Sécurité et société Édition 2021

L’Insee et le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) du ministère de l’Intérieur, en collaboration avec le Service statistique ministériel de la Justice (SDSE), présentent dans cette édition inédite de la collection « Insee Références » intitulée Sécurité et société un panorama synthétique des connaissances sur les phénomènes de délinquance et leur traitement par la justice.

Insee Références
Paru le :Paru le09/12/2021
Sécurité et société- Décembre 2021
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Destructions et dégradations des biens

Insee Références

Paru le :09/12/2021

En 2018, selon l’enquête Cadre de vie et sécurité, 2 % des ont déclaré avoir été victimes d’un acte de contre leur logement (figure 1). Ces victimes ont généralement subi des dégradations telles que des inscriptions sur les murs, une clôture endommagée ou des jets de détritus (71 %) et dans une moindre mesure (26 %) des destructions totales (vitres cassées ou volets arrachés par exemple). 3 % ont subi les deux types d’atteintes. Par ailleurs, 5 % des ménages possédant une voiture déclarent des actes de vandalisme sur leur voiture. Les destructions totales sont plutôt rares (2 %), les victimes évoquant plutôt des dégradations importantes ayant nécessité une réparation immédiate du véhicule (34 %) et dans la majorité des cas (63 %) des faits de moindre gravité. Ce type d’atteinte se déroule plutôt en milieu urbain : sur la période 2016-2018, les ménages vivant en immeuble déclarent davantage d’actes de vandalisme aussi bien sur leur logement que leur voiture.

Figure 1 – Ménages victimes d'actes de vandalisme selon le type d'habitat environnant, sur la période 2016-2018

en %
Figure 1 – Ménages victimes d'actes de vandalisme selon le type d'habitat environnant, sur la période 2016-2018 (en %) - Lecture : en moyenne annuelle, entre 2016 et 2018, 2,9 % des ménages vivant dans un immeuble en ville ont été victimes d'un acte de vandalisme sur leur logement.
Vandalisme
contre le logement
Vandalisme
contre la voiture2
Maisons dispersées, hors agglomération 1,2 2,4
Maisons en lotissement, en quartier pavillonnaire 1,9 4,4
Immeubles en ville 2,9 7,1
Immeubles en cité ou grand ensemble 3,0 7,2
Habitat mixte : immeubles et maisons 2,0 6,4
Ensemble des ménages1 2,0 4,5
  • 1. Situation 2018.
  • 2. Part de victimes parmi les ménages possédant une voiture.
  • Lecture : en moyenne annuelle, entre 2016 et 2018, 2,9 % des ménages vivant dans un immeuble en ville ont été victimes d'un acte de vandalisme sur leur logement.
  • Champ : France métropolitaine, ménages ordinaires.
  • Sources : Insee-ONDRP-SSMSI, enquêtes Cadre de vie et sécurité 2017 à 2019, traitement SSMSI.

Ces atteintes sont rarement déclarées aux services de police et de gendarmerie : respectivement 11 % et 18 % des ménages victimes de vandalisme contre leur logement ou contre leur voiture ont déposé plainte (figure 2).

Figure 2 – Déclarations aux services de sécurité d’un acte de vandalisme, entre 2016 et 2018

en %
Figure 2 – Déclarations aux services de sécurité d’un acte de vandalisme, entre 2016 et 2018 (en %) - Lecture : en moyenne, entre 2016 et 2018, 11 % des ménages victimes d'un acte de vandalisme contre le logement ont déposé plainte.
Vandalisme
contre le logement
Vandalisme
contre la voiture
Dépôt de plainte 11 18
Dépôt d'une main courante 4 3
Abandon de la démarche 3 1
Pas de déplacement au commissariat ou à la gendarmerie 82 72
Ne sait pas ou refuse de répondre 0 6
Ensemble 100 100
  • Lecture : en moyenne, entre 2016 et 2018, 11 % des ménages victimes d'un acte de vandalisme contre le logement ont déposé plainte.
  • Champ : France métropolitaine, ménages ordinaires victimes d'actes de vandalisme sur le logement ou la voiture, incident le plus récent.
  • Sources : Insee-ONDRP-SSMSI, enquêtes Cadre de vie et sécurité de 2017 à 2019, traitement SSMSI.

Figure 2 – Déclarations aux services de sécurité d’un acte de vandalisme, entre 2016 et 2018

  • Lecture : en moyenne, entre 2016 et 2018, 11 % des ménages victimes d'un acte de vandalisme contre le logement ont déposé plainte.
  • Champ : France métropolitaine, ménages ordinaires victimes d'actes de vandalisme sur le logement ou la voiture, incident le plus récent.
  • Sources : Insee-ONDRP-SSMSI, enquêtes Cadre de vie et sécurité de 2017 à 2019, traitement SSMSI.

Les services de police et de gendarmerie ont enregistré, en 2019, près de 620 000 plaintes pour destructions et dégradations déposées par des ménages mais aussi par des (35 %). Depuis 2016, le nombre de ces faits a diminué de 3 %, mais la baisse n’a pas été régulière (figure 3). En effet, les actes de vandalisme ont été particulièrement nombreux au cours des deuxièmes trimestres 2016 et 2017, au cours du quatrième trimestre 2018 ou du troisième trimestre 2019. Ces pics peuvent souvent être rapprochés de mouvements sociaux et manifestations, par exemple : manifestations contre la loi travail, dite loi El Khomri, manifestations autour de la fête du travail, mouvement des « gilets jaunes », manifestations contre le projet de réforme des retraites.

Figure 3 – Actes de vandalisme enregistrés par les services de sécurité selon le trimestre, sur la période 2016-2019

Figure 3 – Actes de vandalisme enregistrés par les services de sécurité selon le trimestre, sur la période 2016-2019 - Lecture : au quatrième trimestre 2018, 163 900 actes de vandalisme ont été enregistrés par les services de sécurité.
2016 T1 157 500
T2 166 700
T3 161 500
T4 154 300
2017 T1 156 400
T2 165 700
T3 161 800
T4 156 900
2018 T1 152 900
T2 151 200
T3 154 100
T4 163 900
2019 T1 156 800
T2 153 600
T3 156 600
T4 151 600
  • Lecture : au quatrième trimestre 2018, 163 900 actes de vandalisme ont été enregistrés par les services de sécurité.
  • Champ : France.
  • Source : SSMSI, bases des infractions enregistrées par la police et la gendarmerie 2016 à 2019.

Figure 3 – Actes de vandalisme enregistrés par les services de sécurité selon le trimestre, sur la période 2016-2019

  • Lecture : au quatrième trimestre 2018, 163 900 actes de vandalisme ont été enregistrés par les services de sécurité.
  • Champ : France.
  • Source : SSMSI, bases des infractions enregistrées par la police et la gendarmerie 2016 à 2019.

De manière générale, le nombre d’actes de destructions et de dégradations enregistrés pour 1 000 habitants augmente avec la taille de l’, du fait du caractère plutôt urbain de ce type d’infractions. Le vandalisme est deux fois plus important dans les unités urbaines de plus de 20 000 habitants (11 actes enregistrés pour 1 000 habitants) que dans les communes hors unité urbaines (5 pour 1 000) (figure 4).

Figure 4 - Actes de vandalisme enregistrés par les services de sécurité selon la taille de l’unité urbaine, en 2019

pour 1 000 habitants
Figure 4 - Actes de vandalisme enregistrés par les services de sécurité selon la taille de l’unité urbaine, en 2019 (pour 1 000 habitants) - Lecture : en 2019, les services de sécurité ont enregistré 4,7 actes de vandalisme pour 1 000 habitants dans les communes hors unité urbaine.
Communes hors unité urbaine 4,7
Moins de 20 000 habitants 7,7
20 000 à 100 000 habitants 11,3
100 000 habitants ou plus 11,7
Agglomération parisienne 10,5
Ensemble 9,3
  • Lecture : en 2019, les services de sécurité ont enregistré 4,7 actes de vandalisme pour 1 000 habitants dans les communes hors unité urbaine.
  • Champ : France.
  • Sources : SSMSI, base des infractions enregistrées par la police et la gendarmerie 2019 ; Insee, recensement de la population 2017.

Figure 4 - Actes de vandalisme enregistrés par les services de sécurité selon la taille de l’unité urbaine, en 2019

  • Lecture : en 2019, les services de sécurité ont enregistré 4,7 actes de vandalisme pour 1 000 habitants dans les communes hors unité urbaine.
  • Champ : France.
  • Sources : SSMSI, base des infractions enregistrées par la police et la gendarmerie 2019 ; Insee, recensement de la population 2017.

En 2019, les parquets ont enregistré 210 000 affaires pour destructions et dégradations de biens. Pour 55 % d’entre elles, l’auteur n’était pas identifié. Lorsqu’un auteur présumé a été identifié, les parquets ont estimé, après premier examen, que 41 % d’entre eux n’étaient pas (figure 5). Plus de 8 auteurs poursuivables sur 10 ont reçu une , majoritairement une mesure alternative aux poursuites susceptible d’assurer la réparation du dommage causé à la victime (56 %). L’auteur a été poursuivi dans 4 cas sur 10. À l’issue du procès, en 2019, les auteurs de destructions et dégradations volontaires de biens reconnus coupables ont été condamnés, à titre principal, à une peine d’emprisonnement avec sursis total (28 %), à une peine d’amende (19 %) ou à une peine d’emprisonnement ferme ou avec sursis partiel (24 %).

Figure 5a – Orientations pénales par les parquets des auteurs de destructions et dégradations, en 2019

  • Lecture : en 2019, 56 % des auteurs de destructions et dégradations ayant eu une réponse pénale ont fait l'objet d'une mesure alternative.
  • Champ : France.
  • Source : ministère de la Justice, SDSE, fichiers statistiques Cassiopée et du Casier judiciaire national des personnes physiques.

Définitions

Un ménage, au sens statistique du terme, désigne l’ensemble des occupants d’un même logement sans que ces personnes soient nécessairement unies par des liens de parenté (en cas de colocation, par exemple). Un ménage peut être composé d’une seule personne. Les ménages dits « ordinaires », excluent les ménages vivant en collectivité (foyers, prisons, hôpitaux, etc.) ou vivant dans des habitations mobiles (mariniers, sans-abri, etc.). La personne de référence du ménage est déterminée à partir de la structure familiale du ménage et des caractéristiques des individus qui le composent. Il s’agit le plus souvent de la personne de référence de la famille quand il y en a une, ou de la personne la plus âgée, en donnant priorité à l’actif le plus âgé.

Le vandalisme est l’ensemble des actes constituant une atteinte volontaire et gratuite aux biens privés ou publics. Ces faits de destruction ou dégradation sont sanctionnés par la loi en fonction de leurs circonstances, de la nature du bien attaqué et de l’importance des dégâts causés.

En droit français, une personne morale est un groupement doté de la personnalité juridique. Généralement une personne morale se compose d’un groupe de personnes physiques réunies pour accomplir quelque chose en commun. Ce groupe peut aussi réunir des personnes physiques et des personnes morales. Il peut aussi n’être constitué que d’un seul élément. La personnalité juridique donne à la personne morale des droits et des devoirs. Le droit français distingue : les personnes morales de droit public : l’État, les collectivités territoriales, les établissements publics, etc. ; les personnes morales de droit privé : les plus courantes étant les sociétés privées, les sociétés civiles, les groupements d’intérêt économique, les associations. Certaines personnes morales de droit privé sont chargées de la gestion d’un service public.

La notion d’unité urbaine repose sur la continuité du bâti et le nombre d’habitants. Les unités urbaines sont construites en France métropolitaine et dans les DOM d’après la définition suivante : une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de 200 mètres entre deux constructions) qui compte au moins 2 000 habitants.
On désigne par « commune hors unité urbaine », les communes non affectées à une unité urbaine, elles étaient anciennement improprement appelées « communes rurales ».

Une affaire est considérée poursuivable par le parquet, lorsqu’il n’existe aucun motif de fait ou de droit rendant impossible la poursuite devant une juridiction pénale. Une affaire poursuivable peut donner lieu soit à un classement sans suite pour inopportunité de la poursuite, soit à une réponse pénale : alternative à la poursuite, composition pénale, ou poursuite.

La réponse pénale est définie par la justice comme le fait pour le procureur de la République, dans une affaire poursuivable, soit de mettre en œuvre une alternative aux poursuites ou une composition pénale, soit de poursuivre l’auteur présumé devant une juridiction d’instruction ou de jugement. Le taux de réponse pénale, calculé par la justice, correspond au rapport entre le nombre d’affaires pour lesquelles le procureur de la République a mis en œuvre une alternative aux poursuites, une composition pénale ou a poursuivi l’auteur présumé sur le nombre d’affaires poursuivables.