Tableaux de l'économie françaiseÉdition 2019

Les Tableaux de l'économie française s'adressent à tous ceux qui souhaitent disposer d'un aperçu rapide et actuel sur la situation économique, démographique et sociale de la France.

Insee Références
Paru le : Paru le 26/03/2019
Tableaux de l'Économie Française - mars 2019
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Sommaire

Durée et organisation du temps de travail

Présentation

Entre 1950 et 2017, la durée annuelle du travail de l’ensemble des salariés a diminué de 22 % en France. Jusqu’au milieu des années 1960, cette durée a peu varié, et c’est à partir de 1965 et jusqu’en 1982 qu’une part importante de la baisse intervient, en grande partie en raison de réductions collectives (4e semaine de congés payés en 1968, 5e semaine et 39 h en 1981). La durée du travail s’est à nouveau repliée dans les années 1990 avec l’accroissement du temps partiel puis avec le passage à 35 h, avant de se stabiliser à partir de 2002.

Représentant à peine plus d’un emploi sur vingt à la fin des années 1960, le travail à temps partiel concerne un emploi sur dix à partir de 1983 et près d’un emploi sur cinq en 2017. Le taux de temps partiel en France (19 % en 2017) est proche de la moyenne de l’Union européenne (20 %) mais en deçà de celui du Royaume-Uni (27 %), de l’Allemagne (28 %) ou des Pays-Bas, qui culmine à 51 %. Comme dans l’ensemble de l’Europe, le travail à temps partiel est majoritairement féminin en France. Parmi les salariés hors apprentis, il concerne 31 % des femmes contre 8 % des hommes. Dans une forte proportion (44 %), le temps partiel est « subi » et constitue une composante du sous-emploi . Les emplois à temps partiel sont souvent occupés aussi par les jeunes, les seniors et les salariés peu qualifiés et faiblement diplômés.

Certaines personnes en activité, qu’elles soient à temps complet ou à temps partiel, pratiquent des horaires de travail atypiques . En 2017, le travail du samedi est le plus fréquemment cité (35 % des salariés), suivi du travail du soir (23 % des salariés). La proportion des non-salariés travaillant le week-end et ayant des horaires tardifs ou variables d’une semaine à l’autre est supérieure à celle des salariés. Parmi les salariés, les cadres déclarent travailler chez eux et le soir plus souvent que la moyenne. Les employés, quant à eux, travaillent en forte proportion le samedi (46 %) et à un degré moindre le dimanche (25 %). Les ouvriers sont, pour leur part, plus concernés que la moyenne par le travail de nuit (13 %) et les horaires alternés (15 %). Les horaires atypiques concernent principalement les professions qui assurent la continuité de la vie sociale, la permanence des services de soins et la sécurité des personnes. Par ailleurs, les femmes et les hommes n’exerçant pas les mêmes professions, ils ne subissent pas les mêmes contraintes d’horaires. Ainsi, les hommes employés (policiers, pompiers, agents de sécurité, etc.) déclarent plus souvent travailler en fin de semaine que les femmes employées (agents de services hospitaliers, aides soignantes, etc.).

En 2017, sur une fenêtre d’observation d’un mois, 21 % des personnes ayant un emploi ont travaillé au moins un dimanche : 19 % des salariés et 37 % des non-salariés. Les salariés travaillant le dimanche sont presque toujours concernés par le travail du samedi et souvent par les horaires tardifs ou variables.

Tableaux et graphiques

Figure 1Horaires de travail atypiques et organisation du travail en 2017

en %
Horaires de travail atypiques et organisation du travail en 2017 (en %)
Travail1 Horaires habituels alternés5 Horaires habituels variables d'une semaine à l'autre
le soir2 la nuit3 le samedi le dimanche au domicile4
Catégorie socioprofessionnelle
Cadres et professions intellectuelles supérieures 34 7 30 19 38 1 19
Professions intermédiaires 24 8 32 18 18 5 17
Employés 19 8 46 25 3 5 22
Ouvriers 20 13 29 12 1 15 14
Selon la durée du travail
Temps complet 25 10 35 19 14 7 17
Temps partiel 18 5 37 20 10 3 23
Ensemble des salariés 23 9 35 19 13 7 18
Ensemble des non-salariés 41 10 69 37 41 0 37
  • 1. Au moins une fois au cours des 4 semaines précédant l’enquête Emploi.
  • 2. Entre 20 heures et minuit.
  • 3. Entre minuit et 5 heures.
  • 4. S'il n'est pas le lieu de travail.
  • 5. 2x8, 3x8, équipe, etc.
  • Champ : France hors Mayotte, personnes ayant un emploi, âgées de 15 ans ou plus à la date de l’enquête Emploi.
  • Lecture : 19 % des salariés travaillent au moins un dimanche sur une période de 4 semaines au cours de l’année 2017.
  • Source : Insee, enquête Emploi.

Figure 2Temps partiel des salariés (hors apprentis) selon le sexe en 2017

en %
Temps partiel des salariés (hors apprentis) selon le sexe en 2017 (en %)
Femmes Hommes Ensemble
Actifs salariés (en milliers) 11 692 11 678 23 369
Salariés à temps complet 69,4 92,0 80,7
Salariés à temps partiel 30,6 8,0 19,3
     moins de 15 heures 4,8 1,3 3,0
     de 15 à 29 heures 16,1 4,4 10,3
     30 heures ou plus 9,3 1,7 5,5
     non renseigné 0,4 0,6 0,5
  • Champ : France hors Mayotte, population des ménages, personnes de 15 ans ou plus ayant un emploi salarié, hors contrats d'apprentissage.
  • Source : Insee, enquête Emploi.

Figure 3Durée annuelle du travail des salariés entre 1950 et 2017

en heures annuelles par salarié
Durée annuelle du travail des salariés entre 1950 et 2017 (en heures annuelles par salarié)
Ensemble
1950 1 823
1951 1 858
1952 1 839
1953 1 825
1954 1 844
1955 1 844
1956 1 816
1957 1 809
1958 1 803
1959 1 807
1960 1 826
1961 1 817
1962 1 836
1963 1 831
1964 1 847
1965 1 842
1966 1 843
1967 1 818
1968 1 798
1969 1 748
1970 1 739
1971 1 743
1972 1 704
1973 1 696
1974 1 673
1975 1 653
1976 1 682
1977 1 651
1978 1 625
1979 1 625
1980 1 621
1981 1 604
1982 1 533
1983 1 516
1984 1 511
1985 1 485
1986 1 483
1987 1 497
1988 1 508
1989 1 497
1990 1 498
1991 1 488
1992 1 491
1993 1 485
1994 1 484
1995 1 466
1996 1 463
1997 1 460
1998 1 452
1999 1 450
2000 1 430
2001 1 415
2002 1 387
2003 1 391
2004 1 414
2005 1 416
2006 1 400
2007 1 424
2008 1 433
2009 1 419
2010 1 428
2011 1 435
2012 1 429
2013 1 417
2014 1 412
2015 1 412
2016 1 420
2017 1 420
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

Figure 3Durée annuelle du travail des salariés entre 1950 et 2017

  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

Figure 4Sous-emploi selon le sexe et l'âge en 2017

Sous-emploi selon le sexe et l'âge en 2017
15-24 ans 25-49 ans 50 ansou plus Femmes Hommes Ensemble
Nombre de personnes en sous-emploi (en milliers) 248 947 454 1 155 493 1 648
Part du sous-emploi (en %) 11,5 5,7 5,6 8,9 3,5 6,1
  • Champ : France hors Mayotte, population des ménages, personnes en emploi de 15 ans ou plus.
  • Lecture : en 2017, 493 000 hommes sont en sous-emploi, soit 3,5 % des hommes en emploi âgés de 15 ans ou plus.
  • Source : Insee, enquête Emploi.

Figure 5Durée du travail hebdomadaire et temps partiel dans l'UE en 2017

Durée du travail hebdomadaire et temps partiel dans l'UE en 2017
Durée habituelle hebdomadaire en heures1 Salariés à temps partiel en % de l'emploi total
Non salariés Salariés Femmes Hommes Ensemble
Allemagne 48,2 40,3 47,3 11,6 28,2
Autriche 52,0 41,3 47,7 11,9 28,7
Belgique 53,6 39,1 41,4 10,8 24,9
Bulgarie 43,5 40,9 2,7 2,2 2,4
Chypre 46,1 41,6 16,1 10,1 13,0
Croatie 44,1 40,4 6,9 4,6 5,6
Danemark 47,3 37,8 36,0 17,5 26,3
Espagne 47,8 39,8 24,2 7,3 15,0
Estonie 42,6 40,3 15,0 6,8 10,8
Finlande 46,6 39,3 21,6 11,8 16,5
France 50,5 39,1 30,0 8,3 18,8
Grèce 50,7 41,0 14,1 6,8 9,8
Hongrie 42,1 40,5 6,9 3,1 4,8
Irlande 49,5 39,2 31,9 11,8 21,0
Italie 46,2 39,0 32,5 8,7 18,7
Lettonie 41,2 40,3 11,6 5,3 8,5
Lituanie 40,7 39,8 10,6 6,5 8,6
Luxembourg 47,1 40,5 35,4 6,7 19,9
Malte 46,7 40,6 25,1 7,6 14,6
Pays-Bas 48,4 39,0 76,0 28,8 50,7
Pologne 46,2 40,9 10,8 4,5 7,3
Portugal 48,9 41,0 13,4 9,2 11,3
Rép. tchèque 46,3 40,7 12,2 3,5 7,3
Roumanie 38,8 40,6 8,3 7,5 7,9
Royaume-Uni 45,8 42,1 41,5 13,1 26,5
Slovaquie 45,3 40,5 8,5 4,3 6,2
Slovénie 45,3 40,9 15,1 7,7 11,1
Suède 47,4 39,9 35,7 15,5 25,1
UE 47,1 40,2 32,4 10,0 20,3
  • 1. Personnes travaillant à temps complet.
  • Champ : population de 15 ans ou plus.
  • Source : Eurostat (extraction du 9 octobre 2018).

Figure 6Heures supplémentaires déclarées par salarié entre 2006 et 2017

en nombre moyen d'heures par trimestre
Heures supplémentaires déclarées par salarié entre 2006 et 2017 (en nombre moyen d'heures par trimestre)
Ensemble Salariés avec durée du travail à 35 heures Salariés avec durée du travail supérieure à 35 heures
T1 2006 5,9 3,5 15,6
T2 2006 6,2 3,7 16,5
T3 2006 6,1 3,7 16,1
T4 2006 6,9 4,4 16,8
T1 2007 6,3 3,8 16,7
T2 2007 6,9 4,2 18,0
T3 2007 7,0 4,2 18,3
T4 2007 9,1 5,3 24,6
T1 2008 9,0 5,2 25,1
T2 2008 9,5 5,6 26,0
T3 2008 9,6 5,7 26,2
T4 2008 10,4 6,2 28,3
T1 2009 9,2 5,4 25,6
T2 2009 9,4 5,5 26,4
T3 2009 9,4 5,5 26,9
T4 2009 10,5 6,5 28,7
T1 2010 9,6 5,8 27,1
T2 2010 10,2 6,4 28,0
T3 2010 10,2 6,4 28,0
T4 2010 11,3 7,0 30,2
T1 2011 10,6 6,5 28,6
T2 2011 11,0 7,0 29,0
T3 2011 10,7 6,7 28,2
T4 2011 11,3 7,2 29,5
T1 2012 10,5 6,6 27,7
T2 2012 10,8 6,7 28,7
T3 2012 10,2 6,3 27,8
T4 2012 10,6 6,4 27,8
T1 2013 9,7 5,7 26,9
T2 2013 10,1 6,0 27,5
T3 2013 10,1 6,0 27,6
T4 2013 10,6 6,3 28,6
T1 2014 9,9 6,0 26,7
T2 2014 10,0 6,0 26,9
T3 2014 10,0 6,1 26,8
T4 2014 10,5 6,5 27,1
T1 2015 9,8 6,0 25,6
T2 2015 10,1 6,1 26,3
T3 2015 10,1 6,1 26,7
T4 2015 10,8 6,7 27,3
T1 2016 9,9 5,9 25,5
T2 2016 9,8 6,1 24,2
T3 2016 9,9 6,1 25,2
T4 2016 10,2 6,5 24,1
T1 2017 9,9 6,1 24,3
T2 2017 10,3 6,3 25,4
T3 2017 10,4 6,3 25,7
T4 2017 10,9 6,8 26,3
  • Champ : France métropolitaine, salariés à temps complet dans des entreprises de dix salariés ou plus des secteurs concurrentiels.
  • Source : Dares, enquêtes Acemo.

Figure 6Heures supplémentaires déclarées par salarié entre 2006 et 2017

  • Champ : France métropolitaine, salariés à temps complet dans des entreprises de dix salariés ou plus des secteurs concurrentiels.
  • Source : Dares, enquêtes Acemo.

Avertissement

Sauf mention contraire, les données nationales se réfèrent à la France métropolitaine et aux cinq départements d’outre-mer (sauf mention contraire Mayotte est inclus dans les données de la France).

Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d’une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.

Les comparaisons internationales s’appuient en général sur les données issues d’organismes internationaux (Eurostat, ONU, etc.) qui peuvent diverger des sources produites par les instituts nationaux de statistiques, notamment pour l’Insee, pour les données françaises. En effet, ces organismes effectuent souvent des ajustements de champ ou de méthode, d’ampleur souvent réduite, afin de produire des données comparables d’un pays à l’autre.

Sauf précision contraire, les indicateurs relatifs à l’Union européenne (UE) figurant dans cet ouvrage portent sur l’UE à 28.

Définitions

Durée annuelle du travail des salariés : temps de travail réellement effectué par les salariés au cours de l’année. Elle est calculée au niveau de la branche. Elle tient compte de la durée hebdomadaire théorique d'un temps complet, du nombre de semaines dans l'année et des corrections suivantes : travail à temps partiel, congés, chômage partiel, arrêts maladie, maternité et accidents du travail, grèves et heures supplémentaires dès lors que celles-ci sont déclarées et payées par l'employeur.

Durée collective hebdomadaire du travail : mesure l'horaire collectif de travail, commun à un groupe de salariés tel qu'il est affiché sur leur lieu de travail. Mesurée par enquête auprès des entreprises, elle ne s'applique qu'aux salariés à temps complet, la durée du travail des salariés à temps partiel étant fixée par le contrat de travail.

Durée légale du travail : fixée à 35 heures hebdomadaires ou 1 607 heures annuelles depuis le 1er janvier 2002 pour toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, c’est une durée de référence, un seuil au-delà duquel sont calculées les heures supplémentaires et en deçà, le chômage partiel. Il ne s’agit ni d’une durée minimale (les salariés peuvent être employés à temps partiel), ni d’un maximum : des heures supplémentaires peuvent être accomplies dans le respect des durées maximales au-delà desquelles aucun travail ne peut-être demandé. La durée habituelle hebdomadaire du travail s’applique à une semaine normale sans événement exceptionnel (jour férié, congé, etc.) : elle inclut donc toutes les heures habituellement effectuées y c. les heures supplémentaires régulières, rémunérées ou non. La durée annuelle rémunérée des salariés cumule durée collective, heures supplémentaires rémunérées et congés payés.

Horaires de travail atypiques : s’opposent aux horaires en journées standardisées (c’est-à-dire matin et après-midi, du lundi au vendredi). Dans l’enquête Emploi de l’Insee, les personnes déclarant avoir travaillé le samedi, le dimanche, le soir (entre 20h et minuit) ou la nuit (entre minuit et 5h), au moins une fois au cours des quatre semaines précédant l’interrogation, sont considérées comme ayant des horaires atypiques.

Sous-emploi : personnes actives occupées au sens du BIT qui :

-        soit travaillent à temps partiel, souhaitent travailler davantage, et sont disponibles pour le faire, qu'elles recherchent activement un emploi ou non ;

-        soit travaillent à temps partiel (et sont dans une situation autre que celle décrite ci-dessus) ou à temps complet, mais ont travaillé moins que d'habitude pendant la semaine de référence en raison de chômage partiel ou mauvais temps.

Temps partiel : temps de travail inférieur à la durée légale du travail ou à la durée conventionnelle si celle-ci est inférieure. Il doit obligatoirement faire l’objet d’un contrat de travail écrit. Le travail à temps partiel peut-être mis en place sur l’initiative de l’employeur ou du salarié.