Tableaux de l'économie françaiseÉdition 2019

Les Tableaux de l'économie française s'adressent à tous ceux qui souhaitent disposer d'un aperçu rapide et actuel sur la situation économique, démographique et sociale de la France.

Insee Références
Paru le : Paru le 26/03/2019
Tableaux de l'Économie Française - mars 2019
Consulter
Sommaire

Électricité - Gaz naturel

Présentation

La production d’électricité en France métropolitaine est relativement stable depuis le milieu des années 2000, son niveau fluctuant principalement avec la disponibilité du parc nucléaire et l’activité des barrages hydrauliques. Nette de la consommation des auxiliaires et des pertes dans les transformateurs des centrales, elle s’établit à 538 TWh en 2017, en léger recul de 0,5 % par rapport à 2016. Le nucléaire représente 70 % de la production totale d’électricité en métropole, devant le thermique classique (13 %), l’hydraulique (10 %), l’éolien (5 %) et le photovoltaïque (2 %).

Après deux années de hausse, la consommation totale d’électricité - nette des pertes de transport et de distribution et de l’électricité absorbée par le pompage - recule de 0,6 % en 2017, pour s’élever à 452 TWh. Corrigée des variations climatiques , la consommation totale d’électricité recule légèrement entre 2016 et 2017. Depuis 2012, elle a baissé de 1,1 %.

La dépense d’électricité s’élève à 51 Md€ en 2017. Alors qu’elle progressait de 2,9 % par an en moyenne entre 2012 et 2016, elle se replie de 1,1 % en 2017, en raison du recul de la consommation et du prix moyen de l’électricité, mais reste plus élevée qu’au début de la décennie.

Le résidentiel représente 36 % de la consommation finale physique, devant le tertiaire (32 %), l’industrie (27 %), le transport (2 %) et l’agriculture (2 %). Comme le prix de l’électricité pour les ménages, tenant compte de coûts d’acheminement et de commercialisation différents, est en moyenne supérieur au prix payé par les entreprises, le résidentiel pèse encore davantage dans la dépense (52 %). À l’inverse, l’industrie, bénéficiant des prix les plus bas, ne représente que 15 % de cette dernière. Les entreprises tertiaires, dont les prix sont proches de la moyenne des consommateurs, acquittent 29 % de la dépense.

La consommation finale énergétique de gaz naturel décroît de 1,5 % en 2017, à 370 TWh. Corrigée des variations climatiques, elle progresse néanmoins de 1,5 % sur un an. Elle interrompt ainsi la tendance baissière de ces cinq dernières années. Le résidentiel représente 40 % de la consommation finale énergétique de gaz naturel, devant l’industrie (33 %) et le tertiaire (26 %).

Les importations françaises reposent à plus de 80 % sur des contrats de long terme négociés de gré à gré, principalement avec la Norvège, la Russie et l’Algérie. Les évolutions des prix sont très dépendantes des cours du pétrole, sur lesquels ils sont historiquement indexés. Après avoir atteint en cours d’année 2016 son plus bas niveau depuis le début de la décennie, le prix du gaz naturel remonte en 2017, tiré par les tensions sur le marché de l’électricité et la hausse des cours du charbon. Cette tendance à la hausse se poursuit au premier semestre 2018 et confirme le mouvement entamé fin 2017.

Tableaux et graphiques

Figure 1Production brute et consommation d'électricité

en TWh
Production brute et consommation d'électricité (en TWh)
1973 1985 2000 2017 17/16 en %
Production nationale 182 344 540 538 -0,5
   Hydraulique, éolien et photovoltaïque 48 64 72 89 -6,5
   Thermique nucléaire 15 224 415 379 -1,3
   Thermique classique 119 56 53 70 13,8
Solde des échanges -3 -23 -69 -40 -3,3
   Importations 5 6 4 21 6,2
   Exportations -8 -29 -73 -61 -0,3
Pompages 0 -2 -7 -7 5,7
Consommation des auxiliaires -8 -16 -24 -24 1,9
Consommation intérieure 171 303 440 467 -0,5
  • Champ : France ; France métropolitaine pour les années 2000 et antérieures.
  • Source : SDES.

Figure 2Production et consommation de gaz naturel

en TWh pouvoir calorifique supérieur
Production et consommation de gaz naturel (en TWh pouvoir calorifique supérieur)
1990 2000 2010 2017 17/16 en %
Production totale1 33 19 8 0 -21,4
Branche énergie2 3 29 49 117 115 10,9
Consommation finale énergétique3 292 398 381 381 1,5
   Industrie3 (y c. construction) 120 161 140 127 -2,6
   Résidentiel-tertiaire3 171 233 238 250 3,7
   Agriculture, transports et divers 2 4 3 4 3,9
Usage non énergétique 25 30 13 14 -4,9
Consommation totale 345 477 511 511 3,3
  • 1. Biométhane exclus.
  • 2. Consommation nette de gaz naturel de la branche énergie (y c. pertes et écart statistique).
  • 3. Corrigé des variations climatiques.
  • Champ : France ; France métropolitaine pour les années 2010 et antérieures.
  • Source : SDES.

Figure 3Consommation finale d'électricité par secteur

en TWh
Consommation finale d'électricité par secteur (en TWh)
1990 2000 2010 2017 17/16 en %
Résidentiel-tertiaire1 181 242 297 303 0,5
Industrie1 115 135 116 118 0,1
Transports 7 9 10 11 0,6
Agriculture 2 3 8 9 0,2
Total1 305 389 431 441 0,4
  • 1. Corrigée des variations climatiques.
  • Champ : France ; France métropolitaine pour les années 2010 et antérieures.
  • Source : SDES.

Figure 4Importations de gaz naturel par origine

en TWh pouvoir calorique supérieur
Importations de gaz naturel par origine (en TWh pouvoir calorique supérieur)
Norvège Russie Pays-Bas Algérie Autres1
1990 63,1 108,9 42,3 104,4 0,0
2000 140,3 133,6 55,5 112,9 28,8
2010 182,5 77,1 80,5 73,9 130,3
2015 244,9 66,4 62,4 44,6 90,7
2017 235,7 105,7 56,9 43,8 115,5
  • 1. Inclut les importations d'origine indéterminée (e.g. contrats à court terme).
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : SDES.

Figure 4Importations de gaz naturel par origine

  • 1. Inclut les importations d'origine indéterminée (e.g. contrats à court terme).
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : SDES.

Figure 5Production nette et consommation d'électricité dans quelques pays de l'OCDE en 2017

en TWh
Production nette et consommation d'électricité dans quelques pays de l'OCDE en 2017 (en TWh)
Production nette Consommation intérieure
Totale dont nucléaire dont hydraulique
Allemagne 620,4 72,2 25,7 559,7
Australie 247,2 /// 13,7 246,9
Autriche 67,7 /// 40,4 68,7
Belgique 83,0 40,1 1,4 87,5
Canada 655,3 93,8 390,6 592,3
Danemark 29,3 /// 0,0 33,8
Espagne 263,5 55,7 20,7 269,0
États-Unis 4 058,2 805,1 322,9 4 083,7
Finlande 65,0 21,6 14,6 85,5
France 530,8 379,5 53,7 483,5
Grèce 54,2 /// 4,0 60,3
Irlande 30,1 /// 0,9 29,0
Italie 283,8 /// 37,5 319,1
Japon 1 030,2 17,2 86,4 1 019,5
Luxembourg 2,2 /// 1,4 6,5
Mexique 305,0 10,5 29,6 305,3
Norvège 148,8 /// 142,6 132,2
Pays-Bas 111,8 3,2 0,1 115,4
Portugal 57,5 /// 7,4 52,6
Royaume-Uni 320,6 63,9 8,8 331,5
Suède 156,8 60,5 64,1 137,6
Suisse 61,5 19,5 36,7 62,9
  • /// : absence de résultat due à la nature des choses.
  • Note : données provisoires ou estimées.
  • Source : Agence internationale de l'énergie.

Figure 6Production et consommation de gaz naturel dans quelques pays de l'OCDE

en milliards de m3
Production et consommation de gaz naturel dans quelques pays de l'OCDE (en milliards de m3 )
Production Consommation
2016 (r) 2017 2016 (r) 2017
Allemagne 7,6 7,0 89,1 92,5
Australie 93,4 112,6 41,7 44,0
Autriche 1,2 1,3 8,7 9,5
Belgique /// /// 17,0 17,3
Canada 174,1 184,2 111,9 124,5
Danemark 4,5 4,8 3,2 3,1
Espagne 0,1 0,0 28,6 31,0
États-Unis 754,6 774,7 777,1 767,7
Finlande /// /// 2,5 2,3
France 0,0 0,1 42,7 42,9
Grèce /// /// 4,1 4,9
Irlande 3,0 3,4 5,1 5,3
Italie 5,8 5,5 70,9 75,2
Japon 4,2 4,7 122,3 121,4
Luxembourg /// /// 0,8 0,8
Mexique 41,2 36,2 64,5 54,6
Norvège 120,4 127,7 5,3 5,6
Pays-Bas 50,5 43,9 42,0 46,4
Portugal /// /// 5,1 6,2
Royaume-Uni 41,6 41,9 81,2 79,6
Suède /// /// 0,9 0,8
Suisse 0,0 0,0 3,6 3,6
  • r : données révisées.
  • /// : absence de résultat due à la nature des choses.
  • Source : Agence internationale de l'énergie.

Avertissement

Sauf mention contraire, les données nationales se réfèrent à la France métropolitaine et aux cinq départements d’outre-mer (sauf mention contraire Mayotte est inclus dans les données de la France).

Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d’une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.

Les comparaisons internationales s’appuient en général sur les données issues d’organismes internationaux (Eurostat, ONU, etc.) qui peuvent diverger des sources produites par les instituts nationaux de statistiques, notamment pour l’Insee, pour les données françaises. En effet, ces organismes effectuent souvent des ajustements de champ ou de méthode, d’ampleur souvent réduite, afin de produire des données comparables d’un pays à l’autre.

Sauf précision contraire, les indicateurs relatifs à l’Union européenne (UE) figurant dans cet ouvrage portent sur l’UE à 28.

Définitions

Consommation d’énergie corrigée des variations climatiques : la consommation d’énergie pour le chauffage est plus forte quand l’hiver est plus rigoureux. C’est une évidence qui ne présente pas un grand intérêt pour l’analyse dans la mesure où elle ne traduit pas un changement des comportements. Pour mieux analyser les évolutions, on calcule des consommations « corrigées des variations climatiques » (primaire et finale). C’est-à-dire qu’on évalue ce qu’aurait été la consommation si les températures avaient été conformes à la moyenne de référence 1986-2015. On obtient un résultat théorique, qui dépend de la méthode utilisée, et qui complète la consommation « réelle », celle qui est observée.

Consommation primaire d’énergie : agrégat des comptes de l’énergie qui se décompose en consommation interne de la branche énergie et en consommation finale totale. Cette dernière se décompose, elle-même, en consommation finale énergétique et en consommation non énergétique.

Consommation finale d’énergie : quantité d’énergie disponible pour l’utilisateur final. C’est la consommation primaire d’énergie, moins la consommation de la branche énergie (pertes de transformation, de transport et de distribution d’énergie, consommation propre des entreprises de la branche.). À l’intérieur de la consommation finale totale, on distingue la consommation finale non énergétique et la consommation finale énergétique, que l’on répartit entre les secteurs consommateurs (transports, sidérurgie, industrie, agriculture et résidentiel-tertiaire).

Consommation intérieure d’électricité : quantité d’énergie électrique mise à disposition de la consommation française. Cette énergie est soit consommée par les usagers, soit perdue dans les réseaux de transport et de distribution. Elle est également désignée par l’expression « énergie électrique appelée » et correspond à l’électricité qu’on injecte dans le réseau. Elle diffère légèrement de la consommation intérieure brute qui comprend les pompages et la consommation des auxiliaires.

Contrats d’importation de gaz naturel : historiquement les contrats d’importation de gaz naturel sont des contrats à long terme dont les prix sont indexés sur celui des produits pétroliers. Il existe également des marchés de court terme, dont les prix sont établis en fonction de l’offre et de la demande.

Électricité : vecteur d’énergie ayant de multiples usages. L’électricité peut être produite à partir de diverses sources primaires (nucléaire, combustibles fossiles ou renouvelables, géothermie, hydraulique, énergie éolienne, photovoltaïque etc.).

Pouvoir calorifique : quantité de chaleur dégagée par la combustion complète d’une unité de combustible. Le pouvoir calorifique supérieur (PCS) donne le dégagement maximal théorique de la chaleur lors de la combustion, y compris la chaleur de condensation de la vapeur d’eau produite. Le pouvoir calorifique inférieur (PCI) exclut cette chaleur de condensation de l’eau supposée restée à l’état de vapeur à l’issue de la combustion. En pratique, le rapport PCS/PCI est de l’ordre de 90 % pour le gaz naturel, de 91 % pour le gaz de pétrole liquéfié, de 92-93 % pour les autres produits pétroliers et de 95 % à 98 % pour les combustibles solides.

Production brute d’électricité : production mesurée aux bornes des groupes de centrales. Elle inclut par conséquent la consommation des services auxiliaires et les pertes dans les transformateurs des centrales.

Tonne équivalent pétrole (tep) : quantité d’énergie contenue dans une tonne de pétrole brut. Cette unité est utilisée pour exprimer dans une unité commune la valeur énergétique des diverses sources d’énergie. Selon les conventions internationales, une tonne-équivalent pétrole équivaut par exemple à 1 616 kg de houille, 1 069 m3 de gaz d’Algérie ou 954 kg d’essence moteur. Pour l’électricité, 1 tep vaut 11,63 MWh.

Unité de mesure d’énergie : les statistiques de production et de consommation d’énergie sont généralement exprimées en kilowatt-heure (1 kWh ou 103 Wh), en mégawatt-heure (1 MWh ou 103 kWh), en gigawatt-heure (1 GWh ou 106 kWh), en térawatt-heure (1 TWh ou 109 kWh).