Activité touristique : impact de la crise sanitaire Covid19

Chiffres détaillés
Paru le : Paru le 17/03/2022
Bernard Canonéro, Jean-Claude Gidrol (Insee)
- Mars 2022
Sommaire

Au quatrième trimestre 2020, la fréquentation hôtelière baisse de 64 % par rapport au même trimestre 2019

Bernard Canonéro, Jean-Claude Gidrol (Insee)

Dans les hôtels de France métropolitaine, au quatrième trimestre 2020, les nuitées baissent de 64 % par rapport au même trimestre en 2019.

Après une relative reprise cet été, les hôtels pâtissent des limitations de déplacement des non-résidents et surtout du second confinement. La fréquentation chute particulièrement dans les hôtels haut de gamme.

L’Île-de-France est à nouveau davantage touchée que le reste du territoire métropolitain, le tourisme non résident et le tourisme professionnel y étant particulièrement importants. En décembre, la fréquentation diminue également fortement dans les hôtels des massifs de montagne.

Insee Focus

No 227

Paru le : 04/03/2021

La fréquentation hôtelière très affectée par le second confinement

La fréquentation des hôtels atteint 16,9 millions de nuitées au quatrième trimestre 2020. Elle baisse de 64 % par rapport à la même période en 2019 (figure 1).

Figure 1 - Nuitées dans les hôtels au 4ᵉ trimestre 2020

Figure 1 - Nuitées dans les hôtels au 4ᵉ trimestre 2020 - Lecture : le nombre de nuitées passées dans les hôtels de 4 et 5 étoiles en France métropolitaine est de 3 296 milliers au quatrième trimestre 2020, soit une baisse de 75 % par rapport au quatrième trimestre 2019.
Nombre de nuitées au 4ᵉ trimestre (en milliers) Évolution entre 2019 et 2020 (en %)
2019 2020
1 et 2 étoiles 10 034 4 481 – 55
3 étoiles 17 200 6 388 – 63
4 et 5 étoiles 13 247 3 296 – 75
Non classés 5 877 2 716 – 54
Chaîne 25 147 9 240 – 63
Indépendant 21 211 7 640 – 64
Île-de-France 17 412 3 510 – 80
Littoral 6 417 3 095 – 52
Massifs de montagne 1 274 474 – 63
Urbain de province* 17 671 7 793 – 56
Autres espaces* 3 584 2 009 – 44
Ensemble 46 358 16 881 – 64
  • *Hors zones situées sur le littoral ou dans les massifs de montagne (une zone urbaine sur le littoral est classée en littoral).
  • Note : les données du quatrième trimestre 2020 sont provisoires.
  • Lecture : le nombre de nuitées passées dans les hôtels de 4 et 5 étoiles en France métropolitaine est de 3 296 milliers au quatrième trimestre 2020, soit une baisse de 75 % par rapport au quatrième trimestre 2019.
  • Champ : hôtels en France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme, enquête sur la fréquentation des hébergements collectifs touristiques.

Le tourisme avait repris des couleurs lors des mois de juillet et d’août 2020 : le nombre de nuitées passées par les touristes résidents était presque revenu à son niveau de juillet et août 2019, sans toutefois compenser la baisse des nuitées des touristes non résidents (figure 2). En septembre 2020, la fréquentation a baissé pour les résidents et s’est effondrée pour les non-résidents. Au total, le nombre de nuitées a diminué de 34 % sur l’ensemble du troisième trimestre 2020 par rapport au troisième trimestre 2019, presque uniquement du fait de la désaffection de la clientèle non résidente.

Figure 2 - Nuitées mensuelles dans les hôtels en 2019 et 2020

en milliers
Figure 2 - Nuitées mensuelles dans les hôtels en 2019 et 2020 (en milliers) - Lecture : en janvier 2020, il y a eu 13 092 milliers de nuitées dans les hôtels, dont 8 950 milliers du fait de touristes résidents.
Résidents Non-résidents Ensemble
2019 2020 2019 2020 2019 2020
Janvier 8 443 8 950 4 023 4 141 12 466 13 092
Février 9 183 9 995 4 031 4 041 13 214 14 036
Mars 10 469 5 206 5 216 1 794 15 685 7 000
Avril 11 381 nd 6 779 nd 18 160 692
Mai 11 381 nd 6 977 nd 18 358 1 464
Juin 13 665 nd 8 027 nd 21 692 5 862
Juillet 13 837 11 924 9 528 3 004 23 366 14 928
Août 15 423 15 696 9 412 3 150 24 835 18 846
Septembre 12 937 10 436 7 566 1 400 20 504 11 836
Octobre 11 877 8 401 6 084 778 17 962 9 180
Novembre 10 053 nd 4 175 nd 14 229 3 377
Décembre 9 563 nd 4 604 nd 14 167 4 324
  • Note : les données du quatrième trimestre 2020 sont provisoires ; nd : non disponible.
  • Lecture : en janvier 2020, il y a eu 13 092 milliers de nuitées dans les hôtels, dont 8 950 milliers du fait de touristes résidents.
  • Champ : hôtels en France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme, enquête sur la fréquentation des hébergements collectifs touristiques.

Figure 2 - Nuitées mensuelles dans les hôtels en 2019 et 2020

  • Note : les données du quatrième trimestre 2020 sont provisoires. La distinction entre résidents et non-résidents n'est pas disponible en avril, mai, juin, novembre et décembre 2020.
  • Lecture : en janvier 2020, il y a eu 13 092 milliers de nuitées dans les hôtels, dont 8 950 milliers du fait de touristes résidents.
  • Champ : hôtels en France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme, enquête sur la fréquentation des hébergements collectifs touristiques.

La baisse est plus marquée au quatrième trimestre. Les nuitées chutent de 49 % en octobre par rapport à l’année précédente (figure 3). La fréquentation des non-résidents est très faible alors qu’elle représentait un tiers des nuitées en octobre 2019. La fréquentation des résidents est inférieure de 29 % à son niveau d’octobre 2019. Après ce mois d’octobre en demi-teinte, le mois de novembre subit de plein fouet les effets du second confinement. La fréquentation des hôtels diminue de 76 % par rapport à novembre 2019. La baisse est également marquée en décembre (− 69 %), sous l’effet du confinement puis du couvre-feu et des consignes de limitation des événements liés aux fêtes de fin d’année.

La baisse de fréquentation des hôtels haut de gamme (classés 4 et 5 étoiles) est nettement supérieure (− 75 %) à celle des hôtels non classés (− 54 %).

Figure 3 - Nuitées dans les hôtels au 4ᵉ trimestre 2020

Figure 3 - Nuitées dans les hôtels au 4ᵉ trimestre 2020 - Lecture : le nombre de nuitées dans les hôtels au quatrième trimestre 2020 est de 16 881 milliers, soit une baisse de 64 % par rapport au quatrième trimestre 2019.
Nuitées mensuelles (en milliers) Évolution entre
2019 et 2020
(en %)
2019 2020
Octobre 17 962 9 180 – 49
Novembre 14 229 3 377 – 76
Décembre 14 167 4 324 – 69
Ensemble 46 358 16 881 – 64
  • Note : les données du quatrième trimestre 2020 sont provisoires.
  • Lecture : le nombre de nuitées dans les hôtels au quatrième trimestre 2020 est de 16 881 milliers, soit une baisse de 64 % par rapport au quatrième trimestre 2019.
  • Champ : hôtels en France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme, enquête sur la fréquentation des hébergements collectifs touristiques.

L’Île-de-France davantage touchée

Comme lors du premier confinement, la baisse de fréquentation est la plus forte en Île-de-France : la région perd 80 % de nuitées hôtelières au quatrième trimestre par rapport au même trimestre 2019. L’Île-de-France concentre la moitié de la baisse nationale de fréquentation. La région subit le net recul des séjours des touristes non résidents mais aussi l’annulation d’un grand nombre de salons et autres manifestations commerciales. Le développement du télétravail contribue à la réduction du tourisme d’affaires dans la capitale. Dans l’espace urbain de province, la chute est de 56 %.

La fréquentation dans les massifs de montagne en fort recul en décembre

Au quatrième trimestre 2020, les remontées mécaniques des stations de sports d’hiver sont restées fermées. La baisse des nuitées dans les massifs de montagne est comparable à celle observée sur l’ensemble du territoire (− 63 %). En décembre, la fréquentation chute plus fortement (− 83 % par rapport à décembre 2019).

Dans les massifs de montagne, comme dans tous les autres espaces à l’exception des zones urbaines de province, un hôtel sur deux a anticipé l’absence de touristes en restant fermé en décembre (figure 4). Pour ceux restés ouverts, le taux d’occupation est de 28 % dans les massifs de montagne. En Île-de-France, le taux d’occupation est encore plus faible dans les hôtels restés ouverts (26 %).

Figure 4 - Taux d’ouverture et taux d’occupation des hôtels par grands espaces touristiques en décembre 2020

en %
Figure 4 - Taux d’ouverture et taux d’occupation des hôtels par grands espaces touristiques en décembre 2020 (en %) - Lecture : en Île-de-France, 52 % des hôtels sont ouverts en décembre 2020 ; dans ces derniers, 26 % des chambres offertes sont occupées.
Taux d’ouverture Taux d’occupation
Île-de-France 52 26
Littoral 54 29
Massifs de montagne 47 28
Urbain de province* 74 31
Autres espaces* 54 31
Ensemble 60 29
  • * Hors zones situées sur le littoral ou dans les massifs de montagne (une zone urbaine sur le littoral est classée en littoral).
  • Note : les données du quatrième trimestre 2020 sont provisoires.
  • Lecture : en Île-de-France, 52 % des hôtels sont ouverts en décembre 2020 ; dans ces derniers, 26 % des chambres offertes sont occupées.
  • Champ : hôtels en France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme, enquête sur la fréquentation des hébergements collectifs touristiques.

Figure 4 - Taux d’ouverture et taux d’occupation des hôtels par grands espaces touristiques en décembre 2020

  • * Hors zones situées sur le littoral ou dans les massifs de montagne (une zone urbaine sur le littoral est classée en littoral).
  • Note : les données du quatrième trimestre 2020 sont provisoires.
  • Lecture : en Île-de-France, 52 % des hôtels sont ouverts en décembre 2020 ; dans ces derniers, 26 % des chambres offertes sont occupées.
  • Champ : hôtels en France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme, enquête sur la fréquentation des hébergements collectifs touristiques.

Sources

L’enquête de fréquentation touristique est réalisée mensuellement par l’Insee en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme. Habituellement, cette enquête porte sur la fréquentation des hébergements collectifs touristiques : hôtels, campings et autres hébergements collectifs touristiques (AHCT).

Compte tenu de la crise sanitaire liée à la Covid-19, cette enquête a été remplacée d’avril à juin, puis en novembre et en décembre 2020, par un dispositif d’enquête allégée portant uniquement sur les hôtels.

Les chiffres sont provisoires et amenés à être révisés.

Définitions

Le taux d’occupation est le rapport du nombre de chambres occupées au nombre de chambres effectivement offertes sur une période donnée (c’est-à-dire en excluant les fermetures saisonnières).

La fréquentation en nuitées correspond au nombre total de nuits passées par les clients dans un établissement touristique. Un couple séjournant trois nuits dans un établissement compte pour six nuitées, de même que six personnes ne séjournant qu’une nuit.

Le taux d’ouverture des hôtels est le nombre d’hôtels déclarés ouverts, rapporté au nombre total d’hôtels sur une période donnée.

Les résidents sont les personnes, quelle que soit leur nationalité, qui ont leur domicile principal en France.

Les activités touristiques : les activités sont classées selon leur degré de « touristicité » tel que défini ci-après :

  • Les activités 100 % touristiques telles que l’hôtellerie, l’hébergement, la gestion des musées, des parcs d’attractions...
  • Les autres activités touristiques telles que la restauration, le transport, le commerce, la gestion des salles de spectacles...
  • Les activités non touristiques (par exemple, la construction, l’industrie, les services administratifs…)

Le secteur « hébergement et restauration » : un secteur regroupe des entreprises de fabrication, de commerce ou de service qui ont la même activité principale (au regard de la nomenclature d'activité économique considérée). L'activité d'un secteur n'est donc pas tout à fait homogène et comprend des productions ou services secondaires qui relèveraient d'autres items de la nomenclature que celui du secteur considéré.

Le secteur « hébergement et restauration » appartient au secteur tertiaire principalement marchand.

Les estimations d'emploi désignent une synthèse de sources permettant une couverture exhaustive de l'emploi total (salarié et non salarié), exprimé en nombre de personnes physiques (et non en nombre de postes de travail), et une ventilation à un niveau sectoriel et géographique assez fin. Elles ont pour objectif la couverture de l'emploi total et la cohérence entre les différents niveaux d'agrégation.

Les estimations d'emploi comportent des estimations annuelles, portant sur l'emploi total au 31 décembre, et des estimations infra-annuelles (trimestrielles), portant sur un champ plus restreint (emploi salarié des secteurs marchands et emploi salarié privé des secteurs non-marchands en France métropolitaine). Les estimations produites avant septembre 2009 se fondaient sur les niveaux d'emploi dans le recensement général de la population de 1999, auxquels sont appliqués des indices d'évolution de l'emploi issus de sources variées, notamment l'enquête Acemo de la Dares et les données des Urssaf (exploitées via les fichiers Epure) et de l'Unédic.

A partir de 2009, les estimations d'emploi annuelles sont calculées à partir du dispositif Estel (Estimations d'emploi localisées), qui se fondent sur l'utilisation des sources administratives en niveau. Pour les salariés, il s'agit des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS « grand format ») contenant, en plus des DADS stricto sensu, les données du fichier de paye des agents de l'État et celles des particuliers employeurs). Pour les non salariés agricoles, les sources mobilisées sont les fichiers de la Mutualité Sociale Agricole (MSA) et pour les non salariés non agricoles, les fichiers de l'Agence Centrale des Organismes de Sécurité Sociale (ACOSS) qui est la Caisse Nationale des Unions de Recouvrement des Cotisations de Sécurité Sociale et d'Allocations Familiales (URSSAF).

Le passage à Estel permet d'améliorer les estimations d'emploi annuelles dans plusieurs dimensions : meilleure qualité des données (prise en compte explicite de la multiactivité, amélioration de la qualité des sources en amont, restriction du nombre de sources utilisées), double localisation au lieu de résidence et au lieu de travail, ventilation plus fine (au niveau géographique et au niveau des catégories de travailleurs), concept d'emploi « répertorié BIT » précis et stable dans le temps, homogénéisation des méthodes et traitements, délais plus courts.

Le concept central d'Estel- le nombre de personnes en emploi- est proche de celui du BIT. La mesure sera datée au 31 décembre de chaque année.

ESTEL estime un nombre de personnes en emploi. Mais à la différence du recensement, l'emploi d'Estel n'est pas déclaratif car appréhendé à partir des sources administratives afin de compter en emploi toute personne dès lors qu'elle a effectué un travail déclaré d'au moins une heure pendant la dernière semaine de l'année ou qu'elle a un lien formel avec son emploi (pour les salariés, il s'agit grosso modo de repérer les contrats de travail « actifs » fin décembre).

Sources

Enquête mensuelle de fréquentation touristique

L’enquête mensuelle de fréquentation touristique conduite par l’Insee auprès des hébergements collectifs de tourisme a été suspendue en mars 2020 compte tenu de la crise sanitaire liée à la Covid-19. Un dispositif d’enquête allégée a été mis en place d’avril à juin 2020 uniquement pour les hôtels, permettant de disposer d’un nombre restreint d’indicateurs et de connaître le type de personnes hébergées (touristes, personnels soignants, personnes confinées, personnes placées par les services sociaux du type Samu social).

Les données du premier trimestre 2020 ont été produites dans le contexte très particulier de la crise sanitaire. À partir du 18 mars, l'enquête de fréquentation touristique a été suspendue. De ce fait, seules les réponses spontanées des hébergements ont été prises en compte, les services d'enquêtes n'étant plus en capacité de relancer les hébergements.

L’enquête mensuelle de fréquentation touristique a été remise en œuvre en juillet 2020.

 

Chiffre d'affaires

Les résultats sont construits à partir d’une source fiscale, le formulaire « CA3 », que les entreprises remplissent pour le paiement de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Ce formulaire comprend le chiffre d’affaires hors TVA, toutes activités confondues, de l’entreprise déclarante, classée selon son activité principale.

Au niveau national l'Insee diffuse mensuellement des indices de chiffres, pour plus d'information consulter : https://www.insee.fr/fr/metadonnees/source/indicateur/p1669/description et https://www.insee.fr/fr/statistiques/4772485

Pour les niveaux régionaux et départementaux, les résultats sont construits à partir des unités légales dites mono-régionales (resp. monodépartementales), c'est-à-dire dont tous les établissements constituant cette unité sont situés dans la même région (resp. dans le même département). Ils sont ventilés selon les activités : 100 % touristiques, autres activités touristiques et non touristiques.

Les séries régionales et départementales concernent les unités légales monorégionales et monodépartementales pérennes de 2017 à 2021, les secteurs d'étude sont :

  • L'hôtellerie, comprenant les unités relevant des codes NAF "5510Z - Hôtels et hébergement similaire" et "5520Z - Hébergement touristique et autres services d'hébergement de courte durée" ;
  • L’hôtellerie de plein air, comprenant les unités relevant du code NAF "5530Z - Terrains de campings et parcs pour caravances ou véhicules de loisirs" ;
  • La restauration, comprenant les unités relevant du code NAF "5610A - Restauration traditionnelle", 5610B - Cafétérias et autres libres-services" et "5610C - restauration de type rapide".

On élimine les unités qui ont changé de secteur sur la période.

Les séries nationales portent également sur ces 3 secteurs d'étude mais sans condition sur la pérennité, la régionalité et le changement de secteur d'activité.

 

Cartes bancaires

L’évolution des achats opérés peut être appréciée par les données de transactions par carte bancaire. Les données utilisées concernent tout détenteur de Carte Bancaire CB sur le territoire français, ce qui, outre les ménages, peut recouvrir aussi des entreprises. Ces données ne recouvrent pas les transactions réalisées par d’autres moyens de paiement (espèces, chèque, ticket restaurant, etc.). De plus, à l’inverse des données utilisées à l’échelle nationale, notamment dans l’estimation de la perte de consommation des ménages, les données départementales intègrent certaines transactions non assimilables à de la consommation (dons à des associations, achat de timbres fiscaux, etc.). Enfin, les transactions à distance (notamment celles sur internet) ne sont pas prises en compte dans les données départementales (données régionales pour la Corse).

La nomenclature d’activités utilisée sur les données de carte bancaire CB (nomenclature MCC, Merchant Category Code) ne coïncide pas avec la NAF. En outre, il n’existe pas de définition précise de ce que serait un « secteur tourisme », les activités touristiques étant transverses, ce qui complique leur mesure. Pour les données de transactions bancaires, ce seront vingt-cinq items de la nomenclature MCC qui seront agrégés pour approcher les activités touristiques, recouvrant des activités parfois purement touristiques (échoppes de souvenirs et cartes postales, expositions touristiques, parcs d’attractions…), et des activités qui en dépendent partiellement (restauration et bars notamment).

 

Emploi

Le fichier source utilisé est issu des Fichiers « Tous Salariés » 2017 (anciennement appelés DADS-Grand format).

Ces fichiers couvrent l’ensemble des employeurs et des salariés. Ils sont constitués à partir des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS), des Déclarations Sociales Nominatives (DSN), de données provenant du Système d’Information sur les Agents des Services Publics (SIASP) et des déclarations des particuliers employeurs.

La déclaration sociale nominative (DSN) est un fichier mensuel produit à partir des données de paie des salariés. Elle a notamment pour but de remplacer un grand nombre de déclarations administratives qui étaient adressées jusqu’alors à des acteurs différents (CPAM, Urssaf, AGIRC ARRCO, Organismes complémentaires, Pôle emploi, Centre des impôts, Caisses régimes spéciaux, etc.). La DSN regroupe des informations sur le salarié dans une déclaration unique pour communiquer ensuite les informations nécessaires à la gestion de la protection sociale des salariés aux organismes concernés.

Le millésime 2017 est un millésime mixte, dont les données sur le champ privé proviennent de deux sources distinctes : Déclarations sociales Nominatives (DSN) et Déclarations annuelles de données sociales (DADS), les premières se substituant progressivement aux secondes. Il s’agit du deuxième millésime de transition. Cette transition peut entraîner des différences de niveau par rapport aux millésimes antérieurs. Le passage à la DSN permet notamment de mieux capter les courtes périodes d’emploi.

 

Activité partielle

Le dispositif de l’activité partielle (dénomination légale du chômage partiel) permet aux établissements confrontés à des difficultés temporaires de diminuer ou de suspendre leur activité tout en assurant aux salariés une indemnisation égale à 70 % du salaire brut (environ 84 % du net) pour compenser leur perte de salaire. Tous les salariés de droit privé sont concernés, y compris dans les entreprises publiques. Les indemnités d’activité partielle sont remboursées intégralement par l'État et l'Unédic, jusqu’à un plafond de 70 % de 4,5 Smic. Les demandes d’indemnisation sont déposées par les entreprises auprès de la Direccte.

Les arrêts de travail pour maladie sont pris en charge par l’Assurance maladie. Au début du confinement, l’Assurance maladie finance également le dispositif exceptionnel des arrêts de travail dérogatoires pour garde d’enfant (ou pour les personnes vulnérables), lorsque le télétravail est impossible. À partir du 1er mai, les salariés en situation de garde d’enfant ou les personnes vulnérables basculent vers le dispositif d’activité partielle, dans la mesure où ils sont toujours dans l’impossibilité d’exercer leur activité professionnelle.

Ces indicateurs sont calculés à partir de la Déclaration Sociale Nominative (DSN). La DSN remplace la majorité des déclarations sociales imposées aux entreprises en automatisant leur transmission à partir des données de paie. La DSN regroupe des informations sur les établissements et les salariés. Elle est renseignée chaque mois par les entreprises et contient des informations relatives aux salariés de droit privé, notamment sur l’activité partielle et les arrêts de travail.

 

Estimations trimestrielles d’emploi

Les estimations trimestrielles d’emploi sont obtenues par application d’évolutions trimestrielles aux niveaux annuels. Ces évolutions trimestrielles sont calculées à partir de sources administratives. Depuis le premier trimestre 2017, les données sont établies en coproduction avec l'Acoss (champ privé hors intérim) et la Dares (sur l'intérim). L’introduction de la Déclaration sociale nominative (DSN) en remplacement du bordereau récapitulatif de cotisations (BRC) peut transitoirement affecter les comportements déclaratifs des entreprises et générer des révisions accrues sur les données. À partir de la validité du premier trimestre 2018, le champ des estimations trimestrielles d’emploi localisé (ETE) est étendu à l’ensemble de l’emploi salarié et aux départements d’outre-mer (hors Mayotte). Sont ainsi ajoutés les salariés de la fonction publique, de l’agriculture et de l’ensemble des particuliers employeurs.

Définitions

Le taux d’occupation est le rapport du nombre de chambres occupées au nombre de chambres effectivement offertes sur une période donnée (c’est-à-dire en excluant les fermetures saisonnières).

La fréquentation en nuitées correspond au nombre total de nuits passées par les clients dans un établissement touristique. Un couple séjournant trois nuits dans un établissement compte pour six nuitées, de même que six personnes ne séjournant qu’une nuit.

Le taux d’ouverture des hôtels est le nombre d’hôtels déclarés ouverts, rapporté au nombre total d’hôtels sur une période donnée.

Les résidents sont les personnes, quelle que soit leur nationalité, qui ont leur domicile principal en France.

Les activités touristiques : les activités sont classées selon leur degré de « touristicité » tel que défini ci-après :

  • Les activités 100 % touristiques telles que l’hôtellerie, l’hébergement, la gestion des musées, des parcs d’attractions...
  • Les autres activités touristiques telles que la restauration, le transport, le commerce, la gestion des salles de spectacles...
  • Les activités non touristiques (par exemple, la construction, l’industrie, les services administratifs…)

Le secteur « hébergement et restauration » : un secteur regroupe des entreprises de fabrication, de commerce ou de service qui ont la même activité principale (au regard de la nomenclature d'activité économique considérée). L'activité d'un secteur n'est donc pas tout à fait homogène et comprend des productions ou services secondaires qui relèveraient d'autres items de la nomenclature que celui du secteur considéré.

Le secteur « hébergement et restauration » appartient au secteur tertiaire principalement marchand.

Les estimations d'emploi désignent une synthèse de sources permettant une couverture exhaustive de l'emploi total (salarié et non salarié), exprimé en nombre de personnes physiques (et non en nombre de postes de travail), et une ventilation à un niveau sectoriel et géographique assez fin. Elles ont pour objectif la couverture de l'emploi total et la cohérence entre les différents niveaux d'agrégation.

Les estimations d'emploi comportent des estimations annuelles, portant sur l'emploi total au 31 décembre, et des estimations infra-annuelles (trimestrielles), portant sur un champ plus restreint (emploi salarié des secteurs marchands et emploi salarié privé des secteurs non-marchands en France métropolitaine). Les estimations produites avant septembre 2009 se fondaient sur les niveaux d'emploi dans le recensement général de la population de 1999, auxquels sont appliqués des indices d'évolution de l'emploi issus de sources variées, notamment l'enquête Acemo de la Dares et les données des Urssaf (exploitées via les fichiers Epure) et de l'Unédic.

A partir de 2009, les estimations d'emploi annuelles sont calculées à partir du dispositif Estel (Estimations d'emploi localisées), qui se fondent sur l'utilisation des sources administratives en niveau. Pour les salariés, il s'agit des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS « grand format ») contenant, en plus des DADS stricto sensu, les données du fichier de paye des agents de l'État et celles des particuliers employeurs). Pour les non salariés agricoles, les sources mobilisées sont les fichiers de la Mutualité Sociale Agricole (MSA) et pour les non salariés non agricoles, les fichiers de l'Agence Centrale des Organismes de Sécurité Sociale (ACOSS) qui est la Caisse Nationale des Unions de Recouvrement des Cotisations de Sécurité Sociale et d'Allocations Familiales (URSSAF).

Le passage à Estel permet d'améliorer les estimations d'emploi annuelles dans plusieurs dimensions : meilleure qualité des données (prise en compte explicite de la multiactivité, amélioration de la qualité des sources en amont, restriction du nombre de sources utilisées), double localisation au lieu de résidence et au lieu de travail, ventilation plus fine (au niveau géographique et au niveau des catégories de travailleurs), concept d'emploi « répertorié BIT » précis et stable dans le temps, homogénéisation des méthodes et traitements, délais plus courts.

Le concept central d'Estel- le nombre de personnes en emploi- est proche de celui du BIT. La mesure sera datée au 31 décembre de chaque année.

ESTEL estime un nombre de personnes en emploi. Mais à la différence du recensement, l'emploi d'Estel n'est pas déclaratif car appréhendé à partir des sources administratives afin de compter en emploi toute personne dès lors qu'elle a effectué un travail déclaré d'au moins une heure pendant la dernière semaine de l'année ou qu'elle a un lien formel avec son emploi (pour les salariés, il s'agit grosso modo de repérer les contrats de travail « actifs » fin décembre).