Activité touristique : impact de la crise sanitaire Covid19

Chiffres détaillés
Paru le : Paru le 24/06/2022
- Juin 2022
Sommaire

Au quatrième trimestre 2021, la fréquentation hôtelière est inférieure de 12,4 % à son niveau d’avant-criseFréquentation touristique dans les hôtels, campings et autres hébergements collectifs touristiques (AHCT) - quatrième trimestre 2021

Au quatrième trimestre 2021 en France, la fréquentation dans les hébergements collectifs touristiques hors campings, exprimée en nombre de nuitées, est inférieure de 8,6 % à son niveau du quatrième trimestre 2019. La fréquentation est en retrait de −12,4 % dans les hôtels alors que dans les autres hébergements collectifs de tourisme (AHCT), elle a dépassé son niveau d’avant-crise (+2,9 %).

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No 36

Paru le : 11/02/2022

Avertissement : nouveau format pour la publication trimestrielle sur la fréquentation touristique

Les enquêtes de fréquentation touristique ont été très perturbées par la crise sanitaire. Des enquêtes allégées, moins détaillées, ont été réalisées pendant les confinements successifs afin d’assurer le suivi de la fréquentation touristique dans un contexte très contraint pour les hébergements. L’Insee a ainsi pu assurer la continuité de la diffusion de l’information touristique pendant la crise sanitaire, en publiant des synthèses trimestrielles et des bilans saisonniers ainsi que des bilans annuels. Compte tenu de la baisse exceptionnelle de fréquentation en 2020 et en 2021, les évolutions présentées ici sont mesurées par rapport au même trimestre de 2019, ce qui permet de comparer les résultats du dernier trimestre 2021 à ceux observés avant la crise.

Au quatrième trimestre 2021 en France, la fréquentation dans les hébergements collectifs touristiques hors campings, exprimée en nombre de nuitées, est inférieure de 8,6 % à son niveau du quatrième trimestre 2019. La fréquentation est en retrait de −12,4 % dans les hôtels alors que dans les autres hébergements collectifs de tourisme (AHCT), elle a dépassé son niveau d’avant-crise (+2,9 %).

Les nuitées hôtelières n’ont pas retrouvé leur niveau d’avant-crise

Comme pendant l'été 2021, la fréquentation hôtelière du quatrième trimestre est portée par la clientèle résidant en France, dont le nombre de nuitées est proche de son niveau d'avant-crise (−3,0 %). La fréquentation des touristes non-résidents reste quant à elle nettement en retrait (−32,6 %).

Évolution des nuitées hôtelières trimestrielles par rapport aux mêmes trimestres 2019 *

en %
  • * données définitives jusqu’en novembre 2021, provisoires pour décembre 2021
  • Lecture : au 4ème trimestre 2021, le nombre de nuitées hôtelières est inférieur de 12,4 % à celui du 4ème trimestre 2019
  • Champ : France entière
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux du tourisme (CRT)

Le retour de la clientèle résidente profite en premier lieu aux hôtels de haut de gamme, classés 4 ou 5 étoiles. Le nombre de nuitées des résidents dans cette catégorie augmente de 650 000 (soit +9,0 %) par rapport au dernier trimestre 2019. Mais la fréquentation des touristes non résidents baisse fortement (2 100 000 nuitées en moins) et reste très en deçà de son niveau d’avant-crise (−33,8 %), si bien qu'au total la fréquentation dans ces hôtels reste de 11,0 % inférieure au niveau du quatrième trimestre 2019. La baisse est un peu moins marquée dans les hôtels classés 3 étoiles (−6,9 %), qui perdent cependant plus de 1 200 000 nuitées sur la période.

La chute de fréquentation est importante concernant les hôtels classés 1 ou 2 étoiles, qui perdent 1 600 000 nuitées (−16,0 % par rapport au niveau d'avant-crise), et les hôtels non classés (1 500 000 nuitées en moins, soit −25,2 %). Dans les deux cas, la baisse résulte tout à la fois de la lourde chute de la fréquentation des non-résidents et du recul prononcé de la fréquentation de la clientèle résidente.

En Île-de-France, la fréquentation hôtelière est loin d'avoir retrouvé son niveau d’avant-crise (−21,1 %), ni pour la clientèle résidente ni surtout pour la clientèle non-résidente. Dans les hôtels urbains de province, la baisse de la fréquentation est moins marquée (−10,5 %).

Sur le littoral, la baisse de fréquentation par rapport au dernier trimestre 2019 (−2,0 % pour les nuitées) est beaucoup moins forte qu’en Île-de-France, la hausse des nuitées résidentes (+8,9 %) contrebalançant en partie la chute des nuitées non résidentes (−37,1 %).

Nuitées dans les hébergements collectifs touristiques hors campings - quatrième trimestre 2021 *

Nuitées dans les hébergements collectifs touristiques hors campings - quatrième trimestre 2021 * - Lecture : dans les hôtels du littoral, le nombre de nuitées résidentes est supérieur de 8,9 % à celui de 2019
Nuitées du trimestre Évolution par rapport au 4ème trimestre 2019 (en %)
Totales (en millions) % de nuitées des non-résidents Totales Résidents Non-résidents
Total 57,7 20,8 -8,6 0,9 -32,7
Hôtels 41,7 24,3 -12,4 -3,0 -32,6
Non classés 8,5 16,0 -25,2 -20,7 -42,9
1 et 2 étoiles 16,5 23,5 -16,0 -10,4 -36,6
3 étoiles 12,1 34,8 -6,9 1,7 -26,9
4 et 5 étoiles 4,6 15,5 -11,0 9,0 -33,8
Île-de-France 13,7 44,1 -21,1 -9,2 -32,4
Littoral 6,3 15,3 -2,0 8,9 -37,1
Massif de ski 1,3 20,2 3,6 17,8 -29,7
Urbain de province 15,9 14,6 -10,5 -5,2 -32,7
Autres espaces métropolitains 3,5 13,1 -2,3 1,3 -21,2
DOM 1,0 10,1 -15,0 -10,0 -43,1
Autres hébergements collectifs touristiques 16,0 11,8 2,9 10,8 -33,1
Résidences de tourisme 13,0 12,3 2,6 11,2 -33,8
Autres 3,0 9,3 4,1 9,4 -29,0
Île-de-France 2,4 19,2 -15,4 -2,7 -45,4
Littoral 3,8 9,3 16,5 22,6 -21,5
Massif de ski 2,6 16,1 10,2 18,7 -19,8
Urbain de province 4,5 9,1 0,9 8,1 -39,2
Autres espaces métropolitains 2,7 8,9 2,2 6,2 -26,4
  • * données définitives jusqu’en novembre 2021, provisoires pour décembre 2021
  • Lecture : dans les hôtels du littoral, le nombre de nuitées résidentes est supérieur de 8,9 % à celui de 2019
  • Champ : France entière pour les hôtels, France métropolitaine pour les AHCT
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux du tourisme (CRT)

Les nuitées hôtelières passées en France par les touristes du Royaume-Uni ont été divisées par deux par rapport à la fin 2019

Au quatrième trimestre 2021, les nuitées hôtelières de la clientèle en provenance du Royaume-Uni sont deux fois moins nombreuses qu’avant la crise, dans un contexte marqué par les restrictions sanitaires régissant les voyages entre les pays et par le Brexit.

Dans une moindre mesure les nuitées allemandes sont également en baisse (−15,0 %), tandis que la clientèle belge est quant à elle revenue à son niveau de fin 2019 (+0,1 %).

Le tourisme d’affaires, en baisse de 16,8 %, a légèrement perdu de son importance et représente 49,6 % des nuitées hôtelières, contre 52,5 % deux ans auparavant. Cette baisse des nuitées d’affaires est cependant marquée en Île-de-France (−27,3 %).

Nuitées hôtelières selon la provenance de la clientèle (1)

Nuitées hôtelières selon la provenance de la clientèle (1)
T4 2021 (en millions) Évolution par rapport au T4 2019 (en %)
Nuitées résidentes 31,6 -3,0
Nuitées non résidentes 10,1 -32,6
Nuitées européennes 7,5 -19,8
dont Allemagne 1,1 -15,0
dont Belgique 0,9 0,1
dont Pays-Bas 0,6 14,0 (2)
dont Royaume-Uni 0,9 -48,9
Nuitées États-Unis 1,1 -42,0 (2)
Autres nuitées non résidentes 1,5 -53,5
Nuitées totales 41,7 -12,4
  • (1) : données définitives jusqu’en novembre 2021, provisoires pour décembre 2021
  • (2) : En 2019, l’information sur les nuitées en provenance des Pays-Bas et des États-Unis n’était pas disponible dans les DOM.
  • L’évolution 2019/2021 des nuitées de ces deux pays est ici calculée pour la seule France métropolitaine
  • Champ : France entière, y compris DOM
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux du tourisme (CRT)

Retour de la clientèle nationale dans les autres hébergements collectifs de tourisme

Dans les résidences de tourisme, la fréquentation au quatrième trimestre 2021 est légèrement supérieure à celle du dernier trimestre 2019. Le retour de la clientèle est particulièrement marqué dans les établissements situés sur le littoral et dans les massifs de ski.

Évolution des nuitées trimestrielles dans les autres hébergements collectifs de tourisme (AHCT) par rapport aux mêmes trimestres 2019 *

en %
  • * données définitives jusqu’en novembre 2021, provisoires pour décembre 2021
  • Lecture : au 4ème trimestre 2021, dans les AHCT le nombre de nuitées est de 2,9 % supérieur à celui du 4ème trimestre 2019
  • Champ : France métropolitaine
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux du tourisme (CRT)

Pour en savoir plus

Révision des séries concernant les hôtels, les campings et les autres hébergements collectifs touristiques (AHCT) : depuis le 1er janvier 2019, les données des hôtels non répondants sont imputées au moyen d’une nouvelle méthode, en fonction de leurs caractéristiques. Cette méthode d’imputation de la non-réponse tend à revoir légèrement à la baisse le nombre total de nuitées (−0,9 % au quatrième trimestre 2018) mais n’a pas d’impact sur les évolutions trimestrielles. Cette méthode a été mise en place également pour les AHCT en 2020. Les données utilisées dans cette publication ont été recalculées pour l’année 2019 afin d’établir des comparaisons à méthode constante.

Prochaine publication : le mercredi 11 mai 2022 à 12h.

Sources

Enquête mensuelle de fréquentation touristique

L’enquête mensuelle de fréquentation touristique conduite par l’Insee auprès des hébergements collectifs de tourisme a été suspendue en mars 2020 compte tenu de la crise sanitaire liée à la Covid-19. Un dispositif d’enquête allégée a été mis en place d’avril à juin 2020 uniquement pour les hôtels, permettant de disposer d’un nombre restreint d’indicateurs et de connaître le type de personnes hébergées (touristes, personnels soignants, personnes confinées, personnes placées par les services sociaux du type Samu social).

Les données du premier trimestre 2020 ont été produites dans le contexte très particulier de la crise sanitaire. À partir du 18 mars, l'enquête de fréquentation touristique a été suspendue. De ce fait, seules les réponses spontanées des hébergements ont été prises en compte, les services d'enquêtes n'étant plus en capacité de relancer les hébergements.

L’enquête mensuelle de fréquentation touristique a été remise en œuvre en juillet 2020.

 

Chiffre d'affaires

Les résultats sont construits à partir d’une source fiscale, le formulaire « CA3 », que les entreprises remplissent pour le paiement de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Ce formulaire comprend le chiffre d’affaires hors TVA, toutes activités confondues, de l’entreprise déclarante, classée selon son activité principale.

Au niveau national l'Insee diffuse mensuellement des indices de chiffres, pour plus d'information consulter : https://www.insee.fr/fr/metadonnees/source/indicateur/p1669/description et https://www.insee.fr/fr/statistiques/4772485

Pour les niveaux régionaux et départementaux, les résultats sont construits à partir des unités légales dites mono-régionales (resp. monodépartementales), c'est-à-dire dont tous les établissements constituant cette unité sont situés dans la même région (resp. dans le même département). Ils sont ventilés selon les activités : 100 % touristiques, autres activités touristiques et non touristiques.

Les séries régionales et départementales concernent les unités légales monorégionales et monodépartementales pérennes de 2017 à 2021, les secteurs d'étude sont :

  • L'hôtellerie, comprenant les unités relevant des codes NAF "5510Z - Hôtels et hébergement similaire" et "5520Z - Hébergement touristique et autres services d'hébergement de courte durée" ;
  • L’hôtellerie de plein air, comprenant les unités relevant du code NAF "5530Z - Terrains de campings et parcs pour caravances ou véhicules de loisirs" ;
  • La restauration, comprenant les unités relevant du code NAF "5610A - Restauration traditionnelle", 5610B - Cafétérias et autres libres-services" et "5610C - restauration de type rapide".

On élimine les unités qui ont changé de secteur sur la période.

Les séries nationales portent également sur ces 3 secteurs d'étude mais sans condition sur la pérennité, la régionalité et le changement de secteur d'activité.

 

Cartes bancaires

L’évolution des achats opérés peut être appréciée par les données de transactions par carte bancaire. Les données utilisées concernent tout détenteur de Carte Bancaire CB sur le territoire français, ce qui, outre les ménages, peut recouvrir aussi des entreprises. Ces données ne recouvrent pas les transactions réalisées par d’autres moyens de paiement (espèces, chèque, ticket restaurant, etc.). De plus, à l’inverse des données utilisées à l’échelle nationale, notamment dans l’estimation de la perte de consommation des ménages, les données départementales intègrent certaines transactions non assimilables à de la consommation (dons à des associations, achat de timbres fiscaux, etc.). Enfin, les transactions à distance (notamment celles sur internet) ne sont pas prises en compte dans les données départementales (données régionales pour la Corse).

La nomenclature d’activités utilisée sur les données de carte bancaire CB (nomenclature MCC, Merchant Category Code) ne coïncide pas avec la NAF. En outre, il n’existe pas de définition précise de ce que serait un « secteur tourisme », les activités touristiques étant transverses, ce qui complique leur mesure. Pour les données de transactions bancaires, ce seront vingt-cinq items de la nomenclature MCC qui seront agrégés pour approcher les activités touristiques, recouvrant des activités parfois purement touristiques (échoppes de souvenirs et cartes postales, expositions touristiques, parcs d’attractions…), et des activités qui en dépendent partiellement (restauration et bars notamment).

 

 

Activité partielle

Le dispositif de l’activité partielle (dénomination légale du chômage partiel) permet aux établissements confrontés à des difficultés temporaires de diminuer ou de suspendre leur activité tout en assurant aux salariés une indemnisation égale à 70 % du salaire brut (environ 84 % du net) pour compenser leur perte de salaire. Tous les salariés de droit privé sont concernés, y compris dans les entreprises publiques. Les indemnités d’activité partielle sont remboursées intégralement par l'État et l'Unédic, jusqu’à un plafond de 70 % de 4,5 Smic. Les demandes d’indemnisation sont déposées par les entreprises auprès de la Direccte.

Les arrêts de travail pour maladie sont pris en charge par l’Assurance maladie. Au début du confinement, l’Assurance maladie finance également le dispositif exceptionnel des arrêts de travail dérogatoires pour garde d’enfant (ou pour les personnes vulnérables), lorsque le télétravail est impossible. À partir du 1er mai, les salariés en situation de garde d’enfant ou les personnes vulnérables basculent vers le dispositif d’activité partielle, dans la mesure où ils sont toujours dans l’impossibilité d’exercer leur activité professionnelle.

Ces indicateurs sont calculés à partir de la Déclaration Sociale Nominative (DSN). La DSN remplace la majorité des déclarations sociales imposées aux entreprises en automatisant leur transmission à partir des données de paie. La DSN regroupe des informations sur les établissements et les salariés. Elle est renseignée chaque mois par les entreprises et contient des informations relatives aux salariés de droit privé, notamment sur l’activité partielle et les arrêts de travail.

 

Définitions

Le taux d’occupation est le rapport du nombre de chambres occupées au nombre de chambres effectivement offertes sur une période donnée (c’est-à-dire en excluant les fermetures saisonnières).

La fréquentation en nuitées correspond au nombre total de nuits passées par les clients dans un établissement touristique. Un couple séjournant trois nuits dans un établissement compte pour six nuitées, de même que six personnes ne séjournant qu’une nuit.

Le taux d’ouverture des hôtels est le nombre d’hôtels déclarés ouverts, rapporté au nombre total d’hôtels sur une période donnée.

Les résidents sont les personnes, quelle que soit leur nationalité, qui ont leur domicile principal en France.

Le secteur « hébergement et restauration » : un secteur regroupe des entreprises de fabrication, de commerce ou de service qui ont la même activité principale (au regard de la nomenclature d'activité économique considérée). L'activité d'un secteur n'est donc pas tout à fait homogène et comprend des productions ou services secondaires qui relèveraient d'autres items de la nomenclature que celui du secteur considéré.

Le secteur « hébergement et restauration » appartient au secteur tertiaire principalement marchand.