Tableaux de l'économie françaiseÉdition 2020

Les Tableaux de l'économie française s'adressent à tous ceux qui souhaitent disposer d'un aperçu rapide et actuel sur la situation économique, démographique et sociale de la France.

Insee Références
Paru le : Paru le 27/02/2020
Tableaux de l'Économie Française - février 2020
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Sommaire

Solde des échanges extérieurs

Insee Références

Paru le : 27/02/2020

Présentation

En 2018, le solde du commerce extérieur des biens et services en valeur s’améliore de 6,1 milliards d’euros (Md€) tout en restant déficitaire : – 18,2 Md€. En valeur, les exportations ralentissent moins rapidement que les importations (+ 4,3 %, après + 4,7 %, contre + 3,3 %, après + 6,1 %). Cette dynamique s’inscrit dans un contexte toujours favorable du commerce mondial en 2018 (+ 4,6 %, après + 5,8 % en 2017) et de la demande mondiale adressée à la France (+ 3,9 % en 2018, après + 5,5 %), malgré un léger fléchissement des échanges.

La dégradation du solde concerne les biens : le déficit de la balance commerciale (qui porte uniquement sur les biens), mesuré Fab-Fab , se creuse de 2,0 Md€ pour atteindre – 38,9 Md€. En revanche, le solde des échanges de services (y compris tourisme) augmente de 8,1 Md€ en 2018 pour s’établir à 20,7 Md€.

L’aggravation du déficit commercial en 2018 est en majeure partie imputable à la facture énergétique : le solde des produits des industries extractives se dégrade de 3,8 Md€ par rapport à 2017, du fait de la hausse des cours du pétrole. En revanche, après une forte dégradation en 2017 (– 7,1 Md€), le solde des échanges extérieurs de biens manufacturés est quasi stable en 2018 (– 0,1 Md€) ; en particulier, le solde des échanges de matériel de transports (automobile, aéronautique, etc.) rebondit nettement et retrouve son niveau de 2016 (+ 27,3 Md€). Par ailleurs, le solde des échanges de produits agricoles redevient excédentaire (+ 1,1 Md€).

Le solde des échanges de services hors tourisme progresse fortement en 2018 (+ 8,0 Md€ par rapportà 2017). Il devient excédentaire (+ 3,6 Md€) pour la première fois depuis 2012, tiré notamment par la croissance des exportations de services aux entreprises (+ 6,1 Md€). Après la reprise de la fréquentation étrangère en 2017, le solde des échanges de tourisme marque le pas en 2018 et se stabilise à + 17,1 Md€.

Après une très forte hausse (+ 11,5 Md€) en 2017, l’excédent des opérations de répartition se réduit (– 5,7 Md€ en 2018) pour s’établir à + 6,0 Md€. Cette dégradation est essentiellement liée au redressement de la contribution française au budget de l’Union européenne en 2018 (+ 4,3 Md€) en contrecoup de la baisse de 2017 (– 4,0 Md€). Le solde des autres transferts courants se dégrade également mais dans une moindre mesure (– 1,5 Md€). Au total, le besoin de financement de la France diminue très légèrement de 0,4 Md€ en 2018 et s’élève à 12,2 Md€.

Tableaux et graphiques

Figure 1Solde des échanges extérieurs de biens et services

en milliards d'euros
Solde des échanges extérieurs de biens et services (en milliards d'euros)
2016 (r) 2017 (r) 2018
Biens alimentaires 6,5 6,2 7,0
Énergie -29,3 -36,4 -42,2
Matériels de transport 27,4 23,8 27,3
Autres biens industriels -45,4 -48,1 -49,3
Services hors tourisme -1,7 -4,5 3,6
Tourisme 12,9 17,0 17,1
Correction Caf-Fab 16,3 17,6 18,3
Solde du commerce extérieur Fab -13,5 -24,3 -18,2
  • r : données révisées.
  • Note : données Caf-Fab.
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

Figure 2Solde extérieur de biens et de services par produit

en milliards d'euros
Solde extérieur de biens et de services par produit (en milliards d'euros)
2016 (r) 2017 (r) 2018
Agriculture, sylviculture et pêche 0,8 0,0 1,1
Industrie manufacturière, industries extractives et autres -41,8 -54,4 -58,3
   Ind. extr., énerg., eau, gestion déchets & dépol. -22,4 -28,0 -31,8
   Fabric. d'aliments, de boissons et de prdts à base de tabac 5,7 6,2 5,9
   Cokéfaction et raffinage -7,0 -8,4 -10,4
   Fabric. éq. électr., inf. & machines -24,6 -26,9 -29,0
   Fabrication de matériels de transport 27,4 23,8 27,3
   Fabrication d'autres produits industriels -20,9 -21,2 -20,3
Construction 0,0 0,0 0,0
Services principalement marchands -1,8 -4,6 3,5
   Commerce ; réparation d'automobiles et de motocycles -3,1 -2,8 -2,2
   Transports et entreposage -12,4 -12,3 -12,6
   Hébergement et restauration 0,0 0,0 0,0
   Information et communication -0,5 -1,5 -0,9
   Activités financières et d'assurance 9,2 7,8 8,7
   Activités immobilières 0,0 0,0 0,0
   Act. scient. et tech. ; serv. adm. et de soutien 3,0 2,8 9,0
   Autres services 1,9 1,4 1,5
Services principalement non marchands1 0,2 0,1 0,1
Correction territoriale (tourisme) 12,9 17,0 17,1
Correction Caf-Fab 16,3 17,6 18,3
Total -13,5 -24,3 -18,2
  • r : données révisées.
  • 1. Regroupement « Administration publique, Enseignement, Santé humaine et action sociale ».
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

Figure 3Compte des relations avec le reste du monde

en milliards d'euros
Compte des relations avec le reste du monde (en milliards d'euros)
2017 (r) 2018
Solde des échanges extérieurs -24,3 -18,2
   Échanges de biens Fab -36,9 -38,9
   Échanges de services hors tourisme -4,5 3,6
         Services commerciaux -2,8 -2,2
         Transports -12,3 -12,6
         Services d’information et communication -1,5 -0,9
         Assurance 1,1 2,0
         Services financiers, y c. Sifim1 6,6 6,7
         Services aux entreprises 2,8 9,0
         Services aux ménages et services de santé 1,5 1,5
   Tourisme 17,0 17,1
Opérations de répartition 11,7 6,0
   Rémunération des salariés 20,0 20,1
   Impôts sur la production et les importations -4,0 -4,6
   Subventions 8,2 7,7
   Intérêts -7,0 -7,2
   Dividendes 28,1 28,6
   Autres revenus de la propriété 9,4 8,1
   Impôts courants sur le revenu et le patrimoine 4,0 4,6
   Cotisations et prestations sociales -9,5 -9,4
   Coopération internationale courante -5,9 -5,8
   Ressources de l'UE -16,3 -20,6
   Autres transferts courants -15,6 -17,1
   Transferts en capital 0,4 1,5
Capacité de financement de la Nation -12,6 -12,2
  • r : données révisées.
  • 1. Services d'intermédiation financière indirectement mesurés.
  • Note : les données relatives aux échanges sont Fab.
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

Figure 4Termes de l'échange par groupe de produits

indice base 100 en 2014
Termes de l'échange par groupe de produits (indice base 100 en 2014)
2000 2017 (r) 2018
Agriculture, sylviculture et pêche 79,0 86,3 90,9
Ind. extr., énerg., eau, gestion déchets & dépol. 195,5 132,0 117,8
Fabric. d'aliments, de boissons et de prdts à base de tabac 100,0 99,5 98,5
Cokéfaction et raffinage 104,1 98,9 94,3
Fabric. éq. électr., inf. & machines 80,1 104,2 104,2
Fabrication de matériels de transport 95,6 101,5 101,5
Fabrication d'autres produits industriels 101,0 99,4 98,8
Ensemble des produits1 100,4 102,9 101,6
  • r : données révisées.
  • 1. Y c. services.
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

Figure 5Solde de la balance commerciale en biens de 1971 à 2018

en milliards d'euros courants
Solde de la balance commerciale en biens de 1971 à 2018 (en milliards d'euros courants)
Solde de la balance commerciale en biens
1971 0,9
1972 1,1
1973 1,0
1974 -2,6
1975 1,0
1976 -3,2
1977 -1,7
1978 0,3
1979 -2,1
1980 -9,4
1981 -9,1
1982 -14,3
1983 -6,6
1984 -3,0
1985 -3,7
1986 0,0
1987 -4,8
1988 -8,3
1989 -10,6
1990 -12,2
1991 -9,9
1992 -0,3
1993 8,3
1994 5,8
1995 8,5
1996 10,9
1997 23,1
1998 19,3
1999 13,0
2000 -5,4
2001 -1,5
2002 3,5
2003 -0,2
2004 -5,7
2005 -24,2
2006 -29,9
2007 -42,5
2008 -56,2
2009 -45,4
2010 -52,4
2011 -74,5
2012 -67,6
2013 -61,8
2014 -56,3
2015 -43,0
2016 -44,8
2017 -58,0
2018 -59,1
  • Champ : échanges de biens.
  • Note : à partir du 1er janvier 1997, les départements d'outre-mer (Guadeloupe, Guyane française, Martinique et Réunion), auparavant exclus du champ de la balance commerciale de la France (et donc considérés comme des partenaires commerciaux), sont traités comme l'ensemble des départements métropolitains. Les séries depuis 1988 intègrent ce changement qui minimise les exportations : le déficit global de la France se creuse en 1988. À partir du 1er janvier 1999, la méthodologie de comptabilisation des opérations liées à l'activité de la base spatiale de Kourou (lancement de satellites) est modifiée. Les séries depuis 1991 intègrent ce changement qui a plus fortement minimisé les exportations et donc pénalisé la balance commerciale. Données brutes estimées, Fab-Fab y c. matériel militaire et données sous le seuil déclaratif.
  • Source : DGDDI (extraction du 25 septembre 2019).

Figure 5Solde de la balance commerciale en biens de 1971 à 2018

  • Champ : échanges de biens.
  • Note : à partir du 1ᵉʳ janvier 1997, les départements d'outre-mer (Guadeloupe, Guyane française, Martinique et Réunion), auparavant exclus du champ de la balance commerciale de la France (et donc considérés comme des partenaires commerciaux), sont traités comme l'ensemble des départements métropolitains. Les séries depuis 1988 intègrent ce changement qui minimise les exportations : le déficit global de la France se creuse en 1988. À partir du 1ᵉʳ janvier 1999, la méthodologie de comptabilisation des opérations liées à l'activité de la base spatiale de Kourou (lancement de satellites) est modifiée. Les séries depuis 1991 intègrent ce changement qui a plus fortement minimisé les exportations et donc pénalisé la balance commerciale. Données brutes estimées, Fab-Fab y c. matériel militaire et données sous le seuil déclaratif.
  • Source : DGDDI (extraction du 25 septembre 2019).

Figure 6Solde de la balance commerciale dans quelques pays de l'UE en 2018

en milliards d'euros
Solde de la balance commerciale dans quelques pays de l'UE en 2018 (en milliards d'euros)
Solde de la balance commerciale
Allemagne 232,3
Pays-Bas 67,1
Irlande 48,2
Italie 38,9
Rép. tchèque 14,8
Belgique 14,0
Danemark 5,7
Hongrie 3,4
Slovénie 1,6
Slovaquie 0,3
Pologne -5,0
Luxembourg -6,6
Autriche -7,6
Croatie -9,1
Roumanie -15,4
Portugal -17,1
Grèce -20,6
Espagne -36,4
France -76,6
Royaume-Uni -158,5
  • Source : Eurostat (extraction du 8 octobre 2019).

Figure 6Solde de la balance commerciale dans quelques pays de l'UE en 2018

  • Source : Eurostat (extraction du 8 octobre 2019).

Avertissement

Sauf mention contraire, les données nationales se réfèrent à la France métropolitaine et aux cinq départements d’outre-mer (sauf mention contraire Mayotte est inclus dans les données de la France).

Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d’une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.

Les comparaisons internationales s’appuient en général sur les données issues d’organismes internationaux (Eurostat, ONU, etc.) qui peuvent diverger des sources produites par les instituts nationaux de statistiques, notamment pour l’Insee, pour les données françaises. En effet, ces organismes effectuent souvent des ajustements de champ ou de méthode, d’ampleur souvent réduite, afin de produire des données comparables d’un pays à l’autre.

Sauf précision contraire, les indicateurs relatifs à l’Union européenne (UE) figurant dans cet ouvrage portent sur l’UE à 28.

Définitions

Balance commerciale : compte qui retrace la valeur des biens exportés et la valeur des biens importés. Pour calculer la balance commerciale, la comptabilité nationale procède à l’évaluation des importations et des exportations de biens à partir des statistiques douanières de marchandises. Des correctifs sont apportés à celles-ci : d’une part, les échanges se rapportant à la récupération sont déduits des flux douaniers, d’autre part, on y ajoute ceux de matériel militaire ainsi que l’avitaillement des navires et des avions. Si la valeur des exportations dépasse celle des importations, on dit qu’il y a excédent commercial ou que la balance commerciale est excédentaire ; si les importations sont supérieures aux exportations, le pays a un déficit commercial ou sa balance commerciale est déficitaire. En France, la balance commerciale ne couvre que les biens. Les services sont pris en compte dans la balance des biens et des services, contrairement à d’autres pays où la balance commerciale couvre les biens et les services.

Caf (coût, assurance, fret) : prix d’un bien à la frontière du pays importateur ou prix d’un service fourni à un résident avant acquittement de tous les impôts et droits sur les importations et paiement de toutes les marges commerciales et de transport dans le pays.

Capacité ou besoin de financement : la capacité de financement est le solde du compte de capital. Ce solde est égal à l’épargne brute augmentée des transferts nets en capital et diminuée des dépenses faites à des fins d’accumulation : FBCF, variations de stocks, acquisitions nettes d’objets de valeur et d’actifs non financiers non produits (terrains, actifs incorporels…). On parle de capacité de financement si le solde est positif, et de besoin de financement s’il est négatif.

Demande mondiale adressée à la France : mesure ce que serait l’évolution des exportations dans le cas où la France conserverait des parts de marché constantes.

Exportations de biens et de services : ensemble des biens et des services fournis par des résidents à des non-résidents, à titre onéreux ou gratuit. Avec l’application du Système Européen des Comptes nationaux et régionaux de 2010 (SEC 2010), en cohérence avec la 6e édition du manuel de balance des paiements (BPM6), la définition des échanges extérieurs en comptabilité nationale est dorénavant fondée sur la notion de propriété. Ainsi, par exemple les biens envoyés à l’étranger pour travail à façon ne sont plus comptés en exportations de biens, et la marchandise transformée n’est plus comptée comme une importation de biens. En revanche est comptabilisée une importation de service industriel par le pays du donneur d’ordre, d’un montant égal à la différence de valeur entre le produit fini et les intrants. Le solde total des échanges extérieurs n’est pas modifié.

Fab (franco à bord) : prix d’un bien à la frontière du pays exportateur ou prix d’un service fourni à un non-résident. Il comprend la valeur des biens ou des services au prix de base, des services de transport et de distribution jusqu’à la frontière, les impôts moins les subventions.

Importations de biens et de services : ensemble des biens et des services fournis par des non-résidents à des résidents, à titre onéreux ou gratuit. Avec l’application du Système Européen des Comptes nationaux et régionaux de 2010 (SEC 2010), en cohérence avec la 6e édition du manuel de balance des paiements (BPM6), la définition des échanges extérieurs en comptabilité nationale est dorénavant fondée sur la notion de propriété. Ainsi, par exemple les biens envoyés à l’étranger pour travail à façon ne sont plus comptés en exportations de biens, et la marchandise transformée n’est plus comptée comme une importation de biens. En revanche est comptabilisée une importation de service industriel par le pays du donneur d’ordre, d’un montant égal à la différence de valeur entre le produit fini et les intrants. Le solde total des échanges extérieurs n’est pas modifié.

Services d’intermédiation financière indirectement mesurés (Sifim) : part des services rendus par les intermédiaires financiers qui n’est pas facturée à la clientèle. Pour ces services, les intermédiaires financiers se rémunèrent en prenant une marge de taux d’intérêt sur les dépôts de leurs clients et sur les prêts (crédits) qu’ils leur accordent.

Solde du commerce extérieur : différence entre la valeur des exportations et celle des importations entre deux pays (ou deux zones). Il peut être relatif à un produit ou à l’ensemble des échanges de produits (biens et services). Le rapport entre ces deux valeurs est appelé taux de couverture. Voir aussi dans la rubrique « Définitions » en annexe : Taux de couverture.

Termes de l’ échange : rapport, pour un produit donné, entre l'indice du prix des exportations et celui des importations. Les indices sont exprimés selon une même année de base. Une amélioration des termes de l’échange de 1 % signifie que la croissance du prix des exportations est 1 % plus forte que celle du prix des importations. Elle signifie aussi une détérioration de la compétitivité-prix française. Inversement une baisse des termes de l’échange signifie une amélioration de la compétitivité-prix. Ce rapport peut être calculé par produit, pour un ensemble de produits ou globalement.

Définitions