France, portrait socialÉdition 2020

Dans cette édition, la vue d’ensemble porte sur l’impact social de la crise sanitaire de la Covid-19 et du confinement, dans des domaines tels que la santé, l’emploi, les inégalités femmes-hommes, la scolarité des enfants, les pratiques culturelles, etc. Un éclairage est ensuite apporté sur les enfants, sous l’angle des inégalités sociales.

Insee Références
Paru le : Paru le 03/12/2020
Meriam Barhoumi (Depp)
France, portrait social - Décembre 2020
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Au lycée, les parcours scolaires s’améliorent, mais les inégalités scolaires et sociales baissent peu

Meriam Barhoumi (Depp)

Au cours des deux dernières décennies, la baisse des redoublements, l’homogénéisation de l’offre de formation au collège et la réorganisation de la voie professionnelle ont eu des effets positifs sur les parcours des élèves au lycée. Entre ceux entrés en sixième en 1995 et ceux entrés en sixième en 2007, davantage d’élèves suivent des parcours linéaires, tandis que les parcours marqués par les redoublements et les réorientations sont moins fréquents. Les élèves obtiennent également plus souvent le baccalauréat.

Les élèves se distinguent par cinq parcours types qui, malgré les évolutions de l’enseignement secondaire, sont restés les mêmes à douze ans d’écart. Un premier groupe d’élèves suit un parcours sans difficulté dans la voie générale et technologique. Il représente 52 % des élèves entrés en sixième en 2007. Parmi eux, neuf sur dix obtiennent un baccalauréat à l’heure, le plus souvent scientifique. Les filles et les élèves issus de milieu favorisé y sont surreprésentés, mais moins qu’il y a douze ans. Un deuxième groupe rassemble les 8 % d’élèves ayant également suivi la voie générale et technologique, mais de manière plus heurtée. Arrivés en sixième avec un niveau d’acquis dans la moyenne, ils redoublent au collège ou au lycée. Neuf sur dix deviennent bacheliers, technologiques pour la majorité. Les élèves de milieu favorisé y sont aussi surreprésentés.

Un troisième groupe, représentant 16 % des élèves entrés en sixième en 2007, correspond aux parcours linéaires dans la voie du baccalauréat professionnel. Bien qu’ils arrivent souvent en sixième avec un niveau scolaire assez faible, huit sur dix deviennent bacheliers. Garçons et enfants d’ouvriers y sont surreprésentés. Le quatrième groupe comprend les 20 % de jeunes qui suivent un parcours court ou heurté dans la voie professionnelle. Ils arrivent en sixième avec un faible niveau scolaire, mais accèdent plus souvent qu’avant à la terminale professionnelle et deviennent plus souvent bacheliers. Les garçons et les enfants d’ouvriers sont ici aussi surreprésentés.

Enfin, un cinquième groupe rassemble les 4 % d’élèves entrés en sixième en 2007 qui rencontrent le plus de difficultés scolaires et sortent, pour la plupart, assez tôt du système scolaire. Ils accèdent néanmoins plus souvent à un diplôme que douze ans auparavant, en dépit de difficultés scolaires à l’entrée en sixième plus prononcées qu’avant. Les enfants d’ouvriers ou d’inactifs sont fortement surreprésentés parmi eux.

Insee Références

Paru le : 03/12/2020

Avec les évolutions de l’enseignement secondaire, les parcours des élèves se modifient

Trois évolutions récentes ont marqué l’enseignement secondaire en France. Tout d’abord, la baisse des redoublements, commencée au cours de la seconde moitié des années 1990, s’est poursuivie à un rythme très soutenu, tant au collège qu’au lycée. Cette politique a eu un effet positif sur la fluidité des parcours des élèves et leur réussite aux examens. Ensuite, dans le cadre de la rénovation des collèges mise en œuvre en 2001, l’offre de formation y a été homogénéisée, avec notamment la suppression des quatrièmes d’aide et de soutien et des troisièmes d’insertion. Enfin, la voie professionnelle a été réorganisée, à la suite de la réforme du baccalauréat professionnel de 2009. En proposant un parcours en trois ans pour accéder au titre de bachelier après la classe de troisième, cette réforme égalise la durée de scolarité de l’ensemble des lycéens, qu’ils suivent une voie générale, technologique ou professionnelle (figure 1). La baisse des redoublements, l’homogénéisation de l’offre de formation au collège et la création du nouveau baccalauréat professionnel permettent à davantage d’élèves d’accéder au baccalauréat, faisant reculer les inégalités sociales face à ce diplôme [Barhoumi et Caille, 2020].

Le présent éclairage s’interroge sur l’évolution des trajectoires scolaires des élèves à la suite des changements intervenus ces dernières années dans l’enseignement secondaire. La typologie des parcours scolaires a‑t‑elle changé ? Comment se répartissent les élèves entre les différents parcours et comment cette répartition a‑t‑elle évolué ? Leurs caractéristiques scolaires, sociodémographiques et culturelles pèsent‑elles toujours autant dans la détermination de leur parcours ?

La plupart des études sur les parcours scolaires des élèves se sont penchées sur un thème particulier, comme le redoublement, le processus d’orientation, ou encore le décrochage scolaire. Les études permettant de rendre compte des trajectoires scolaires dans leur globalité sont moins nombreuses. Cayouette‑Remblière et de Saint Pol [2013] ont construit une typologie des parcours scolaires sur une période antérieure aux changements récents intervenus dans l’enseignement secondaire. Caille [2014] a étudié les trajectoires scolaires sur une période plus récente, mais seulement au collège et non sur l’enseignement secondaire dans sa globalité.

Pour analyser les parcours scolaires, sont mobilisés ici deux panels d’élèves entrés en sixième respectivement en septembre 1995 (appelé « panel 1995 ») et en septembre 2007 (appelé « panel 2007 ») qui ont été suivis tout au long de leur scolarité secondaire (encadré 1). Il s’agit d’identifier des parcours types, de les mettre en relation avec les caractéristiques scolaires et sociales des élèves et d’étudier leur évolution.

Figure 1 - Parcours des élèves du panel 2007 et du panel 1995 vers les diplômes de l’enseignement secondaire

  • 1. Sont comptés ici les élèves qui ont uniquement le BEP ou le CAP.
  • Note : en 2009, la voie professionnelle a été réorganisée, permettant aux élèves de préparer un baccalauréat directement au sortir de la classe de troisième. La durée d’études de cette voie est désormais identique à celle de la voie générale et technologique. Les élèves peuvent passer un BEP ou un CAP en fin de première professionnelle s'ils le souhaitent. Cependant, si le BEP devient uniquement un diplôme intermédiaire, le CAP conserve sa voie spécifique. Les passerelles entre les filières ne sont pas représentées.
  • Lecture : dans le panel 2007, 41,8 % des élèves ont accédé à une classe de terminale générale, 40,9 % ont obtenu un baccalauréat général.
  • Champ : France métropolitaine, élèves entrés pour la première fois en sixième en 1995 ou en 2007.
  • Source : MENJS-Depp, panels d’élèves du second degré recrutés en 1995 et en 2007.

Encadré 1 - Sources

Depuis 1973, la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (Depp) suit sur plusieurs années des panels d’élèves à partir de leur entrée au cours préparatoire ou en sixième, afin de mieux connaître les parcours et les performances scolaires des élèves. Cet éclairage mobilise les deux derniers panels constitués d’élèves entrés en sixième en 1995 et 2007.

Le panel d’élèves du second degré recruté en 1995 est un échantillon de 17 800 collégiens entrés pour la première fois en septembre 1995 en sixième dans un collège public ou privé de France métropolitaine. L’information recueillie au moment de la constitution de l’échantillon permet de connaître l’environnement familial et de reconstituer la scolarité dans l’enseignement élémentaire. La situation scolaire du jeune a été actualisée chaque année et les scores obtenus par les élèves aux épreuves nationales d’évaluation à l’entrée en sixième ainsi que leurs notes au contrôle continu du brevet et au baccalauréat ont été collectés. Toutes les familles ayant un enfant dans le panel 1995 ont fait l’objet d’une enquête au cours de la troisième année d’observation du panel, d’avril à juillet 1998. Les élèves à l’heure étaient scolarisés en 4ᵉ. Elle avait pour objectif de préciser l’information sur l’environnement du jeune et son passé scolaire et de recueillir des indications sur les formes d’implication des parents dans le suivi de la scolarité de leur enfant et leurs aspirations en matière de formation.

Le panel d’élèves du second degré recruté en 2007 est un échantillon de 35 000 collégiens entrés pour la première fois en septembre 2007 en sixième dans un collège public ou privé de France métropolitaine ou d’outre‑mer. La situation scolaire des élèves a été actualisée chaque année. Les acquis cognitifs et socio‑affectifs ont fait l’objet de mesures approfondies au cours des troisièmes trimestres des première et troisième années d’études secondaires. Au cours des deuxième et troisième trimestres 2008 (les élèves de l’échantillon étaient scolarisés en sixième), toutes les familles ayant un enfant dans l’échantillon ont répondu à une enquête qui a permis de recueillir un grand nombre d’informations sur la position par rapport à l’emploi, le capital culturel et les conditions de vie ainsi que sur l’implication des familles et leurs attentes en matière d’éducation. Cette enquête a été renouvelée en 2011, soit au cours de la quatrième année de scolarité secondaire. Les élèves à l’heure étaient scolarisés en troisième.

La population étudiée

La population étudiée dans cet éclairage est constituée des entrants en sixième des deux panels dont la scolarité a pu être observée pendant les dix premières années d’études secondaires. À des fins de comparaison avec le panel 1995, les élèves du panel 2007 recrutés dans un département d’outre‑mer n’ont pas été retenus.

Les élèves sont plus nombreux à s’engager dans la préparation du baccalauréat

Les parcours scolaires des élèves entrés en sixième en septembre 2007 se sont nettement améliorés par rapport à ceux entrés en septembre 1995 [Caille, 2014 ; Barhoumi et Caille, 2020]. Cette amélioration s’observe quasiment à tous les niveaux. Au collège, presque tous les élèves du panel 2007 accèdent désormais à la classe de troisième (99 %, contre 96 % pour les élèves du panel 1995) (figure 2). De plus, neuf élèves sur dix du panel 2007 accèdent à cette classe sans redoubler, contre sept sur dix du panel 1995. Cette baisse des redoublements a eu un effet favorable sur l’accès au second cycle, le non‑redoublement ayant pu favoriser des vœux d’orientation plus ambitieux [Caille, 2014 ; Cosnefroy et Rocher, 2004].

En douze ans, l’accès à la première générale ou technologique n’a pas évolué : 59 % des élèves y parviennent dans les deux panels de 1995 et 2007. Cependant, l’accès à la voie générale progresse, au détriment de la voie technologique. En effet, 43 % des élèves du panel 2007 atteignent une première générale et 17 % une première technologique, contre respectivement 37 % et 23 % dans le panel 1995. Quasiment tous les élèves du panel 2007 qui accèdent à une première générale ou technologique y parviennent directement après une classe de seconde de la même voie, alors que, parmi les élèves du panel 1995, 5 % y étaient parvenus après avoir été scolarisés dans une classe de la voie professionnelle. Cette moindre réorientation découle en partie d’un accès plus fréquent à la seconde générale et technologique (+ 4 points en douze ans). Cette progression s’accompagne d’une baisse des redoublements : la part des élèves arrivés en seconde générale et technologique sans avoir redoublé a augmenté de 10 points en douze ans, de même que pour les premières générale et technologique.

Figure 2 - Parcours scolaires des élèves sur dix ans après leur entrée en sixième

en %
Figure 2 - Parcours scolaires des élèves sur dix ans après leur entrée en sixième (en %) - Lecture : 98,7 % des élèves entrés en sixième en 2007 ont atteint la classe de troisième au cours des dix années qui ont suivi.
Panel 2007 Panel 1995
Ayant atteint la classe de troisième 98,7 96,4
dont sans redoubler au cours du premier cycle 90,0 72,7
Ayant atteint la classe de première année BEP ou CAP 13,2 38,9
dont :
entrés après la troisième 11,3 36,2
entrés après la seconde professionnelle 1,0 ///
entrés après la seconde générale et technologique 0,6 2,5
Ayant atteint la classe de deuxième année BEP ou CAP 12,3 36,5
dont sans redoubler avant la classe de deuxième année BEP ou CAP 8,9 15,7
Ayant atteint une seconde professionnelle 26,1 ///
dont :
sans redoubler avant la seconde 19,7 ///
entrés après une classe de troisième 23,1 ///
entrés après une classe de BEP ou CAP 1,0 ///
réorientés après une seconde générale et technologique 1,5 ///
Ayant atteint une première professionnelle 26,8 13,5
dont :
sans redoubler avant la première 19,2 5,5
entrés après une seconde professionnelle 23,1 ///
entrés après une classe de BEP ou CAP 1,8 13,1
réorientés après une classe de la voie générale ou technologique 1,5 0,3
Ayant atteint une terminale professionnelle 24,7 12,0
dont sans redoubler avant la terminale 17,6 4,9
Ayant atteint une seconde générale et technologique 62,1 57,7
dont sans redoubler avant la seconde 58,4 48,2
Ayant atteint une première générale ou technologique 58,9 59,0
dont :
sans redoubler avant la première 51,0 40,9
entrés après une seconde générale et technologique 58,5 54,0
entrés après une classe de la voie professionnelle 0,3 4,8
Première générale 42,8 37,2
Première technologique 16,9 22,8
Ayant atteint une terminale générale ou technologique 58,3 57,7
dont sans redoubler avant la terminale 48,7 37,1
Ayant été reçus au baccalauréat 77,6 63,5
Bac général ou technologique 56,7 52,3
dont sans redoubler 44,5 30,7
Bac professionnel 20,9 11,2
dont sans redoubler 11,2 3,1
  • /// : absence de résultat due à la nature des choses.
  • Lecture : 98,7 % des élèves entrés en sixième en 2007 ont atteint la classe de troisième au cours des dix années qui ont suivi.
  • Champ : France métropolitaine, élèves entrés pour la première fois en sixième en 1995 ou en 2007.
  • Source : MENJS-Depp, panels d’élèves du second degré recrutés en 1995 et en 2007.

Le meilleur accès au second cycle s’observe également dans la voie professionnelle, suivie par un peu moins de quatre élèves sur dix dans les deux panels. C’est surtout l’accès à la première professionnelle qui a fortement progressé, à la faveur de la réforme de l’enseignement professionnel de 2009, qui permet désormais d’y accéder après une année de seconde au lieu de deux années de BEP ou CAP. Ainsi, 27 % des élèves du panel 2007 atteignent la première professionnelle et 25 % une terminale professionnelle, soit deux fois plus que douze ans avant. Cet accès accru à la voie du baccalauréat professionnel s’est lui aussi accompagné d’une forte baisse des redoublements. Sept élèves sur dix du panel 2007 ayant atteint la terminale professionnelle n’ont jamais redoublé depuis leur entrée en sixième, contre quatre élèves sur dix dans le panel 1995. De plus, la création de la seconde professionnelle s’est accompagnée d’un recul des filières professionnelles courtes (BEP, CAP), seules les classes de CAP continuant d’exister. Avant la réforme, le passage par ces classes constituait le parcours habituel pour s’engager dans la voie du baccalauréat professionnel. Aujourd’hui, il est réservé aux élèves dont le niveau d’acquis en fin de troisième est insuffisant pour entrer en seconde professionnelle. En effet, avant la réforme, 28 % des élèves du panel 1995 ont atteint une deuxième année de BEP et 8 % une deuxième année de CAP, mais seule une minorité d’entre eux (respectivement 45 % et 37 %) a ensuite accédé à la première professionnelle (figure 1). Après la réforme, 26 % des élèves du panel 2007 ont atteint une seconde professionnelle et 12 % une deuxième année de CAP, mais si 90 % parmi les premiers accèdent à la première professionnelle, ils ne sont que 20 % parmi les seconds.

Ces évolutions se sont traduites par une forte hausse de la proportion de bacheliers entre les deux panels : dix ans après leur entrée en sixième, 78 % des élèves du panel 2007 sont bacheliers, soit une hausse de 14 points par rapport aux élèves du panel 1995. 70 % de cet écart s’explique par la progression du baccalauréat professionnel et 30 % par celle des baccalauréats général et technologique.

Les parcours linéaires deviennent plus fréquents au sein de chaque filière

Afin de mieux comprendre la variété des profils des jeunes selon le type de parcours suivi, une typologie de ces parcours a été effectuée pour chacun des deux panels (encadré 2). Les parcours types restent quasiment identiques entre les deux panels. En revanche, la répartition des élèves entre ces groupes s’est modifiée. Cinq groupes se distinguent, notamment par les filières suivies.

Parmi les élèves entrés en sixième en 2007, 52 % ont des parcours linéaires ou quasi linéaires dans la voie générale ou technologique, contre 38 % des élèves entrés en sixième en 1995 (figure 3, groupe 1). À leurs côtés, 8 % ont également suivi la voie générale ou technologique dans le panel 2007, mais avec un parcours marqué par des redoublements, tant au collège qu’au lycée, ou par des réorientations (groupe 2). Du fait de la baisse des redoublements, ces derniers sont nettement moins nombreux que dans le panel 1995 (21 %).

Les élèves qui ont eu des parcours linéaires dans la voie du baccalauréat professionnel représentent 16 % des élèves du panel 2007 (groupe 3), une proportion trois fois plus élevée que celle du panel 1995. En outre, 20 % des élèves du panel 2007 ont suivi des parcours courts ou heurtés dans la voie professionnelle (groupe 4), contre 31% dans le panel 1995.

Enfin, 4 % des élèves du panel 2007 et 5 % des élèves du panel 1995 présentent les difficultés scolaires les plus marquées et sortent pour la plupart assez tôt du système scolaire (groupe 5).

Au total, dans les deux panels, les parcours de la voie générale (groupe  1 et 2) représentent 59 % à 60 % des élèves ; ceux de la voie professionnelle (groupes 3 et 4), 36 %. La structure des parcours selon la voie d’enseignement est ainsi restée stable. Les évolutions viennent principalement d’une nouvelle répartition au sein de chaque voie en faveur des parcours linéaires (groupes 1 et 3), au détriment des parcours courts et heurtés (groupes 2 et 4).

Figure 3 - Répartition des élèves entre les cinq parcours types dans l’enseignement secondaire

en %
Figure 3 - Répartition des élèves entre les cinq parcours types dans l’enseignement secondaire (en %) - Lecture : 52 % des élèves entrés en sixième en 2007 ont suivi un parcours linéaire dans la filière générale et technologique, contre 38 % des élèves entrés en sixième en 1995.
2007 1995
1. Parcours linéaires dans la filière générale et technologique 51,9 38,2
2. Parcours heurtés dans la filière générale et technologique 7,8 21,0
3. Parcours linéaires dans la filière professionnelle 16,3 5,2
4. Parcours courts ou heurtés dans la filière professionnelle 20,0 31,0
5. Grandes difficultés scolaires 4,0 4,7
Ensemble 100,0 100,0
  • Lecture : 52 % des élèves entrés en sixième en 2007 ont suivi un parcours linéaire dans la filière générale et technologique, contre 38 % des élèves entrés en sixième en 1995.
  • Champ : France métropolitaine, élèves entrés pour la première fois en sixième en 1995 ou en 2007.
  • Source : MENJS-Depp, panels d’élèves du second degré recrutés en 1995 et en 2007.

Figure 3 - Répartition des élèves entre les cinq parcours types dans l’enseignement secondaire

  • Lecture : 52 % des élèves entrés en sixième en 2007 ont suivi un parcours linéaire dans la filière générale et technologique, contre 38 % des élèves entrés en sixième en 1995.
  • Champ : France métropolitaine, élèves entrés pour la première fois en sixième en 1995 ou en 2007.
  • Source : MENJS-Depp, panels d’élèves du second degré recrutés en 1995 et en 2007.

Encadré 2 - Cinq parcours types pour les élèves du panel 2007 et du panel 1995

La typologie des parcours des élèves a été construite pour chaque panel à partir d’une analyse en correspondances multiples (ACM) suivie d’une classification ascendante hiérarchique (CAH) des élèves en fonction de leurs caractéristiques scolaires.

Les variables actives mobilisées pour identifier ces parcours types correspondent à l’âge à l’entrée en sixième, le niveau des acquis à l’entrée en sixième et les classes fréquentées chaque année entre 2007‑2008 et 2014‑2015 pour les élèves du panel 2007 et entre 1995‑1996 et 2003‑2004 pour les élèves du panel 1995. Afin de prendre en compte les élèves qui arrivent en terminale avec un an de retard, les parcours scolaires sont construits sur une période de huit ans pour le panel 2007 et de neuf ans pour le panel 1995 : pour ces derniers, la durée d’études théorique pour accéder à une terminale professionnelle est supérieure d’un an à celle des élèves du panel 2007. Les classes des années suivantes n’ont pas été intégrées pour constituer les groupes mais l’analyse des parcours et la description des groupes prend en compte la totalité de la durée des études secondaires, soit les dix ans de scolarisation depuis l’entrée en sixième.

L’ACM appliquée aux données du panel 2007 a permis d’identifier cinq axes pertinents qui résument 42 % de l’inertie totale, c’est‑à‑dire de l’information sur les parcours des jeunes entrés en sixième. Celle appliquée aux données du panel 1995 a permis d’identifier quatre axes pertinents qui résument 38 % de l’inertie totale.

La CAH, réalisée après l’ACM, est effectuée à partir des coordonnées des projections des variables actives sur les cinq premiers axes factoriels pour le panel 2007 et sur les quatre premiers axes factoriels pour le panel 1995. Elle définit cinq groupes pertinents, qui se distinguent nettement les uns des autres. Des variables supplémentaires ont été également mobilisées pour décrire les cinq groupes identifiés. Il s’agit des caractéristiques sociodémographiques et culturelles de l’élève, à savoir son sexe, la catégorie socioprofessionnelle de la personne de référence de sa famille, le diplôme de sa mère, les aspirations, la structure et la taille de sa famille et ses vœux d’orientation en fin de troisième.

Les élèves arrivant en terminale générale ou technologique sans difficulté ont déjà un bon niveau en sixième

Les élèves qui ont un parcours linéaire dans la voie générale ou technologique (groupe 1) sont les plus performants à l’entrée en sixième : en 2007, 45 % d’entre eux se classent parmi les 25 % des meilleurs élèves à l’entrée en sixième au regard de leurs résultats aux épreuves nationales d’évaluation (figure 4). De plus, ils sont quasiment tous arrivés en sixième à l’heure ou en avance (96 %). Si les caractéristiques scolaires à l’entrée en sixième apparaissent déterminantes dans la réussite des élèves, cela est un peu moins vrai qu’en 1995. En effet, les élèves ayant les acquis les moins élevés à l'entrée en sixième sont plus présents dans ce groupe dans le panel 2007 que douze ans avant. De même, le groupe 1 se différencie moins des autres parcours du panel 2007 en ce qui concerne les redoublements en primaire, ces derniers étant moins fréquents qu’en 1995 pour l’ensemble des élèves. Par rapport à l’ensemble des élèves, ceux en retard à l’entrée en sixième dans le groupe 1 étaient sous‑représentés de 18 points dans le panel 1995, contre 13 points dans le panel 2007. Finalement, le groupe 1 s’est élargi en s’ouvrant à une plus grande part d’élèves de moins bon niveau en sixième. Par construction, la suite du parcours est favorable pour les élèves de ce groupe : près de neuf jeunes sur dix ont obtenu leur baccalauréat à l’heure et trois quarts des bacheliers ont obtenu un baccalauréat général, le plus souvent un baccalauréat scientifique (figure 5).

Figure 4 - Caractéristiques scolaires à l’entrée en sixième selon le groupe

en %
Figure 4 - Caractéristiques scolaires à l’entrée en sixième selon le groupe (en %) - Lecture : 82,6 % des élèves entrés en sixième en 2007 sont âgés de 11 ans ou moins et sont donc à l’heure.
Groupe 1 Groupe 2 Groupe 3 Groupe 4 Groupe 5 Ensemble
Panel 2007
Âge d’entrée en sixième
11 ans ou moins (à l’heure) 95,7 95,4 68,9 69,6 7,0 82,6
12 ans 4,2 4,6 29,9 29,6 88,9 16,8
13 ans ou plus 0,2 0,0 1,2 0,8 4,1 0,6
Niveau à l’entrée en sixième¹
Inférieur à Q1 5,9 16,3 35,5 48,4 90,7 25,0
Q1 à Q2 17,7 36,8 36,9 31,9 6,7 25,0
Q2 à Q3 31,6 32,2 20,7 15,6 2,3 25,0
Supérieur à Q3 44,8 14,7 6,8 4,1 0,3 25,0
Panel 1995
Âge d’entrée en sixième
11 ans ou moins (à l’heure) 96,0 90,4 60,1 60,3 6,3 77,7
12 ans 3,6 9,3 36,2 35,4 76,7 19,8
13 ans ou plus 0,4 0,3 3,7 4,3 17,1 2,5
Niveau à l’entrée en sixième¹
Inférieur à Q1 3,0 16,4 30,0 49,2 86,2 25,0
Q1 à Q2 12,8 34,3 37,7 33,7 11,3 25,0
Q2 à Q3 31,9 33,3 24,8 14,1 2,2 25,0
Supérieur à Q3 52,4 16,1 7,5 3,1 0,3 25,0
  • 1. Le niveau d’acquis à l’entrée en sixième est mesuré à partir de l’évaluation nationale de sixième.
  • Inférieur à Q1 : 25 % des élèves les moins performants, …, supérieur à Q3 : 25 % des élèves les plus performants.
  • Lecture : 82,6 % des élèves entrés en sixième en 2007 sont âgés de 11 ans ou moins et sont donc à l’heure.
  • Champ : France métropolitaine, élèves entrés pour la première fois en sixième en 1995 ou en 2007.
  • Source : MENJS-Depp, panels d’élèves du second degré recrutés en 1995 et 2007.

Figure 5a - Parcours scolaires des élèves entrés en sixième en 2007, selon le groupe

en %
Figure 5a - Parcours scolaires des élèves entrés en sixième en 2007, selon le groupe (en %) - Lecture : 11,0 % des élèves entrés en sixième en 2007 sont sortis du système scolaire sans diplôme.
Groupe 1 Groupe 2 Groupe 3 Groupe 4 Groupe 5 Ensemble
Orientation après la troisième
BEP ou CAP 0,0 0,0 0,2 47,1 64,7 12,2
Seconde professionnelle 0,0 1,0 95,4 37,2 2,4 23,4
Seconde générale et technologique 100,0 99,0 3,8 12,7 0,2 62,3
Sortie 0,0 0,0 0,5 1,2 28,6 1,4
Autres¹ 0,0 0,0 0,1 1,7 4,1 0,7
Dernière classe fréquentée dans le secondaire
Collège 0,0 0,0 0,0 1,1 27,5 1,3
1ʳᵉ année BEP ou CAP 0,1 0,2 1,5 7,9 11,9 2,4
2ᵉ année BEP ou CAP 0,2 0,1 0,7 25,2 39,9 6,8
Seconde professionnelle 0,1 0,1 1,5 4,1 0,9 1,2
Première professionnelle 0,2 0,3 4,6 4,9 1,5 1,9
Terminale professionnelle 0,5 1,0 88,9 44,8 8,4 24,1
1ʳᵉ année Brevet professionnel 0,0 0,1 0,0 1,4 0,3 0,3
2ᵉ année Brevet professionnel 0,0 0,0 0,1 5,4 1,5 1,2
Mention complémentaire² 0,0 0,0 1,3 2,9 1,6 0,9
Seconde générale et technologique 0,4 0,1 0,0 0,0 0,0 0,3
Première générale ou technologique 0,4 0,8 0,0 0,0 0,0 0,3
Terminale générale ou technologique 97,6 97,2 0,0 0,2 0,2 58,4
Autres¹ 0,5 0,2 1,5 1,9 6,4 1,2
Diplôme obtenu dans le secondaire
Aucun 3,1 10,8 9,3 23,8 56,1 11,0
BEP ou CAP 0,2 0,1 8,9 39,9 38,7 11,1
Bac professionnel 0,4 0,7 81,8 36,1 5,1 21,0
Bac général ou technologique 96,3 88,3 0,0 0,2 0,1 57,0
Obtention du bac
Non obtenu 3,3 10,9 18,2 63,7 94,8 22,0
À l’heure 87,2 0,0 76,6 0,3 0,8 57,8
En retard 9,5 89,1 5,2 36,0 4,4 20,1
Série du bac obtenu
Bac général ou technologique 99,6 99,2 0,1 0,5 1,9 73,1
Bac scientifique 41,5 13,5 0,0 0,1 1,9 28,0
Bac économique et social 23,5 19,6 0,0 0,0 0,0 16,9
Bac littéraire 10,3 13,5 0,0 0,1 0,0 7,8
Bac technologique 24,3 52,5 0,0 0,4 0,0 20,4
Bac professionnel 0,4 0,8 100,0 99,5 98,1 26,9
  • 1. Classes spécialisées (sections d’enseignement général et professionnel adapté (Segpa), classes-relais, classes des instituts médico-éducatifs (IME), unités pédagogiques d’intégration (UPI), classes préparatoires à l’apprentissage, classes d’initiation préprofessionnelle en alternance (Clipa)) et troisième année CAP.
  • 2. Diplôme national qui délivre une qualification spécialisée, afin de mieux s’insérer dans la vie active, généralement après un BEP ou un CAP.
  • Lecture : 11,0 % des élèves entrés en sixième en 2007 sont sortis du système scolaire sans diplôme.
  • Champ : France métropolitaine, élèves entrés pour la première fois en sixième en 2007.
  • Source : MENJS-Depp, panel d’élèves du second degré recrutés en 2007.

Les filles représentent 55 % des élèves du groupe 1 (figure 6), en cohérence avec les conclusions de nombreuses études montrant qu’elles connaissent des destins scolaires plus favorables que les garçons. En revanche, elles sont légèrement moins surreprésentées que dans le panel 1995, dont elles constituaient 58 % de ce groupe.

Figure 6a - Caractéristiques sociodémographiques des élèves entrés en sixième en 2007, selon le groupe

en %
Figure 6a - Caractéristiques sociodémographiques des élèves entrés en sixième en 2007, selon le groupe (en %) - Lecture : les garçons représentent 50,9 % des élèves entrés en sixième en 2007.
Groupe 1 Groupe 2 Groupe 3 Groupe 4 Groupe 5 Ensemble
Sexe
Fille 55,0 48,8 46,1 38,3 38,4 49,1
Garçon 45,0 51,2 53,9 61,7 61,6 50,9
Catégorie socioprofessionnelle de la personne de référence
Agriculteur 2,6 1,0 3,5 1,9 1,0 2,4
Artisan, commerçant 9,6 9,4 8,9 9,8 6,7 9,4
Profession libérale, cadre, chef d’entreprise¹ 28,1 23,5 6,1 6,2 2,4 18,8
Enseignant 5,1 2,4 1,1 0,8 0,4 3,2
Profession intermédiaire² 18,4 18,5 13,0 13,9 7,7 16,2
Employé 12,4 16,7 18,3 16,9 18,2 14,8
Ouvrier qualifié 17,1 20,2 33,2 33,3 30,6 23,7
Ouvrier non qualifié 6,1 7,4 13,8 14,8 22,0 9,8
Inactif 0,7 1,1 2,2 2,5 10,9 1,8
Diplôme le plus élevé de la mère
Sans diplôme 8,8 15,4 24,4 25,7 45,3 16,7
Brevet des collèges 4,6 5,9 7,0 7,1 5,1 5,6
CAP, BEP 19,6 24,7 34,9 36,0 26,7 26,0
Baccalauréat 20,3 21,2 14,2 12,9 3,6 17,3
Diplôme du supérieur 42,6 27,6 11,3 10,0 2,7 28,2
Inconnu 4,2 5,2 8,3 8,3 16,7 6,3
Situation familiale
Famille « traditionnelle » 78,9 70,2 70,4 65,1 56,9 73,2
Famille recomposée 5,6 7,9 8,6 9,7 9,5 7,2
Famille monoparentale 11,2 16,7 16,9 20,4 28,1 15,1
Autre situation 4,4 5,3 4,1 4,9 5,5 4,5
Taille de la fratrie
Un enfant 8,4 9,0 7,8 8,4 6,4 8,3
Deux enfants 43,6 39,2 34,6 34,2 18,1 38,9
Trois enfants 31,2 29,8 30,7 29,9 26,8 30,5
Quatre enfants 10,2 11,1 13,3 13,8 20,5 11,9
Cinq enfants 3,8 5,8 6,8 6,5 10,0 5,3
Six enfants ou plus 2,8 5,0 6,9 7,2 18,2 5,1
  • 1. Sauf professeur.
  • 2. Sauf instituteur ou professeur des écoles.
  • Lecture : les garçons représentent 50,9 % des élèves entrés en sixième en 2007.
  • Champ : France métropolitaine, élèves entrés pour la première fois en sixième en 2007.
  • Source : MENJS-Depp, panel d’élèves du second degré recrutés en 2007.

Les élèves ayant atteint la terminale générale et technologique sans difficulté sont souvent issus de milieu favorisé. Les enfants de cadres et d’enseignants y sont surreprésentés : 33 % dans le panel 2007, soit 11 points de plus que l’ensemble des élèves. À l’inverse, les enfants d’ouvriers représentent 23 % des élèves de ce groupe alors qu’ils représentent 34 % de l’ensemble. Par rapport au panel 1995, les écarts à la moyenne ne se réduisent que timidement pour les enfants de cadres et d’enseignants et demeurent inchangés pour les enfants d’ouvriers. En revanche, les enfants de parents occupant une profession intermédiaire sont moins surreprésentés, tandis que les enfants d’employés sont moins sous‑représentés. Par rapport à l’ensemble, les élèves du groupe 1 sont plus souvent issus de mères plus diplômées : deux élèves sur trois de ce groupe ont une mère diplômée d’un baccalauréat ou du supérieur, contre un sur deux enfants en moyenne. En outre, les élèves vivant avec leurs deux parents ou dans une famille de deux enfants sont surreprésentés, au détriment de ceux vivant dans une famille monoparentale ou dans une famille de quatre enfants ou plus.

Les familles des élèves du groupe 1 se caractérisent par des ambitions assez élevées et des souhaits d’orientation très précis pour leur enfant. En effet, 86 % d’entre elles envisagent en troisième une orientation vers un baccalauréat général, soit 31 points de plus que l’ensemble (figure 7). Parmi elles, les deux tiers envisagent même une série bien déterminée de baccalauréat (littéraire, économique et social ou scientifique).

Figure 7 - Aspirations des parents pour les enfants entrés en sixième en 2007 (panel 2007)

en %
Figure 7 - Aspirations des parents pour les enfants entrés en sixième en 2007 (panel 2007) (en %) - Lecture : 19,1 % des parents d’élèves entrés en sixième en 2007 envisagent que leur enfant prépare un baccalaurat professionnel.
Groupe 1 Groupe 2 Groupe 3 Groupe 4 Groupe 5 Ensemble
Orientation envisagée
Entrée dans la vie active dès 16 ans 0,0 0,1 0,1 0,5 4,0 0,3
Apprentissage, BEP ou CAP 0,6 1,5 9,1 45,5 78,7 13,4
Bac professionnel 1,7 6,5 76,7 25,8 9,1 19,1
Bac technologique 7,4 8,9 4,2 4,5 0,5 6,2
Bac général quelle que soit la série 28,5 35,5 4,3 8,9 0,9 20,4
Bac littéraire 5,9 6,6 0,4 1,0 0,1 3,9
Bac économique et social 11,8 11,8 1,0 1,7 0,0 7,7
Bac scientifique 39,8 17,7 0,6 1,7 0,1 23,1
Ne sait pas 2,2 9,2 2,4 8,3 5,0 4,0
Non-réponse 2,1 2,1 1,2 2,1 1,7 1,9
Âge de fin d’études souhaité
16 ans 0,1 0,2 0,4 3,0 3,8 0,8
18 ans 1,4 3,0 13,1 16,8 24,0 7,2
20 ans ou plus 75,0 66,6 49,9 38,1 31,7 61,7
Ne sait pas 23,5 30,2 36,6 42,0 40,5 30,3
Diplôme jugé le plus utile pour trouver un emploi
Aucun 0,8 1,0 1,3 1,7 3,2 1,1
BEP ou CAP 1,9 3,1 6,3 22,2 47,3 8,2
Bac professionnel 7,5 14,0 52,3 37,8 25,7 21,7
Bac technologique 3,4 4,6 3,8 4,7 3,4 3,8
Bac général 7,3 11,4 5,3 6,4 3,8 7,0
Diplôme du supérieur 61,5 48,8 17,3 13,5 6,1 42,2
Ne sait pas 17,7 17,1 13,9 13,7 10,6 16,3
Coût des études
Facile à assumer 30,0 20,2 13,0 12,0 8,7 22,3
Supportable 49,6 49,5 49,1 48,3 40,2 49,0
Plutôt lourd 14,5 21,5 23,2 23,6 19,9 18,4
Très difficile à assumer 4,3 7,1 11,0 12,5 23,5 7,8
Non-réponse 1,6 1,7 3,7 3,7 7,8 2,6
  • Note : les aspirations des familles pour leur enfant sont mesurées en mars 2011 pour le panel 2007, soit lorsque les élèves à l’heure étaient en troisième.
  • Lecture : 19,1 % des parents d’élèves entrés en sixième en 2007 envisagent que leur enfant prépare un baccalaurat professionnel.
  • Champ : France métropolitaine, élèves entrés pour la première fois en sixième en 2007.
  • Source : MENJS-Depp, panel d’élèves du second degré recrutés en 2007.

Parallèlement, 75 % des familles souhaitent que leur enfant poursuive ses études jusqu’à 20 ans ou plus, les autres n’ayant pas d’avis sur la question. S’agissant plus souvent de familles peu nombreuses et de catégorie sociale élevée, la prolongation des études de leur enfant pèse moins financièrement : plus souvent que l'ensemble, les familles de ce groupe estiment que le coût des études de leur enfant est facile à assumer ou supportable. De même, 62 % pensent qu’un diplôme du supérieur est le plus utile pour trouver un emploi, contre 42 % de l’ensemble des familles. Cette aspiration scolaire plus ambitieuse constitue un atout essentiel en matière d’orientation car, en fin de collège, la procédure d’orientation prend largement en compte la demande familiale [Caille et Lemaire, 2002]. D’ailleurs, la quasi‑totalité de ces élèves du groupe 1 obtiennent satisfaction dans leur vœu d’orientation en fin de troisième et sont donc beaucoup plus nombreux que l’ensemble des élèves à s’orienter vers la filière souhaitée (figure 8). Ce dernier résultat a déjà été mis en évidence dans la littérature : la satisfaction des demandes d’orientation est plus fréquente pour les élèves pour lesquels les familles ont des ambitions scolaires fortes, pour ceux ayant des acquis à l’entrée en sixième élevés et pour ceux qui ne redoublent pas au collège [Pirus, 2013].

Figure 8 - Vœux d’orientation et adéquation des décisions finales d’orientation en fin de troisième selon le groupe

en %
Figure 8 - Vœux d’orientation et adéquation des décisions finales d’orientation en fin de troisième selon le groupe (en %) - Lecture : 60,6 % des élèves entrés en sixième en 2007 ont émis un premier vœu d’orientation vers une seconde générale et technologique après la troisième. 92,7 % des élèves ayant demandé cette orientation l'ont obtenue, pour 1,7 % à la suite d'une contestation.
Groupe 1 Groupe 2 Groupe 3 Groupe 4 Ensemble
Panel 2007
Vœux d’orientation des familles
Seconde générale et technologique 90,4 84,4 17,8 18,9 60,6
Voie professionnelle 1,2 3,4 71,1 62,0 27,4
Redoublement 0,1 2,6 0,1 2,4 0,8
Non-réponse ou sortie de scolarité après la troisième 8,4 9,6 11,0 16,7 11,2
Adéquation des décisions finales d’orientation aux voeux¹
Ensemble 99,1 85,0 85,5 88,4 93,7
dont à la suite d’une contestation² 0,9 5,9 0,8 1,8 1,4
Seconde générale et technologique 99,3 85,2 39,2 63,3 92,7
dont à la suite d’une contestation² 0,9 1,4 1,8 4,3 1,7
Voie professionnelle ns ns 97,2 95,7 96,0
dont à la suite d’une contestation² ns ns 0,6 0,7 0,6
Redoublement ns 93,7 ns 97,5 95,2
dont à la suite d’une contestation² ns 10,8 ns 9,1 9,0
Panel 1995
Vœux d’orientation des familles
Seconde générale et technologique 91,2 72,5 12,0 15,0 57,6
Voie professionnelle 0,4 12,9 77,0 65,2 26,5
Redoublement 0,0 3,7 0,3 3,0 1,7
Non-réponse ou sortie de scolarité après la troisième 8,4 10,9 10,8 16,8 14,2
Adéquation des décisions finales d’orientation aux voeux¹
Ensemble 99,6 80,6 89,6 88,1 91,4
dont à la suite d’une contestation² 0,8 3,4 0,7 1,1 1,5
Seconde générale et technologique 99,8 77,8 30,4 46,9 88,9
dont à la suite d’une contestation² 0,8 4,0 0,0 5,7 1,8
Voie professionnelle ns 91,3 99,1 97,0 96,4
dont à la suite d’une contestation² ns 0,2 0,8 0,7 0,6
Redoublement ns 99,2 ns 99,3 98,4
dont à la suite d’une contestation² ns 4,0 ns 2,3 3,0
  • ns : non significatif.
  • 1. Le taux d’adéquation représente la part des élèves qui ont eu la voie qu'ils souhaitaient (seconde générale ou technologique, voie professionnelle ou redoublement) parmi ceux qui avaient émis ce vœu.
  • 2. Décisions finales correspondant aux vœux des familles, mais prises à la suite d’une contestation des familles lors des étapes de la procédure d’orientation de fin de troisième (commission d’appel ou entretien avec le chef d’établissement).
  • Note : les effectifs du groupe 5 sont trop faibles pour présenter des résultats sur l’adéquation de l’orientation aux souhaits.
  • Lecture : 60,6 % des élèves entrés en sixième en 2007 ont émis un premier vœu d’orientation vers une seconde générale et technologique après la troisième. 92,7 % des élèves ayant demandé cette orientation l'ont obtenue, pour 1,7 % à la suite d'une contestation.
  • Champ : France métropolitaine, élèves entrés pour la première fois en sixième en 1995 ou en 2007.
  • Source : MENJS-Depp, panels d’élèves du second degré recrutés en 1995 et en 2007.

Neuf élèves sur dix ayant connu un parcours heurté dans la voie générale ou technologique deviennent bacheliers

Les élèves de la voie générale ou technologique au parcours heurté (groupe 2), comme ceux au parcours plus linéaire (groupe 1), arrivent presque toujours à l’heure en sixième (95 % dans le panel 2007) (figure 4). En revanche, Ils y arrivent avec des acquis moins solides : un peu plus de deux tiers d’entre eux font partie des élèves de niveau intermédiaire (deuxième et troisième quarts des élèves selon le niveau).

Dans la suite de leur parcours, ces élèves redoublent davantage : dans le panel 2007, 38 % d’entre eux le font au moins une fois au collège et 69 % au moins une fois au lycée général et technologique, ces redoublements étant particulièrement fréquents en classe de seconde (figure 9). Les réorientations sont toutefois marginales (3 %), contrairement au panel 1995. En effet, dans le panel 1995, 18 % des élèves du groupe 2 se sont d’abord engagés dans la voie professionnelle en fin de troisième avant de se réorienter vers la voie générale ou technologique, et 3 % ont suivi le parcours inverse.

Au terme de ces parcours heurtés dans le secondaire, 98 % des élèves du groupe 2 atteignent la terminale dans le panel 2007 et 89 % deviennent bacheliers (figure 5). La proportion de bacheliers est nettement supérieure à celle du panel 1995 (+ 11 points) : les redoublements semblent donc moins pénalisants pour obtenir le baccalauréat que douze ans auparavant, mais la disparition des réorientations a aussi pu favoriser une meilleure réussite. Dans le panel 2007, un peu plus d’un bachelier sur deux a obtenu un baccalauréat technologique, soit deux fois plus que les élèves du groupe 1 qui sont plutôt des bacheliers généraux. C’est cependant moins que dans le panel 1995 (62 %). Par rapport aux bacheliers du groupe 1, les bacheliers scientifiques sont sous‑représentés.

Figure 9 - Taux de redoublement selon le groupe

en %
Figure 9 - Taux de redoublement selon le groupe (en %) - Lecture : 15,5 % des élèves entrés en sixième en 2007 ont redoublé ont moins une classe en primaire.
Groupe 1 Groupe 2 Groupe 3 Groupe 4 Groupe 5 Ensemble
Panel 2007
Au moins une classe au primaire 3,5 3,8 28,1 28,0 81,2 15,5
Au moins une classe au collège 0,6 37,7 0,5 46,2 11,0 13,0
Sixième 0,0 5,7 0,1 17,0 2,6 4,0
Cinquième 0,1 4,9 0,0 8,5 0,3 2,1
Quatrième 0,3 10,1 0,0 10,7 3,5 3,1
Troisième 0,3 17,6 0,4 11,3 4,9 4,0
Au moins une classe de la voie générale et technologique 9,5 68,8 0,0 19,8 ns 17,2
Seconde 0,7 64,0 0,0 19,9 ns 9,4
Première 4,0 2,4 0,0 1,7 ns 3,8
Terminale 5,2 10,2 0,0 0,0 ns 5,8
Au moins une classe de la voie professionnelle ns 2,4 9,8 21,1 24,0 16,2
Première année de CAP ns 0,0 0,0 15,2 13,7 14,6
Deuxième année de CAP ns 0,0 0,0 11,3 14,5 11,7
Seconde professionnelle ns 0,0 1,7 9,3 3,1 4,6
Première professionnelle ns 1,6 2,4 3,1 7,3 2,7
Terminale professionnelle ns 4,8 6,8 6,8 12,9 6,8
Panel 1995
Au moins une classe au primaire 3,0 8,6 34,2 34,5 71,9 18,8
Au moins une classe au collège 0,2 47,5 1,3 69,1 31,8 33,0
Sixième 0,1 6,2 0,4 26,3 15,8 10,2
Cinquième 0,0 10,7 0,3 23,0 8,5 9,8
Quatrième 0,1 11,8 0,3 17,5 5,7 8,1
Troisième 0,0 20,8 0,4 9,9 6,3 8,0
Au moins une classe de la voie générale et technologique 18,7 61,8 4,4 8,2 ns 32,6
Seconde 0,8 57,6 0,0 9,1 ns 18,2
Première 7,3 7,3 0,0 3,4 ns 7,2
Terminale 10,7 20,9 14,8 4,7 ns 14,1
Au moins une classe de la voie professionnelle ns 4,3 12,0 23,6 29,4 20,0
Première année de BEP ou CAP ns 2,3 1,3 11,5 19,9 9,6
Deuxième année de BEP ou CAP ns 2,5 0,7 14,8 23,3 11,7
Seconde professionnelle /// /// /// /// /// ///
Première professionnelle ns 1,2 2,2 1,9 0,0 2,0
Terminale professionnelle ns 3,4 9,3 6,0 0,0 7,1
  • ns : non significatif.
  • /// : absence de résultat due à la nature des choses.
  • Lecture : 15,5 % des élèves entrés en sixième en 2007 ont redoublé ont moins une classe en primaire.
  • Champ : France métropolitaine, élèves entrés pour la première fois en sixième en 1995 ou en 2007.
  • Source : MENJS-Depp, panels d’élèves du second degré recrutés en 1995 et en 2007.

Les filles sont aussi présentes que les garçons dans ces parcours heurtés (figure 6). En revanche, même avec des redoublements, les élèves de la voie générale et technologique proviennent plus souvent que la moyenne des classes sociales favorisées. En effet, comme dans le groupe 1, les enfants de cadres sont surreprésentés, avec cinq points de plus par rapport à l’ensemble des élèves du panel 2007. À l’inverse, ceux d’ouvriers sont moins représentés, avec six points de moins par rapport à l’ensemble. Les écarts à la moyenne sont toutefois moins marqués dans le groupe 2 que dans le groupe 1. Les parcours heurtés sont donc ceux d’élèves issus en moyenne de catégories socioprofessionnelles légèrement moins favorisées que les parcours linéaires. Le constat est similaire s’agissant du diplôme de la mère : les enfants de mères diplômées du baccalauréat ou plus sont surreprésentés dans le groupe 2 par rapport à l’ensemble (+ 3 points), mais cet écart est cinq fois moins important que dans le groupe 1.

En douze ans, les disparités sociales se sont légèrement accrues au sein de ce groupe. En effet, à l’inverse du groupe 1, la surreprésentation des enfants de cadres et la sous‑représentation des enfants d’ouvriers se sont accentuées. Mais cette évolution est positive, en cela qu’elle traduit le fait que dans la voie générale et technologique, les enfants d’ouvriers suivent moins fréquemment qu’il y a douze ans un parcours heurté et plus souvent un parcours linéaire.

Les familles estimant que le coût des études de leur enfant est lourd sont surreprésentées dans ce groupe par rapport au groupe 1 (figure 7). Ce constat s’explique en partie par des caractéristiques sociales un peu moins favorables que celles du groupe 1. Les familles du groupe 2 se caractérisent aussi par des ambitions scolaires élevées plus fréquentes que la moyenne, mais bien moins que celles des familles des élèves du groupe 1. Elles sont 72 % à envisager pour leur enfant une orientation vers la voie du baccalauréat général, soit 17 points de plus que l’ensemble, mais 14 points de moins que le groupe 1. Leurs aspirations sont également moins précises que les familles du groupe 1 : elles visent plus souvent le baccalauréat général sans préjuger de la série. Elles sont notamment deux fois moins nombreuses que les familles du groupe 1 à envisager le baccalauréat scientifique.

Parmi les élèves du groupe 2, 85 % obtiennent satisfaction dans leur choix d’orientation vers la voie générale ou technologique en fin de troisième, soit bien moins souvent que les élèves ayant eu un parcours linéaire dans cette voie  (figure 8). Cet écart avec le groupe 1 tient aux acquis plus faibles des élèves du groupe 2. Pour les élèves qui tiennent néanmoins à accéder à la voie générale ou technologique, le redoublement de la troisième devient une étape obligée, mais efficace, puisque la quasi‑totalité accède ensuite à la voie générale ou technologique. Pour un élève redoublant sur dix, il s’agit d’un choix obtenu à la suite d’une contestation de la première décision du conseil de classe. Ces élèves, ne remplissant pas au départ les exigences scolaires rattachées à la voie générale et technologique, ont en effet préféré redoubler plutôt que de s’engager dans la voie professionnelle.

Un élève sur deux ayant un parcours linéaire dans la voie du baccalauréat professionnel est un enfant d’ouvrier

Dans le panel 2007, près d’un tiers des élèves suivant un parcours linéaire dans la voie du baccalauréat professionnel (groupe 3) arrive en sixième avec du retard. Les élèves de ce groupe ont un faible niveau scolaire à l’entrée en sixième : 36 % d’entre eux se classent parmi les 25 % des élèves avec les acquis les plus faibles et 37 % parmi les 25 % juste au‑dessus (figure 4). Par rapport aux élèves du panel 1995, le niveau scolaire à l’entrée en sixième des élèves de ce groupe s’est dégradé : la part de ceux qui sont classés parmi les 25 % les moins performants a augmenté de 6 points, conséquence probable de l’accès facilité pour de moins bons élèves à ce parcours sans redoublement. À l’inverse, les élèves arrivés en retard en sixième sont moins nombreux dans le panel 2007 (– 9 points).

Bien qu’ils redoublent très peu au collège (moins de 1 %, figure 9), 95 % des élèves du groupe 3 se sont orientés vers une seconde professionnelle en fin de troisième (figure 5). Cette orientation peut découler de leur faible niveau d’acquis, mais aussi des aspirations de leurs familles qui sont moins ambitieuses que celles des élèves qui se sont orientés vers la voie générale ou technologique. D’ailleurs, sept élèves de ce groupe sur dix souhaitaient dès le départ s’orienter vers la voie professionnelle lors de la procédure d’orientation (figure 8). Leurs familles souhaitent majoritairement que leur enfant obtienne un baccalauréat professionnel (77 %) (figure 7). Elles sont également plus nombreuses à penser qu’un diplôme de la voie professionnelle est le plus utile pour trouver un emploi (52 % contre 22 % pour l’ensemble). Même à niveau scolaire équivalent, les vœux d’orientation sont généralement moins ambitieux parmi les familles de milieu défavorisé que parmi celles de milieu favorisé [Pirus, 2013 ; Givord, 2020]. Or, c’est sur l’adéquation entre la demande et les résultats scolaires que tranchent les conseils de classe, qui ne revoient presque jamais à la hausse une demande familiale qui manquerait d’ambition [Caille et Lemaire, 2002]. Les élèves du groupe 3 sont en effet issus de milieu peu favorisé : 47 % sont enfants d’ouvriers et 66 % ont une mère peu ou pas diplômée. En douze ans, l’origine sociale des élèves de ce groupe n’a pas évolué.

Les élèves du groupe 3 ont rarement redoublé après le collège et seuls 10 % d’entre eux ont redoublé une classe de la voie professionnelle au lycée (figure 9). La majorité de ces redoublements a lieu en terminale. Arrivés, pour 92 % d’entre eux, en terminale professionnelle sans redoublement, ils deviennent souvent bacheliers (82 %), bien que 9 % quittent l’enseignement secondaire sans diplôme (figure 5). Par rapport au panel 1995, l’évolution de la réussite des élèves est contrastée : les élèves du panel 2007 sont proportionnellement plus nombreux à obtenir le baccalauréat (+ 6 points) que ceux du panel 1995, mais ils sont également plus nombreux à sortir sans diplôme (+ 6 points). Cela découle notamment de la réforme de 2009, qui a modifié en profondeur l’organisation de la voie professionnelle. Le baccalauréat professionnel s’obtient désormais en trois ans au lieu de quatre et les collégiens peuvent s’engager dans la préparation de ce diplôme directement au sortir de la classe de troisième, ce qui en facilite l’obtention. En revanche, depuis la réforme, l’obtention de BEP ou CAP n’est plus obligatoire avant de s’engager dans la voie du baccalauréat professionnel, même si les élèves engagés dans la voie du baccalauréat professionnel en fin de troisième peuvent les obtenir au titre de la certification intermédiaire en fin de première professionnelle ou en se réorientant vers un CAP. En conséquence, les élèves du panel 2007 du groupe 3 obtiennent moins souvent le BEP ou le CAP que ceux du panel 1995 et ceux qui ne parviennent pas à obtenir le baccalauréat sortent plus souvent sans diplôme du système scolaire. Ce résultat est cependant à nuancer, car, dans le panel 1995, les élèves sortant sans diplôme de la voie professionnelle ne pouvaient pas accéder à une classe préparant le baccalauréat et donc aux parcours du groupe 3. Ils relevaient plutôt du groupe 4, qui représente les parcours courts ou heurtés de la voie professionnelle. La hausse des sorties sans diplôme du groupe 3 est donc le produit du rééquilibrage des effectifs entre les deux groupes survenu avec l’ouverture dès la fin de troisième de la voie du baccalauréat professionnel.

Les élèves du groupe 3 sont majoritairement des garçons (54 %), mais comme pour le parcours linéaire de la voie générale et technologique, le déséquilibre entre les genres est moins marqué que dans le panel 1995 (figure 6).

Un tiers des élèves au parcours court ou heurté dans la voie professionnelle décroche le baccalauréat

Un tiers des élèves au parcours court ou heurté dans la voie professionnelle (groupe 4) arrive en retard en sixième dans le panel 2007, comme les élèves du groupe 3 (figure 4). Leur niveau scolaire est moins élevé que celui du groupe 3 : les acquis scolaires à l’entrée en sixième classent la moitié d’entre eux parmi les 25 % des élèves les plus faibles. Ainsi, bien qu’ils arrivent en sixième avec moins de retard que les élèves du panel 1995 (– 9 points), leur niveau d’acquis est toujours aussi faible. Par la suite, 46 % des élèves du groupe 4 redoublent au collège dans le panel 2007, contrairement aux élèves du groupe 3 qui redoublent très peu (figure 9). Cependant, ils étaient 69 % à redoubler au collège dans le panel 1995.

Les garçons représentent près des deux tiers des élèves de ce groupe, soit une proportion plus élevée que dans le groupe 3 (figure 6).

Par rapport à ces derniers, les élèves du groupe 4 ont un parcours heurté dans le second cycle, marqué beaucoup plus souvent par des redoublements et surtout des réorientations. Ainsi, dans le panel 2007, 47 % s’orientent vers un CAP après la troisième et 37 % vers un baccalauréat professionnel (figure 5). Parmi ces derniers, un sur sept est ensuite réorienté vers un CAP après la seconde ou la première professionnelle. De même, 13 % des élèves de ce groupe passent par une seconde générale et technologique, avant d’être réorientés vers la voie professionnelle. Lors de la procédure d’orientation, les familles de ces élèves ont souvent souhaité une orientation vers la voie professionnelle (62 %). Comme dans le groupe 3, près de deux familles sur dix de ce groupe ont souhaité une orientation vers la voie générale et technologique (figure 8). Parmi ces dernières, 63 % ont obtenu satisfaction (4 % après avoir contesté l’avis initial du conseil de classe), contre seulement 39 % pour le groupe 3. Les familles des groupes 3 et 4 sont elles‑mêmes peu diplômées et peuvent moins bien connaître l’ensemble des cursus possibles. Les familles du groupe 4 déclarent plus souvent que celles du groupe 3 ne pas savoir quelle orientation souhaiter pour leur enfant (8 % contre 2 % dans le groupe 3 et 4 % dans l’ensemble). 42 % déclarent ne pas savoir jusqu’à quel âge leur enfant devrait poursuivre ses études (37 % des familles du groupe 3 et 30 % de l’ensemble) (figure 7). Les familles du groupe 4 ont des aspirations particulièrement peu ambitieuses : alors que les familles du groupe 3 souhaitent majoritairement que leur enfant prépare un baccalauréat professionnel, seulement 26 % des familles du groupe 4 expriment ce souhait et 46 % envisagent plutôt la voie professionnelle courte (apprentissage, CAP ou BEP). Elles ne sont que 38 % à espérer que leur enfant poursuive ses études jusqu’à 20 ans ou plus, contre 62 % de l’ensemble des familles. Les aspirations de ces familles coïncident avec leur opinion sur le diplôme le plus utile pour l’emploi : celles qui pensent qu’il s’agit du CAP ou du BEP sont surreprésentées (22 % contre 8 % dans l’ensemble).

L’origine sociale des élèves explique en partie les aspirations moins précises et moins ambitieuses de leur famille : 48 % sont enfants d’ouvriers et seulement 7 % enfants de cadres ou d’enseignants (figure 6). De plus, dans ce groupe, une mère sur quatre n’a aucun diplôme et seulement une sur dix est diplômée du supérieur.

Les élèves vivant avec leurs deux parents sont moins représentés que dans l’ensemble, alors que ceux vivant dans des familles monoparentales le sont plus. Ces élèves sont aussi issus de familles relativement plus nombreuses : 27 % vivent dans des familles de quatre enfants ou plus, soit 5 points de plus que la moyenne. Ces résultats confirment les analyses antérieures sur le parcours des élèves au collège, qui montrent que ceux vivant dans des familles nombreuses ou dans des familles monoparentales rencontrent plus de difficultés scolaires que les autres, toutes choses égales par ailleurs [Archambault, 1998 ; Cretin, 2012]. Enfin, ces familles sont plus nombreuses que l’ensemble à déclarer que le coût lié aux études de leur enfant est plutôt lourd ou très difficile à assumer (figure 7).

Du fait de leurs difficultés de parcours, les élèves du groupe 4 sortent plus fréquemment de l’enseignement secondaire sans diplôme : c’est le cas de 24 % d’entre eux (figure 5). Malgré cela, 36 % décrochent un baccalauréat professionnel, contre 20 % douze ans auparavant. Une partie d’entre eux s’engagent dès la fin de troisième dans la filière du baccalauréat et, même s’ils redoublent, ils ont moins de difficultés à aller au bout de ce diplôme qu’avec une année de plus en BEP ou CAP requise avant la réforme. Si la voie du baccalauréat professionnel est devenue plus accessible, les taux de réussite au baccalauréat se sont en revanche tassés : 70 % des élèves du panel 2007 parvenus en terminale deviennent bacheliers, contre 77 % de ceux du panel 1995. Mais comme ils sont plus nombreux à l’avoir tenté, les élèves du panel 2007 restent finalement plus nombreux à être diplômés du baccalauréat (36 % contre 21 %). Avec la possibilité d’accéder à la seconde professionnelle depuis la réforme de 2009, les élèves du groupe 4 sont proportionnellement bien moins nombreux à s’orienter vers un CAP après la troisième dans le panel 2007 (47 %) qu’en BEP ou CAP dans le panel 1995 (89 %). Le groupe 4 intègre désormais des parcours heurtés dans la voie du baccalauréat professionnel qui n’existaient pas pour les élèves du panel 1995. À la suite de la réforme de l’enseignement professionnel de 2009, le CAP est réservé aux élèves dont le niveau d’acquis en fin de troisième est jugé insuffisant pour atteindre le niveau du baccalauréat. Néanmoins, les élèves du groupe 4 terminent presque aussi souvent leurs études secondaires avec un BEP ou un CAP dans le panel 2007 que dans le panel 1995 (respectivement 40 % et 43 %). Les élèves qui s’orientent d’abord en seconde professionnelle ont été en partie réorientés vers un CAP, quand d’autres ont pu obtenir ce diplôme en fin de première professionnelle sans décrocher ensuite le baccalauréat.

Deux tiers des élèves en grande difficulté sont enfants d’ouvriers ou d’inactifs

Les élèves qui, au collège et au lycée, rencontrent les plus grandes difficultés dans leur parcours scolaire (groupe 5) sont déjà dans une situation peu favorable à l’arrivée en sixième : plus de neuf sur dix arrivent en retard en sixième dans le panel 2007. Ils ont redoublé cinq fois plus souvent que l’ensemble des élèves en primaire. Par ailleurs, leurs acquis classent 91 % d’entre eux parmi les 25 % d’élèves les plus faibles (figure 4). Leurs difficultés scolaires sont plus prononcées que douze ans auparavant. D’une part, ils étaient proportionnellement un peu moins nombreux dans le panel 1995 à se classer parmi les 25 % d’élèves les moins performants (– 5 points), d’autre part, ils avaient moins souvent redoublé au primaire (– 9 points), dans un contexte où les redoublements étaient pourtant plus fréquents pour l’ensemble des élèves. En revanche, les élèves du panel 2007 ont moins souvent redoublé plusieurs fois que leurs aînés, puisque la proportion d’élèves ayant 13 ans ou plus à l’entrée en sixième est passée de 17 % à 4 % en douze ans.

Au collège, les élèves du groupe 5 ont moins redoublé que ceux du groupe 4 : 11 % contre 46 % (figure 9). Ceci résulte en partie du fait que la majorité des élèves du groupe 5 est passée par des classes d’enseignement spécialisé et a donc suivi des enseignements adaptés à son niveau. Quand ils atteignent la troisième, 65 % de ces élèves s’orientent vers un CAP et 29 % sortent du système scolaire après la classe de troisième, contre respectivement 57 % et 38 % pour le panel 1995. En douze ans, la situation s’est donc améliorée. Finalement, dans le panel 2007, 56 % des élèves du groupe 5 sont sortis du système scolaire sans diplôme et 39 % ont obtenu le CAP ou BEP, soit deux fois plus que les élèves du panel 1995.

Les élèves de ce groupe sont issus pour la majorité d’un milieu social peu favorisé : 64 % sont enfants d’ouvriers ou d’inactifs et 45 % d’entre eux ont une mère non diplômée (figure 6). Cependant, la surreprésentation des enfants d’inactifs s’est un peu atténuée. Les élèves vivant dans des familles monoparentales ou dans des familles avec quatre enfants ou plus sont largement surreprésentés (respectivement 13 points et 26 points de plus que l’ensemble des élèves). Les familles de ces élèves déclarent des souhaits d’orientation et de poursuites d’études moins ambitieuses que les autres groupes. En effet, elles envisagent trois fois plus souvent que la moyenne une poursuite d’études de leur enfant jusqu’à ses 18 ans seulement et pensent six fois plus souvent que l’ensemble que le diplôme le plus utile pour trouver un emploi est le CAP ou le BEP (figure 7). Les difficultés financières de ces familles peuvent peser sur ces faibles aspirations, puisqu’elles sont également trois fois plus nombreuses que l’ensemble des familles à déclarer que les dépenses liées aux études de leur enfant sont très difficiles à supporter.

Archambault P., « Les difficultés d’accès au diplôme des enfants de familles dissociées », Espace, populations, sociétés n° 2, 1998.

Barhoumi M., Caille J.-P., « Les élèves sortent de l’enseignement secondaire de plus en plus diplômés mais au terme de parcours scolaires encore socialement différenciés », Éducation & Formations, à paraître.

Broccolichi S., Sinthon R., « Comment s’articulent les inégalités sociales d’acquisition scolaire et d’orientation ? Relations ignorées et rectifications tardives », Revue française de pédagogie n° 175(2), 2011.

Caille J.-P., « Les transformations des trajectoires au collège : des parcours plus homogènes, mais encore très liés au passé scolaires et à l’origine sociale », Éducation & Formations n° 85, novembre 2014.

Caille J.-P., « Le redoublement à l’école élémentaire et dans l’enseignement secondaire », Éducation & Formations n° 69, juillet 2004.

Caille J.-P., Lemaire S., « Filles et garçons face à l’orientation », Éducation & Formations n° 63, avril-juin 2002.

Cayouette-Remblière J., de Saint Pol T., « Le sinueux chemin vers le baccalauréat : entre redoublement, réorientation et décrochage scolaire », Économie et Statistique n° 459, Insee, 2013.

Cosnefroy O., Rocher T., « Le redoublement au cours de la scolarité obligatoire : nouvelles analyses, mêmes constats », Éducation & Formations n° 70, décembre 2004.

Cretin L., « Les familles monoparentales et l’école : un plus grand risque d’échec au collège ? », Éducation & Formations n° 82, décembre 2012.

Givord P., « Dans les pays de l’OCDE, les aspirations éducatives et professionnelles des jeunes de 15 ans sont très marquées par le milieu social », in France, portrait social, coll. « Insee Références », édition 2020.

Pirus C., « Le déroulement de la procédure d’orientation en fin de troisième reste marqué par de fortes disparités scolaires et sociales », Note d’information n° 24, MENESR-Depp, 2013.

Robert-Bobée I., « Les jeunes sortants sans diplôme : une diversité de parcours », Éducation & Formations n° 84, décembre 2013.

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Les classes de CAP ont cependant bénéficié d’un report des BEP, puisqu’elles accueillent plus d’élèves du panel 2007 que du panel 1995 (13 % contre 10 % en première année). Par ailleurs, la seconde professionnelle accueille moins d’élèves du panel 2007 que les BEP pour le panel 1995 (26 % contre 32 %).

Dans le panel, le parcours scolaire est observé sur dix ans après l’entrée en sixième. Les élèves qui auraient obtenu leur baccalauréat avec plus de trois ans de retard (ou deux ans pour le baccalauréat professionnel dans le panel 1995) ne sont donc pas comptés ici.

En mars 2011, les familles des élèves du panel 2007 ont été interrogées sur l’orientation qu’elles envisageaient pour leur enfant, sur leur avis concernant la poursuite de ses études et le diplôme le plus utile pour qu’il trouve un emploi. À cette date, les élèves à l’heure étaient en troisième.

Des enquêtes Orientation ont eu lieu en fin de troisième (pour les élèves à l’heure), réitérées un an après pour les élèves ayant redoublé leur troisième et ceux arrivés en troisième avec un an de retard. Ces enquêtes sont identiques pour les deux panels et permettent donc d’évaluer les différenciations à douze ans d’écart dans les processus d’orientation en fin de troisième. Elles recueillent les souhaits des familles, les propositions du conseil de classe, la décision du chef d’établissement et le recours éventuel par les familles à la commission d’appel. Dans cet éclairage, le vœu d’orientation de la famille est considéré comme satisfait à partir du moment où la décision finale d’orientation y correspond. Il peut éventuellement être satisfait à la suite d’une contestation de la première décision du conseil de classe par la famille (passage en commission d’appel ou demande d’entretien avec le chef d’établissement).

Les classes d’enseignement spécialisé regroupent les sections d’enseignement général et professionnel adapté (Segpa), les classes‑relais, les classes des instituts médico‑éducatifs (IME), les unités pédagogiques d’intégration (UPI), les classes préparatoires à l’apprentissage et les classes d’initiation pré pro en alternance.

Les classes de CAP ont cependant bénéficié d’un report des BEP, puisqu’elles accueillent plus d’élèves du panel 2007 que du panel 1995 (13 % contre 10 % en première année). Par ailleurs, la seconde professionnelle accueille moins d’élèves du panel 2007 que les BEP pour le panel 1995 (26 % contre 32 %).

Dans le panel, le parcours scolaire est observé sur dix ans après l’entrée en sixième. Les élèves qui auraient obtenu leur baccalauréat avec plus de trois ans de retard (ou deux ans pour le baccalauréat professionnel dans le panel 1995) ne sont donc pas comptés ici.

En mars 2011, les familles des élèves du panel 2007 ont été interrogées sur l’orientation qu’elles envisageaient pour leur enfant, sur leur avis concernant la poursuite de ses études et le diplôme le plus utile pour qu’il trouve un emploi. À cette date, les élèves à l’heure étaient en troisième.

Des enquêtes Orientation ont eu lieu en fin de troisième (pour les élèves à l’heure), réitérées un an après pour les élèves ayant redoublé leur troisième et ceux arrivés en troisième avec un an de retard. Ces enquêtes sont identiques pour les deux panels et permettent donc d’évaluer les différenciations à douze ans d’écart dans les processus d’orientation en fin de troisième. Elles recueillent les souhaits des familles, les propositions du conseil de classe, la décision du chef d’établissement et le recours éventuel par les familles à la commission d’appel. Dans cet éclairage, le vœu d’orientation de la famille est considéré comme satisfait à partir du moment où la décision finale d’orientation y correspond. Il peut éventuellement être satisfait à la suite d’une contestation de la première décision du conseil de classe par la famille (passage en commission d’appel ou demande d’entretien avec le chef d’établissement).

Les classes d’enseignement spécialisé regroupent les sections d’enseignement général et professionnel adapté (Segpa), les classes‑relais, les classes des instituts médico‑éducatifs (IME), les unités pédagogiques d’intégration (UPI), les classes préparatoires à l’apprentissage et les classes d’initiation pré pro en alternance.