Activité touristique : impact de la crise sanitaire Covid19

Chiffres détaillés
Paru le : Paru le 17/03/2022
Bernard Canonero, Pierre Girard, Nicolas Millet (Insee)
- Mars 2022
Sommaire

En avril 2020, le nombre de chambres occupées sur le champ de trois grandes enseignes hôtelières chute de 79 %

Bernard Canonero, Pierre Girard, Nicolas Millet (Insee)

La crise sanitaire liée au Covid-19 et le confinement ont eu un impact très important sur la fréquentation hôtelière. Une première estimation de la chute de fréquentation a été réalisée à partir des données de trois grandes enseignes sur les quatre premiers mois de l’année. Sur ce champ, le nombre de chambres occupées chute de 61 % en mars 2020 par rapport au même mois de l’année précédente, et de 79 % en avril. En moyenne sur les quatre premiers mois de l’année, la baisse est de 37 % par rapport à 2019.

En mars 2020, le nombre de nuitées passées par les résidents dans l’ensemble des hébergements marchands en France métropolitaine a été divisé par deux (− 49 %).

Insee Focus

No 195

Paru le : 12/06/2020

Forte baisse du nombre de chambres occupées en mars et en avril dans les hôtels des trois enseignes

Sur les quatre premiers mois de l'année 2020, de janvier à avril, comparé à la même période un an plus tôt hors pandémie, le nombre des chambres occupées diminue fortement (− 37 % sur le champ de trois enseignes d’hôtels, figure 1a ; sources).

En janvier et février 2020, le nombre de chambres occupées dans les hôtels est comparable à celui des mêmes mois des années précédentes. Les premiers signes du virus à travers le monde début janvier ont peu modifié la fréquentation touristique dans les hôtels de France métropolitaine. Le nombre de chambres occupées chute de 61 % en mars 2020, par rapport à mars 2019 (figure 1b ; encadré). L'ampleur de cette baisse, supérieure à 50 %, suggère qu'elle aurait été amorcée avant le début du confinement, mi-mars. Le confinement à la mi-mars pour la France marque un net coup d’arrêt, avec la fermeture d'une grande partie des hôtels. Cette chute se poursuit au mois d’avril, avec une baisse de 79 % par rapport à avril 2019.

Toutes les catégories d’hôtels et tous les types d’espace (urbain, rural, littoral, massif de ski, etc.) sont touchés avec une ampleur comparable.

En extrapolant les résultats collectés auprès de trois grandes enseignes de chaîne hôtelière à l’ensemble des hôtels, et en tenant compte de la saisonnalité de la fréquentation touristique, la baisse du nombre de chambres occupées observée sur les quatre premiers mois de l’année 2020 représenterait 4 % du nombre de chambres occupées en moyenne chaque année au cours de la décennie 2010.

Figure 1a - Évolution du nombre de chambres offertes et occupées de janvier à avril 2020 comparé à la même période en 2019, dans les hôtels de trois grandes enseignes

en %
Figure 1a - Évolution du nombre de chambres offertes et occupées de janvier à avril 2020 comparé à la même période en 2019, dans les hôtels de trois grandes enseignes (en %)
Chambres occupées Chambres offertes
1 étoile et 2 étoiles -38,6 -13,8
Île-de-France -34,9 -13,1
Urbain de province -37,5 -13,7
Littoral -36,4 -18,0
Massifs de ski -26,8 -13,8
Autres espaces -45,3 -16,7
Ensemble des hôtels -36,7 -14,1
  • Champ : ensemble des hôtels de trois grandes enseignes : Accor, B&B, Louvre Hotels Group.
  • Source : données fournies par les enseignes concernées, calculs Insee.

Une chute brutale liée au confinement à partir du 16 mars qui s’accentue en avril

Dans les trois enseignes considérées, le taux d’occupation est stable en janvier-février (figure 2). Au mois de mars, le taux d’occupation baisse fortement (− 21 points par rapport à février 2020) avec la baisse de la demande. Cette tendance s’accentue ensuite en avril (− 18 points par rapport à mars 2020) avec un taux d’occupation de 21 %. Avec les fermetures d’hôtels, le nombre de chambres offertes diminue de 34 % en mars 2020 par rapport à mars 2019. Il diminue de 26 % en avril.

Pour l’ensemble des trois enseignes, sept hôtels sur dix sont déclarés fermés sur la deuxième quinzaine de mars et en avril 2020 (figure 3).

Figure 2 - Occupation en janvier, février, mars et avril 2020, comparée au même mois en 2019, dans les hôtels de trois grandes enseignes

Figure 2 - Occupation en janvier, février, mars et avril 2020, comparée au même mois en 2019, dans les hôtels de trois grandes enseignes
Nombre d’hôtels Taux d’occupation (en %) Évolution par rapport au même mois en 2019
Taux d’occupation (en points) Nombre de chambres offertes (en %) Nombre de chambres occupées (en %)
Janvier 1 086 58,0 1,3 0,1 2,4
Février 1 084 60,2 -0,4 3,9 3,1
Mars 1 072 38,6 -26,9 -34,0 -61,1
Avril 1 125 20,6 -51,8 -25,5 -78,8
  • Champ : ensemble des hôtels de trois grandes enseignes : Accor, B&B, Louvre Hotels Group.
  • Source : données fournies par les enseignes concernées, calculs Insee.

Figure 3 - Occupation en mars et avril 2020, dans les hôtels de trois grandes enseignes

Figure 3 - Occupation en mars et avril 2020, dans les hôtels de trois grandes enseignes
Mars 2020
Chambres occupées (en milliers) 879
dont après le 15 mars 105
Part de la fréquentation après le 15 mars (en %) 12
Part des hôtels fermés après 15 mars (en %) 66
Avril 2020
Chambres occupées (en milliers) 171
Part des hôtels fermés (en %) 68
  • Champ : ensemble des hôtels de trois grandes enseignes : Accor, B&B, Louvre Hotels Group.
  • Source : données fournies par les enseignes concernées, calculs Insee.

Le nombre de nuitées passées par les résidents dans les hébergements marchands en France a chuté de 49 % en mars 2020 par rapport à mars 2019

L’enquête de suivi de la demande touristique (SDT) confirme la chute au mois de mars. Cette enquête ne porte que sur les résidents.

En mars, le nombre de nuitées passées par les résidents en dehors de leur environnement habituel chute de 45 % en France métropolitaine selon cette enquête. Dans les hébergements marchands (hôtel, location, camping, etc.), le nombre de nuitées baisse de 49 %, que ce soit pour motif personnel (− 46 %) ou professionnel (− 64 %).

Le nombre de nuitées passées dans un hébergement non marchand (résidence secondaire, dans la famille ou autre) diminue de 42 %. Une partie de ces nuitées correspondent à la situation de personnes dont le lieu de confinement a été différent de leur résidence principale.

Encadré – La fréquentation hôtelière au premier trimestre au cours des dix dernières années

Sur les dix dernières années, la fréquentation hôtelière du premier trimestre est principalement domestique. Deux tiers des nuitées hôtelières sont réalisées par des résidents et un tiers par des non-résidents, principalement d’Europe.

Ce tourisme hivernal a de multiples facettes : il s’agit d’abord d’un tourisme d’affaires en milieu urbain, mais aussi de tourisme dans les massifs de ski par exemple. Les hôtels des massifs de ski enregistrent la moitié de leurs nuitées durant le premier trimestre.

Sources

L'enquête mensuelle de fréquentation touristique conduite par l’Insee a été suspendue en mars compte tenu de la crise sanitaire liée au Covid-19. Les données collectées auprès de trois enseignes de chaîne hôtelière (Accor, B&B et Louvre Hôtels Group) fournissent une première estimation de la chute de fréquentation hôtelière de janvier à avril 2020. Ce panel représente un dixième de l’ensemble des hôtels en France.

L’enquête portant sur le suivi la demande touristique (SDT) donne une estimation du nombre de nuitées passées par les résidents dans l’ensemble des hébergements en France métropolitaine et à l’étranger. Pour cette étude, seule la fréquentation des hébergements en France métropolitaine est retenue.

Définitions

Le taux d’occupation est le rapport du nombre de chambres occupées au nombre de chambres effectivement offertes sur une période donnée (c’est-à-dire en excluant les fermetures saisonnières).

La fréquentation en nuitées correspond au nombre total de nuits passées par les clients dans un établissement touristique. Un couple séjournant trois nuits dans un établissement compte pour six nuitées, de même que six personnes ne séjournant qu’une nuit.

Le taux d’ouverture des hôtels est le nombre d’hôtels déclarés ouverts, rapporté au nombre total d’hôtels sur une période donnée.

Les résidents sont les personnes, quelle que soit leur nationalité, qui ont leur domicile principal en France.

Les activités touristiques : les activités sont classées selon leur degré de « touristicité » tel que défini ci-après :

  • Les activités 100 % touristiques telles que l’hôtellerie, l’hébergement, la gestion des musées, des parcs d’attractions...
  • Les autres activités touristiques telles que la restauration, le transport, le commerce, la gestion des salles de spectacles...
  • Les activités non touristiques (par exemple, la construction, l’industrie, les services administratifs…)

Le secteur « hébergement et restauration » : un secteur regroupe des entreprises de fabrication, de commerce ou de service qui ont la même activité principale (au regard de la nomenclature d'activité économique considérée). L'activité d'un secteur n'est donc pas tout à fait homogène et comprend des productions ou services secondaires qui relèveraient d'autres items de la nomenclature que celui du secteur considéré.

Le secteur « hébergement et restauration » appartient au secteur tertiaire principalement marchand.

Les estimations d'emploi désignent une synthèse de sources permettant une couverture exhaustive de l'emploi total (salarié et non salarié), exprimé en nombre de personnes physiques (et non en nombre de postes de travail), et une ventilation à un niveau sectoriel et géographique assez fin. Elles ont pour objectif la couverture de l'emploi total et la cohérence entre les différents niveaux d'agrégation.

Les estimations d'emploi comportent des estimations annuelles, portant sur l'emploi total au 31 décembre, et des estimations infra-annuelles (trimestrielles), portant sur un champ plus restreint (emploi salarié des secteurs marchands et emploi salarié privé des secteurs non-marchands en France métropolitaine). Les estimations produites avant septembre 2009 se fondaient sur les niveaux d'emploi dans le recensement général de la population de 1999, auxquels sont appliqués des indices d'évolution de l'emploi issus de sources variées, notamment l'enquête Acemo de la Dares et les données des Urssaf (exploitées via les fichiers Epure) et de l'Unédic.

A partir de 2009, les estimations d'emploi annuelles sont calculées à partir du dispositif Estel (Estimations d'emploi localisées), qui se fondent sur l'utilisation des sources administratives en niveau. Pour les salariés, il s'agit des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS « grand format ») contenant, en plus des DADS stricto sensu, les données du fichier de paye des agents de l'État et celles des particuliers employeurs). Pour les non salariés agricoles, les sources mobilisées sont les fichiers de la Mutualité Sociale Agricole (MSA) et pour les non salariés non agricoles, les fichiers de l'Agence Centrale des Organismes de Sécurité Sociale (ACOSS) qui est la Caisse Nationale des Unions de Recouvrement des Cotisations de Sécurité Sociale et d'Allocations Familiales (URSSAF).

Le passage à Estel permet d'améliorer les estimations d'emploi annuelles dans plusieurs dimensions : meilleure qualité des données (prise en compte explicite de la multiactivité, amélioration de la qualité des sources en amont, restriction du nombre de sources utilisées), double localisation au lieu de résidence et au lieu de travail, ventilation plus fine (au niveau géographique et au niveau des catégories de travailleurs), concept d'emploi « répertorié BIT » précis et stable dans le temps, homogénéisation des méthodes et traitements, délais plus courts.

Le concept central d'Estel- le nombre de personnes en emploi- est proche de celui du BIT. La mesure sera datée au 31 décembre de chaque année.

ESTEL estime un nombre de personnes en emploi. Mais à la différence du recensement, l'emploi d'Estel n'est pas déclaratif car appréhendé à partir des sources administratives afin de compter en emploi toute personne dès lors qu'elle a effectué un travail déclaré d'au moins une heure pendant la dernière semaine de l'année ou qu'elle a un lien formel avec son emploi (pour les salariés, il s'agit grosso modo de repérer les contrats de travail « actifs » fin décembre).

Sources

Enquête mensuelle de fréquentation touristique

L’enquête mensuelle de fréquentation touristique conduite par l’Insee auprès des hébergements collectifs de tourisme a été suspendue en mars 2020 compte tenu de la crise sanitaire liée à la Covid-19. Un dispositif d’enquête allégée a été mis en place d’avril à juin 2020 uniquement pour les hôtels, permettant de disposer d’un nombre restreint d’indicateurs et de connaître le type de personnes hébergées (touristes, personnels soignants, personnes confinées, personnes placées par les services sociaux du type Samu social).

Les données du premier trimestre 2020 ont été produites dans le contexte très particulier de la crise sanitaire. À partir du 18 mars, l'enquête de fréquentation touristique a été suspendue. De ce fait, seules les réponses spontanées des hébergements ont été prises en compte, les services d'enquêtes n'étant plus en capacité de relancer les hébergements.

L’enquête mensuelle de fréquentation touristique a été remise en œuvre en juillet 2020.

 

Chiffre d'affaires

Les résultats sont construits à partir d’une source fiscale, le formulaire « CA3 », que les entreprises remplissent pour le paiement de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Ce formulaire comprend le chiffre d’affaires hors TVA, toutes activités confondues, de l’entreprise déclarante, classée selon son activité principale.

Au niveau national l'Insee diffuse mensuellement des indices de chiffres, pour plus d'information consulter : https://www.insee.fr/fr/metadonnees/source/indicateur/p1669/description et https://www.insee.fr/fr/statistiques/4772485

Pour les niveaux régionaux et départementaux, les résultats sont construits à partir des unités légales dites mono-régionales (resp. monodépartementales), c'est-à-dire dont tous les établissements constituant cette unité sont situés dans la même région (resp. dans le même département). Ils sont ventilés selon les activités : 100 % touristiques, autres activités touristiques et non touristiques.

Les séries régionales et départementales concernent les unités légales monorégionales et monodépartementales pérennes de 2017 à 2021, les secteurs d'étude sont :

  • L'hôtellerie, comprenant les unités relevant des codes NAF "5510Z - Hôtels et hébergement similaire" et "5520Z - Hébergement touristique et autres services d'hébergement de courte durée" ;
  • L’hôtellerie de plein air, comprenant les unités relevant du code NAF "5530Z - Terrains de campings et parcs pour caravances ou véhicules de loisirs" ;
  • La restauration, comprenant les unités relevant du code NAF "5610A - Restauration traditionnelle", 5610B - Cafétérias et autres libres-services" et "5610C - restauration de type rapide".

On élimine les unités qui ont changé de secteur sur la période.

Les séries nationales portent également sur ces 3 secteurs d'étude mais sans condition sur la pérennité, la régionalité et le changement de secteur d'activité.

 

Cartes bancaires

L’évolution des achats opérés peut être appréciée par les données de transactions par carte bancaire. Les données utilisées concernent tout détenteur de Carte Bancaire CB sur le territoire français, ce qui, outre les ménages, peut recouvrir aussi des entreprises. Ces données ne recouvrent pas les transactions réalisées par d’autres moyens de paiement (espèces, chèque, ticket restaurant, etc.). De plus, à l’inverse des données utilisées à l’échelle nationale, notamment dans l’estimation de la perte de consommation des ménages, les données départementales intègrent certaines transactions non assimilables à de la consommation (dons à des associations, achat de timbres fiscaux, etc.). Enfin, les transactions à distance (notamment celles sur internet) ne sont pas prises en compte dans les données départementales (données régionales pour la Corse).

La nomenclature d’activités utilisée sur les données de carte bancaire CB (nomenclature MCC, Merchant Category Code) ne coïncide pas avec la NAF. En outre, il n’existe pas de définition précise de ce que serait un « secteur tourisme », les activités touristiques étant transverses, ce qui complique leur mesure. Pour les données de transactions bancaires, ce seront vingt-cinq items de la nomenclature MCC qui seront agrégés pour approcher les activités touristiques, recouvrant des activités parfois purement touristiques (échoppes de souvenirs et cartes postales, expositions touristiques, parcs d’attractions…), et des activités qui en dépendent partiellement (restauration et bars notamment).

 

Emploi

Le fichier source utilisé est issu des Fichiers « Tous Salariés » 2017 (anciennement appelés DADS-Grand format).

Ces fichiers couvrent l’ensemble des employeurs et des salariés. Ils sont constitués à partir des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS), des Déclarations Sociales Nominatives (DSN), de données provenant du Système d’Information sur les Agents des Services Publics (SIASP) et des déclarations des particuliers employeurs.

La déclaration sociale nominative (DSN) est un fichier mensuel produit à partir des données de paie des salariés. Elle a notamment pour but de remplacer un grand nombre de déclarations administratives qui étaient adressées jusqu’alors à des acteurs différents (CPAM, Urssaf, AGIRC ARRCO, Organismes complémentaires, Pôle emploi, Centre des impôts, Caisses régimes spéciaux, etc.). La DSN regroupe des informations sur le salarié dans une déclaration unique pour communiquer ensuite les informations nécessaires à la gestion de la protection sociale des salariés aux organismes concernés.

Le millésime 2017 est un millésime mixte, dont les données sur le champ privé proviennent de deux sources distinctes : Déclarations sociales Nominatives (DSN) et Déclarations annuelles de données sociales (DADS), les premières se substituant progressivement aux secondes. Il s’agit du deuxième millésime de transition. Cette transition peut entraîner des différences de niveau par rapport aux millésimes antérieurs. Le passage à la DSN permet notamment de mieux capter les courtes périodes d’emploi.

 

Activité partielle

Le dispositif de l’activité partielle (dénomination légale du chômage partiel) permet aux établissements confrontés à des difficultés temporaires de diminuer ou de suspendre leur activité tout en assurant aux salariés une indemnisation égale à 70 % du salaire brut (environ 84 % du net) pour compenser leur perte de salaire. Tous les salariés de droit privé sont concernés, y compris dans les entreprises publiques. Les indemnités d’activité partielle sont remboursées intégralement par l'État et l'Unédic, jusqu’à un plafond de 70 % de 4,5 Smic. Les demandes d’indemnisation sont déposées par les entreprises auprès de la Direccte.

Les arrêts de travail pour maladie sont pris en charge par l’Assurance maladie. Au début du confinement, l’Assurance maladie finance également le dispositif exceptionnel des arrêts de travail dérogatoires pour garde d’enfant (ou pour les personnes vulnérables), lorsque le télétravail est impossible. À partir du 1er mai, les salariés en situation de garde d’enfant ou les personnes vulnérables basculent vers le dispositif d’activité partielle, dans la mesure où ils sont toujours dans l’impossibilité d’exercer leur activité professionnelle.

Ces indicateurs sont calculés à partir de la Déclaration Sociale Nominative (DSN). La DSN remplace la majorité des déclarations sociales imposées aux entreprises en automatisant leur transmission à partir des données de paie. La DSN regroupe des informations sur les établissements et les salariés. Elle est renseignée chaque mois par les entreprises et contient des informations relatives aux salariés de droit privé, notamment sur l’activité partielle et les arrêts de travail.

 

Estimations trimestrielles d’emploi

Les estimations trimestrielles d’emploi sont obtenues par application d’évolutions trimestrielles aux niveaux annuels. Ces évolutions trimestrielles sont calculées à partir de sources administratives. Depuis le premier trimestre 2017, les données sont établies en coproduction avec l'Acoss (champ privé hors intérim) et la Dares (sur l'intérim). L’introduction de la Déclaration sociale nominative (DSN) en remplacement du bordereau récapitulatif de cotisations (BRC) peut transitoirement affecter les comportements déclaratifs des entreprises et générer des révisions accrues sur les données. À partir de la validité du premier trimestre 2018, le champ des estimations trimestrielles d’emploi localisé (ETE) est étendu à l’ensemble de l’emploi salarié et aux départements d’outre-mer (hors Mayotte). Sont ainsi ajoutés les salariés de la fonction publique, de l’agriculture et de l’ensemble des particuliers employeurs.

Définitions

Le taux d’occupation est le rapport du nombre de chambres occupées au nombre de chambres effectivement offertes sur une période donnée (c’est-à-dire en excluant les fermetures saisonnières).

La fréquentation en nuitées correspond au nombre total de nuits passées par les clients dans un établissement touristique. Un couple séjournant trois nuits dans un établissement compte pour six nuitées, de même que six personnes ne séjournant qu’une nuit.

Le taux d’ouverture des hôtels est le nombre d’hôtels déclarés ouverts, rapporté au nombre total d’hôtels sur une période donnée.

Les résidents sont les personnes, quelle que soit leur nationalité, qui ont leur domicile principal en France.

Les activités touristiques : les activités sont classées selon leur degré de « touristicité » tel que défini ci-après :

  • Les activités 100 % touristiques telles que l’hôtellerie, l’hébergement, la gestion des musées, des parcs d’attractions...
  • Les autres activités touristiques telles que la restauration, le transport, le commerce, la gestion des salles de spectacles...
  • Les activités non touristiques (par exemple, la construction, l’industrie, les services administratifs…)

Le secteur « hébergement et restauration » : un secteur regroupe des entreprises de fabrication, de commerce ou de service qui ont la même activité principale (au regard de la nomenclature d'activité économique considérée). L'activité d'un secteur n'est donc pas tout à fait homogène et comprend des productions ou services secondaires qui relèveraient d'autres items de la nomenclature que celui du secteur considéré.

Le secteur « hébergement et restauration » appartient au secteur tertiaire principalement marchand.

Les estimations d'emploi désignent une synthèse de sources permettant une couverture exhaustive de l'emploi total (salarié et non salarié), exprimé en nombre de personnes physiques (et non en nombre de postes de travail), et une ventilation à un niveau sectoriel et géographique assez fin. Elles ont pour objectif la couverture de l'emploi total et la cohérence entre les différents niveaux d'agrégation.

Les estimations d'emploi comportent des estimations annuelles, portant sur l'emploi total au 31 décembre, et des estimations infra-annuelles (trimestrielles), portant sur un champ plus restreint (emploi salarié des secteurs marchands et emploi salarié privé des secteurs non-marchands en France métropolitaine). Les estimations produites avant septembre 2009 se fondaient sur les niveaux d'emploi dans le recensement général de la population de 1999, auxquels sont appliqués des indices d'évolution de l'emploi issus de sources variées, notamment l'enquête Acemo de la Dares et les données des Urssaf (exploitées via les fichiers Epure) et de l'Unédic.

A partir de 2009, les estimations d'emploi annuelles sont calculées à partir du dispositif Estel (Estimations d'emploi localisées), qui se fondent sur l'utilisation des sources administratives en niveau. Pour les salariés, il s'agit des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS « grand format ») contenant, en plus des DADS stricto sensu, les données du fichier de paye des agents de l'État et celles des particuliers employeurs). Pour les non salariés agricoles, les sources mobilisées sont les fichiers de la Mutualité Sociale Agricole (MSA) et pour les non salariés non agricoles, les fichiers de l'Agence Centrale des Organismes de Sécurité Sociale (ACOSS) qui est la Caisse Nationale des Unions de Recouvrement des Cotisations de Sécurité Sociale et d'Allocations Familiales (URSSAF).

Le passage à Estel permet d'améliorer les estimations d'emploi annuelles dans plusieurs dimensions : meilleure qualité des données (prise en compte explicite de la multiactivité, amélioration de la qualité des sources en amont, restriction du nombre de sources utilisées), double localisation au lieu de résidence et au lieu de travail, ventilation plus fine (au niveau géographique et au niveau des catégories de travailleurs), concept d'emploi « répertorié BIT » précis et stable dans le temps, homogénéisation des méthodes et traitements, délais plus courts.

Le concept central d'Estel- le nombre de personnes en emploi- est proche de celui du BIT. La mesure sera datée au 31 décembre de chaque année.

ESTEL estime un nombre de personnes en emploi. Mais à la différence du recensement, l'emploi d'Estel n'est pas déclaratif car appréhendé à partir des sources administratives afin de compter en emploi toute personne dès lors qu'elle a effectué un travail déclaré d'au moins une heure pendant la dernière semaine de l'année ou qu'elle a un lien formel avec son emploi (pour les salariés, il s'agit grosso modo de repérer les contrats de travail « actifs » fin décembre).