements de volume, le patrimoine national augmente d'une année sur l'autre avec l'épargne nette (et non brute) des agents, c'est-à-dire avec la partie du revenu national net qu'ils n'affectent pas à la consommation finale au cours de la période.

Revenu disponible brut des ménages (RDB) : revenu à la disposition des ménages pour la consommation et l’épargne une fois déduits les prélèvements sociaux et fiscaux. Il comprend les revenus d’activité (rémunération des salariés et revenus d’entreprise des entrepreneurs individuels), les revenus de la propriété (dividendes, intérêts et loyers), les prestations sociales autres que des transferts sociaux en nature (pensions de retraite, indemnités de chômage, allocations familiales, minima sociaux, etc.), les autres transferts courants (notamment les indemnités d’assurance nettes des primes), diminués des impôts et cotisations sociales versés par les ménages.

Sociétés financières : ensemble des sociétés et quasi-sociétés dont la fonction principale consiste à fournir des services d’intermédiation financière (banque et assurance) et/ou à exercer des activités financières auxiliaires.

Sociétés non financières (SNF) : ensemble des unités institutionnelles qui sont des producteurs marchands dont la fonction principale consiste à produire des biens et des services non financiers, et dont les opérations de répartition et les opérations financières sont séparées de celles de leurs propriétaires.

Taux d'épargne des ménages : rapport entre l'épargne des ménages et le revenu disponible brut (non ajusté).

Taux d’épargne financière : rapport entre la capacité de financement des ménages et le revenu disponible brut (non ajusté).

Taux d’investissement en logement : rapport entre la formation brute de capital fixe des ménages (hors entrepreneurs individuels) et le revenu disponible brut.