Tableaux de l'économie françaiseÉdition 2020

Les Tableaux de l'économie française s'adressent à tous ceux qui souhaitent disposer d'un aperçu rapide et actuel sur la situation économique, démographique et sociale de la France.

Insee Références
Paru le : Paru le 27/02/2020
Tableaux de l'Économie Française - février 2020
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Sommaire

Pétrole – Charbon

Insee Références

Paru le : 27/02/2020

Présentation

En 2018, le cours du Brent ( pétrole brut de référence pour le marché européen), calculé en moyenne sur l’ensemble de l’année, s’établit à 71 dollars ($). Il augmente fortement (+ 31 %) par rapport à 2017. En moyenne annuelle, le prix du pétrole brut importé par les raffineurs français s’est élevé en moyenne à 449 euros (€) la tonne en 2018, en hausse de 26 % sur un an. Il atteignait plus de 600 € la tonne en 2012.

En 2018, les importations de pétrole brut s’élèvent à 54 millions de tonnes équivalent pétrole  (Mtep), en net repli (– 7,8 %) par rapport à 2017. La facture correspondante augmente fortement pour la deuxième année consécutive (+ 15 % sur un an, après + 26 % en 2017), en raison de l’envolée des cours et malgré la baisse sensible des quantités achetées. Le Kazakhstan demeure le principal fournisseur de la France, suivie par l’Arabie Saoudite qui est repassée à la deuxième place en 2018. Elle devance la Russie. Le Nigeria, l’Algérie et la Libye viennent ensuite, avec des quantités en hausse sur un an. Les importations en provenance de la Norvège, qui étaient en hausse depuis deux ans, ont nettement reculé. En 2018, la France a acheté un peu plus de la moitié de son pétrole brut auprès des membres de l’ Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) . Le solde importateur de la France en produits raffinés s’établit à 23 Mtep en 2018, soit son niveau de 2015, mais reste inférieur à celui des années précédentes.

Autrefois importante, la production primaire d’énergie fossile en France est désormais marginale. Elle s’élève à 1 Mtep en 2018, composée en majeure partie de pétrole brut extrait des bassins parisien et aquitain. Cette production de pétrole brut ne satisfait désormais qu'un peu plus de 1 % de la consommation nationale.

Le charbon est principalement importé sous forme primaire. En 2018, son prix moyen s’élève à 139 € la tonne. Il augmente légèrement sur un an (+ 5 %), répercutant l’évolution globalement à la hausse des prix sur les marchés internationaux entre 2017 et 2018.

La consommation primaire de charbon suit une tendance à la baisse depuis une trentaine d’années. Après un niveau historiquement bas en 2016, la consommation était repartie à la hausse en 2017. Elle renoue avec sa tendance de long terme en 2018, en se repliant à 9 Mtep. La filière fonte constitue le principal secteur d’activité consommateur de charbon, avec, en 2018, 47 % de la consommation totale. Elle est suivie par celui de la production d’électricité et de chaleur qui ne représentent plus que 30 % de la consommation (contre 48 % en 2012). La consommation finale (essentiellement celle de l’industrie manufacturière hors hauts-fourneaux) représente, quant à elle, 16 % de l’ensemble.

La dépense totale en charbon s’élève à 2,1 milliards d’euros en 2018, en retrait de 8 % par rapport à 2017. Les hauts-fourneaux en concentrent à eux seuls plus de 60 %.

Tableaux et graphiques

Figure 1Consommation de produits pétroliers

en millions de tonnes
Consommation de produits pétroliers (en millions de tonnes)
1973 1985 2018 18/17 en %
Gazole 6,5 10,9 33,6 -3,1
Fioul domestique 37,2 20,7 5,7 -9,1
Supercarburants 15,8 18,0 8,0 3,9
Bases pétrochimie 5,4 7,1 7,7 -12,3
Carburéacteurs 1,8 2,6 6,8 3,6
Fiouls lourds 34,1 8,2 0,4 -29,8
Gaz (GPL) 2,7 2,9 1,7 -3,6
Autres produits 8,2 4,7 9,0 1,5
Consommation intérieure 111,8 75,1 72,9 -3,0
  • Source : CPDP.

Figure 2Prix moyens des énergies importées

en euros courants Caf par tonne
Prix moyens des énergies importées (en euros courants Caf par tonne)
1973 1985 2000 2018
Charbon1 22 80 49 139
Pétrole brut 18 281 228 459
Produits pétroliers raffinés 31 295 278 551
  • 1. Houille, lignite, coke et agglomérés.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Sources : DGDDI ; SDES.

Figure 3Consommation de pétrole dans le monde

en millions de tonnes
Consommation de pétrole dans le monde (en millions de tonnes)
1973 1985 2018 2018 en %
États-Unis 833 710 893 19,7
Chine 54 90 628 13,9
Inde 23 43 237 5,2
Japon 269 208 176 3,9
Arabie saoudite 24 47 156 3,4
Russie nd 247 146 3,2
Brésil 39 56 141 3,1
Corée du Sud 12 26 122 2,7
Allemagne1 162 126 109 2,4
Canada 82 71 105 2,3
Iran 16 44 82 1,8
Indonésie 9 22 80 1,8
Mexique 26 61 79 1,7
France 127 84 76 1,7
Royaume-Uni 114 78 74 1,6
Total monde (r) 2 770 (r) 2 831 4 529 100,0
  • nd : donnée non disponible.
  • r : donnée révisée.
  • 1. Ex-RFA pour 1973.
  • Sources : BP Statistical Review of World Energy ; CPDP.

Figure 4Provenance du pétrole brut importé en France

en millions de tonnes
Provenance du pétrole brut importé en France (en millions de tonnes)
1973 1990 2018 2018 en %
Afrique (r) 33,2 (r) 20,9 17,7 33,2
   dont : Nigeria 12,6 3,1 5,8 10,9
            Algérie 11,1 3,0 5,1 9,5
            Libye 6,5 2,9 4,7 8,8
URSS/ex-URSS 3,4 6,2 16,8 31,6
   dont : Kazakhstan /// /// 8,1 15,3
            Russie /// /// 7,6 14,3
Moyen-Orient 96,4 31,7 12,6 23,7
   dont Arabie Saoudite 30,2 15,2 8,0 14,9
Mer du Nord 0,2 10,4 4,1 7,7
Autres 1,8 4,1 2,0 3,8
Importations totales 134,9 73,4 53,3 100,0
   dont Opep 127,8 41,7 29,3 55,0
  • r : donnée révisée.
  • /// : absence de résultat due à la nature des choses.
  • Champ : y c. condensats et autres produits à distiller et part non-bio des additifs.
  • Note : le pétrole est classé ici en fonction du pays d'où il a été extrait.
  • Source : SDES.

Figure 5Consommation de charbon par secteur

en millions de tep
Consommation de charbon par secteur (en millions de tep)
1990 2000 2010 2018 18/17 en %
Branche énergie1 14,9 12,6 9,6 7,7 -9,9
   dont filière fonte nd nd nd 4,4 -1,8
Consommation finale1 5,3 2,5 1,8 1,5 2,1
   Industrie (y c. construction) 3,3 1,7 1,4 1,1 4,7
   Autres usages énergétiques 1,7 0,6 0,4 0,1 -25,0
   Non énergétique 0,3 0,2 0,1 0,3 -3,3
Total consommation primaire1 20,3 15,1 11,4 9,2 -8,2

Figure 6Production et réserves de pétrole brut dans le monde

en millions de tonnes
Production et réserves de pétrole brut dans le monde (en millions de tonnes)
Production en 2018 Réserves prouvées au 1er janvier 2019
en % en %
Amérique du Nord 875 19,8 31 187 13,7
   Canada 186 4,2 22 838 10,0
   États-Unis 689 15,6 8 349 3,7
Amérique latine 423 9,6 45 877 20,1
   dont : Brésil 129 2,9 1 751 0,8
            Mexique 98 2,2 877 0,4
            Venezuela 77 1,8 41 311 18,1
Afrique 387 8,8 16 902 7,4
   dont : Algérie 65 1,5 1 664 0,7
            Libye 48 1,1 6 598 2,9
            Nigeria 98 2,2 4 936 2,2
Europe 882 20,0 18 114 7,9
   dont : France 1 0,0 8 0,0
            Kazakhstan 100 2,3 4 093 1,8
            Norvège 73 1,7 1 167 0,5
            Royaume-Uni 48 1,1 341 0,1
            Russie 575 13,0 10 914 4,8
Proche-Orient 1 482 33,6 109 771 48,1
   dont : Arabie saoudite 578 13,1 36 325 15,9
            Irak 226 5,1 20 085 8,8
            Iran 220 5,0 21 228 9,3
            Koweït 147 3,3 13 847 6,1
Extrême-Orient et Océanie 361 8,2 6 317 2,8
   dont Chine 189 4,3 3 537 1,6
Total monde 4 411 100,0 228 167 100,0
   dont Opep 1 837 41,6 162 250 71,1
  • Sources : CPDP ; Oil and Gas Journal.

Figure 7Provenance des importations de charbon en 2018

en %
Provenance des importations de charbon en 2018 (en %)
2018
Afrique du Sud 5,9
Colombie 11,0
Autres pays 12,3
États-Unis 13,7
Australie 26,9
Russie 30,2
  • Sources : DGDDI ; SDES.

Figure 7Provenance des importations de charbon en 2018

  • Sources : DGDDI ; SDES.

Avertissement

Sauf mention contraire, les données nationales se réfèrent à la France métropolitaine et aux cinq départements d’outre-mer (sauf mention contraire Mayotte est inclus dans les données de la France).

Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d’une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.

Les comparaisons internationales s’appuient en général sur les données issues d’organismes internationaux (Eurostat, ONU, etc.) qui peuvent diverger des sources produites par les instituts nationaux de statistiques, notamment pour l’Insee, pour les données françaises. En effet, ces organismes effectuent souvent des ajustements de champ ou de méthode, d’ampleur souvent réduite, afin de produire des données comparables d’un pays à l’autre.

Sauf précision contraire, les indicateurs relatifs à l’Union européenne (UE) figurant dans cet ouvrage portent sur l’UE à 28.

Définitions

Charbon : terme recouvrant la houille, le lignite, le coke, les agglomérés et les produits de récupération. La houille est plus riche en carbone et a une teneur en eau et en matières volatiles plus faible que le lignite. Le coke de houille est obtenu par carbonisation de la houille.

Consommation d’énergie corrigée des variations climatiques : la consommation d’énergie pour le chauffage est plus forte quand l’hiver est plus rigoureux. C’est une évidence qui ne présente pas un grand intérêt pour l’analyse dans la mesure où elle ne traduit pas un changement des comportements. Pour mieux analyser les évolutions, on calcule des consommations « corrigées des variations climatiques » (primaire et finale). C’est-à-dire qu’on évalue ce qu’aurait été la consommation si les températures avaient été conformes à la moyenne de référence 1986-2015. On obtient un résultat théorique, qui dépend de la méthode utilisée, et qui complète la consommation « réelle », celle qui est observée.

Consommation finale d’énergie : quantité d’énergie disponible pour l’utilisateur final. C’est la consommation primaire d’énergie, moins la consommation de la branche énergie (pertes de transformation, de transport et de distribution d’énergie, consommation propre des entreprises de la branche). À l’intérieur de la consommation finale totale, on distingue la consommation finale non énergétique et la consommation finale énergétique, que l’on répartit entre les secteurs consommateurs (transports, industrie, agriculture et résidentiel-tertiaire).

Consommation primaire d’énergie : consommation de tous les acteurs sur le territoire national, égale à la somme de la consommation finale (i.e. de la consommation des utilisateurs finals) et de la consommation nette du secteur de l’énergie.

Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) : créée en 1960 (Conférence de Bagdad), l’organisation siège à Vienne et regroupe quatorze pays en 2016 (Algérie, Angola, Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Équateur, Gabon, Indonésie, Irak, Iran, Koweït, Libye, Nigeria, Qatar et Venezuela), suite à la réintégration de l’Indonésie et du Gabon, respectivement en janvier et juillet 2016. L’Indonésie suspend toutefois de nouveau son adhésion le 30 novembre 2016, tandis que la Guinée équatoriale rejoint l’organisation en mai 2017. L’OPEP se fixe pour objectif de coordonner les politiques pétrolières des États membres, à la fois pour rentabiliser les investissements des producteurs et assurer l'approvisionnement des consommateurs.

Pays de la mer du Nord : les pays de la mer du Nord producteurs de pétrole ou de gaz sont le Royaume-Uni, la Norvège, les Pays-Bas et le Danemark.

Pétrole, produits pétroliers : huile minérale naturelle, mélange complexe d’hydrocarbures liquides (éléments chimiques contenant de l’hydrogène associé à du carbone), qui se forme naturellement dans des nappes souterraines présentes dans les roches sédimentaires. Les formes primaires comprennent le pétrole brut, les liquides du gaz naturel et les autres hydrocarbures. Elles sont transformées par distillation en raffinerie. Il en résulte toute une gamme de produits pétroliers, propane, butane, naphta, essence, kérosène, fioul, bitume... La pétrochimie élabore les dérivés du pétrole pour les usages non énergétiques.

Réserves prouvées : quantités d'hydrocarbures, de charbon qui, selon les informations géologiques et techniques disponibles, ont une forte probabilité (supérieure à 90 %) d'être récupérées dans le futur, à partir des gisements connus et dans les conditions technico-économiques existantes. Cette estimation est donc continuellement réévaluée en fonction des nouvelles découvertes de l’évolution des cours et de l'amélioration de la récupération sur les champs existants.

Tonne équivalent pétrole (tep) : quantité d’énergie contenue dans une tonne de pétrole brut, soit 41,868 gigajoules. Cette unité est utilisée pour exprimer dans une unité commune la valeur énergétique des diverses sources d’énergie. Selon les conventions internationales, une tonne d’équivalent pétrole équivaut par exemple à 1 616 kg de houille, 1 069 m3 de gaz d’Algérie ou 954 kg d’essence moteur. Pour l’électricité, 1 tep vaut 11,6 MWh.

Définitions