Tableaux de l'économie françaiseÉdition 2020

Les Tableaux de l'économie française s'adressent à tous ceux qui souhaitent disposer d'un aperçu rapide et actuel sur la situation économique, démographique et sociale de la France.

Insee Références
Paru le : Paru le 27/02/2020
Tableaux de l'Économie Française - février 2020
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Sommaire

Production et valeur ajoutée agricoles

Insee Références

Paru le : 27/02/2020

Présentation

En 2019, selon les comptes prévisionnels, la production de la branche agricole diminue de 2,0 % en valeur. La production végétale décroît nettement (– 4,8 %), alors que la production animale rebondit (+ 2,4 %).

La production végétale diminue en volume (– 2,0 %) du fait du fort recul de la récolte de vin après une année 2018 exceptionnelle (– 13,7 %, après + 28,7 %). Les réserves importantes ont contenu les prix, stables en 2019. Dans son ensemble, la production de céréales augmente vivement en volume (+ 13,6 %), tirée par le dynamisme du blé tendre. En effet, les rendements progressent par rapport à l’année précédente, excepté pour le maïs. Toutefois, la récolte de blé dur diminue, sous l’effet d’une baisse des surfaces cultivées. Les récoltes d’oléagineux et de betteraves se replient, pénalisées par des conditions climatiques défavorables. La production en volume de légumes est relativement stable, celle de pommes de terre se redresse, ainsi que celle de fruits, bénéficiant d’une floraison abondante grâce à un printemps doux. Le prix de la production végétale baisse (– 2,8 %). Cette évolution provient essentiellement de la baisse des prix des céréales (– 11,4 %) et en particulier du blé tendre. Les forts volumes céréaliers aux niveaux mondial et français pèsent en effet sur le niveau des prix. En revanche, les cours des oléagineux se redressent.

La production animale décroît légèrement en volume (– 0,9 %). Concernant le bétail, elle baisse pour les gros bovins et les veaux, alors qu’elle augmente un peu pour les porcs. La production d’œufs recule. Le prix de la production animale (hors subventions) augmente (+ 3,3 %), du fait essentiellement de celui du porc. Le marché est dynamisé par la forte demande chinoise, leur cheptel ayant été décimé par la peste porcine africaine. Le prix de production des gros bovins est stable et celui des veaux baisse. Le prix des volailles repart à la hausse. Le prix du lait croît de nouveau, soutenu par une demande mondiale toujours dynamique, l’Europe profitant de tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine.

En 2019, les consommations intermédiaires de la branche agricole augmenteraient un peu en valeur (+ 0,7 % par rapport à 2018) sous l’effet d’une légère baisse des volumes (– 1,5 %) et d’une hausse modérée des prix (+ 2,2 %). Dès lors, la baisse de la production conjuguée à cet accroissement des charges entraîne une nette diminution de la valeur ajoutée de la branche agricole (– 5,6 %). Après prise en compte des subventions d’exploitation et des impôts, la valeur ajoutée brute au coût des facteurs diminuerait de 4,9 % en 2019. L’emploi agricole continue par ailleurs à décroître. Au total, d’après les estimations du compte prévisionnel de l’agriculture, la valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif diminuerait de 5,9 % en 2019 en termes réels , après une hausse de 7,0 % en 2018.

Tableaux et graphiques

Figure 1Volume de production végétale et effectifs d'animaux

Volume de production végétale et effectifs d'animaux
1990 2000 2010 2018
Production végétale (en millions de tonnes)
Céréales 55,1 65,6 65,5 62,6
   dont : blé tendre 31,4 35,7 35,5 34,0
            maïs (grain et semence) 9,4 16,0 14,1 12,7
Oléagineux 4,6 5,5 6,6 6,7
Protéagineux 3,7 2,1 1,6 0,7
Betteraves industrielles et canne à sucre 31,6 31,1 34,8 42,2
Légumes frais, melons ou fraises 6,0 6,7 6,0 5,8
Pommes de terre 4,7 6,5 6,6 7,9
Effectifs animaux (en millions de têtes)
Espèce bovine 21,4 21,3 19,6 18,6
Espèce porcine 12,3 (r) 15,1 14,3 13,3
Espèce ovine 11,4 (r) 9,6 8,0 7,0
Espèce caprine 1,2 (r) 1,3 1,4 1,3
Ensemble Gallus1 198,4 (r) 208,3 222,0 239,3
  • r : donnée révisée.
  • 1. Gallus : poules pondeuses d’œufs à couver et d’œufs de consommation, poulettes, poulets de chair.
  • Champ : France métropolitaine pour les années 1990 et 2000, France hors Mayotte pour l'année 2010 et y c. Mayotte en 2018.
  • Source : SSP, Agreste, Statistique agricole annuelle.

Figure 2Production et valeur ajoutée de l'agriculture

Production et valeur ajoutée de l'agriculture
2019 en Md€ 19/18 en %
Volume Prix Valeur
Production hors subventions 74,9 -1,5 -0,5 -2,0
   Produits végétaux 43,7 -2,0 -2,8 -4,8
      Céréales 10,2 13,6 -11,4 0,6
      Oléagineux, protéagineux 2,0 -19,2 4,1 -15,9
      Autres plantes industrielles1 1,5 -1,9 -0,2 -2,1
      Fourrages, plantes, fleurs 5,0 -4,1 -0,5 -4,6
      Légumes et pommes de terre 9,6 2,2 -0,3 1,9
      Fruits 3,2 5,5 0,8 6,3
      Vins 12,4 -13,7 0,0 -13,7
   Produits animaux 26,3 -0,9 3,3 2,4
      Bétail2 11,0 -0,9 3,8 2,9
      Volailles, œufs 4,7 -3,2 1,9 -1,3
      Lait et autres produits de l'élevage 10,5 0,1 3,5 3,5
   Services3 4,9 0,0 1,5 1,5
Subventions sur les produits 1,1 0,4 0,0 0,3
Production au prix de base 76,0 -1,5 -0,4 -1,9
Consommations intermédiaires 44,8 -1,5 2,2 0,7
   dont achats4 37,9 -1,8 1,8 0,0
Valeur ajoutée brute 31,2 -1,6 -4,0 -5,6
  • 1. Betteraves industrielles, tabac, lin textile, houblon, canne à sucre, etc.
  • 2. Bovins, porcins, ovins, caprins, équidés.
  • 3. Production des entreprises de travaux agricoles, des coopératives d'utilisation de matériel agricole, services entre agriculteurs, agritourisme, etc.
  • 4. Achats hors aliments pour animaux intraconsommés.
  • Note : données arrêtées en novembre 2019.
  • Source : Insee, comptes prévisionnels de l'agriculture, base 2014.

Figure 3Production de vin, jus et moûts

Production de vin, jus et moûts
2017 2018 18/17 en %
Superficie de production (en milliers d'hectares)
Récolte AOP1 522,3 520,9 -0,3
   Vin doux naturel2 7,5 6,3 -15,6
   Vin pour eaux-de-vie 76,3 78,0 2,2
   Autres vins AOP 438,6 436,6 -0,4
Vin IGP3 194,7 193,4 -0,7
Autres vins4 28,2 31,1 10,2
Total vins 745,2 745,4 0,0
Production de vin (en millions d'hectolitres)
Récolte AOP1 (r) 24,3 32,3 32,7
   Vin doux naturel2 0,1 0,1 -1,3
   Vin pour eaux-de-vie 6,8 9,8 44,9
   Autres vins AOP (r) 17,4 22,3 28,2
Vin IGP3 10,3 12,7 23,5
Autres vins4 2,1 4,5 110,9
Total vins (r) 36,7 49,5 34,6
  • r : donnée révisée.
  • 1. Appellation d'origine protégée.
  • 2. Vins doux naturels ; vins de liqueur remplissant certaines conditions particulières.
  • 3. Indication géographique protégée.
  • 4. Comprend la récolte en AOP/IGP non commercialisée en vin et la récolte pour vins sans IG.
  • Source : SSP, Agreste, Statistique agricole annuelle.

Figure 4Production agricole de l'UE

en millions d'euros
Production agricole de l'UE (en millions d'euros)
Production1 végétale Production1 animale
2010 2019 (e) 19/18 en % 2010 2019 (e) 19/18 en %
Allemagne 24 864 26 307 11,4 22 688 27 189 5,7
Autriche 2 792 3 220 1,2 2 922 3 604 2,4
Belgique 3 619 3 816 6,5 4 061 4 807 6,1
Bulgarie 2 153 2 919 -1,1 1 081 981 -3,6
Chypre 324 285 2,3 330 431 0,2
Croatie 1 707 1 332 -4,7 1 042 768 -0,6
Danemark 3 474 4 222 27,4 5 626 6 683 6,8
Espagne 25 028 29 251 -7,1 13 797 19 635 3,6
Estonie 275 473 35,3 321 422 5,1
Finlande 1 386 1 640 12,9 2 257 2 252 -0,9
France 39 164 42 312 -4,5 23 151 26 361 2,2
Grèce 6 803 7 896 4,3 2 759 2 558 1,3
Hongrie 3 476 4 921 0,7 2 178 3 173 7,0
Irlande 1 670 2 074 -0,8 3 833 6 050 -0,9
Italie 26 699 30 879 -2,1 14 358 15 862 0,8
Lettonie 475 853 33,5 383 538 4,6
Lituanie 1 063 1 815 13,9 811 969 1,2
Luxembourg 141 152 -7,8 165 236 3,3
Malte 50 49 5,5 69 71 2,8
Pays-Bas 12 632 14 091 1,5 9 428 11 032 2,3
Pologne 10 010 12 222 12,3 9 148 13 912 2,7
Portugal (r) 3 666 4 637 4,3 (r) 2 584 2 922 2,1
Rép. tchèque 2 252 3 035 2,8 1 617 2 063 2,4
Roumanie 10 324 14 235 8,2 3 636 3 957 4,7
Royaume-Uni 8 624 11 660 11,3 12 879 16 403 0,6
Slovaquie 868 1 212 -2,0 805 702 -9,9
Slovénie 586 718 -9,5 497 583 4,3
Suède 2 314 2 834 9,9 2 408 2 721 2,2
UE (r) 196 439 229 062 1,9 (r) 144 833 176 885 2,8
  • e : données estimées.
  • r : donnée révisée.
  • 1. Production au prix de base.
  • Source : Eurostat (extraction le 18 décembre 2019).

Figure 5Évolution de la valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif de la branche agricole de 2000 à 2019

indice 100 en 2000
Évolution de la valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif de la branche agricole de 2000 à 2019 (indice 100 en 2000)
Année Valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif en termes réels Moyenne mobile sur 3 ans
2000 100,0 100,1
2001 100,7 100,6
2002 101,1 100,8
2003 100,7 101,5
2004 102,7 100,9
2005 99,3 103,2
2006 107,6 108,2
2007 117,7 111,3
2008 108,7 107,4
2009 95,8 108,6
2010 121,2 114,5
2011 126,4 125,3
2012 128,3 123,4
2013 115,5 122,6
2014 124,1 122,6
2015 128,2 122,9
2016 116,6 124,9
2017 130,1 128,6
2018 139,1 133,4
2019 130,9 135,0
  • Note : données arrêtées en novembre 2019.
  • Source : Insee, comptes prévisionnels de l'agriculture, base 2014.

Figure 5Évolution de la valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif de la branche agricole de 2000 à 2019

  • Note : données arrêtées en novembre 2019.
  • Source : Insee, comptes prévisionnels de l'agriculture, base 2014.

Avertissement

Sauf mention contraire, les données nationales se réfèrent à la France métropolitaine et aux cinq départements d’outre-mer (sauf mention contraire Mayotte est inclus dans les données de la France).

Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d’une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.

Les comparaisons internationales s’appuient en général sur les données issues d’organismes internationaux (Eurostat, ONU, etc.) qui peuvent diverger des sources produites par les instituts nationaux de statistiques, notamment pour l’Insee, pour les données françaises. En effet, ces organismes effectuent souvent des ajustements de champ ou de méthode, d’ampleur souvent réduite, afin de produire des données comparables d’un pays à l’autre.

Sauf précision contraire, les indicateurs relatifs à l’Union européenne (UE) figurant dans cet ouvrage portent sur l’UE à 28.

Définitions

Appellations d’origine (AOP et AOC) : l’appellation d’origine protégée (AOP), signe européen, désigne un produit dont les principales étapes de production sont réalisées selon un savoir-faire reconnu dans une même aire géographique, qui donne ses caractéristiques au produit. L’appellation d’origine contrôlée (AOC), signe national constitue une étape vers l’AOP. La notion de terroir, système d’interactions entre un milieu physique et biologique et un ensemble de facteurs humains fonde le concept des appellations d’origine.

Branche agricole : regroupement de toutes les unités d’activité économique qui exercent les activités suivantes : culture de végétaux (y compris maraîchage et horticulture), élevage d’animaux, activités de travaux agricoles à façon, chasse et activités annexes. Outre les exploitations agricoles, les unités caractéristiques de la branche comprennent les groupements de producteurs (coopératives) produisant du vin et de l’huile d’olive et les unités spécialisées qui fournissent des machines, du matériel et du personnel pour l’exécution de travaux agricoles à façon.

Évolution en termes réels : les évolutions à prix courants sont déflatées par l’indice de prix du produit intérieur brut (PIB), qui couvre l’ensemble du champ de l’économie. Ainsi, l’évolution d’un prix ou d’un résultat calculée en termes réels est positive ou négative selon qu’elle est supérieure ou inférieure à l’évolution générale des prix. Il s’agit d’une moyenne qui résulte d’une grande diversité de situations individuelles.

Indication géographique protégée (IGP) : signe européen, distingue un produit dont toutes les phases d’élaboration ne sont pas nécessairement issues de la zone géographique éponyme mais qui bénéficie d’un lien à un territoire et d’une notoriété.

Production au prix de base : la valeur de la production au prix de base est égale à la valeur de la production hors subventions augmentée des subventions sur les produits (directement liées à la production).

Valeur ajoutée brute au coût des facteurs de la branche agricole : valeur ajoutée brute de la branche agricole à laquelle sont ajoutées les subventions d’exploitation et retranchés les impôts sur la production. Son évolution peut être rapportée à celle du nombre d’unités de travail annuel total (ou équivalent temps plein). On obtient ainsi l'évolution de la valeur ajoutée brute au coût des facteurs de la branche agricole par actif.

Définitions