France, portrait socialÉdition 2020

Dans cette édition, la vue d’ensemble porte sur l’impact social de la crise sanitaire de la Covid-19 et du confinement, dans des domaines tels que la santé, l’emploi, les inégalités femmes-hommes, la scolarité des enfants, les pratiques culturelles, etc. Un éclairage est ensuite apporté sur les enfants, sous l’angle des inégalités sociales.

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Paru le : Paru le 03/12/2020
France, portrait social - Décembre 2020
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Insertion professionnelle

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Paru le : 03/12/2020

En 2019, 83,1 % des jeunes sortis de formation initiale depuis 1 à 4 ans sont actifs au sens du Bureau international du travail (BIT) : 69,1 % sont en emploi et 14,0 % au chômage (figure 1). Par ailleurs, 5,8 % sont inactifs mais souhaiteraient travailler (halo autour du chômage) et 11,1 % sont inactifs sans appartenir au halo. Un jeune sur cinq est donc au chômage ou dans son halo dans cette phase d’insertion professionnelle, contre une personne sur dix sorties de formation initiale depuis plus de dix ans âgées de 60 ans ou moins. Les hommes ayant terminé leurs études récemment sont plus souvent dans ces situations que les femmes : en 2019, 22 % sont au chômage ou dans son halo, contre 17 % des femmes. Les jeunes diplômés du supérieur le sont moins souvent que les moins diplômés : 12 % d’entre eux sont au chômage ou dans son halo, alors qu’ils sont 40 % parmi les personnes peu ou pas diplômées (brevet des collèges ou aucun diplôme). En plus d’une forte fréquence du chômage, les jeunes sortis peu ou pas diplômés de formation initiale depuis 1 à 4 ans connaissent un taux d’activité très réduit par rapport aux plus diplômés : seuls 55 % sont actifs en 2019, contre 79 % des diplômés du secondaire (BEP, CAP, baccalauréat) et 92 % des diplômés du supérieur, les reprises d’études n’expliquant qu’une faible part de l’inactivité.

Figure 1 - Situation d’activité des personnes sorties de formation initiale depuis 1 à 4 ans en 2019

en %
Figure 1 - Situation d’activité des personnes sorties de formation initiale depuis 1 à 4 ans en 2019 (en %)
Taux de chômage1 Situation sur le marché du travail2 Situation dans l’emploi3
En emploi Au chômage Inactifs appartenant au halo autour du chômage Autres inactifs Ensemble Part des emplois à durée limitée Part des emplois à temps partiel Taux de sous-emploi
Femmes 14,6 69,4 11,8 5,5 13,3 100,0 31,5 21,2 10,2
Hommes 19,2 68,7 16,4 6,0 8,9 100,0 29,2 10,6 5,9
Diplôme du supérieur 9,7 83,5 8,9 3,0 4,6 100,0 22,4 11,2 4,9
CAP, BEP, baccalauréat 22,0 61,3 17,3 7,2 14,1 100,0 41,1 23,0 12,4
Aucun diplôme, brevet des collèges 47,4 29,0 26,2 13,4 31,4 100,0 55,7 28,8 18,9
Ensemble 16,9 69,1 14,0 5,8 11,1 100,0 30,4 16,1 8,1
  • 1. Parmi les actifs.
  • 2. Parmi les personnes de 60 ans ou moins.
  • 3. Parmi les personnes en emploi.
  • Champ : France hors Mayotte, population des ménages, personnes sorties de formation initiale depuis 1 à 4 ans.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2019.

Les statuts des emplois auxquels accèdent les jeunes dans leur phase d’insertion sont moins favorables que ceux de l’ensemble de la population en emploi. 30 % des jeunes sortis de formation initiale depuis 1 à 4 ans qui travaillent ont un emploi à durée limitée (CDD, intérim, etc.), soit 2,3 fois plus que pour l’ensemble des personnes en emploi (13 %). Les jeunes peu ou pas diplômés sont les plus concernés, avec 56 % d’emplois à durée limitée. Ces derniers sont également plus souvent à temps partiel (29 %, contre 11 % pour les diplômés du supérieur). Cependant, 1 à 4 ans après leur sortie d’études, les jeunes en insertion sur le marché du travail sont dans leur ensemble un peu moins souvent à temps partiel que la moyenne : c’est le cas de 16 % d’entre eux, contre 18 % pour l’ensemble des emplois. Les jeunes femmes, en particulier, sont 21 % à être en emploi à temps partiel, un chiffre qui reste deux fois plus élevé que celui des jeunes hommes également sortis de formation initiale depuis 1 à 4 ans, mais nettement moins que pour l’ensemble des femmes (28 %). À l’inverse, les hommes sortis de formation initiale depuis 1 à 4 ans sont plus souvent à temps partiel que l’ensemble des hommes en emploi (11 % contre 8 %). Enfin, 8 % des jeunes en emploi ayant récemment terminé leurs études sont en situation de sous‑emploi, travaillant notamment à temps partiel, mais souhaitant travailler davantage et disponibles pour le faire.

Les écarts selon le diplôme en période d’insertion sur le marché du travail se sont creusés au cours des 35 dernières années (figure 2). Les diplômés du supérieur récemment sortis de formation initiale ont connu un chômage accru dans les années 1990, mais ils restent peu affectés par les aléas économiques depuis 2000. À l’inverse, les jeunes actifs peu ou pas diplômés ont été fortement affectés : ainsi, ils sont autour de cinq fois plus souvent au chômage que les diplômés du supérieur depuis la crise de 2008‑2009, contre trois fois plus dans les années 1990. En 2019, 47 % d’entre eux sont au chômage. Les emplois à durée limitée, s’ils ont progressé pour tous les niveaux de diplôme, se sont plus fortement développés pour les jeunes peu ou pas diplômés, en particulier depuis 2008.

Figure 2a - Taux de chômage des personnes sorties de formation initiale depuis 1 à 4 ans

en %
Figure 2a - Taux de chômage des personnes sorties de formation initiale depuis 1 à 4 ans (en %)
Diplôme du supérieur CAP, BEP, baccalauréat Aucun diplôme, brevet des collèges
Ancienne série Nouvelle série Ancienne série Nouvelle série Ancienne série Nouvelle série
1985 8,1 26,3 42,2
1986 9,3 21,3 39,3
1987 10,7 22,8 38,2
1988 8,6 20,8 35,9
1989 7,3 19,1 29,2
1990 7,0 17,8 30,3
1991 8,2 17,2 30,7
1992 9,2 19,1 32,7
1993 12,8 25,1 38,1
1994 14,8 27,3 44,7
1995 15,4 23,9 43,4
1996 16,3 25,4 44,2
1997 17,0 29,0 47,2
1998 14,1 25,7 44,4
1999 13,3 26,7 49,2
2000 10,3 19,2 43,6
2001 9,2 16,7 39,2
2002 10,6 18,6 41,1
2003 10,0 14,7 33,4
2004 10,2 17,2 36,8
2005 9,5 17,8 38,2
2006 9,9 17,8 40,6
2007 8,8 17,3 36,6
2008 6,1 16,4 37,2
2009 9,4 22,7 48,7
2010 10,3 22,0 43,8
2011 9,2 21,8 45,3
2012 10,1 23,7 46,1
2013 10,8 24,9 48,8
2014 11,6 11,7 24,1 24,7 52,9 53,7
2015 11,8 24,9 52,8
2016 11,0 25,4 52,5
2017 8,7 24,2 49,0
2018 9,5 22,7 44,3
2019 9,7 22,0 47,4
  • Note : changement de série en 2003 et 2013.
  • Champ : France métropolitaine jusqu’en 2014, France hors Mayotte à partir de 2014, population des ménages, actifs sortis depuis 1 à 4 ans de formation initiale.
  • Source : Insee, enquêtes Emploi.

Figure 2a - Taux de chômage des personnes sorties de formation initiale depuis 1 à 4 ans

  • Note : changement de série en 2003 et 2013.
  • Champ : France métropolitaine jusqu’en 2014, France hors Mayotte à partir de 2014, population des ménages, actifs sortis depuis 1 à 4 ans de formation initiale.
  • Source : Insee, enquêtes Emploi.

Du fait de l’allongement de la durée des études et de la transformation de la structure des emplois, les jeunes sortant de formation initiale occupent des emplois plus qualifiés que leurs aînés : 23 % sont cadres, contre 19 % de l’ensemble des personnes en emploi ; 29 % occupent une profession intermédiaire, contre 26 %. Ces emplois les plus qualifiés sont plus fréquents parmi les diplômés du supérieur (figure 3). Les jeunes diplômés du supérieur court occupent toutefois rarement des emplois de cadres (5 %). 27 % des jeunes sortants de formation initiale sont employés, comme l’ensemble des personnes en emploi, mais ils sont plus souvent qualifiés. Les ouvriers sont moins nombreux parmi les jeunes sortant de formation initiale que dans l’ensemble des personnes en emploi (18 % contre 20 %), mais, contrairement aux employés, les ouvriers non qualifiés sont légèrement surreprésentés (8 % contre 7 %). Les jeunes sortant d’études peu ou pas diplômés occupent majoritairement des emplois non qualifiés (55 %) : en particulier, ils sont presque deux fois plus souvent ouvriers non qualifiés que les détenteurs d’un CAP ou BEP (30 % contre 17 %).

Figure 3 - Catégorie socioprofessionnelle des personnes sorties de formation initiale depuis 1 à 4 ans selon le niveau de diplôme en 2019

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Figure 3 - Catégorie socioprofessionnelle des personnes sorties de formation initiale depuis 1 à 4 ans selon le niveau de diplôme en 2019 (en %)
Diplôme du supérieur long Diplôme du supérieur court Baccalauréat CAP, BEP Aucun diplôme, brevet des collèges Ensemble
Indépendants 1,9 1,6 2,6 1,9 2,0 2,0
Cadres et professions intellectuelles supérieures 47,8 4,7 0,7 0,3 0,6 22,9
Professions intermédiaires 36,1 47,3 16,6 8,8 13,3 29,3
Employés qualifiés 8,3 21,0 22,4 25,1 11,5 15,5
Employés non qualifiés 3,2 8,5 24,2 20,3 25,0 11,9
Ouvriers qualifiés 1,6 8,5 20,6 27,0 17,2 10,5
Ouvriers non qualifiés 1,1 8,4 12,8 16,5 30,3 7,9
Ensemble 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
  • Champ : France hors Mayotte, population des ménages, personnes en emploi sorties depuis 1 à 4 ans de formation initiale.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2019.

Définitions


Sortie de formation initiale : première interruption de plus d’un an du parcours d’études amorcé à l’école élémentaire.


Population active au sens du Bureau international du travail (BIT) : la population active au sens du BIT comprend les personnes en emploi et les chômeurs au sens du BIT. Les personnes qui ne sont ni en emploi ni au chômage sont dites « inactives ».


Emploi au sens du Bureau international du travail (BIT) : les personnes en emploi au sens du BIT (actifs occupés) sont celles âgées de 15 ans ou plus ayant travaillé (ne serait‑ce qu’une heure) au cours d’une semaine donnée dite « de référence », qu’elles soient salariées, à leur compte, employeuses ou aides dans l’entreprise ou l’exploitation familiale. Elles incluent également les personnes pourvues d’un emploi, mais qui en sont temporairement absentes.


Chômeur au sens du Bureau international du travail (BIT) : un chômeur au sens du BIT est une personne âgée de 15 ans ou plus qui répond simultanément à trois conditions : être sans emploi durant une semaine donnée ; être disponible pour prendre un emploi dans les deux semaines ; avoir cherché activement un emploi au cours des quatre dernières semaines ou en avoir trouvé un qui commence dans moins de trois mois. Les démarches actives considérées sont variées : étudier des annonces d’offres d’emploi, se rendre à un salon professionnel, mobiliser son réseau social ou prendre des conseils auprès de Pôle emploi, etc.


Halo autour du chômage : le halo autour du chômage est composé de personnes inactives au sens du BIT, mais proches du marché du travail. Il s’agit des personnes sans emploi qui recherchent un emploi mais qui ne sont pas disponibles dans les deux semaines pour travailler et des personnes sans emploi qui souhaitent travailler mais qui n’ont pas effectué de démarche active de recherche d’emploi dans le mois précédent, qu’elles soient disponibles ou non.


Emploi à durée limitée : l’emploi à durée limitée regroupe les contrats à durée déterminée, les emplois intérimaires, les stages et contrats aidés, l’apprentissage.


Sous-emploi au sens du Bureau international du travail (BIT) : le sous-emploi au sens du BIT comprend les personnes en emploi au sens du BIT qui remplissent l’une des conditions suivantes : elles travaillent à temps partiel, souhaitent travailler davantage et sont disponibles pour le faire, qu’elles recherchent activement un emploi ou non ; elles travaillent à temps partiel ou à temps complet, mais ont travaillé moins que d’habitude pendant la semaine de référence en raison de chômage partiel (chômage technique) ou mauvais temps.

Pour en savoir plus

Formations et emploi , coll. « Insee Références », édition 2018.

L’insertion professionnelle des jeunes , Rapport Dares – France Stratégie, janvier 2017.

« L’insertion des jeunes sur le marché du travail : l’emploi est majoritaire chez les plus diplômés, l’inactivité domine chez les non‑diplômés », in France, portrait social, coll. « Insee Références », édition 2016.

Bilan formation‑emploi.

Définitions