Tableaux de l'économie françaiseÉdition 2019

Les Tableaux de l'économie française s'adressent à tous ceux qui souhaitent disposer d'un aperçu rapide et actuel sur la situation économique, démographique et sociale de la France.

Insee Références
Paru le : Paru le 26/03/2019
Tableaux de l'Économie Française - mars 2019
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Sommaire

Services marchands

Présentation

En 2017, la production dans les services marchands non financiers accélère (+ 3,5 % en volume après + 2,6 % en 2016). La valeur ajoutée , qui mesure la richesse créée par cette branche d’activité , croît également : + 3,7 % en volume, après + 2,4 % en 2016. Cette progression est la plus élevée depuis 2006. Le poids des services marchands non financiers dans l’économie se renforce de 0,6 point en 2017 pour atteindre 35,3 % de la valeur ajoutée totale.

Les services principalement orientés vers les entreprises sont le moteur le plus important de l’expansion (+ 1,6 point). La croissance est particulièrement vive dans les services liés à l’emploi, le conseil en gestion et les activités d’architecture-ingénierie. Malgré leur poids relativement modeste (15 %) les services d’information-communication, très florissants depuis 2014, contribuent à hauteur de + 1,0 point à la croissance de la valeur ajoutée des services. Enfin, les services principalement orientés vers les ménages, qui représentent la moitié de la valeur ajoutée des services marchands, soutiennent également davantage la croissance qu’en 2016 (+ 1,1 point après + 0,6), portés par la bonne tenue des activités immobilières et de l’hébergement-restauration.

En 2017, les services principalement marchands gagnent 227 000  emplois nets mesurés en équivalent temps plein (EQTP) , soit une hausse de 3,1 % après + 2,2 % en 2016.Avec 170 000 emplois supplémentaires, les activités spécialisées, scientifiques et techniques et les services administratifs et de soutien contribuent le plus à cette hausse.En particulier, l’emploi intérimaire, classé dans les activités de soutien indépendamment de l’activité des missions exercées, bat des records en 2017 : + 14,0 % en EQTP, selon la Dares.

En 2017, malgré le ralentissement du pouvoir d’achat, la consommation des ménages en services accélère (+ 2,0 % en volume, après + 1,7 %), contrairement à celle de biens. L’activité touristique repart à la hausse, ce qui favorise les activités récréatives, les agences de voyages et l’hébergement-restauration. L’attrait pour le camping et la restauration rapide est particulièrement vif. En 2017, la consommation en information-communication redémarre, portée par celle de logiciels et de télécommunications, tandis que l’édition papier continue à reculer. La consommation en activités juridiques accélère nettement. Enfin, la faveur des ménages pour la location (y compris la location-bail) d’automobiles et d’autres équipements ne cesse de se développer.

En 2017, les exportations de services marchands, hors tourisme, transports et activités financières, ralentissent. Elles progressent néanmoins davantage que les importations, qui sont stables. Ainsi, en 2017, l’excédent commercial s’améliore légèrement et atteint 8,2 milliards d’euros. La location-bail, les services informatiques, les activités administratives et de soutien contribuent le plus à cette embellie.

Tableaux et graphiques

Figure 1Offre et demande de services marchands

Offre et demande de services marchands
Taux de croissance en volume en % Taux de croissance du prix en % Valeur en milliards d'euros
2015 2016 2017 2015 2016 2017 2017
Production de services 2,0 2,6 3,5 0,7 0,7 0,4 1 222,4
Importations 14,6 1,0 -0,2 1,9 0,7 0,3 97,5
Demande intérieure 2,7 2,3 3,5 0,6 0,7 0,4 1 239,3
   dont : consommations intermédiaires 3,5 2,2 3,5 0,7 0,7 0,4 648,9
            consommation finale 1,0 1,6 2,0 0,5 0,6 0,5 428,8
               dont consom. finale des ménages 1,0 1,7 2,0 0,5 0,5 0,5 407,6
            formation brute de capital fixe 3,9 4,6 7,5 0,6 1,0 0,0 161,6
Exportations 8,1 5,5 1,5 2,2 0,7 0,4 105,8
  • Lecture : en 2017, la production des services marchands s'élève à 1 222,4 milliards d'euros, elle progresse de 3,5 % en volume et de 0,4 % en prix.
  • Note : il s'agit de la production du produit « Services » et non de celle de la branche « Services ».
  • Source : Insee, comptes des services, base 2014.

Figure 2Caractéristiques des services principalement marchands par activité en 2016

Caractéristiques des services principalement marchands par activité en 2016
Nombre d'entreprises Salariés en EQTP1 Chiffre d'affaires HT Valeur ajoutée HT Frais de personnel2 Exportations Investissements corporels bruts hors apports
en milliers en milliards d'euros
Hébergement et restauration 270,8 829,1 96,0 40,2 31,3 2,0 8,1
Information et communication 133,8 718,6 185,0 86,5 56,3 28,8 11,1
Activités immobilières 275,4 204,6 86,4 49,0 13,3 1,0 41,8
Activités spécialisées, scientifiques et techniques 481,9 933,4 208,5 97,4 77,6 39,1 7,1
Activités de services administratifs et de soutien 213,0 951,6 149,1 79,9 62,4 12,1 19,3
Autres activités de services3 444,3 317,0 59,3 21,9 14,9 1,9 4,2
Total 1 819,1 3 954,4 784,3 375,0 255,7 84,8 91,7
  • 1. Équivalent temps plein.
  • 2. Salaires et charges.
  • 3. Y c. associations.
  • Champ : France, unités légales et entreprises profilées des services principalement marchands non financiers.
  • Source : Insee, Ésane.

Figure 3Évolution de la production des services marchands non financiers en 2017

par rapport à l'année précédente en volume en %
Évolution de la production des services marchands non financiers en 2017 (par rapport à l'année précédente en volume en %)
Évolution annuelle en volume
Information et communication 5,9
Hébergement et restauration 4,7
Activités de services administratifs et de soutien 4,5
Arts, spectacles et activités récréatives marchands 3,8
Activités spécialisées, scientifiques et techniques 3,5
Autres activités de services hors associations 2,0
Activités immobilières 1,1
  • Note : production de la branche « Services ».
  • Source : Insee, comptes des services, base 2014.

Figure 3Évolution de la production des services marchands non financiers en 2017

  • Note : production de la branche « Services ».
  • Source : Insee, comptes des services, base 2014.

Figure 4Commerce extérieur des services marchands non financiers

en millions d'euros
Commerce extérieur des services marchands non financiers (en millions d'euros) - Lecture : en 2017, les importations de services s'élèvent à 97,5 milliards d'euros. L'excédent commercial sur les services s'élève à 8,2 milliards d'euros.
2013 2014 2015 2016 2017
Exportations 78 363 88 554 97 804 103 878 105 775
Importations 71 505 82 028 95 804 97 439 97 534
Solde 6 858 6 526 2 000 6 439 8 241
  • Lecture : en 2017, les importations de services s'élèvent à 97,5 milliards d'euros. L'excédent commercial sur les services s'élève à 8,2 milliards d'euros.
  • Source : Insee, comptes des services, base 2014.

Figure 5Chiffre d'affaires des services selon le secteur d'activité dans quelques pays de l'UE en 2016

en milliards d'euros
Chiffre d'affaires des services selon le secteur d'activité dans quelques pays de l'UE en 2016 (en milliards d'euros)
Hébergement et restauration Information et communication Activités immobilières Activités spécialisées scientifiques et techniques Activités de services administratifs et de soutien Total
Royaume-Uni 113,5 279,2 66,6 344,7 268,3 1072,3
Allemagne 88,9 265,6 131,4 313,7 210,4 1010,0
France 96,0 185,0 86,4 208,5 149,1 724,9
Italie 79,5 105,9 39,1 110,8 87,3 422,7
Espagne 66,6 79,8 25,7 85,9 69,4 327,4
Pays-Bas 24,2 65,0 27,8 84,1 70,2 271,2
Suède 16,0 60,4 35,6 53,2 29,0 194,2
Belgique 15,3 35,0 13,5 63,1 40,0 167,0
Autriche 19,2 22,5 17,8 32,7 23,2 115,4
Pologne 8,5 31,1 16,7 30,3 17,2 103,7
Danemark 8,0 23,2 16,3 28,3 16,1 91,8
  • Source : Eurostat (extraction du 1er octobre 2018).

Avertissement

Sauf mention contraire, les données nationales se réfèrent à la France métropolitaine et aux cinq départements d’outre-mer (sauf mention contraire Mayotte est inclus dans les données de la France).

Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d’une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.

Les comparaisons internationales s’appuient en général sur les données issues d’organismes internationaux (Eurostat, ONU, etc.) qui peuvent diverger des sources produites par les instituts nationaux de statistiques, notamment pour l’Insee, pour les données françaises. En effet, ces organismes effectuent souvent des ajustements de champ ou de méthode, d’ampleur souvent réduite, afin de produire des données comparables d’un pays à l’autre.

Sauf précision contraire, les indicateurs relatifs à l’Union européenne (UE) figurant dans cet ouvrage portent sur l’UE à 28.

Définitions

Branche d’activité : regroupe des unités de production homogènes, c’est-à-dire qui fabriquent des produits (ou produisent des services) qui appartiennent au même item de la nomenclature d’activité économique considérée. Au contraire, un secteur regroupe des entreprises classées selon leur activité principale.

Emploi en équivalent temps plein (EQTP) : l’emploi peut se mesurer en nombre de personnes ayant travaillé, même pendant une durée limitée. On peut aussi mesurer les emplois en équivalent temps plein (EQTP). Chaque poste est pris en compte au prorata de son volume horaire de travail rapporté à celui d’un poste à temps complet. Par exemple, un salarié ayant occupé un poste donné durant six mois à 80 % compte pour 0,4 (=0,5*0,8) en EQTP.

Entreprise : plus petite combinaison d’unités légales qui constitue une unité organisationnelle de production de biens et de services jouissant d’une certaine autonomie de décision, notamment pour l’affectation de ses ressources courantes.

Ésane (Élaboration des statistiques annuelles d’entreprise) : dispositif qui combine des données administratives (obtenues à partir des déclarations annuelles de bénéfices que font les entreprises à l'administration fiscale et à partir des données annuelles de données sociales qui fournissent des informations sur les salariés) et des données obtenues à partir d'un échantillon d'entreprises enquêtées par un questionnaire spécifique pour produire des statistiques structurelles d'entreprises. Mis en place en 2009 sur l’exercice 2008, ce dispositif remplace le précédent système composé de deux dispositifs avec les enquêtes annuelles d'entreprise (EAE) et le système unifié de statistiques d'entreprises (SUSE) s'appuyant sur les déclarations fiscales, en les unifiant.

Profiler : profiler un groupe de sociétés consiste à définir la structure d'observation statistique du groupe qui paraît la mieux appropriée pour une observation de l'activité économique qui se situe dans la sphère « réelle ». Il s'agit de définir des unités statistiques intermédiaires, éventuellement différentes du groupe, qui peuvent être les « divisions opérationnelles » du groupe, ou des sous-groupes, ou des découpages ad hoc définis alors en collaboration avec le groupe lui-même. Cette opération, appelée «profilage» (terme traduit de l'anglais « profiling »), se justifie dans le cas de grands groupes présents dans plusieurs domaines d'activité. Les unités ainsi définies, restreintes au territoire économique français dans le cas d'un groupe multinational, seront appelées entreprises issues du profilage ou par abus de langage « entreprises profilées », et constituent des entreprises. Les opérations de profilage des groupes français s'étaleront sur plusieurs années. Les grands groupes seront profilés en étroite coopération avec les groupes eux-mêmes. En règle générale, la structure d'observation définie correspondra aux grands métiers du groupe qui définiront alors autant d'unités statistiques. Celles-ci réuniront généralement plusieurs sociétés du groupe. Les quelques expériences déjà conduites indiquent que ces unités peuvent réunir de une à quelques centaines de sociétés. Un petit groupe sera considéré comme définissant une seule entreprise.

Unité légale : entité juridique de droit public ou privé. Cette entité juridique peut être une personne morale, dont l’existence est reconnue par la loi indépendamment des personnes ou des institutions qui la possèdent ou qui en sont membres ou une personne physique, qui, en tant qu’indépendant, peut exercer une activité économique. Elle est obligatoirement déclarée aux administrations compétentes (Greffes des tribunaux, sécurité sociale, DGFiP, etc) pour exister. L’existence d’une telle unité dépend du choix des propriétaires ou de ses créateurs (pour des raisons organisationnelles, juridiques ou fiscales). L’unité légale est l’unité principale enregistrée dans Sirene. Cette définition de l’unité légale ne doit pas être confondue avec celle de l’entreprise, considérée comme unité statistique.

Services marchands : services vendus, par une unité, à des prix économiquement significatifs (en grande partie ou en totalité). En toute rigueur, il faudrait parler de services principalement marchands car pour certaines activités coexistent des parties marchandes et non-marchandes ; certains services sont considérés comme toujours marchands (les transports par exemple), d'autres comme toujours non marchands (l’administration générale par exemple).

Valeur ajoutée : solde du compte de production. Elle est égale à la valeur de la production diminuée de la consommation intermédiaire.