Activité touristique : impact de la crise sanitaire Covid19

Chiffres détaillés
Paru le : Paru le 17/03/2022
Odile Dangerfield, Alice Mainguené (Insee)
- Mars 2022
Sommaire

La fréquentation hôtelière augmente au 2ᵉ trimestre 2021,mais reste largement inférieure à son niveau d’avant-crise

Odile Dangerfield, Alice Mainguené (Insee)

Au 2e trimestre 2021, avec l'assouplissement des mesures sanitaires, le taux d'ouverture des hôtels et le taux d'occupation des chambres offertes progressent en France métropolitaine, mais sans retrouver leur niveau d’avant la crise sanitaire.

La fréquentation hôtelière du 2e trimestre 2021 est à 39 % de son niveau d’avant-crise. Ce recul est toujours plus marqué en Île-de-France que dans les autres espaces touristiques.

Insee Focus

No 250

Paru le : 21/09/2021

Huit hôtels sur dix sont ouverts au 2e trimestre

Au 2e trimestre 2021, avec l'assouplissement des mesures sanitaires, 79 % des hôtels sont ouverts en France métropolitaine. Ce taux d’ouverture est nettement supérieur à celui du 2e trimestre 2020, couvrant une période de confinement, mais inférieur à celui du 2e trimestre 2019 (95 %) (figure 1). La réouverture des hôtels progresse toutefois continûment tout au long du trimestre. En juin 2021, 90 % des hôtels sont ainsi ouverts, retrouvant presque le taux d'ouverture d'avant-crise.

Le taux d’occupation des chambres des hôtels ouverts est inférieur de 30 points à celui du 2e trimestre 2019 (35 % contre 65 %). Bien que faible, le taux d’occupation des hôtels progresse tout au long du trimestre, passant de 25 % en avril à 46 % en juin 2021.

Figure 1 – Taux d’ouverture des hôtels et taux d’occupation des chambres par trimestre

en %
Figure 1 – Taux d’ouverture des hôtels et taux d’occupation des chambres par trimestre (en %) - Lecture : au 2e trimestre 2021, 79 % des hôtels sont ouverts et 35 % des chambres sont occupées.
Taux d’ouverture des hôtels Taux d’occupation des chambres
2019 1er trimestre 85 54
2e trimestre 95 65
3e trimestre 97 71
4e trimestre 87 58
2020 1er trimestre 87 44
2e trimestre 46 23
3e trimestre 88 49
4e trimestre 69 30
2021 1er trimestre 61 32
2e trimestre 79 35
  • Note : données provisoires au 2e trimestre 2021.
  • Lecture : au 2e trimestre 2021, 79 % des hôtels sont ouverts et 35 % des chambres sont occupées.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme.

Figure 1 – Taux d’ouverture des hôtels et taux d’occupation des chambres par trimestre

  • Note : données provisoires au 2e trimestre 2021.
  • Lecture : au 2e trimestre 2021, 79 % des hôtels sont ouverts et 35 % des chambres sont occupées.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme.

La fréquentation hôtelière à 39 % de son niveau d'avant-crise

Du fait de l’ouverture des hôtels et de l’amélioration des taux d’occupation de leurs chambres par rapport à 2020, la fréquentation hôtelière augmente tout au long du 2e trimestre (figure 2). Pour autant, elle est à 39 % de son niveau d'avant-crise. Au total, il y a eu 22,6 millions de nuitées touristiques au 2e trimestre 2021, contre 58,2 millions à la même période en 2019.

Figure 2 – Nombre de nuitées hôtelières

en millions                                                            
Figure 2 – Nombre de nuitées hôtelières (en millions                                                            ) - Lecture : en juin 2021, le nombre de nuitées passées dans les hôtels en France métropolitaine est de 11,5 millions.
2019 2020 2021
Janvier 12,5 13,1 4,6
Février 13,2 14,0 5,0
Mars 15,7 7,0 5,3
Avril 18,2 0,7 3,7
Mai 18,4 1,5 7,5
Juin 21,7 5,9 11,5
Juillet 23,4 14,8
Août 24,8 18,7
Septembre 20,5 11,7
Octobre 18,0 9,1
Novembre 14,2 3,4
Décembre 14,2 4,3
  • Note : données provisoires en juin 2021.
  • Lecture : en juin 2021, le nombre de nuitées passées dans les hôtels en France métropolitaine est de 11,5 millions.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme.

Figure 2 – Nombre de nuitées hôtelières

  • Note : données provisoires en juin 2021.
  • Lecture : en juin 2021, le nombre de nuitées passées dans les hôtels en France métropolitaine est de 11,5 millions.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme.

La fréquentation hôtelière en Île-de-France au quart de son niveau d’avant-crise

Par rapport au 2e trimestre 2019, la fréquentation diminue de 77 % en Île-de-France (figure 3), et est à 23 % de son niveau d’avant-crise. Cette baisse en Île-de-France représente 42 % de la baisse nationale. Depuis le début de la crise, la faiblesse du tourisme international pèse lourdement en Île-de-France, accueillant habituellement la moitié des touristes étrangers séjournant en France. En outre, l’absence de nombreux événements propices au tourisme d’affaires (séminaires, congrès, etc.) pénalise également fortement l’Île-de-France.

Les autres espaces touristiques sont tous touchés, mais dans une moindre ampleur, avec des baisses variant entre 50 % et 58 %.

Figure 3 – Nombre de nuitées hôtelières selon les espaces touristiques

Figure 3 – Nombre de nuitées hôtelières selon les espaces touristiques - Lecture : au 2e trimestre 2021, en Île-de-France, les nuitées hôtelières baissent de 77,1 % par rapport au même trimestre en 2019.
T2 2019 T2 2020 T2 2021 Évolution T2 2021 / T2 2019
(en milliers) (en %)
France métropolitaine 58 211 8 018 22 630 – 61,1
Île-de-France 19 154 1 518 4 386 – 77,1
Littoral 10 799 1 583 5 400 – 50,0
Massifs de ski 1 296 211 545 – 58,0
Urbain de province* 21 411 3 556 9 587 – 55,2
Autres espaces* 5 551 1 150 2 713 – 51,1
  • * Hors zones littorales ou massifs montagneux (une zone urbaine sur le littoral est classée en littoral et non dans l’espace urbain).
  • Note : données provisoires au 2e trimestre 2021.
  • Lecture : au 2e trimestre 2021, en Île-de-France, les nuitées hôtelières baissent de 77,1 % par rapport au même trimestre en 2019.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme.

Figure 3 – Évolution des nuitées hôtelières entre le 2e trimestre 2019 et le 2e trimestre 2021, selon les espaces touristiques

  • * Hors zones littorales ou massifs montagneux (une zone urbaine sur le littoral est classée en littoral et non dans l’espace urbain).
  • Note : données provisoires au 2e trimestre 2021.
  • Lecture : au 2e trimestre 2021, en Île-de-France, les nuitées hôtelières baissent de 77,1 % par rapport au même trimestre en 2019.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme.

Les dépenses par carte bancaire CB des résidents dans l’hôtellerie également loin de leur niveau de 2019

La diminution de fréquentation hôtelière entre 2019 et 2021 se traduit par une baisse un peu moins forte des dépenses par carte bancaire CB des résidents dans le secteur de l’hôtellerie. Au 2e trimestre 2021, ces dépenses des résidents en carte CB dans ce secteur ont diminué de 39 % par rapport au 2e trimestre 2019.

Sources

L’enquête mensuelle de fréquentation touristique, habituellement conduite par l’Insee, a été suspendue à deux reprises en raison de la crise sanitaire liée à la Covid-19. Une première fois en avril, mai et juin 2020, puis une seconde fois de novembre 2020 à avril 2021.

Pendant ces périodes de suspension, les enquêtes de fréquentation touristique ont été réalisées en mode allégé. Dans ce cadre, seules les informations portant sur la capacité d’accueil et sur le nombre total de nuitées dans les hôtels ont été collectées. Les questions sur le pays de provenance de la clientèle (résidente ou non résidente) et le motif de séjour (de loisir ou professionnel) n'étaient plus posées. L’alternance d’enquêtes normales et d’enquêtes allégées a, de fait, généré des ruptures de séries dans les données habituellement collectées et diffusées.

Les données de transactions par carte bancaire CB couvrent l’essentiel des transactions par cartes bancaires des résidents en France. Elles comportent trois limites dans leur interprétation : la date de transaction CB peut être anticipée par rapport à la date réelle de la nuit passée en hôtel, les hausses de transactions peuvent traduire de plus grands recours aux cartes bancaires CB et elles ne couvrent pas, par définition, les dépenses des touristes étrangers séjournant en France. Elles apportent néanmoins un éclairage complémentaire à celui de l’enquête mensuelle de fréquentation touristique.

Définitions

Le taux d’occupation est le rapport du nombre de chambres occupées au nombre de chambres effectivement offertes sur une période donnée (c’est-à-dire en excluant les fermetures saisonnières).

La fréquentation en nuitées correspond au nombre total de nuits passées par les clients dans un établissement touristique. Un couple séjournant trois nuits dans un établissement compte pour six nuitées, de même que six personnes ne séjournant qu’une nuit.

Le taux d’ouverture des hôtels est le nombre d’hôtels déclarés ouverts, rapporté au nombre total d’hôtels sur une période donnée.

Les résidents sont les personnes, quelle que soit leur nationalité, qui ont leur domicile principal en France.

Les activités touristiques : les activités sont classées selon leur degré de « touristicité » tel que défini ci-après :

  • Les activités 100 % touristiques telles que l’hôtellerie, l’hébergement, la gestion des musées, des parcs d’attractions...
  • Les autres activités touristiques telles que la restauration, le transport, le commerce, la gestion des salles de spectacles...
  • Les activités non touristiques (par exemple, la construction, l’industrie, les services administratifs…)

Le secteur « hébergement et restauration » : un secteur regroupe des entreprises de fabrication, de commerce ou de service qui ont la même activité principale (au regard de la nomenclature d'activité économique considérée). L'activité d'un secteur n'est donc pas tout à fait homogène et comprend des productions ou services secondaires qui relèveraient d'autres items de la nomenclature que celui du secteur considéré.

Le secteur « hébergement et restauration » appartient au secteur tertiaire principalement marchand.

Les estimations d'emploi désignent une synthèse de sources permettant une couverture exhaustive de l'emploi total (salarié et non salarié), exprimé en nombre de personnes physiques (et non en nombre de postes de travail), et une ventilation à un niveau sectoriel et géographique assez fin. Elles ont pour objectif la couverture de l'emploi total et la cohérence entre les différents niveaux d'agrégation.

Les estimations d'emploi comportent des estimations annuelles, portant sur l'emploi total au 31 décembre, et des estimations infra-annuelles (trimestrielles), portant sur un champ plus restreint (emploi salarié des secteurs marchands et emploi salarié privé des secteurs non-marchands en France métropolitaine). Les estimations produites avant septembre 2009 se fondaient sur les niveaux d'emploi dans le recensement général de la population de 1999, auxquels sont appliqués des indices d'évolution de l'emploi issus de sources variées, notamment l'enquête Acemo de la Dares et les données des Urssaf (exploitées via les fichiers Epure) et de l'Unédic.

A partir de 2009, les estimations d'emploi annuelles sont calculées à partir du dispositif Estel (Estimations d'emploi localisées), qui se fondent sur l'utilisation des sources administratives en niveau. Pour les salariés, il s'agit des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS « grand format ») contenant, en plus des DADS stricto sensu, les données du fichier de paye des agents de l'État et celles des particuliers employeurs). Pour les non salariés agricoles, les sources mobilisées sont les fichiers de la Mutualité Sociale Agricole (MSA) et pour les non salariés non agricoles, les fichiers de l'Agence Centrale des Organismes de Sécurité Sociale (ACOSS) qui est la Caisse Nationale des Unions de Recouvrement des Cotisations de Sécurité Sociale et d'Allocations Familiales (URSSAF).

Le passage à Estel permet d'améliorer les estimations d'emploi annuelles dans plusieurs dimensions : meilleure qualité des données (prise en compte explicite de la multiactivité, amélioration de la qualité des sources en amont, restriction du nombre de sources utilisées), double localisation au lieu de résidence et au lieu de travail, ventilation plus fine (au niveau géographique et au niveau des catégories de travailleurs), concept d'emploi « répertorié BIT » précis et stable dans le temps, homogénéisation des méthodes et traitements, délais plus courts.

Le concept central d'Estel- le nombre de personnes en emploi- est proche de celui du BIT. La mesure sera datée au 31 décembre de chaque année.

ESTEL estime un nombre de personnes en emploi. Mais à la différence du recensement, l'emploi d'Estel n'est pas déclaratif car appréhendé à partir des sources administratives afin de compter en emploi toute personne dès lors qu'elle a effectué un travail déclaré d'au moins une heure pendant la dernière semaine de l'année ou qu'elle a un lien formel avec son emploi (pour les salariés, il s'agit grosso modo de repérer les contrats de travail « actifs » fin décembre).

Pour en savoir plus

Dangerfield O., Mainguené A., « Au 1er trimestre 2021, la fréquentation hôtelière se situe au tiers de son niveau habituel », Insee Focus n° 242, juillet 2021.

Dangerfield O., Mainguené A., « Bilan touristique 2020 – Chute de fréquentation en 2020, rebond à l’été notamment dans les campings », Insee Focus n° 235, mai 2021.

Sources

Enquête mensuelle de fréquentation touristique

L’enquête mensuelle de fréquentation touristique conduite par l’Insee auprès des hébergements collectifs de tourisme a été suspendue en mars 2020 compte tenu de la crise sanitaire liée à la Covid-19. Un dispositif d’enquête allégée a été mis en place d’avril à juin 2020 uniquement pour les hôtels, permettant de disposer d’un nombre restreint d’indicateurs et de connaître le type de personnes hébergées (touristes, personnels soignants, personnes confinées, personnes placées par les services sociaux du type Samu social).

Les données du premier trimestre 2020 ont été produites dans le contexte très particulier de la crise sanitaire. À partir du 18 mars, l'enquête de fréquentation touristique a été suspendue. De ce fait, seules les réponses spontanées des hébergements ont été prises en compte, les services d'enquêtes n'étant plus en capacité de relancer les hébergements.

L’enquête mensuelle de fréquentation touristique a été remise en œuvre en juillet 2020.

 

Chiffre d'affaires

Les résultats sont construits à partir d’une source fiscale, le formulaire « CA3 », que les entreprises remplissent pour le paiement de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Ce formulaire comprend le chiffre d’affaires hors TVA, toutes activités confondues, de l’entreprise déclarante, classée selon son activité principale.

Au niveau national l'Insee diffuse mensuellement des indices de chiffres, pour plus d'information consulter : https://www.insee.fr/fr/metadonnees/source/indicateur/p1669/description et https://www.insee.fr/fr/statistiques/4772485

Pour les niveaux régionaux et départementaux, les résultats sont construits à partir des unités légales dites mono-régionales (resp. monodépartementales), c'est-à-dire dont tous les établissements constituant cette unité sont situés dans la même région (resp. dans le même département). Ils sont ventilés selon les activités : 100 % touristiques, autres activités touristiques et non touristiques.

Les séries régionales et départementales concernent les unités légales monorégionales et monodépartementales pérennes de 2017 à 2021, les secteurs d'étude sont :

  • L'hôtellerie, comprenant les unités relevant des codes NAF "5510Z - Hôtels et hébergement similaire" et "5520Z - Hébergement touristique et autres services d'hébergement de courte durée" ;
  • L’hôtellerie de plein air, comprenant les unités relevant du code NAF "5530Z - Terrains de campings et parcs pour caravances ou véhicules de loisirs" ;
  • La restauration, comprenant les unités relevant du code NAF "5610A - Restauration traditionnelle", 5610B - Cafétérias et autres libres-services" et "5610C - restauration de type rapide".

On élimine les unités qui ont changé de secteur sur la période.

Les séries nationales portent également sur ces 3 secteurs d'étude mais sans condition sur la pérennité, la régionalité et le changement de secteur d'activité.

 

Cartes bancaires

L’évolution des achats opérés peut être appréciée par les données de transactions par carte bancaire. Les données utilisées concernent tout détenteur de Carte Bancaire CB sur le territoire français, ce qui, outre les ménages, peut recouvrir aussi des entreprises. Ces données ne recouvrent pas les transactions réalisées par d’autres moyens de paiement (espèces, chèque, ticket restaurant, etc.). De plus, à l’inverse des données utilisées à l’échelle nationale, notamment dans l’estimation de la perte de consommation des ménages, les données départementales intègrent certaines transactions non assimilables à de la consommation (dons à des associations, achat de timbres fiscaux, etc.). Enfin, les transactions à distance (notamment celles sur internet) ne sont pas prises en compte dans les données départementales (données régionales pour la Corse).

La nomenclature d’activités utilisée sur les données de carte bancaire CB (nomenclature MCC, Merchant Category Code) ne coïncide pas avec la NAF. En outre, il n’existe pas de définition précise de ce que serait un « secteur tourisme », les activités touristiques étant transverses, ce qui complique leur mesure. Pour les données de transactions bancaires, ce seront vingt-cinq items de la nomenclature MCC qui seront agrégés pour approcher les activités touristiques, recouvrant des activités parfois purement touristiques (échoppes de souvenirs et cartes postales, expositions touristiques, parcs d’attractions…), et des activités qui en dépendent partiellement (restauration et bars notamment).

 

Emploi

Le fichier source utilisé est issu des Fichiers « Tous Salariés » 2017 (anciennement appelés DADS-Grand format).

Ces fichiers couvrent l’ensemble des employeurs et des salariés. Ils sont constitués à partir des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS), des Déclarations Sociales Nominatives (DSN), de données provenant du Système d’Information sur les Agents des Services Publics (SIASP) et des déclarations des particuliers employeurs.

La déclaration sociale nominative (DSN) est un fichier mensuel produit à partir des données de paie des salariés. Elle a notamment pour but de remplacer un grand nombre de déclarations administratives qui étaient adressées jusqu’alors à des acteurs différents (CPAM, Urssaf, AGIRC ARRCO, Organismes complémentaires, Pôle emploi, Centre des impôts, Caisses régimes spéciaux, etc.). La DSN regroupe des informations sur le salarié dans une déclaration unique pour communiquer ensuite les informations nécessaires à la gestion de la protection sociale des salariés aux organismes concernés.

Le millésime 2017 est un millésime mixte, dont les données sur le champ privé proviennent de deux sources distinctes : Déclarations sociales Nominatives (DSN) et Déclarations annuelles de données sociales (DADS), les premières se substituant progressivement aux secondes. Il s’agit du deuxième millésime de transition. Cette transition peut entraîner des différences de niveau par rapport aux millésimes antérieurs. Le passage à la DSN permet notamment de mieux capter les courtes périodes d’emploi.

 

Activité partielle

Le dispositif de l’activité partielle (dénomination légale du chômage partiel) permet aux établissements confrontés à des difficultés temporaires de diminuer ou de suspendre leur activité tout en assurant aux salariés une indemnisation égale à 70 % du salaire brut (environ 84 % du net) pour compenser leur perte de salaire. Tous les salariés de droit privé sont concernés, y compris dans les entreprises publiques. Les indemnités d’activité partielle sont remboursées intégralement par l'État et l'Unédic, jusqu’à un plafond de 70 % de 4,5 Smic. Les demandes d’indemnisation sont déposées par les entreprises auprès de la Direccte.

Les arrêts de travail pour maladie sont pris en charge par l’Assurance maladie. Au début du confinement, l’Assurance maladie finance également le dispositif exceptionnel des arrêts de travail dérogatoires pour garde d’enfant (ou pour les personnes vulnérables), lorsque le télétravail est impossible. À partir du 1er mai, les salariés en situation de garde d’enfant ou les personnes vulnérables basculent vers le dispositif d’activité partielle, dans la mesure où ils sont toujours dans l’impossibilité d’exercer leur activité professionnelle.

Ces indicateurs sont calculés à partir de la Déclaration Sociale Nominative (DSN). La DSN remplace la majorité des déclarations sociales imposées aux entreprises en automatisant leur transmission à partir des données de paie. La DSN regroupe des informations sur les établissements et les salariés. Elle est renseignée chaque mois par les entreprises et contient des informations relatives aux salariés de droit privé, notamment sur l’activité partielle et les arrêts de travail.

 

Estimations trimestrielles d’emploi

Les estimations trimestrielles d’emploi sont obtenues par application d’évolutions trimestrielles aux niveaux annuels. Ces évolutions trimestrielles sont calculées à partir de sources administratives. Depuis le premier trimestre 2017, les données sont établies en coproduction avec l'Acoss (champ privé hors intérim) et la Dares (sur l'intérim). L’introduction de la Déclaration sociale nominative (DSN) en remplacement du bordereau récapitulatif de cotisations (BRC) peut transitoirement affecter les comportements déclaratifs des entreprises et générer des révisions accrues sur les données. À partir de la validité du premier trimestre 2018, le champ des estimations trimestrielles d’emploi localisé (ETE) est étendu à l’ensemble de l’emploi salarié et aux départements d’outre-mer (hors Mayotte). Sont ainsi ajoutés les salariés de la fonction publique, de l’agriculture et de l’ensemble des particuliers employeurs.

Définitions

Le taux d’occupation est le rapport du nombre de chambres occupées au nombre de chambres effectivement offertes sur une période donnée (c’est-à-dire en excluant les fermetures saisonnières).

La fréquentation en nuitées correspond au nombre total de nuits passées par les clients dans un établissement touristique. Un couple séjournant trois nuits dans un établissement compte pour six nuitées, de même que six personnes ne séjournant qu’une nuit.

Le taux d’ouverture des hôtels est le nombre d’hôtels déclarés ouverts, rapporté au nombre total d’hôtels sur une période donnée.

Les résidents sont les personnes, quelle que soit leur nationalité, qui ont leur domicile principal en France.

Les activités touristiques : les activités sont classées selon leur degré de « touristicité » tel que défini ci-après :

  • Les activités 100 % touristiques telles que l’hôtellerie, l’hébergement, la gestion des musées, des parcs d’attractions...
  • Les autres activités touristiques telles que la restauration, le transport, le commerce, la gestion des salles de spectacles...
  • Les activités non touristiques (par exemple, la construction, l’industrie, les services administratifs…)

Le secteur « hébergement et restauration » : un secteur regroupe des entreprises de fabrication, de commerce ou de service qui ont la même activité principale (au regard de la nomenclature d'activité économique considérée). L'activité d'un secteur n'est donc pas tout à fait homogène et comprend des productions ou services secondaires qui relèveraient d'autres items de la nomenclature que celui du secteur considéré.

Le secteur « hébergement et restauration » appartient au secteur tertiaire principalement marchand.

Les estimations d'emploi désignent une synthèse de sources permettant une couverture exhaustive de l'emploi total (salarié et non salarié), exprimé en nombre de personnes physiques (et non en nombre de postes de travail), et une ventilation à un niveau sectoriel et géographique assez fin. Elles ont pour objectif la couverture de l'emploi total et la cohérence entre les différents niveaux d'agrégation.

Les estimations d'emploi comportent des estimations annuelles, portant sur l'emploi total au 31 décembre, et des estimations infra-annuelles (trimestrielles), portant sur un champ plus restreint (emploi salarié des secteurs marchands et emploi salarié privé des secteurs non-marchands en France métropolitaine). Les estimations produites avant septembre 2009 se fondaient sur les niveaux d'emploi dans le recensement général de la population de 1999, auxquels sont appliqués des indices d'évolution de l'emploi issus de sources variées, notamment l'enquête Acemo de la Dares et les données des Urssaf (exploitées via les fichiers Epure) et de l'Unédic.

A partir de 2009, les estimations d'emploi annuelles sont calculées à partir du dispositif Estel (Estimations d'emploi localisées), qui se fondent sur l'utilisation des sources administratives en niveau. Pour les salariés, il s'agit des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS « grand format ») contenant, en plus des DADS stricto sensu, les données du fichier de paye des agents de l'État et celles des particuliers employeurs). Pour les non salariés agricoles, les sources mobilisées sont les fichiers de la Mutualité Sociale Agricole (MSA) et pour les non salariés non agricoles, les fichiers de l'Agence Centrale des Organismes de Sécurité Sociale (ACOSS) qui est la Caisse Nationale des Unions de Recouvrement des Cotisations de Sécurité Sociale et d'Allocations Familiales (URSSAF).

Le passage à Estel permet d'améliorer les estimations d'emploi annuelles dans plusieurs dimensions : meilleure qualité des données (prise en compte explicite de la multiactivité, amélioration de la qualité des sources en amont, restriction du nombre de sources utilisées), double localisation au lieu de résidence et au lieu de travail, ventilation plus fine (au niveau géographique et au niveau des catégories de travailleurs), concept d'emploi « répertorié BIT » précis et stable dans le temps, homogénéisation des méthodes et traitements, délais plus courts.

Le concept central d'Estel- le nombre de personnes en emploi- est proche de celui du BIT. La mesure sera datée au 31 décembre de chaque année.

ESTEL estime un nombre de personnes en emploi. Mais à la différence du recensement, l'emploi d'Estel n'est pas déclaratif car appréhendé à partir des sources administratives afin de compter en emploi toute personne dès lors qu'elle a effectué un travail déclaré d'au moins une heure pendant la dernière semaine de l'année ou qu'elle a un lien formel avec son emploi (pour les salariés, il s'agit grosso modo de repérer les contrats de travail « actifs » fin décembre).