Activité touristique : impact de la crise sanitaire Covid19

Chiffres détaillés
Paru le : Paru le 17/03/2022
Séverine Bertrand (Insee)
- Mars 2022
Sommaire

Été 2020 : une éclaircie en juillet-août pour les hôtels d’Occitanie

Séverine Bertrand (Insee)

La première période de confinement liée à l’épidémie de Covid-19 touche de plein fouet l’activité touristique en Occitanie durant la saison d’été 2020. Entre avril et septembre, les nuitées hôtelières de la région sont ainsi divisées par deux par rapport à la saison d’été 2019. Néanmoins, les mois de juillet et août permettent au secteur de reprendre des couleurs, grâce à la clientèle venant de France. La campagne, la montagne et le littoral tirent ainsi leur épingle du jeu. En revanche, Lourdes, deuxième ville hôtelière de France, et les territoires urbains sont fortement impactés par la désaffection des touristes. La situation se dégrade à nouveau en septembre.

La crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19 impacte durement le secteur touristique, en Occitanie comme en France. Sur l’ensemble de la saison estivale, d’avril à septembre 2020, les nuitées hôtelières diminuent de moitié dans la région par rapport à la saison d’été 2019 (figure 1). Avec une activité quasi à l’arrêt en avril et mai, la fréquentation touristique entame une reprise au mois de juin, tout en restant limitée (encadré). En juillet, la levée des restrictions de déplacement, conjuguée à l’arrivée des vacances scolaires, permet au secteur de retrouver des couleurs.

Figure 1En août, la fréquentation hôtelière se rapproche du niveau de 2019Nombre de nuitées dans les hôtels durant les saisons d’été en Occitanie

En août, la fréquentation hôtelière se rapproche du niveau de 2019
Mois Nombre de nuitées 2019 Nombre de nuitées 2020
Avril 1 347 169 51 787
Mai 1 514 681 108 109
Juin 1 731 812 547 212
Juillet 1 994 385 1 409 756
Août 2 381 748 2 047 273
Septembre 1 765 931 1 150 897
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme, enquêtes de fréquentation des hébergements collectifs touristiques

Figure 1En août, la fréquentation hôtelière se rapproche du niveau de 2019Nombre de nuitées dans les hôtels durant les saisons d’été en Occitanie

  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme, enquêtes de fréquentation des hébergements collectifs touristiques

Juillet et août : les touristes résidents sauvent la saison des hôtels

En juillet-août, le nombre de nuitées dans les hôtels d’Occitanie baisse de 21 % par rapport à 2019, une évolution plus favorable qu’en France métropolitaine où la fréquentation diminue de 29 % sur la même période. En Occitanie, comme dans les autres régions, la présence de la clientèle résidant en France compense en partie l’absence de clientèle en provenance de l’étranger. Les nuitées des touristes résidents diminuent de 2 %, alors que dans le même temps, les nuitées des non-résidents chutent de 70 %.

La reprise est la plus nette au mois d’août, avec une fréquentation en baisse de 14 %, alors qu’en juillet les nuitées dans les hôtels diminuent de 29 %. En août, les touristes résidents, confrontés aux restrictions de déplacement à l’étranger, optent pour des vacances en France : dans la région, leurs nuitées progressent de 4,4 % par rapport à août 2019.

La reprise de l’activité touristique se mesure aussi à travers l’évolution du chiffre d’affaires de l’hôtellerie et de la restauration (figure complémentaire 1). En juillet, dans la région, le chiffre d’affaires baisse de 32 % dans l’hôtellerie et de 3 % dans la restauration, après des baisses de respectivement - 63 % et - 23 % en juin. Dans l’hôtellerie, le chiffre d’affaires s’améliore au mois d’août, avec un recul limité à 12 % par rapport à août 2019. Dans la restauration, il marque le pas avec une baisse d’activité de 7 %, légèrement supérieure au mois précédent.

Ces évolutions régionales masquent cependant de fortes disparités entre départements (figure complémentaire 2) : les Hautes-Pyrénées et la Haute-Garonne enregistrent encore une baisse importante de leur chiffre d’affaires dans l’hôtellerie en août (respectivement - 53 % et - 30 % par rapport à août 2019). En revanche, l’activité hôtelière progresse en Lozère, dans le Lot, l’Aveyron et le Tarn-et-Garonne.

Dans la restauration, les différences sont également marquées. En août, le chiffre d’affaires ne progresse que dans deux départements : l’Ariège (+ 16 %) et la Lozère (+ 7 %). À l’inverse, dans les autres départements l’activité diminue, notamment dans les restaurants des Hautes-Pyrénées (- 18 %), de la Haute-Garonne et de l’Aude (- 13 %).

Littoral, campagne et montagne tirent leur épingle du jeu

En juillet-août, la fréquentation hôtelière sur le littoral est en hausse de 1,6 % (figure 2). Une évolution favorable grâce à la présence de la clientèle résidente, dont les nuitées progressent de 12 %.

Figure 2Une saison estivale très difficile pour Lourdes et l’espace urbainEvolution 2020/2019 (en %) des nuitées hôtelières par espaces touristiques d’Occitanie durant la saison d’été

Une saison estivale très difficile pour Lourdes et l’espace urbain
Évolution 2020/2019 (%)
Juillet Août Septembre
Littoral + 3,0 + 0,5 - 16,5
Urbain - 27,6 - 10,3 - 33,0
Urbain hors métropoles - 23,8 - 6,3 - 26,6
Toulouse Métropole - 47,9 - 32,2 - 43,8
Montpellier Méditerranée Métropole - 10,9 + 1,0 - 35,4
Rural - 9,8 + 2,2 - 17,1
Montagne pyrénéenne - 11,9 + 1,8 - 22,4
Lourdes - 93,7 - 74,9 - 79,8
Massif central + 11,5 + 15,2 + 6,7
Occitanie - 29,3 - 14,0 - 34,8
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme, enquêtes de fréquentation des hébergements collectifs touristiques

Par ailleurs, à la crise sanitaire de la Covid-19, s’ajoutent des épisodes de canicule qui poussent les vacanciers à se tourner vers des destinations aux températures plus douces et aux territoires moins denses. Ainsi, en juillet et en août, la fréquentation des hôtels du Massif central progresse de 14 %, et diminue peu en zone rurale et de montagne (respectivement - 3 % et - 4 % par rapport à 2019). Dans ces territoires, l’évolution est particulièrement favorable en août, grâce à la clientèle résidente.

Durant l’été, les touristes optent aussi pour des séjours en camping, hébergement très prisé en Occitanie. Fin août, les campings de la région réalisent sur les 12 derniers mois, 85 % du chiffre d’affaires de l’année précédente.

L’espace urbain et Lourdes, durement impactés

À l’opposé, la situation est difficile pour les territoires urbains, davantage touchés par la désaffection des touristes, notamment non résidents. C’est le cas en particulier dans la métropole toulousaine où les nuitées diminuent de 40 % en juillet-août. Dans la métropole montpelliéraine, la baisse se limite à 4 %, sans doute grâce à la proximité du littoral. Dans le reste de l’urbain, la fréquentation recule de 14 %.

Les territoires urbains sont les plus impactés par le recul de la clientèle d’affaires dont les nuitées baissent de 36 % en juillet et août par rapport à 2019.

La crise sanitaire affecte durement le tourisme dans la ville de Lourdes, deuxième ville hôtelière de France. En juillet-août, mois où l’affluence touristique est habituellement à son maximum, les hôtels n’enregistrent que 105 000 nuitées, soit 16 % du volume de l’année précédente. Face à l’annulation des pèlerinages organisés, de nombreux hôtels sont restés fermés. La cité mariale est en effet très dépendante des touristes en provenance de l’étranger, qui représentent environ deux tiers de la fréquentation hôtelière en juillet et en août, mais aussi des réservations de groupe. Dans ce contexte, les nuitées de la clientèle non résidente s’effondrent (- 94 %).

Un mois de septembre décevant

En septembre, la reprise de l’épidémie de Covid-19 et le renforcement des mesures de restrictions sanitaires impactent fortement l’activité des hôtels de la région avec une fréquentation en baisse de 35 % par rapport à septembre 2019.

Avec l’annonce de confinement dans certains pays et la limitation des déplacements, le mois de septembre n’a pas été propice au retour de la clientèle en provenance de l’étranger. Les nuitées des non-résidents chutent de 81 %. En outre, de façon générale, la clientèle de groupe (seniors, scolaires) est largement absente, ce qui pèse sur les résultats de septembre.

La baisse de fréquentation est importante dans l’espace urbain (- 33 %), en particulier pour Toulouse Métropole (- 44 %). Le développement du travail à distance et l’annulation de nombreux événements contribuent à une baisse du tourisme d’affaires dans ces territoires. En septembre, dans la métropole toulousaine, la fréquentation de la clientèle d’affaires chute de 49 %.

Encadré - L’avant-saison touristique mise à l’arrêt par la crise sanitaire

Le confinement mis en place à la mi-mars, puis l’interdiction de circuler à plus de 100 km de son domicile, portent un coup d’arrêt à l’activité hôtelière. Seuls 23 % des hôtels de la région sont ouverts en avril et 38 % en mai. Sur ces deux mois, les nuitées dans les hôtels d’Occitanie chutent de 94 %, par rapport aux mêmes mois de 2019. Avec le déconfinement progressif à partir du 11 mai puis du 2 juin, la reprise s’amorce en juin avec la réouverture de 78 % des hébergements dans la région. Cependant la baisse des nuitées reste encore très prononcée : - 68 % par rapport à juin 2019.

Sources

L’enquête de fréquentation touristique, réalisée mensuellement par l’Insee en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme, porte sur les hébergements collectifs touristiques : hôtels, campings et autres hébergements collectifs touristiques. Compte tenu de la crise sanitaire liée à la Covid-19, d’avril à juin 2020, cette enquête a été remplacée par un dispositif allégé portant uniquement sur les hôtels. L’enquête mensuelle de fréquentation a repris en juillet 2020. Cependant, seuls les résultats de fréquentation des hôtels ont pu être exploités pour cette publication. Ces chiffres sont provisoires et amenés à être révisés.

Définitions

Le taux d’occupation est le rapport du nombre de chambres occupées au nombre de chambres effectivement offertes sur une période donnée (c’est-à-dire en excluant les fermetures saisonnières).

La fréquentation en nuitées correspond au nombre total de nuits passées par les clients dans un établissement touristique. Un couple séjournant trois nuits dans un établissement compte pour six nuitées, de même que six personnes ne séjournant qu’une nuit.

Le taux d’ouverture des hôtels est le nombre d’hôtels déclarés ouverts, rapporté au nombre total d’hôtels sur une période donnée.

Les résidents sont les personnes, quelle que soit leur nationalité, qui ont leur domicile principal en France.

Les activités touristiques : les activités sont classées selon leur degré de « touristicité » tel que défini ci-après :

  • Les activités 100 % touristiques telles que l’hôtellerie, l’hébergement, la gestion des musées, des parcs d’attractions...
  • Les autres activités touristiques telles que la restauration, le transport, le commerce, la gestion des salles de spectacles...
  • Les activités non touristiques (par exemple, la construction, l’industrie, les services administratifs…)

Le secteur « hébergement et restauration » : un secteur regroupe des entreprises de fabrication, de commerce ou de service qui ont la même activité principale (au regard de la nomenclature d'activité économique considérée). L'activité d'un secteur n'est donc pas tout à fait homogène et comprend des productions ou services secondaires qui relèveraient d'autres items de la nomenclature que celui du secteur considéré.

Le secteur « hébergement et restauration » appartient au secteur tertiaire principalement marchand.

Les estimations d'emploi désignent une synthèse de sources permettant une couverture exhaustive de l'emploi total (salarié et non salarié), exprimé en nombre de personnes physiques (et non en nombre de postes de travail), et une ventilation à un niveau sectoriel et géographique assez fin. Elles ont pour objectif la couverture de l'emploi total et la cohérence entre les différents niveaux d'agrégation.

Les estimations d'emploi comportent des estimations annuelles, portant sur l'emploi total au 31 décembre, et des estimations infra-annuelles (trimestrielles), portant sur un champ plus restreint (emploi salarié des secteurs marchands et emploi salarié privé des secteurs non-marchands en France métropolitaine). Les estimations produites avant septembre 2009 se fondaient sur les niveaux d'emploi dans le recensement général de la population de 1999, auxquels sont appliqués des indices d'évolution de l'emploi issus de sources variées, notamment l'enquête Acemo de la Dares et les données des Urssaf (exploitées via les fichiers Epure) et de l'Unédic.

A partir de 2009, les estimations d'emploi annuelles sont calculées à partir du dispositif Estel (Estimations d'emploi localisées), qui se fondent sur l'utilisation des sources administratives en niveau. Pour les salariés, il s'agit des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS « grand format ») contenant, en plus des DADS stricto sensu, les données du fichier de paye des agents de l'État et celles des particuliers employeurs). Pour les non salariés agricoles, les sources mobilisées sont les fichiers de la Mutualité Sociale Agricole (MSA) et pour les non salariés non agricoles, les fichiers de l'Agence Centrale des Organismes de Sécurité Sociale (ACOSS) qui est la Caisse Nationale des Unions de Recouvrement des Cotisations de Sécurité Sociale et d'Allocations Familiales (URSSAF).

Le passage à Estel permet d'améliorer les estimations d'emploi annuelles dans plusieurs dimensions : meilleure qualité des données (prise en compte explicite de la multiactivité, amélioration de la qualité des sources en amont, restriction du nombre de sources utilisées), double localisation au lieu de résidence et au lieu de travail, ventilation plus fine (au niveau géographique et au niveau des catégories de travailleurs), concept d'emploi « répertorié BIT » précis et stable dans le temps, homogénéisation des méthodes et traitements, délais plus courts.

Le concept central d'Estel- le nombre de personnes en emploi- est proche de celui du BIT. La mesure sera datée au 31 décembre de chaque année.

ESTEL estime un nombre de personnes en emploi. Mais à la différence du recensement, l'emploi d'Estel n'est pas déclaratif car appréhendé à partir des sources administratives afin de compter en emploi toute personne dès lors qu'elle a effectué un travail déclaré d'au moins une heure pendant la dernière semaine de l'année ou qu'elle a un lien formel avec son emploi (pour les salariés, il s'agit grosso modo de repérer les contrats de travail « actifs » fin décembre).

Voir l’onglet Documentation de la page « Activité touristique : impact de la crise sanitaire Covid19 » sur insee.fr

Pour en savoir plus

Sources

Enquête mensuelle de fréquentation touristique

L’enquête mensuelle de fréquentation touristique conduite par l’Insee auprès des hébergements collectifs de tourisme a été suspendue en mars 2020 compte tenu de la crise sanitaire liée à la Covid-19. Un dispositif d’enquête allégée a été mis en place d’avril à juin 2020 uniquement pour les hôtels, permettant de disposer d’un nombre restreint d’indicateurs et de connaître le type de personnes hébergées (touristes, personnels soignants, personnes confinées, personnes placées par les services sociaux du type Samu social).

Les données du premier trimestre 2020 ont été produites dans le contexte très particulier de la crise sanitaire. À partir du 18 mars, l'enquête de fréquentation touristique a été suspendue. De ce fait, seules les réponses spontanées des hébergements ont été prises en compte, les services d'enquêtes n'étant plus en capacité de relancer les hébergements.

L’enquête mensuelle de fréquentation touristique a été remise en œuvre en juillet 2020.

 

Chiffre d'affaires

Les résultats sont construits à partir d’une source fiscale, le formulaire « CA3 », que les entreprises remplissent pour le paiement de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Ce formulaire comprend le chiffre d’affaires hors TVA, toutes activités confondues, de l’entreprise déclarante, classée selon son activité principale.

Au niveau national l'Insee diffuse mensuellement des indices de chiffres, pour plus d'information consulter : https://www.insee.fr/fr/metadonnees/source/indicateur/p1669/description et https://www.insee.fr/fr/statistiques/4772485

Pour les niveaux régionaux et départementaux, les résultats sont construits à partir des unités légales dites mono-régionales (resp. monodépartementales), c'est-à-dire dont tous les établissements constituant cette unité sont situés dans la même région (resp. dans le même département). Ils sont ventilés selon les activités : 100 % touristiques, autres activités touristiques et non touristiques.

Les séries régionales et départementales concernent les unités légales monorégionales et monodépartementales pérennes de 2017 à 2021, les secteurs d'étude sont :

  • L'hôtellerie, comprenant les unités relevant des codes NAF "5510Z - Hôtels et hébergement similaire" et "5520Z - Hébergement touristique et autres services d'hébergement de courte durée" ;
  • L’hôtellerie de plein air, comprenant les unités relevant du code NAF "5530Z - Terrains de campings et parcs pour caravances ou véhicules de loisirs" ;
  • La restauration, comprenant les unités relevant du code NAF "5610A - Restauration traditionnelle", 5610B - Cafétérias et autres libres-services" et "5610C - restauration de type rapide".

On élimine les unités qui ont changé de secteur sur la période.

Les séries nationales portent également sur ces 3 secteurs d'étude mais sans condition sur la pérennité, la régionalité et le changement de secteur d'activité.

 

Cartes bancaires

L’évolution des achats opérés peut être appréciée par les données de transactions par carte bancaire. Les données utilisées concernent tout détenteur de Carte Bancaire CB sur le territoire français, ce qui, outre les ménages, peut recouvrir aussi des entreprises. Ces données ne recouvrent pas les transactions réalisées par d’autres moyens de paiement (espèces, chèque, ticket restaurant, etc.). De plus, à l’inverse des données utilisées à l’échelle nationale, notamment dans l’estimation de la perte de consommation des ménages, les données départementales intègrent certaines transactions non assimilables à de la consommation (dons à des associations, achat de timbres fiscaux, etc.). Enfin, les transactions à distance (notamment celles sur internet) ne sont pas prises en compte dans les données départementales (données régionales pour la Corse).

La nomenclature d’activités utilisée sur les données de carte bancaire CB (nomenclature MCC, Merchant Category Code) ne coïncide pas avec la NAF. En outre, il n’existe pas de définition précise de ce que serait un « secteur tourisme », les activités touristiques étant transverses, ce qui complique leur mesure. Pour les données de transactions bancaires, ce seront vingt-cinq items de la nomenclature MCC qui seront agrégés pour approcher les activités touristiques, recouvrant des activités parfois purement touristiques (échoppes de souvenirs et cartes postales, expositions touristiques, parcs d’attractions…), et des activités qui en dépendent partiellement (restauration et bars notamment).

 

Emploi

Le fichier source utilisé est issu des Fichiers « Tous Salariés » 2017 (anciennement appelés DADS-Grand format).

Ces fichiers couvrent l’ensemble des employeurs et des salariés. Ils sont constitués à partir des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS), des Déclarations Sociales Nominatives (DSN), de données provenant du Système d’Information sur les Agents des Services Publics (SIASP) et des déclarations des particuliers employeurs.

La déclaration sociale nominative (DSN) est un fichier mensuel produit à partir des données de paie des salariés. Elle a notamment pour but de remplacer un grand nombre de déclarations administratives qui étaient adressées jusqu’alors à des acteurs différents (CPAM, Urssaf, AGIRC ARRCO, Organismes complémentaires, Pôle emploi, Centre des impôts, Caisses régimes spéciaux, etc.). La DSN regroupe des informations sur le salarié dans une déclaration unique pour communiquer ensuite les informations nécessaires à la gestion de la protection sociale des salariés aux organismes concernés.

Le millésime 2017 est un millésime mixte, dont les données sur le champ privé proviennent de deux sources distinctes : Déclarations sociales Nominatives (DSN) et Déclarations annuelles de données sociales (DADS), les premières se substituant progressivement aux secondes. Il s’agit du deuxième millésime de transition. Cette transition peut entraîner des différences de niveau par rapport aux millésimes antérieurs. Le passage à la DSN permet notamment de mieux capter les courtes périodes d’emploi.

 

Activité partielle

Le dispositif de l’activité partielle (dénomination légale du chômage partiel) permet aux établissements confrontés à des difficultés temporaires de diminuer ou de suspendre leur activité tout en assurant aux salariés une indemnisation égale à 70 % du salaire brut (environ 84 % du net) pour compenser leur perte de salaire. Tous les salariés de droit privé sont concernés, y compris dans les entreprises publiques. Les indemnités d’activité partielle sont remboursées intégralement par l'État et l'Unédic, jusqu’à un plafond de 70 % de 4,5 Smic. Les demandes d’indemnisation sont déposées par les entreprises auprès de la Direccte.

Les arrêts de travail pour maladie sont pris en charge par l’Assurance maladie. Au début du confinement, l’Assurance maladie finance également le dispositif exceptionnel des arrêts de travail dérogatoires pour garde d’enfant (ou pour les personnes vulnérables), lorsque le télétravail est impossible. À partir du 1er mai, les salariés en situation de garde d’enfant ou les personnes vulnérables basculent vers le dispositif d’activité partielle, dans la mesure où ils sont toujours dans l’impossibilité d’exercer leur activité professionnelle.

Ces indicateurs sont calculés à partir de la Déclaration Sociale Nominative (DSN). La DSN remplace la majorité des déclarations sociales imposées aux entreprises en automatisant leur transmission à partir des données de paie. La DSN regroupe des informations sur les établissements et les salariés. Elle est renseignée chaque mois par les entreprises et contient des informations relatives aux salariés de droit privé, notamment sur l’activité partielle et les arrêts de travail.

 

Estimations trimestrielles d’emploi

Les estimations trimestrielles d’emploi sont obtenues par application d’évolutions trimestrielles aux niveaux annuels. Ces évolutions trimestrielles sont calculées à partir de sources administratives. Depuis le premier trimestre 2017, les données sont établies en coproduction avec l'Acoss (champ privé hors intérim) et la Dares (sur l'intérim). L’introduction de la Déclaration sociale nominative (DSN) en remplacement du bordereau récapitulatif de cotisations (BRC) peut transitoirement affecter les comportements déclaratifs des entreprises et générer des révisions accrues sur les données. À partir de la validité du premier trimestre 2018, le champ des estimations trimestrielles d’emploi localisé (ETE) est étendu à l’ensemble de l’emploi salarié et aux départements d’outre-mer (hors Mayotte). Sont ainsi ajoutés les salariés de la fonction publique, de l’agriculture et de l’ensemble des particuliers employeurs.

Définitions

Le taux d’occupation est le rapport du nombre de chambres occupées au nombre de chambres effectivement offertes sur une période donnée (c’est-à-dire en excluant les fermetures saisonnières).

La fréquentation en nuitées correspond au nombre total de nuits passées par les clients dans un établissement touristique. Un couple séjournant trois nuits dans un établissement compte pour six nuitées, de même que six personnes ne séjournant qu’une nuit.

Le taux d’ouverture des hôtels est le nombre d’hôtels déclarés ouverts, rapporté au nombre total d’hôtels sur une période donnée.

Les résidents sont les personnes, quelle que soit leur nationalité, qui ont leur domicile principal en France.

Les activités touristiques : les activités sont classées selon leur degré de « touristicité » tel que défini ci-après :

  • Les activités 100 % touristiques telles que l’hôtellerie, l’hébergement, la gestion des musées, des parcs d’attractions...
  • Les autres activités touristiques telles que la restauration, le transport, le commerce, la gestion des salles de spectacles...
  • Les activités non touristiques (par exemple, la construction, l’industrie, les services administratifs…)

Le secteur « hébergement et restauration » : un secteur regroupe des entreprises de fabrication, de commerce ou de service qui ont la même activité principale (au regard de la nomenclature d'activité économique considérée). L'activité d'un secteur n'est donc pas tout à fait homogène et comprend des productions ou services secondaires qui relèveraient d'autres items de la nomenclature que celui du secteur considéré.

Le secteur « hébergement et restauration » appartient au secteur tertiaire principalement marchand.

Les estimations d'emploi désignent une synthèse de sources permettant une couverture exhaustive de l'emploi total (salarié et non salarié), exprimé en nombre de personnes physiques (et non en nombre de postes de travail), et une ventilation à un niveau sectoriel et géographique assez fin. Elles ont pour objectif la couverture de l'emploi total et la cohérence entre les différents niveaux d'agrégation.

Les estimations d'emploi comportent des estimations annuelles, portant sur l'emploi total au 31 décembre, et des estimations infra-annuelles (trimestrielles), portant sur un champ plus restreint (emploi salarié des secteurs marchands et emploi salarié privé des secteurs non-marchands en France métropolitaine). Les estimations produites avant septembre 2009 se fondaient sur les niveaux d'emploi dans le recensement général de la population de 1999, auxquels sont appliqués des indices d'évolution de l'emploi issus de sources variées, notamment l'enquête Acemo de la Dares et les données des Urssaf (exploitées via les fichiers Epure) et de l'Unédic.

A partir de 2009, les estimations d'emploi annuelles sont calculées à partir du dispositif Estel (Estimations d'emploi localisées), qui se fondent sur l'utilisation des sources administratives en niveau. Pour les salariés, il s'agit des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS « grand format ») contenant, en plus des DADS stricto sensu, les données du fichier de paye des agents de l'État et celles des particuliers employeurs). Pour les non salariés agricoles, les sources mobilisées sont les fichiers de la Mutualité Sociale Agricole (MSA) et pour les non salariés non agricoles, les fichiers de l'Agence Centrale des Organismes de Sécurité Sociale (ACOSS) qui est la Caisse Nationale des Unions de Recouvrement des Cotisations de Sécurité Sociale et d'Allocations Familiales (URSSAF).

Le passage à Estel permet d'améliorer les estimations d'emploi annuelles dans plusieurs dimensions : meilleure qualité des données (prise en compte explicite de la multiactivité, amélioration de la qualité des sources en amont, restriction du nombre de sources utilisées), double localisation au lieu de résidence et au lieu de travail, ventilation plus fine (au niveau géographique et au niveau des catégories de travailleurs), concept d'emploi « répertorié BIT » précis et stable dans le temps, homogénéisation des méthodes et traitements, délais plus courts.

Le concept central d'Estel- le nombre de personnes en emploi- est proche de celui du BIT. La mesure sera datée au 31 décembre de chaque année.

ESTEL estime un nombre de personnes en emploi. Mais à la différence du recensement, l'emploi d'Estel n'est pas déclaratif car appréhendé à partir des sources administratives afin de compter en emploi toute personne dès lors qu'elle a effectué un travail déclaré d'au moins une heure pendant la dernière semaine de l'année ou qu'elle a un lien formel avec son emploi (pour les salariés, il s'agit grosso modo de repérer les contrats de travail « actifs » fin décembre).

Voir l’onglet Documentation de la page « Activité touristique : impact de la crise sanitaire Covid19 » sur insee.fr