Activité touristique : impact de la crise sanitaire Covid19

Chiffres détaillés
Paru le : Paru le 17/03/2022
Jean-Claude Gidrol, Pierre Girard (Insee)
- Mars 2022
Sommaire

En juin 2020, 73 % de nuitées en moins dans les hôtels qu’en 2019 en France métropolitaine

Jean-Claude Gidrol, Pierre Girard (Insee)

Dans les hôtels, les nuitées baissent de 73 % en juin 2020 par rapport à juin 2019. Cette baisse intervient après deux périodes très contrastées, avec un début d’année dynamique puis la fermeture d’une grande proportion d’hôtels de mi-mars à mai pendant le confinement. L’Île-de-France est plus touchée que le reste du territoire, ainsi que les hôtels de haute gamme. En juin 2020, 82 % des hôtels du littoral sont ouverts.

Insee Focus

No 201

Paru le : 31/08/2020

Faible reprise de la fréquentation hôtelière en juin 2020

Avec 5,8 millions de nuitées passées dans les hôtels en juin 2020, la fréquentation baisse de 73 % par rapport à juin 2019 (figure 1 ; sources). L’absence de touristes non-résidents n’a pas été compensée par les touristes résidents. Les nuitées passées par les résidents en juin 2020 chutent de 61 % par rapport à juin 2019.

Le taux d’ouverture des hôtels est remonté au-dessus de 70 % en juin 2020 (figure 2), sauf en Île-de-France (51 %). Sur le littoral notamment, 82 % des hôtels sont ouverts.

Les hôtels ouverts en juin ont souvent restreint leur nombre de chambres offertes à la clientèle, anticipant une baisse de la demande par rapport aux années précédentes. Malgré le nombre restreint de chambres offertes, celles-ci sont peu occupées. Pour tous les types d’espaces, les taux d’occupation sont autour de 35 % en juin 2020, inférieurs de moitié à ceux de juin 2019. Un tiers des hôtels ouverts n’a pas atteint 20 % de taux d’occupation en juin 2020.

Figure 1 – Évolution du nombre de nuitées passées par les résidents et les non-résidents dans les hôtels en France métropolitaine en 2020 par rapport à la même période de 2019

Figure 1 – Évolution du nombre de nuitées passées par les résidents et les non-résidents dans les hôtels en France métropolitaine en 2020 par rapport à la même période de 2019 - Lecture : en France métropolitaine, avec 5,81 millions de nuitées en juin 2020, le nombre de nuitées dans les hôtels a diminué de 73,2 % par rapport à juin 2019.
Évolution entre 2020 et 2019
(en %)
Nombre de nuitées en 2020 (en millions)
Résidents Non-résidents Ensemble Résidents Non-résidents Ensemble
Janvier 6,0 3,0 5,0 8,95 4,14 13,09
Février 8,9 0,2 6,2 10,00 4,04 14,04
Mars -50,2 -65,7 -55,4 5,21 1,79 7,00
Ensemble 1er trimestre -14,0 -24,9 -17,5 24,16 9,97 34,13
Avril -93,8* -100* -96,2 0,70* 0,00* 0,70
Mai -87,1* -100* -92,0 1,47* 0,00* 1,46
Juin -61,2* -93,8* -73,2 5,31* 0,50* 5,81
Ensemble 2e trimestre -79,5 -97,7 -86,3 7,48* 0,50* 7,97
  • * Estimation du nombre de nuitées des résidents et non-résidents pour les mois d’avril-mai-juin 2020, sous les hypothèses d’aucun non-résident en avril et mai et l’équivalent de 10 % des nuitées totales passées par les non-résidents en juin 2020.
  • Lecture : en France métropolitaine, avec 5,81 millions de nuitées en juin 2020, le nombre de nuitées dans les hôtels a diminué de 73,2 % par rapport à juin 2019.
  • Champ : hôtels situés en France métropolitaine.
  • Source : Insee, enquête sur la fréquentation des hébergements touristiques.

Figure 2 – Taux d’ouverture et taux d’occupation des hôtels par grands espaces touristiques en juin 2020

en %
Figure 2 – Taux d’ouverture et taux d’occupation des hôtels par grands espaces touristiques en juin 2020 (en %) - Lecture : en juin 2020, en France métropolitaine, le taux d’ouverture des hôtels du littoral s’élève à 82 % et leur taux d’occupation à 37 %.
Taux d’ouverture Taux d’occupation
Littoral 82 37
Massifs de ski 71 31
Île-de-France 51 31
Urbain de province 82 36
Autres espaces 85 37
Ensemble 78 35
  • Lecture : en juin 2020, en France métropolitaine, le taux d’ouverture des hôtels du littoral s’élève à 82 % et leur taux d’occupation à 37 %.
  • Champ : hôtels situés en France métropolitaine.
  • Source : Insee, enquête sur la fréquentation des hébergements touristiques.

Figure 2 – Taux d’ouverture et taux d’occupation des hôtels par grands espaces touristiques en juin 2020

  • Lecture : en juin 2020, en France métropolitaine, le taux d’ouverture des hôtels du littoral s’élève à 82 % et leur taux d’occupation à 37 %.
  • Champ : hôtels situés en France métropolitaine.
  • Source : Insee, enquête sur la fréquentation des hébergements touristiques.

Un premier semestre contrasté : après un début dynamique, fermeture de mi-mars à mai

L’année 2020 a bien commencé avec des hausses nettes de fréquentation hôtelière de 5 et 6 % en janvier et en février par rapport à la même période de 2019. Cette hausse est plus marquée pour la clientèle résidente que pour la non-résidente. Elle concerne tous les types d’hôtel, mais plus particulièrement les hôtels de haute gamme (4 et 5 étoiles), qui ont ensuite été les plus affectés dans les mois suivants.

Durant la période de confinement en avril et en mai, peu d’hôtels sont restés ouverts. En avril 2020, les taux d’ouverture varient de 18 % en Île-de-France à 28 % en milieu urbain en province.

Avec la fermeture des frontières et le confinement de la population, la fréquentation s’est limitée à quelques catégories de personnes : des personnes confinées, des personnes placées dans les hôtels pour des raisons sociales (Samu social et autres), mais également des personnels soignants ou d’autres professionnels ayant besoin d’être logés pour exercer leur activité (routiers, forces de l’ordre, etc).

Le nombre de nuitées passées par ces personnes est relativement stable d’avril à mai, permettant un minimum d’occupation dans les hôtels ouverts. La fréquentation des mois d’avril et de mai 2020 représente ainsi 4 et 8 % de la fréquentation d’avril et de mai 2019.

L’Île-de-France plus impactée que le reste du territoire

Le nombre de nuitées passées en Île-de-France en juin 2020 baisse de 88 % par rapport à juin 2019, contre une baisse de 67 % en province. L’absence de clientèle non-résidente au second trimestre 2020 a particulièrement pénalisé la région francilienne (figure 3). En effet, habituellement, la fréquentation en Île-de-France est majoritairement non-résidente à partir du mois d’avril et jusqu’en octobre. Chaque année, l’Île-de-France accueille la moitié de la clientèle non résidente en France, en nombre de nuitées. En outre, la clientèle professionnelle a probablement été relativement réduite en Île-de-France, habituellement rythmée par les salons, les séminaires et les congrès.

Le nombre de nuitées hôtelières en province en juin 2020 représente le tiers du niveau de juin 2019, notamment sur le littoral (31 %) mais aussi dans les espaces peu densément peuplés.

Figure 3a – Nombre mensuel de nuitées des résidents et non-résidents* en Île-de-France en 2019 et 2020

en millions
Figure 3a – Nombre mensuel de nuitées des résidents et non-résidents* en Île-de-France en 2019 et 2020 (en millions) - Lecture : en juin 2020, en Île-de-France, les hôtels enregistrent 0,6 million de nuitées de résidents et 0,2 million de nuitées de non-résidents.
Résidents Non-résidents
Janvier 2019 2,4 2,4
Février 2019 2,4 2,2
Mars 2019 2,6 2,9
Avril 2019 2,7 3,6
Mai 2019 2,5 3,6
Juin 2019 2,9 3,9
Juillet 2019 2,7 4,1
Août 2019 2,3 3,9
Septembre 2019 2,7 3,5
Octobre 2019 2,9 3,4
Novembre 2019 2,9 2,7
Décembre 2019 2,7 2,8
Janvier 2020 2,7 2,5
Février 2020 2,4 2,3
Mars 2020 1,1 0,9
Avril 2020 0,2 0,0
Mai 2020 0,4 0,0
Juin 2020 0,6 0,2
  • * Estimation du nombre de nuitées des résidents et non-résidents pour les mois d’avril-mai-juin 2020, sous les hypothèses d’aucun non-résident en avril et mai et l’équivalent de 10 % des nuitées totales passées par les non-résidents en juin 2020.
  • Lecture : en juin 2020, en Île-de-France, les hôtels enregistrent 0,6 million de nuitées de résidents et 0,2 million de nuitées de non-résidents.
  • Champ : hôtels situés en Île-de-France.
  • Source : Insee, enquête sur la fréquentation des hébergements touristiques.

Figure 3a – Nombre mensuel de nuitées des résidents et non-résidents* en Île-de-France en 2019 et 2020

  • * Estimation du nombre de nuitées des résidents et non-résidents pour les mois d’avril-mai-juin 2020, sous les hypothèses d’aucun non-résident en avril et mai et l’équivalent de 10 % des nuitées totales passées par les non-résidents en juin 2020.
  • Lecture : en juin 2020, en Île-de-France, les hôtels enregistrent 0,6 million de nuitées de résidents et 0,2 million de nuitées de non-résidents.
  • Champ : hôtels situés en Île-de-France.
  • Source : Insee, enquête sur la fréquentation des hébergements touristiques.

Les hôtels de haute gamme ont davantage perdu de clientèle

La fréquentation hôtelière a fortement diminué dans le haut de gamme (4 étoiles et 5 étoiles). En juin 2020, le nombre de nuitées chute de 83 % par rapport à son niveau de juin 2019. Les hôtels 4 étoiles et 5 étoiles représentaient 27 % de l’ensemble des nuitées hôtelières en juin 2019, contre seulement 17 % en juin 2020.

La faible reprise d’activité a d’abord profité aux hôtels d’entrée de gamme. La fréquentation des hôtels de 1 étoile ou 2 étoiles en juin 2020 est revenue au tiers de son niveau de juin 2019.

Enfin, la baisse de fréquentation des hôtels de 3 étoiles est semblable à la moyenne nationale.

Sources

L’enquête mensuelle de fréquentation touristique conduite par l’Insee auprès des hébergements collectifs de tourisme a été suspendue en mars 2020 compte tenu de la crise sanitaire liée à la Covid-19. Un dispositif d’enquête allégée a été mis en place d’avril à juin 2020 uniquement pour les hôtels, permettant de disposer d’un nombre restreint d’indicateurs et de connaître le type de personnes hébergées (personnels soignants, personnes confinées, personnes placées par les services sociaux du type Samu social, autres touristes).

Le détail résident / non-résident a été estimé pour les mois d’avril à juin 2020, car ne faisant pas partie des indicateurs du dispositif d’enquête allégée. On fait l’hypothèse qu’aucun non-résident était présent en avril et mai, puis que l’équivalent de 10 % des nuitées totales sont le fait de non-résidents en juin 2020.

L’enquête mensuelle de fréquentation touristique a été remise en œuvre en juillet 2020.

Définitions

Le taux d’occupation est le rapport du nombre de chambres occupées au nombre de chambres effectivement offertes sur une période donnée (c’est-à-dire en excluant les fermetures saisonnières).

La fréquentation en nuitées correspond au nombre total de nuits passées par les clients dans un établissement touristique. Un couple séjournant trois nuits dans un établissement compte pour six nuitées, de même que six personnes ne séjournant qu’une nuit.

Le taux d’ouverture des hôtels est le nombre d’hôtels déclarés ouverts, rapporté au nombre total d’hôtels sur une période donnée.

Les résidents sont les personnes, quelle que soit leur nationalité, qui ont leur domicile principal en France.

Les activités touristiques : les activités sont classées selon leur degré de « touristicité » tel que défini ci-après :

  • Les activités 100 % touristiques telles que l’hôtellerie, l’hébergement, la gestion des musées, des parcs d’attractions...
  • Les autres activités touristiques telles que la restauration, le transport, le commerce, la gestion des salles de spectacles...
  • Les activités non touristiques (par exemple, la construction, l’industrie, les services administratifs…)

Le secteur « hébergement et restauration » : un secteur regroupe des entreprises de fabrication, de commerce ou de service qui ont la même activité principale (au regard de la nomenclature d'activité économique considérée). L'activité d'un secteur n'est donc pas tout à fait homogène et comprend des productions ou services secondaires qui relèveraient d'autres items de la nomenclature que celui du secteur considéré.

Le secteur « hébergement et restauration » appartient au secteur tertiaire principalement marchand.

Les estimations d'emploi désignent une synthèse de sources permettant une couverture exhaustive de l'emploi total (salarié et non salarié), exprimé en nombre de personnes physiques (et non en nombre de postes de travail), et une ventilation à un niveau sectoriel et géographique assez fin. Elles ont pour objectif la couverture de l'emploi total et la cohérence entre les différents niveaux d'agrégation.

Les estimations d'emploi comportent des estimations annuelles, portant sur l'emploi total au 31 décembre, et des estimations infra-annuelles (trimestrielles), portant sur un champ plus restreint (emploi salarié des secteurs marchands et emploi salarié privé des secteurs non-marchands en France métropolitaine). Les estimations produites avant septembre 2009 se fondaient sur les niveaux d'emploi dans le recensement général de la population de 1999, auxquels sont appliqués des indices d'évolution de l'emploi issus de sources variées, notamment l'enquête Acemo de la Dares et les données des Urssaf (exploitées via les fichiers Epure) et de l'Unédic.

A partir de 2009, les estimations d'emploi annuelles sont calculées à partir du dispositif Estel (Estimations d'emploi localisées), qui se fondent sur l'utilisation des sources administratives en niveau. Pour les salariés, il s'agit des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS « grand format ») contenant, en plus des DADS stricto sensu, les données du fichier de paye des agents de l'État et celles des particuliers employeurs). Pour les non salariés agricoles, les sources mobilisées sont les fichiers de la Mutualité Sociale Agricole (MSA) et pour les non salariés non agricoles, les fichiers de l'Agence Centrale des Organismes de Sécurité Sociale (ACOSS) qui est la Caisse Nationale des Unions de Recouvrement des Cotisations de Sécurité Sociale et d'Allocations Familiales (URSSAF).

Le passage à Estel permet d'améliorer les estimations d'emploi annuelles dans plusieurs dimensions : meilleure qualité des données (prise en compte explicite de la multiactivité, amélioration de la qualité des sources en amont, restriction du nombre de sources utilisées), double localisation au lieu de résidence et au lieu de travail, ventilation plus fine (au niveau géographique et au niveau des catégories de travailleurs), concept d'emploi « répertorié BIT » précis et stable dans le temps, homogénéisation des méthodes et traitements, délais plus courts.

Le concept central d'Estel- le nombre de personnes en emploi- est proche de celui du BIT. La mesure sera datée au 31 décembre de chaque année.

ESTEL estime un nombre de personnes en emploi. Mais à la différence du recensement, l'emploi d'Estel n'est pas déclaratif car appréhendé à partir des sources administratives afin de compter en emploi toute personne dès lors qu'elle a effectué un travail déclaré d'au moins une heure pendant la dernière semaine de l'année ou qu'elle a un lien formel avec son emploi (pour les salariés, il s'agit grosso modo de repérer les contrats de travail « actifs » fin décembre).

Pour en savoir plus

Commentaire des enquêtes de conjoncture de juillet 2020, Insee.

Chapitre Activité économique, Point de conjoncture du 8 juillet 2020, Insee.

Coudin É., de Bellefon M.-P., Galiana L., Sémécurbe F., Suarez Castillo M., « Retour partiel des mouvements de population avec le déconfinement », Insee Analyses n° 54, juillet 2020.

Canonero B., Girard P., Millet N., « En avril 2020, le nombre de chambres occupées sur le champ de trois grandes enseignes hôtelières chute de 79 % », Insee Focus n° 195, juin 2020.

« Pendant le confinement, la perte d’activité économique de chaque région dépendrait fortement de sa structure sectorielle », Point de conjoncture du 7 mai 2020, Insee.

Sources

Enquête mensuelle de fréquentation touristique

L’enquête mensuelle de fréquentation touristique conduite par l’Insee auprès des hébergements collectifs de tourisme a été suspendue en mars 2020 compte tenu de la crise sanitaire liée à la Covid-19. Un dispositif d’enquête allégée a été mis en place d’avril à juin 2020 uniquement pour les hôtels, permettant de disposer d’un nombre restreint d’indicateurs et de connaître le type de personnes hébergées (touristes, personnels soignants, personnes confinées, personnes placées par les services sociaux du type Samu social).

Les données du premier trimestre 2020 ont été produites dans le contexte très particulier de la crise sanitaire. À partir du 18 mars, l'enquête de fréquentation touristique a été suspendue. De ce fait, seules les réponses spontanées des hébergements ont été prises en compte, les services d'enquêtes n'étant plus en capacité de relancer les hébergements.

L’enquête mensuelle de fréquentation touristique a été remise en œuvre en juillet 2020.

 

Chiffre d'affaires

Les résultats sont construits à partir d’une source fiscale, le formulaire « CA3 », que les entreprises remplissent pour le paiement de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Ce formulaire comprend le chiffre d’affaires hors TVA, toutes activités confondues, de l’entreprise déclarante, classée selon son activité principale.

Au niveau national l'Insee diffuse mensuellement des indices de chiffres, pour plus d'information consulter : https://www.insee.fr/fr/metadonnees/source/indicateur/p1669/description et https://www.insee.fr/fr/statistiques/4772485

Pour les niveaux régionaux et départementaux, les résultats sont construits à partir des unités légales dites mono-régionales (resp. monodépartementales), c'est-à-dire dont tous les établissements constituant cette unité sont situés dans la même région (resp. dans le même département). Ils sont ventilés selon les activités : 100 % touristiques, autres activités touristiques et non touristiques.

Les séries régionales et départementales concernent les unités légales monorégionales et monodépartementales pérennes de 2017 à 2021, les secteurs d'étude sont :

  • L'hôtellerie, comprenant les unités relevant des codes NAF "5510Z - Hôtels et hébergement similaire" et "5520Z - Hébergement touristique et autres services d'hébergement de courte durée" ;
  • L’hôtellerie de plein air, comprenant les unités relevant du code NAF "5530Z - Terrains de campings et parcs pour caravances ou véhicules de loisirs" ;
  • La restauration, comprenant les unités relevant du code NAF "5610A - Restauration traditionnelle", 5610B - Cafétérias et autres libres-services" et "5610C - restauration de type rapide".

On élimine les unités qui ont changé de secteur sur la période.

Les séries nationales portent également sur ces 3 secteurs d'étude mais sans condition sur la pérennité, la régionalité et le changement de secteur d'activité.

 

Cartes bancaires

L’évolution des achats opérés peut être appréciée par les données de transactions par carte bancaire. Les données utilisées concernent tout détenteur de Carte Bancaire CB sur le territoire français, ce qui, outre les ménages, peut recouvrir aussi des entreprises. Ces données ne recouvrent pas les transactions réalisées par d’autres moyens de paiement (espèces, chèque, ticket restaurant, etc.). De plus, à l’inverse des données utilisées à l’échelle nationale, notamment dans l’estimation de la perte de consommation des ménages, les données départementales intègrent certaines transactions non assimilables à de la consommation (dons à des associations, achat de timbres fiscaux, etc.). Enfin, les transactions à distance (notamment celles sur internet) ne sont pas prises en compte dans les données départementales (données régionales pour la Corse).

La nomenclature d’activités utilisée sur les données de carte bancaire CB (nomenclature MCC, Merchant Category Code) ne coïncide pas avec la NAF. En outre, il n’existe pas de définition précise de ce que serait un « secteur tourisme », les activités touristiques étant transverses, ce qui complique leur mesure. Pour les données de transactions bancaires, ce seront vingt-cinq items de la nomenclature MCC qui seront agrégés pour approcher les activités touristiques, recouvrant des activités parfois purement touristiques (échoppes de souvenirs et cartes postales, expositions touristiques, parcs d’attractions…), et des activités qui en dépendent partiellement (restauration et bars notamment).

 

Emploi

Le fichier source utilisé est issu des Fichiers « Tous Salariés » 2017 (anciennement appelés DADS-Grand format).

Ces fichiers couvrent l’ensemble des employeurs et des salariés. Ils sont constitués à partir des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS), des Déclarations Sociales Nominatives (DSN), de données provenant du Système d’Information sur les Agents des Services Publics (SIASP) et des déclarations des particuliers employeurs.

La déclaration sociale nominative (DSN) est un fichier mensuel produit à partir des données de paie des salariés. Elle a notamment pour but de remplacer un grand nombre de déclarations administratives qui étaient adressées jusqu’alors à des acteurs différents (CPAM, Urssaf, AGIRC ARRCO, Organismes complémentaires, Pôle emploi, Centre des impôts, Caisses régimes spéciaux, etc.). La DSN regroupe des informations sur le salarié dans une déclaration unique pour communiquer ensuite les informations nécessaires à la gestion de la protection sociale des salariés aux organismes concernés.

Le millésime 2017 est un millésime mixte, dont les données sur le champ privé proviennent de deux sources distinctes : Déclarations sociales Nominatives (DSN) et Déclarations annuelles de données sociales (DADS), les premières se substituant progressivement aux secondes. Il s’agit du deuxième millésime de transition. Cette transition peut entraîner des différences de niveau par rapport aux millésimes antérieurs. Le passage à la DSN permet notamment de mieux capter les courtes périodes d’emploi.

 

Activité partielle

Le dispositif de l’activité partielle (dénomination légale du chômage partiel) permet aux établissements confrontés à des difficultés temporaires de diminuer ou de suspendre leur activité tout en assurant aux salariés une indemnisation égale à 70 % du salaire brut (environ 84 % du net) pour compenser leur perte de salaire. Tous les salariés de droit privé sont concernés, y compris dans les entreprises publiques. Les indemnités d’activité partielle sont remboursées intégralement par l'État et l'Unédic, jusqu’à un plafond de 70 % de 4,5 Smic. Les demandes d’indemnisation sont déposées par les entreprises auprès de la Direccte.

Les arrêts de travail pour maladie sont pris en charge par l’Assurance maladie. Au début du confinement, l’Assurance maladie finance également le dispositif exceptionnel des arrêts de travail dérogatoires pour garde d’enfant (ou pour les personnes vulnérables), lorsque le télétravail est impossible. À partir du 1er mai, les salariés en situation de garde d’enfant ou les personnes vulnérables basculent vers le dispositif d’activité partielle, dans la mesure où ils sont toujours dans l’impossibilité d’exercer leur activité professionnelle.

Ces indicateurs sont calculés à partir de la Déclaration Sociale Nominative (DSN). La DSN remplace la majorité des déclarations sociales imposées aux entreprises en automatisant leur transmission à partir des données de paie. La DSN regroupe des informations sur les établissements et les salariés. Elle est renseignée chaque mois par les entreprises et contient des informations relatives aux salariés de droit privé, notamment sur l’activité partielle et les arrêts de travail.

 

Estimations trimestrielles d’emploi

Les estimations trimestrielles d’emploi sont obtenues par application d’évolutions trimestrielles aux niveaux annuels. Ces évolutions trimestrielles sont calculées à partir de sources administratives. Depuis le premier trimestre 2017, les données sont établies en coproduction avec l'Acoss (champ privé hors intérim) et la Dares (sur l'intérim). L’introduction de la Déclaration sociale nominative (DSN) en remplacement du bordereau récapitulatif de cotisations (BRC) peut transitoirement affecter les comportements déclaratifs des entreprises et générer des révisions accrues sur les données. À partir de la validité du premier trimestre 2018, le champ des estimations trimestrielles d’emploi localisé (ETE) est étendu à l’ensemble de l’emploi salarié et aux départements d’outre-mer (hors Mayotte). Sont ainsi ajoutés les salariés de la fonction publique, de l’agriculture et de l’ensemble des particuliers employeurs.

Définitions

Le taux d’occupation est le rapport du nombre de chambres occupées au nombre de chambres effectivement offertes sur une période donnée (c’est-à-dire en excluant les fermetures saisonnières).

La fréquentation en nuitées correspond au nombre total de nuits passées par les clients dans un établissement touristique. Un couple séjournant trois nuits dans un établissement compte pour six nuitées, de même que six personnes ne séjournant qu’une nuit.

Le taux d’ouverture des hôtels est le nombre d’hôtels déclarés ouverts, rapporté au nombre total d’hôtels sur une période donnée.

Les résidents sont les personnes, quelle que soit leur nationalité, qui ont leur domicile principal en France.

Les activités touristiques : les activités sont classées selon leur degré de « touristicité » tel que défini ci-après :

  • Les activités 100 % touristiques telles que l’hôtellerie, l’hébergement, la gestion des musées, des parcs d’attractions...
  • Les autres activités touristiques telles que la restauration, le transport, le commerce, la gestion des salles de spectacles...
  • Les activités non touristiques (par exemple, la construction, l’industrie, les services administratifs…)

Le secteur « hébergement et restauration » : un secteur regroupe des entreprises de fabrication, de commerce ou de service qui ont la même activité principale (au regard de la nomenclature d'activité économique considérée). L'activité d'un secteur n'est donc pas tout à fait homogène et comprend des productions ou services secondaires qui relèveraient d'autres items de la nomenclature que celui du secteur considéré.

Le secteur « hébergement et restauration » appartient au secteur tertiaire principalement marchand.

Les estimations d'emploi désignent une synthèse de sources permettant une couverture exhaustive de l'emploi total (salarié et non salarié), exprimé en nombre de personnes physiques (et non en nombre de postes de travail), et une ventilation à un niveau sectoriel et géographique assez fin. Elles ont pour objectif la couverture de l'emploi total et la cohérence entre les différents niveaux d'agrégation.

Les estimations d'emploi comportent des estimations annuelles, portant sur l'emploi total au 31 décembre, et des estimations infra-annuelles (trimestrielles), portant sur un champ plus restreint (emploi salarié des secteurs marchands et emploi salarié privé des secteurs non-marchands en France métropolitaine). Les estimations produites avant septembre 2009 se fondaient sur les niveaux d'emploi dans le recensement général de la population de 1999, auxquels sont appliqués des indices d'évolution de l'emploi issus de sources variées, notamment l'enquête Acemo de la Dares et les données des Urssaf (exploitées via les fichiers Epure) et de l'Unédic.

A partir de 2009, les estimations d'emploi annuelles sont calculées à partir du dispositif Estel (Estimations d'emploi localisées), qui se fondent sur l'utilisation des sources administratives en niveau. Pour les salariés, il s'agit des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS « grand format ») contenant, en plus des DADS stricto sensu, les données du fichier de paye des agents de l'État et celles des particuliers employeurs). Pour les non salariés agricoles, les sources mobilisées sont les fichiers de la Mutualité Sociale Agricole (MSA) et pour les non salariés non agricoles, les fichiers de l'Agence Centrale des Organismes de Sécurité Sociale (ACOSS) qui est la Caisse Nationale des Unions de Recouvrement des Cotisations de Sécurité Sociale et d'Allocations Familiales (URSSAF).

Le passage à Estel permet d'améliorer les estimations d'emploi annuelles dans plusieurs dimensions : meilleure qualité des données (prise en compte explicite de la multiactivité, amélioration de la qualité des sources en amont, restriction du nombre de sources utilisées), double localisation au lieu de résidence et au lieu de travail, ventilation plus fine (au niveau géographique et au niveau des catégories de travailleurs), concept d'emploi « répertorié BIT » précis et stable dans le temps, homogénéisation des méthodes et traitements, délais plus courts.

Le concept central d'Estel- le nombre de personnes en emploi- est proche de celui du BIT. La mesure sera datée au 31 décembre de chaque année.

ESTEL estime un nombre de personnes en emploi. Mais à la différence du recensement, l'emploi d'Estel n'est pas déclaratif car appréhendé à partir des sources administratives afin de compter en emploi toute personne dès lors qu'elle a effectué un travail déclaré d'au moins une heure pendant la dernière semaine de l'année ou qu'elle a un lien formel avec son emploi (pour les salariés, il s'agit grosso modo de repérer les contrats de travail « actifs » fin décembre).