Tableaux de l'économie françaiseÉdition 2019

Les Tableaux de l'économie française s'adressent à tous ceux qui souhaitent disposer d'un aperçu rapide et actuel sur la situation économique, démographique et sociale de la France.

Insee Références
Paru le : Paru le 26/03/2019
Tableaux de l'Économie Française - mars 2019
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Sommaire

Production et valeur ajoutée agricoles

Présentation

Selon les comptes prévisionnels, la production de la branche agricole en valeur progresse de 4,7 % en 2018 et retrouve les niveaux antérieurs à la forte baisse de 2016. La production végétale tire la croissance, tandis que la production animale décroît.

La production végétale augmente en volume (+ 2,2 %). Cette hausse provient essentiellement du vin, dont la production bondit de 28,5 %, après un recul à un faible niveau en 2017. Toutes les autres productions végétales sont orientées à la baisse en volume. Les conditions climatiques, en particulier la sécheresse estivale, ont eu un impact négatif sur les rendements des céréales et des plantes industrielles et fourragères. En revanche, le prix de la production végétale se redresse nettement, après une baisse en 2017. L’essentiel de cette évolution provient des céréales (+ 17,6 %), des légumes (+ 9,7 %) et des pommes de terre (+ 45,0 %). Pour certaines cultures, comme les céréales, ce dynamisme des prix s’explique par un déséquilibre de l’offre et de la demande au niveau mondial : la production se replie alors que la demande reste soutenue. La hausse du prix de la pomme de terre, traditionnellement soumis à de fortes variations annuelles, fait plus que compenser la forte baisse de 2017.

La production animale est stable en volume. Pour le bétail, elle fléchit, notamment pour les veaux (– 4,5 %) et les ovins et caprins (– 1,5 %). La production d’œufs recule (– 3,4 %) et la collecte de lait varie peu. La production de volailles se redresse de 6,4 %, après une année 2017 marquée par l’épizootie d’influenza aviaire. Après une augmentation en 2017, le prix de la production animale (hors subventions) diminue en 2018 à cause de la chute du prix du porc (– 12,4 %). Pour celui-ci, après deux ans de hausse soutenue (+ 6,6 % en 2017 et + 3,0 % en 2016), le retournement de tendance, perceptible dès la fin de l’année 2017, se confirme. Le prix du lait se stabilise après la forte remontée de 2017 (+ 11,1 %). Celui des œufs baisse après la flambée de 2017 liée à la crise du Fipronil.

En 2018, les consommations intermédiaires de la branche agricole s’accroîtraient de 1,7 % en valeur. Après quatre années de baisse, les charges repartent ainsi à la hausse. L’augmentation du prix des achats s’explique essentiellement par la remontée des prix de l’énergie, en particulier des carburants fossiles. Le rebond des volumes est principalement dû à celui de la consommation d’engrais et d’amendements. Comme les charges s’accroissent moins que la production, la valeur ajoutée de la branche agricole progresserait nettement. L’emploi agricole continue par ailleurs à décroître. Au total, d’après les estimations du compte prévisionnel de l’agriculture, la valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif augmenterait de 6,7 % en 2018 en termes réels , après une hausse de 8,6 % en 2017.

Tableaux et graphiques

Figure 1Volume de production végétale et effectifs d'animaux

Volume de production végétale et effectifs d'animaux
1990 2000 2010 2017
Production végétale (en millions de tonnes)
Céréales 55,1 65,6 65,5 68,6
   dont : blé tendre 31,4 35,7 35,5 36,6
             maïs (grain et semence) 9,4 16,0 14,1 14,5
Oléagineux 4,6 5,5 6,6 7,4
Protéagineux 3,7 2,1 1,6 1,0
Betteraves industrielles et canne à sucre 31,6 31,1 34,8 49,2
Légumes frais, melons ou fraises 6,0 6,7 6,0 6,1
Pommes de terre 4,7 6,5 6,6 8,5
Effectifs animaux (en millions de têtes)
Espèce bovine 21,4 21,3 19,6 19,0
Espèce porcine 12,3 15,0 14,3 12,9
Espèce ovine 11,4 9,5 8,0 6,9
Espèce caprine 1,2 1,2 1,4 1,3
Ensemble Gallus1 198,4 205,3 222,0 244,8
  • 1. Gallus : poules pondeuses d’œufs à couver et d’œufs de consommation, poulettes, poulets de chair.
  • Champ : France métropolitaine pour les années 1990 et 2000, France hors Mayotte pour l'année 2010 et y c. Mayotte en 2017.
  • Source : SSP, Agreste, Statistique agricole annuelle.

Figure 2Production et valeur ajoutée de l'agriculture

Production et valeur ajoutée de l'agriculture
2018 en Md€ 18/17 en %
Volume Prix Valeur
Production hors subventions 75,2 1,3 3,4 4,7
   Produits végétaux 44,8 2,2 6,5 8,9
      Céréales 10,1 -8,9 17,6 7,1
      Oléagineux, protéagineux 2,4 -11,9 -1,9 -13,6
      Autres plantes industrielles1, y c. betteraves 1,4 -10,9 -4,7 -15,1
      Fourrages, plantes, fleurs 7,5 -6,4 -0,3 -6,7
      Légumes et pommes de terre 5,9 -4,8 24,1 18,1
      Fruits 2,9 -6,5 5,0 -1,8
      Vins 14,5 28,5 0,6 29,3
   Produits animaux 25,6 0,0 -1,2 -1,2
      Bétail2 10,9 -0,9 -2,7 -3,6
      Volailles, œufs 4,8 3,1 -1,9 1,2
      Lait et autres produits de l'élevage 10,0 -0,3 0,7 0,4
   Services3 4,8 0,0 1,2 1,2
Subventions sur les produits 1,1 -2,2 -1,4 -3,5
Production au prix de base 76,3 1,2 3,3 4,6
Consommations intermédiaires 44,2 0,3 1,3 1,7
   dont achats 37,6 0,2 1,4 1,6
Valeur ajoutée brute 32,1 2,5 6,2 8,9
  • 1. Betteraves industrielles, tabac, lin textile, houblon, canne à sucre, etc.
  • 2. Bovins, porcins, ovins, caprins, équidés.
  • 3. Production des entreprises de travaux agricoles, des coopératives d'utilisation de matériel agricole, services entre agriculteurs, agritourisme, etc.
  • Note : données arrêtées en novembre 2018.
  • Source : Insee, comptes prévisionnels de l'agriculture, base 2014.

Figure 3Production de vin, jus et moûts

Production de vin, jus et moûts
2016 2017 17/16 en %
Superficie de production (en milliers d'hectares)
Récolte AOP1 519,0 522,3 0,6
   Vin doux naturel2 7,9 7,5 -5,5
   Vin pour eaux-de-vie 75,7 76,3 0,8
   Autres vins AOP 435,3 438,6 0,7
Vin IGP3 193,6 194,7 0,6
Autres vins4 33,4 28,2 -15,6
Total vins 746,0 745,2 -0,1
Production de vin (en millions d'hectolitres)
Récolte AOP1 29,0 24,4 -15,7
   Vin doux naturel2 0,1 0,1 5,3
   Vin pour eaux-de-vie 7,7 6,8 -11,9
   Autres vins AOP 21,1 17,5 -17,3
Vin IGP3 12,8 10,3 -20,0
Autres vins4 3,7 2,1 -42,1
Total vins 45,5 36,8 -19,1
  • 1. Appellation d'origine protégée.
  • 2. Vins doux naturels ; vins de liqueur remplissant certaines conditions particulières.
  • 3. Indication géographique protégée.
  • 4. Comprend la récolte en AOP/IGP non commercialisée en vin et la récolte pour vins sans IG.
  • Source : SSP, Agreste, Statistique agricole annuelle.

Figure 4Évolution de la valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif de la branche agricole de 1980 à 2018

indice 100 en 2000
Évolution de la valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif de la branche agricole de 1980 à 2018 (indice 100 en 2000)
Année Valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif en termes réels Moyenne mobile sur 3 ans
2000 100,0 100,1
2001 100,7 100,6
2002 101,1 100,8
2003 100,7 101,5
2004 102,7 100,9
2005 99,3 103,2
2006 107,6 108,2
2007 117,7 111,3
2008 108,7 107,4
2009 95,8 108,6
2010 121,2 114,5
2011 126,4 125,3
2012 128,3 123,4
2013 115,5 122,6
2014 124,0 122,5
2015 128,1 123,3
2016 117,7 124,6
2017 127,8 127,3
2018 136,4 nd
  • nd : donnée non disponible.
  • Note : données arrêtées en novembre 2018.
  • Source : Insee, comptes prévisionnels de l'agriculture, base 2014.

Figure 4Évolution de la valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif de la branche agricole de 1980 à 2018

  • Note : données arrêtées en novembre 2018.
  • Source : Insee, comptes prévisionnels de l'agriculture, base 2014.

Figure 5Production agricole de l'UE

en millions d'euros
Production agricole de l'UE (en millions d'euros)
Production¹ végétale Production¹ animale
2010 2018 (e) 18/17 en % 2010 2018 (e) 18/17 (e) en %
Allemagne 24 864 22 632 -12,6 22 688 27 230 0,5
Autriche 2 792 3 329 8,9 2 922 3 487 -2,4
Belgique 3 619 3 521 -1,6 4 061 4 423 -6,5
Bulgarie 2 153 2 768 -2,8 1 081 1 011 0,0
Chypre 324 266 -0,2 330 400 -3,5
Croatie 1 707 1 218 -2,4 1 042 787 -1,1
Danemark 3 474 3 087 -14,5 5 626 6 114 -9,3
Espagne 25 028 32 031 6,5 13 797 19 281 2,6
Estonie 275 334 -9,8 321 421 -4,0
Finlande 1 386 1 339 -1,9 2 257 2 272 0,1
France 39 164 43 127 8,4 23 151 25 758 -1,4
Grèce 6 803 7 625 -2,9 2 759 2 519 -1,7
Hongrie 3 476 5 107 4,9 2 178 3 057 4,0
Irlande 1 670 1 876 4,2 3 833 6 164 -1,7
Italie 26 699 31 347 6,8 14 358 15 753 -2,7
Lettonie 475 696 -5,7 383 520 -3,8
Lituanie 1 063 1 548 -11,6 811 958 -2,9
Luxembourg 141 169 9,6 165 230 -2,5
Malte 50 46 -6,1 69 67 1,0
Pays-Bas 12 632 14 194 2,6 9 428 10 954 -5,7
Pologne 10 010 10 817 -6,6 9 148 13 776 2,2
Portugal 3 582 4 305 0,9 2 557 2 878 2,2
Rép. tchèque 2 252 2 761 -2,0 1 617 1 994 2,0
Roumanie 10 324 13 619 16,9 3 636 4 434 9,7
Royaume-Uni 8 624 10 451 -0,9 12 879 16 595 2,7
Slovaquie 868 1 234 -3,0 805 847 -1,4
Slovénie 586 723 24,0 497 560 -0,1
Suède 2 314 2 485 -13,6 2 408 2 804 -2,3
UE 196 354 222 654 2,1 144 806 175 294 -0,5
  • e : données estimées.
  • 1. Production au prix de base.
  • Source : Eurostat (extraction le 18 décembre 2018).

Avertissement

Sauf mention contraire, les données nationales se réfèrent à la France métropolitaine et aux cinq départements d’outre-mer (sauf mention contraire Mayotte est inclus dans les données de la France).

Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d’une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.

Les comparaisons internationales s’appuient en général sur les données issues d’organismes internationaux (Eurostat, ONU, etc.) qui peuvent diverger des sources produites par les instituts nationaux de statistiques, notamment pour l’Insee, pour les données françaises. En effet, ces organismes effectuent souvent des ajustements de champ ou de méthode, d’ampleur souvent réduite, afin de produire des données comparables d’un pays à l’autre.

Sauf précision contraire, les indicateurs relatifs à l’Union européenne (UE) figurant dans cet ouvrage portent sur l’UE à 28.

Définitions

Appellations d’origine (AOP et AOC) : l’appellation d’origine protégée (AOP), signe européen, désigne un produit dont les principales étapes de production sont réalisées selon un savoir-faire reconnu dans une même aire géographique, qui donne ses caractéristiques au produit. L’appellation d’origine contrôlée (AOC), signe national, constitue une étape vers l’AOP. La notion de terroir, système d’interactions entre un milieu physique et biologique et un ensemble de facteurs humains, fonde le concept des appellations d’origine.

Branche agricole : regroupement de toutes les unités d’activité économique qui exercent les activités suivantes : culture de végétaux (y compris maraîchage et horticulture), élevage d’animaux, activités de travaux agricoles à façon, chasse et activités annexes. Outre les exploitations agricoles, les unités caractéristiques de la branche comprennent les groupements de producteurs (coopératives) produisant du vin et de l’huile d’olive et les unités spécialisées qui fournissent des machines, du matériel et du personnel pour l’exécution de travaux agricoles à façon.

Évolution en termes réels : les évolutions à prix courants sont déflatées par l’indice de prix du produit intérieur brut (PIB), qui couvre l’ensemble du champ de l’économie. Ainsi, l’évolution d’un prix ou d’un résultat calculée en termes réels est positive ou négative selon qu’elle est supérieure ou inférieure à l’évolution générale des prix. Il s’agit d’une moyenne qui résulte d’une grande diversité de situations individuelles.

Indication géographique protégée (IGP) : signe européen, distingue un produit dont toutes les phases d’élaboration ne sont pas nécessairement issues de la zone géographique éponyme mais qui bénéficie d’un lien à un territoire et d’une notoriété.

Production au prix de base : la valeur de la production au prix de base est égale à la valeur de la production hors subventions augmentée des subventions sur les produits (directement liées à la production).

Valeur ajoutée brute au coût des facteurs de la branche agricole : valeur ajoutée brute de la branche agricole à laquelle sont ajoutées les subventions d'exploitation et retranchés les impôts sur la production. Son évolution peut être rapportée à celle du nombre d'unités de travail annuel total (ou équivalent temps plein). On obtient ainsi l'évolution de la valeur ajoutée brute au coût des facteurs de la branche agricole par actif.