Activité touristique : impact de la crise sanitaire Covid19

Chiffres détaillés
Paru le : Paru le 17/03/2022
Bernard Canonero, Jean-Claude Gidrol, Alice Mainguené (Insee)
- Mars 2022
Sommaire

La fréquentation touristique se dégrade en septembre, après avoir repris quelques couleurs en juillet-août

Bernard Canonero, Jean-Claude Gidrol, Alice Mainguené (Insee)

En septembre 2020, en France métropolitaine, le nombre de nuitées hôtelières chute de 42 % par rapport à septembre 2019. En juillet-août, la baisse est plus limitée (– 30 %), grâce à la clientèle résidente. Les mois d’avril et de mai subissent de plein fouet l’impact du confinement avec des chutes de fréquentation supérieures à 90 %.

La fréquentation hôtelière des touristes résidents a été relativement soutenue en juillet et en août. Les résidents se sont tournés vers du tourisme intrarégional, mais aussi vers de l’hébergement non marchand (résidence secondaire, famille, amis).

La défection des touristes non résidents, notamment non européens, affecte particulièrement l’hôtellerie haut de gamme et l’Île-de-France. Les territoires urbains pâtissent aussi d’une baisse du tourisme d’affaires avec le développement du travail à distance et l’annulation de nombreux événements.

Au total, sur la saison d’été, les hôtels perdent 58 % de leurs nuitées par rapport à la saison 2019. Fermés d’avril à juin mais moins orientés vers la clientèle non résidente, les autres hébergements touristiques subissent une chute de fréquentation de 53 % par rapport à la saison 2019.

Insee Focus

No 215

Paru le : 30/11/2020

Chute de fréquentation en septembre

Les mesures de restrictions sanitaires sont progressivement renforcées dès la mi-août, après une période de déconfinement élargi en juillet puis début août. Des annonces plus alarmistes se conjuguent avec la persistance, dans les entreprises, du télétravail et des réunions virtuelles et l’annulation de nombreux évènements, limitant les déplacements de loisirs comme professionnels. En septembre 2020, la fréquentation touristique s’élève à 11,8 millions de nuitées dans les hôtels métropolitains ; elle chute de 42 % par rapport à septembre 2019 (figure 1).

Figure 1 – Nombre mensuel de nuitées dans les hôtels en 2019 et en 2020

en millions
Figure 1 – Nombre mensuel de nuitées dans les hôtels en 2019 et en 2020 (en millions)
2019 2020
Janvier 12,5 13,1
Février 13,2 14,0
Mars 15,7 7,0
Avril 18,2 0,7
Mai 18,4 1,5
Juin 21,7 5,9
Juillet 23,4 14,9
Août 24,8 18,8
Septembre 20,5 11,8
  • Champ : hôtels en France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme, enquête sur la fréquentation des hébergements collectifs touristiques, données provisoires de juillet à septembre 2020.

Figure 1 – Nombre mensuel de nuitées dans les hôtels en 2019 et en 2020

  • Champ : hôtels en France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme, enquête sur la fréquentation des hébergements collectifs touristiques, données provisoires de juillet à septembre 2020.

La fréquentation hôtelière des touristes résidents en France baisse de 19 % par rapport à septembre 2019 et celle des touristes non résidents s’effondre (– 81 %), du fait notamment de la quasi-absence des touristes non européens (figure 2).

Figure 2 – Nombre mensuel de nuitées dans les hôtels en 2019 et 2020 selon l’origine de la clientèle

en millions
Figure 2 – Nombre mensuel de nuitées dans les hôtels en 2019 et 2020 selon l’origine de la clientèle (en millions)
Résidents Non-résidents
2019 Janvier 8,4 4,0
Février 9,2 4,0
Mars 10,5 5,2
Avril 11,4 6,8
Mai 11,4 7,0
Juin 13,7 8,0
Juillet 13,8 9,5
Août 15,4 9,4
Septembre 12,9 7,6
Octobre 11,9 6,1
Novembre 10,1 4,2
Décembre 9,6 4,6
2020 Janvier 9,0 4,1
Février 10,0 4,0
Mars 5,2 1,8
Avril 0,7 0,0
Mai 1,5 0,0
Juin 5,3 0,6
Juillet 11,9 3,0
Août 15,7 3,1
Septembre 10,4 1,4
  • Champ : hôtels en France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme, enquête sur la fréquentation des hébergements collectifs touristiques, données provisoires de juillet à septembre 2020.

Figure 2 – Nombre mensuel de nuitées dans les hôtels en 2019 et 2020 selon l’origine de la clientèle

  • Champ : hôtels en France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme, enquête sur la fréquentation des hébergements collectifs touristiques, données provisoires de juillet à septembre 2020.

Le recul de l’activité touristique est sévère en Île-de-France, où près d’un hôtel sur dix est encore fermé en septembre. Le nombre de nuitées hôtelières y chute de 69 % par rapport à septembre 2019. L'effondrement des nuitées des non-résidents (– 91 %) s’y conjugue avec la forte baisse de fréquentation de la clientèle d'affaires (– 63 %) (figure 3a).

Figure 3a – Évolution 2020/2019 des nuitées par région et grande zone géographique dans les hôtels en septembre

Figure 3a – Évolution 2020/2019 des nuitées par région et grande zone géographique dans les hôtels en septembre - Lecture : en septembre 2020, par rapport à la même période 2019, les nuitées ont baissé de 25,5 % en Normandie.
Évolution 2020/2019 (en %)
Total Île-de-France Littoral Massifs de montagne Urbain de province* Autres espaces* Résidents Non–résidents
Île-de-France – 69,5 – 69,5 /// /// /// /// – 41,3 – 91,3
Centre–Val de Loire – 27,5 /// /// /// – 29,8 – 20,5 – 13,5 – 71,7
Bourgogne–Franche–Comté – 27,3 /// /// 5,8 – 33,9 – 16,9 – 12,2 – 60,3
Normandie – 25,5 /// – 16,4 /// – 36,1 – 23,2 – 7,2 – 71,5
Hauts–de–France – 30,9 /// – 25,2 /// – 32,7 – 29,8 – 18,8 – 66,3
Grand Est – 38,3 /// /// – 9,0 – 42,0 – 29,9 – 24,8 – 62,7
Pays de la Loire – 20,3 /// – 9,1 /// – 25,7 – 18,9 – 15,3 – 59,9
Bretagne – 17,5 /// – 13,9 /// – 27,9 – 16,6 – 6,3 – 66,6
Nouvelle–Aquitaine – 23,5 /// – 12,6 /// – 33,0 – 14,9 – 11,5 – 70,7
Occitanie – 34,8 /// – 17,1 – 4,9 – 45,4 – 16,1 – 15,4 – 80,8
Auvergne–Rhône–Alpes – 23,0 /// /// – 10,0 – 26,6 – 20,2 – 11,8 – 64,4
Provence–Alpes–Côte d'Azur – 44,7 /// – 51,3 – 12,6 – 40,0 – 8,9 – 14,3 – 83,5
Corse – 23,5 /// – 23,5 /// /// /// – 3,7 – 75,2
France métropolitaine – 42,3 – 69,5 – 29,9 – 8,9 – 35,0 – 19,5 – 19,3 – 81,5
  • /// Absence de résultat due à la nature des choses.
  • * Hors zones qui sont sur le littoral ou dans les massifs de montagne (une zone urbaine sur le littoral est classée en littoral).
  • Lecture : en septembre 2020, par rapport à la même période 2019, les nuitées ont baissé de 25,5 % en Normandie.
  • Champ : hôtels en France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme, enquête sur la fréquentation des hébergements collectifs touristiques, données provisoires.

Quoique moins marquée qu’en Île-de-France, la baisse de fréquentation dans l’espace urbain de province atteint 26 % dans les Pays de la Loire et jusqu’à 45 % en Occitanie. Sur le littoral, l’ampleur de la diminution est différente selon les régions : contenue à l’ouest (de – 9 % dans les Pays de la Loire à – 14 % en Bretagne) et en Occitanie (– 17 %), plus sensible en Corse (– 23 %) et dans les Hauts-de-France (– 25 %), elle est très marquée en Provence-Alpes-Côte d’Azur (– 51 %). Avec des nuitées en baisse de 9 %, les massifs de montagne résistent mieux, grâce aux séjours des résidents, un peu plus nombreux qu’en 2019. Dans les espaces ruraux et de moyenne montagne (autres espaces), la fréquentation se replie de 19 %.

L’hôtellerie haut de gamme (de 4 et 5 étoiles) est fortement touchée en septembre (– 56 %), particulièrement en Île-de-France (– 79 %), en Provence-Alpes-Côte d’Azur (– 54 %) et en Occitanie (– 50 %) (figure 4a).

Figure 4a – Évolution 2020/2019 des nuitées par région et catégorie dans les hôtels en septembre

Figure 4a – Évolution 2020/2019 des nuitées par région et catégorie dans les hôtels en septembre - Lecture : en septembre 2020, par rapport à la même période de 2019, les nuitées ont baissé de 25,5 % en Normandie.
Évolution 2020/2019 (en %)
Total 1-2 étoiles 3 étoiles 4-5 étoiles Non classés
Île-de-France - 69,5 - 59,3 - 66,6 - 79,0 - 60,7
Centre-Val de Loire - 27,5 - 22,6 - 23,2 - 34,2 - 40,1
Bourgogne-Franche-Comté - 27,3 - 20,5 - 26,9 - 31,9 - 37,2
Normandie - 25,5 - 24,3 - 26,9 - 28,0 - 20,9
Hauts-de-France - 30,9 - 27,4 - 27,3 - 31,7 - 39,4
Grand Est - 38,3 - 37,3 - 37,0 - 38,5 - 42,1
Pays de la Loire - 20,3 - 18,2 - 17,0 - 26,4 - 27,2
Bretagne - 17,5 - 19,9 - 16,7 - 13,8 - 22,7
Nouvelle-Aquitaine - 23,5 - 25,3 - 19,5 - 30,0 - 20,5
Occitanie - 34,8 - 26,9 - 35,3 - 49,8 - 24,7
Auvergne-Rhône-Alpes - 23,0 - 27,7 - 22,2 - 29,0 - 2,3
Provence-Alpes-Côte d'Azur - 44,7 - 33,6 - 46,5 - 54,0 - 25,2
Corse - 23,5 - 17,7 - 23,2 - 18,0 - 40,7
France métropolitaine - 42,3 - 33,9 - 39,3 - 55,7 - 37,3
  • Lecture : en septembre 2020, par rapport à la même période de 2019, les nuitées ont baissé de 25,5 % en Normandie.
  • Champ : hôtels en France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme, enquête sur la fréquentation des hébergements collectifs touristiques, données provisoires.

Une timide reprise en juillet-août, grâce à la clientèle résidente

Au cœur de la saison d’été, une reprise s’est amorcée. Dans les hôtels, le nombre de nuitées de la clientèle résidente a certes baissé en juillet (– 14 % par rapport à juillet 2019), mais il a progressé de 2 % au mois d’août. Cela n’a pas permis néanmoins de compenser les pertes de nuitées de la clientèle non résidente (– 68 % en juillet et – 66 % en août).

Ainsi, sur la période juillet-août 2020, le nombre de nuitées hôtelières en France métropolitaine s’élève à 33,8 millions, il baisse de 30 % par rapport aux mêmes mois de l’année précédente (figure 3b). Toutes les catégories d’hôtels sont touchées, mais davantage le haut de gamme, avec la chute de fréquentation des non-résidents (figure 4b).

L’Île-de-France a particulièrement souffert ; les nuitées des non-résidents y chutent de 85 % sur les deux mois, la fréquentation des 4-5 étoiles de 79 %. Au total, la région perd 69 % de nuitées par rapport à juillet-août 2019.

L’espace urbain de province pâtit aussi de la défection des non-résidents et de la moindre présence des résidents. Les régions les plus sévèrement touchées sont le Grand Est (– 37 % de nuitées), l’Occitanie (– 35 %) et les Hauts-de-France (– 30 %). Le repli est inférieur à 20 % en Centre-Val de Loire, en Auvergne-Rhône-Alpes et en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Le recul est moins important dans les espaces littoraux (– 9 %). Au cours de ces deux mois, les résidents ont davantage fréquenté le littoral qu’en 2019 (+ 14 %). Grâce à eux, sur les littoraux d’Occitanie, de Nouvelle-Aquitaine et des Pays de la Loire, la fréquentation totale progresse même légèrement (de + 1 % à + 2 %). En revanche, elle chute sur les littoraux de Provence-Alpes-Côte d’Azur (– 15 %) et de Corse (– 24 %).

La montagne et les espaces ruraux ont mieux résisté. En juillet-août, la fréquentation des massifs de montagne est stable grâce à l’afflux de résidents (+ 21 % par rapport à 2019). Les nuitées dans les espaces ruraux et en moyenne montagne (autres espaces) baissent de 5 %. Dans ces territoires également, les résidents sont venus plus nombreux qu’en 2019.

Deux tiers des nuitées des non-résidents proviennent de cinq pays européens

La chute de fréquentation des non-résidents de juillet à septembre (− 71 %) concerne tous les pays. Cinq pays européens sont à l’origine des deux tiers des nuitées de non-résidents : la Belgique, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suisse et le Royaume-Uni. L’Italie et l’Espagne arrivent en sixième et septième positions. La fréquentation en provenance des pays plus lointains est presque nulle (notamment États-Unis, Proche et Moyen-Orient, Chine).

Un deuxième trimestre lourdement affecté par le premier confinement

Cette timide reprise au cœur de l’été fait suite à un second trimestre particulièrement difficile pour les hôtels. Les fréquentations des mois d’avril et de mai 2020 représentent à peine 4 % et 8 % de la fréquentation d’avril et de mai 2019. Les hôtels sont alors fréquentés essentiellement par des personnes confinées, des personnes placées dans les hôtels pour des raisons sociales, mais également des personnels soignants ou d’autres professionnels ayant besoin d’être logés pour travailler (chauffeurs routiers, forces de l’ordre, etc.). Le nombre de nuitées engendrées par ces personnes est relativement stable d’avril à mai, permettant un minimum d’occupation dans les hôtels ouverts.

Malgré la réouverture des campings et autres hébergements touristiques dans les zones vertes dès le 2 juin, la reprise dans l’hôtellerie en juin est très timide. La fréquentation reste inférieure de 73 % à celle de juin 2019.

Au total, sur la saison d’été par rapport à celle de 2019, les hôtels perdent 58 % des nuitées et les autres hébergements collectifs touristiques (AHCT) 53 %.

Vers un retour à la normale des taux d’ouverture avant le reconfinement

Après avoir fortement diminué en avril et en mai, la part des hôtels ouverts revient à un niveau plus habituel en juin (78 %) et en septembre (94 %). La part des hôtels fermés en septembre reste toutefois plus importante en Île-de-France (9 %), particulièrement dans le haut de gamme (16 %).

Hausse de fréquentation des résidents dans l’hébergement non marchand au 3e trimestre

En septembre 2020, sur l’ensemble des hébergements, marchands et non marchands, la fréquentation des résidents est proche de celle de septembre 2019. Elle est quasiment stable dans le secteur marchand et en légère hausse dans l’hébergement non marchand (résidences secondaires, famille ou amis) (figure 5). La baisse des nuitées dans l’hôtellerie est presque compensée par une hausse dans les autres hébergements marchands, en particulier dans les locations.

Figure 5 – Nombre de nuitées marchandes et non marchandes des touristes résidents

en millions
Figure 5 – Nombre de nuitées marchandes et non marchandes des touristes résidents (en millions) - Lecture : en janvier 2020, les résidents de France métropolitaine ont passé 11,4 millions de nuitées dans de l’hébergement marchand et 30,6 millions de nuitées dans de l’hébergement non marchand.
Nuitées non marchandes 2020 Nuitées non marchandes 2019 Nuitées marchandes 2020 Nuitées marchandes 2019
Janvier 30,6 33,8 11,4 10,3
Février 29,1 27,0 18,3 17,7
Mars 16,3 28,4 8,3 16,4
Avril 3,7 41,7 0,3 24,1
Mai 18,9 32,4 1,6 22,3
Juin 36,0 33,1 11,2 33,1
Juillet 68,4 60,5 48,7 51,5
Août 115,3 108,7 91,5 92,2
Septembre 47,1 45,4 32,9 33,2
Octobre n.d. 35,9 n.d. 18,7
Novembre n.d. 29,0 n.d. 10,7
Décembre n.d. 41,9 n.d. 11,4
  • n.d. : non disponible.
  • Lecture : en janvier 2020, les résidents de France métropolitaine ont passé 11,4 millions de nuitées dans de l’hébergement marchand et 30,6 millions de nuitées dans de l’hébergement non marchand.
  • Champ : hébergements marchand et non marchand en France métropolitaine.
  • Source : Insee, enquête de suivi de la demande touristique, données provisoires.

Figure 5 – Nombre de nuitées marchandes et non marchandes des touristes résidents

  • Lecture : en janvier 2020, les résidents de France métropolitaine ont passé 11,4 millions de nuitées dans de l’hébergement marchand et 30,6 millions de nuitées dans de l’hébergement non marchand.
  • Champ : hébergements marchand et non marchand en France métropolitaine.
  • Source : Insee, enquête de suivi de la demande touristique, données provisoires.

Sur l’ensemble de la période juillet-août-septembre 2020 par rapport à la même période de 2019, la fréquentation des résidents augmente de 3 % : la progression des nuitées dans le secteur non marchand (+ 8 %) fait plus que compenser la baisse dans l’hébergement marchand (– 2 %).

En Île-de-France, la fréquentation des résidents est à rebours de la tendance métropolitaine : le nombre de nuitées y baisse de 24 % alors qu’il croît de 4 % dans les autres régions.

Le tourisme intrarégional s’est développé cet été. En juillet et en août 2020, les résidents ont davantage voyagé dans leur région de résidence que les années précédentes : + 9 % de nuitées passées dans la région de résidence par rapport à juillet-août 2019. L’Île-de-France fait cependant exception : le nombre de nuitées passées par les touristes franciliens dans leur région est stable.

Sources

L’enquête de fréquentation touristique est réalisée mensuellement par l’Insee en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme. Cette enquête porte sur la fréquentation des hébergements collectifs touristiques : hôtels, campings et autres hébergements collectifs touristiques (AHCT).

Compte tenu de la crise sanitaire liée à la Covid-19, cette enquête a été remplacée d’avril à juin 2020 par un dispositif d’enquête allégée portant uniquement sur les hôtels.

L’enquête mensuelle de fréquentation a repris en juillet 2020. Cependant, compte tenu du contexte, seuls les résultats de fréquentation des hébergements collectifs touristiques (AHCT) peuvent être exploités.

Ces chiffres sont provisoires et amenés à être révisés.

L’enquête de suivi de la demande touristique (SDT) est réalisée mensuellement auprès d’un panel de 22 000 personnes, âgées de 15 ans ou plus, représentatif de la population résidant en France. Elle permet de répondre au règlement européen sur les statistiques du tourisme en caractérisant les déplacements touristiques des résidents (personnels ou professionnels, taux de départ, nombre de voyages, nombre de nuitées, dépenses touristiques, etc.). Un déplacement est qualifié de touristique lorsque la personne concernée passe au moins une nuit en dehors de son environnement habituel.

Définitions

Le taux d’occupation est le rapport du nombre de chambres occupées au nombre de chambres effectivement offertes sur une période donnée (c’est-à-dire en excluant les fermetures saisonnières).

La fréquentation en nuitées correspond au nombre total de nuits passées par les clients dans un établissement touristique. Un couple séjournant trois nuits dans un établissement compte pour six nuitées, de même que six personnes ne séjournant qu’une nuit.

Le taux d’ouverture des hôtels est le nombre d’hôtels déclarés ouverts, rapporté au nombre total d’hôtels sur une période donnée.

Les résidents sont les personnes, quelle que soit leur nationalité, qui ont leur domicile principal en France.

Les activités touristiques : les activités sont classées selon leur degré de « touristicité » tel que défini ci-après :

  • Les activités 100 % touristiques telles que l’hôtellerie, l’hébergement, la gestion des musées, des parcs d’attractions...
  • Les autres activités touristiques telles que la restauration, le transport, le commerce, la gestion des salles de spectacles...
  • Les activités non touristiques (par exemple, la construction, l’industrie, les services administratifs…)

Le secteur « hébergement et restauration » : un secteur regroupe des entreprises de fabrication, de commerce ou de service qui ont la même activité principale (au regard de la nomenclature d'activité économique considérée). L'activité d'un secteur n'est donc pas tout à fait homogène et comprend des productions ou services secondaires qui relèveraient d'autres items de la nomenclature que celui du secteur considéré.

Le secteur « hébergement et restauration » appartient au secteur tertiaire principalement marchand.

Les estimations d'emploi désignent une synthèse de sources permettant une couverture exhaustive de l'emploi total (salarié et non salarié), exprimé en nombre de personnes physiques (et non en nombre de postes de travail), et une ventilation à un niveau sectoriel et géographique assez fin. Elles ont pour objectif la couverture de l'emploi total et la cohérence entre les différents niveaux d'agrégation.

Les estimations d'emploi comportent des estimations annuelles, portant sur l'emploi total au 31 décembre, et des estimations infra-annuelles (trimestrielles), portant sur un champ plus restreint (emploi salarié des secteurs marchands et emploi salarié privé des secteurs non-marchands en France métropolitaine). Les estimations produites avant septembre 2009 se fondaient sur les niveaux d'emploi dans le recensement général de la population de 1999, auxquels sont appliqués des indices d'évolution de l'emploi issus de sources variées, notamment l'enquête Acemo de la Dares et les données des Urssaf (exploitées via les fichiers Epure) et de l'Unédic.

A partir de 2009, les estimations d'emploi annuelles sont calculées à partir du dispositif Estel (Estimations d'emploi localisées), qui se fondent sur l'utilisation des sources administratives en niveau. Pour les salariés, il s'agit des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS « grand format ») contenant, en plus des DADS stricto sensu, les données du fichier de paye des agents de l'État et celles des particuliers employeurs). Pour les non salariés agricoles, les sources mobilisées sont les fichiers de la Mutualité Sociale Agricole (MSA) et pour les non salariés non agricoles, les fichiers de l'Agence Centrale des Organismes de Sécurité Sociale (ACOSS) qui est la Caisse Nationale des Unions de Recouvrement des Cotisations de Sécurité Sociale et d'Allocations Familiales (URSSAF).

Le passage à Estel permet d'améliorer les estimations d'emploi annuelles dans plusieurs dimensions : meilleure qualité des données (prise en compte explicite de la multiactivité, amélioration de la qualité des sources en amont, restriction du nombre de sources utilisées), double localisation au lieu de résidence et au lieu de travail, ventilation plus fine (au niveau géographique et au niveau des catégories de travailleurs), concept d'emploi « répertorié BIT » précis et stable dans le temps, homogénéisation des méthodes et traitements, délais plus courts.

Le concept central d'Estel- le nombre de personnes en emploi- est proche de celui du BIT. La mesure sera datée au 31 décembre de chaque année.

ESTEL estime un nombre de personnes en emploi. Mais à la différence du recensement, l'emploi d'Estel n'est pas déclaratif car appréhendé à partir des sources administratives afin de compter en emploi toute personne dès lors qu'elle a effectué un travail déclaré d'au moins une heure pendant la dernière semaine de l'année ou qu'elle a un lien formel avec son emploi (pour les salariés, il s'agit grosso modo de repérer les contrats de travail « actifs » fin décembre).

Les autres hébergements collectifs touristiques (AHCT) comprennent notamment les résidences de tourisme (dont les appart’hôtels), villages de vacances, maisons familiales et auberges de jeunesse. Ils n’incluent pas les hébergements proposés par des particuliers.

Pour en savoir plus

Sources

Enquête mensuelle de fréquentation touristique

L’enquête mensuelle de fréquentation touristique conduite par l’Insee auprès des hébergements collectifs de tourisme a été suspendue en mars 2020 compte tenu de la crise sanitaire liée à la Covid-19. Un dispositif d’enquête allégée a été mis en place d’avril à juin 2020 uniquement pour les hôtels, permettant de disposer d’un nombre restreint d’indicateurs et de connaître le type de personnes hébergées (touristes, personnels soignants, personnes confinées, personnes placées par les services sociaux du type Samu social).

Les données du premier trimestre 2020 ont été produites dans le contexte très particulier de la crise sanitaire. À partir du 18 mars, l'enquête de fréquentation touristique a été suspendue. De ce fait, seules les réponses spontanées des hébergements ont été prises en compte, les services d'enquêtes n'étant plus en capacité de relancer les hébergements.

L’enquête mensuelle de fréquentation touristique a été remise en œuvre en juillet 2020.

 

Chiffre d'affaires

Les résultats sont construits à partir d’une source fiscale, le formulaire « CA3 », que les entreprises remplissent pour le paiement de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Ce formulaire comprend le chiffre d’affaires hors TVA, toutes activités confondues, de l’entreprise déclarante, classée selon son activité principale.

Au niveau national l'Insee diffuse mensuellement des indices de chiffres, pour plus d'information consulter : https://www.insee.fr/fr/metadonnees/source/indicateur/p1669/description et https://www.insee.fr/fr/statistiques/4772485

Pour les niveaux régionaux et départementaux, les résultats sont construits à partir des unités légales dites mono-régionales (resp. monodépartementales), c'est-à-dire dont tous les établissements constituant cette unité sont situés dans la même région (resp. dans le même département). Ils sont ventilés selon les activités : 100 % touristiques, autres activités touristiques et non touristiques.

Les séries régionales et départementales concernent les unités légales monorégionales et monodépartementales pérennes de 2017 à 2021, les secteurs d'étude sont :

  • L'hôtellerie, comprenant les unités relevant des codes NAF "5510Z - Hôtels et hébergement similaire" et "5520Z - Hébergement touristique et autres services d'hébergement de courte durée" ;
  • L’hôtellerie de plein air, comprenant les unités relevant du code NAF "5530Z - Terrains de campings et parcs pour caravances ou véhicules de loisirs" ;
  • La restauration, comprenant les unités relevant du code NAF "5610A - Restauration traditionnelle", 5610B - Cafétérias et autres libres-services" et "5610C - restauration de type rapide".

On élimine les unités qui ont changé de secteur sur la période.

Les séries nationales portent également sur ces 3 secteurs d'étude mais sans condition sur la pérennité, la régionalité et le changement de secteur d'activité.

 

Cartes bancaires

L’évolution des achats opérés peut être appréciée par les données de transactions par carte bancaire. Les données utilisées concernent tout détenteur de Carte Bancaire CB sur le territoire français, ce qui, outre les ménages, peut recouvrir aussi des entreprises. Ces données ne recouvrent pas les transactions réalisées par d’autres moyens de paiement (espèces, chèque, ticket restaurant, etc.). De plus, à l’inverse des données utilisées à l’échelle nationale, notamment dans l’estimation de la perte de consommation des ménages, les données départementales intègrent certaines transactions non assimilables à de la consommation (dons à des associations, achat de timbres fiscaux, etc.). Enfin, les transactions à distance (notamment celles sur internet) ne sont pas prises en compte dans les données départementales (données régionales pour la Corse).

La nomenclature d’activités utilisée sur les données de carte bancaire CB (nomenclature MCC, Merchant Category Code) ne coïncide pas avec la NAF. En outre, il n’existe pas de définition précise de ce que serait un « secteur tourisme », les activités touristiques étant transverses, ce qui complique leur mesure. Pour les données de transactions bancaires, ce seront vingt-cinq items de la nomenclature MCC qui seront agrégés pour approcher les activités touristiques, recouvrant des activités parfois purement touristiques (échoppes de souvenirs et cartes postales, expositions touristiques, parcs d’attractions…), et des activités qui en dépendent partiellement (restauration et bars notamment).

 

Emploi

Le fichier source utilisé est issu des Fichiers « Tous Salariés » 2017 (anciennement appelés DADS-Grand format).

Ces fichiers couvrent l’ensemble des employeurs et des salariés. Ils sont constitués à partir des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS), des Déclarations Sociales Nominatives (DSN), de données provenant du Système d’Information sur les Agents des Services Publics (SIASP) et des déclarations des particuliers employeurs.

La déclaration sociale nominative (DSN) est un fichier mensuel produit à partir des données de paie des salariés. Elle a notamment pour but de remplacer un grand nombre de déclarations administratives qui étaient adressées jusqu’alors à des acteurs différents (CPAM, Urssaf, AGIRC ARRCO, Organismes complémentaires, Pôle emploi, Centre des impôts, Caisses régimes spéciaux, etc.). La DSN regroupe des informations sur le salarié dans une déclaration unique pour communiquer ensuite les informations nécessaires à la gestion de la protection sociale des salariés aux organismes concernés.

Le millésime 2017 est un millésime mixte, dont les données sur le champ privé proviennent de deux sources distinctes : Déclarations sociales Nominatives (DSN) et Déclarations annuelles de données sociales (DADS), les premières se substituant progressivement aux secondes. Il s’agit du deuxième millésime de transition. Cette transition peut entraîner des différences de niveau par rapport aux millésimes antérieurs. Le passage à la DSN permet notamment de mieux capter les courtes périodes d’emploi.

 

Activité partielle

Le dispositif de l’activité partielle (dénomination légale du chômage partiel) permet aux établissements confrontés à des difficultés temporaires de diminuer ou de suspendre leur activité tout en assurant aux salariés une indemnisation égale à 70 % du salaire brut (environ 84 % du net) pour compenser leur perte de salaire. Tous les salariés de droit privé sont concernés, y compris dans les entreprises publiques. Les indemnités d’activité partielle sont remboursées intégralement par l'État et l'Unédic, jusqu’à un plafond de 70 % de 4,5 Smic. Les demandes d’indemnisation sont déposées par les entreprises auprès de la Direccte.

Les arrêts de travail pour maladie sont pris en charge par l’Assurance maladie. Au début du confinement, l’Assurance maladie finance également le dispositif exceptionnel des arrêts de travail dérogatoires pour garde d’enfant (ou pour les personnes vulnérables), lorsque le télétravail est impossible. À partir du 1er mai, les salariés en situation de garde d’enfant ou les personnes vulnérables basculent vers le dispositif d’activité partielle, dans la mesure où ils sont toujours dans l’impossibilité d’exercer leur activité professionnelle.

Ces indicateurs sont calculés à partir de la Déclaration Sociale Nominative (DSN). La DSN remplace la majorité des déclarations sociales imposées aux entreprises en automatisant leur transmission à partir des données de paie. La DSN regroupe des informations sur les établissements et les salariés. Elle est renseignée chaque mois par les entreprises et contient des informations relatives aux salariés de droit privé, notamment sur l’activité partielle et les arrêts de travail.

 

Estimations trimestrielles d’emploi

Les estimations trimestrielles d’emploi sont obtenues par application d’évolutions trimestrielles aux niveaux annuels. Ces évolutions trimestrielles sont calculées à partir de sources administratives. Depuis le premier trimestre 2017, les données sont établies en coproduction avec l'Acoss (champ privé hors intérim) et la Dares (sur l'intérim). L’introduction de la Déclaration sociale nominative (DSN) en remplacement du bordereau récapitulatif de cotisations (BRC) peut transitoirement affecter les comportements déclaratifs des entreprises et générer des révisions accrues sur les données. À partir de la validité du premier trimestre 2018, le champ des estimations trimestrielles d’emploi localisé (ETE) est étendu à l’ensemble de l’emploi salarié et aux départements d’outre-mer (hors Mayotte). Sont ainsi ajoutés les salariés de la fonction publique, de l’agriculture et de l’ensemble des particuliers employeurs.

Définitions

Le taux d’occupation est le rapport du nombre de chambres occupées au nombre de chambres effectivement offertes sur une période donnée (c’est-à-dire en excluant les fermetures saisonnières).

La fréquentation en nuitées correspond au nombre total de nuits passées par les clients dans un établissement touristique. Un couple séjournant trois nuits dans un établissement compte pour six nuitées, de même que six personnes ne séjournant qu’une nuit.

Le taux d’ouverture des hôtels est le nombre d’hôtels déclarés ouverts, rapporté au nombre total d’hôtels sur une période donnée.

Les résidents sont les personnes, quelle que soit leur nationalité, qui ont leur domicile principal en France.

Les activités touristiques : les activités sont classées selon leur degré de « touristicité » tel que défini ci-après :

  • Les activités 100 % touristiques telles que l’hôtellerie, l’hébergement, la gestion des musées, des parcs d’attractions...
  • Les autres activités touristiques telles que la restauration, le transport, le commerce, la gestion des salles de spectacles...
  • Les activités non touristiques (par exemple, la construction, l’industrie, les services administratifs…)

Le secteur « hébergement et restauration » : un secteur regroupe des entreprises de fabrication, de commerce ou de service qui ont la même activité principale (au regard de la nomenclature d'activité économique considérée). L'activité d'un secteur n'est donc pas tout à fait homogène et comprend des productions ou services secondaires qui relèveraient d'autres items de la nomenclature que celui du secteur considéré.

Le secteur « hébergement et restauration » appartient au secteur tertiaire principalement marchand.

Les estimations d'emploi désignent une synthèse de sources permettant une couverture exhaustive de l'emploi total (salarié et non salarié), exprimé en nombre de personnes physiques (et non en nombre de postes de travail), et une ventilation à un niveau sectoriel et géographique assez fin. Elles ont pour objectif la couverture de l'emploi total et la cohérence entre les différents niveaux d'agrégation.

Les estimations d'emploi comportent des estimations annuelles, portant sur l'emploi total au 31 décembre, et des estimations infra-annuelles (trimestrielles), portant sur un champ plus restreint (emploi salarié des secteurs marchands et emploi salarié privé des secteurs non-marchands en France métropolitaine). Les estimations produites avant septembre 2009 se fondaient sur les niveaux d'emploi dans le recensement général de la population de 1999, auxquels sont appliqués des indices d'évolution de l'emploi issus de sources variées, notamment l'enquête Acemo de la Dares et les données des Urssaf (exploitées via les fichiers Epure) et de l'Unédic.

A partir de 2009, les estimations d'emploi annuelles sont calculées à partir du dispositif Estel (Estimations d'emploi localisées), qui se fondent sur l'utilisation des sources administratives en niveau. Pour les salariés, il s'agit des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS « grand format ») contenant, en plus des DADS stricto sensu, les données du fichier de paye des agents de l'État et celles des particuliers employeurs). Pour les non salariés agricoles, les sources mobilisées sont les fichiers de la Mutualité Sociale Agricole (MSA) et pour les non salariés non agricoles, les fichiers de l'Agence Centrale des Organismes de Sécurité Sociale (ACOSS) qui est la Caisse Nationale des Unions de Recouvrement des Cotisations de Sécurité Sociale et d'Allocations Familiales (URSSAF).

Le passage à Estel permet d'améliorer les estimations d'emploi annuelles dans plusieurs dimensions : meilleure qualité des données (prise en compte explicite de la multiactivité, amélioration de la qualité des sources en amont, restriction du nombre de sources utilisées), double localisation au lieu de résidence et au lieu de travail, ventilation plus fine (au niveau géographique et au niveau des catégories de travailleurs), concept d'emploi « répertorié BIT » précis et stable dans le temps, homogénéisation des méthodes et traitements, délais plus courts.

Le concept central d'Estel- le nombre de personnes en emploi- est proche de celui du BIT. La mesure sera datée au 31 décembre de chaque année.

ESTEL estime un nombre de personnes en emploi. Mais à la différence du recensement, l'emploi d'Estel n'est pas déclaratif car appréhendé à partir des sources administratives afin de compter en emploi toute personne dès lors qu'elle a effectué un travail déclaré d'au moins une heure pendant la dernière semaine de l'année ou qu'elle a un lien formel avec son emploi (pour les salariés, il s'agit grosso modo de repérer les contrats de travail « actifs » fin décembre).

Les autres hébergements collectifs touristiques (AHCT) comprennent notamment les résidences de tourisme (dont les appart’hôtels), villages de vacances, maisons familiales et auberges de jeunesse. Ils n’incluent pas les hébergements proposés par des particuliers.