France, portrait socialÉdition 2021

Cet ouvrage apporte un éclairage sur plus d’un an de crise sanitaire, aux conséquences économiques et sociales inédites : Comment ont évolué la mortalité et la santé de la population au cours des différentes vagues ? Quel a été le niveau d’adoption des mesures de prévention ? Comment le système de soin a-t-il été impacté ? Quels territoires ont été les plus touchés par la baisse des naissances observée neuf mois après le premier confinement ? Quelles sont les conséquences de la crise sur les revenus des ménages et sur le marché de l’emploi ? Comment les jeunes ont-ils vécu cette crise ?

Insee Références
Paru le : Paru le 25/11/2021
France, portrait social - Novembre 2021
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Sommaire

Mobilité sociale

Insee Références

Paru le : 25/11/2021

En 2015, 65 % des hommes français âgés de 35 à 59 ans relèvent d’une catégorie socioprofessionnelle différente de celle de leur père, selon l’enquête Formation et qualification professionnelle (figure 1).

Figure 1a - Mobilité sociale pour les hommes comparés à leur père, observée, de 1977 à 2015

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Figure 1a - Mobilité sociale pour les hommes comparés à leur père, observée, de 1977 à 2015 (en %) - Lecture : en 2015, 65 % des hommes relèvent d’une catégorie socioprofessionnelle différente de celle de leur père.
1977 1985 1993 2003 2015
Mobilité sociale observée 63,8 66,2 67,4 66,4 65,2
Mobilité non verticale 33,2 31,9 27,4 24,7 22,6
Mobilité ascendante 23,5 26,6 30,3 30,8 27,6
Mobilité descendante 7,2 7,7 9,7 10,9 15,0
Immobilité sociale 36,1 33,8 32,6 33,6 34,8
  • Lecture : en 2015, 65 % des hommes relèvent d’une catégorie socioprofessionnelle différente de celle de leur père.
  • Champ : France métropolitaine, hommes français en emploi ou ayant travaillé, âgés de 35 à 59 ans au 31 décembre de l’année d’enquête.
  • Source : Insee, enquêtes Formation et qualification professionnelle (FQP) 1977, 1985, 1993, 2003 et 2014-2015.

Figure 1a - Mobilité sociale pour les hommes comparés à leur père, observée, de 1977 à 2015

  • Lecture : en 2015, 65 % des hommes relèvent d’une catégorie socioprofessionnelle différente de celle de leur père.
  • Champ : France métropolitaine, hommes français en emploi ou ayant travaillé, âgés de 35 à 59 ans au 31 décembre de l’année d’enquête.
  • Source : Insee, enquêtes Formation et qualification professionnelle (FQP) 1977, 1985, 1993, 2003 et 2014-2015.

Ce taux de mobilité sociale est resté globalement stable depuis 40 ans (64 % en 1977; 67 % en 1993). La nature de la mobilité sociale a en revanche évolué. Elle est de moins en moins liée à l’évolution de la structure du marché du travail. Le déclin de l’emploi agricole et l’extension du salariat ayant ralenti au milieu des années 1970, la mobilité non verticale (notamment entre indépendants et catégories de salariés) ne concerne plus que 23 % des hommes en 2015, contre 33 % en 1977. Les trajectoires ascendantes et descendantes entre catégories de salariés sont toutes deux plus fréquentes, mais les déclassements sociaux se sont davantage accrus. En 2015, 28 % des hommes occupent une position sociale plus élevée que celle de leur père et 15 % une position inférieure, contre respectivement à 23 % et 7 % en 1977. En 2015, la mobilité sociale devient la plus forte pour les fils de non‑salariés, proche de celle des fils d'employés et d'ouvriers non qualifiés, pour qui elle baisse depuis 1993 (figure 2).

Figure 2a - Mobilité sociale pour les hommes selon la catégorie socioprofessionnelle du père entre 1977 et 2015

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Figure 2a - Mobilité sociale pour les hommes selon la catégorie socioprofessionnelle du père entre 1977 et 2015 (en %) - Lecture : en 2015, 78 % des hommes de père employé ou ouvrier non qualifié relèvent d’une catégorie socioprofessionnelle différente de celle de leur père.
1977 1985 1993 2003 2015
Agriculteurs exploitants 63,5 68,1 74,8 72,6 73,3
Artisans, commerçants et chefs d'entreprise 71,4 72,2 72,1 79,4 79,4
Cadres et professions intellectuelles supérieures 48,7 42,7 48,7 47,9 51,0
Professions intermédiaires 61,0 67,4 66,4 66,7 68,9
Employés et ouvriers qualifiés 54,4 57,0 58,0 56,6 57,4
Employés et ouvriers non qualifiés 75,1 82,6 85,0 83,1 77,9
  • Lecture : en 2015, 78 % des hommes de père employé ou ouvrier non qualifié relèvent d’une catégorie socioprofessionnelle différente de celle de leur père.
  • Champ : France métropolitaine, hommes français en emploi ou ayant travaillé, âgés de 35 à 59 ans au 31 décembre de l’année d’enquête.
  • Source : Insee, enquêtes Formation et qualification professionnelle (FQP) 1977, 1985, 1993, 2003 et 2014-2015.

Figure 2a - Mobilité sociale pour les hommes selon la catégorie socioprofessionnelle du père entre 1977 et 2015

  • Lecture : en 2015, 78 % des hommes de père employé ou ouvrier non qualifié relèvent d’une catégorie socioprofessionnelle différente de celle de leur père.
  • Champ : France métropolitaine, hommes français en emploi ou ayant travaillé, âgés de 35 à 59 ans au 31 décembre de l’année d’enquête.
  • Source : Insee, enquêtes Formation et qualification professionnelle (FQP) 1977, 1985, 1993, 2003 et 2014-2015.

En 2015, 71 % des femmes françaises âgées de 35 à 59 ans ne relèvent pas de la même catégorie socioprofessionnelle que leur mère. Ce taux de mobilité sociale a progressé de 12 points en 40 ans, principalement entre 1977 et 1993. Les trajectoires sociales des femmes par rapport à leur mère, nettement plus favorables que celles des hommes par rapport à leur père, reflétent l’amélioration de leur place sur le marché du travail. En 2015, la mobilité ascendante des femmes comparées à leur mère (40 %) est plus de trois fois plus fréquente que la mobilité descendante (12 %), comme en 1977 (17 % contre 6 %). La mobilité non verticale des femmes a quant à elle reculé davantage que celle des hommes, passant de 37 % en 1977 à 19 % en 2015. En effet, en 2015, les filles d’une mère non salariée changent toujours relativement souvent de catégorie sociale, mais elles sont de moins en moins nombreuses.

Les mobilités ascendantes sont plus fréquentes depuis les échelons inférieurs de l’échelle sociale. Toutefois, elles se font le plus souvent vers les positions sociales les plus proches. En 2020, selon l’enquête Emploi, 39 % des fils et 35 % des filles d’un père employé ou ouvrier non qualifié sont employés ou ouvriers qualifiés, mais seuls 10 % d’entre eux et 7 % d’entre elles sont cadres (figure 3). La transmission des inégalités entre générations reste importante : les hommes et les femmes de père cadre sont quatre fois plus souvent cadres que les fils et filles d’employé ou ouvrier qualifié.

Si la mobilité ascendante des femmes est forte par rapport à leur mère, cela n’est pas le cas par rapport à leur père. En 2020, 26 % des filles d’un employé ou ouvrier qualifié connaissent ainsi un déclassement social, contre 11 % des hommes issus de ce milieu social.

Figure 3a - Destinées sociales pour les hommes selon la catégorie sociale du père en 2020

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Figure 3a - Destinées sociales pour les hommes selon la catégorie sociale du père en 2020 (en %) - Lecture : en 2020, 8 % des hommes de père agriculteur exploitant sont artisans, commerçants ou chefs d’entreprise.
Catégorie socioprofessionnelle du père Catégorie socioprofessionnelle du fils
Agriculteurs exploitants Artisans, commerçants et chefs d’entreprise Cadres et professions intellectuelles supérieures Professions intermédiaires Employés et ouvriers qualifiés Employés et ouvriers non qualifiés Ensemble
Agriculteurs exploitants 24,0 8,2 13,0 15,1 26,8 12,9 100,0
Artisans, commerçants et chefs d’entreprise 0,6 20,4 24,6 22,2 24,7 7,5 100,0
Cadres et professions intellectuelles supérieures 0,2 8,9 51,6 22,3 13,1 4,0 100,0
Professions intermédiaires 0,7 7,6 30,2 31,4 22,7 7,4 100,0
Employés et ouvriers qualifiés 0,6 7,9 14,6 25,3 40,6 11,2 100,0
Employés et ouvriers non qualifiés 0,4 9,1 10,0 21,2 39,2 20,1 100,0
Ensemble 2,1 9,9 23,5 24,1 30,2 10,2 100,0
  • Lecture : en 2020, 8 % des hommes de père agriculteur exploitant sont artisans, commerçants ou chefs d’entreprise.
  • Champ : France, hommes français en emploi ou ayant travaillé, âgés de 35 à 59 ans à la date de l'enquête.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2020.

Figure 3a - Destinées sociales pour les hommes selon la catégorie sociale du père en 2020

  • Lecture : en 2020, 8 % des hommes de père agriculteur exploitant sont artisans, commerçants ou chefs d’entreprise.
  • Champ : France, hommes français en emploi ou ayant travaillé, âgés de 35 à 59 ans à la date de l'enquête.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2020.

Définitions

La nomenclature de la catégorie socioprofessionnelle des personnes en emploi ou ayant travaillé est ici légèrement remaniée : les employés et les ouvriers sont regroupés, puis distingués selon qu’ils sont ou non qualifiés.

Réalisée par l’Insee depuis 1964, l’enquête Formation et qualification professionnelle (FQP) est l’une des principales sources d’information sur la mobilité sociale, la mobilité professionnelle, les relations entre la formation initiale et professionnelle, l’emploi et les salaires. La reprise à l’identique de questions d’une édition à l’autre permet des comparaisons temporelles sur les différents thèmes abordés par l’enquête.

La mobilité sociale désigne les situations où une personne relève d’une catégorie socioprofessionnelle différente de celle du parent auquel elle est comparée. Lorsqu’il s’agit de catégories de salariés, la mobilité est dite ascendante si la position sociale du fils ou de la fille est jugée supérieure à celle du parent, descendante si elle est jugée inférieure. La mobilité sociale est dite non verticale lorsqu’elle a lieu entre des catégories socioprofessionnelles difficilement hiérarchisables, principalement quand l’un est salarié et l’autre indépendant.

Réalisée par l’Insee depuis 1950, l’enquête Emploi vise à observer le marché du travail de manière structurelle et conjoncturelle. C’est la seule source fournissant une mesure des concepts d’activité, de chômage, d’emploi et d’inactivité tels qu’ils sont définis par le Bureau international du travail (BIT). Depuis 2003, l’enquête Emploi est trimestrielle et sa collecte auprès d’un échantillon de ménages est réalisée en continu sur toutes les semaines de chaque trimestre. Elle s’inscrit dans le cadre des enquêtes Forces de travail défini au niveau européen (Labour Force Survey).

Pour en savoir plus

« La mobilité sociale des femmes et des hommes : évolutions entre 1977 et 2015 », in France, portrait social, coll. « Insee Références », édition 2019.

Définitions

La nomenclature de la catégorie socioprofessionnelle des personnes en emploi ou ayant travaillé est ici légèrement remaniée : les employés et les ouvriers sont regroupés, puis distingués selon qu’ils sont ou non qualifiés.

Réalisée par l’Insee depuis 1964, l’enquête Formation et qualification professionnelle (FQP) est l’une des principales sources d’information sur la mobilité sociale, la mobilité professionnelle, les relations entre la formation initiale et professionnelle, l’emploi et les salaires. La reprise à l’identique de questions d’une édition à l’autre permet des comparaisons temporelles sur les différents thèmes abordés par l’enquête.

La mobilité sociale désigne les situations où une personne relève d’une catégorie socioprofessionnelle différente de celle du parent auquel elle est comparée. Lorsqu’il s’agit de catégories de salariés, la mobilité est dite ascendante si la position sociale du fils ou de la fille est jugée supérieure à celle du parent, descendante si elle est jugée inférieure. La mobilité sociale est dite non verticale lorsqu’elle a lieu entre des catégories socioprofessionnelles difficilement hiérarchisables, principalement quand l’un est salarié et l’autre indépendant.

Réalisée par l’Insee depuis 1950, l’enquête Emploi vise à observer le marché du travail de manière structurelle et conjoncturelle. C’est la seule source fournissant une mesure des concepts d’activité, de chômage, d’emploi et d’inactivité tels qu’ils sont définis par le Bureau international du travail (BIT). Depuis 2003, l’enquête Emploi est trimestrielle et sa collecte auprès d’un échantillon de ménages est réalisée en continu sur toutes les semaines de chaque trimestre. Elle s’inscrit dans le cadre des enquêtes Forces de travail défini au niveau européen (Labour Force Survey).