Tableaux de l'économie françaiseÉdition 2019

Les Tableaux de l'économie française s'adressent à tous ceux qui souhaitent disposer d'un aperçu rapide et actuel sur la situation économique, démographique et sociale de la France.

Insee Références
Paru le : Paru le 26/03/2019
Tableaux de l'Économie Française - mars 2019
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Sommaire

Dépense publique

Présentation

En 2017, les dépenses publiques accélèrent (+ 2,4 %, après + 1,2 % en 2016). Le poids des dépenses publiques dans le PIB atteint 56,5 %, en diminution de 0,2 point par rapport à 2016.

Les dépenses des administrations publiques centrales progressent de 2,4 % (+ 12,3 milliards d’euros). Les consommations intermédiaires accélèrent nettement (+ 4,2 % en 2017, après + 1,8 % en 2016). Les dépenses de personnel accélèrent également (+ 2,2 % en 2017, après + 1,1 % en 2016). Les créations de postes dans l’enseignement des premier et second degrés ainsi qu’au ministère de la Défense se poursuivent, parallèlement aux revalorisations du point d’indice des fonctionnaires du 1er juillet 2016 et du 1er février 2017. Le dynamisme des prestations sociales (+ 2,1 milliards en 2017) versées par les administrations centrales est dû à la montée en charge de la prime d’activité et son élargissement à d’autres publics, ainsi qu’à la hausse des pensions de retraite. Les dépenses d’investissement reculent de 0,5 milliard, du fait des moindres livraisons de matériel militaire en 2017.

En 2017, les dépenses des administrations publiques locales progressent de 2,5 %, portées par une reprise de l’investissement. Les prestations continuent de ralentir (+ 0,6 %, après + 1,9 % en 2016), ainsi que les consommations intermédiaires (– 1,9 %,après un recul de 0,7 % en 2016). Les rémunérations progressent de 2,3 % (après + 0,7 % en 2016), en raison de la revalorisation du point d’indice de la fonction publique et de la réforme « parcours professionnels, carrières et rémunérations ».L’investissement local repart à la hausse après trois années de recul (+ 7,2 %, après – 3,2 % en 2016).

Les dépenses des administrations de sécurité sociale sont très dynamiques en 2017 (+ 2,2 %, après + 1,3 %). Cette accélération doit être corrigée des mesures de périmètre de 2016 et 2017 : transfert vers l’État des prestations de logement en 2016 et, à l’inverse en 2017, transfert de l’État vers les administrations de sécurité sociale des dépenses de fonctionnement des établissements et services d’aide par le travail (ESAT). La légère progression des dépenses de prestations familiales est imputable en bonne partie à la revalorisation exceptionnelle de prestations ciblées sur les familles les plus modestes. Les prestations vieillesse poursuivent leur progression comme en 2016 (+ 1,7 %). La hausse des dépenses d’assurance maladie est contenue, avec un respect du niveau de l’ objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam) voté pour 2017 ; elle est toutefois un peu plus forte qu’en 2016 (+ 2,2 % en 2017, contre + 1,8 % en 2016). Les dépenses d’indemnisation du chômage décélèrent, en cohérence avec le ralentissement du nombre de demandeurs d’emploi et la baisse du taux de couverture.

Tableaux et graphiques

Figure 1Principales dépenses par administration publique en 2017

Principales dépenses par administration publique en 2017
Administrations publiques centrales Adm. publiques locales Adm. de sécurité sociale Adm. publiques1
Total dont État en Md€ 17/16 en % en Md€ 17/16 en % en Md€ 17/16 en %
en Md€ 17/16 en % en Md€ 17/16 en %
Ensemble des dépenses1 532,3 2,4 492,7 2,8 255,4 2,5 597,6 2,2 1 294,0 2,4
dont : consommations intermédiaires2 34,7 4,2 23,8 5,2 49,6 -1,9 27,5 -0,4 111,7 0,3
rémunérations des salariés 142,2 2,2 124,2 2,4 81,5 2,3 66,4 1,9 290,1 2,2
intérêts2 35,1 -2,4 34,7 -2,4 3,3 76,4 4,4 3,2 42,7 1,6
prestations sociales3 106,9 2,0 98,7 2,3 26,2 0,6 458,2 2,2 591,3 2,1
formation brute de capital fixe 27,4 -1,7 10,8 -6,0 43,3 7,2 6,8 -1,1 77,5 3,1
  • 1. Les transferts au sein d'un même secteur sont consolidés si bien que la somme des dépenses (ou des recettes) des secteurs est supérieure à celle des APU dans leur ensemble.
  • 2. Hors correction au titre des services d'intermédiation financière indirectement mesurés (Sifim) sur les intérêts versés.
  • 3. En espèces et en nature.
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

Figure 2Différents postes de dépenses des administrations publiques

en milliards d'euros
Différents postes de dépenses des administrations publiques (en milliards d'euros)
2016 2017
Dépenses de fonctionnement 406,2 412,9
Consommations intermédiaires 111,4 111,7
Rémunération des salariés 283,9 290,1
dont cotisations sociales imputées 42,9 43,0
Impôts sur la production 10,7 10,8
Revenus de la propriété autres que les intérêts 0,1 0,1
Impôts courants sur le revenu et le patrimoine 0,1 0,1
Intérêts 42,0 42,7
Prestations et autres transferts 738,1 758,7
Prestations sociales1 443,5 452,0
Transferts sociaux en nature2 135,9 139,4
Subventions 55,9 58,8
Transferts courants 79,2 77,9
Transferts en capital 23,6 30,7
Acquisitions nettes d'actifs non financiers3 77,6 79,8
Total des dépenses 1 263,9 1 294,0
  • 1. Autres que transferts sociaux en nature.
  • 2. Transferts de biens et services marchands.
  • 3. Dont FBCF : 77,5 milliards d'euros en 2017.
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

Figure 3Principales dépenses par administration publique en 2017

en milliards d'euros
Principales dépenses par administration publique en 2017 (en milliards d'euros)
Rémunérations des salariés Prestations sociales Conso. intermédiaires Intérêts FBCF Autres dépenses1
Adm. pub. centrales 142,2 106,9 34,7 35,1 27,4 186,0
Adm. pub. locales 81,5 26,2 49,6 3,3 43,3 51,4
Adm. pub. de sécurité sociale 66,4 458,2 27,5 4,4 6,8 34,4
  • 1. Dont transferts courants, transferts en capital et subventions.
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

Figure 3Principales dépenses par administration publique en 2017

  • 1. Dont transferts courants, transferts en capital et subventions.
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

Figure 4Dépenses des administrations publiques dans l'UE en 2017

en % du PIB
Dépenses des administrations publiques dans l'UE en 2017 (en % du PIB)
Dépenses des administrations publiques
France1 56,5
Finlande 53,7
Belgique 52,2
Danemark 51,9
Autriche 49,1
Suède 49,1
Italie 48,9
Grèce 48,0
Zone euro 47,1
Hongrie 46,5
Portugal 45,9
UE 45,8
Croatie 45,0
Allemagne 43,9
Slovénie 43,1
Luxembourg 42,9
Pays-Bas 42,6
Pologne 41,2
Espagne 41,0
Royaume-Uni 40,9
Slovaquie 40,4
Estonie 40,2
Rép. tchèque 38,8
Chypre 38,1
Lettonie 38,0
Malte 36,5
Bulgarie 35,2
Roumanie 33,4
Lituanie 33,3
Irlande 26,1
  • 1. Donnée France issue des comptes nationaux.
  • Source : Eurostat (extraction du 2 octobre 2018).

Figure 4Dépenses des administrations publiques dans l'UE en 2017

  • 1. Donnée France issue des comptes nationaux.
  • Source : Eurostat (extraction du 2 octobre 2018).

Figure 5Structure des dépenses publiques en 2017

en %
Structure des dépenses publiques en 2017 (en %)
Structure des dépenses publiques
Protection sociale 43,1
Santé 14,2
Services publics généraux 10,6
Affaires économiques 10,5
Enseignement 9,6
Autres 8,9
Défense 3,2
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

Figure 5Structure des dépenses publiques en 2017

  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

Avertissement

Sauf mention contraire, les données nationales se réfèrent à la France métropolitaine et aux cinq départements d’outre-mer (sauf mention contraire Mayotte est inclus dans les données de la France).

Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d’une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.

Les comparaisons internationales s’appuient en général sur les données issues d’organismes internationaux (Eurostat, ONU, etc.) qui peuvent diverger des sources produites par les instituts nationaux de statistiques, notamment pour l’Insee, pour les données françaises. En effet, ces organismes effectuent souvent des ajustements de champ ou de méthode, d’ampleur souvent réduite, afin de produire des données comparables d’un pays à l’autre.

Sauf précision contraire, les indicateurs relatifs à l’Union européenne (UE) figurant dans cet ouvrage portent sur l’UE à 28.

Définitions

Administrations de sécurité sociale : regroupent les hôpitaux et l’ensemble des régimes de Sécurité sociale (régimes généraux et régimes spéciaux) ainsi que les régimes de retraite complémentaire et l’assurance chômage.

Administrations publiques (APU) : ensemble des unités institutionnelles dont la fonction principale est de produire des services non marchands ou d'effectuer des opérations de redistribution du revenu et des richesses nationales. Elles tirent la majeure partie de leurs ressources de contributions obligatoires. Le secteur des administrations publiques comprend les administrations publiques centrales, les administrations publiques locales et les administrations de sécurité sociale.

Administrations publiques centrales : regroupent l’État et ses ministères ainsi que les organismes divers d’administration centrale (ODAC), catégorie qui regroupe ses agences tels que Météo France, Pôle emploi, les universités etc.

Administrations publiques locales : comprennent les collectivités locales et les organismes divers d'administration locale (Odal). Les collectivités locales regroupent  les collectivités territoriales à compétence générale (communes, départements et régions), les groupements de communes à fiscalité propre (communautés urbaines, communautés d'agglomération et communautés de communes), certaines activités des syndicats de communes. Les Odal regroupent principalement des établissements publics locaux (centres communaux d'action sociale, caisses des écoles, services départementaux d'incendie et de secours, etc…), les établissements publics locaux d'enseignement (collèges, lycées d'enseignement général et professionnel), les associations récréatives et culturelles financées majoritairement par les collectivités territoriales, les chambres consulaires (commerce et industrie, agriculture et métiers).

Cotisations sociales imputées : à la charge des employeurs, part des prestations sociales fournies directement par les employeurs à leurs salariés, anciens salariés et autres ayants droit qui n’est pas financée par des cotisations sociales effectives à la charge des salariés. Par exemple, des cotisations sociales sont imputées à l’État pour couvrir les pensions versées aux anciens fonctionnaires, car elles ne sont financées que très partiellement par les cotisations sociales effectives des fonctionnaires actifs.

Dépenses publiques : dépenses effectuées par l’État, les administrations de Sécurité sociale, les collectivités territoriales et les administrations et organismes qui leur sont rattachés. Elles peuvent être classées en trois grandes catégories :

-        les dépenses de fonctionnement, qui servent à la bonne marche des services publics (dépenses courantes de personnel et d’entretien, achats de fournitures...) ;

-        les dépenses de redistribution : prestations en espèces versées aux ménages (ex : pensions de retraite, allocations familiales, minima sociaux...), subventions versées aux entreprises et aux ménages ;

-        les dépenses d’investissement, qui visent à renouveler ou à accroître le capital productif public (ex : dépenses de recherche et développement, achats d'armements, constructions de bâtiments et d’infrastructures...).

Objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam) : la loi organique du 22 juillet 1996 a instauré le vote annuel d’un objectif national d’évolution des dépenses d’assurance maladie (Ondam). L’Ondam est réparti ensuite entre les grandes catégories de dépenses : établissements de santé, soins de ville, médico-social. La loi du 13 août 2004 a amélioré le suivi de l’exécution de l’Ondam en instaurant une procédure d’alerte devant conduire à des mesures de redressement en cas de risque sérieux de dépassement, supérieur à 0,75 point de l’objectif initial.

Prestations sociales (ou transferts sociaux) : les prestations sociales (ou transferts sociaux) sont des transferts versés (en espèces ou en nature) à des individus ou à des familles afin de réduire la charge financière que représente la protection contre divers risques. Elles sont associées à six grandes catégories de risques :

-        la vieillesse et la survie (pensions de retraite, pensions de réversion, prise en charge de la dépendance) ;

-        la santé (prise en charge totale ou partielle de frais liés à la maladie, à l'invalidité, aux accidents du travail et aux maladies professionnelles) ;

-        la maternité-famille (prestations familiales : prestations liées à la maternité, allocations familiales, aides pour la garde d'enfants) ;

-        la perte d'emploi (indemnisation du chômage) et les difficultés d'insertion ou de réinsertion professionnelle ;

-        les difficultés de logement (aides au logement) ;

-        la pauvreté et l'exclusion sociale (minima sociaux : revenu minimum d'insertion – RSA, minimum vieillesse, etc.).

Services d’intermédiation financière indirectement mesurés (Sifim) : part des services rendus par les intermédiaires financiers qui n'est pas facturée à la clientèle. Pour ces services, les intermédiaires financiers se rémunèrent en prenant une marge de taux d'intérêt sur les dépôts de leurs clients et sur les prêts (crédits) qu'ils leur accordent.