Activité touristique : impact de la crise sanitaire Covid19

Chiffres détaillés
Paru le : Paru le 17/03/2022
Justine Herbet-Simon, Cécile Le Fillâtre (Insee)
- Mars 2022
Sommaire

14 millions de touristes en moins au premier semestre 2020 en Île-de-France

Justine Herbet-Simon, Cécile Le Fillâtre (Insee)

Première région de France pour son tourisme, notamment international, l’Île-de-France est de ce fait la plus sévèrement touchée par les conséquences de la crise de la Covid-19. Les effets se font ressentir non seulement au deuxième trimestre, mais aussi au troisième : de juillet à septembre 2020, le nombre de nuitées a baissé de près de 70 % dans les hôtels en Île-de-France par rapport à la même période en 2019 (contre - 34 % en France). Les caractéristiques du tourisme francilien, notamment le poids des clientèles internationale et d’affaires, expliquent que cette activité ait été davantage impactée dans la région.

Insee Analyses Ile-de-France

No 126

Paru le : 17/12/2020

Avant la crise sanitaire, en dépit d’une conjoncture difficile, l’Île-de-France restait une destination touristique prisée

Avec 50 millions de visiteurs par an, l’Île-de-France est la première région touristique française. Selon le Comité régional du tourisme (CRT), Paris était en 2018 « la destination la plus populaire au monde » devant Londres, Rome et New York. Les attentats de janvier et novembre 2015 avaient certes conduit à une baisse importante de la fréquentation touristique début 2016 (jusqu’à - 70 % pour la clientèle étrangère) mais, depuis, la région avait retrouvé son attractivité.

En 2019, le nombre de nuitées dans les hôtels s’y élève à près de 71 millions, soit le tiers des 214 millions de nuitées comptabilisées sur le territoire national. L’Île-de-France représente aussi le tiers des emplois touristiques nationaux. Le poids du tourisme en Île-de-France est notamment porté par la clientèle internationale de loisirs ou d'affaires, revenue en masse après 2016 et représentant plus de la moitié des nuitées.

Le tourisme, une activité économique de premier plan pour la région

En 2019, les touristes en Île-de-France dépensent en moyenne 111 euros par jour et par personne, pour un total de 21,9 milliards d’euros de consommation touristique (sources). Ce secteur d’activité génère entre 6 et 7 % du PIB régional. Avec 119 000 entreprises dans les activités liées au tourisme, le secteur comptabilise 8,6 % des emplois salariés en Île-de-France, soit 511 000 personnes dont près de 60 % dans l’hôtellerie-restauration.

Plus de la moitié des visiteurs des musées (jusqu’à 71 % pour le musée du Louvre et 80 % pour le domaine de Versailles) sont des touristes étrangers. Ces derniers représentent 10 % des voyageurs sur les lignes RATP et leurs achats peuvent représenter jusqu’à 80 % du chiffre d’affaires de certains commerces de Paris, notamment en biens de luxe.

Au sein de la région, il existe toutefois d’importantes inégalités qui tiennent à la plus ou moins grande offre touristique selon les départements. Ainsi, 57 % des séjours franciliens ont lieu à Paris, qui ne représente que 18 % de la population francilienne. La Seine-et-Marne, où se situe le parc Disneyland, représente 9,5 % des séjours, les Hauts-de-Seine, boostés par le pôle d'affaires de la Défense, 8 % et les Yvelines, où le domaine de Versailles a accueilli 8,2 millions de visiteurs en 2019, 6 %.

Depuis le début de la crise sanitaire, une fréquentation hôtelière en berne

Lors du premier confinement entre le 17 mars et le 11 mai 2020, la quasi-totalité des lieux recevant du public sont fermés, en particulier les établissements hôteliers et restaurants, les rassemblements interdits, les déplacements nationaux et internationaux réduits. Le secteur du tourisme est alors pratiquement à l’arrêt.

En matière de fréquentation hôtelière, la région est sévèrement impactée. Au deuxième trimestre 2020, le taux d’ouverture des hôtels en Île-de-France reste l’un des plus faibles du territoire : de 17 % en avril, il remonte à 28 % en mai, après la fin du premier confinement, puis à 54 % en juin, contre respectivement 23 %, 39 % puis 78 % à l’échelle nationale (figure 1). Cela peut s’expliquer, entre autres, par des mesures de déconfinement plus strictes mises en œuvre dans la région du fait d’une plus grande circulation du virus. Les grands sites (comme le musée du Louvre ou le Château de Versailles) n’ont rouvert leurs portes que début juillet, en raison du protocole sanitaire très strict à mettre en place et de la jauge instaurée dans leur fréquentation.

Globalement, entre le deuxième trimestre 2019 et le deuxième trimestre 2020, le nombre de nuitées est en chute de 92 % contre près de 87 % en France. En Île-de-France, le recul du nombre de touristes a entraîné un manque à gagner estimé par le CRT à plus de 6 milliards d’euros pour le premier semestre. Ce manque tient à la fois au recul de la clientèle internationale (- 68 % de séjours au premier semestre) et à celui de la clientèle française (- 54 %). Non seulement la clientèle française est moins présente que les années passées mais, de surcroît, les Franciliens qui ont quitté la région pendant le premier confinement ne sont que très partiellement revenus en juin.

Figure 1En juin 2020, l’Île-de-France est, avec la Guadeloupe, la région où la proportion d’hôtels ouverts est la plus faibleTaux d'occupation et taux d'ouverture selon les régions, en juin 2020

En %
En juin 2020, l’Île-de-France est, avec la Guadeloupe, la région où la proportion d’hôtels ouverts est la plus faible (En %) - Lecture : en juin, la moitié des hôtels franciliens sont ouverts mais près d’un tiers du parc total de lits est occupé.
Taux d'ouverture Taux d'occupation
Pays de la Loire 90 37
Normandie 88 38
Bretagne 88 37
Centre-Val de Loire 86 37
Nouvelle-Aquitaine 85 36
Hauts-de-France 83 39
Bourgogne - Franche-Comté 83 38
Grand Est 81 35
Auvergne-Rhône-Alpes 81 34
Guyane 81 31
Provence-Alpes-Côte d'Azur 79 35
Occitanie 78 35
France entière 78 35
Corse 75 28
La Réunion 74 31
Martinique 68 21
Île-de-France 54 32
Guadeloupe 54 25
  • Lecture : en juin, la moitié des hôtels franciliens sont ouverts mais près d’un tiers du parc total de lits est occupé.
  • Champ : France hors Mayotte.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux du tourisme.

Figure 1En juin 2020, l’Île-de-France est, avec la Guadeloupe, la région où la proportion d’hôtels ouverts est la plus faibleTaux d'occupation et taux d'ouverture selon les régions, en juin 2020

  • Lecture : en juin, la moitié des hôtels franciliens sont ouverts mais près d’un tiers du parc total de lits est occupé.
  • Champ : France hors Mayotte.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux du tourisme.

La saison estivale ne voit pas le retour des touristes

À l’été 2020, la clientèle internationale ne représente qu’environ 29 % des nuitées dans les hébergements touristiques franciliens. Les hôtels haut de gamme, prédominants en Île-de-France et notamment à Paris, sont les plus impactés. Certains ont fait le choix de ne pas rouvrir en raison des coûts fixes engagés.

Par ailleurs, si, en province, la baisse de la clientèle étrangère a été en partie compensée par la clientèle résidente, ce n’est que peu le cas dans la région capitale. Le tourisme urbain (encadré) est peu prisé l’été, d’autant que de nombreuses attractions touristiques franciliennes n’ont été en mesure de rouvrir que très tardivement : la Tour Eiffel le 25 juin, Disneyland Paris le 15 juillet, etc.

Ainsi, le taux d’occupation des hôtels franciliens durant l’été reste faible malgré une très légère amélioration par rapport à celui de juin (32 %) : 39 % en juillet et 34 % en août.

Dans ce contexte, le montant des transactions par carte bancaire des résidents français fait apparaître une baisse des dépenses touristiques très marquée entre juillet 2019 et juillet 2020, et ce dans l’ensemble de la région. L’Île-de-France est d’ailleurs la seule région métropolitaine où les dépenses touristiques mesurées par les transactions par carte sont en recul dans chacun des départements. Les baisses observées à Paris, dans les Hauts-de-Seine et en Seine-et-Marne sont les plus importantes de France métropolitaine (plus de 10 %) (figure 2).

De nombreux Français, limités dans leurs déplacements internationaux, sont certes restés en France durant l’été, mais ils ont privilégié les départements du littoral, ruraux ou de montagne. Cela se traduit en province par une hausse des dépenses touristiques : plus de 10 % notamment dans le Jura, le Morbihan et les Pyrénées-Atlantiques.

Figure 2Les dépenses touristiques intérieures en chute dans tous les départements franciliens : une situation unique en métropoleÉvolution des dépenses touristiques départementales par carte bancaire entre juillet 2019 et juillet 2020

En %
Les dépenses touristiques intérieures en chute dans tous les départements franciliens : une situation unique en métropole (En %) - Lecture : l'évolution du montant total des dépenses “touristiques” par carte bancaire dans la Meuse (55) en juillet 2020 par rapport à juillet 2019 est comprise entre - 5 % et + 5 %.
Code Département Évolution
01 Ain de -5 à +5
02 Aisne de -5 à +5
03 Allier de -5 à +5
04 Alpes-de-Haute-Provence plus de +10
05 Hautes-Alpes plus de +10
06 Alpes-Maritimes plus de +10
07 Ardèche plus de +10
08 Ardennes de +5 à +10
09 Ariège de +5 à +10
10 Aube de -5 à +5
11 Aude de +5 à +10
12 Aveyron plus de +10
13 Bouches-du-Rhône plus de +10
14 Calvados plus de +10
15 Cantal plus de +10
16 Charente de +5 à +10
17 Charente-Maritime de +5 à +10
18 Cher de -5 à +5
19 Corrèze de +5 à +10
20R Corse de -5 à +5
21 Côte-d'Or de -5 à +5
22 Côtes-d'Armor plus de +10
23 Creuse de +5 à +10
24 Dordogne plus de +10
25 Doubs de -5 à +5
26 Drôme de -5 à +5
27 Eure de +5 à +10
28 Eure-et-Loir de -5 à +5
29 Finistère de +5 à +10
30 Gard de +5 à +10
31 Haute-Garonne de -5 à +5
32 Gers de -10 à -5
33 Gironde de -5 à +5
34 Hérault de +5 à +10
35 Ille-et-Vilaine plus de +10
36 Indre de -5 à +5
37 Indre-et-Loire de +5 à +10
38 Isère de -5 à +5
39 Jura plus de +10
40 Landes de +5 à +10
41 Loir-et-Cher plus de +10
42 Loire de -5 à +5 %
43 Haute-Loire de +5 à +10
44 Loire-Atlantique de -5 à +5
45 Loiret de -5 à +5
46 Lot plus de +10
47 Lot-et-Garonne de -5 à +5
48 Lozère plus de +10
49 Maine-et-Loire de -5 à +5
50 Manche plus de +10
51 Marne de -5 à +5
52 Haute-Marne de -5 à +5
53 Mayenne de -5 à +5
54 Meurthe-et-Moselle de -5 à +5
55 Meuse de -5 à +5
56 Morbihan plus de +10
57 Moselle de -10 à -5
58 Nièvre de -5 à +5
59 Nord de -5 à +5
60 Oise de -5 à +5
61 Orne de -5 à +5
62 Pas-de-Calais de -5 à +5
63 Puy-de-Dôme de -5 à +5
64 Pyrénées-Atlantiques plus de +10
65 Hautes-Pyrénées de -5 à +5
66 Pyrénées-Orientales de +5 à +10
67 Bas-Rhin de -5 à +5
68 Haut-Rhin de -5 à +5
69 Rhône de -5 à +5
70 Haute-Saône de -5 à +5
71 Saône-et-Loire de -5 à +5
72 Sarthe de -5 à +5
73 Savoie plus de +10
74 Haute-Savoie plus de +10
75 Paris moins de -10
76 Seine-Maritime de -5 à +5
77 Seine-et-Marne moins de -10
78 Yvelines de -10 à -5
79 Deux-Sèvres de -5 à +5
80 Somme de +5 à +10
81 Tarn de +5 à +10
82 Tarn-et-Garonne de -5 à +5
83 Var plus de +10
84 Vaucluse de -10 à -5
85 Vendée de +5 à +10
86 Vienne de -5 à +5
87 Haute-Vienne de -5 à +5
88 Vosges de -5 à +5
89 Yonne de -5 à +5
90 Territoire de Belfort de -10 à -5
91 Essonne de -5 à +5
92 Hauts-de-Seine moins de -10
93 Seine-Saint-Denis de -10 à -5
94 Val-de-Marne de -10 à -5
95 Val-d'Oise de -10 à -5
971 Guadeloupe moins de -10
972 Martinique moins de -10
973 Guyane moins de -10
974 La Réunion de -5 à +5
976 Mayotte de -10 à -5
  • Avertissement : les données agrégées utilisées dans cette figure proviennent de Cartes Bancaires CB et couvrent l’essentiel des transactions par carte bancaire. Elles sont tirées d’une extraction de transactions anonymisées et agrégées à l’échelle départementale afin de respecter les exigences de confidentialité. Ces informations sont sujettes à certaines limites (exclusion des transactions en ligne ou effectuées par des touristes étrangers) et diffèrent des données nationales (voir Point de conjoncture du 7 mai 2020, p.21 et documentation).
  • Lecture : l'évolution du montant total des dépenses “touristiques” par carte bancaire dans la Meuse (55) en juillet 2020 par rapport à juillet 2019 est comprise entre - 5 % et + 5 %.
  • Source : Cartes Bancaires CB, calculs Insee.

Figure 2Les dépenses touristiques intérieures en chute dans tous les départements franciliens : une situation unique en métropoleÉvolution des dépenses touristiques départementales par carte bancaire entre juillet 2019 et juillet 2020

  • Avertissement : les données agrégées utilisées dans cette figure proviennent de Cartes Bancaires CB et couvrent l’essentiel des transactions par carte bancaire. Elles sont tirées d’une extraction de transactions anonymisées et agrégées à l’échelle départementale afin de respecter les exigences de confidentialité. Ces informations sont sujettes à certaines limites (exclusion des transactions en ligne ou effectuées par des touristes étrangers) et diffèrent des données nationales (voir Point de conjoncture du 7 mai 2020, p.21 et documentation).
  • Lecture : l'évolution du montant total des dépenses “touristiques” par carte bancaire dans la Meuse (55) en juillet 2020 par rapport à juillet 2019 est comprise entre - 5 % et + 5 %.
  • Source : Cartes Bancaires CB, calculs Insee.

Une saison estivale marquée par une perte d’activité de 50 % pour l’hôtellerie-restauration

Conséquence de la chute de la fréquentation hôtelière et des dépenses touristiques, les chiffres d’affaires du secteur de l’hôtellerie-restauration plongent durant le premier confinement et se redressent moins vite ensuite que sur le reste du territoire. En juillet, l’hôtellerie francilienne enregistre une baisse de 76 % de son volume de ventes par rapport à 2019 (- 44 % au niveau national) (figure 3). Néanmoins, l’activité des établissements d’entrée de gamme semble repartir plus vite que celle des hôtels de catégorie supérieure durant l’été.

Moins dépendante de la clientèle touristique mais soumise à des protocoles sanitaires renforcés avec des jauges réduites, la restauration résiste mieux mais souffre aussi : la baisse est de 25 % du chiffre d’affaires en juillet, contre 9,5 % seulement à l’échelle nationale.

Jusqu’en juin, la baisse d’activité ne se répercute pas sur l’emploi, grâce à l’effet d’amortissement du chômage partiel : 42 % des 290 000 salariés du secteur hébergement-restauration demeurent en situation de chômage partiel au sortir du confinement, soit 10 points de plus qu’à l’échelle nationale (figure 4). De ce fait, dans ce secteur, l’emploi, principalement dans l’intérim, ne diminue que de 6,0 à 6,5 % au cours du deuxième trimestre 2020 selon les départements en Île-de-France (contre - 35 % en province).

Figure 3L’absence des clientèles résidente et non résidente pénalise le secteur hébergement-restauration au sortir du premier confinementÉvolution du chiffre d’affaires par rapport au même mois de l’année précédente

En %
L’absence des clientèles résidente et non résidente pénalise le secteur hébergement-restauration au sortir du premier confinement (En %)
Hôtellerie
Mois France entière Île-de-France Paris
10/2019 0,2 -4,5 -5,3
11/2019 0,8 -2,5 -5,2
12/2019 4,9 3,3 4,4
01/2020 7,8 9,8 10,9
02/2020 3,7 0,3 0,6
03/2020 -59,2 -64,8 -69,5
04/2020 -89,4 -88,8 -91,4
05/2020 -88,9 -91,9 -95,6
06/2020 -71,9 -88,3 -92,4
07/2020 -44,0 -76,4 -81,8
  • Champ : entreprises déclarant leur TVA mensuellement. À l’échelon national, la couverture géographique porte sur la France entière, à l’exception de la Guyane et de Mayotte où les entreprises ne sont pas assujetties à la TVA. À l’échelon local, il s’agit des unités légales monorégionales ou monodépartementales pérennes de 2017 à 2020, dont l’activité principale n’a pas bougé durant cette période.
  • Sources : Insee ; DGFiP.

Figure 3L’absence des clientèles résidente et non résidente pénalise le secteur hébergement-restauration au sortir du premier confinementÉvolution du chiffre d’affaires par rapport au même mois de l’année précédente

  • Champ : entreprises déclarant leur TVA mensuellement. À l’échelon national, la couverture géographique porte sur la France entière, à l’exception de la Guyane et de Mayotte où les entreprises ne sont pas assujetties à la TVA. À l’échelon local, il s’agit des unités légales monorégionales ou monodépartementales pérennes de 2017 à 2020, dont l’activité principale n’a pas bougé durant cette période.
  • Sources : Insee ; DGFiP.

Figure 4À Paris, en juin 2020, un mois après la fin du confinement, près de la moitié des salariés du secteur hébergement-restauration sont au chômage partielPart des salariés du secteur hébergement-restauration en situation d’activité partielle entre mars et juin 2020

En %
À Paris, en juin 2020, un mois après la fin du confinement, près de la moitié des salariés du secteur hébergement-restauration sont au chômage partiel (En %)
Mois France entière Île-de-France Paris
mars 31,7 30,2 32,7
avril 68,2 65,6 72,1
mai 62,6 60,3 68,3
juin 31,5 41,5 49,6
  • Avertissement : données arrêtées au 21 août 2020.
  • Source : DSN.

Figure 4À Paris, en juin 2020, un mois après la fin du confinement, près de la moitié des salariés du secteur hébergement-restauration sont au chômage partielPart des salariés du secteur hébergement-restauration en situation d’activité partielle entre mars et juin 2020

  • Avertissement : données arrêtées au 21 août 2020.
  • Source : DSN.

L’activité impactée dans tous les départements franciliens, en premier lieu à Paris

Entre juillet 2019 et juillet 2020, le chiffre d’affaires du secteur de l’hôtellerie chute de 82 % à Paris. Cette baisse est moindre dans les autres départements franciliens, elle n’est par exemple « que » de 57 % dans les Yvelines. Dans la restauration, la baisse dépasse les 28 % à Paris alors que dans l'Essonne le niveau d’activité est revenu à la normale (+ 1,5 %).

Les territoires les plus touristiques sont ceux accusant le plus les effets de la crise, Paris en tête. Les Hauts-de-Seine (avec La Défense) sont surtout affectés par les perturbations du tourisme d’affaires et le recours au télétravail ; le niveau d’activité dans l’hôtellerie recule de 70 % en juillet (figure 5). En Seine-et-Marne, la fermeture du parc Disneyland jusqu’au 15 juillet explique la forte baisse des dépenses touristiques des résidents enregistrée au début de l’été. La situation revient d’ailleurs à l’équilibre dès le mois suivant.

Dans les autres départements moins touristiques comme l’Essonne, le Val-d’Oise, le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis, le secteur résiste mieux.

La structure de l’emploi local conforte cette analyse : avec 24 % de l’emploi total affecté à des activités très fortement ou partiellement touristiques en 2017, Paris est plus exposée à des chocs conjoncturels que les Yvelines, par exemple, où cette part n’est que de 16 %. Ainsi, près de la moitié des salariés parisiens du secteur hébergement-restauration sont encore en situation d’activité partielle en juin, contre 30 % dans l’Essonne.

Figure 5Les chiffres d’affaires dans le secteur de l’hôtellerie chutent fortement dans tous les départements à partir de mars 2020Évolution par département du chiffre d’affaires dans l’hôtellerie par rapport au même mois de l’année précédente

En %
Les chiffres d’affaires dans le secteur de l’hôtellerie chutent fortement dans tous les départements à partir de mars 2020 (En %)
2019 2020
Octobre Novembre Décembre Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet
Paris -5,3 -5,2 4,4 10,9 0,6 -69,5 -91,4 -95,6 -92,4 -81,8
Hauts-de-Seine -3,9 5,1 -3,6 11,3 -0,8 -65,5 -88,1 -88,5 -84,5 -70,4
Seine-Saint-Denis -9,7 4,8 36,0 2,7 -9,0 -55,2 -79,4 -74,1 -72,8 -58,7
Val-de-Marne -1,7 0,6 -3,9 5,8 -14,3 -53,4 -78,3 -70,5 -64,7 -66,8
Seine-et-Marne 1,2 6,4 0,3 7,5 12,0 -57,3 -93,4 -94,0 -89,6 -71,7
Yvelines -12,0 -13,7 -26,3 9,1 -5,7 -53,6 -85,2 -79,6 -72,4 -56,9
Essonne 2,4 -1,4 -0,7 3,3 0,7 -46,5 -40,7 -78,1 -70,7 -62,5
Val-d’Oise -14,2 -4,5 18,4 1,4 -25,2 -55,7 -73,1 -70,2 -61,1 -65,2
Île-de-France -4,5 -2,5 3,3 9,8 0,3 -64,8 -88,8 -91,9 -88,3 -76,4
  • Champ : entreprises déclarant leur TVA mensuellement ; unités légales monorégionales ou monodépartementales pérennes de 2017 à 2020, dont l'activité principale n'a pas bougé durant cette période.
  • Sources : Insee ; DGFiP.

Septembre 2020 : une fréquentation touristique toujours à la traîne

Au troisième trimestre 2020, les hôtels franciliens ont enregistré 5,9 millions de nuitées, soit 69 % de moins qu’au cours du troisième trimestre 2019 (contre - 34 % en France métropolitaine). La chute est moins forte pour les hôtels les plus économiques (- 58 % pour les 1 et 2 étoiles ou les non classés) que pour les hôtels 3 à 5 étoiles, plus dépendants de la clientèle internationale (- 73 %). La clientèle internationale est de moins en moins présente (16 % de la clientèle en septembre), peut-être en raison de la flambée épidémique sur les autres continents, notamment en Amérique. La fréquentation hôtelière fléchit de 7,3 % entre août et septembre, pour un taux d’occupation ramené à 33 %, soit 12 points de moins que la moyenne nationale. En effet, en Île-de-France, la clientèle touristique résidente habituelle est absente du fait, entre autres, de la non-tenue de salons ou de grands évènements sportifs, des activités lourdement touchées par la crise sanitaire. Entre mars et septembre, 670 salons et congrès ont été annulés dont le Salon international de l’alimentation, le salon de la technologie VivaTech ou encore le Salon nautique international de Paris. La CCI Paris Île-de-France estime que les 6,6 millions de visiteurs et congressistes et les 70 000 entreprises ayant reporté ou annulé leur venue ont entraîné un manque à gagner de 3,8 milliards d’euros pour la région capitale et de 15,7 milliards d’euros de ventes pour les entreprises. De manière analogue, de nombreuses manifestations sportives (marathon de Paris, finale des championnats nationaux de football, championnats d’Europe d’athlétisme) ont été annulés ou reportés tandis que d’autres se sont tenus en quasi huis clos (tournoi de Roland Garros reporté à l’automne avec une jauge de 1 000 spectateurs par jour). En 2019, selon le CRT, ces manifestations avaient attiré plus de 800 000 visiteurs, résidents ou non-résidents.

Les effets de la crise sanitaire se font encore ressentir avec une intensité particulière sur le tourisme en Île-de-France. Avec le second confinement, la situation demeure encore trop incertaine pour augurer des conséquences à long terme sur cette activité. Cependant, le rayonnement culturel de la capitale demeure et l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 constitue assurément un enjeu important pour le tourisme francilien dans les années à venir.

Encadré - Un modèle économique particulier : le tourisme urbain

Le modèle économique du tourisme francilien est bien différent de celui d’autres régions à forte « touristicité ». Il s’agit d’un tourisme dit urbain qui attire une clientèle cosmopolite aux motivations multiples : culture, patrimoine, shopping, gastronomie, loisirs, événements, hébergement, centres d’affaires, etc. Il présente donc quelques caractéristiques notables :

• une saisonnalité peu marquée : les arrivées hôtelières sont réparties tout au long de l’année, contrairement aux zones littorales ou aux massifs montagneux ;

• une importante clientèle internationale, favorisée par les infrastructures (TGV, vols low cost…), constituée majoritairement de citadins actifs au fort pouvoir d’achat ;

• un tourisme à forte composante culturelle : selon le CRT, plus des deux tiers des touristes en Île-de-France ont pour principale activité la visite de musées et de monuments ;

• un tourisme de shopping porteur : selon le Crocis, près de 26 millions de visiteurs, dont 60 % d’étrangers, effectuent chaque année des achats de biens durables en Île-de-France. En 2018, les retombées économiques liées à ce type de tourisme sont estimées à plus de 3 milliards d’euros, soit 15 % de la consommation touristique totale ;

• un tourisme d’affaires particulièrement développé : 31 % des séjours en Île-de-France sont effectués pour des motifs professionnels ou mixtes. En 2019, 434 salons se sont tenus en Île-de-France, ainsi que 1 231 évènements d’entreprises, 104 spectacles et manifestations culturelles et sportives, 293 examens et formations, etc., l’ensemble ayant rassemblé 12,3 millions de participants.

Ces traits distinctifs font du tourisme urbain un segment en croissance, mais sévèrement impacté par la crise sanitaire.

Sources

L’enquête mensuelle de fréquentation touristique, conduite par l’Insee auprès des hébergements collectifs de tourisme, a été suspendue en mars 2020 du fait de la crise sanitaire. Un dispositif d’enquête allégée a été mis en place d’avril à juin 2020 uniquement pour les hôtels, permettant de disposer d’un nombre restreint d’indicateurs et de connaître le type de personnes hébergées (touristes, personnels soignants, personnes confinées, personnes placées par les services sociaux du type Samu social).

L’enquête du Comité régional du tourisme sur la consommation touristique consiste à interroger 50 000 touristes chaque année sur leurs dépenses sur place en matière d’hébergement, d’alimentation-restauration, de loisirs-spectacles-musées, de shopping et de transports au sein de la région. Elle permet d’évaluer les dépenses générées par les touristes français et internationaux ayant séjourné au moins une nuitée en Île-de-France pour motif personnel ou professionnel au cours de l’année.

Définitions

Le taux d’occupation est le rapport du nombre de chambres occupées au nombre de chambres effectivement offertes sur une période donnée (c’est-à-dire en excluant les fermetures saisonnières).

La fréquentation en nuitées correspond au nombre total de nuits passées par les clients dans un établissement touristique. Un couple séjournant trois nuits dans un établissement compte pour six nuitées, de même que six personnes ne séjournant qu’une nuit.

Le taux d’ouverture des hôtels est le nombre d’hôtels déclarés ouverts, rapporté au nombre total d’hôtels sur une période donnée.

Les résidents sont les personnes, quelle que soit leur nationalité, qui ont leur domicile principal en France.

Les activités touristiques : les activités sont classées selon leur degré de « touristicité » tel que défini ci-après :

  • Les activités 100 % touristiques telles que l’hôtellerie, l’hébergement, la gestion des musées, des parcs d’attractions...
  • Les autres activités touristiques telles que la restauration, le transport, le commerce, la gestion des salles de spectacles...
  • Les activités non touristiques (par exemple, la construction, l’industrie, les services administratifs…)

Le secteur « hébergement et restauration » : un secteur regroupe des entreprises de fabrication, de commerce ou de service qui ont la même activité principale (au regard de la nomenclature d'activité économique considérée). L'activité d'un secteur n'est donc pas tout à fait homogène et comprend des productions ou services secondaires qui relèveraient d'autres items de la nomenclature que celui du secteur considéré.

Le secteur « hébergement et restauration » appartient au secteur tertiaire principalement marchand.

Les estimations d'emploi désignent une synthèse de sources permettant une couverture exhaustive de l'emploi total (salarié et non salarié), exprimé en nombre de personnes physiques (et non en nombre de postes de travail), et une ventilation à un niveau sectoriel et géographique assez fin. Elles ont pour objectif la couverture de l'emploi total et la cohérence entre les différents niveaux d'agrégation.

Les estimations d'emploi comportent des estimations annuelles, portant sur l'emploi total au 31 décembre, et des estimations infra-annuelles (trimestrielles), portant sur un champ plus restreint (emploi salarié des secteurs marchands et emploi salarié privé des secteurs non-marchands en France métropolitaine). Les estimations produites avant septembre 2009 se fondaient sur les niveaux d'emploi dans le recensement général de la population de 1999, auxquels sont appliqués des indices d'évolution de l'emploi issus de sources variées, notamment l'enquête Acemo de la Dares et les données des Urssaf (exploitées via les fichiers Epure) et de l'Unédic.

A partir de 2009, les estimations d'emploi annuelles sont calculées à partir du dispositif Estel (Estimations d'emploi localisées), qui se fondent sur l'utilisation des sources administratives en niveau. Pour les salariés, il s'agit des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS « grand format ») contenant, en plus des DADS stricto sensu, les données du fichier de paye des agents de l'État et celles des particuliers employeurs). Pour les non salariés agricoles, les sources mobilisées sont les fichiers de la Mutualité Sociale Agricole (MSA) et pour les non salariés non agricoles, les fichiers de l'Agence Centrale des Organismes de Sécurité Sociale (ACOSS) qui est la Caisse Nationale des Unions de Recouvrement des Cotisations de Sécurité Sociale et d'Allocations Familiales (URSSAF).

Le passage à Estel permet d'améliorer les estimations d'emploi annuelles dans plusieurs dimensions : meilleure qualité des données (prise en compte explicite de la multiactivité, amélioration de la qualité des sources en amont, restriction du nombre de sources utilisées), double localisation au lieu de résidence et au lieu de travail, ventilation plus fine (au niveau géographique et au niveau des catégories de travailleurs), concept d'emploi « répertorié BIT » précis et stable dans le temps, homogénéisation des méthodes et traitements, délais plus courts.

Le concept central d'Estel- le nombre de personnes en emploi- est proche de celui du BIT. La mesure sera datée au 31 décembre de chaque année.

ESTEL estime un nombre de personnes en emploi. Mais à la différence du recensement, l'emploi d'Estel n'est pas déclaratif car appréhendé à partir des sources administratives afin de compter en emploi toute personne dès lors qu'elle a effectué un travail déclaré d'au moins une heure pendant la dernière semaine de l'année ou qu'elle a un lien formel avec son emploi (pour les salariés, il s'agit grosso modo de repérer les contrats de travail « actifs » fin décembre).

Pour en savoir plus

Canonero B., Gidrol J.-C., Mainguené A., « La fréquentation touristique se dégrade en septembre, après avoir repris quelques couleurs en juillet-août », Insee Focus n° 215, novembre 2020.

Deheeger S., Druelle S., Martin J.-Ph., Trinquier B., « L’économie francilienne toujours fortement impactée par la crise sanitaire au deuxième trimestre », Insee Conjoncture Île-de-France n° 31, octobre 2020.

Belliard M. et al., « Un tourisme francilien à réinventer après une crise mondiale sans précédent », Crocis, Paris Region, Enjeux Île-de-France n° 222, octobre 2020.

Nays J.-M., « Tourisme d’affaires à Paris Île-de-France, édition 2020 - Une filière d’excellence fortement marquée par les crises sociales de 2019 et sanitaire de 2020 », CCI Paris Île-de-France, août 2020.

Sources

Enquête mensuelle de fréquentation touristique

L’enquête mensuelle de fréquentation touristique conduite par l’Insee auprès des hébergements collectifs de tourisme a été suspendue en mars 2020 compte tenu de la crise sanitaire liée à la Covid-19. Un dispositif d’enquête allégée a été mis en place d’avril à juin 2020 uniquement pour les hôtels, permettant de disposer d’un nombre restreint d’indicateurs et de connaître le type de personnes hébergées (touristes, personnels soignants, personnes confinées, personnes placées par les services sociaux du type Samu social).

Les données du premier trimestre 2020 ont été produites dans le contexte très particulier de la crise sanitaire. À partir du 18 mars, l'enquête de fréquentation touristique a été suspendue. De ce fait, seules les réponses spontanées des hébergements ont été prises en compte, les services d'enquêtes n'étant plus en capacité de relancer les hébergements.

L’enquête mensuelle de fréquentation touristique a été remise en œuvre en juillet 2020.

 

Chiffre d'affaires

Les résultats sont construits à partir d’une source fiscale, le formulaire « CA3 », que les entreprises remplissent pour le paiement de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Ce formulaire comprend le chiffre d’affaires hors TVA, toutes activités confondues, de l’entreprise déclarante, classée selon son activité principale.

Au niveau national l'Insee diffuse mensuellement des indices de chiffres, pour plus d'information consulter : https://www.insee.fr/fr/metadonnees/source/indicateur/p1669/description et https://www.insee.fr/fr/statistiques/4772485

Pour les niveaux régionaux et départementaux, les résultats sont construits à partir des unités légales dites mono-régionales (resp. monodépartementales), c'est-à-dire dont tous les établissements constituant cette unité sont situés dans la même région (resp. dans le même département). Ils sont ventilés selon les activités : 100 % touristiques, autres activités touristiques et non touristiques.

Les séries régionales et départementales concernent les unités légales monorégionales et monodépartementales pérennes de 2017 à 2021, les secteurs d'étude sont :

  • L'hôtellerie, comprenant les unités relevant des codes NAF "5510Z - Hôtels et hébergement similaire" et "5520Z - Hébergement touristique et autres services d'hébergement de courte durée" ;
  • L’hôtellerie de plein air, comprenant les unités relevant du code NAF "5530Z - Terrains de campings et parcs pour caravances ou véhicules de loisirs" ;
  • La restauration, comprenant les unités relevant du code NAF "5610A - Restauration traditionnelle", 5610B - Cafétérias et autres libres-services" et "5610C - restauration de type rapide".

On élimine les unités qui ont changé de secteur sur la période.

Les séries nationales portent également sur ces 3 secteurs d'étude mais sans condition sur la pérennité, la régionalité et le changement de secteur d'activité.

 

Cartes bancaires

L’évolution des achats opérés peut être appréciée par les données de transactions par carte bancaire. Les données utilisées concernent tout détenteur de Carte Bancaire CB sur le territoire français, ce qui, outre les ménages, peut recouvrir aussi des entreprises. Ces données ne recouvrent pas les transactions réalisées par d’autres moyens de paiement (espèces, chèque, ticket restaurant, etc.). De plus, à l’inverse des données utilisées à l’échelle nationale, notamment dans l’estimation de la perte de consommation des ménages, les données départementales intègrent certaines transactions non assimilables à de la consommation (dons à des associations, achat de timbres fiscaux, etc.). Enfin, les transactions à distance (notamment celles sur internet) ne sont pas prises en compte dans les données départementales (données régionales pour la Corse).

La nomenclature d’activités utilisée sur les données de carte bancaire CB (nomenclature MCC, Merchant Category Code) ne coïncide pas avec la NAF. En outre, il n’existe pas de définition précise de ce que serait un « secteur tourisme », les activités touristiques étant transverses, ce qui complique leur mesure. Pour les données de transactions bancaires, ce seront vingt-cinq items de la nomenclature MCC qui seront agrégés pour approcher les activités touristiques, recouvrant des activités parfois purement touristiques (échoppes de souvenirs et cartes postales, expositions touristiques, parcs d’attractions…), et des activités qui en dépendent partiellement (restauration et bars notamment).

 

Emploi

Le fichier source utilisé est issu des Fichiers « Tous Salariés » 2017 (anciennement appelés DADS-Grand format).

Ces fichiers couvrent l’ensemble des employeurs et des salariés. Ils sont constitués à partir des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS), des Déclarations Sociales Nominatives (DSN), de données provenant du Système d’Information sur les Agents des Services Publics (SIASP) et des déclarations des particuliers employeurs.

La déclaration sociale nominative (DSN) est un fichier mensuel produit à partir des données de paie des salariés. Elle a notamment pour but de remplacer un grand nombre de déclarations administratives qui étaient adressées jusqu’alors à des acteurs différents (CPAM, Urssaf, AGIRC ARRCO, Organismes complémentaires, Pôle emploi, Centre des impôts, Caisses régimes spéciaux, etc.). La DSN regroupe des informations sur le salarié dans une déclaration unique pour communiquer ensuite les informations nécessaires à la gestion de la protection sociale des salariés aux organismes concernés.

Le millésime 2017 est un millésime mixte, dont les données sur le champ privé proviennent de deux sources distinctes : Déclarations sociales Nominatives (DSN) et Déclarations annuelles de données sociales (DADS), les premières se substituant progressivement aux secondes. Il s’agit du deuxième millésime de transition. Cette transition peut entraîner des différences de niveau par rapport aux millésimes antérieurs. Le passage à la DSN permet notamment de mieux capter les courtes périodes d’emploi.

 

Activité partielle

Le dispositif de l’activité partielle (dénomination légale du chômage partiel) permet aux établissements confrontés à des difficultés temporaires de diminuer ou de suspendre leur activité tout en assurant aux salariés une indemnisation égale à 70 % du salaire brut (environ 84 % du net) pour compenser leur perte de salaire. Tous les salariés de droit privé sont concernés, y compris dans les entreprises publiques. Les indemnités d’activité partielle sont remboursées intégralement par l'État et l'Unédic, jusqu’à un plafond de 70 % de 4,5 Smic. Les demandes d’indemnisation sont déposées par les entreprises auprès de la Direccte.

Les arrêts de travail pour maladie sont pris en charge par l’Assurance maladie. Au début du confinement, l’Assurance maladie finance également le dispositif exceptionnel des arrêts de travail dérogatoires pour garde d’enfant (ou pour les personnes vulnérables), lorsque le télétravail est impossible. À partir du 1er mai, les salariés en situation de garde d’enfant ou les personnes vulnérables basculent vers le dispositif d’activité partielle, dans la mesure où ils sont toujours dans l’impossibilité d’exercer leur activité professionnelle.

Ces indicateurs sont calculés à partir de la Déclaration Sociale Nominative (DSN). La DSN remplace la majorité des déclarations sociales imposées aux entreprises en automatisant leur transmission à partir des données de paie. La DSN regroupe des informations sur les établissements et les salariés. Elle est renseignée chaque mois par les entreprises et contient des informations relatives aux salariés de droit privé, notamment sur l’activité partielle et les arrêts de travail.

 

Estimations trimestrielles d’emploi

Les estimations trimestrielles d’emploi sont obtenues par application d’évolutions trimestrielles aux niveaux annuels. Ces évolutions trimestrielles sont calculées à partir de sources administratives. Depuis le premier trimestre 2017, les données sont établies en coproduction avec l'Acoss (champ privé hors intérim) et la Dares (sur l'intérim). L’introduction de la Déclaration sociale nominative (DSN) en remplacement du bordereau récapitulatif de cotisations (BRC) peut transitoirement affecter les comportements déclaratifs des entreprises et générer des révisions accrues sur les données. À partir de la validité du premier trimestre 2018, le champ des estimations trimestrielles d’emploi localisé (ETE) est étendu à l’ensemble de l’emploi salarié et aux départements d’outre-mer (hors Mayotte). Sont ainsi ajoutés les salariés de la fonction publique, de l’agriculture et de l’ensemble des particuliers employeurs.

Définitions

Le taux d’occupation est le rapport du nombre de chambres occupées au nombre de chambres effectivement offertes sur une période donnée (c’est-à-dire en excluant les fermetures saisonnières).

La fréquentation en nuitées correspond au nombre total de nuits passées par les clients dans un établissement touristique. Un couple séjournant trois nuits dans un établissement compte pour six nuitées, de même que six personnes ne séjournant qu’une nuit.

Le taux d’ouverture des hôtels est le nombre d’hôtels déclarés ouverts, rapporté au nombre total d’hôtels sur une période donnée.

Les résidents sont les personnes, quelle que soit leur nationalité, qui ont leur domicile principal en France.

Les activités touristiques : les activités sont classées selon leur degré de « touristicité » tel que défini ci-après :

  • Les activités 100 % touristiques telles que l’hôtellerie, l’hébergement, la gestion des musées, des parcs d’attractions...
  • Les autres activités touristiques telles que la restauration, le transport, le commerce, la gestion des salles de spectacles...
  • Les activités non touristiques (par exemple, la construction, l’industrie, les services administratifs…)

Le secteur « hébergement et restauration » : un secteur regroupe des entreprises de fabrication, de commerce ou de service qui ont la même activité principale (au regard de la nomenclature d'activité économique considérée). L'activité d'un secteur n'est donc pas tout à fait homogène et comprend des productions ou services secondaires qui relèveraient d'autres items de la nomenclature que celui du secteur considéré.

Le secteur « hébergement et restauration » appartient au secteur tertiaire principalement marchand.

Les estimations d'emploi désignent une synthèse de sources permettant une couverture exhaustive de l'emploi total (salarié et non salarié), exprimé en nombre de personnes physiques (et non en nombre de postes de travail), et une ventilation à un niveau sectoriel et géographique assez fin. Elles ont pour objectif la couverture de l'emploi total et la cohérence entre les différents niveaux d'agrégation.

Les estimations d'emploi comportent des estimations annuelles, portant sur l'emploi total au 31 décembre, et des estimations infra-annuelles (trimestrielles), portant sur un champ plus restreint (emploi salarié des secteurs marchands et emploi salarié privé des secteurs non-marchands en France métropolitaine). Les estimations produites avant septembre 2009 se fondaient sur les niveaux d'emploi dans le recensement général de la population de 1999, auxquels sont appliqués des indices d'évolution de l'emploi issus de sources variées, notamment l'enquête Acemo de la Dares et les données des Urssaf (exploitées via les fichiers Epure) et de l'Unédic.

A partir de 2009, les estimations d'emploi annuelles sont calculées à partir du dispositif Estel (Estimations d'emploi localisées), qui se fondent sur l'utilisation des sources administratives en niveau. Pour les salariés, il s'agit des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS « grand format ») contenant, en plus des DADS stricto sensu, les données du fichier de paye des agents de l'État et celles des particuliers employeurs). Pour les non salariés agricoles, les sources mobilisées sont les fichiers de la Mutualité Sociale Agricole (MSA) et pour les non salariés non agricoles, les fichiers de l'Agence Centrale des Organismes de Sécurité Sociale (ACOSS) qui est la Caisse Nationale des Unions de Recouvrement des Cotisations de Sécurité Sociale et d'Allocations Familiales (URSSAF).

Le passage à Estel permet d'améliorer les estimations d'emploi annuelles dans plusieurs dimensions : meilleure qualité des données (prise en compte explicite de la multiactivité, amélioration de la qualité des sources en amont, restriction du nombre de sources utilisées), double localisation au lieu de résidence et au lieu de travail, ventilation plus fine (au niveau géographique et au niveau des catégories de travailleurs), concept d'emploi « répertorié BIT » précis et stable dans le temps, homogénéisation des méthodes et traitements, délais plus courts.

Le concept central d'Estel- le nombre de personnes en emploi- est proche de celui du BIT. La mesure sera datée au 31 décembre de chaque année.

ESTEL estime un nombre de personnes en emploi. Mais à la différence du recensement, l'emploi d'Estel n'est pas déclaratif car appréhendé à partir des sources administratives afin de compter en emploi toute personne dès lors qu'elle a effectué un travail déclaré d'au moins une heure pendant la dernière semaine de l'année ou qu'elle a un lien formel avec son emploi (pour les salariés, il s'agit grosso modo de repérer les contrats de travail « actifs » fin décembre).