Activité touristique : impact de la crise sanitaire Covid19

Chiffres détaillés
Paru le : Paru le 17/03/2022
Odile Dangerfield, Alice Mainguené (Insee)
- Mars 2022
Sommaire

Bilan touristique 2020Chute de fréquentation en 2020, rebond
à l’été notamment dans les campings

Odile Dangerfield, Alice Mainguené (Insee)

Au cours de l’année 2020, les nuitées hôtelières ont baissé de 50 %. Dès le mois de mars, de nombreux établissements ont fermé ; seulement un hôtel sur cinq est resté ouvert en avril. De fait, la fréquentation touristique s’est effondrée dans l’ensemble de l’hébergement touristique marchand.

La fréquentation a repris durant la période estivale dans les hôtels, les campings et autres hébergements, atteignant les trois quarts de son niveau de l’été 2019. La fréquentation estivale des campings a même atteint 84 % de son niveau de l’été 2019, bénéficiant de la venue de résidents qui ont renoncé à partir à l’étranger et de l’attractivité d’hébergements individuels en plein air. Les espaces urbains n’ont pas connu le même attrait durant l’été. L’Île-de-France, en particulier, a continué de pâtir de la désaffection de la clientèle étrangère dans les hôtels haut de gamme parisiens, mais également de la chute de la clientèle d’affaires.

Insee Focus

No 235

Paru le : 18/05/2021

En 2020, les nuitées hôtelières ont baissé de moitié par rapport à 2019

En 2020, le secteur de l’hébergement touristique a subi de plein fouet la crise sanitaire. Dès la mi-mars, les fermetures d’établissements et le confinement ont entraîné une chute brutale de la fréquentation touristique.

Par rapport à l’année 2019, les nuitées ont diminué de moitié dans les hôtels de France métropolitaine en 2020. La baisse des nuitées hôtelières est particulièrement forte en Île-de-France (‒ 65 %, figure 1), qui accueille habituellement un tiers des nuitées passées en France métropolitaine. Cette région représente surtout la moitié des nuitées de touristes provenant de l’étranger et le tiers des nuitées du tourisme d’affaires, deux segments de ce secteur particulièrement affectés par la crise sanitaire. Le Grand Est est la deuxième région la plus touchée avec une baisse de plus de moitié des nuitées. Dans les autres régions, la fréquentation hôtelière diminue de 39 % à 46 % par rapport à 2019.

Figure 1 - Évolution des nuitées hôtelières en 2020 par rapport à 2019 selon les régions

en %
Figure 1 - Évolution des nuitées hôtelières en 2020 par rapport à 2019 selon les régions (en %) - Lecture : en Île-de-France, le nombre de nuitées hôtelières a baissé de 65 % en 2020 par rapport à 2019.
Bretagne – 39,1
Pays de la Loire – 39,8
Nouvelle-Aquitaine – 40,7
Centre-Val de Loire – 40,7
Auvergne-Rhône-Alpes – 41,3
Normandie – 42,0
Bourgogne-Franche-Comté – 43,8
Hauts-de-France – 44,4
Corse – 45,2
Occitanie – 45,4
Provence-Alpes-Côte d'Azur – 46,1
Grand Est – 50,4
Île-de-France – 65,1
France métropolitaine – 50,4
  • Lecture : en Île-de-France, le nombre de nuitées hôtelières a baissé de 65 % en 2020 par rapport à 2019.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme.

Figure 1 - Évolution des nuitées hôtelières en 2020 par rapport à 2019 selon les régions

  • Lecture : en Île-de-France, le nombre de nuitées hôtelières a baissé de 65 % en 2020 par rapport à 2019.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme.

À partir du mois de mars, les résidents français sont moins souvent partis en vacances que les années précédentes. Les taux de départ ont été plus faibles tous les mois de l’année 2020, y compris pendant l’été, à l’exception de février, dernier mois de vacances scolaires avant le confinement de mars. Les taux de départs des résidents en juillet, août et septembre 2020 ont été inférieurs de 1 à 4 points par rapport aux deux années précédentes, ce qui équivaut également à 2 % de nuitées marchandes de moins sur les mêmes mois d’été.

Les séjours privilégiés dans les résidences secondaires, la famille ou chez des amis

Lorsqu’ils sont partis, les touristes résidant en France ont privilégié l’hébergement non marchand, passant leurs vacances dans leurs résidences secondaires, dans leur famille ou chez des amis. Les nuitées ne diminuent que de 12 % entre 2020 et 2019 dans ces hébergements, alors qu’elles baissent de 26 % dans l’ensemble des hébergements marchands (hôtels, campings, hébergements individuels loués par des particuliers, y compris via les plateformes de réservation internet, etc.).

Les nuitées passées dans les hébergements non marchands ont même progressé durant l’été 2020 par rapport à l’été 2019 (figure 2). Le tourisme intrarégional s’est développé en 2020, les résidents voyageant beaucoup plus souvent à l’intérieur de leur région. Le tourisme lors des fêtes de fin d’année s’est également beaucoup reporté sur ces hébergements non marchands. Les nuitées marchandes des résidents ont ainsi diminué de moitié en décembre 2020, tandis que le nombre de nuitées non marchandes est resté stable. Ces modes d’hébergement ont probablement été plébiscités parce qu’ils permettent de retrouver des proches tout en limitant les dépenses et en restreignant les contacts.

Figure 2 - Nuitées passées par les résidents dans les hébergements marchands et non marchands en 2019 et 2020

en millions
Figure 2 - Nuitées passées par les résidents dans les hébergements marchands et non marchands en 2019 et 2020 (en millions) - Lecture : en août 2020, les résidents ont passé 114,4 millions de nuitées dans des hébergements non marchands, contre 107,0 millions en 2019.
Nuitées marchandes en 2019 Nuitées non marchandes en 2019 Nuitées marchandes en 2020 Nuitées non marchandes en 2020
Jan. 10,2 33,7 11,4 30,8
Fév. 17,5 26,6 18,0 28,7
Mars 16,3 28,3 8,2 15,9
Avril 23,9 41,5 0,3 3,6
Mai 21,9 32,1 1,6 18,2
Juin 32,8 32,5 11,2 34,9
Juil. 50,6 59,4 47,5 66,2
Août 91,8 107,0 91,3 114,4
Sept. 33,1 44,5 32,8 46,3
Oct. 18,6 35,7 19,7 39,4
Nov. 10,7 29,0 2,4 10,4
Déc. 11,4 41,9 6,1 42,2
  • Lecture : en août 2020, les résidents ont passé 114,4 millions de nuitées dans des hébergements non marchands, contre 107,0 millions en 2019.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : Insee, enquête de suivi de la demande touristique, données provisoires.

Figure 2 - Nombre de nuitées passées par les résidents dans les hébergements marchands et non marchands en 2019 et 2020

  • Lecture : en août 2020, les résidents ont passé 114,4 millions de nuitées dans des hébergements non marchands, contre 107,0 millions en 2019.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : Insee, enquête de suivi de la demande touristique, données provisoires.

Fermeture massive des hôtels et chute des taux d’occupation

L’offre hôtelière s’est adaptée tout au long de l’année à la demande, mais les deux confinements ne se sont pas traduits de la même façon en matière d’ouverture et de fermeture des établissements hôteliers. En mars, les hôtels ont massivement fermé. Le taux d’ouverture a chuté de 68 points en un mois pour s’établir à 23 % en avril (figure 3). Au deuxième confinement, fin octobre, les restrictions et les fermetures ont été moins importantes. Le taux d’ouverture des hôtels baisse de 29 points en novembre par rapport à octobre pour s’établir à 60 %.

Dès le mois de mars, les taux d’occupation des hôtels ouverts ont chuté en France métropolitaine, à 27 % en mars 2020, soit à peine la moitié de l’occupation habituelle des hôtels (58 % en mars 2019). La baisse des taux d’occupation est maximale en avril et mai (plus de 40 points d’écart avec les taux d’occupation des mêmes mois en 2019). En Île-de-France, à partir du mois de mars 2020 et jusqu’à la fin de l’année, les taux d’occupation mensuels sont restés inférieurs à 40 % ; chaque année depuis 2011, ils étaient supérieurs à 70 % entre mars et décembre, et même fréquemment supérieurs à 80 %.

Figure 3 - Taux d’ouverture et taux d’occupation des hôtels en 2020

en %
Figure 3 - Taux d’ouverture et taux d’occupation des hôtels en 2020 (en %) - Lecture : en mars 2020, 90,7 % des hôtels étaient ouverts ; en avril, ils n’étaient plus que 22,5 % et le taux d’occupation des chambres des hôtels restés ouverts est tombé à 14,6 %.
Taux d’ouverture des hôtels Taux d’occupation des chambres
Jan. 83,9 52,4
Fév. 87,5 54,8
Mars 90,7 26,8
Avril 22,5 14,6
Mai 38,6 19,0
Juin 78,0 35,1
Juil. 91,8 52,3
Août 92,9 59,5
Sept. 94,2 45,3
Oct. 89,2 36,7
Nov. 60,0 24,7
Déc. 59,5 29,1
  • Lecture : en mars 2020, 90,7 % des hôtels étaient ouverts ; en avril, ils n’étaient plus que 22,5 % et le taux d’occupation des chambres des hôtels restés ouverts est tombé à 14,6 %.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme.

Figure 3 - Taux d’ouverture et taux d’occupation des hôtels en 2020

  • Lecture : en mars 2020, 90,7 % des hôtels étaient ouverts ; en avril, ils n’étaient plus que 22,5 % et le taux d’occupation des chambres des hôtels restés ouverts est tombé à 14,6 %.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme.

Destinations hôtelières privilégiées : bord de mer, campagne et montagne

Au cours de l’été 2020, la fréquentation hôtelière chute dans tous les territoires, s’établissant à 45 millions de nuitées en 2020, contre 69 millions en 2019. Cependant, la campagne et le bord de mer sont moins touchés. Pendant l’été, ces territoires ont bénéficié du report de séjours à l’étranger que les touristes résidents n’ont pas effectués et ils sont moins affectés par la chute du tourisme d’affaires. Les hébergements en montagne ont aussi connu une affluence importante en été, mais la fréquentation a chuté en hiver, en raison de la fermeture de la plupart des stations de ski. La région parisienne et dans une moindre mesure l’espace urbain de province sont restés à l’écart de la relative embellie estivale (figure 4).

Figure 4 - Évolution du nombre de nuitées hôtelières en 2020 par rapport aux mêmes mois de l’année précédente

en %
Figure 4 - Évolution du nombre de nuitées hôtelières en 2020 par rapport aux mêmes mois de l’année précédente (en %) - Lecture : en août 2020, dans les massifs de ski, le nombre de nuitées hôtelières augmente de 7,7 % par rapport au mois d’août 2019.
2020 France métropolitaine Île-de-France Espace urbain de province Littoral Massifs de ski Autres espaces
Jan. 5,0 7,1 2,0 4,4 13,6 – 1,4
Fév. 6,2 1,7 7,9 9,7 12,1 5,0
Mars – 55,4 – 62,9 – 56,5 – 55,3 – 21,2 – 51,9
Avril – 96,2 – 96,7 – 94,9 – 97,8 – 97,5 – 96,0
Mai – 92,0 – 93,5 – 89,6 – 94,4 – 93,6 – 91,6
Juin – 73,0 – 86,6 – 68,3 – 68,9 – 64,1 – 57,8
Juil. – 36,5 – 70,8 – 32,5 – 13,7 – 9,3 – 10,4
Août – 24,8 – 68,2 – 18,4 – 5,5 7,7 – 1,8
Sept. – 42,8 – 70,4 – 35,6 – 29,9 – 9,0 – 20,0
Oct. – 49,5 – 72,4 – 41,1 – 33,9 – 13,8 – 28,1
Nov. – 76,3 – 86,1 – 70,3 – 75,6 – 35,9 – 64,0
Déc. – 69,5 – 82,3 – 59,9 – 60,0 – 83,1 – 51,6
Ensemble de l’année – 50,4 – 65,1 – 46,4 – 43,4 – 32,8 – 39,1
  • Lecture : en août 2020, dans les massifs de ski, le nombre de nuitées hôtelières augmente de 7,7 % par rapport au mois d’août 2019.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme.

Figure 4 - Évolution du nombre de nuitées hôtelières en 2020 par rapport aux mêmes mois de l’année précédente

  • Lecture : en août 2020, dans les massifs de ski, le nombre de nuitées hôtelières augmente de 7,7 % par rapport au mois d’août 2019.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme.

La baisse de la fréquentation hôtelière en Île-de-France explique en effet à elle seule 57 % de la baisse nationale. Les hôtels des Hautes-Pyrénées, notamment du site de Lourdes, et des départements alsaciens subissent également des baisses de fréquentation importantes. À l’opposé, la baisse de la fréquentation hôtelière est inférieure à 30 % dans plusieurs départements à dominante rurale ou montagneux, éloignés des grandes zones urbaines. Parmi eux, la Corrèze, le Cantal, la Creuse, l’Ardèche ou la Lozère mais aussi des départements du massif alpin, la Savoie, les Hautes-Alpes et les Alpes-de-Haute-Provence. Si la fréquentation hôtelière a baissé dans tous les départements en 2020 et dans presque tous en été, neuf départements font exception. Dans sept départements situés dans le Massif central (Ardèche, Aveyron, Cantal, Creuse, Haute-Loire, Lot et Lozère), ainsi que dans le Jura et les Hautes-Alpes, la fréquentation hôtelière a augmenté sur les trois mois d’été 2020 par rapport aux trois mois d’été 2019.

Beaucoup moins de clients dans les hôtels haut de gamme

Les hôtels les plus haut de gamme (classés 4 et 5 étoiles) ont le plus pâti de la situation. Ils ont en effet subi la désaffection des touristes non résidents qui représentent habituellement une part importante de leur clientèle, notamment en Île-de-France. Au second semestre, la baisse du nombre de nuitées atteint 60 % dans les hôtels classés 4 et 5 étoiles, contre 45 % en moyenne dans les autres catégories d’hôtels.

La clientèle résidente limite la baisse de fréquentation durant l’été 2020

Aux mois de juillet, août et septembre, la fréquentation des hôtels, campings et autres hébergements collectifs touristiques (AHCT) connaît un certain regain, essentiellement grâce à la clientèle résidente (figure 5a). Le nombre total de nuitées passées dans ces hébergements atteint 77 % du niveau de 2019 (figure 5b).

À la suite des restrictions sur les voyages encore en vigueur à l’été, les touristes en provenance de l’étranger sont venus beaucoup moins nombreux en France. Pour les trois types d’hébergement, la part des touristes non résidents dans l’ensemble de la clientèle a chuté fortement, passant de 31 % en 2019 à 17 % en 2020.

Figure 5a - Nombre de nuitées durant les mois d’été 2020 selon la provenance des touristes

en millions
Figure 5a - Nombre de nuitées durant les mois d’été 2020 selon la provenance des touristes (en millions) - Lecture : durant l’été 2020, les touristes résidents ont passé 64,5 millions de nuitées dans les campings.
Résidents Non-résidents Ensemble
Hôtels 37,8 7,5 45,3
Campings 64,5 16,7 81,2
AHCT¹ 26,8 2,8 29,6
Ensemble 129,1 26,9 156
  • 1. Autres hébergements collectifs touristiques.
  • Note : données provisoires de l’enquête de fréquentation touristique.
  • Lecture : durant l’été 2020, les touristes résidents ont passé 64,5 millions de nuitées dans les campings.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme.

La fréquentation estivale des campings atteint 84 % de son niveau de l’été 2019

Le relatif regain de l’été s’est traduit différemment selon le type d’hébergement. Les campings ont bénéficié de la préférence de la clientèle pour des hébergements individuels et en plein air. Le nombre de nuitées passées en camping est revenu à 84 % de son niveau de l’été 2019. Ce constat est valable aussi bien pour les campings haut de gamme que pour les campings de confort plus modeste. En revanche, il est plus nuancé selon le lieu d’implantation du camping. Si la baisse de fréquentation est globalement de 16 %, elle est plus limitée dans les campings situés en montagne (‒ 2 %) ou dans la campagne (‒ 13 %). Les touristes non résidents venus en France pendant l’été 2020 ont davantage choisi de séjourner en camping. Près des deux tiers des nuitées effectuées par ces touristes non résidents ont eu lieu dans les campings pendant l’été 2020 (46 % en 2019).

Encadré - La fréquentation hôtelière plus impactée en Espagne

Partout en Europe, les hôtels ont connu une chute brutale de leur fréquentation à partir du mois de mars, suivie d’une relative reprise en été qui ne s’est pas prolongée au quatrième trimestre.

En Espagne, le rebond de l’été a été très atténué comparativement aux trois autres pays européens à fort potentiel touristique estival : Allemagne, France et Italie. À cette période de l’année, la situation sanitaire dans ce pays a dissuadé un grand nombre de non-résidents de venir y séjourner, sachant que les nuitées des non-résidents représentent 60 % de l'ensemble des nuitées touristiques en Espagne, contre à peine un tiers en France. Au final, la péninsule ibérique est le pays qui a perdu le plus grand nombre de nuitées hôtelières en 2020 (figure).

Les évolutions sont comparables en France et en Italie jusqu’en novembre, mais elles se différencient en décembre du fait de restrictions de déplacements très contraignantes en Italie pour les fêtes de fin d’année.

Figure - Évolution du nombre de nuitées hôtelières en 2020 par rapport aux mêmes mois de l’année précédente, en Allemagne, France, Italie et Espagne

évolution annuelle en %
Figure - Évolution du nombre de nuitées hôtelières en 2020 par rapport aux mêmes mois de l’année précédente, en Allemagne, France, Italie et Espagne (évolution annuelle en %) - Lecture : au mois d’août 2020, en Espagne, le nombre de nuitées hôtelières baisse de 64,3 % par rapport au même mois en 2019.
Allemagne Espagne France Italie Union européenne
Jan. 2,9 2,9 5,0 3,5 4,5
Fév. 6,4 6,8 6,2 – 6,7 5,1
Mars – 59,1 – 61,1 – 55,4 – 85,4 – 64,0
Avril – 90,8 – 99,1 – 96,2 – 96,9 – 95,7
Mai – 81,7 – 99,2 – 92,0 – 94,4 – 91,6
Juin – 52,2 – 95,1 – 73,0 – 82,5 – 77,2
Juil. – 30,2 – 73,4 – 36,5 – 51,6 – 50,6
Août – 22,7 – 64,3 – 24,8 – 28,3 – 39,1
Sept. – 22,5 – 78,4 – 42,8 – 40,4 – 47,6
Oct. – 19,9 – 83,3 – 49,5 – 61,5 – 54,2
Nov. – 79,7 – 84,5 – 76,3 – 78,5 – 78,1
Déc. – 78,8 – 81,2 – 69,5 – 82,2 – 79,5
Ensemble de l’année – 44,4 – 73,2 – 50,4 – 56,9 – 55,7
  • Lecture : au mois d’août 2020, en Espagne, le nombre de nuitées hôtelières baisse de 64,3 % par rapport au même mois en 2019.
  • Champ pour la France : France métropolitaine.
  • Sources : Eurostat ; Insee.

Figure - Évolution du nombre de nuitées hôtelières en 2020 par rapport aux mêmes mois de l’année précédente, en Allemagne, France, Italie et Espagne

  • Lecture : au mois d’août 2020, en Espagne, le nombre de nuitées hôtelières baisse de 64,3 % par rapport au même mois en 2019.
  • Champ pour la France : France métropolitaine.
  • Sources : Eurostat ; Insee.

Sources

L'enquête mensuelle de fréquentation touristique habituellement conduite par l’Insee a été suspendue en mars compte tenu de la crise sanitaire liée à la Covid-19. En avril, mai et juin 2020, du fait du premier confinement, les enquêtes de fréquentation touristique ont été réalisées en mode allégé. Ce mode d’enquête a été reconduit en novembre et décembre à la suite du deuxième confinement intervenu fin octobre.

Dans ce cadre, seules les informations portant sur la capacité d’accueil et sur le nombre total de nuitées dans les hôtels ont été collectées. Les questions sur le pays de provenance de la clientèle (résidente versus non-résidente) et le motif de séjour (de loisir versus professionnel) ne sont plus posées.

L’alternance d’enquêtes normales et d’enquêtes allégées a, de fait, généré des ruptures de séries dans les données habituellement collectées et diffusées.

À partir de juillet 2020, les données manquantes concernant les campings non échantillonnés ou non répondants sont imputées selon une nouvelle méthode, au moyen de modèles économétriques en fonction des caractéristiques des établissements. Les caractéristiques sont définies selon les critères les plus explicatifs de la fréquentation touristique (réponse de la période précédente, classement, taille, zone géographique). Cette nouvelle méthode d’imputation de la non-réponse tend à revoir légèrement à la baisse le nombre total de nuitées, de 1 % à 2 %, mais n’a pas d’impact sur les évolutions. Pour réaliser le calcul des évolutions à méthode d’imputation constante, les principales données 2019 utilisées dans cette publication ont été recalculées.

L’enquête portant sur le suivi de la demande touristique (SDT) donne une estimation du nombre de nuitées passées par les résidents dans l’ensemble des hébergements en France métropolitaine, dans les DOM et à l’étranger. Pour cette étude, seule la fréquentation des hébergements en France métropolitaine est retenue.

Définitions

Le taux d’occupation est le rapport du nombre de chambres occupées au nombre de chambres effectivement offertes sur une période donnée (c’est-à-dire en excluant les fermetures saisonnières).

La fréquentation en nuitées correspond au nombre total de nuits passées par les clients dans un établissement touristique. Un couple séjournant trois nuits dans un établissement compte pour six nuitées, de même que six personnes ne séjournant qu’une nuit.

Le taux d’ouverture des hôtels est le nombre d’hôtels déclarés ouverts, rapporté au nombre total d’hôtels sur une période donnée.

Les résidents sont les personnes, quelle que soit leur nationalité, qui ont leur domicile principal en France.

Les activités touristiques : les activités sont classées selon leur degré de « touristicité » tel que défini ci-après :

  • Les activités 100 % touristiques telles que l’hôtellerie, l’hébergement, la gestion des musées, des parcs d’attractions...
  • Les autres activités touristiques telles que la restauration, le transport, le commerce, la gestion des salles de spectacles...
  • Les activités non touristiques (par exemple, la construction, l’industrie, les services administratifs…)

Le secteur « hébergement et restauration » : un secteur regroupe des entreprises de fabrication, de commerce ou de service qui ont la même activité principale (au regard de la nomenclature d'activité économique considérée). L'activité d'un secteur n'est donc pas tout à fait homogène et comprend des productions ou services secondaires qui relèveraient d'autres items de la nomenclature que celui du secteur considéré.

Le secteur « hébergement et restauration » appartient au secteur tertiaire principalement marchand.

Les estimations d'emploi désignent une synthèse de sources permettant une couverture exhaustive de l'emploi total (salarié et non salarié), exprimé en nombre de personnes physiques (et non en nombre de postes de travail), et une ventilation à un niveau sectoriel et géographique assez fin. Elles ont pour objectif la couverture de l'emploi total et la cohérence entre les différents niveaux d'agrégation.

Les estimations d'emploi comportent des estimations annuelles, portant sur l'emploi total au 31 décembre, et des estimations infra-annuelles (trimestrielles), portant sur un champ plus restreint (emploi salarié des secteurs marchands et emploi salarié privé des secteurs non-marchands en France métropolitaine). Les estimations produites avant septembre 2009 se fondaient sur les niveaux d'emploi dans le recensement général de la population de 1999, auxquels sont appliqués des indices d'évolution de l'emploi issus de sources variées, notamment l'enquête Acemo de la Dares et les données des Urssaf (exploitées via les fichiers Epure) et de l'Unédic.

A partir de 2009, les estimations d'emploi annuelles sont calculées à partir du dispositif Estel (Estimations d'emploi localisées), qui se fondent sur l'utilisation des sources administratives en niveau. Pour les salariés, il s'agit des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS « grand format ») contenant, en plus des DADS stricto sensu, les données du fichier de paye des agents de l'État et celles des particuliers employeurs). Pour les non salariés agricoles, les sources mobilisées sont les fichiers de la Mutualité Sociale Agricole (MSA) et pour les non salariés non agricoles, les fichiers de l'Agence Centrale des Organismes de Sécurité Sociale (ACOSS) qui est la Caisse Nationale des Unions de Recouvrement des Cotisations de Sécurité Sociale et d'Allocations Familiales (URSSAF).

Le passage à Estel permet d'améliorer les estimations d'emploi annuelles dans plusieurs dimensions : meilleure qualité des données (prise en compte explicite de la multiactivité, amélioration de la qualité des sources en amont, restriction du nombre de sources utilisées), double localisation au lieu de résidence et au lieu de travail, ventilation plus fine (au niveau géographique et au niveau des catégories de travailleurs), concept d'emploi « répertorié BIT » précis et stable dans le temps, homogénéisation des méthodes et traitements, délais plus courts.

Le concept central d'Estel- le nombre de personnes en emploi- est proche de celui du BIT. La mesure sera datée au 31 décembre de chaque année.

ESTEL estime un nombre de personnes en emploi. Mais à la différence du recensement, l'emploi d'Estel n'est pas déclaratif car appréhendé à partir des sources administratives afin de compter en emploi toute personne dès lors qu'elle a effectué un travail déclaré d'au moins une heure pendant la dernière semaine de l'année ou qu'elle a un lien formel avec son emploi (pour les salariés, il s'agit grosso modo de repérer les contrats de travail « actifs » fin décembre).

Pour en savoir plus

Canonéro B., Gidrol J.-C., « Au quatrième trimestre 2020, la fréquentation hôtelière baisse de 64 % par rapport au même trimestre 2019 », Insee Focus n° 227, mars 2021.

Canonéro B., Gidrol J.-C., Mainguené A., « La fréquentation touristique se dégrade en septembre 2020 après avoir repris quelques couleurs en juillet-août », Insee Focus n° 215, novembre 2020.

Gidrol J.-C., Girard P., « En juin 2020, 73 % de nuitées en moins dans les hôtels qu’en 2019 en France métropolitaine », Insee Focus n° 201, août 2020

Canonéro B., Girard P., Millet N., « En avril 2020, le nombre de chambres occupées sur le champ de trois grandes enseignes hôtelières chute de 79 % », Insee Focus n° 195, juin 2020

Gidrol J.-C., « Les hébergements collectifs touristiques en 2019 : la fréquentation progresse malgré un recul de la clientèle non résidente », Insee Première n° 1799, mai 2020.

Sources

Enquête mensuelle de fréquentation touristique

L’enquête mensuelle de fréquentation touristique conduite par l’Insee auprès des hébergements collectifs de tourisme a été suspendue en mars 2020 compte tenu de la crise sanitaire liée à la Covid-19. Un dispositif d’enquête allégée a été mis en place d’avril à juin 2020 uniquement pour les hôtels, permettant de disposer d’un nombre restreint d’indicateurs et de connaître le type de personnes hébergées (touristes, personnels soignants, personnes confinées, personnes placées par les services sociaux du type Samu social).

Les données du premier trimestre 2020 ont été produites dans le contexte très particulier de la crise sanitaire. À partir du 18 mars, l'enquête de fréquentation touristique a été suspendue. De ce fait, seules les réponses spontanées des hébergements ont été prises en compte, les services d'enquêtes n'étant plus en capacité de relancer les hébergements.

L’enquête mensuelle de fréquentation touristique a été remise en œuvre en juillet 2020.

 

Chiffre d'affaires

Les résultats sont construits à partir d’une source fiscale, le formulaire « CA3 », que les entreprises remplissent pour le paiement de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Ce formulaire comprend le chiffre d’affaires hors TVA, toutes activités confondues, de l’entreprise déclarante, classée selon son activité principale.

Au niveau national l'Insee diffuse mensuellement des indices de chiffres, pour plus d'information consulter : https://www.insee.fr/fr/metadonnees/source/indicateur/p1669/description et https://www.insee.fr/fr/statistiques/4772485

Pour les niveaux régionaux et départementaux, les résultats sont construits à partir des unités légales dites mono-régionales (resp. monodépartementales), c'est-à-dire dont tous les établissements constituant cette unité sont situés dans la même région (resp. dans le même département). Ils sont ventilés selon les activités : 100 % touristiques, autres activités touristiques et non touristiques.

Les séries régionales et départementales concernent les unités légales monorégionales et monodépartementales pérennes de 2017 à 2021, les secteurs d'étude sont :

  • L'hôtellerie, comprenant les unités relevant des codes NAF "5510Z - Hôtels et hébergement similaire" et "5520Z - Hébergement touristique et autres services d'hébergement de courte durée" ;
  • L’hôtellerie de plein air, comprenant les unités relevant du code NAF "5530Z - Terrains de campings et parcs pour caravances ou véhicules de loisirs" ;
  • La restauration, comprenant les unités relevant du code NAF "5610A - Restauration traditionnelle", 5610B - Cafétérias et autres libres-services" et "5610C - restauration de type rapide".

On élimine les unités qui ont changé de secteur sur la période.

Les séries nationales portent également sur ces 3 secteurs d'étude mais sans condition sur la pérennité, la régionalité et le changement de secteur d'activité.

 

Cartes bancaires

L’évolution des achats opérés peut être appréciée par les données de transactions par carte bancaire. Les données utilisées concernent tout détenteur de Carte Bancaire CB sur le territoire français, ce qui, outre les ménages, peut recouvrir aussi des entreprises. Ces données ne recouvrent pas les transactions réalisées par d’autres moyens de paiement (espèces, chèque, ticket restaurant, etc.). De plus, à l’inverse des données utilisées à l’échelle nationale, notamment dans l’estimation de la perte de consommation des ménages, les données départementales intègrent certaines transactions non assimilables à de la consommation (dons à des associations, achat de timbres fiscaux, etc.). Enfin, les transactions à distance (notamment celles sur internet) ne sont pas prises en compte dans les données départementales (données régionales pour la Corse).

La nomenclature d’activités utilisée sur les données de carte bancaire CB (nomenclature MCC, Merchant Category Code) ne coïncide pas avec la NAF. En outre, il n’existe pas de définition précise de ce que serait un « secteur tourisme », les activités touristiques étant transverses, ce qui complique leur mesure. Pour les données de transactions bancaires, ce seront vingt-cinq items de la nomenclature MCC qui seront agrégés pour approcher les activités touristiques, recouvrant des activités parfois purement touristiques (échoppes de souvenirs et cartes postales, expositions touristiques, parcs d’attractions…), et des activités qui en dépendent partiellement (restauration et bars notamment).

 

Emploi

Le fichier source utilisé est issu des Fichiers « Tous Salariés » 2017 (anciennement appelés DADS-Grand format).

Ces fichiers couvrent l’ensemble des employeurs et des salariés. Ils sont constitués à partir des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS), des Déclarations Sociales Nominatives (DSN), de données provenant du Système d’Information sur les Agents des Services Publics (SIASP) et des déclarations des particuliers employeurs.

La déclaration sociale nominative (DSN) est un fichier mensuel produit à partir des données de paie des salariés. Elle a notamment pour but de remplacer un grand nombre de déclarations administratives qui étaient adressées jusqu’alors à des acteurs différents (CPAM, Urssaf, AGIRC ARRCO, Organismes complémentaires, Pôle emploi, Centre des impôts, Caisses régimes spéciaux, etc.). La DSN regroupe des informations sur le salarié dans une déclaration unique pour communiquer ensuite les informations nécessaires à la gestion de la protection sociale des salariés aux organismes concernés.

Le millésime 2017 est un millésime mixte, dont les données sur le champ privé proviennent de deux sources distinctes : Déclarations sociales Nominatives (DSN) et Déclarations annuelles de données sociales (DADS), les premières se substituant progressivement aux secondes. Il s’agit du deuxième millésime de transition. Cette transition peut entraîner des différences de niveau par rapport aux millésimes antérieurs. Le passage à la DSN permet notamment de mieux capter les courtes périodes d’emploi.

 

Activité partielle

Le dispositif de l’activité partielle (dénomination légale du chômage partiel) permet aux établissements confrontés à des difficultés temporaires de diminuer ou de suspendre leur activité tout en assurant aux salariés une indemnisation égale à 70 % du salaire brut (environ 84 % du net) pour compenser leur perte de salaire. Tous les salariés de droit privé sont concernés, y compris dans les entreprises publiques. Les indemnités d’activité partielle sont remboursées intégralement par l'État et l'Unédic, jusqu’à un plafond de 70 % de 4,5 Smic. Les demandes d’indemnisation sont déposées par les entreprises auprès de la Direccte.

Les arrêts de travail pour maladie sont pris en charge par l’Assurance maladie. Au début du confinement, l’Assurance maladie finance également le dispositif exceptionnel des arrêts de travail dérogatoires pour garde d’enfant (ou pour les personnes vulnérables), lorsque le télétravail est impossible. À partir du 1er mai, les salariés en situation de garde d’enfant ou les personnes vulnérables basculent vers le dispositif d’activité partielle, dans la mesure où ils sont toujours dans l’impossibilité d’exercer leur activité professionnelle.

Ces indicateurs sont calculés à partir de la Déclaration Sociale Nominative (DSN). La DSN remplace la majorité des déclarations sociales imposées aux entreprises en automatisant leur transmission à partir des données de paie. La DSN regroupe des informations sur les établissements et les salariés. Elle est renseignée chaque mois par les entreprises et contient des informations relatives aux salariés de droit privé, notamment sur l’activité partielle et les arrêts de travail.

 

Estimations trimestrielles d’emploi

Les estimations trimestrielles d’emploi sont obtenues par application d’évolutions trimestrielles aux niveaux annuels. Ces évolutions trimestrielles sont calculées à partir de sources administratives. Depuis le premier trimestre 2017, les données sont établies en coproduction avec l'Acoss (champ privé hors intérim) et la Dares (sur l'intérim). L’introduction de la Déclaration sociale nominative (DSN) en remplacement du bordereau récapitulatif de cotisations (BRC) peut transitoirement affecter les comportements déclaratifs des entreprises et générer des révisions accrues sur les données. À partir de la validité du premier trimestre 2018, le champ des estimations trimestrielles d’emploi localisé (ETE) est étendu à l’ensemble de l’emploi salarié et aux départements d’outre-mer (hors Mayotte). Sont ainsi ajoutés les salariés de la fonction publique, de l’agriculture et de l’ensemble des particuliers employeurs.

Définitions

Le taux d’occupation est le rapport du nombre de chambres occupées au nombre de chambres effectivement offertes sur une période donnée (c’est-à-dire en excluant les fermetures saisonnières).

La fréquentation en nuitées correspond au nombre total de nuits passées par les clients dans un établissement touristique. Un couple séjournant trois nuits dans un établissement compte pour six nuitées, de même que six personnes ne séjournant qu’une nuit.

Le taux d’ouverture des hôtels est le nombre d’hôtels déclarés ouverts, rapporté au nombre total d’hôtels sur une période donnée.

Les résidents sont les personnes, quelle que soit leur nationalité, qui ont leur domicile principal en France.

Les activités touristiques : les activités sont classées selon leur degré de « touristicité » tel que défini ci-après :

  • Les activités 100 % touristiques telles que l’hôtellerie, l’hébergement, la gestion des musées, des parcs d’attractions...
  • Les autres activités touristiques telles que la restauration, le transport, le commerce, la gestion des salles de spectacles...
  • Les activités non touristiques (par exemple, la construction, l’industrie, les services administratifs…)

Le secteur « hébergement et restauration » : un secteur regroupe des entreprises de fabrication, de commerce ou de service qui ont la même activité principale (au regard de la nomenclature d'activité économique considérée). L'activité d'un secteur n'est donc pas tout à fait homogène et comprend des productions ou services secondaires qui relèveraient d'autres items de la nomenclature que celui du secteur considéré.

Le secteur « hébergement et restauration » appartient au secteur tertiaire principalement marchand.

Les estimations d'emploi désignent une synthèse de sources permettant une couverture exhaustive de l'emploi total (salarié et non salarié), exprimé en nombre de personnes physiques (et non en nombre de postes de travail), et une ventilation à un niveau sectoriel et géographique assez fin. Elles ont pour objectif la couverture de l'emploi total et la cohérence entre les différents niveaux d'agrégation.

Les estimations d'emploi comportent des estimations annuelles, portant sur l'emploi total au 31 décembre, et des estimations infra-annuelles (trimestrielles), portant sur un champ plus restreint (emploi salarié des secteurs marchands et emploi salarié privé des secteurs non-marchands en France métropolitaine). Les estimations produites avant septembre 2009 se fondaient sur les niveaux d'emploi dans le recensement général de la population de 1999, auxquels sont appliqués des indices d'évolution de l'emploi issus de sources variées, notamment l'enquête Acemo de la Dares et les données des Urssaf (exploitées via les fichiers Epure) et de l'Unédic.

A partir de 2009, les estimations d'emploi annuelles sont calculées à partir du dispositif Estel (Estimations d'emploi localisées), qui se fondent sur l'utilisation des sources administratives en niveau. Pour les salariés, il s'agit des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS « grand format ») contenant, en plus des DADS stricto sensu, les données du fichier de paye des agents de l'État et celles des particuliers employeurs). Pour les non salariés agricoles, les sources mobilisées sont les fichiers de la Mutualité Sociale Agricole (MSA) et pour les non salariés non agricoles, les fichiers de l'Agence Centrale des Organismes de Sécurité Sociale (ACOSS) qui est la Caisse Nationale des Unions de Recouvrement des Cotisations de Sécurité Sociale et d'Allocations Familiales (URSSAF).

Le passage à Estel permet d'améliorer les estimations d'emploi annuelles dans plusieurs dimensions : meilleure qualité des données (prise en compte explicite de la multiactivité, amélioration de la qualité des sources en amont, restriction du nombre de sources utilisées), double localisation au lieu de résidence et au lieu de travail, ventilation plus fine (au niveau géographique et au niveau des catégories de travailleurs), concept d'emploi « répertorié BIT » précis et stable dans le temps, homogénéisation des méthodes et traitements, délais plus courts.

Le concept central d'Estel- le nombre de personnes en emploi- est proche de celui du BIT. La mesure sera datée au 31 décembre de chaque année.

ESTEL estime un nombre de personnes en emploi. Mais à la différence du recensement, l'emploi d'Estel n'est pas déclaratif car appréhendé à partir des sources administratives afin de compter en emploi toute personne dès lors qu'elle a effectué un travail déclaré d'au moins une heure pendant la dernière semaine de l'année ou qu'elle a un lien formel avec son emploi (pour les salariés, il s'agit grosso modo de repérer les contrats de travail « actifs » fin décembre).