Activité touristique : impact de la crise sanitaire Covid19

Chiffres détaillés
Paru le : Paru le 17/03/2022
Odile Dangerfield, Alice Mainguené (Insee)
- Mars 2022
Sommaire

Au 1er trimestre 2021, la fréquentation hôtelière se situe au tiers de son niveau habituel

Odile Dangerfield, Alice Mainguené (Insee)

Au 1er trimestre 2021, 60 % des hôtels de France métropolitaine sont ouverts et à peine un tiers des chambres offertes sont occupées. Un an après le début de la crise sanitaire, le nombre de nuitées hôtelières est inférieur de 64 % à la moyenne des deux années précédant la crise sanitaire.

Dans la continuité de l’année 2020, l’Île-de-France concentre la moitié de la baisse nationale. Cette région enregistre la plus forte baisse de fréquentation hôtelière au 1er trimestre 2021, avec – 81 % par rapport à la même période en 2019 et 2018. Auvergne-Rhône-Alpes est, quant à elle, pénalisée par la fermeture des remontées mécaniques des stations de sports d’hiver.

Insee Focus

No 242

Paru le : 05/07/2021

Six hôtels sur dix sont ouverts, et ne remplissent qu’un tiers de leurs chambres

Au 1er trimestre 2021, 60 % des hôtels sont ouverts en France métropolitaine. Le taux d’ouverture est très en deçà de celui du 1er trimestre 2020 (87 %).

Dans les hôtels ouverts, 32 % des chambres offertes sont occupées en moyenne au 1er trimestre 2021. Aux 1ers trimestres 2018 et 2019, les taux d’occupation avoisinaient les 55 % (figure 1).

Figure 1 - Taux d'occupation des chambres d'hôtels ouverts

en %
Figure 1 - Taux d'occupation des chambres d'hôtels ouverts (en %) - Lecture : au 1er trimestre 2021, 32 % des chambres d’hôtels ouverts sont occupées.
T1 2018 55
T1 2019 54
T1 2020 44
T1 2021 32
  • Lecture : au 1er trimestre 2021, 32 % des chambres d’hôtels ouverts sont occupées.
  • Champ : France métropolitaine, hôtels ouverts.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme.

Figure 1 - Taux d'occupation des chambres d'hôtels ouverts

  • Lecture : au 1er trimestre 2021, 32 % des chambres d’hôtels ouverts sont occupées.
  • Champ : France métropolitaine, hôtels ouverts.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme.

14,8 millions de nuitées au 1er trimestre 2021, soit le tiers par rapport à 2018 et 2019

Au cours du 1er trimestre 2021, la fréquentation hôtelière en France métropolitaine est de 14,8 millions de nuitées (figure 2), en forte baisse par rapport au 1er trimestre 2020 (– 57 %). Entre les 1ers trimestres 2019 et 2020, la fréquentation avait déjà reculé de 17 %.

Un an après le début de la crise sanitaire, le nombre de nuitées au 1er trimestre 2021 est inférieur de 64 % à la moyenne des 1ers trimestres des deux années précédant la crise sanitaire.

Figure 2 - Nombre de nuitées hôtelières

en milliers
Figure 2 - Nombre de nuitées hôtelières (en milliers) - Lecture : au 1er trimestre 2021, le nombre de nuitées passées dans les hôtels en France métropolitaine est de 14 824 milliers.
T1 2018 41 741
T1 2019 41 365
T1 2020 34 128
T1 2021 14 824
  • Lecture : au 1er trimestre 2021, le nombre de nuitées passées dans les hôtels en France métropolitaine est de 14 824 milliers.
  • Champ : hôtels en France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme.

Figure 2 - Nombre de nuitées hôtelières

  • Lecture : au 1er trimestre 2021, le nombre de nuitées passées dans les hôtels en France métropolitaine est de 14 824 milliers.
  • Champ : hôtels en France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme.

La crise sanitaire pénalise surtout l’Île-de-France, l’urbain de province et les massifs de ski

Au 1er trimestre 2021, la fréquentation hôtelière baisse de 81 % en Île-de-France, soit 12,3 millions de nuitées de moins, par rapport à la moyenne des 1ers trimestres 2018 et 2019 (figure 3). Le recul est également important dans l’urbain de province (– 51 %, soit – 7,5 millions de nuitées).

En région parisienne, le recul de la clientèle d’affaires et de la clientèle non résidente depuis le début de la crise sanitaire expliquerait en grande partie cette situation. La baisse de la fréquentation est moins importante dans les autres régions, mais toujours supérieure à 40 %.

Au début de l’année 2021, les remontées mécaniques des stations de sports d’hiver sont restées fermées, pénalisant fortement les hôtels situés dans les stations de ski. Au 1er trimestre 2021, dans les massifs de ski, la fréquentation des hôtels diminue de 84 % par rapport à la moyenne des 1ers trimestres des deux années précédant la crise sanitaire, soit une perte de 3,2 millions de nuitées. Auvergne-Rhône-Alpes, qui concentre les deux tiers des chambres d’hôtel en station de ski, est ainsi la 2e région la plus touchée par la baisse de la fréquentation hôtelière au 1er trimestre 2021, après l’Île-de-France (figure 4).

Le recul de la fréquentation reste plus marqué dans les hôtels haut de gamme 4 et 5 étoiles (– 75 %) que ce soit en milieu urbain ou ailleurs. À l’opposé, il est moins fort pour les hôtels de confort plus modeste (figure 5).

Figure 3 - Évolution du nombre de nuitées selon les espaces touristiques

Figure 3 - Évolution du nombre de nuitées selon les espaces touristiques - Lecture : au 1er trimestre 2021, le nombre de nuitées dans les hôtels des massifs de ski baisse de 84,2 % par rapport à la moyenne des 1ers trimestres 2018 et 2019.
Île-de-France Urbain de province* Littoral Massifs de ski Autres espaces*
Nombre moyen de nuitées des T1 2018 et 2019 (en milliers) 15 242 14 724 5 157 3 781 2 650
Nombre de nuitées du T1 2021 (en milliers) 2 908 7 196 2 401 596 1 725
Évolution du nombre de nuitées (en %) – 80,9 – 51,1 – 53,5 – 84,2 – 34,9
  • * Hors zones littorales ou massifs montagneux (une zone urbaine sur le littoral est classée en littoral et non dans l’espace urbain).
  • Note : l’évolution du nombre de nuitées hôtelières du 1er trimestre 2021 est calculée par rapport à la moyenne des 1ers trimestres 2018 et 2019.
  • Lecture : au 1er trimestre 2021, le nombre de nuitées dans les hôtels des massifs de ski baisse de 84,2 % par rapport à la moyenne des 1ers trimestres 2018 et 2019.
  • Champ : hôtels en France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme.

Figure 3 - Évolution du nombre de nuitées selon les espaces touristiques

  • * Hors zones littorales ou massifs montagneux (une zone urbaine sur le littoral est classée en littoral et non dans l’espace urbain).
  • Note : l’évolution du nombre de nuitées hôtelières du 1er trimestre 2021 est calculée par rapport à la moyenne des 1ers trimestres 2018 et 2019.
  • Lecture : au 1er trimestre 2021, le nombre de nuitées dans les hôtels des massifs de ski baisse de 84,2 % par rapport à la moyenne des 1ers trimestres 2018 et 2019.
  • Champ : hôtels en France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme.

Figure 4 - Évolution du nombre de nuitées hôtelières selon les régions

en %
Figure 4 - Évolution du nombre de nuitées hôtelières selon les régions (en %) - Lecture : au 1er trimestre 2021, les nuitées dans les hôtels de France métropolitaine baissent de 64,3 % par rapport à la moyenne des 1ers trimestres 2018 et 2019.
Évolution du nombre de nuitées hôtelières du 1er trimestre 2021 par rapport à la moyenne des 1ers trimestres 2018 et 2019
Île-de-France – 80,9
Auvergne-Rhône-Alpes – 66,1
France métropolitaine – 64,3
Grand Est – 60,8
Provence–Alpes–Côte d'Azur – 57,8
Bourgogne–Franche–Comté – 53,4
Hauts-de-France – 50,5
Corse – 50,4
Normandie – 47,8
Occitanie – 47,5
Bretagne – 46,6
Nouvelle–Aquitaine – 45,5
Centre-Val de Loire – 42,6
Pays de la Loire – 41,8
  • Note : l’évolution du nombre de nuitées hôtelières du 1er trimestre 2021 est calculée par rapport à la moyenne des 1ers trimestres 2018 et 2019.
  • Lecture : au 1er trimestre 2021, les nuitées dans les hôtels de France métropolitaine baissent de 64,3 % par rapport à la moyenne des 1ers trimestres 2018 et 2019.
  • Champ : hôtels en France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme.

Figure 4 - Évolution du nombre de nuitées hôtelières selon les régions

  • Note : l’évolution du nombre de nuitées hôtelières du 1er trimestre 2021 est calculée par rapport à la moyenne des 1ers trimestres 2018 et 2019.
  • Lecture : au 1er trimestre 2021, les nuitées dans les hôtels de France métropolitaine baissent de 64,3 % par rapport à la moyenne des 1ers trimestres 2018 et 2019.
  • Champ : hôtels en France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme.

Figure 5 - Évolution du nombre de nuitées hôtelières selon la catégorie d’hôtel

Figure 5 - Évolution du nombre de nuitées hôtelières selon la catégorie d’hôtel - Lecture : au premier trimestre 2021, le nombre de nuitées dans les hôtels de 4 ou 5 étoiles baisse de 75,2 % par rapport à la moyenne des 1ers trimestres 2018 et 2019.
Non classés 1 et 2 étoiles 3 étoiles 4 et 5 étoiles
Nombre moyen de nuitées des T1 2018 et 2019 (en milliers) 2 514 3 790 5 737 2 783
Nombre de nuitées du T1 2021 (en milliers) 5 283 9 884 15 158 11 230
Évolution du nombre de nuitées (en %) – 52,4 – 61,7 – 62,2 – 75,2
  • Note : l’évolution du nombre de nuitées hôtelières du 1er trimestre 2021 est calculée par rapport à la moyenne des 1ers trimestres 2018 et 2019.
  • Lecture : au premier trimestre 2021, le nombre de nuitées dans les hôtels de 4 ou 5 étoiles baisse de 75,2 % par rapport à la moyenne des 1ers trimestres 2018 et 2019.
  • Champ : hôtels en France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme.

Figure 5 - Évolution du nombre de nuitées hôtelières selon la catégorie d’hôtel

  • Note : l’évolution du nombre de nuitées hôtelières du 1er trimestre 2021 est calculée par rapport à la moyenne des 1ers trimestres 2018 et 2019.
  • Lecture : au premier trimestre 2021, le nombre de nuitées dans les hôtels de 4 ou 5 étoiles baisse de 75,2 % par rapport à la moyenne des 1ers trimestres 2018 et 2019.
  • Champ : hôtels en France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme.

Encadré – Les dépenses par carte bancaire CB des résidents dans l’hôtellerie baissent de 58 %

La baisse de fréquentation hôtelière se traduit par une baisse équivalente en dépenses par carte bancaire CB des résidents dans le secteur de l’hôtellerie. Au 1er trimestre 2021, les dépenses des résidents en carte bancaire CB dans ce secteur ont diminué de 58 % par rapport à la moyenne des 1ers trimestres 2018 et 2019.

La baisse des dépenses en Île-de-France est particulièrement forte (– 67 %), notamment
à Paris (– 69 %).

Sources

Avertissement : les données du 1er trimestre 2021 sont comparées à la moyenne des données des 1ers trimestres 2018 et 2019 et non pas aux données du 1er trimestre de l’année précédente comme habituellement. L’année 2020, marquée par la crise sanitaire, est trop atypique pour servir de référence de comparaison.

L’enquête mensuelle de fréquentation touristique habituellement conduite par l’Insee a été suspendue en mars 2020 compte tenu de la crise sanitaire liée à la Covid-19. En avril, mai et juin 2020, du fait du 1er confinement, les enquêtes de fréquentation touristique ont été réalisées en mode allégé. Ce mode d’enquête a été reconduit en novembre et décembre à la suite du 2e confinement de fin octobre. Dans ce cadre, seules les informations portant sur la capacité d’accueil et sur le nombre total de nuitées dans les hôtels ont été collectées. Les questions sur le pays de provenance de la clientèle (résidente ou non résidente) et le motif de séjour (de loisir ou professionnel) ne sont plus posées. L’alternance d’enquêtes normales et d’enquêtes allégées a, de fait, généré des ruptures de séries dans les données habituellement collectées et diffusées.

Les données de transactions par carte bancaire CB couvrent l’essentiel des transactions par cartes bancaires des résidents en France. Elles comportent deux limites dans leur interprétation : la date de transaction CB peut être anticipée par rapport à la date réelle de la nuit passée en hôtel, et les hausses de transactions peuvent traduire de plus grands recours aux cartes bancaires CB. Elles apportent néanmoins un éclairage complémentaire à celui de l’enquête mensuelle de fréquentation touristique.

Définitions

Le taux d’occupation est le rapport du nombre de chambres occupées au nombre de chambres effectivement offertes sur une période donnée (c’est-à-dire en excluant les fermetures saisonnières).

La fréquentation en nuitées correspond au nombre total de nuits passées par les clients dans un établissement touristique. Un couple séjournant trois nuits dans un établissement compte pour six nuitées, de même que six personnes ne séjournant qu’une nuit.

Le taux d’ouverture des hôtels est le nombre d’hôtels déclarés ouverts, rapporté au nombre total d’hôtels sur une période donnée.

Les résidents sont les personnes, quelle que soit leur nationalité, qui ont leur domicile principal en France.

Les activités touristiques : les activités sont classées selon leur degré de « touristicité » tel que défini ci-après :

  • Les activités 100 % touristiques telles que l’hôtellerie, l’hébergement, la gestion des musées, des parcs d’attractions...
  • Les autres activités touristiques telles que la restauration, le transport, le commerce, la gestion des salles de spectacles...
  • Les activités non touristiques (par exemple, la construction, l’industrie, les services administratifs…)

Le secteur « hébergement et restauration » : un secteur regroupe des entreprises de fabrication, de commerce ou de service qui ont la même activité principale (au regard de la nomenclature d'activité économique considérée). L'activité d'un secteur n'est donc pas tout à fait homogène et comprend des productions ou services secondaires qui relèveraient d'autres items de la nomenclature que celui du secteur considéré.

Le secteur « hébergement et restauration » appartient au secteur tertiaire principalement marchand.

Les estimations d'emploi désignent une synthèse de sources permettant une couverture exhaustive de l'emploi total (salarié et non salarié), exprimé en nombre de personnes physiques (et non en nombre de postes de travail), et une ventilation à un niveau sectoriel et géographique assez fin. Elles ont pour objectif la couverture de l'emploi total et la cohérence entre les différents niveaux d'agrégation.

Les estimations d'emploi comportent des estimations annuelles, portant sur l'emploi total au 31 décembre, et des estimations infra-annuelles (trimestrielles), portant sur un champ plus restreint (emploi salarié des secteurs marchands et emploi salarié privé des secteurs non-marchands en France métropolitaine). Les estimations produites avant septembre 2009 se fondaient sur les niveaux d'emploi dans le recensement général de la population de 1999, auxquels sont appliqués des indices d'évolution de l'emploi issus de sources variées, notamment l'enquête Acemo de la Dares et les données des Urssaf (exploitées via les fichiers Epure) et de l'Unédic.

A partir de 2009, les estimations d'emploi annuelles sont calculées à partir du dispositif Estel (Estimations d'emploi localisées), qui se fondent sur l'utilisation des sources administratives en niveau. Pour les salariés, il s'agit des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS « grand format ») contenant, en plus des DADS stricto sensu, les données du fichier de paye des agents de l'État et celles des particuliers employeurs). Pour les non salariés agricoles, les sources mobilisées sont les fichiers de la Mutualité Sociale Agricole (MSA) et pour les non salariés non agricoles, les fichiers de l'Agence Centrale des Organismes de Sécurité Sociale (ACOSS) qui est la Caisse Nationale des Unions de Recouvrement des Cotisations de Sécurité Sociale et d'Allocations Familiales (URSSAF).

Le passage à Estel permet d'améliorer les estimations d'emploi annuelles dans plusieurs dimensions : meilleure qualité des données (prise en compte explicite de la multiactivité, amélioration de la qualité des sources en amont, restriction du nombre de sources utilisées), double localisation au lieu de résidence et au lieu de travail, ventilation plus fine (au niveau géographique et au niveau des catégories de travailleurs), concept d'emploi « répertorié BIT » précis et stable dans le temps, homogénéisation des méthodes et traitements, délais plus courts.

Le concept central d'Estel- le nombre de personnes en emploi- est proche de celui du BIT. La mesure sera datée au 31 décembre de chaque année.

ESTEL estime un nombre de personnes en emploi. Mais à la différence du recensement, l'emploi d'Estel n'est pas déclaratif car appréhendé à partir des sources administratives afin de compter en emploi toute personne dès lors qu'elle a effectué un travail déclaré d'au moins une heure pendant la dernière semaine de l'année ou qu'elle a un lien formel avec son emploi (pour les salariés, il s'agit grosso modo de repérer les contrats de travail « actifs » fin décembre).

Pour en savoir plus

Dangerfield O., Mainguené A., « Bilan touristique 2020 – Chute de fréquentation en 2020, rebond à l’été notamment dans les campings » , Insee Focus n° 235, mai 2021.

Canonéro B., Gidrol J.-C., « Au quatrième trimestre 2020, la fréquentation hôtelière baisse de 64 % par rapport au même trimestre 2019 », Insee Focus n° 227, mars 2021.

Canonéro B., Gidrol J.-C., Mainguené A., « La fréquentation touristique se dégrade en septembre, après avoir repris quelques couleurs en juillet-août », Insee Focus n° 215, novembre 2020.

Gidrol J.-C., Girard P., « En juin 2020, 73 % de nuitées en moins dans les hôtels qu’en 2019 en France métropolitaine », Insee Focus n° 201, août 2020.

Canonéro B., Girard P., Millet N., « En avril 2020, le nombre de chambres occupées sur le champ de trois grandes enseignes hôtelières chute de 79 % », Insee Focus n° 195, juin 2020.

Sources

Enquête mensuelle de fréquentation touristique

L’enquête mensuelle de fréquentation touristique conduite par l’Insee auprès des hébergements collectifs de tourisme a été suspendue en mars 2020 compte tenu de la crise sanitaire liée à la Covid-19. Un dispositif d’enquête allégée a été mis en place d’avril à juin 2020 uniquement pour les hôtels, permettant de disposer d’un nombre restreint d’indicateurs et de connaître le type de personnes hébergées (touristes, personnels soignants, personnes confinées, personnes placées par les services sociaux du type Samu social).

Les données du premier trimestre 2020 ont été produites dans le contexte très particulier de la crise sanitaire. À partir du 18 mars, l'enquête de fréquentation touristique a été suspendue. De ce fait, seules les réponses spontanées des hébergements ont été prises en compte, les services d'enquêtes n'étant plus en capacité de relancer les hébergements.

L’enquête mensuelle de fréquentation touristique a été remise en œuvre en juillet 2020.

 

Chiffre d'affaires

Les résultats sont construits à partir d’une source fiscale, le formulaire « CA3 », que les entreprises remplissent pour le paiement de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Ce formulaire comprend le chiffre d’affaires hors TVA, toutes activités confondues, de l’entreprise déclarante, classée selon son activité principale.

Au niveau national l'Insee diffuse mensuellement des indices de chiffres, pour plus d'information consulter : https://www.insee.fr/fr/metadonnees/source/indicateur/p1669/description et https://www.insee.fr/fr/statistiques/4772485

Pour les niveaux régionaux et départementaux, les résultats sont construits à partir des unités légales dites mono-régionales (resp. monodépartementales), c'est-à-dire dont tous les établissements constituant cette unité sont situés dans la même région (resp. dans le même département). Ils sont ventilés selon les activités : 100 % touristiques, autres activités touristiques et non touristiques.

Les séries régionales et départementales concernent les unités légales monorégionales et monodépartementales pérennes de 2017 à 2021, les secteurs d'étude sont :

  • L'hôtellerie, comprenant les unités relevant des codes NAF "5510Z - Hôtels et hébergement similaire" et "5520Z - Hébergement touristique et autres services d'hébergement de courte durée" ;
  • L’hôtellerie de plein air, comprenant les unités relevant du code NAF "5530Z - Terrains de campings et parcs pour caravances ou véhicules de loisirs" ;
  • La restauration, comprenant les unités relevant du code NAF "5610A - Restauration traditionnelle", 5610B - Cafétérias et autres libres-services" et "5610C - restauration de type rapide".

On élimine les unités qui ont changé de secteur sur la période.

Les séries nationales portent également sur ces 3 secteurs d'étude mais sans condition sur la pérennité, la régionalité et le changement de secteur d'activité.

 

Cartes bancaires

L’évolution des achats opérés peut être appréciée par les données de transactions par carte bancaire. Les données utilisées concernent tout détenteur de Carte Bancaire CB sur le territoire français, ce qui, outre les ménages, peut recouvrir aussi des entreprises. Ces données ne recouvrent pas les transactions réalisées par d’autres moyens de paiement (espèces, chèque, ticket restaurant, etc.). De plus, à l’inverse des données utilisées à l’échelle nationale, notamment dans l’estimation de la perte de consommation des ménages, les données départementales intègrent certaines transactions non assimilables à de la consommation (dons à des associations, achat de timbres fiscaux, etc.). Enfin, les transactions à distance (notamment celles sur internet) ne sont pas prises en compte dans les données départementales (données régionales pour la Corse).

La nomenclature d’activités utilisée sur les données de carte bancaire CB (nomenclature MCC, Merchant Category Code) ne coïncide pas avec la NAF. En outre, il n’existe pas de définition précise de ce que serait un « secteur tourisme », les activités touristiques étant transverses, ce qui complique leur mesure. Pour les données de transactions bancaires, ce seront vingt-cinq items de la nomenclature MCC qui seront agrégés pour approcher les activités touristiques, recouvrant des activités parfois purement touristiques (échoppes de souvenirs et cartes postales, expositions touristiques, parcs d’attractions…), et des activités qui en dépendent partiellement (restauration et bars notamment).

 

Emploi

Le fichier source utilisé est issu des Fichiers « Tous Salariés » 2017 (anciennement appelés DADS-Grand format).

Ces fichiers couvrent l’ensemble des employeurs et des salariés. Ils sont constitués à partir des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS), des Déclarations Sociales Nominatives (DSN), de données provenant du Système d’Information sur les Agents des Services Publics (SIASP) et des déclarations des particuliers employeurs.

La déclaration sociale nominative (DSN) est un fichier mensuel produit à partir des données de paie des salariés. Elle a notamment pour but de remplacer un grand nombre de déclarations administratives qui étaient adressées jusqu’alors à des acteurs différents (CPAM, Urssaf, AGIRC ARRCO, Organismes complémentaires, Pôle emploi, Centre des impôts, Caisses régimes spéciaux, etc.). La DSN regroupe des informations sur le salarié dans une déclaration unique pour communiquer ensuite les informations nécessaires à la gestion de la protection sociale des salariés aux organismes concernés.

Le millésime 2017 est un millésime mixte, dont les données sur le champ privé proviennent de deux sources distinctes : Déclarations sociales Nominatives (DSN) et Déclarations annuelles de données sociales (DADS), les premières se substituant progressivement aux secondes. Il s’agit du deuxième millésime de transition. Cette transition peut entraîner des différences de niveau par rapport aux millésimes antérieurs. Le passage à la DSN permet notamment de mieux capter les courtes périodes d’emploi.

 

Activité partielle

Le dispositif de l’activité partielle (dénomination légale du chômage partiel) permet aux établissements confrontés à des difficultés temporaires de diminuer ou de suspendre leur activité tout en assurant aux salariés une indemnisation égale à 70 % du salaire brut (environ 84 % du net) pour compenser leur perte de salaire. Tous les salariés de droit privé sont concernés, y compris dans les entreprises publiques. Les indemnités d’activité partielle sont remboursées intégralement par l'État et l'Unédic, jusqu’à un plafond de 70 % de 4,5 Smic. Les demandes d’indemnisation sont déposées par les entreprises auprès de la Direccte.

Les arrêts de travail pour maladie sont pris en charge par l’Assurance maladie. Au début du confinement, l’Assurance maladie finance également le dispositif exceptionnel des arrêts de travail dérogatoires pour garde d’enfant (ou pour les personnes vulnérables), lorsque le télétravail est impossible. À partir du 1er mai, les salariés en situation de garde d’enfant ou les personnes vulnérables basculent vers le dispositif d’activité partielle, dans la mesure où ils sont toujours dans l’impossibilité d’exercer leur activité professionnelle.

Ces indicateurs sont calculés à partir de la Déclaration Sociale Nominative (DSN). La DSN remplace la majorité des déclarations sociales imposées aux entreprises en automatisant leur transmission à partir des données de paie. La DSN regroupe des informations sur les établissements et les salariés. Elle est renseignée chaque mois par les entreprises et contient des informations relatives aux salariés de droit privé, notamment sur l’activité partielle et les arrêts de travail.

 

Estimations trimestrielles d’emploi

Les estimations trimestrielles d’emploi sont obtenues par application d’évolutions trimestrielles aux niveaux annuels. Ces évolutions trimestrielles sont calculées à partir de sources administratives. Depuis le premier trimestre 2017, les données sont établies en coproduction avec l'Acoss (champ privé hors intérim) et la Dares (sur l'intérim). L’introduction de la Déclaration sociale nominative (DSN) en remplacement du bordereau récapitulatif de cotisations (BRC) peut transitoirement affecter les comportements déclaratifs des entreprises et générer des révisions accrues sur les données. À partir de la validité du premier trimestre 2018, le champ des estimations trimestrielles d’emploi localisé (ETE) est étendu à l’ensemble de l’emploi salarié et aux départements d’outre-mer (hors Mayotte). Sont ainsi ajoutés les salariés de la fonction publique, de l’agriculture et de l’ensemble des particuliers employeurs.

Définitions

Le taux d’occupation est le rapport du nombre de chambres occupées au nombre de chambres effectivement offertes sur une période donnée (c’est-à-dire en excluant les fermetures saisonnières).

La fréquentation en nuitées correspond au nombre total de nuits passées par les clients dans un établissement touristique. Un couple séjournant trois nuits dans un établissement compte pour six nuitées, de même que six personnes ne séjournant qu’une nuit.

Le taux d’ouverture des hôtels est le nombre d’hôtels déclarés ouverts, rapporté au nombre total d’hôtels sur une période donnée.

Les résidents sont les personnes, quelle que soit leur nationalité, qui ont leur domicile principal en France.

Les activités touristiques : les activités sont classées selon leur degré de « touristicité » tel que défini ci-après :

  • Les activités 100 % touristiques telles que l’hôtellerie, l’hébergement, la gestion des musées, des parcs d’attractions...
  • Les autres activités touristiques telles que la restauration, le transport, le commerce, la gestion des salles de spectacles...
  • Les activités non touristiques (par exemple, la construction, l’industrie, les services administratifs…)

Le secteur « hébergement et restauration » : un secteur regroupe des entreprises de fabrication, de commerce ou de service qui ont la même activité principale (au regard de la nomenclature d'activité économique considérée). L'activité d'un secteur n'est donc pas tout à fait homogène et comprend des productions ou services secondaires qui relèveraient d'autres items de la nomenclature que celui du secteur considéré.

Le secteur « hébergement et restauration » appartient au secteur tertiaire principalement marchand.

Les estimations d'emploi désignent une synthèse de sources permettant une couverture exhaustive de l'emploi total (salarié et non salarié), exprimé en nombre de personnes physiques (et non en nombre de postes de travail), et une ventilation à un niveau sectoriel et géographique assez fin. Elles ont pour objectif la couverture de l'emploi total et la cohérence entre les différents niveaux d'agrégation.

Les estimations d'emploi comportent des estimations annuelles, portant sur l'emploi total au 31 décembre, et des estimations infra-annuelles (trimestrielles), portant sur un champ plus restreint (emploi salarié des secteurs marchands et emploi salarié privé des secteurs non-marchands en France métropolitaine). Les estimations produites avant septembre 2009 se fondaient sur les niveaux d'emploi dans le recensement général de la population de 1999, auxquels sont appliqués des indices d'évolution de l'emploi issus de sources variées, notamment l'enquête Acemo de la Dares et les données des Urssaf (exploitées via les fichiers Epure) et de l'Unédic.

A partir de 2009, les estimations d'emploi annuelles sont calculées à partir du dispositif Estel (Estimations d'emploi localisées), qui se fondent sur l'utilisation des sources administratives en niveau. Pour les salariés, il s'agit des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS « grand format ») contenant, en plus des DADS stricto sensu, les données du fichier de paye des agents de l'État et celles des particuliers employeurs). Pour les non salariés agricoles, les sources mobilisées sont les fichiers de la Mutualité Sociale Agricole (MSA) et pour les non salariés non agricoles, les fichiers de l'Agence Centrale des Organismes de Sécurité Sociale (ACOSS) qui est la Caisse Nationale des Unions de Recouvrement des Cotisations de Sécurité Sociale et d'Allocations Familiales (URSSAF).

Le passage à Estel permet d'améliorer les estimations d'emploi annuelles dans plusieurs dimensions : meilleure qualité des données (prise en compte explicite de la multiactivité, amélioration de la qualité des sources en amont, restriction du nombre de sources utilisées), double localisation au lieu de résidence et au lieu de travail, ventilation plus fine (au niveau géographique et au niveau des catégories de travailleurs), concept d'emploi « répertorié BIT » précis et stable dans le temps, homogénéisation des méthodes et traitements, délais plus courts.

Le concept central d'Estel- le nombre de personnes en emploi- est proche de celui du BIT. La mesure sera datée au 31 décembre de chaque année.

ESTEL estime un nombre de personnes en emploi. Mais à la différence du recensement, l'emploi d'Estel n'est pas déclaratif car appréhendé à partir des sources administratives afin de compter en emploi toute personne dès lors qu'elle a effectué un travail déclaré d'au moins une heure pendant la dernière semaine de l'année ou qu'elle a un lien formel avec son emploi (pour les salariés, il s'agit grosso modo de repérer les contrats de travail « actifs » fin décembre).