Les entreprises en FranceÉdition 2019

Cette nouvelle édition du numéro Les entreprises en France de la collection Insee Références offre une vue structurelle complète de notre système productif.

Insee Références
Paru le : Paru le 03/12/2019
Les entreprises en France - décembre 2019
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Sommaire

Valeur ajoutée

Insee Références

Paru le : 11/12/2019

En 2018, la valeur ajoutée (VA) de l’économie nationale s’élève à 2 091 milliards d’euros, soit une croissance en valeur de 2,3 % par rapport à 2017, après + 2,4 % l’année précédente. Les entreprises en France – sociétés financières, sociétés non financières et entreprises individuelles (EI) – génèrent plus des deux tiers de la valeur ajoutée de l’ensemble de l’économie (69 %).

Entre 1990 et 2018, la répartition de la valeur ajoutée selon les secteurs institutionnels évolue relativement peu : la part des entrepreneurs individuels, dont la forme juridique a pâti d’une moindre attractivité par rapport à celle des sociétés, a perdu cinq points, en faveur des ménages et des sociétés non financières (figure 1).

Figure 1 - Valeur ajoutée brute par secteur institutionnel en 2018

Figure 1 - Valeur ajoutée brute par secteur institutionnel en 2018
1990 1995 2000 2005 2015 2017 2018 Prix courants 2018 (en milliards d'euros)
(en %)
Sociétés non financières 56,3 55,5 56,2 56,8 57 57,8 58,2 1 216,7
Sociétés financières 5,7 4,7 5 4,4 4,9 4,3 4,4 91,5
Administrations publiques 17,2 18,9 18,1 18,1 18,5 18,4 18,2 380,4
Entrepreneurs individuels (EI) 11,7 9,8 9,3 8,6 6,6 6,3 6,2 129,4
Ménages (hors EI)1 7,9 9,7 9,9 10,6 11,3 11,4 11,3 236,2
Institutions sans but lucratif au service des ménages 1,2 1,4 1,5 1,5 1,8 1,8 1,8 36,6
Ensemble de l'économie 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 2 090,9
  • 1. Y compris loyers imputés au sens de la comptabilité nationale.
  • Champ : France.
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

En 2018, 53 % de la valeur ajoutée de l’économie est réalisée par les branches des services principalement marchands non financiers : 35 % de la VA est générée par les branches de l’information et communication, des activités immobilières, des services aux entreprises et des services aux particuliers et 18 % de la VA est produite par les branches du commerce, des transports, de l’hébergement et de la restauration. Viennent ensuite les services principalement non marchands (22 %) et l’industrie (13 %) (figure 2). Sur les huit dernières années, cette répartition s’est stabilisée, mais sur longue période, la branche industrie est en repli continu (21 % de la VA en 1990). En contrepartie, la part des services principalement marchands non financiers est passée de 45 % en 1990 à 53 % en 2018.

Figure 2 - Valeur ajoutée brute par branche à prix courants en 2018

en %
Figure 2 - Valeur ajoutée brute par branche à prix courants en 2018 (en %)
Autres services principalement marchands 35
Commerce, transports, hébergement, restauration 18
Services principalement non marchands1 22
Industrie 13
Construction 6
Activités financières et d'assurance 4
Agriculture, sylviculture et pêche 2
  • 1. Administrations publiques, enseignement, santé humaine et action sociale.
  • Champ : France.
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

Figure 2 - Valeur ajoutée brute par branche à prix courants en 2018

  • 1. Administrations publiques, enseignement, santé humaine et action sociale.
  • Champ : France.
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

Le recul de la part de la branche de l’industrie manufacturière dans la valeur ajoutée totale ne touche pas uniquement la France. Entre 2008 et 2018, ce recul est équivalent en Espagne et un peu moins marqué en Italie (figure 3). Dans le reste de la zone euro, la part de la branche de l’industrie manufacturière recule partout, à l’exception de l’Allemagne et de six autres pays (Irlande, Grèce, Lettonie, Lituanie, Portugal, Slovénie).

Figure 3 - Poids de la valeur ajoutée de la branche industrie manufacturière en Europe en 2008 et 2018

en % de l'ensemble des branches
Figure 3 - Poids de la valeur ajoutée de la branche industrie manufacturière en Europe en 2008 et 2018 (en % de l'ensemble des branches)
2008 2018
Royaume-Uni 10,0 10,0
France 12,3 10,9
Espagne 13,8 12,4
Italie 17,1 16,7
Allemagne 22,3 22,7
République tchèque 24,5 25,6
  • Source : Eurostat.

Figure 3 - Poids de la valeur ajoutée de la branche industrie manufacturière en Europe en 2008 et 2018

  • Source : Eurostat.

Le produit intérieur brut (PIB) s’obtient à partir de la somme des valeurs ajoutées brutes au prix de base des différents secteurs institutionnels ou des différentes branches d’activité, en ajoutant les impôts sur les produits (13,6 % de la VA en 2018) et en retirant les subventions correspondantes (1,0 % de la VA). Sous l’angle des revenus, la valeur ajoutée se partage entre les différents types de revenus bruts de l’ensemble des secteurs institutionnels. En 2018, la rémunération des salariés représente 58,9 % de la valeur ajoutée et l’excédent brut d’exploitation (EBE) 32,4 %. Entre 2008 et 2018, avec la crise de 2008, le partage de la valeur ajoutée s’est déformé en faveur des rémunérations des salariés (+ 2,6 points) et aux dépens du revenu mixte des EI (– 1,5 point) dont la part avait déjà diminué avant la crise (figure 4). Sur les seules sociétés non financières, le partage de la valeur ajoutée entre rémunération du travail et du capital est quasi stable depuis 2015. La part des rémunérations du travail avait nettement augmenté pendant la crise (+ 3 points entre 2007 et 2014), puis diminué en 2015 (– 1 point). Le partage entre rémunération du travail et du capital s’était peu modifié entre 1990 et 2007 (– 1,6 point).

Figure 4 - Partage de la valeur ajoutée à prix courants en 2018

Figure 4 - Partage de la valeur ajoutée à prix courants en 2018
1990 2000 2008 2018
(en %)
Rémunération des salariés 56,6 56,7 56,3 58,9
Salaires et traitements bruts 41,1 41,6 41,6 43,2
Cotisations sociales à la charge des employeurs 15,5 15,1 14,7 15,7
Excédent brut d'exploitation 31,6 31,9 33,2 32,4
Impôts sur la production 3,7 4,5 4,6 5,2
Subventions d'exploitation -1 -1 -1,4 -2,3
Revenu mixte brut des entrepreneurs individuels 9,1 7,9 7,3 5,8
Ensemble 100,0 100,0 100,0 100,0
(en milliards d'euros)
Valeur ajoutée brute 943,9 943,9 1 792,8 2 090,9
+ impôts sur les produits1 124,1 169,3 212,5 283,9
– subventions sur les produits -14,4 -17,0 -13,0 -21,8
Produit intérieur brut (PIB) 1 053,5 1 096,1 1 992,4 2 353,1
  • 1. TVA, impôts sur les importations et autres impôts sur les produits (TIPP, taxes sur les tabacs, sur les alcools, etc.).
  • Champ : France.
  • Source : Insee,comptes nationaux, base 2014.

Au niveau européen, en 2018, la valeur ajoutée en volume est supérieure à celle de 2008 au Royaume Uni et en Allemagne (+ 13,4 %), en France (+ 9,7 %) et en Espagne (+ 4,3 %). En Italie, elle reste encore inférieure à celle de 2008 (– 2,6 %) (figure 5).

Figure 5 - Valeur ajoutée brute en volume

base 100 en 2008
Figure 5 - Valeur ajoutée brute en volume (base 100 en 2008)
UE28 Allemagne Espagne France Italie Royaume-Uni
2000 84,8 88,6 78,1 87,2 93,1 83,3
2001 86,7 90,4 81,2 88,9 94,7 85,5
2002 87,8 90,5 83,4 89,9 95,0 87,4
2003 88,9 89,9 85,6 90,5 95,1 90,3
2004 91,2 91,4 88,0 93,3 96,6 92,2
2005 93,1 92,0 91,1 94,7 97,4 95,3
2006 96,2 95,6 94,9 97,0 99,3 97,7
2007 99,3 99,0 98,8 99,5 100,9 100,1
2008 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
2009 95,7 93,8 96,7 97,4 94,5 95,7
2010 97,7 97,9 96,7 99,1 96,1 97,4
2011 99,4 101,7 96,2 101,3 96,7 98,8
2012 99,1 102,2 93,5 101,9 94,3 100,1
2013 99,4 102,7 92,2 102,5 92,9 101,5
2014 101,3 105,0 93,1 103,6 93,1 104,9
2015 103,5 106,6 96,2 104,6 93,9 107,6
2016 105,5 109,0 98,9 105,6 95,0 109,6
2017 108,3 111,7 101,7 107,8 96,6 111,9
2018 110,5 113,4 104,3 109,7 97,4 113,4
  • Source : Eurostat.

Figure 5 - Valeur ajoutée brute en volume

  • Source : Eurostat.

Définitions

Valeur ajoutée (VA) :

La valeur ajoutée est égale à la valeur de la production diminuée des consommations intermédiaires. Elle est calculée hors taxes. La valeur ajoutée aux coûts des facteurs (VACF) est égale à la valeur ajoutée de laquelle on déduit les impôts sur la production (comme la contribution économique territoriale) et à laquelle on ajoute les subventions d’exploitation. Elle est aussi égale à la somme des frais de personnels et de l’excédent brut d’exploitation.

Secteurs institutionnels :

Regroupent les unités institutionnelles ayant des comportements économiques similaires caractérisés par leur fonction principale et la nature de leur activité. On distingue cinq secteurs institutionnels résidents : les sociétés non financières (SNF), les sociétés financières (SF), les administrations publiques (APU), les ménages, les institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM). L’ensemble des unités non résidentes, dans la mesure où elles entretiennent des relations économiques avec des unités résidentes, sont regroupées dans le reste du monde.

Branche (ou branche d’activité) :

Elle regroupe des unités de production homogènes, c’est-à-dire qui fabriquent des produits ou rendent des services qui appartiennent au même item de la nomenclature d’activité économique considérée. Les chiffres d’affaires des branches sont toujours exprimés hors taxes.

Produit intérieur brut (PIB) :

Agrégat représentant le résultat final de l’activité de production des unités productrices. Il est égal à la somme des valeurs ajoutées brutes des différents secteurs institutionnels ou des différentes branches d’activité, augmentée des impôts moins les subventions sur les produits.

Excédent brut d’exploitation (EBE) :

L’excédent brut d’exploitation est égal à la valeur ajoutée, diminuée de la rémunération des salariés, des autres impôts sur la production et augmentée des subventions d’exploitation.

Revenu mixte :

Solde du compte d’exploitation pour les entreprises individuelles. Il contient deux éléments indissociables : la rémunération du travail effectué par le propriétaire et éventuellement les membres de sa famille, et son profit en tant qu’entrepreneur.

Définitions