Tableaux de l'économie françaiseÉdition 2020

Les Tableaux de l'économie française s'adressent à tous ceux qui souhaitent disposer d'un aperçu rapide et actuel sur la situation économique, démographique et sociale de la France.

Insee Références
Paru le : Paru le 27/02/2020
Tableaux de l'Économie Française - février 2020
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Sommaire

Investissement dans l’éducation

Insee Références

Paru le : 27/02/2020

Présentation

En 2018, la dépense intérieure d’éducation (DIE) atteint 157,2 milliards d’euros, soit 6,7 % du produit intérieur brut (PIB). La dépense par élève ou étudiant s’élève à 8 810 euros, en hausse de 490 euros par rapport à 2008. Elle augmente avec le niveau d’enseignement. La DIE se répartit entre l’ enseignement du premier degré pour 29,7 %, l’ enseignement du second degré pour 38,6 %, l’ enseignement supérieur pour 20,2 % et la formation continue et extrascolaire à hauteur de 11,5 %.

En 2018, l’État participe de manière prépondérante au financement de la DIE, à hauteur de 57,4 %. Il supporte l’essentiel des charges de personnel qui représentent les trois quarts des dépenses. Les collectivités territoriales financent 23,4 % de la DIE, les entreprises 8,5 %, les ménages 7,8 %. Enfin, les autres administrations publiques, notamment la Caisse d’allocations familiales (CAF) qui verse l’allocation de rentrée scolaire, financent les 2,9 % restants.

Pour le premier degré, la dépense d’éducation est principalement financée par l’État, mais aussi par les collectivités territoriales, essentiellement les communes. Celles-ci ont à charge la rémunération des personnels non enseignants, ainsi que les dépenses de fonctionnement et d’investissement des écoles du premier degré. En 2018, ce sont les dépenses d’investissement qui progressent le plus, avec un effort particulier des communes.

La DIE du second degré continue d’augmenter en 2018. Cette hausse est due à l’augmentation du nombre d’enseignants non titulaires, à la création de postes d’accompagnants d’élèves en situation de handicap et d’assistants d’éducation. Près de la moitié des dépenses pour le second degré est consacrée au collège, les lycées généraux et technologiques en perçoivent 31 % et les lycées professionnels 16 %. Les régions et les départements, en charge des lycées et des collèges, financent 20,6 % de la DIE.

Pour le supérieur, la part de la dépense d’éducation financée par l’État est prépondérante (67,6 % de la dépense), loin devant celle réalisée par les collectivités territoriales (10,4 %) et les ménages (9,6 %).

En 2018-2019, 1 156 000 personnes sont rémunérées par le ministère en charge de l’Éducation nationale au titre de l’enseignement scolaire : 871 000 personnes enseignent, 274 000 exercent d’autres missions (assistance éducative, éducation, direction d’établissement, administration, logistique, santé et social, etc.), et 11 000 ne sont pas en poste (agents en congé longue durée ou en congé de formation professionnelle).

En 2016, avec une part de ses dépenses publiques d’éducation dans le PIB de 5,4 %, la France se situe légèrement au-dessus de la moyenne des pays de l’Union européenne (UE) (5,0 %). Elle se place à un niveau équivalent à celui des Pays-Bas et du Royaume-Uni, derrière la Suède, la Finlande, la Belgique et Chypre qui consacrent au moins 6,0 % de leur PIB à l’éducation. À l’inverse, l'Irlande, l'Italie, l'Espagne et l'Allemagne y consacrent moins de 4,5 %.

Tableaux et graphiques

Figure 1Évolution des effectifs du personnel de l'Éducation nationale selon leur mission

Évolution des effectifs du personnel de l'Éducation nationale selon leur mission
2010 2012 2014 2016 2017 2018
Enseignants du secteur public des premier et second degrés1 705 302 690 245 705 008 717 905 725 522 728 452
   Enseignement d’élèves du premier degré public 319 856 311 512 319 088 327 294 330 666 333 000
   Enseignement d’élèves du second degré public 385 446 378 733 385 920 390 611 394 856 395 452
Enseignants du secteur privé2 des premier et second degrés1 141 139 139 369 140 758 142 002 143 066 142 452
   Enseignement d’élèves du premier degré privé 45 108 44 844 45 287 45 722 46 111 45 781
   Enseignement d’élèves du second degré privé 96 031 94 525 95 471 96 280 96 955 96 671
Autres missions (non enseignement)3 215 267 222 184 222 302 240 788 256 866 274 389
Aucune affectation4 237 208 145 11 988 11 393 11 075
Total 1 061 945 1 052 006 1 068 213 1 112 683 1 136 847 1 156 368
  • 1. Hors personnels du corps enseignant n'effectuant pas une mission d'enseignement mais y c. les enseignants non titulaires.
  • 2. Uniquement enseignants du secteur privé sous contrat, hors Mayotte.
  • 3. Y c. autres missions des corps enseignants et non enseignants non titulaires.
  • 4. 2008-2014 : stagiaires IUFM (fermeture en 2013) ; 2016-2018 : agents en congé longue durée ou en congé de formation professionnelle (données non disponibles avant le 30 novembre 2015).
  • Note : les millésimes correspondent à l'année de rentrée scolaire ; les effectifs comptabilisés en autres missions (non enseignement) des personnels du service académique des examens et concours et de l'administration centrale ne sont pas disponibles avant le 30 novembre 2015.
  • Source : Depp.

Figure 2Dépense pour la formation continue selon le public bénéficiaire

en milliards d’euros
Dépense pour la formation continue selon le public bénéficiaire (en milliards d’euros)
2016 (r) 2017 2017
Structure en % Évolution 17/16 en %
Jeunes (moins de 26 ans en général)1 7,7 7,7 29,4 0,9
   dont : apprentissage 5,5 5,6 21,3 2,6
            alternance, professionnalisation 1,2 1,2 4,7 1,2
Demandeurs d'emploi1 5,8 5,7 21,5 -1,9
Actifs occupés du secteur privé1 2 6,8 6,6 25,1 -3,4
Agents du secteur public3 5,8 6,0 22,6 3,6
Investissement4 0,3 0,4 1,4 14,3
Total 26,4 26,3 100,0 -0,1
  • r : données révisées.
  • 1. Une partie des dépenses bénéficiant aux jeunes sont classées avec les actifs occupés (plan de formation, etc.) ou les personnes en recherche d’emploi (jeunes bénéficiant de l’Aref, etc.).
  • 2. Hors dépenses directes des entreprises.
  • 3. Hors investissement.
  • 4. Y c. l'investissement pour les agents du secteur public.
  • Source : Dares.

Figure 3Dépense intérieure d'éducation

Dépense intérieure d'éducation
2000 2010 2017 (r) 2018 (p)
Aux prix courants (en Md€) 108,2 139,3 154,2 157,2
Aux prix 2018 (en Md€) 137,4 148,5 155,5 157,2
En % du PIB 7,3 7,0 6,7 6,7
Dépense moyenne par élève aux prix 2018 (en euros) 7 940 8 600 8 730 8 810
   Premier degré 5 650 5 970 6 670 6 820
   Second degré 9 410 10 200 9 900 9 930
   Supérieur 10 820 12 260 11 560 11 470
  • p : données provisoires.
  • r : données révisées.
  • Source : Depp.

Figure 4Ratio élève / enseignant par niveau d'étude dans l'UE en 2017

en %
Ratio élève / enseignant par niveau d'étude dans l'UE en 2017 (en %)
Enseignement primaire 1er cycle de l'enseignement secondaire 2nd cycle de l'enseignement secondaire
Allemagne 15,4 13,2 12,7
Autriche 11,3 8,6 10,1
Belgique 12,9 8,9 9,7
Bulgarie 15,3 12,5 12,4
Chypre 12,6 9,7 8,8
Croatie 14,0 8,6 8,6
Danemark1 11,9 11,0 13,1
Espagne 13,6 11,8 10,7
Estonie 13,2 10,0 15,8
Finlande 13,7 8,9 18,2
France 19,6 14,0 11,1
Grèce 9,4 7,8 9,3
Hongrie 10,8 10,4 11,5
Irlande2 16,4 nd 13,9
Italie 11,7 11,0 10,3
Lettonie 12,1 8,4 10,4
Lituanie 10,6 7,3 8,0
Luxembourg 9,0 10,9 8,6
Malte 13,0 6,5 8,0
Pays-Bas 16,7 16,1 18,0
Pologne 10,7 9,5 10,0
Portugal 12,7 9,8 9,2
Rép. tchèque 19,1 12,1 11,1
Roumanie 19,4 12,1 13,7
Royaume-Uni 16,9 15,2 17,2
Slovaquie 17,4 12,4 13,6
Slovénie 14,4 6,0 14,1
Suède 12,8 12,2 13,7
UE 14,7 12,2 12,2
  • nd : donnée non disponible.
  • 1. Données 2014.
  • 2. Données 2013.
  • Note : le ratio élève/enseignant doit être réservé aux comparaisons géographiques ; il ne doit en particulier pas être confondu avec le nombre d'élèves par classe ; voir « Définitions » en annexe.
  • Source : Eurostat (extraction du 14 novembre 2019).

Figure 5Dépenses d'éducation dans l'UE en 2016

en % du PIB
Dépenses d'éducation dans l'UE en 2016 (en % du PIB)
Dépenses publiques Dépenses privées Subventions publiques au secteur privé
Allemagne 4,5 0,7 0,4
Autriche 5,4 0,3 0,3
Belgique 6,4 0,4 0,4
Bulgarie 3,9 0,7 0,8
Chypre 6,3 1,4 0,5
Croatie1 nd 0,4 nd
Danemark nd nd nd
Espagne 4,1 0,9 0,2
Estonie2 4,9 0,4 0,2
Finlande 6,6 0,2 0,4
France 5,4 0,7 0,2
Grèce3 3,7 nd 0,0
Hongrie 4,5 0,8 0,2
Irlande3 3,8 0,4 0,6
Italie 3,8 0,5 0,3
Lettonie 4,7 0,4 0,2
Lituanie 3,9 0,6 0,1
Luxembourg3 3,9 0,1 0,1
Malte 4,8 0,5 0,4
Pays-Bas 5,5 1,0 0,9
Pologne 4,6 0,6 0,2
Portugal3 4,8 1,1 0,2
Rép. tchèque 3,6 0,5 0,1
Roumanie 2,6 0,0 0,1
Royaume-Uni 5,4 2,1 1,0
Slovaquie3 4,6 0,7 0,3
Slovénie 4,5 0,6 0,2
Suède 7,1 0,3 0,7
UE3 5,0 nd nd
  • nd : donnée non disponible.
  • 1. Donnée 2014.
  • 2. Données 2013.
  • 3. Données 2015.
  • Note : ensemble des niveaux de la Cite 2011, à l'exclusion du développement éducatif de la petite enfance.
  • Source : Eurostat (extraction du 14 novembre 2019).

Avertissement

Sauf mention contraire, les données nationales se réfèrent à la France métropolitaine et aux cinq départements d’outre-mer (sauf mention contraire Mayotte est inclus dans les données de la France).

Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d’une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.

Les comparaisons internationales s’appuient en général sur les données issues d’organismes internationaux (Eurostat, ONU, etc.) qui peuvent diverger des sources produites par les instituts nationaux de statistiques, notamment pour l’Insee, pour les données françaises. En effet, ces organismes effectuent souvent des ajustements de champ ou de méthode, d’ampleur souvent réduite, afin de produire des données comparables d’un pays à l’autre.

Sauf précision contraire, les indicateurs relatifs à l’Union européenne (UE) figurant dans cet ouvrage portent sur l’UE à 28.

Définitions

Classification internationale type de l'éducation (Cite) : nomenclature construite pour produire dans l’ensemble des pays des statistiques comparables sur l’enseignement et la formation. Elle a été conçue par l’Unesco au cours des années 1970, puis révisée en 1997 et en 2011. En France, les niveaux 0 et 1 de la Cite 2011 correspondent à l’enseignement préprimaire ou primaire, les niveaux 2 et 3 à l’enseignement secondaire des formations en collège et des formations en lycée. Le niveau 4 de la Cite 2011 correspond à l’enseignement post-secondaire non supérieur (capacité en droit, DAEU, etc.). Le niveau 5 correspond à l’enseignement supérieur de cycle court (BTS, DUT, etc.), le niveau 6 aux licences (ou niveaux équivalents), le niveau 7 aux masters (ou niveaux équivalents) et le niveau 8 aux doctorats (ou niveaux équivalents, hors santé). La révision de la Cite sur les spécialités de formation a été adoptée en 2013.

Dépense intérieure d’éducation (DIE) : rassemble toutes les dépenses effectuées, sur le territoire national, par l'ensemble des agents économiques, administrations publiques centrales et locales, entreprises et ménages, pour les activités d'éducation. Ces activités regroupent l'enseignement scolaire et extra-scolaire de tous niveaux, l'organisation du système éducatif (administration générale, orientation, documentation pédagogique et recherche sur l'éducation), les activités destinées à favoriser la fréquentation scolaire (hébergement et restauration, médecine scolaire, transports) et les dépenses demandées par les institutions (fournitures, livres, habillement). La dépense intérieure d'éducation est évaluée chaque année par le compte de l'éducation, compte satellite de la comptabilité nationale.

École élémentaire : l’école élémentaire accueille les élèves du cycle des apprentissages fondamentaux (cycle II) – CP, CE1 et CE2 – et des deux premières années du cycle de consolidation (Cycle III) – CM1 et CM2.

École maternelle : l’école maternelle accueille exclusivement les élèves du cycle des apprentissages premiers (cycle I) : petite, moyenne et grande section de maternelle.

École primaire : l’école élémentaire peut également accueillir des élèves de niveau préélémentaire (cycle I). Dans ce cas, elle est aussi appelée école primaire.

Enseignants du premier degré : instituteurs, professeurs des écoles et autres enseignants chargés de classes du premier degré dans les écoles publiques et privées sous contrat avec le ministère en charge de l’éducation nationale.

Enseignants du second degré : titulaires et non-titulaires enseignant dans les établissements du second degré publics et privés sous contrat avec le ministère en charge de l’éducation nationale (collèges, lycées, etc.). Sont inclus les personnels de remplacement et de documentation.

Enseignants du supérieur : enseignants titulaires dans les établissements d’enseignement supérieur publics sous tutelle du ministère en charge de l’enseignement supérieur.

Enseignement du premier degré : regroupe les enseignements préélémentaire et élémentaire, dispensés dans les écoles maternelles, élémentaires et primaires.

Enseignement du second degré : regroupe l'enseignement dispensé dans les collèges, les lycées d'enseignement général et technologique, les lycées professionnels du ministère en charge de l'Éducation nationale ou d'autres ministères (principalement le ministère en charge de l'agriculture) et les établissements régionaux d'enseignement adapté.

Enseignement privé : il existe deux secteurs d'enseignement pour les établissements scolaires et les écoles, le public et le privé. Au sein du secteur privé, on distingue le privé sous contrat (contrat simple ou contrat d'association) du privé hors contrat.

Enseignement supérieur : regroupe les enseignements généraux, techniques ou professionnels qui demandent de disposer d'un niveau de formation supérieur ou égal au baccalauréat ou à son équivalent. Les enseignements sont dispensés dans les établissements d'enseignement publics ou privés, sous tutelle d'un ministère ou non. Le champ couvre les établissements situés en France, y compris d'outre-mer, ainsi que les établissements français à l'étranger. Il s’agit notamment : des universités et de leurs instituts, des écoles supérieures du professorat et de l'éducation (ESPE), des sections de techniciens supérieurs (STS), des classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE), des écoles d'ingénieurs, des écoles de commerce ou de gestion, vente et comptabilité, des écoles paramédicales et sociales, etc.

Formation professionnelle continue : obligation légale depuis 1971, elle a pour but d’assurer aux salariés, employés ou demandeurs d’emploi, une formation destinée à conforter, améliorer ou acquérir des connaissances professionnelles. Elle se répartit en deux grands secteurs distincts. Les actions financées par les entreprises, qui ont l'obligation de consacrer 1,00 % de la masse salariale (entreprises de onze salariés et plus) ou 0,55 % (entreprises de moins de dix salariés) à la formation continue et les actions financées par les fonds publics, essentiellement consacrées aux demandeurs d'emploi et à la promotion sociale.

Ratio élève / enseignant : calculé par Eurostat en divisant l'équivalent du nombre d'élèves suivant des cours à temps plein par l'équivalent du nombre d'enseignants donnant des cours à temps plein. Seuls les enseignants en poste (y compris les éducateurs scolaires spécialisés) sont pris en compte. Le ratio élève / enseignant ne doit pas être confondu avec la taille moyenne d'une classe, car cette dernière ne tient pas compte des cas spéciaux, comme les petits groupes d'élèves ayant des besoins spécifiques ou les matières spécialisées / minoritaires, ou bien de la différence entre le nombre d'heures d'enseignement dispensées par les enseignants et le nombre d'heures d'instruction conseillées par élève, par exemple dans le cas d'un enseignant qui travaille dans un système par équipes.

Définitions