Activité touristique : impact de la crise sanitaire Covid19

Chiffres détaillés
Paru le : Paru le 17/03/2022
Julien Bruyas (Insee), le service Observation du Comité Régional de Tourisme Centre-Val de Loire
- Mars 2022
Sommaire

En Centre-Val de Loire, la saison estivale hôtelière 2020 en partie épargnée, avant une chute de fréquentation en septembre

Julien Bruyas (Insee), le service Observation du Comité Régional de Tourisme Centre-Val de Loire

Après une fréquentation touristique remarquable en 2019, le début d’année prometteur a été stoppé net en mars 2020 par le premier confinement de la population. La levée d’une partie des restrictions, en mai, a profité à la région puisque le Centre-Val de Loire enregistre une fréquentation estivale des hôtels et des restaurants plus proche de la normale qu’ailleurs, avec un retour des touristes dans les sites et les châteaux ainsi qu’un record du nombre de cyclistes pratiquant l’itinérance sur La Loire à Vélo. Le rebond est général et maximal en juillet ou août.

Insee Analyses Centre-Val de Loire

No 73

Paru le : 19/01/2021

La fréquentation touristique de l’année 2019 avait été remarquable, en Centre-Val de Loire, avec une hausse des entrées dans les grands sites touristiques et la célébration des 500 ans de la Renaissance. La fréquentation des hôtels et des campings avait atteint son plus haut niveau historique (8,3 millions de nuitées).

Mais dès mars 2020, l’hôtellerie, la restauration et les activités culturelles (musées, jardins botaniques et zoologiques, sites historiques) ont subi de plein fouet les mesures prises pour tenter d’endiguer la crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19 : ces secteurs figurent parmi les plus durement touchés, entre fermetures temporaires d’établissements, confinement de la population et limitation des déplacements, notamment les restrictions de voyage depuis l’international.

Chute du nombre de nuitées dans les hôtels de mars à juin

Les deux premiers mois de l’année 2020 se sont révélés très prometteurs, avec respectivement 30 000 et 40 000 nuitées en plus dans les hôtels par rapport aux mêmes mois de l’année précédente (figure 1). La fréquentation est portée par les touristes résidant en France (+ 16 % de nuitées). Ceux résidant à l’étranger étaient déjà moins nombreux en début d’année par rapport à 2019 (- 16 %).

Le confinement mis en place en France à partir du 17 mars a brutalement mis fin à cette tendance avec une chute du nombre de nuitées de moitié par rapport à mars 2019. La fréquentation des résidents s’effondre de 48 % et celle des non-résidents de 76 %. Ceux habitant dans l’Union Européenne doivent se soumettre aux mesures de restrictions de leur propre pays. De plus, les voyages sont restreints avec la fermeture de nombreux aéroports.

Avril marque l’arrêt presque complet de l’activité : 14 500 nuitées dans la région contre 540 200 un an auparavant (- 97 %). Les trois quarts des hôtels sont fermés et pour ceux restés ouverts, le taux d’occupation des chambres s’élève à peine à 9 %.

Le déconfinement à partir du 11 mai et la fin de la limitation des déplacements supérieurs à 100 km le 2 juin permettent une remontée de ces indicateurs dès le mois de mai. La moitié des hôtels sont alors ouverts, neuf sur dix en juin. Le nombre de nuitées, 239 000 en juin, reste à un niveau nettement inférieur à 2019 (668 000 nuitées), avec seulement 35 % des chambres occupées. La reprise timide mais également la météo moins favorable ont aussi une incidence, pour ce mois, sur l’itinérance à vélo et la fréquentation des principaux monuments et sites de visites (encadré 1 et encadré 2).

Le nombre de nuitées dans la région poursuit sa hausse au cours de l’été, pour atteindre un pic de 657 000 nuitées en août. Ce point haut est inférieur de 108 000 nuitées à celui d’août 2019, année touristique exceptionnelle dans la région, et de 66 000 nuitées par rapport à 2018. Le taux d’occupation plafonne à 59 %, comme au niveau national, contre 67 % en août 2019.

Entre juillet et septembre, les touristes résidant à l’étranger ont nettement moins séjourné dans la région avec une fréquentation en baisse de 56 % (256 000 nuitées) par rapport à 2019. Dans le même temps, celle des résidents en France a diminué de 5 %.

La fréquentation régionale des hôtels chute habituellement en septembre et en octobre. Néanmoins, en 2020, les taux d’occupation des chambres sont inférieurs de 14 points par rapport aux mêmes mois de 2019, alors que la quasi-totalité des hôtels étaient ouverts. Sur ce début d’arrière-saison, ce sont 300 000 nuitées en moins par rapport à l’année dernière.

Figure 1Un impact massif de la crise sanitaire sur la fréquentation hôtelièreNombre mensuel des nuitées dans les hôtels du Centre-Val de Loire en 2018, 2019 et 2020

Nombre
Un impact massif de la crise sanitaire sur la fréquentation hôtelière (Nombre)
2018 2019 2020
Janvier 297 125 287 036 316 702
Février 312 267 306 767 347 724
Mars 404 518 385 761 182 932
Avril 512 330 540 242 14 452
Mai 586 782 566 364 52 518
Juin 634 393 668 291 239 227
Juillet 712 102 706 656 576 274
Août 722 952 764 692 657 183
Septembre 602 766 596 198 432 325
Octobre 509 201 520 303 379 357
  • Source : Insee, enquête de fréquentation touristique

Figure 1Un impact massif de la crise sanitaire sur la fréquentation hôtelièreNombre mensuel des nuitées dans les hôtels du Centre-Val de Loire en 2018, 2019 et 2020

  • Source : Insee, enquête de fréquentation touristique

L’hôtellerie ne retrouve pas son niveau d’activité de 2019

La brusque fermeture des établissements lors du premier confinement et la limitation drastique des déplacements ont entraîné une très forte diminution du chiffre d’affaires dans le secteur de l’hôtellerie. Les restrictions de voyage à l’international ont aussi considérablement fait baisser la fréquentation des touristes résidant à l’étranger.

Si le chiffre d’affaires du secteur pour les mois de janvier et février est proche de 2019, il diminue fortement en mars (- 59 %) (figure 2). En avril et mai, la chute atteint 92 % et 86 %. Un léger relèvement s’opère en juin (- 60 %) grâce à la fin du confinement et la liberté de déplacement sur l’ensemble du territoire métropolitain. Ce redressement est confirmé par des montants de transactions par carte bancaire dans les activités touristiques qui progressent rapidement à partir de la première semaine de juin (figure 3). En juillet et août, l’activité dans l’hôtellerie poursuit sa remontée. Elle reste néanmoins inférieure de respectivement 18 % et 11 % par rapport à 2019 alors que les montants de transactions par carte bancaire dans les activités touristiques sont supérieurs à ceux de l’année précédente.

Le rebond du chiffre d’affaires dans les hôtels du Cher et du Loir-et-Cher a été plus important qu’au niveau régional pour les mois de juillet et août, avec particulièrement une hausse de 11 % en juillet dans le second par rapport à 2019. Si la situation a été plus favorable qu’au niveau régional dans l’Indre en juillet (- 7 %), le mois d’août a été plus difficile (- 18 %). Enfin, les résultats ont été en deçà de la moyenne régionale dans l’Indre-et-Loire, le Loiret et plus encore dans l’Eure-et-Loir. Dans ce dernier département, le chiffre d’affaires dans le secteur est inférieur de 47 % en juillet par rapport au même mois en 2019.

Figure 2Un redémarrage de l’activité plus rapide dans la restauration que dans l’hébergementÉvolution du chiffre d’affaires pour les hôtels et les restaurants de janvier à septembre 2020 (glissement annuel en %)

%
Un redémarrage de l’activité plus rapide dans la restauration que dans l’hébergement (%)
Centre-Val de Loire France entière
Hôtels Restaurants Hôtels Restaurants
Janvier 5,0 5,3 7,8 8,4
Février 0,3 2,0 3,8 3,2
Mars -59,1 -55,9 -59,2 -54,8
Avril -91,9 -89,9 -89,4 -89,8
Mai -86,1 -71,5 -88,9 -72,9
Juin -60,3 -23,9 -71,9 -29,0
Juillet -18,0 -1,2 -44,5 -8,9
Août -11,4 -8,7 -25,3 -6,1
Septembre -26,2 -10,9 -44,8 -9,2
  • Source : Insee, données mensuelles sur les chiffres d’affaires déclarés par les unités légales

Figure 2Un redémarrage de l’activité plus rapide dans la restauration que dans l’hébergementÉvolution du chiffre d’affaires pour les hôtels et les restaurants de janvier à septembre 2020 (glissement annuel en %)

  • Source : Insee, données mensuelles sur les chiffres d’affaires déclarés par les unités légales

Figure 3Des dépenses touristiques plus élevées en 2020 à partir de fin juin en Centre-Val de LoireÉvolution des montants de transactions par carte bancaire dans les activités touristiques entre le 27 avril et le 6 septembre 2020

%
Des dépenses touristiques plus élevées en 2020 à partir de fin juin en Centre-Val de Loire (%) - Lecture : en Centre-Val de Loire, durant la semaine du 27 avril au 3 mai 2020, le montant des transactions par carte bancaires est inférieur de 63 % par rapport à la même semaine en 2019.
Semaine France Centre-Val de Loire
27 avril au 3 mai -71,94 -62,98
4 au 10 mai -64,06 -53,64
11 au 17 mai -55,51 -44,88
18 au 24 mai -56,63 -45,36
25 au 31 mai -56,60 -47,52
1 au 7 juin -29,43 -21,64
8 au 14 juin -21,58 -13,29
15 au 21 juin -9,05 -5,46
22 au 28 juin -4,92 1,44
29 juin au 5 juillet -5,75 -3,26
6 au 12 juillet 3,07 6,08
13 au 19 juillet 5,41 7,96
20 au 26 juillet 4,94 8,07
27 juillet au 2 août 0,82 3,79
3 au 9 août 10,42 11,68
10 au 16 août 9,97 13,93
17 au 23 août 12,47 15,66
24 au 30 août 3,55 7,30
31 août au 6 septembre 5,13 7,96
  • Lecture : en Centre-Val de Loire, durant la semaine du 27 avril au 3 mai 2020, le montant des transactions par carte bancaires est inférieur de 63 % par rapport à la même semaine en 2019.
  • Source : Cartes bancaires CB, calculs Insee

Figure 3Des dépenses touristiques plus élevées en 2020 à partir de fin juin en Centre-Val de LoireÉvolution des montants de transactions par carte bancaire dans les activités touristiques entre le 27 avril et le 6 septembre 2020

  • Lecture : en Centre-Val de Loire, durant la semaine du 27 avril au 3 mai 2020, le montant des transactions par carte bancaires est inférieur de 63 % par rapport à la même semaine en 2019.
  • Source : Cartes bancaires CB, calculs Insee

Un rebond d’activité dans la restauration dès la fin du confinement

Comme pour l’hôtellerie, la restauration a été fortement impactée par les fermetures d’établissements et la limitation des déplacements. En Centre-Val de Loire, le chiffre d’affaires a chuté de 56 % en mars et de 90 % en avril, comparé aux mêmes mois de l’année précédente. La vente à emporter et la livraison ont permis à certains restaurants, notamment ceux établis en centre-ville, de ne pas être à l’arrêt complet. La fin du confinement marque une reprise timide de l’activité en mai, les chiffres d’affaires restant inférieurs de 72 % à 2019. Au cours de ces trois mois, l’évolution du chiffre d’affaires régional du secteur est comparable au niveau national. Le rebond d’activité des restaurants est plus franc en juin et juillet dans la région. Le chiffre d’affaires reste en retrait de 24 % en juin par rapport à 2019 (- 29 % en France) et retourne à la normale en juillet (- 9 % au niveau national).

L’évolution des chiffres d’affaires dans la restauration dans l’Indre-et-Loire et le Loiret est comparable à celle du niveau régional. Si le rebond a été fort dans le Cher et le Loir-et-Cher en juillet (respectivement + 7 % et + 19 % par rapport à l’année précédente), la situation s’est dégradée moins rapidement dans le premier en septembre (- 3 % contre - 17 % pour le second). Enfin, la reprise a été plus lente dans l’Indre et l’Eure-et-Loir (respectivement - 9 % et - 14 % en juillet).

Cette reprise estivale plus vigoureuse qu’au niveau national peut également être observée dans les montants de transactions par carte bancaire à partir de début juillet, avec même des montants supérieurs à 2019. Le recours à ce moyen de paiement est susceptible d’avoir fortement augmenté avec le relèvement du plafond du montant des achats sans contact, jugé plus sûr sur le plan sanitaire. Les restrictions de déplacements à l’étranger ont aussi conduit des résidents à préférer des vacances en France.

Le chiffre d’affaires dans la restauration baisse cependant de nouveau en août (- 9 %) et en septembre (- 11 %) par rapport à 2019, plus fortement qu’au niveau national cette fois-ci (respectivement - 6 % et - 9 %).

Au niveau national, des disparités s’observent entre restaurations rapide et traditionnelle. L’activité dans la première a connu un net regain dès la fin du confinement, pour retrouver seulement en août ses niveaux de transactions par carte bancaire de 2019. Inversement, l’activité dans les restaurants traditionnels a été réduite jusqu’à mi-juin suivie d’une augmentation vive, leur permettant de retrouver un niveau comparable à l’année précédente dès fin juin.

Figure 4Répartition mensuelle des passages de vélo sur l’itinéraire de La Loire à Vélo

Nombre
Répartition mensuelle des passages de vélo sur l’itinéraire de La Loire à Vélo (Nombre)
2018 2019 2020
Janvier 10 250 12 116 17 402
Février 9 459 29 293 17 806
Mars 17 531 29 106 17 478
Avril 50 745 55 950 6 776
Mai 100 452 76 626 78 216
Juin 101 924 98 052 72 821
Juillet 138 852 137 580 171 835
Août 155 435 167 490 171 369
Sept 93 443 87 580 95 462
Octobre 40 898 30 669
Novembre 16 954 15 292
Décembre 11 229 13 599
TOTAL 747 172 753 353
  • Champ : fréquentation de La Loire à vélo en Centre-Val de Loire, mesurée par des compteurs automatiques installés sur l’itinéraire, de janvier à septembre pour 2020.
  • Source : Comité Régional de Tourisme Centre-Val de Loire

Figure 4Répartition mensuelle des passages de vélo sur l’itinéraire de La Loire à Vélo

  • Champ : fréquentation de La Loire à vélo en Centre-Val de Loire, mesurée par des compteurs automatiques installés sur l’itinéraire, de janvier à septembre pour 2020.
  • Source : Comité Régional de Tourisme Centre-Val de Loire

Figure 5Répartition mensuelle de la fréquentation des principaux monuments et sites

Nombre
Répartition mensuelle de la fréquentation des principaux monuments et sites (Nombre)
2018 2019 2020
Janvier 72 085 69 496 82 086
Février 90 276 122 947 136 065
Mars 165 106 173 766 44 634
Avril 411 824 491 168 567
Mai 585 368 550 831 39 137
Juin 444 309 549 648 190 021
Juillet 645 269 690 482 658 574
Août 857 132 963 565 789 527
Sept 447 362 459 930 290 234
Octobre 322 208 318 599
Novembre 140 698 147 460
Décembre 150 176 187 947
TOTAL 4 331 813 4 725 839
  • Note : entrées dans les 26 principaux monuments et sites régionaux comparables. Données de janvier à septembre pour 2020.
  • Sources : CRT/ADT/OET/TMVL

Figure 5Répartition mensuelle de la fréquentation des principaux monuments et sites

  • Note : entrées dans les 26 principaux monuments et sites régionaux comparables. Données de janvier à septembre pour 2020.
  • Sources : CRT/ADT/OET/TMVL

Encadré 1 - La Loire à Vélo enregistre une fréquentation record entre juillet et septembre

Entre janvier et septembre 2020, la fréquentation de La Loire à vélo, mesurée par des compteurs automatiques installés sur l’itinéraire, est en baisse de 8 % par rapport à la même période en 2019 (figure 4).

De janvier à avril, les compteurs ont enregistré un net recul de 53 % par rapport à 2019, le confinement ayant impacté très fortement la fréquentation de l’itinéraire. Le mois de mai, toujours concerné en partie par les restrictions de déplacement, est en demi-teinte. La reprise de la fréquentation démarre en revanche très fort dès la levée du confinement : du 12 au 31 mai, le nombre de passages de vélos bondit de 48 %. La Pentecôte (1er juin) marque la journée la plus fréquentée du mois, ensuite, la météo devient moins favorable. Globalement les compteurs repartent à la baisse en juin : - 15 % de passages.

En juillet, les passages de vélos sont en progression (+ 31 % par rapport à 2019). C’est un nouveau record pour ce mois, après celui de juillet 2019. La fréquentation journalière a atteint des points hauts historiques sur les compteurs de Savonnières et Montlouis-sur-Loire (Indre-et-Loire) ainsi qu’à Mareau-aux-Prés (Loiret). Nouveau record de fréquentation également en août : + 10 % de passages par rapport à août 2019, ancien record, malgré la vague de chaleur entre le 9 et le 12 août.

En septembre, l’été indien a permis aux cyclistes de profiter encore de La Loire à Vélo (+ 9 % de passages). La fréquentation a été plus timide en fin de mois, notamment avec l’arrivée d’une météo plus maussade.

Encadré 2- Juillet ne compense pas la fréquentation en chute des principaux monuments et sites de visites

De janvier à septembre 2020, 2 230 845 entrées cumulées ont été enregistrées dans les 26 principaux monuments et sites régionaux comparables. Le recul, de 45 % par rapport à 2019, est d’autant plus important que 2019 avait été une année touristique exceptionnelle (- 40 % de fréquentation en 2020 par rapport à la même période en 2018).

Comme pour les nuitées dans les hôtels, la fréquentation était forte en début d’année et laissait présager une bonne saison. Le nombre de visiteurs en janvier et février progressait de 13 % par rapport à la même période de 2019 (figure 5).

Après le 1er confinement, la réouverture des établissements s’est faite progressivement et la limitation des déplacements à 100 km du domicile a impacté la fréquentation du mois de mai (- 93 % par rapport à mai 2019). Au mois de juin, la fréquentation a repris timidement, au fur et à mesure des ouvertures des sites : le nombre de visiteurs est resté très inférieur à celui de juin 2019 (- 65 %).

En juillet et août, les visiteurs, surtout résidant en France, ont davantage été au rendez-vous, mais sans que la fréquentation retrouve son niveau de 2019. Néanmoins les célébrations des 500 ans de Renaissances avaient particulièrement dynamisé les entrées dans les châteaux de la région. De fait, par rapport à 2019, la baisse des visiteurs est de - 12 % sur juillet et août cumulés, et de seulement - 4 % par rapport à 2018.

Le mois de septembre est plus difficile et accuse un retard net de 37 % par rapport à la fréquentation de septembre 2019. Les Journées Européennes du Patrimoine ont été boudées. Compte tenu des conditions sanitaires, certains sites ont ouvert un seul des deux jours, d’autres ont adopté un protocole strict avec des visites sur inscription et des jauges par créneau horaire. Par rapport à 2018, le mois de septembre est également en baisse (- 35 %).

Sur l’ensemble du 3e trimestre, où les restrictions étaient moins nombreuses, la fréquentation des sites et monuments affichait une baisse de 18 % par rapport à ce même trimestre en 2019 (- 11 % par rapport au 3e trimestre 2018).

Sources

L’enquête de fréquentation touristique est réalisée mensuellement par l’Insee en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme. Cette enquête porte sur la fréquentation des hébergements collectifs touristiques : hôtels, campings et autres hébergements collectifs touristiques (AHCT).

Compte tenu de la crise sanitaire liée à la Covid-19, cette enquête a été remplacée d’avril à juin 2020 par un dispositif d’enquête allégée portant uniquement sur les hôtels.

L’enquête mensuelle de fréquentation a repris en juillet 2020. Cependant, compte tenu du contexte, seuls les résultats de fréquentation des hébergements collectifs touristiques (AHCT) peuvent être exploités.

Ces chiffres sont provisoires et amenés à être révisés.

Les données agrégées Cartes Bancaires CB couvrent l’essentiel des transactions par cartes bancaires. Elles sont tirées d’une extraction de transactions anonymisées et agrégées à l’échelle départementale afin de respecter les exigences de confidentialité. Ces informations sont sujettes à certaines limites et diffèrent des données nationales (voir Point de conjoncture du 7 mai 2020, p.21).

Définitions

Le taux d’occupation est le rapport du nombre de chambres occupées au nombre de chambres effectivement offertes sur une période donnée (c’est-à-dire en excluant les fermetures saisonnières).

La fréquentation en nuitées correspond au nombre total de nuits passées par les clients dans un établissement touristique. Un couple séjournant trois nuits dans un établissement compte pour six nuitées, de même que six personnes ne séjournant qu’une nuit.

Le taux d’ouverture des hôtels est le nombre d’hôtels déclarés ouverts, rapporté au nombre total d’hôtels sur une période donnée.

Les résidents sont les personnes, quelle que soit leur nationalité, qui ont leur domicile principal en France.

Les activités touristiques : les activités sont classées selon leur degré de « touristicité » tel que défini ci-après :

  • Les activités 100 % touristiques telles que l’hôtellerie, l’hébergement, la gestion des musées, des parcs d’attractions...
  • Les autres activités touristiques telles que la restauration, le transport, le commerce, la gestion des salles de spectacles...
  • Les activités non touristiques (par exemple, la construction, l’industrie, les services administratifs…)

Le secteur « hébergement et restauration » : un secteur regroupe des entreprises de fabrication, de commerce ou de service qui ont la même activité principale (au regard de la nomenclature d'activité économique considérée). L'activité d'un secteur n'est donc pas tout à fait homogène et comprend des productions ou services secondaires qui relèveraient d'autres items de la nomenclature que celui du secteur considéré.

Le secteur « hébergement et restauration » appartient au secteur tertiaire principalement marchand.

Les estimations d'emploi désignent une synthèse de sources permettant une couverture exhaustive de l'emploi total (salarié et non salarié), exprimé en nombre de personnes physiques (et non en nombre de postes de travail), et une ventilation à un niveau sectoriel et géographique assez fin. Elles ont pour objectif la couverture de l'emploi total et la cohérence entre les différents niveaux d'agrégation.

Les estimations d'emploi comportent des estimations annuelles, portant sur l'emploi total au 31 décembre, et des estimations infra-annuelles (trimestrielles), portant sur un champ plus restreint (emploi salarié des secteurs marchands et emploi salarié privé des secteurs non-marchands en France métropolitaine). Les estimations produites avant septembre 2009 se fondaient sur les niveaux d'emploi dans le recensement général de la population de 1999, auxquels sont appliqués des indices d'évolution de l'emploi issus de sources variées, notamment l'enquête Acemo de la Dares et les données des Urssaf (exploitées via les fichiers Epure) et de l'Unédic.

A partir de 2009, les estimations d'emploi annuelles sont calculées à partir du dispositif Estel (Estimations d'emploi localisées), qui se fondent sur l'utilisation des sources administratives en niveau. Pour les salariés, il s'agit des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS « grand format ») contenant, en plus des DADS stricto sensu, les données du fichier de paye des agents de l'État et celles des particuliers employeurs). Pour les non salariés agricoles, les sources mobilisées sont les fichiers de la Mutualité Sociale Agricole (MSA) et pour les non salariés non agricoles, les fichiers de l'Agence Centrale des Organismes de Sécurité Sociale (ACOSS) qui est la Caisse Nationale des Unions de Recouvrement des Cotisations de Sécurité Sociale et d'Allocations Familiales (URSSAF).

Le passage à Estel permet d'améliorer les estimations d'emploi annuelles dans plusieurs dimensions : meilleure qualité des données (prise en compte explicite de la multiactivité, amélioration de la qualité des sources en amont, restriction du nombre de sources utilisées), double localisation au lieu de résidence et au lieu de travail, ventilation plus fine (au niveau géographique et au niveau des catégories de travailleurs), concept d'emploi « répertorié BIT » précis et stable dans le temps, homogénéisation des méthodes et traitements, délais plus courts.

Le concept central d'Estel- le nombre de personnes en emploi- est proche de celui du BIT. La mesure sera datée au 31 décembre de chaque année.

ESTEL estime un nombre de personnes en emploi. Mais à la différence du recensement, l'emploi d'Estel n'est pas déclaratif car appréhendé à partir des sources administratives afin de compter en emploi toute personne dès lors qu'elle a effectué un travail déclaré d'au moins une heure pendant la dernière semaine de l'année ou qu'elle a un lien formel avec son emploi (pour les salariés, il s'agit grosso modo de repérer les contrats de travail « actifs » fin décembre).

Sources

Enquête mensuelle de fréquentation touristique

L’enquête mensuelle de fréquentation touristique conduite par l’Insee auprès des hébergements collectifs de tourisme a été suspendue en mars 2020 compte tenu de la crise sanitaire liée à la Covid-19. Un dispositif d’enquête allégée a été mis en place d’avril à juin 2020 uniquement pour les hôtels, permettant de disposer d’un nombre restreint d’indicateurs et de connaître le type de personnes hébergées (touristes, personnels soignants, personnes confinées, personnes placées par les services sociaux du type Samu social).

Les données du premier trimestre 2020 ont été produites dans le contexte très particulier de la crise sanitaire. À partir du 18 mars, l'enquête de fréquentation touristique a été suspendue. De ce fait, seules les réponses spontanées des hébergements ont été prises en compte, les services d'enquêtes n'étant plus en capacité de relancer les hébergements.

L’enquête mensuelle de fréquentation touristique a été remise en œuvre en juillet 2020.

 

Chiffre d'affaires

Les résultats sont construits à partir d’une source fiscale, le formulaire « CA3 », que les entreprises remplissent pour le paiement de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Ce formulaire comprend le chiffre d’affaires hors TVA, toutes activités confondues, de l’entreprise déclarante, classée selon son activité principale.

Au niveau national l'Insee diffuse mensuellement des indices de chiffres, pour plus d'information consulter : https://www.insee.fr/fr/metadonnees/source/indicateur/p1669/description et https://www.insee.fr/fr/statistiques/4772485

Pour les niveaux régionaux et départementaux, les résultats sont construits à partir des unités légales dites mono-régionales (resp. monodépartementales), c'est-à-dire dont tous les établissements constituant cette unité sont situés dans la même région (resp. dans le même département). Ils sont ventilés selon les activités : 100 % touristiques, autres activités touristiques et non touristiques.

Les séries régionales et départementales concernent les unités légales monorégionales et monodépartementales pérennes de 2017 à 2021, les secteurs d'étude sont :

  • L'hôtellerie, comprenant les unités relevant des codes NAF "5510Z - Hôtels et hébergement similaire" et "5520Z - Hébergement touristique et autres services d'hébergement de courte durée" ;
  • L’hôtellerie de plein air, comprenant les unités relevant du code NAF "5530Z - Terrains de campings et parcs pour caravances ou véhicules de loisirs" ;
  • La restauration, comprenant les unités relevant du code NAF "5610A - Restauration traditionnelle", 5610B - Cafétérias et autres libres-services" et "5610C - restauration de type rapide".

On élimine les unités qui ont changé de secteur sur la période.

Les séries nationales portent également sur ces 3 secteurs d'étude mais sans condition sur la pérennité, la régionalité et le changement de secteur d'activité.

 

Cartes bancaires

L’évolution des achats opérés peut être appréciée par les données de transactions par carte bancaire. Les données utilisées concernent tout détenteur de Carte Bancaire CB sur le territoire français, ce qui, outre les ménages, peut recouvrir aussi des entreprises. Ces données ne recouvrent pas les transactions réalisées par d’autres moyens de paiement (espèces, chèque, ticket restaurant, etc.). De plus, à l’inverse des données utilisées à l’échelle nationale, notamment dans l’estimation de la perte de consommation des ménages, les données départementales intègrent certaines transactions non assimilables à de la consommation (dons à des associations, achat de timbres fiscaux, etc.). Enfin, les transactions à distance (notamment celles sur internet) ne sont pas prises en compte dans les données départementales (données régionales pour la Corse).

La nomenclature d’activités utilisée sur les données de carte bancaire CB (nomenclature MCC, Merchant Category Code) ne coïncide pas avec la NAF. En outre, il n’existe pas de définition précise de ce que serait un « secteur tourisme », les activités touristiques étant transverses, ce qui complique leur mesure. Pour les données de transactions bancaires, ce seront vingt-cinq items de la nomenclature MCC qui seront agrégés pour approcher les activités touristiques, recouvrant des activités parfois purement touristiques (échoppes de souvenirs et cartes postales, expositions touristiques, parcs d’attractions…), et des activités qui en dépendent partiellement (restauration et bars notamment).

 

Emploi

Le fichier source utilisé est issu des Fichiers « Tous Salariés » 2017 (anciennement appelés DADS-Grand format).

Ces fichiers couvrent l’ensemble des employeurs et des salariés. Ils sont constitués à partir des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS), des Déclarations Sociales Nominatives (DSN), de données provenant du Système d’Information sur les Agents des Services Publics (SIASP) et des déclarations des particuliers employeurs.

La déclaration sociale nominative (DSN) est un fichier mensuel produit à partir des données de paie des salariés. Elle a notamment pour but de remplacer un grand nombre de déclarations administratives qui étaient adressées jusqu’alors à des acteurs différents (CPAM, Urssaf, AGIRC ARRCO, Organismes complémentaires, Pôle emploi, Centre des impôts, Caisses régimes spéciaux, etc.). La DSN regroupe des informations sur le salarié dans une déclaration unique pour communiquer ensuite les informations nécessaires à la gestion de la protection sociale des salariés aux organismes concernés.

Le millésime 2017 est un millésime mixte, dont les données sur le champ privé proviennent de deux sources distinctes : Déclarations sociales Nominatives (DSN) et Déclarations annuelles de données sociales (DADS), les premières se substituant progressivement aux secondes. Il s’agit du deuxième millésime de transition. Cette transition peut entraîner des différences de niveau par rapport aux millésimes antérieurs. Le passage à la DSN permet notamment de mieux capter les courtes périodes d’emploi.

 

Activité partielle

Le dispositif de l’activité partielle (dénomination légale du chômage partiel) permet aux établissements confrontés à des difficultés temporaires de diminuer ou de suspendre leur activité tout en assurant aux salariés une indemnisation égale à 70 % du salaire brut (environ 84 % du net) pour compenser leur perte de salaire. Tous les salariés de droit privé sont concernés, y compris dans les entreprises publiques. Les indemnités d’activité partielle sont remboursées intégralement par l'État et l'Unédic, jusqu’à un plafond de 70 % de 4,5 Smic. Les demandes d’indemnisation sont déposées par les entreprises auprès de la Direccte.

Les arrêts de travail pour maladie sont pris en charge par l’Assurance maladie. Au début du confinement, l’Assurance maladie finance également le dispositif exceptionnel des arrêts de travail dérogatoires pour garde d’enfant (ou pour les personnes vulnérables), lorsque le télétravail est impossible. À partir du 1er mai, les salariés en situation de garde d’enfant ou les personnes vulnérables basculent vers le dispositif d’activité partielle, dans la mesure où ils sont toujours dans l’impossibilité d’exercer leur activité professionnelle.

Ces indicateurs sont calculés à partir de la Déclaration Sociale Nominative (DSN). La DSN remplace la majorité des déclarations sociales imposées aux entreprises en automatisant leur transmission à partir des données de paie. La DSN regroupe des informations sur les établissements et les salariés. Elle est renseignée chaque mois par les entreprises et contient des informations relatives aux salariés de droit privé, notamment sur l’activité partielle et les arrêts de travail.

 

Estimations trimestrielles d’emploi

Les estimations trimestrielles d’emploi sont obtenues par application d’évolutions trimestrielles aux niveaux annuels. Ces évolutions trimestrielles sont calculées à partir de sources administratives. Depuis le premier trimestre 2017, les données sont établies en coproduction avec l'Acoss (champ privé hors intérim) et la Dares (sur l'intérim). L’introduction de la Déclaration sociale nominative (DSN) en remplacement du bordereau récapitulatif de cotisations (BRC) peut transitoirement affecter les comportements déclaratifs des entreprises et générer des révisions accrues sur les données. À partir de la validité du premier trimestre 2018, le champ des estimations trimestrielles d’emploi localisé (ETE) est étendu à l’ensemble de l’emploi salarié et aux départements d’outre-mer (hors Mayotte). Sont ainsi ajoutés les salariés de la fonction publique, de l’agriculture et de l’ensemble des particuliers employeurs.

Définitions

Le taux d’occupation est le rapport du nombre de chambres occupées au nombre de chambres effectivement offertes sur une période donnée (c’est-à-dire en excluant les fermetures saisonnières).

La fréquentation en nuitées correspond au nombre total de nuits passées par les clients dans un établissement touristique. Un couple séjournant trois nuits dans un établissement compte pour six nuitées, de même que six personnes ne séjournant qu’une nuit.

Le taux d’ouverture des hôtels est le nombre d’hôtels déclarés ouverts, rapporté au nombre total d’hôtels sur une période donnée.

Les résidents sont les personnes, quelle que soit leur nationalité, qui ont leur domicile principal en France.

Les activités touristiques : les activités sont classées selon leur degré de « touristicité » tel que défini ci-après :

  • Les activités 100 % touristiques telles que l’hôtellerie, l’hébergement, la gestion des musées, des parcs d’attractions...
  • Les autres activités touristiques telles que la restauration, le transport, le commerce, la gestion des salles de spectacles...
  • Les activités non touristiques (par exemple, la construction, l’industrie, les services administratifs…)

Le secteur « hébergement et restauration » : un secteur regroupe des entreprises de fabrication, de commerce ou de service qui ont la même activité principale (au regard de la nomenclature d'activité économique considérée). L'activité d'un secteur n'est donc pas tout à fait homogène et comprend des productions ou services secondaires qui relèveraient d'autres items de la nomenclature que celui du secteur considéré.

Le secteur « hébergement et restauration » appartient au secteur tertiaire principalement marchand.

Les estimations d'emploi désignent une synthèse de sources permettant une couverture exhaustive de l'emploi total (salarié et non salarié), exprimé en nombre de personnes physiques (et non en nombre de postes de travail), et une ventilation à un niveau sectoriel et géographique assez fin. Elles ont pour objectif la couverture de l'emploi total et la cohérence entre les différents niveaux d'agrégation.

Les estimations d'emploi comportent des estimations annuelles, portant sur l'emploi total au 31 décembre, et des estimations infra-annuelles (trimestrielles), portant sur un champ plus restreint (emploi salarié des secteurs marchands et emploi salarié privé des secteurs non-marchands en France métropolitaine). Les estimations produites avant septembre 2009 se fondaient sur les niveaux d'emploi dans le recensement général de la population de 1999, auxquels sont appliqués des indices d'évolution de l'emploi issus de sources variées, notamment l'enquête Acemo de la Dares et les données des Urssaf (exploitées via les fichiers Epure) et de l'Unédic.

A partir de 2009, les estimations d'emploi annuelles sont calculées à partir du dispositif Estel (Estimations d'emploi localisées), qui se fondent sur l'utilisation des sources administratives en niveau. Pour les salariés, il s'agit des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS « grand format ») contenant, en plus des DADS stricto sensu, les données du fichier de paye des agents de l'État et celles des particuliers employeurs). Pour les non salariés agricoles, les sources mobilisées sont les fichiers de la Mutualité Sociale Agricole (MSA) et pour les non salariés non agricoles, les fichiers de l'Agence Centrale des Organismes de Sécurité Sociale (ACOSS) qui est la Caisse Nationale des Unions de Recouvrement des Cotisations de Sécurité Sociale et d'Allocations Familiales (URSSAF).

Le passage à Estel permet d'améliorer les estimations d'emploi annuelles dans plusieurs dimensions : meilleure qualité des données (prise en compte explicite de la multiactivité, amélioration de la qualité des sources en amont, restriction du nombre de sources utilisées), double localisation au lieu de résidence et au lieu de travail, ventilation plus fine (au niveau géographique et au niveau des catégories de travailleurs), concept d'emploi « répertorié BIT » précis et stable dans le temps, homogénéisation des méthodes et traitements, délais plus courts.

Le concept central d'Estel- le nombre de personnes en emploi- est proche de celui du BIT. La mesure sera datée au 31 décembre de chaque année.

ESTEL estime un nombre de personnes en emploi. Mais à la différence du recensement, l'emploi d'Estel n'est pas déclaratif car appréhendé à partir des sources administratives afin de compter en emploi toute personne dès lors qu'elle a effectué un travail déclaré d'au moins une heure pendant la dernière semaine de l'année ou qu'elle a un lien formel avec son emploi (pour les salariés, il s'agit grosso modo de repérer les contrats de travail « actifs » fin décembre).