Tableaux de l'économie françaiseÉdition 2020

Les Tableaux de l'économie française s'adressent à tous ceux qui souhaitent disposer d'un aperçu rapide et actuel sur la situation économique, démographique et sociale de la France.

Insee Références
Paru le : Paru le 27/02/2020
Tableaux de l'Économie Française - février 2020
Consulter
Sommaire

Changement climatique et effet de serre

Insee Références

Paru le : 27/02/2020

Présentation

Comme à l’échelle mondiale, l’évolution des températures moyennes annuelles en France métropolitaine témoigne d’un réchauffement net depuis 1900. Ce réchauffement a connu un rythme variable, avec une augmentation particulièrement marquée depuis les années 1980. En 2018, la température moyenne annuelle de 13,9 °C a dépassé la normale (référence 1961-1990) de 2,1 °C, plaçant cette année au premier rang des années les plus chaudes observées en France métropolitaine.

En 2017, les émissions mondiales de six gaz à effet de serre (GES) (y compris UTCATF ) couverts initialement par le protocole de Kyoto ont doublé depuis 1970 et ont augmenté de plus de 40 % depuis 1990 pour atteindre 53,5 milliards de tonnes équivalent CO2 en 2017. Le CO2 représente les trois quarts de ces émissions. En 2017, les émissions mondiales de CO2 (hors UTCATF) atteignent 37,1 milliards de tonnes. Elles augmentent de 1,2 % en un an, à un rythme plus soutenu qu’en 2016 (+ 0,3 %). Plus de 39 % de ces émissions sont liées à la combustion de charbon, contre 31 % pour le pétrole et 18 % pour le gaz naturel. Le reste, 12 %, est lié aux procédés industriels comme la fabrication de ciment (hors combustion d’énergie).

En 2018, les émissions françaises de GES, hors UTCATF, s’établissent à 445 millions de tonnes équivalent CO2 (Mt CO2 éq). En 2017, 75 % des émissions étaient du CO2 et 12 % du méthane (CH4). Comme dans l’Union européenne (UE), l’utilisation d’énergie est la première source d’émissions de GES : environ 70 % du total national en 2017. Elle est suivie par l’agriculture (16 %), à un niveau plus élevé que la moyenne européenne. La France diffère de l’UE par sa faible part d’émissions provenant de l’industrie de l’énergie, en raison de la production électrique d’origine nucléaire conséquente. Les transports sont ainsi le premier secteur émetteur en France, avec 137 Mt CO2 éq en 2018, soit 31 % du total national. En 2018, les émissions totales de GES (hors UTCATF) ont diminué de 4,2 % par rapport à 2017, après trois années consécutives de hausse. Cette diminution concerne tous les secteurs, en particulier ceux de la transformation de l’énergie (– 15,2 %) avec des consommations d’énergie de la production d’électricité en recul en 2018 et de nombreux arrêts de tranches de centrales nucléaires en 2017, et du résidentiel/tertiaire (– 6,8 %) avec des baisses de consommation d’énergie en lien avec un hiver plus doux. Sur le plus long terme, les émissions ont été réduites de 19 % depuis 1990, avec des baisses dans l’ensemble des secteurs à l’exception des transports (+ 10 %).

En 2018, en ne retenant comme GES que le CO2, le CH4 et le N2O, l’ empreinte carbone induite par la demande intérieure de la France s’élève à 749 Mt CO2 éq, soit 76 % de plus que les émissions de GES comptabilisées dans l’ inventaire national . L’empreinte carbone est supérieure de 20 % à celle de 1995 du fait du doublement des émissions liées aux importations sur cette période tandis que les émissions des activités économiques intérieures ont diminué de 28 % et celles directes émises par les ménages (voitures particulières et chauffage) ont baissé de 7 %. Toutefois, après une forte progression entre 1995 et le milieu des années 2000, l'empreinte carbone connaît une relative stagnation sur la dernière décennie. Rapportée au nombre d’habitants, l’augmentation de l’empreinte carbone est moins prononcée : + 7 % entre 1995 et 2018. En 2018, l’empreinte carbone par personne est estimée à 11,2 tonnes équivalent CO2 par an.

Tableaux et graphiques

Figure 1Évolution des émisions de gaz à effet de serre au titre du Protocole de Kyoto de 1990 à 2018

en % par rapport à 1990
Évolution des émisions de gaz à effet de serre au titre du Protocole de Kyoto de 1990 à 2018 (en % par rapport à 1990)
Taux d'évolution
1990 0,0
1991 4,9
1992 2,8
1993 -1,2
1994 -2,3
1995 -0,9
1996 2,3
1997 0,9
1998 3,4
1999 2,0
2000 0,8
2001 1,7
2002 0,4
2003 1,3
2004 1,0
2005 1,2
2006 -1,0
2007 -2,9
2008 -4,1
2009 -7,8
2010 -6,6
2011 -11,4
2012 -11,4
2013 -11,4
2014 -17,0
2015 -16,1
2016 -16,0
2017 -15,2
2018 -18,8
  • Champ : France et régions ultra périphériques appartenant à l’UE.
  • Note : évolution du pouvoir de réchauffement global (PRG) ; données 2018 provisoires.
  • Source : Citepa, calculs Insee.

Figure 1Évolution des émisions de gaz à effet de serre au titre du Protocole de Kyoto de 1990 à 2018

  • Champ : France et régions ultra périphériques appartenant à l’UE.
  • Note : évolution du pouvoir de réchauffement global (PRG) ; données 2018 provisoires.
  • Source : Citepa, calculs Insee.

Figure 2Émissions de CO2 hors UTCATF dans le monde

Émissions de CO2 hors UTCATF dans le monde
en millions de tCO2 en tCO2 par habitant
2017 17/90 en % 2017 17/90 en %
Amérique du Nord 6 232 6,9 12,7 -21,1
   dont : Canada 617 35,4 16,8 2,5
             États-Unis 5 107 0,4 15,7 -23,0
Amérique Centrale et du Sud 1 332 95,4 2,6 36,5
   dont Brésil 493 115,6 2,4 53,8
Europe et ex-URSS 6 273 -25,6 7,6 -29,6
   dont : Russie 1 765 -25,8 12,2 -23,9
            UE 3 556 -19,4 6,9 -24,8
               dont France 347 -11,0 5,2 -22,5
Afrique subsaharienne 817 75,3 0,8 -14,9
Moyen-Orient et Afrique du Nord 3 179 203,6 6,1 79,2
Asie 17 570 232,9 4,3 139,7
   dont : Chine 10 877 353,8 7,8 271,6
            Corée du Sud 673 149,3 13,1 107,7
            Inde 2 455 305,1 1,8 163,2
            Japon 1 321 14,9 10,4 12,0
            Océanie 452 47,3 11,5 -2,9
Soutes internationales maritimes et aériennes 1 221 93,5 /// ///
Émissions mondiales de CO2 37 077 63,5 4,9 14,8
  • /// : absence de résultat due à la nature des choses.
  • Champ : émissions liées à la combustion d'énergie fossile et aux procédés industriels (par exemple fabrication du ciment hors consommation d'énergie). Ces émissions de CO2 représentent 65 % des émissions de GES.
  • Sources : Banque mondiale, 2019 ; SDES d'après EDGAR, 2018.

Figure 3Écart à la moyenne des températures de la période 1961-1990

en degrés celsius (°C)
Écart à la moyenne des températures de la période 1961-1990 (en degrés celsius (°C))
Écart de température
1900 0,3
1901 -0,7
1902 -0,6
1903 -0,3
1904 0,1
1905 -0,6
1906 0,0
1907 -0,4
1908 -0,4
1909 -1,0
1910 -0,4
1911 0,5
1912 -0,4
1913 0,1
1914 -0,3
1915 -0,4
1916 -0,2
1917 -1,2
1918 -0,2
1919 -0,7
1920 0,0
1921 0,6
1922 -0,7
1923 -0,1
1924 -0,4
1925 -0,6
1926 0,3
1927 -0,1
1928 0,5
1929 -0,2
1930 0,4
1931 -0,6
1932 -0,3
1933 -0,2
1934 0,4
1935 -0,1
1936 0,0
1937 0,5
1938 -0,1
1939 -0,3
1940 -0,9
1941 -0,9
1942 -0,4
1943 0,7
1944 -0,4
1945 0,6
1946 -0,3
1947 0,8
1948 0,3
1949 0,8
1950 0,2
1951 -0,1
1952 0,1
1953 0,1
1954 -0,5
1955 0,0
1956 -1,2
1957 0,0
1958 0,0
1959 0,8
1960 0,0
1961 0,8
1962 -0,8
1963 -1,1
1964 -0,1
1965 -0,5
1966 0,2
1967 0,1
1968 -0,2
1969 -0,2
1970 -0,1
1971 -0,2
1972 -0,5
1973 -0,2
1974 0,1
1975 0,0
1976 0,3
1977 0,1
1978 -0,4
1979 -0,2
1980 -0,6
1981 0,1
1982 0,8
1983 0,6
1984 -0,2
1985 -0,5
1986 -0,2
1987 -0,1
1988 0,7
1989 1,2
1990 1,2
1991 0,2
1992 0,5
1993 0,2
1994 1,5
1995 1,0
1996 0,1
1997 1,3
1998 0,7
1999 1,2
2000 1,3
2001 1,0
2002 1,3
2003 1,7
2004 0,8
2005 0,8
2006 1,4
2007 1,1
2008 0,7
2009 1,2
2010 0,1
2011 1,8
2012 1,0
2013 0,6
2014 1,9
2015 1,7
2016 1,2
2017 1,6
2018 2,1
  • Champ : France métropolitaine.
  • Note : le dernier point affiché correspond à l'année 2018.
  • Source : Météo-France.

Figure 3Écart à la moyenne des températures de la période 1961-1990

  • Champ : France métropolitaine.
  • Note : le dernier point affiché correspond à l'année 2017.
  • Source : Météo-France.

Figure 4Émissions de gaz à effet de serre hors UTCATF dans l'UE

en millions de tonnes équivalent CO2
Émissions de gaz à effet de serre hors UTCATF dans l'UE (en millions de tonnes équivalent CO2 )
1990 (r) 2000 (r) 2017
Total dont énergie dont agriculture dont process. Industriels
Allemagne 1 263 1 065 936 766 66 64
Autriche 80 82 85 56 7 17
Belgique 150 154 119 83 10 20
Bulgarie 103 60 62 45 7 6
Chypre 6 9 10 7 0 1
Croatie 32 26 25 17 3 3
Danemark 72 73 51 34 11 2
Espagne 293 397 357 259 40 28
Estonie 41 17 21 19 1 1
Finlande 72 71 58 41 7 6
France 557 567 482 327 76 44
Grèce 106 129 99 70 8 13
Hongrie 94 74 64 46 7 7
Irlande 56 70 64 37 20 3
Italie 522 562 439 346 31 33
Lettonie 27 11 12 7 3 1
Lituanie 49 20 21 11 4 4
Luxembourg 13 11 12 9 1 1
Malte 2 3 3 2 0 0
Pays-Bas 226 230 206 160 19 11
Pologne 475 396 416 342 32 27
Portugal 61 84 75 51 7 8
Rép. tchèque 200 151 130 99 8 16
Roumanie 249 144 115 76 19 13
Royaume-Uni 810 742 505 379 41 30
Slovaquie 73 49 43 29 3 10
Slovénie 19 19 18 14 2 1
Suède 73 70 55 37 7 8
UE 5 723 5 287 4 483 3 368 439 377
  • r : données révisées.
  • Note : hors UTCATF, y c. aviation internationale.
  • Source : Agence européenne pour l'environnement (extraction base Eurostat du 12 novembre 2019).

Figure 5Émissions de gaz à effet de serre hors UTCATF par secteur d'activité

en millions de tonnes équivalent CO2
Émissions de gaz à effet de serre hors UTCATF par secteur d'activité (en millions de tonnes équivalent CO2 )
1990 (r) 2000 (r) 2005 (r) 2018 (e)
Transports1 124 143 146 137
Industrie manufacturière 144 127 116 79
Agriculture et sylviculture 93 94 89 86
Résidentiel, tertiaire,institutionnel et commercial 93 97 111 84
Transformation de l'énergie2 78 71 74 46
Traitement centralisé des déchets3 15 19 19 14
Total hors UTCATF 548 552 555 445
  • e : données estimées.
  • r : données révisées.
  • 1. Trafic domestique uniquement.
  • 2. Y c. l'incinération des déchets avec récupération d'énergie.
  • 3. Hors incinération des déchets avec récupération d'énergie.
  • Champ : France et régions ultra périphériques appartenant à l’UE.
  • Note : l'année 1990 est la valeur de référence dans le cadre du protocole de Kyoto. Données hors UTCATF et aviation internationale.
  • Sources : Citepa, rapport Secten 2019 ; ministère de la Transition écologique et solidaire.

Figure 6Émissions de gaz à effet de serre selon l'approche empreinte carbone et l’inventaire national

en millions de tCO2
Émissions de gaz à effet de serre selon l'approche empreinte carbone et l’inventaire national (en millions de tCO2 )
Empreinte carbone Inventaire national
Émissions associées aux importations (hors importations ré-exportées) Émissions intérieures (ménages et activités économiques intérieures hors exportations) Empreinte carbone par personne Émissions sur le territoire national (y compris les exportations) Émissions sur le territoire national par personne
1995 211 412 10,5 536 9,0
2000 284 410 11,5 540 8,9
2005 327 412 11,8 538 8,6
2010 (r) 371 370 11,5 493 7,6
2015 (p) 408 323 11,0 440 6,6
2018 (p) 425 324 11,2 425 6,4
  • p : données provisoires.
  • r : données révisées.
  • Champ : France et régions ultrapériphériques appartenant à l’UE.
  • Note : l'empreinte et l’inventaire portent sur les trois principaux gaz à effet de serre (CO2, CH4, N2O). L'empreinte carbone de la demande finale intérieure est un calcul des émissions de gaz à effet de serre induites par la production, en France et à l'étranger, des biens et services consommés en France ; l'inventaire national porte sur les trois principaux gaz à effet de serre (CO2, CH4, N2O). L'inventaire national répertorie les gaz à effet de serre émis sur le sol national par les ménages et les activités économiques.
  • Sources : Citepa ; Douanes ; Eurostat ; FAO ; SDES, d'après : Agence internationale de l'énergie ; Insee.

Figure 6Émissions de gaz à effet de serre selon l'approche empreinte carbone

  • p : données provisoires.
  • r : données révisées.
  • Champ : France et régions ultrapériphériques appartenant à l’UE.
  • Note : l'empreinte et l’inventaire portent sur les trois principaux gaz à effet de serre (CO2, CH4, N2O). L'empreinte carbone de la demande finale intérieure est un calcul des émissions de gaz à effet de serre induites par la production, en France et à l'étranger, des biens et services consommés en France ; l'inventaire national porte sur les trois principaux gaz à effet de serre (CO2, CH4, N2O). L'inventaire national répertorie les gaz à effet de serre émis sur le sol national par les ménages et les activités économiques.
  • Sources : Citepa ; Douanes ; Eurostat ; FAO ; SDES, d'après : Agence internationale de l'énergie ; Insee.

Figure 6 bisÉmissions de gaz à effet de serre selon l'approche empreinte carbone et l’inventaire national

en millions de tCO2
Émissions de gaz à effet de serre selon l'approche empreinte carbone et l’inventaire national (en millions de tCO2 )
Empreinte carbone Inventaire national
Émissions associées aux importations (hors importations ré-exportées) Émissions intérieures (ménages et activités économiques intérieures hors exportations) Empreinte carbone par personne Émissions sur le territoire national (y compris les exportations) Émissions sur le territoire national par personne
1995 211 412 10,5 536 9,0
2000 284 410 11,5 540 8,9
2005 327 412 11,8 538 8,6
2010 (r) 371 370 11,5 493 7,6
2015 (p) 408 323 11,0 440 6,6
2018 (p) 425 324 11,2 425 6,4
  • p : données provisoires.
  • r : données révisées.
  • Champ : France et régions ultrapériphériques appartenant à l’UE.
  • Note : l'empreinte et l’inventaire portent sur les trois principaux gaz à effet de serre (CO2, CH4, N2O). L'empreinte carbone de la demande finale intérieure est un calcul des émissions de gaz à effet de serre induites par la production, en France et à l'étranger, des biens et services consommés en France ; l'inventaire national porte sur les trois principaux gaz à effet de serre (CO2, CH4, N2O). L'inventaire national répertorie les gaz à effet de serre émis sur le sol national par les ménages et les activités économiques.
  • Sources : Citepa ; Douanes ; Eurostat ; FAO ; SDES, d'après : Agence internationale de l'énergie ; Insee.

Figure 6 bisÉmissions de gaz à effet de serre selon l'inventaire national

  • p : données provisoires.
  • r : données révisées.
  • Champ : France et régions ultrapériphériques appartenant à l’UE.
  • Note : l'empreinte et l’inventaire portent sur les trois principaux gaz à effet de serre (CO2, CH4, N2O). L'empreinte carbone de la demande finale intérieure est un calcul des émissions de gaz à effet de serre induites par la production, en France et à l'étranger, des biens et services consommés en France ; l'inventaire national porte sur les trois principaux gaz à effet de serre (CO2, CH4, N2O). L'inventaire national répertorie les gaz à effet de serre émis sur le sol national par les ménages et les activités économiques.
  • Sources : Citepa ; Douanes ; Eurostat ; FAO ; SDES, d'après : Agence internationale de l'énergie ; Insee.

Avertissement

Sauf mention contraire, les données nationales se réfèrent à la France métropolitaine et aux cinq départements d’outre-mer (sauf mention contraire Mayotte est inclus dans les données de la France).

Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d’une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.

Les comparaisons internationales s’appuient en général sur les données issues d’organismes internationaux (Eurostat, ONU, etc.) qui peuvent diverger des sources produites par les instituts nationaux de statistiques, notamment pour l’Insee, pour les données françaises. En effet, ces organismes effectuent souvent des ajustements de champ ou de méthode, d’ampleur souvent réduite, afin de produire des données comparables d’un pays à l’autre.

Sauf précision contraire, les indicateurs relatifs à l’Union européenne (UE) figurant dans cet ouvrage portent sur l’UE à 28.

Définitions

Empreinte carbone : indicateur destiné à caractériser la pression exercée à l’échelle planétaire sur le climat (bien public mondial) en termes d’émissions de gaz à effet de serre par la population du pays considéré. Elle couvre à la fois les émissions directes de cette population et les émissions indirectes, liées à la production et au transport des biens et services qu’elle consomme, que ceux-ci soient produits en France ou à l’étranger. L’empreinte carbone permet donc de s’interroger sur les responsabilités de chaque pays et de mieux appréhender les négociations internationales sur le climat. C’est une information complémentaire aux inventaires d’émissions de gaz à effet de serre (GES) sur le territoire national, qui sont réalisés au titre de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

Équivalent CO2 : méthode de mesure des émissions de gaz à effet de serre qui prend en compte le pouvoir de réchauffement de chaque gaz relativement à celui du CO2.

Gaz à effet de serre (GES) : les principaux gaz responsables de l’effet de serre, dont les émissions sont encadrées par le protocole de Kyoto, sont le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4), l’oxyde nitreux (N2O) et les gaz fluorés (HFC, PFC et SF6). Les émissions de ces six gaz sont pondérées par leurs potentiels de réchauffement global (PRG) et exprimées en équivalents CO2 pour donner un total d’émissions en équivalents CO2.

Inventaire national d’émission de GES : indicateur destiné à caractériser la pression exercée par un pays en termes d’émissions de gaz à effet de serre (GES). Il calcule des quantités de GES physiquement émises à l’intérieur du pays selon une approche territoire. Ces inventaires nationaux sont réalisés chaque année pour répondre aux normes de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Une méthode complémentaire permettant d’apprécier les pressions d’un pays sur le climat est l’empreinte carbone.

Pouvoir de réchauffement global d’un gaz (PRG) : le potentiel ou pouvoir de réchauffement global (PRG) est un indicateur qui vise à regrouper sous une seule valeur l’effet additionné de toutes les substances contribuant à l’accroissement de l’effet de serre. Conventionnellement, on se limite pour l’instant aux gaz à effet de serre (GES) directs c’est à dire aux six gaz (CO2, CH4, N2O, CFC, HFC, SF6) pris en compte dans le protocole de Kyoto. Cet indicateur est exprimé en « équivalent CO2 » du fait que, par définition, l’effet de serre attribué au CO2 est fixé à 1 et celui des autres substances relativement au CO2.

Protocole de Kyoto : afin de lutter contre le changement climatique, deux accords majeurs ont été adoptés au niveau international. Il s’agit de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), adoptée en 1992 à Rio, et le protocole de Kyoto, adopté en 1997. La CCNUCC, lors du Sommet de la Terre à Rio, prévoyait une conférence des parties chaque année. Elle a pour but de stabiliser la concentration des gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère à un niveau empêchant toute perturbation dangereuse du système climatique pour l’homme. Pour les pays industrialisés, l’objectif était de stabiliser, avant l’an 2000, les émissions de GES à leur niveau de 1990. La 3e conférence des parties à Kyoto a débouché sur l’adoption du protocole dit « Protocole de Kyoto ». Il est entré en vigueur le 16 février 2005. Certains pays signataires se sont fixés des objectifs quantitatifs. Ainsi, les pays industrialisés se sont engagés, pour la période 2008-2012, à réduire de 5,2 % leurs émissions des principaux GES par rapport à leur niveau de 1990. Le protocole de Kyoto a été ratifié en 2002 par l’Union européenne. Cette dernière a un objectif collectif de réduction de 8 % des GES. La COP21 a permis de conclure à un accord historique permettant de remplacer le prolongement du protocole de Kyoto, et ce dès 2020 grâce à la signature de l’accord de Paris. Celui-ci entérine que la communauté internationale fera tout son possible pour contenir le réchauffement climatique bien en dessous de + 2°C, voire le limiter à + 1,5°C. Pour atteindre cet objectif très ambitieux,tous les États se sont engagés à publier leurs propres objectifs de réductions des émissions de GES. Ils sont aujourd’hui accessibles sur le site des Nations unies. Si on additionne l’ensemble des contributions nationales, il apparaît que le réchauffement climatique devrait être de + 3,5°C en 2100, ce qui reste encore loin de l’objectif fixé. L’enjeu de l’après COP21 est donc d’engager pleinement les entreprises, collectivités et citoyens dans des actions de réduction. Par ailleurs, d’autres mécanismes seront discutés au cours des prochaines COP, comme la mise en place d’un prix du carbone ou d’un fonds vert pour le climat.

UTCATF : utilisation des terres, leur changement d’affectation et la forêt. C’est une catégorie utilisée dans les inventaires d'émissions de gaz à effet de serre qui couvre les émissions et les absorptions de ces gaz liées à l'utilisation des terres, leur changement d’affectation et à la forêt.

Définitions