France, portrait socialÉdition 2021

Cet ouvrage apporte un éclairage sur plus d’un an de crise sanitaire, aux conséquences économiques et sociales inédites : Comment ont évolué la mortalité et la santé de la population au cours des différentes vagues ? Quel a été le niveau d’adoption des mesures de prévention ? Comment le système de soin a-t-il été impacté ? Quels territoires ont été les plus touchés par la baisse des naissances observée neuf mois après le premier confinement ? Quelles sont les conséquences de la crise sur les revenus des ménages et sur le marché de l’emploi ? Comment les jeunes ont-ils vécu cette crise ?

Insee Références
Paru le : Paru le 25/11/2021
France, portrait social - Novembre 2021
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Insertion professionnelle

Insee Références

Paru le : 25/11/2021

En moyenne en 2020, 82,4 % des jeunes sortis de formation initiale depuis 1 à 4 ans sont actifs au sens du Bureau international du travail (BIT) : 68,3 % sont en emploi et 14,1 % au chômage (figure 1). Par ailleurs, 7,1 % sont inactifs mais souhaiteraient travailler (halo autour du chômage) et 10,5 % sont inactifs sans appartenir au halo. 21,2 % des jeunes sont donc au chômage ou dans son halo dans cette phase d’insertion professionnelle, en hausse de 1,6 point en 2020, au détriment notamment de l’emploi (– 1,0 point), les jeunes ayant subi plus fortement les pertes d’emplois liées à la crise sanitaire.

Figure 1 - Situations d’activité des personnes sorties de formation initiale depuis 1 à 4 ans en 2020

en %
Figure 1 - Situations d’activité des personnes sorties de formation initiale depuis 1 à 4 ans en 2020 (en %) - Lecture : en 2020, 12,9 % des femmes de 60 ans ou moins sorties de formation initiale depuis 1 à 4 ans sont au chômage.
Taux de chômage Situation sur le marché du travail¹ Situation dans l’emploi
En emploi Au chômage Inactifs appartenant au halo autour du chômage Autres inactifs Ensemble Part des emplois à durée limitée Part des emplois à temps partiel Taux de sous-emploi
Femmes 15,8 68,7 12,9 6,6 11,8 100,0 32,0 19,1 15,0
Hommes 18,3 67,9 15,2 7,5 9,3 100,0 27,1 9,9 11,3
Diplôme du supérieur 10,5 81,6 9,6 3,7 5,1 100,0 22,3 10,1 10,4
CAP, BEP, baccalauréat 22,1 60,8 17,3 9,4 12,6 100,0 40,6 21,1 17,0
Aucun diplôme, brevet des collèges 47,8 27,6 25,4 15,7 31,3 100,0 47,1 25,8 22,5
Ensemble 17,1 68,3 14,1 7,1 10,5 100,0 29,6 14,5 13,2
  • 1. Parmi les personnes de 60 ans ou moins.
  • Lecture : en 2020, 12,9 % des femmes de 60 ans ou moins sorties de formation initiale depuis 1 à 4 ans sont au chômage.
  • Champ : France hors Mayotte, population des ménages, personnes sorties de formation initiale depuis 1 à 4 ans.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2020.

Les hommes en phase d’insertion sur le marché du travail sont plus souvent au chômage ou dans son halo que les femmes (23 % contre 19 %). Le diplôme fait aussi la différence, avec 41 % de peu ou pas diplômés dans cette situation, contre 13 % de diplômés du supérieur. Ceux sortis peu ou pas diplômés de formation initiale sont plus souvent inactifs sans chercher d’emploi (31 % contre 5 % des diplômés du supérieur).

Un à quatre ans après leur sortie d’études, 30 % des jeunes qui travaillent ont un emploi à durée limitée (CDD, intérim, etc.), soit quatre fois plus que parmi les personnes sorties de formation depuis plus de 10 ans (7 %). Les jeunes peu ou pas diplômés ont davantage un emploi à durée limitée (47 % contre 22 % des diplômés du supérieur). Les jeunes en insertion sur le marché du travail sont en revanche moins souvent à temps partiel que les personnes sorties de formation depuis plus de 10 ans (14 % contre 18 %). Plus précisément, les jeunes femmes ayant récemment fini leurs études sont nettement moins souvent à temps partiel que celles sorties depuis plus de 10 ans (19 % contre 29 %), tandis que les jeunes hommes le sont plus souvent (10 % contre 8 %). Les sortants d’études les moins diplômés sont aussi plus souvent à temps partiel (26 % contre 10 % des diplômés du supérieur). Enfin, 13 % des jeunes en emploi ayant récemment terminé leurs études sont en situation de sous‑emploi, notamment car ils travaillent à temps partiel tout en souhaitant travailler davantage et en étant disponibles pour le faire. Cette proportion est en hausse de 5 points par rapport à 2019, en raison notamment de la crise sanitaire.

Les difficultés d’insertion sur le marché du travail ont varié différemment selon le diplôme au cours des 35 dernières années (figure 2). Les diplômés du supérieur sortis d’études depuis 1 à 4 ans ont connu un chômage accru dans les années 1990, mais restent peu affectés par les aléas économiques. À l’inverse, les peu ou pas diplômés sont près de cinq fois plus souvent au chômage que les diplômés du supérieur depuis la crise de 2008, contre trois fois plus au milieu des années 1990. En 2020, 48 % d’entre eux sont au chômage. En 35 ans, les emplois à durée limitée se sont particulièrement développés pour les jeunes peu ou pas diplômés.

Figure 2a - Taux de chômage des personnes sorties de formation initiale depuis 1 à 4 ans

en %
Figure 2a - Taux de chômage des personnes sorties de formation initiale depuis 1 à 4 ans (en %) - Lecture : en 2020, 22,1 % des actifs sortis de formation initiale depuis 1 à 4 ans avec un CAP, BEP ou le baccalauréat sont au chômage.
Diplôme du supérieur CAP, BEP, Baccalauréat Aucun diplôme, brevet des collèges
Ancienne série Nouvelle série Ancienne série Nouvelle série Ancienne série Nouvelle série
1985 8,1 26,3 42,2
1986 9,3 21,3 39,3
1987 10,7 22,8 38,2
1988 8,6 20,8 35,9
1989 7,3 19,1 29,2
1990 7,0 17,8 30,3
1991 8,2 17,2 30,7
1992 9,2 19,1 32,7
1993 12,8 25,1 38,1
1994 14,8 27,3 44,7
1995 15,4 23,9 43,4
1996 16,3 25,4 44,2
1997 17,0 29,0 47,2
1998 14,1 25,7 44,4
1999 13,3 26,7 49,2
2000 10,3 19,2 43,6
2001 9,2 16,7 39,2
2002 10,6 18,6 41,1
2003 10,0 14,7 33,4
2004 10,2 17,2 36,8
2005 9,5 17,8 38,2
2006 9,9 17,8 40,6
2007 8,8 17,3 36,6
2008 6,1 16,4 37,2
2009 9,4 22,7 48,7
2010 10,3 22,0 43,8
2011 9,2 21,8 45,3
2012 10,1 23,7 46,1
2013 10,8 24,9 48,8
2014 11,6 11,7 24,1 24,7 52,9 53,7
2015 11,8 24,9 52,8
2016 11,0 25,4 52,5
2017 8,7 24,2 49,0
2018 9,4 22,7 44,4
2019 9,7 21,5 47,7
2020 10,5 22,1 47,8
  • Note : changement de série en 2003 et 2013.
  • Lecture : en 2020, 22,1 % des actifs sortis de formation initiale depuis 1 à 4 ans avec un CAP, BEP ou le baccalauréat sont au chômage.
  • Champ : France métropolitaine jusqu’en 2014, France hors Mayotte à partir de 2014, population des ménages, actifs sortis de formation initiale depuis 1 à 4 ans.
  • Source : Insee, enquêtes Emploi.

Figure 2a - Taux de chômage des personnes sorties de formation initiale depuis 1 à 4 ans

  • Note : changement de série en 2003 et 2013.
  • Lecture : en 2020, 22,1 % des actifs sortis de formation initiale depuis 1 à 4 ans avec un CAP, BEP ou le baccalauréat sont au chômage.
  • Champ : France métropolitaine jusqu’en 2014, France hors Mayotte à partir de 2014, population des ménages, actifs sortis de formation initiale depuis 1 à 4 ans.
  • Source : Insee, enquêtes Emploi.

En 2020, les jeunes récemment sortis de formation initiale occupent des emplois plus qualifiés que leurs aînés : 24 % sont cadres et 28 % occupent une profession intermédiaire, contre 20 % et 26 % de l’ensemble des personnes en emploi (figure 3). Ces emplois plus qualifiés sont plus fréquents parmi les diplômés du supérieur, ceux du supérieur court étant toutefois rarement cadres (6 %). Les sortants d’études sont aussi souvent employés que leurs aînés (26 %) et presque aussi souvent ouvriers (18 % contre 19 %). Les peu ou pas diplômés occupent majoritairement des emplois non qualifiés (51 %), nettement plus que les titulaires d’un CAP ou BEP (37 %).

Figure 3 - Catégorie socioprofessionnelle des personnes sorties de formation initiale depuis 1 à 4 ans selon le niveau de diplôme en 2020

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Figure 3 - Catégorie socioprofessionnelle des personnes sorties de formation initiale depuis 1 à 4 ans selon le niveau de diplôme en 2020 (en %) - Lecture : en 2020, 48,1 % des personnes en emploi sorties de formation initiale depuis 1 à 4 ans diplômées du supérieur long sont cadres ou professions intellectuelles supérieures.
Diplôme du supérieur long Diplôme du supérieur court Baccalauréat CAP, BEP Aucun diplôme, brevet des collèges Ensemble
Indépendants 1,7 3,1 3,5 2,8 3,9 2,5
Cadres et professions intellectuelles supérieures 48,1 5,6 1,4 0,7 1,6 24,4
Professions intermédiaires 35,3 42,6 19,2 4,1 10,4 28,5
Employés qualifiés 7,8 19,4 19,6 27,6 15,8 14,5
Employés non qualifiés 3,5 11,0 23,0 20,8 26,5 11,9
Ouvriers qualifiés 2,1 10,8 18,2 28,2 17,5 10,3
Ouvriers non qualifiés 1,5 7,5 15,0 15,7 24,3 7,9
Ensemble 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
  • Lecture : en 2020, 48,1 % des personnes en emploi sorties de formation initiale depuis 1 à 4 ans diplômées du supérieur long sont cadres ou professions intellectuelles supérieures.
  • Champ : France hors Mayotte, population des ménages, personnes en emploi sorties de formation initiale depuis 1 à 4 ans.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2020.

Définitions

La sortie de formation initiale est la première interruption de plus d’un an du parcours d’études amorcé à l’école élémentaire.

La population active au sens du Bureau international du travail (BIT) comprend les personnes en emploi et les chômeurs au sens du BIT. Les personnes qui ne sont ni en emploi ni au chômage sont dites « inactives ».

Les personnes en emploi au sens du Bureau international du travail (BIT) (actifs occupés) sont celles âgées de 15 ans ou plus ayant travaillé (ne serait‑ce qu’une heure) au cours d’une semaine donnée dite « de référence », qu’elles soient salariées, à leur compte, employeuses ou aides dans l’entreprise ou l’exploitation familiale. Elles incluent également les personnes pourvues d’un emploi, mais qui en sont temporairement absentes.

Un chômeur au sens du Bureau international du travail (BIT) est une personne âgée de 15 ans ou plus qui répond simultanément à trois conditions : être sans emploi durant une semaine donnée ; être disponible pour prendre un emploi dans les deux semaines ; avoir cherché activement un emploi au cours des quatre dernières semaines ou en avoir trouvé un qui commence dans moins de trois mois. Les démarches actives considérées sont variées : étudier des annonces d’offres d’emploi, se rendre à un salon professionnel, mobiliser son réseau social ou prendre des conseils auprès de Pôle emploi, etc.

Le halo autour du chômage est composé de personnes inactives au sens du BIT, mais proches du marché du travail. Il s’agit des personnes sans emploi qui recherchent un emploi mais qui ne sont pas disponibles dans les deux semaines pour travailler et des personnes sans emploi qui souhaitent travailler mais qui n’ont pas effectué de démarche active de recherche d’emploi dans le mois précédent, qu’elles soient disponibles ou non.

L'emploi à durée limitée regroupe les contrats à durée déterminée, les emplois intérimaires, les stages et contrats aidés, l’apprentissage.

Le sous-emploi au sens du Bureau international du travail (BIT) comprend les personnes en emploi au sens du BIT qui remplissent l’une des conditions suivantes : elles travaillent à temps partiel, souhaitent travailler davantage et sont disponibles pour le faire, qu’elles recherchent activement un emploi ou non ; elles travaillent à temps partiel ou à temps complet, mais ont travaillé moins que d’habitude pendant la semaine de référence en raison de chômage partiel (chômage technique) ou mauvais temps.

Pour en savoir plus

« Bilan formation‑emploi », Insee Résultats, novembre 2021.

« Les jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation : jusqu’à 21 ans, moins nombreux parmi les femmes que parmi les hommes  », Insee Focus, n° 229, mars 2021.

Formations et emploi , coll. « Insee Références », édition 2018.

Définitions

La sortie de formation initiale est la première interruption de plus d’un an du parcours d’études amorcé à l’école élémentaire.

La population active au sens du Bureau international du travail (BIT) comprend les personnes en emploi et les chômeurs au sens du BIT. Les personnes qui ne sont ni en emploi ni au chômage sont dites « inactives ».

Les personnes en emploi au sens du Bureau international du travail (BIT) (actifs occupés) sont celles âgées de 15 ans ou plus ayant travaillé (ne serait‑ce qu’une heure) au cours d’une semaine donnée dite « de référence », qu’elles soient salariées, à leur compte, employeuses ou aides dans l’entreprise ou l’exploitation familiale. Elles incluent également les personnes pourvues d’un emploi, mais qui en sont temporairement absentes.

Un chômeur au sens du Bureau international du travail (BIT) est une personne âgée de 15 ans ou plus qui répond simultanément à trois conditions : être sans emploi durant une semaine donnée ; être disponible pour prendre un emploi dans les deux semaines ; avoir cherché activement un emploi au cours des quatre dernières semaines ou en avoir trouvé un qui commence dans moins de trois mois. Les démarches actives considérées sont variées : étudier des annonces d’offres d’emploi, se rendre à un salon professionnel, mobiliser son réseau social ou prendre des conseils auprès de Pôle emploi, etc.

Le halo autour du chômage est composé de personnes inactives au sens du BIT, mais proches du marché du travail. Il s’agit des personnes sans emploi qui recherchent un emploi mais qui ne sont pas disponibles dans les deux semaines pour travailler et des personnes sans emploi qui souhaitent travailler mais qui n’ont pas effectué de démarche active de recherche d’emploi dans le mois précédent, qu’elles soient disponibles ou non.

L'emploi à durée limitée regroupe les contrats à durée déterminée, les emplois intérimaires, les stages et contrats aidés, l’apprentissage.

Le sous-emploi au sens du Bureau international du travail (BIT) comprend les personnes en emploi au sens du BIT qui remplissent l’une des conditions suivantes : elles travaillent à temps partiel, souhaitent travailler davantage et sont disponibles pour le faire, qu’elles recherchent activement un emploi ou non ; elles travaillent à temps partiel ou à temps complet, mais ont travaillé moins que d’habitude pendant la semaine de référence en raison de chômage partiel (chômage technique) ou mauvais temps.