Tableaux de l'économie françaiseÉdition 2020

Les Tableaux de l'économie française s'adressent à tous ceux qui souhaitent disposer d'un aperçu rapide et actuel sur la situation économique, démographique et sociale de la France.

Insee Références
Paru le : Paru le 27/02/2020
Tableaux de l'Économie Française - février 2020
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Sommaire

Consommation des ménages

Insee Références

Paru le : 27/02/2020

Présentation

En 2018, en volume, la dépense de consommation des ménages décélère (+ 0,9 %, après + 1,4 % en 2017 et + 1,8 % en 2016). Elle contribue pour 0,4 point à la croissance du produit intérieur brut. Son évolution est nettement inférieure au rythme d’avant-crise, mais elle égale le rythme moyen d’après-crise. Hormis les achats de téléviseurs, portés par la Coupe du monde de football, les achats de biens durables poursuivent leur ralentissement, tout en restant plus dynamiques que l’ensemble de la consommation : ils représentent 8,4 % de la consommation des ménages et progressent de 1,6 % en volume. La consommation effective des ménages , incluant les dépenses directement financées par la collectivité, augmente au même rythme que la dépense de consommation des ménages en 2018. En effet, la dépense de consommation individualisable des administrations publiques évolue quasiment comme celle des ménages ; celle des institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM) est plus dynamique, mais son poids est relativement faible.

En valeur, le revenu disponible brut (RDB) des ménages poursuit son accélération (+ 2,7 %, après + 2,2 % en 2017 et + 1,8 % en 2016). Cependant, l’inflation accélère plus nettement encore (+ 1,5 %, après + 0,8 %), si bien que le RDB en termes réels progresse légèrement moins vite qu’en 2017. Le pouvoir d’achat des ménages par unité de consommation ralentit très légèrement (+ 0,7 %, après + 0,8 %) mais sa hausse reste relativement élevée pour la période post-crise. Une fois déduites les dépenses « pré-engagées » , le pouvoir d’achat du revenu arbitrable par unité de consommation suit le même rythme ; les dépenses pré-engagées évoluent quasiment comme l’ensemble des dépenses.

L’hébergement et la restauration restent très dynamiques en volume malgré des prix en hausse. La fréquentation touristique atteint un nouveau record en Île-de-France avec environ 50 millions de touristes en 2018. Le dynamisme de la dépense en hôtels-cafés-restaurants en volume est principalement le fait de la restauration mobile (restaurants et services). La dépense en transports décélère mais reste assez dynamique en volume malgré la hausse des prix. Cette croissance est principalement portée par la dépense des ménages en équipement automobile et par les achats de véhicules en leasing, même si ceux-ci ralentissent tendanciellement.

En 2018, les consommations de tabac, d’alimentation, de boissons alcoolisées et d’habillement se replient. La dépense des ménages en tabac recule fortement en volume, du fait de la hausse des prix. Les Français achètent toujours moins de viandes dans un contexte de hausse modérée des prix. La dépense en fruits et légumes se replie davantage en volume qu’en 2017, tandis que les prix accélèrent en raison notamment du climat sec en France métropolitaine. La dépense en articles d’habillement et en chaussures baisse nettement en volume dans un contexte de prix quasi stables. Ce recul est le fait tant des dépenses en habillement que des dépenses en chaussures.

Tableaux et graphiques

Figure 1Consommation des ménages par fonction

Consommation des ménages par fonction
Consommationen milliards d'euros Variation annuelle en volume en % Poids dans la valeur de la consommation effective en %
2018 2016 2017 2018 2008 2018
Alimentation et boissons non alcoolisées 162,2 1,1 0,4 -0,7 9,9 10,0
Produits alimentaires 148,0 1,1 0,2 -0,9 9,1 9,1
dont : pain et céréales 27,5 3,2 3,3 2,0 1,5 1,7
          viandes 36,4 -1,0 -1,5 -2,4 2,4 2,2
          poissons et fruits de mer 8,5 -2,2 -3,8 -3,4 0,6 0,5
          lait, fromages et oeufs 20,9 0,4 0,5 0,1 1,4 1,3
          fruits et légumes 33,0 3,4 -0,3 -2,5 1,8 2,0
Boissons non alcoolisées 14,2 1,3 2,7 1,4 0,8 0,9
Boissons alcoolisées, tabac et stupéfiants 46,0 0,0 -0,8 -3,8 2,6 2,8
dont : boissons alcoolisées 21,1 0,8 0,0 -0,9 1,2 1,3
          tabac 21,6 -1,0 -2,1 -7,6 1,2 1,3
Articles d'habillement et chaussures 44,9 -0,5 1,4 -2,6 3,4 2,8
Logement, chauffage, éclairage 325,0 1,4 0,7 1,4 19,0 20,0
dont : location de logement 235,2 1,2 1,3 2,1 13,6 14,4
          chauffage, éclairage 52,8 3,5 -1,7 -1,7 3,2 3,2
Équipement du logement 58,8 2,2 2,1 0,3 4,0 3,6
Santé 49,2 2,0 -1,3 1,1 3,1 3,0
Transport 173,8 4,0 3,6 1,6 10,8 10,7
dont : achats de véhicules 43,8 7,9 4,5 0,8 2,8 2,7
          carburants, lubrifiants 41,3 1,9 -0,3 0,0 2,8 2,5
          services de transports 30,0 1,7 3,9 1,6 1,7 1,8
Communications 29,4 0,0 2,9 2,8 2,5 1,8
Loisirs et culture 97,8 1,6 1,6 1,5 6,8 6,0
Éducation 5,9 1,0 6,9 -0,2 0,3 0,4
Hôtels, cafés et restaurants 93,5 2,0 5,3 4,3 5,0 5,7
Autres biens et services 150,4 -0,4 2,6 0,5 10,2 9,2
dont : soins personnels 30,9 2,0 0,3 -0,6 1,9 1,9
          assurances 52,0 -0,9 3,7 -0,2 3,3 3,2
Correction territoriale -17,1 -23,1 30,9 -1,5 -1,3 -1,1
Dépense de consommation des ISBLSM1 48,7 1,6 1,5 1,3 2,6 3,0
Dépense de consommation des APU2 360,3 1,9 1,6 0,8 21,2 22,1
dont : santé 165,5 3,9 3,2 1,9 9,4 10,2
          éducation 101,5 0,9 0,2 0,6 6,2 6,2
Consommation effective des ménages 1 628,8 1,8 1,4 0,9 100,0 100,0
  • 1. Institutions sans but lucratif au service des ménages.
  • 2. Dépenses de consommation des administrations publiques en biens et services individualisables.
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

Figure 2Évolution de la dépense et du pouvoir d'achat des ménages de 1960 à 2018

en %
Évolution de la dépense et du pouvoir d'achat des ménages de 1960 à 2018 (en %)
Dépense de consommation finale en volume Pouvoir d'achat du revenu disponible brut1 Pouvoir d'achat du revenu arbitrable2
1960 5,0 7,7 8,1
1961 5,8 4,8 4,7
1962 7,4 10,2 10,5
1963 7,2 6,5 6,2
1964 5,5 5,3 5,3
1965 3,9 4,7 4,7
1966 4,8 4,9 5,0
1967 5,0 5,6 5,5
1968 4,3 4,6 4,2
1969 6,4 4,8 3,8
1970 4,5 7,3 7,6
1971 5,6 5,4 5,5
1972 5,2 5,6 5,8
1973 5,7 5,9 5,8
1974 2,8 3,2 2,1
1975 2,0 3,1 3,8
1976 5,6 2,5 2,1
1977 2,6 2,7 2,4
1978 3,9 5,9 6,1
1979 3,4 0,7 -0,1
1980 1,2 0,3 -0,5
1981 2,0 1,5 1,6
1982 3,3 2,4 2,6
1983 0,8 0,0 -1,0
1984 0,7 -1,0 -2,3
1985 1,9 0,8 0,1
1986 3,7 2,8 2,9
1987 3,2 1,6 1,0
1988 3,3 3,3 3,8
1989 3,2 3,5 3,9
1990 2,5 4,0 4,3
1991 0,6 1,1 0,5
1992 0,9 2,3 2,6
1993 -0,1 0,3 -0,3
1994 1,6 0,6 0,1
1995 1,6 2,2 1,8
1996 1,9 1,1 0,4
1997 0,5 1,7 1,8
1998 4,0 3,3 3,4
1999 3,5 3,2 3,1
2000 3,6 3,5 3,5
2001 2,5 3,3 3,2
2002 1,8 3,0 3,0
2003 1,7 0,9 0,3
2004 2,1 2,2 2,3
2005 2,5 1,4 1,2
2006 2,1 2,9 3,4
2007 2,6 3,2 4,0
2008 0,6 0,5 -0,1
2009 0,2 1,7 2,0
2010 1,8 1,6 1,5
2011 0,6 0,1 0,0
2012 -0,5 -0,4 -1,5
2013 0,5 - 1,2 - 2,5
2014 0,8 1,2 2,0
2015 1,5 0,8 0,9
2016 1,8 1,6 1,9
2017 1,4 1,4 1,3
2018 0,9 1,2 1,2
  • 1. Évolution déflatée à l'aide de l'indice du prix des dépenses de consommation finale des ménages.
  • 2. Évolution déflatée à l'aide de l'indice du prix des dépenses de consommation non « pré-engagées » des ménages.
  • Champ : ménages y c. entreprises individuelles.
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

Figure 2Évolution de la dépense et du pouvoir d'achat des ménages de 1960 à 2018

  • 1. Évolution déflatée à l'aide de l'indice du prix des dépenses de consommation finale des ménages.
  • 2. Évolution déflatée à l'aide de l'indice du prix des dépenses de consommation non « pré-engagées » des ménages.
  • Champ : ménages y c. entreprises individuelles.
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

Figure 3Dépense de consommation des ménages par fonction de consommation dans quelques pays de l'UE en 2017

en %
Dépense de consommation des ménages par fonction de consommation dans quelques pays de l'UE en 2017 (en %)
Allemagne Espagne France Italie Royaume-Uni
Produits alimentaires et boissons non alcoolisées 10,6 12,3 13,3 14,2 8,2
Boissons alcoolisées, tabac et narcotiques 3,2 3,6 3,7 4,1 3,3
Articles d'habillement et articles chaussants 4,8 4,4 3,8 6,1 5,5
Logement, eau, électricité, gaz et autres combustibles 23,5 21,7 26,2 23,3 26,7
Ameublement, équipement ménager et entretien courant de la maison 6,8 4,3 4,9 6,2 5,2
Santé 5,2 4,1 4,0 3,5 1,9
Transports 14,7 11,6 13,6 12,3 13,2
Communications 2,9 2,6 2,4 2,3 1,9
Loisirs et culture 9,2 7,4 7,9 6,7 9,8
Enseignement 0,9 1,8 0,5 1,0 1,8
Restaurants et hôtels 5,5 16,8 7,3 10,3 9,6
Autres biens et services 12,7 9,5 12,4 9,9 12,8
Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
  • Source : Eurostat (extraction du 27 août 2019).

Avertissement

Sauf mention contraire, les données nationales se réfèrent à la France métropolitaine et aux cinq départements d’outre-mer (sauf mention contraire Mayotte est inclus dans les données de la France).

Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d’une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.

Les comparaisons internationales s’appuient en général sur les données issues d’organismes internationaux (Eurostat, ONU, etc.) qui peuvent diverger des sources produites par les instituts nationaux de statistiques, notamment pour l’Insee, pour les données françaises. En effet, ces organismes effectuent souvent des ajustements de champ ou de méthode, d’ampleur souvent réduite, afin de produire des données comparables d’un pays à l’autre.

Sauf précision contraire, les indicateurs relatifs à l’Union européenne (UE) figurant dans cet ouvrage portent sur l’UE à 28.

Définitions

Consommation effective des ménages : inclut tous les biens et services acquis par les ménages résidents pour la satisfaction de leurs besoins, que ces acquisitions aient fait, ou non, l'objet d'une dépense de leur part. La consommation effective des ménages comprend donc, en plus des biens et des services acquis par leurs propres dépenses de consommation finale, les biens et les services qui, ayant fait l’objet de dépenses de consommation individuelle des administrations publiques ou des ISBLSM, donnent lieu à des transferts sociaux en nature de leur part vers les ménages.

Dépense de consommation finale des ménages : recouvre les dépenses effectivement réalisées par les ménages résidents pour acquérir des biens et des services destinés à la satisfaction de leurs besoins. Les produits correspondants ne sont pas stockés, mais considérés comme consommés au moment de leur achat, même s’ils sont durables (voitures, électroménagers, meubles, etc.). La dépense de consommation finale des ménages inclut la part des dépenses de santé, d’éducation, de logement, restant à leur charge, après remboursements éventuels. Elle inclut également les loyers imputés qui sont représentatifs des services de logement produits par les propriétaires qui occupent leur propre logement (retracés via un loyer qu’ils se versent fictivement à eux-mêmes).

Dépense de consommation individualisable : consommation bénéficiant directement aux ménages tout en étant prise en charge par la collectivité. C’est le cas en particulier de dépenses pour l’éducation, la santé, l’action sociale et le logement.

Dépenses pré-engagées : ensemble des dépenses des ménages réalisées dans le cadre d’un contrat difficilement renégociable à court terme. Elles sont définies comme suit : dépenses liées au logement (y compris, dans le cas de la comptabilité nationale, les loyers imputés), ainsi que celles relatives à l’eau, au gaz, à l’électricité et aux autres combustibles utilisés dans les habitations ; services de télécommunications ; frais de cantine ; services de télévision (redevance télévisuelle, abonnements à des chaînes payantes) ; assurances (hors assurance-vie) ; services financiers (y compris, dans le cas de la comptabilité nationale, les services d’intermédiation financière indirectement mesurés).

Institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM) : ensemble des unités privées dotées de la personnalité juridique qui produisent des biens et services non marchands au profit des ménages. Leurs ressources principales proviennent de contributions volontaires en espèces ou en nature effectuées par les ménages en leur qualité de consommateurs, de versements provenant des administrations publiques, ainsi que de revenus de la propriété.

Pouvoir d’achat : quantité de biens et de services que l’on peut acheter avec une unité de revenu disponible brut (RDB). Son évolution est liée à celles des prix et des revenus. Ainsi, si les prix augmentent quand les revenus sont constants, le pouvoir d’achat diminue, alors que si la hausse des revenus est supérieure à celle des prix, le pouvoir d’achat augmente. Voir aussi dans la rubrique « Définitions » en annexe : Revenu disponible brut des ménages.

Revenu arbitrable : obtenu après déduction des dépenses pré-engagées du revenu disponible.

Revenu disponible brut des ménages (RDB) : revenu à la disposition des ménages pour la consommation et l’épargne une fois déduits les prélèvements sociaux et fiscaux. Il comprend les revenus d’activité (rémunération des salariés et revenus d’entreprise des entrepreneurs individuels), les revenus de la propriété (dividendes, intérêts et loyers), les prestations sociales autres que des transferts sociaux en nature (pensions de retraite, indemnités de chômage, allocations familiales, minima sociaux, etc.), les autres transferts courants (notamment les indemnités d’assurance nettes des primes), diminués des impôts et cotisations sociales versés par les ménages.

Définitions