France, portrait social Édition 2025
Cet ouvrage rassemble trois analyses des hauts et très hauts revenus et patrimoines en France. Par ailleurs, deux dossiers abordent le thème des conditions de travail. Enfin, une quarantaine de fiches synthétiques dressent le panorama social de la France.
Professionnelles du social : de forts besoins mais des rémunérations souvent faibles et des conditions de travail souvent difficiles
Béatrice Le Rhun, Constance Morel‑Jean (Drees), Jérôme Poulain (OFCE – Sciences Po)
En 2022, en France, 1,1 million de personnes, en grande majorité des femmes, exercent une profession sociale : elles accompagnent les personnes en situation de handicap, d’exclusion sociale ou de perte d’autonomie, ainsi que les enfants ou les jeunes majeurs dans le cadre de la protection de l’enfance. Les besoins sont donc élevés. Les professionnelles du social sont en moyenne plus âgées que les autres salariés (45 ans contre 42 ans) et sont nombreuses à quitter leur métier assez rapidement. Elles perçoivent de faibles salaires (14 640 euros de revenu salarial sur l’année en moyenne) et sont confrontées à des conditions de travail difficiles, comme le temps partiel subi, les horaires de travail irréguliers, ainsi que la pénibilité.
Au sein des professions sociales, les parcours professionnels, les conditions d’emploi et de rémunération diffèrent selon les métiers. Ainsi, les aides à domicile, qui constituent 42 % des professionnelles du social, occupent des emplois avec les salaires moyens les plus faibles (9 890 euros de revenu salarial sur l’année), et présentent des carrières parmi les plus courtes des métiers du social. Les besoins sont pourtant élevés dans un contexte de vieillissement de la population. À l’inverse, les éducatrices spécialisées, qui constituent 11 % des professionnelles du social, sont mieux rémunérées (22 980 euros de revenu salarial en moyenne sur l’année) et ont des carrières plus longues.
Insee Références
Paru le :18/11/2025
- En 2022, 1,1 million de personnes exercent une profession sociale
- 42 % des professionnelles du social sont des aides à domicile
- Les professionnelles du social sont plus âgées que les autres salariés
- Des besoins élevés de recours aux professionnelles du social
- Des emplois avec du temps partiel souvent subi et des horaires irréguliers
- Les professionnelles du social ont des conditions de travail souvent plus difficiles que les autres salariés
- Les professionnelles du social sont moins bien rémunérées que les autres salariés
- Les trajectoires des professionnelles du social : des départs fréquents dès les premières années
- Une progression salariale plus élevée pour celles qui quittent leur profession sociale
- Encadré – Services à la personne et professions sociales, un recouvrement partiel
En 2022, 1,1 million de personnes exercent une profession sociale
Les professions sociales regroupent une douzaine de métiers qui visent à l’accompagnement de publics en situation de handicap, d’exclusion sociale, de perte d’autonomie ou pris en charge par la protection de l’enfance. En 2022, 1,1 million de personnes exercent une profession sociale, très majoritairement des femmes (86 %) (figure 1). Elles sont employées dans le secteur public (20 %), le secteur privé y compris associatif (65 %), ou encore par des particuliers‑employeurs (15 %). Une partie d’entre elles travaillent dans le secteur des services à la personne (encadré).
tableauFigure 1 – Sexe et âge des professionnelles du social en 2022
| Caractéristiques | Aides à domicile | Éducatrices spécialisées | Assistantes sociales1 | Aides médico-psychologiques | Assistantes familiales | Autres professionnelles du social2 | Ensemble des professionnelles du social2 | Ensemble des autres salariés |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Sexe | ||||||||
| Femmes | 94,8 | 72,7 | 89,4 | 83,6 | 87,4 | 71,8 | 86,3 | 48,3 |
| Hommes | 5,2 | 27,3 | 10,6 | 16,4 | 12,6 | 28,2 | 13,7 | 51,7 |
| Âge | ||||||||
| Moins de 25 ans | 5,1 | 6,9 | 9,5 | 4,7 | 0,0 | 6,6 | 6,1 | 10,5 |
| De 25 à 39 ans | 20,9 | 38,6 | 36,8 | 40,7 | 7,3 | 30,5 | 27,8 | 34,1 |
| De 40 à 49 ans | 23,3 | 29,0 | 28,4 | 25,7 | 16,2 | 30,3 | 25,7 | 25,1 |
| De 50 à 54 ans | 16,4 | 13,0 | 10,6 | 14,7 | 18,1 | 12,2 | 14,4 | 12,9 |
| 55 ans ou plus | 34,3 | 12,5 | 14,7 | 14,2 | 58,4 | 20,4 | 26,0 | 17,4 |
| Âge moyen (en années) | 48,1 | 41,5 | 42,1 | 41,3 | 55,3 | 43,3 | 45,4 | 41,8 |
| Effectifs | ||||||||
| Nombre (en milliers) | 475 | 123 | 117 | 90 | 37 | 293 | 1 135 | 23 631 |
| Part dans l'ensemble | 41,9 | 10,8 | 10,3 | 7,9 | 3,3 | 25,8 | 100,0 | /// |
- /// : absence de résultat due à la nature des choses.
- 1. Y compris conseillères en économie sociale familiale.
- 2. Hors accompagnantes d'élèves en situation de handicap (AESH), sauf pour les parts et effectifs (121 000 professionnelles).
- Notes : Les AESH sont des professionnelles du social salariées du ministère l'Éducation nationale. Ainsi, elles font partie des personnels de l’enseignement scolaire comptabilisés dans les publications du service statistique ministériel de l'Éducation nationale. Elles ne figurent pas dans les données sur le sexe et l’âge des professionnelles du social de la figure. En revanche, leurs effectifs sont inclus dans les totaux des autres professionnelles du social et de l’ensemble des professionnelles du social. L'Insee publie des effectifs de salariés à partir des données des Estimations d'emploi, tandis que la Drees utilise les enquêtes Emploi par souci de cohérence interne des sources, ce qui explique les écarts entre les différents chiffres publiés [Fabre, Jauneau, 2025].
- Lecture : En 2022, 34,3 % des aides à domicile sont âgées de 55 ans ou plus. Au nombre de 475 000, les aides à domicile représentent 41,9 % des professionnelles du social.
- Champ : France hors Mayotte, personnes vivant dans un logement ordinaire, âgées de 15 à 64 ans.
- Source : Insee, enquêtes Emploi 2021 à 2023 ; traitements Drees.
42 % des professionnelles du social sont des aides à domicile
Les aides à domicile (42 % des professionnelles du social) et les éducatrices spécialisées (11 %) concentrent plus de la moitié des professionnelles du social. Les premières permettent à des personnes âgées ou handicapées de rester dans leur logement personnel, en les aidant par exemple à faire des courses ou le ménage. Les secondes accompagnent des personnes en situation de handicap, de perte d’autonomie, ou en difficulté sociale. Elles contribuent à améliorer leur autonomie, par exemple en organisant des ateliers de théâtre pour des personnes atteintes de troubles autistiques afin d’améliorer leur communication, en aidant des personnes sans abri dans leur démarche de domiciliation ou de recherche d’hébergement d’urgence, ou en mettant en place des actions préventives auprès des enfants et des jeunes dans le cadre de la protection de l’enfance.
Les assistantes sociales et conseillères en économie sociale familiale constituent 10 % des professionnelles du social. Elles interviennent auprès des personnes en situation de précarité ou d’exclusion sociale, à travers des missions d’accompagnement, de conseil, de soutien et d’orientation. Les aides médico‑psychologiques (8 % des professionnelles du social) accompagnent des personnes âgées en situation de dépendance ou des personnes handicapées dans des hôpitaux, des maisons d’accueil spécialisées ou des maisons de retraite. Les assistantes familiales (3 %), quant à elles, accueillent à leur domicile des enfants ou des jeunes de moins de 21 ans confiés à l’aide sociale à l’enfance. Parmi les autres professionnelles du social, les animatrices socioculturelles (3 % des professionnelles du social) favorisent, par l’intermédiaire de projets (cours d’alphabétisation, initiation à la photo, etc.), l’épanouissement et la socialisation des publics particuliers (enfants, personnes en difficulté sociale, etc.) et aident à l’inclusion.
Les professionnelles du social sont plus âgées que les autres salariés
Les professionnelles du social sont plus âgées que les autres salariés : leur moyenne d’âge est de 45 ans, contre 42 ans pour l’ensemble des autres salariés. 40 % des professionnelles du social ont 50 ans ou plus en 2022, contre 30 % des autres salariés. En particulier, les assistantes familiales, profession souvent occupée en seconde partie de carrière, sont encore plus âgées : 76 % ont 50 ans ou plus et 58 % ont 55 ans ou plus. 51 % des aides à domicile sont âgées de 50 ans ou plus et 34 % ont 55 ans ou plus. Les autres professionnelles du social sont plus jeunes, notamment les éducatrices spécialisées : seulement 25 % ont 50 ans ou plus, de même que les assistantes sociales et conseillères en économie sociale familiale.
Dans la suite de cette étude, les caractéristiques des professions sociales sont déclinées principalement pour les aides à domicile et les éducatrices spécialisées, dont les positions sont contrastées en matière de niveau de diplôme – les aides à domicile sont souvent peu diplômées (72 % ont un niveau d’études inférieur au bac), tandis que le diplôme d’État d’éducateur spécialisé est de niveau licence –, de besoins en main‑d’œuvre, de conditions salariales ou de trajectoire professionnelle.
Des besoins élevés de recours aux professionnelles du social
Au 1er janvier 2022, 6,6 millions de personnes sont âgées de 75 ans ou plus en France, selon les données du recensement de la population, soit 10 % de la population. De plus, en 2021, 6,8 millions de personnes de 15 ans ou plus vivant hors établissement (soit 13 % d’entre elles) déclarent avoir au moins une limitation fonctionnelle sévère [Ouvrir dans un nouvel ongletDrees, 2023] dont 4,6 millions âgées de 15 à 75 ans. En outre, fin 2022, 322 000 adultes et 174 000 enfants handicapés sont accueillis dans des établissements et structures dédiés [Ouvrir dans un nouvel ongletFarges, 2025a et Ouvrir dans un nouvel onglet2025b]. Fin 2022 également, 1,9 million de personnes sont allocataires du revenu de solidarité active (RSA) [Ouvrir dans un nouvel ongletDrees, 2024], tandis que 381 000 mesures d’action éducative et d’accueil à l’aide sociale à l’enfance sont en cours [Ouvrir dans un nouvel ongletTarayoun et al., 2024].
Le besoin de recourir aux professionnelles du social est donc potentiellement fort. Ce besoin de recrutement peut néanmoins se heurter à un manque de candidates, générant alors des tensions significatives sur le marché du travail pour ces professions [Ouvrir dans un nouvel ongletChartier et al., 2025].
Des emplois avec du temps partiel souvent subi et des horaires irréguliers
En 2022, 45 % des professionnelles du social travaillent à temps partiel dans leur emploi principal, contre 24 % des autres femmes salariées et 15 % de l’ensemble des autres salariés (figure 2). Cette proportion varie nettement selon les professions sociales : 14 % des éducatrices spécialisées sont à temps partiel, soit moins que l’ensemble des autres salariés, mais 27 % des assistantes sociales et des aides médico‑psychologiques, 36 % des animatrices socioculturelles et surtout 75 % des aides à domicile le sont. Par ailleurs, 19 % des professionnelles du social exercent leur emploi principal à mi‑temps ou moins, contre 8 % des autres femmes salariées. En particulier, c’est le cas de 35 % des aides à domicile. L’organisation du travail de celles‑ci, marquée par la multi‑activité et le temps partiel, impose souvent de nombreux trajets, qui n’entrent par ailleurs que partiellement dans le temps de travail décompté [Ouvrir dans un nouvel ongletDevetter, Messaoudi, 2013] (méthodes).
tableauFigure 2 – Temps de travail des professionnelles du social en 2022
| Quotité dans l'emploi principal | Aides à domicile | Éducatrices spécialisées | Assistantes sociales1 | Aides médico-psychologiques | Ensemble des professionnelles du social2 | Ensemble des autres salariés | ||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Femmes | Hommes | Ensemble | ||||||
| Temps complet | 25,3 | 85,8 | 73,4 | 72,9 | 55,2 | 75,9 | 92,8 | 84,6 |
| Temps partiel | 74,7 | 14,2 | 26,6 | 27,1 | 44,8 | 24,1 | 7,2 | 15,4 |
| Plus de 80 % | 7,2 | 1,2 | 5,0 | 4,5 | 4,8 | 3,1 | 0,7 | 1,8 |
| 80 % | 11,2 | 5,9 | 10,9 | 6,2 | 8,5 | 6,6 | 1,1 | 3,8 |
| Entre plus de 50 % et moins de 80 % |
21,2 | 4,1 | 4,7 | 10,6 | 12,7 | 6,0 | 1,9 | 3,9 |
| 50 % | 9,1 | 1,5 | 4,2 | 4,6 | 5,8 | 3,7 | 1,5 | 2,5 |
| Moins de 50 % | 26,0 | 1,4 | 1,7 | 1,2 | 13,0 | 4,8 | 2,0 | 3,4 |
- 1. Y compris conseillères en économie sociale familiale.
- 2. Hors accompagnantes d'élèves en situation de handicap (AESH).
- Lecture : En 2022, 55,2 % des professionnelles du social travaillent à temps complet dans leur emploi principal, contre 84,6 % de l'ensemble des autres salariés.
- Champ : France hors Mayotte, personnes vivant dans un logement ordinaire, âgées de 15 à 64 ans.
- Source : Insee, enquêtes Emploi 2021 à 2023 ; traitements Drees.
Parmi les personnes à temps partiel, 30 % des professionnelles du social le sont faute d’avoir trouvé un emploi à temps complet, contre 23 % des autres salariés et 22 % des autres femmes salariées (figure 3). Les animatrices socioculturelles sont 51 % à ne pas avoir trouvé de temps plein, les aides à domicile 32 % et les aides médico‑psychologiques 31 %. En revanche, les assistantes sociales et conseillères en économie sociale familiale sont très peu nombreuses à être dans ce cas de figure (7 %), ainsi que les éducatrices spécialisées (12 %) : elles déclarent beaucoup plus souvent être à temps partiel pour s’occuper d’enfants ou d’un proche ou avoir du temps libre (respectivement 67 % et 56 %).
Par ailleurs, 32 % des professionnelles du social ont des horaires de travail variables d’une semaine sur l’autre, contre 21 % des autres salariés (figure 4). C’est le cas pour 37 % des aides à domicile et pour 34 % des éducatrices spécialisées.
tableauFigure 3 – Raisons du temps partiel des professionnelles du social en 2022
| Raisons du temps partiel | Aides à domicile | Éducatrices spécialisées | Assistantes sociales1 | Aides médico-psychologiques | Ensemble des professionnelles du social2 | Ensemble des autres salariés | ||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Femmes | Hommes | Ensemble | ||||||
| N'a pas trouvé d'emploi à temps complet | 32,3 | 12,0 | 6,9 | 30,7 | 29,7 | 22,0 | 27,3 | 23,3 |
| Exerce une autre activité professionnelle | 8,7 | 6,0 | 8,3 | 4,7 | 8,1 | 5,9 | 6,8 | 6,1 |
| Pour s'occuper d'enfants ou d'un proche | 21,5 | 44,2 | 45,6 | 29,6 | 24,8 | 30,4 | 7,1 | 24,8 |
| Pour raison de santé ou de handicap | 10,7 | 10,7 | 7,6 | 13,6 | 10,7 | 10,0 | 13,1 | 10,7 |
| Pour suivre des études ou une formation | 1,8 | 7,6 | 3,9 | 2,9 | 2,5 | 6,8 | 13,2 | 8,4 |
| Pour disposer d'un revenu d'appoint (en plus des études, retaite, etc.) |
5,9 | 0,5 | 0,8 | 0,9 | 4,8 | 3,6 | 9,5 | 5,0 |
| Pour avoir du temps libre | 14,7 | 11,8 | 21,6 | 13,1 | 14,9 | 16,6 | 14,1 | 16,0 |
| Pour une autre raison | 4,5 | 7,3 | 5,3 | 4,6 | 4,5 | 4,6 | 8,9 | 5,7 |
- 1. Y compris conseillères en économie sociale familiale.
- 2. Hors accompagnantes d'élèves en situation de handicap (AESH).
- Lecture : En 2022, 29,7 % des professionnelles du social à temps partiel dans leur emploi principal le sont faute d'avoir trouvé un emploi à temps complet, contre 23,3 % de l'ensemble des autres salariés à temps partiel.
- Champ : France hors Mayotte, personnes vivant dans un logement ordinaire et travaillant à temps partiel, âgées de 15 à 64 ans.
- Source : Insee, enquêtes Emploi 2021 à 2023 ; traitements Drees.
tableauFigure 4 – Horaires de travail des professionnelles du social en 2022
| Types d'horaires dans l'emploi principal |
Aides à domicile | Éducatrices spécialisées | Assistantes sociales1 | Aides médico-psychologiques | Ensemble des professionnelles du social2 | Ensemble des autres salariés | ||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Femmes | Hommes | Ensemble | ||||||
| Types d'horaires | ||||||||
| À peu près semblables d'une semaine sur l'autre |
61,3 | 62,0 | 83,9 | 41,1 | 64,7 | 74,3 | 69,9 | 71,9 |
| Alternants (équipe, brigade) | 1,8 | 4,0 | 1,3 | 16,1 | 3,7 | 5,4 | 8,1 | 6,8 |
| Variables d'une semaine à l'autre |
37,0 | 34,0 | 14,8 | 42,8 | 31,6 | 20,2 | 22,0 | 21,3 |
| Possibilité de choisir ses horaires de travail | ||||||||
| Oui, entièrement | 11,2 | 8,7 | 8,5 | 1,5 | 11,0 | 10,9 | 14,5 | 12,7 |
| Oui, dans une certaine mesure |
18,8 | 27,4 | 45,6 | 7,3 | 22,9 | 24,3 | 26,2 | 25,5 |
| Non, horaires déterminés par l'employeur |
70,0 | 63,9 | 45,9 | 91,3 | 66,1 | 64,8 | 59,3 | 61,8 |
- 1. Y compris conseillères en économie sociale familiale.
- 2. Hors accompagnantes d'élèves en situation de handicap (AESH).
- Lecture : En 2022, 64,7 % des professionnelles du social ont des horaires à peu près semblables d'une semaine sur l'autre dans leur emploi principal, contre 71,9 % de l'ensemble des autres salariés.
- Champ : France hors Mayotte, personnes vivant dans un logement ordinaire, âgées de 15 à 64 ans.
- Source : Insee, enquêtes Emploi 2021 à 2023 ; traitements Drees.
Les professionnelles du social ont des conditions de travail souvent plus difficiles que les autres salariés
Les professionnelles du social exercent des métiers fatigants et avec une forte pénibilité physique : en 2023, 57 % d’entre elles déclarent effectuer des mouvements douloureux ou fatigants (contre 44 % de l’ensemble des salariés) et 63 % doivent rester longtemps debout (contre 52 % de l’ensemble des salariés). Cette pénibilité est fortement marquée pour les aides à domicile : 83 % effectuent des mouvements douloureux ou fatigants et 90 % doivent rester longtemps debout. Par ailleurs, les aides à domicile enchaînent les interventions chez plusieurs bénéficiaires tout au long de leur journée de travail. Elles passent donc beaucoup de temps sur la route ou dans les transports, ce qui ajoute des contraintes et de la fatigue.
Enfin, les professionnelles du social cumulent plus souvent que les autres salariés plusieurs emplois, salariés ou non : c’est le cas de 12 % d’entre elles, contre seulement 4 % des autres salariés (méthodes). 21 % des aides à domicile occupent simultanément plusieurs emplois, d’aides à domicile ou autres. À l’opposé, seulement 4 % des éducatrices spécialisées cumulent plusieurs emplois, tout comme les animatrices socioculturelles, les directrices et cadres du travail social et les éducatrices de jeunes enfants. La plus forte multi‑activité des aides à domicile peut s’expliquer en partie par leur quotité limitée de travail dans leur emploi principal et les faibles rémunérations qu’elles perçoivent, impliquant la nécessité financière de cumuler plusieurs emplois.
Les professionnelles du social sont moins bien rémunérées que les autres salariés
Prenant en compte le temps partiel et la multi‑activité, deux phénomènes fréquents parmi les professionnelles du social, le revenu salarial mesure la rémunération totale perçue par un individu sur l’année. En 2022, en cumulant tous les postes salariés qu’elles occupent, y compris ceux qui ne relèvent pas de professions sociales (comme un poste d’agent de service hospitalier), les professionnelles du social perçoivent, en moyenne, un revenu salarial de 14 640 euros (figure 5). C’est 18 % de moins que les autres employés et professions intermédiaires, catégories socioprofessionnelles auxquelles appartiennent les professionnelles du social, qui perçoivent 17 850 euros en moyenne, et 12 % de moins que les autres employées et professions intermédiaires femmes, qui perçoivent 16 710 euros en moyenne sur l’ensemble de leurs postes. Les revenus salariaux des professionnelles du social sont moins dispersés que ceux des autres salariés : l’écart entre le seuil délimitant les 10 % des revenus salariaux les plus hauts (9e décile, ou D9) et celui des 10 % les plus faibles (1er décile, ou D1), est de 13,6, contre 17,8 pour les autres salariés.
tableauFigure 5 – Revenus salariaux annuels de 2022 par profession
| Distribution et indicateurs de dispersion | Aides à domicile | Éducatrices spécialisées | Ensemble des professionnelles du social1 | Ensemble des autres employés et professions intermédiaires | ||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Femmes | Hommes | Ensemble | ||||
| Distribution (en euros) | ||||||
| 1er décile2 (D1) | 1 320 | 10 130 | 2 010 | 1 800 | 1 870 | 1 830 |
| 2e décile (D2) | 2 930 | 16 820 | 4 630 | 4 670 | 4 940 | 4 770 |
| 3e décile (D3) | 4 840 | 20 260 | 7 730 | 8 940 | 9 690 | 9 190 |
| 4e décile (D4) | 7 010 | 22 320 | 10 960 | 13 590 | 15 550 | 14 230 |
| Médiane (D5) | 9 300 | 24 040 | 14 070 | 17 400 | 19 560 | 18 120 |
| 62 décile (D6) | 11 630 | 25 610 | 17 060 | 20 240 | 22 960 | 21 100 |
| 7e décile (D7) | 13 920 | 27 460 | 19 960 | 22 950 | 26 450 | 24 080 |
| 8e décile (D8) | 16 300 | 29 750 | 22 760 | 26 090 | 30 330 | 27 650 |
| 9e décile (D9) | 19 220 | 33 040 | 27 330 | 30 620 | 35 550 | 32 660 |
| Moyenne | 9 890 | 22 980 | 14 640 | 16 710 | 19 070 | 17 850 |
| Indicateurs de dispersion | ||||||
| D9/D1 | 14,6 | 3,3 | 13,6 | 17,0 | 19,0 | 17,8 |
| D9/D5 | 2,1 | 1,4 | 1,9 | 1,8 | 1,8 | 1,8 |
| D5/D1 | 7,0 | 2,4 | 7,0 | 9,7 | 10,5 | 9,9 |
- 1. Hors accompagnantes d'élèves en situation de handicap (AESH).
- 2. Le 1er décile (D1) est le seuil au-dessous duquel se situent les 10 % des revenus salariaux plus faibles ; le 9e décile (D9) est le seuil au-dessous duquel se situent 90 % des revenus salariaux les plus faibles. La médiane correspond à la valeur qui partage la distribution en deux.
- Lecture : En 2022, 20 % des aides à domicile (2e décile) perçoivent un revenu salarial annuel inférieur à 2 930 euros.
- Champ : France, hors Mayotte, salariés du privé, du public et des particuliers-employeurs ; hors apprentis, stagiaires, bénéficiaires de contrats aidés et de contrats de professionnalisation.
- Source : Insee, base Tous salariés 2022.
Les aides à domicile sont les plus faiblement rémunérées des professionnelles du social, malgré l’importance de la multi‑activité dans cette profession. En moyenne, leur revenu salarial est de 9 890 euros en 2022, soit 32 % de moins que l’ensemble des professionnelles du social et 28 % de moins que l’ensemble des employés (13 740 euros), catégorie socioprofessionnelle à laquelle appartiennent les aides à domicile. Le revenu salarial des éducatrices spécialisées est le plus élevé des professions sociales, après celui des cadres et directrices du travail social. Il s’élève en moyenne à 22 980 euros, soit 57 % de plus que le revenu salarial moyen des professionnelles du social. Il est presque égal à celui de l’ensemble des professions intermédiaires (23 030 euros), catégorie socioprofessionnelle à laquelle appartiennent les éducatrices spécialisées.
Le salaire en équivalent temps plein (EQTP), mesure quant à lui le salaire perçu sur un poste s’il était occupé à temps plein. En EQTP, le salaire d’un poste occupé par une professionnelle du social (hors postes salariés des particuliers-employeurs, qui représentent 37 % des postes d’aides à domicile) est en moyenne de 1 990 euros nets par mois en 2022, soit 1,5 Smic. C’est 7 % de moins que celui de l’ensemble des autres postes d’employés ou de professions intermédiaires et 4 % de moins que celui des autres postes d’employés ou de professions intermédiaires occupés par des femmes. Les écarts de rémunération en EQTP des professionnelles du social avec les autres salariés sont notables mais moindres que ceux mesurés en matière de revenu salarial, en raison de durées annuelles travaillées en moyenne plus faibles. Par ailleurs, comme pour le revenu salarial, au sein des professions sociales, les éducatrices spécialisées ont les salaires en EQTP les plus élevés. Elles sont rémunérées en moyenne à hauteur de 2 280 euros mensuels en EQTP sur un poste, soit 7 % de moins que l’ensemble des postes des professions intermédiaires (2 460 euros). À l’opposé, un poste d’aide à domicile est rémunéré en moyenne 1 600 euros, soit 14 % de moins que l’ensemble des postes d’employés (1 850 euros).
Les trajectoires des professionnelles du social : des départs fréquents dès les premières années
Les trajectoires dans les professions sociales sont marquées par des départs fréquents dès les premières années. Parmi les personnes ayant débuté une profession sociale en 2011 ou 2012, alors qu’elles exerçaient une autre profession ou n’étaient pas en emploi les deux années précédentes, seules 55 % exercent encore, à titre principal, le même métier après trois années révolues, 43 % au bout de cinq ans et 29 % au bout de neuf ans (figure 6). Certaines continuent à l’exercer à titre secondaire, mais elles ne sont pas nombreuses : 7 % au bout de trois ans révolus, 5 % au bout de cinq ans et 4 % au bout de neuf ans.
tableauFigure 6 – Maintien dans leur profession des professionnelles du social ayant débuté en 2011 ou 2012
| Profession | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Aides à domicile | 63,9 | 49,6 | 42,3 | 37,0 | 32,9 | 29,3 | 26,2 | 23,5 |
| Éducatrices spécialisées | 78,7 | 72,2 | 67,4 | 64,1 | 60,2 | 56,6 | 53,3 | 50,8 |
| Ensemble des professionnelles du social¹ | 67,6 | 54,7 | 47,8 | 42,7 | 38,6 | 35,0 | 31,8 | 29,1 |
- 1. Hors accompagnantes d'élèves en situation de handicap (AESH).
- Note : Sont prises en compte les personnes ayant débuté dans leur profession (à titre principal) en 2011 ou 2012, et ayant continué à l'exercer une année ensuite (ainsi, en 2012 ou 2013). Les taux de maintien dans la profession sont donc mesurés à partir de la deuxième année suivant la prise de poste.
- Lecture : Parmi les éducatrices spécialisées ayant exercé au moins deux années consécutives, 50,8 % sont toujours éducatrices spécialisées à titre principal neuf années révolues après leur prise de poste.
- Champ : France hors Mayotte, professionnelles du social entrées dans la profession en 2011 ou 2012 et ayant exercé au moins deux années consécutives.
- Source : Insee, panel Tous actifs 2021.
graphiqueFigure 6 – Maintien dans leur profession des professionnelles du social ayant débuté en 2011 ou 2012

- 1. Hors accompagnantes d'élèves en situation de handicap (AESH).
- Note : Sont prises en compte les personnes ayant débuté dans leur profession (à titre principal) en 2011 ou 2012, et ayant continué à l'exercer une année ensuite (ainsi, en 2012 ou 2013). Les taux de maintien dans la profession sont donc mesurés à partir de la deuxième année suivant la prise de poste.
- Lecture : Parmi les éducatrices spécialisées ayant exercé au moins deux années consécutives, 50,8 % sont toujours éducatrices spécialisées à titre principal neuf années révolues après leur prise de poste.
- Champ : France hors Mayotte, professionnelles du social entrées dans la profession en 2011 ou 2012 et ayant exercé au moins deux années consécutives.
- Source : Insee, panel Tous actifs 2021.
Au cours du temps, le taux de maintien des professionnelles du social dans leur métier varie très fortement selon la profession exercée. Les animatrices socioculturelles sont les professionnelles du social qui restent le moins longtemps dans leur métier : leur taux de maintien à neuf ans est de 15 %. Pour les aides à domicile, il est de 50 % au bout de trois ans et de 24 % à neuf ans. Quelques‑unes continuent d’exercer à titre secondaire : 9 % au bout de trois ans et 5 % au bout de neuf ans. Une partie de ces départs peut être lié à l’âge, donc à des fins d’activité professionnelle : 17 % des aides à domicile qui débutent (ou reprennent après au moins deux ans d’interruption) ont 55 ans ou plus. Cependant, lorsqu’elles quittent ce métier à titre principal, 51 % des aides à domicile continuent de travailler, mais se dirigent vers des types d’emploi très variés : la réorientation la plus fréquente, vers le métier d’employée de maison, ne correspond qu’à 17 % des aides à domicile ayant changé de métier. Enfin, 49 % de celles ayant quitté le métier d’aide à domicile sont au chômage ou en inactivité.
À l’opposé, les éducatrices spécialisées, qui sont aussi plus jeunes, sont les professionnelles du social qui déroulent leur carrière le plus longtemps. Une sur deux (51 %) est encore éducatrice spécialisée au bout de neuf ans. Celles qui se réorientent demeurent davantage dans les professions sociales que les aides à domicile : neuf ans après avoir débuté comme éducatrice spécialisée, 17 % occupent d’autres métiers du social ou de la santé comme assistante sociale ou cadre socio‑éducative, 18 % des métiers autres et 14 % sont au chômage ou en inactivité.
Les autres professionnelles du social ont des trajectoires intermédiaires. En particulier, les assistantes sociales sont 66 % à exercer encore au bout de trois ans, 53 % au bout de cinq ans et 37 % au bout de neuf ans.
Une progression salariale plus élevée pour celles qui quittent leur profession sociale
La recherche de revenus plus élevés apparaît comme un facteur de départ pour les professionnelles du social. Celles qui quittent le métier au cours des neuf premières années percevaient à leur première année complète après leur embauche, en 2012 ou 2013, des revenus salariaux plus faibles que leurs homologues qui resteront en poste au cours de la période. Cet écart à l’entrée dans la profession est de ‑6 % en moyenne pour les éducatrices spécialisées et de ‑25 % pour les aides à domicile ; dans les deux professions, les écarts de temps de travail entre celles qui partent et celles qui restent sont d’un ordre de grandeur similaire.
Par ailleurs, la reconversion s’accompagne en moyenne d’une forte progression salariale. Les éducatrices spécialisées sortantes ont, lorsqu’elles travaillent en fin de période, un revenu salarial moyen supérieur de 25 % à leur revenu initial en fin de période, tandis que celles demeurées dans la profession ont connu une progression salariale plus faible, de 18 %. De ce fait, les revenus salariaux des deux groupes sont très proches en fin de période. Le gain est encore plus marqué pour les aides à domicile. À la fin de la période de neuf ans, le revenu salarial est en moyenne 63 % plus élevé que le revenu initial pour les aides à domicile s’étant reconverties, et de 10 % plus élevé que celui des aides à domicile restées dans le métier, qui n’ont connu une augmentation que de 12 % sur la période. La progression du revenu salarial est par ailleurs plus forte pour les aides à domicile qui quittent leur métier pour une autre profession sociale (+82 %) et pour celles choisissant un métier de la santé (+96 %). Enfin, les aides à domicile qui ont changé de métier travaillent davantage que quand elles ont débuté, avec un volume de travail en hausse de 56 %. Les aides à domicile ayant quitté le métier travaillaient moins en début de période et sont plus nombreuses à travailler pour des particuliers‑employeurs. Ainsi, sur l’ensemble de la période observée, la progression du revenu salarial est nettement plus élevée pour les professionnelles s’étant reconverties que pour celles demeurées dans leur métier d’origine. Entrées dans ces professions à des niveaux plus faibles, les ex‑aides à domicile finissent, lorsqu’elles travaillent, par dépasser en revenu salarial celles qui y sont restées, alors que les ex‑éducatrices spécialisées se situent, en fin de période, à un niveau comparable à celui de leurs consœurs restées dans le métier.
Encadré – Services à la personne et professions sociales, un recouvrement partiel
Les professions sociales recouvrent un périmètre différent de celui des services à la personne (SAP), qui regroupent des activités destinées à répondre aux besoins des particuliers et exercées au domicile de ces derniers [Borey, Gamblin, 2024]. Les salariées des SAP sont pour une partie d’entre elles des professionnelles du social : les aides à domicile notamment, mais elles incluent aussi des personnes exerçant d’autres types de professions, comme des professionnelles de l’accueil des jeunes enfants qui gardent les enfants à domicile, ou les employées de maison.
Parmi les professionnelles du social, certains métiers ne relèvent presque jamais des SAP, comme les éducatrices spécialisées. À l’inverse, 76 % des aides à domicile sont salariées des services à la personne, car employées par une entreprise, un établissement du secteur des SAP ou par un particulier‑employeur. Les autres aides à domicile sont principalement employées par des entreprises ou des associations du secteur de l’action sociale.
Sources
Les effectifs et les caractéristiques des emplois sont élaborés à partir de l’enquête Emploi en continu de l’Insee. Les statistiques de l’année 2022 proviennent de l’exploitation des collectes 2021, 2022 et 2023 de l’enquête, concaténées pour davantage de robustesse.
Les données sur la pénibilité physique sont élaborées à partir de l’Ouvrir dans un nouvel ongletenquête sur le Vécu du travail depuis la crise sanitaire liée au covid‑19 (TraCov2) de la Dares, menée en 2023.
Les rémunérations et le nombre de postes occupés sont calculés à partir du millésime 2022 de la base Tous salariés, produite par l’Insee sur l’ensemble des salariés du secteur privé, du secteur public et des particuliers-employeurs, à partir des déclarations administratives de leurs employeurs.
Les trajectoires des personnes entrant dans une profession sociale sont estimées à partir du millésime 2021 du panel Tous actifs de l’Insee, qui permet de suivre les trajectoires professionnelles des actifs en tant que salariés, non‑salariés ou chômeurs indemnisés. Lorsqu’un individu quitte le panel, il peut être au chômage non indemnisé, inactif, décédé ou expatrié.
Méthodes
Champ géographique
Le champ géographique de l’étude est la France hors Mayotte. Pour les données sur le salaire, les postes salariés par des particuliers-employeurs ne sont pas inclus lorsque l’on calcule le salaire en équivalent temps plein (EQTP), du fait de l’indisponibilité de l’information sur le volume de travail en EQTP des particuliers-employeurs. Ils sont en revanche inclus dans le calcul du revenu salarial.
La mesure de la multi‑activité
La mesure de la multi‑activité à partir de l’enquête Emploi prend en compte les emplois salariés et non‑salariés. Une personne est considérée cumuler des emplois si elle occupe plusieurs emplois avec plusieurs employeurs simultanément, que ce soit au sein d’une même profession ou dans des professions différentes. Par exemple, une aide à domicile occupant simultanément deux postes en tant qu’aide à domicile aura deux emplois, de même qu’une aide à domicile occupant simultanément un poste d’aide à domicile et un poste d’agent de service hospitalier.
Les trajectoires de carrière
Pour mesurer les trajectoires des professionnelles du social à partir du panel Tous actifs, l’ensemble des postes qu’occupe un individu dans un même métier sont regroupés chaque année, puis une seule « occupation » possible par an et par individu est conservée (être en emploi dans une profession donnée, être inactif ou être au chômage), considérée comme la situation principale de la personne. Il s’agit de la situation la plus lucrative, qu’il s’agisse de salaire ou d’indemnité chômage. Ne sont suivis que le maintien ou le départ de l’occupation principale. Pour plus de robustesse statistique, sont retenus les individus qui occupent comme situation principale une profession sociale pendant au moins deux années consécutives. Les années précédant 2009 ne sont pas suffisamment fiables dans le panel Tous actifs, en raison de nomenclatures PCS non harmonisées et de l’absence des salariées des particuliers-employeurs dans le champ du panel : la trajectoire des personnes dans une profession sociale n’est donc observée qu’à partir de 2009. Afin d’identifier les personnes débutant dans leur profession, sont retenus les individus qui n’exerçaient pas cette profession les deux années précédant leur entrée dans ce métier. Par conséquent, les trajectoires sont mesurées pour les professionnelles du social débutant leur activité en 2011 ou 2012. Parmi ces professionnelles du social débutant leur activité en 2011 ou 2012 ou encore l’ayant repris après deux années révolues (parmi la douzaine suivie), 18 % exerçaient une autre profession sociale ou de santé l’année précédente, 42 % avaient un autre emploi (salarié ou non) et les autres étaient soit inactives, soit au chômage. Une partie d’entre elles était étudiantes, les stages et apprentissages étant inclus parmi les salariés. L’année précédant l’entrée dans une profession sociale, 19 % des personnes ont 23 ans ou moins.
Définitions
Les professions du social sont repérées à partir de nomenclatures de professions (selon les sources de données
utilisées, il s’agit de la nomenclature des professions et catégories socioprofessionnelles (ou PCS) de l’Insee, ou du Ouvrir dans un nouvel ongletrépertoire opérationnel des métiers et des emplois [ROME] de France Travail), ainsi qu’à partir du secteur d’activité et de la catégorie juridique
de l’employeur. Les professionnelles du social se classent parmi les professions intermédiaires ou les employées :
Professions intermédiaires :
- Éducatrices spécialisées (11 % des professionnelles du social) ;
- Assistantes sociales et conseillères en économie sociale familiale (10 %) ;
- Directrices et cadres du travail social, hors centres de loisirs et centres socioculturels (6 %) ;
- Animatrices socioculturelles, hors centres de loisirs et centres socioculturels (3 %) ;
- Monitrices‑éducatrices (3 %) ;
- Éducateurs techniques spécialisés, moniteurs d’atelier (2 %) ;
- Éducatrices de jeunes enfants, hors crèches (1 %).
Employées :
- Aides à domicile (42 %) ;
- Accompagnantes des élèves en situation de handicap (11 %) ;
- Aides médico‑psychologiques (8 %) ;
- Assistantes familiales (3 %).
Les éducateurs techniques spécialisés et les éducatrices spécialisées effectuent deux métiers différents. Les éducateurs techniques spécialisés apprennent un savoir‑faire et une technique professionnelle à des personnes en situation de handicap ou en difficultés sociales afin de favoriser leur insertion professionnelle. Les éducatrices spécialisées accompagnent les personnes bénéficiaires tout au long de leur quotidien, dans une démarche éducative et sociale globale, par exemple en exerçant dans une maison d’enfants à caractère social (MECS).
Les accompagnantes des élèves en situation de handicap (AESH) sont des professionnelles du social salariées de l’Éducation nationale. Ainsi, elles font partie des personnels de l’enseignement scolaire comptabilisés dans les publications du service statistique ministériel de l’Éducation nationale [Ouvrir dans un nouvel ongletDepp, 2023]. Les AESH ne sont ainsi pas prises en compte dans la présente étude et dans les données sur l’ensemble des professionnelles du social, elles sont simplement comptabilisées dans l’effectif total des professionnelles du social.
Une personne a une limitation physique sévère si elle a beaucoup de difficultés ou ne peut pas du tout faire l’une des actions répertoriées dans l’enquête. Dans l’enquête Vie quotidienne et santé (VQS), il s’agit de marcher 500 mètres sur un terrain plat ou de monter un étage d’escalier, lever un bras au‑dessus de la tête, se servir de ses mains ou de ses doigts. Une personne a une limitation sensorielle si elle a beaucoup de difficultés ou ne peut pas du tout voir ou entendre, même avec ses appareillages si elle en a. Une personne a une limitation cognitive si elle a beaucoup de difficultés ou ne peut pas du tout faire l’une des actions suivantes : comprendre les autres ou se faire comprendre des autres, se concentrer plus de 10 minutes, prendre des décisions adaptées dans la vie de tous les jours [Ouvrir dans un nouvel ongletDrees, 2023].
Le revenu salarial correspond à la somme de tous les salaires perçus par un individu au cours d’une année donnée, sur l’ensemble de ses postes (y compris postes salariés de particuliers-employeurs), nets de toutes cotisations sociales, CSG et CRDS.
Le salaire en équivalent temps plein (EQTP) est un salaire net converti à un temps plein pendant toute l’année, quel que soit
le volume de travail effectivement rémunéré. Par exemple, pour un agent ayant occupé
un poste de travail pendant six mois à 80 % et ayant perçu un total de 10 000 euros,
le salaire en EQTP est de
10 000/(0,5×0,8) = 25 000 euros par an. Les périodes de chômage partiel ne sont pas
comptabilisées dans le volume de travail rémunéré et les indemnités de chômage partiel
ne sont pas considérées comme du salaire. Dans l’étude, une observation de salaire
en EQTP correspond à un poste salarié, soit un individu dans un établissement une
année donnée. Les postes salariés des particuliers-employeurs – qui concernent uniquement
la profession d’aide à domicile – ne sont pas inclus dans le calcul du salaire en
équivalent temps plein : le calcul d’un EQTP n’est pas possible du fait de l’indisponibilité
de l’information sur le volume de travail en EQTP de ces postes.
Pour en savoir plus
Borey G., Gamblin V., « Les salariés des services à la personne : trois profils de salariés bien distincts », Insee Focus no 331, juillet 2024.
Chartier F., Ducatel V., Lainé F., Villedieu P., « Ouvrir dans un nouvel ongletLes tensions sur le marché du travail en 2023 – Stabilisation à un niveau élevé », Dares Résultats no 16, avril 2025.
Depp, « Ouvrir dans un nouvel ongletPanorama statistique des personnels de l’enseignement scolaire 2022‑2023 », octobre 2023.
Devetter F.‑X., Messaoudi D., « Ouvrir dans un nouvel ongletLes aides à domicile entre flexibilité et incomplétude du rapport salarial : conséquences sur le temps de travail et les conditions d’emploi », in La revue de l’IRES, no 78, 2013.
Drees, « Ouvrir dans un nouvel ongletLe handicap en chiffres », Panoramas de la Drees, édition 2023.
Drees, « Ouvrir dans un nouvel ongletMinima sociaux et prestations sociales – Ménages aux revenus modestes et redistribution », Panoramas de la Drees, édition 2024.
Fabre M., Jauneau Y., « Pourquoi les sources de référence sur l’emploi ont‑elles divergé entre 2019 et 2023 ? », Le blog de l’Insee, février 2025.
Farges A., « Ouvrir dans un nouvel onglet174 000 enfants et adolescents handicapés sont accompagnés par des structures dédiées fin 2022 », Études et Résultats no 1331, Drees, mars 2025a.
Farges A., « Ouvrir dans un nouvel onglet321 500 adultes handicapés sont accompagnés par des structures dédiées fin 2022 », Études et Résultats no 1332, Drees, mars 2025b.
Morel‑Jean C., « Ouvrir dans un nouvel ongletAides médico‑psychologiques : un revenu salarial annuel moyen de 14 510 euros en 2021 », Études et Résultats no 1309, Drees, septembre 2024.
Morel‑Jean C., « Ouvrir dans un nouvel ongletÉducatrices spécialisées : un revenu salarial annuel moyen de 20 560 euros en 2021 », Études et Résultats no 1330, Drees, mars 2025.
Morel‑Jean C., « Ouvrir dans un nouvel ongletAides à domicile : un revenu salarial annuel moyen de 7 040 euros en 2021, et de 8 950 euros si l’on tient compte des cumuls avec d’autres types d’emplois salariés », Études et Résultats no 1341, Drees, juin 2025.
Poulain J., « Ouvrir dans un nouvel ongletAides médico‑psychologiques : sept ans après l’entrée dans la profession, une sur deux a quitté le métier » Études et Résultats no 1314, Drees, octobre 2024.
Poulain J., « Ouvrir dans un nouvel ongletÉducatrices spécialisées : neuf ans après l’entrée dans la profession, une sur deux a quitté le métier », Études et Résultats no 1329, Drees, mars 2025.
Tarayoun T., Abassi É., Diallo C.‑T., Vinceneux K., « Ouvrir dans un nouvel ongletL’aide sociale à l’enfance », Les dossiers de la Drees no 119, juillet 2024.
Dans la suite de cette étude, le genre majoritaire est utilisé. Il sera alors appliqué à l’ensemble des professions (part de femmes toujours majoritaire, 86 % dans l’ensemble), sauf aux éducateurs techniques spécialisés (56 % d’hommes).
À titre de comparaison, une personne occupant un emploi à temps plein sur l’ensemble de l’année rémunéré au Smic perçoit en 2022 un revenu salarial de 15 630 euros. Cependant, même en cumulant les postes dans plusieurs professions, les professionnelles du social ne travaillent pas toujours à temps plein.
Dans cette partie uniquement, le revenu salarial n’inclut pas les salaires des postes « non‑principaux » : le revenu salarial de l’éducatrice spécialisée, par exemple, correspond uniquement à son activité d’éducatrice spécialisée. Toujours seulement dans cette partie, y est inclus la CSG non‑déductible et la CRDS.
Dans la suite de cette étude, le genre majoritaire est utilisé. Il sera alors appliqué à l’ensemble des professions (part de femmes toujours majoritaire, 86 % dans l’ensemble), sauf aux éducateurs techniques spécialisés (56 % d’hommes).
À titre de comparaison, une personne occupant un emploi à temps plein sur l’ensemble de l’année rémunéré au Smic perçoit en 2022 un revenu salarial de 15 630 euros. Cependant, même en cumulant les postes dans plusieurs professions, les professionnelles du social ne travaillent pas toujours à temps plein.
Dans cette partie uniquement, le revenu salarial n’inclut pas les salaires des postes « non‑principaux » : le revenu salarial de l’éducatrice spécialisée, par exemple, correspond uniquement à son activité d’éducatrice spécialisée. Toujours seulement dans cette partie, y est inclus la CSG non‑déductible et la CRDS.
