Activité touristique : impact de la crise sanitaire Covid19

Chiffres détaillés
Paru le : Paru le 17/03/2022
Sébastien Brumaud, Gwenael Delamarre, Laurent Zambon (Insee)
- Mars 2022
Sommaire

Une courte saison touristique, les hôtels du littoral résistent

Sébastien Brumaud, Gwenael Delamarre, Laurent Zambon (Insee)

En Nouvelle-Aquitaine, la saison touristique d’été se limite à juillet et août. La clientèle provenant de l’étranger diminue fortement faisant chuter la fréquentation des hôtels de 11 %. Plus nombreux qu’à l’été 2019, les clients résidant en France privilégient des séjours sur le littoral au détriment des villes.

Insee Flash Nouvelle-Aquitaine

No 59

Paru le : 10/12/2020

Une saison touristique d’été... limitée à juillet et août

La période estivale de 2020 s’inscrit dans un contexte économique fortement dégradé pour les 1 800 hôtels implantés en Nouvelle-Aquitaine. Les différentes mesures qui se succèdent pour lutter contre la pandémie depuis mi-mars limitent fortement les déplacements des populations pour leurs activités professionnelles et de loisirs.

Ainsi, entre avril et septembre, l’hôtellerie néo-aquitaine perd 4,5 millions de nuitées par rapport à la saison 2019, soit une baisse de 43 % ; une grande partie de ce déficit concerne les mois d’avril, mai, juin et septembre (figure 1).

En juillet et août, la fréquentation des hôtels atteint 3,8 millions de nuitées, en retrait de 11 % par rapport à l’été 2019. Au cœur de la saison touristique, la Nouvelle-Aquitaine, comme les régions de l’ouest de la France subissent des baisses moins importantes : Pays de la Loire (– 11 %) et Bretagne (– 7 %). En revanche, la fréquentation hôtelière recule davantage en Île-de-France (– 69 %) qui subit l’absence de la clientèle internationale, et dans une moindre mesure en Grand Est (– 31 %), Corse (– 24 %) et Occitanie (– 21 %).

Figure 1Une baisse de la fréquentation hôtelière moins forte en juillet et août 2020Évolution mensuelle 2020/2019 du nombre de nuitées dans les hôtels en Nouvelle-Aquitaine et en France métropolitaine

en %
Une baisse de la fréquentation hôtelière moins forte en juillet et août 2020 (en %) - Lecture : En juillet 2020, les nuitées hôtelières en Nouvelle-Aquitaine baissent de 15,8 % par rapport à juillet 2019.
Nouvelle-Aquitaine France Métropolitaine
Janvier 2,8 5,0
Février 13,4 6,2
Mars -53,3 -55,4
Avril -96,5 -96,2
Mai -91,9 -92,0
Juin -63,6 -73,0
Juillet -15,8 -36,1
Août -6,6 -24,1
Septembre -23,5 -42,3
  • Lecture : En juillet 2020, les nuitées hôtelières en Nouvelle-Aquitaine baissent de 15,8 % par rapport à juillet 2019.
  • Source : Insee, en partenariat avec la DGE et les partenaires territoriaux du tourisme, Enquête de fréquentation dans l’hôtellerie.

Figure 1Une baisse de la fréquentation hôtelière moins forte en juillet et août 2020Évolution mensuelle 2020/2019 du nombre de nuitées dans les hôtels en Nouvelle-Aquitaine et en France métropolitaine

  • Lecture : En juillet 2020, les nuitées hôtelières en Nouvelle-Aquitaine baissent de 15,8 % par rapport à juillet 2019.
  • Source : Insee, en partenariat avec la DGE et les partenaires territoriaux du tourisme, Enquête de fréquentation dans l’hôtellerie.

La clientèle provenant de l’étranger en forte baisse

La part de la clientèle non résidente est divisée par deux dans la fréquentation hôtelière, ne représentant plus que 11 % des nuitées en juillet et août. La Nouvelle-Aquitaine figure parmi les régions les plus touchées, après l’Île-de-France, l’Occitanie, la Corse et à un niveau proche de la Bretagne. Pour l’hôtellerie néo-aquitaine, la forte baisse de cette clientèle représente un déficit de 532 000 nuitées. Les établissements ont ainsi accueilli essentiellement des clients résidant en France. Pendant l’été, freinée dans ses projets de séjours à l’étranger, la fréquentation résidente augmente même de 2 % par rapport à 2019.

Limités dans leurs déplacements, ils sont plus nombreux en août qu’en juillet à séjourner dans les hôtels de la région.

Le littoral attractif, l’hôtellerie urbaine souffrante

Les hôtels du littoral néo-aquitain, plébiscités cet été par les clients résidant en France, attirent un peu plus de touristes que l’année passée (+ 1 %), contrairement à l’ensemble du littoral français (– 9 %). La crise sanitaire a incité cette clientèle à séjourner sur la côte atlantique au cœur de l’été ; le bassin d'Arcachon tire particulièrement son épingle du jeu (+ 14 %).

Dans l’intérieur des terres, la fréquentation hôtelière se replie de 17 %, perdant ainsi 480 000 nuitées par rapport à l’été 2019. Les établissements hôteliers situés en zone urbaine, déjà touchés par la diminution des déplacements professionnels, subissent la réduction de la demande touristique française et étrangère. Ainsi, la fréquentation s’écroule dans les grandes villes de la région, avec une perte d’un quart des nuitées dans les agglomérations de Bordeaux, Poitiers, Pau et Limoges. Néanmoins, dans certains territoires non côtiers tel le Périgord noir, le dynamisme de la fréquentation contraste avec la forte baisse d’activité hôtelière des centres urbains.

Encadré - Les locations de meublés sur les plateformes collaboratives baissent de 14 % de juin à septembre 2020 en Nouvelle-Aquitaine

En Nouvelle-Aquitaine, l’offre de meublés via les plateformes collaboratives a baissé de 12 % de juin à septembre 2020 par rapport à 2019. Cette baisse s’explique par les contraintes sanitaires et le choix de certains propriétaires de conserver la jouissance de leur bien.

Corollaire, le nombre de locations a diminué de 14 %, plus fortement en juin (– 31 %) et septembre (– 22 %) qu’en août (– 10 %). La fréquentation de juillet a été similaire à celle de 2019. La baisse est un peu moins forte sur le littoral qu’à l’intérieur des terres. Tous les départements sont en baisse mais certains plus ruraux, tels la Creuse ou la Corrèze (– 4 %), ont mieux résisté. En revanche, les zones urbaines sont plus touchées : – 12 % à Poitiers, – 15 % au Pays-Basque, – 19 % à Pau et – 35 % dans la métropole de Bordeaux.

Les revenus des loueurs baissent de 10 % sur l’ensemble de la saison, soit un manque à gagner estimé à 57 millions d’euros, réparti pour moitié sur le littoral et pour moitié à l’intérieur.

Source : AirDNA, plateformes de réservation (Airbnb, Booking, Homeaway et Sportihome), traitements Comité régional du tourisme Nouvelle-Aquitaine.

Sources

L’Insee réalise mensuellement une enquête sur la fréquentation des hôtels en partenariat avec la Direction générale des entreprises et les comités régionaux et départementaux du tourisme.

Les chiffres de juillet, août et septembre sont provisoires et amenés à être révisés.

Compte tenu de la crise sanitaire liée à la Covid-19, d’avril à juin 2020, cette enquête a été remplacée par un dispositif d’enquête allégée.

Définitions

Le taux d’occupation est le rapport du nombre de chambres occupées au nombre de chambres effectivement offertes sur une période donnée (c’est-à-dire en excluant les fermetures saisonnières).

La fréquentation en nuitées correspond au nombre total de nuits passées par les clients dans un établissement touristique. Un couple séjournant trois nuits dans un établissement compte pour six nuitées, de même que six personnes ne séjournant qu’une nuit.

Le taux d’ouverture des hôtels est le nombre d’hôtels déclarés ouverts, rapporté au nombre total d’hôtels sur une période donnée.

Les résidents sont les personnes, quelle que soit leur nationalité, qui ont leur domicile principal en France.

Les activités touristiques : les activités sont classées selon leur degré de « touristicité » tel que défini ci-après :

  • Les activités 100 % touristiques telles que l’hôtellerie, l’hébergement, la gestion des musées, des parcs d’attractions...
  • Les autres activités touristiques telles que la restauration, le transport, le commerce, la gestion des salles de spectacles...
  • Les activités non touristiques (par exemple, la construction, l’industrie, les services administratifs…)

Le secteur « hébergement et restauration » : un secteur regroupe des entreprises de fabrication, de commerce ou de service qui ont la même activité principale (au regard de la nomenclature d'activité économique considérée). L'activité d'un secteur n'est donc pas tout à fait homogène et comprend des productions ou services secondaires qui relèveraient d'autres items de la nomenclature que celui du secteur considéré.

Le secteur « hébergement et restauration » appartient au secteur tertiaire principalement marchand.

Les estimations d'emploi désignent une synthèse de sources permettant une couverture exhaustive de l'emploi total (salarié et non salarié), exprimé en nombre de personnes physiques (et non en nombre de postes de travail), et une ventilation à un niveau sectoriel et géographique assez fin. Elles ont pour objectif la couverture de l'emploi total et la cohérence entre les différents niveaux d'agrégation.

Les estimations d'emploi comportent des estimations annuelles, portant sur l'emploi total au 31 décembre, et des estimations infra-annuelles (trimestrielles), portant sur un champ plus restreint (emploi salarié des secteurs marchands et emploi salarié privé des secteurs non-marchands en France métropolitaine). Les estimations produites avant septembre 2009 se fondaient sur les niveaux d'emploi dans le recensement général de la population de 1999, auxquels sont appliqués des indices d'évolution de l'emploi issus de sources variées, notamment l'enquête Acemo de la Dares et les données des Urssaf (exploitées via les fichiers Epure) et de l'Unédic.

A partir de 2009, les estimations d'emploi annuelles sont calculées à partir du dispositif Estel (Estimations d'emploi localisées), qui se fondent sur l'utilisation des sources administratives en niveau. Pour les salariés, il s'agit des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS « grand format ») contenant, en plus des DADS stricto sensu, les données du fichier de paye des agents de l'État et celles des particuliers employeurs). Pour les non salariés agricoles, les sources mobilisées sont les fichiers de la Mutualité Sociale Agricole (MSA) et pour les non salariés non agricoles, les fichiers de l'Agence Centrale des Organismes de Sécurité Sociale (ACOSS) qui est la Caisse Nationale des Unions de Recouvrement des Cotisations de Sécurité Sociale et d'Allocations Familiales (URSSAF).

Le passage à Estel permet d'améliorer les estimations d'emploi annuelles dans plusieurs dimensions : meilleure qualité des données (prise en compte explicite de la multiactivité, amélioration de la qualité des sources en amont, restriction du nombre de sources utilisées), double localisation au lieu de résidence et au lieu de travail, ventilation plus fine (au niveau géographique et au niveau des catégories de travailleurs), concept d'emploi « répertorié BIT » précis et stable dans le temps, homogénéisation des méthodes et traitements, délais plus courts.

Le concept central d'Estel- le nombre de personnes en emploi- est proche de celui du BIT. La mesure sera datée au 31 décembre de chaque année.

ESTEL estime un nombre de personnes en emploi. Mais à la différence du recensement, l'emploi d'Estel n'est pas déclaratif car appréhendé à partir des sources administratives afin de compter en emploi toute personne dès lors qu'elle a effectué un travail déclaré d'au moins une heure pendant la dernière semaine de l'année ou qu'elle a un lien formel avec son emploi (pour les salariés, il s'agit grosso modo de repérer les contrats de travail « actifs » fin décembre).

Pour en savoir plus

Canonéro B., Gidrol J-P., Mainguené A., « La fréquentation touristique se dégrade en septembre, après avoir repris quelques couleurs en juillet-août », Insee Focus n°215, novembre 2020

Portail d’études et d’indicateurs sur le tourisme : Activité touristique : impact de la crise sanitaire Covid19 et suivi de la reprise d'activité

Sources

Enquête mensuelle de fréquentation touristique

L’enquête mensuelle de fréquentation touristique conduite par l’Insee auprès des hébergements collectifs de tourisme a été suspendue en mars 2020 compte tenu de la crise sanitaire liée à la Covid-19. Un dispositif d’enquête allégée a été mis en place d’avril à juin 2020 uniquement pour les hôtels, permettant de disposer d’un nombre restreint d’indicateurs et de connaître le type de personnes hébergées (touristes, personnels soignants, personnes confinées, personnes placées par les services sociaux du type Samu social).

Les données du premier trimestre 2020 ont été produites dans le contexte très particulier de la crise sanitaire. À partir du 18 mars, l'enquête de fréquentation touristique a été suspendue. De ce fait, seules les réponses spontanées des hébergements ont été prises en compte, les services d'enquêtes n'étant plus en capacité de relancer les hébergements.

L’enquête mensuelle de fréquentation touristique a été remise en œuvre en juillet 2020.

 

Chiffre d'affaires

Les résultats sont construits à partir d’une source fiscale, le formulaire « CA3 », que les entreprises remplissent pour le paiement de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Ce formulaire comprend le chiffre d’affaires hors TVA, toutes activités confondues, de l’entreprise déclarante, classée selon son activité principale.

Au niveau national l'Insee diffuse mensuellement des indices de chiffres, pour plus d'information consulter : https://www.insee.fr/fr/metadonnees/source/indicateur/p1669/description et https://www.insee.fr/fr/statistiques/4772485

Pour les niveaux régionaux et départementaux, les résultats sont construits à partir des unités légales dites mono-régionales (resp. monodépartementales), c'est-à-dire dont tous les établissements constituant cette unité sont situés dans la même région (resp. dans le même département). Ils sont ventilés selon les activités : 100 % touristiques, autres activités touristiques et non touristiques.

Les séries régionales et départementales concernent les unités légales monorégionales et monodépartementales pérennes de 2017 à 2021, les secteurs d'étude sont :

  • L'hôtellerie, comprenant les unités relevant des codes NAF "5510Z - Hôtels et hébergement similaire" et "5520Z - Hébergement touristique et autres services d'hébergement de courte durée" ;
  • L’hôtellerie de plein air, comprenant les unités relevant du code NAF "5530Z - Terrains de campings et parcs pour caravances ou véhicules de loisirs" ;
  • La restauration, comprenant les unités relevant du code NAF "5610A - Restauration traditionnelle", 5610B - Cafétérias et autres libres-services" et "5610C - restauration de type rapide".

On élimine les unités qui ont changé de secteur sur la période.

Les séries nationales portent également sur ces 3 secteurs d'étude mais sans condition sur la pérennité, la régionalité et le changement de secteur d'activité.

 

Cartes bancaires

L’évolution des achats opérés peut être appréciée par les données de transactions par carte bancaire. Les données utilisées concernent tout détenteur de Carte Bancaire CB sur le territoire français, ce qui, outre les ménages, peut recouvrir aussi des entreprises. Ces données ne recouvrent pas les transactions réalisées par d’autres moyens de paiement (espèces, chèque, ticket restaurant, etc.). De plus, à l’inverse des données utilisées à l’échelle nationale, notamment dans l’estimation de la perte de consommation des ménages, les données départementales intègrent certaines transactions non assimilables à de la consommation (dons à des associations, achat de timbres fiscaux, etc.). Enfin, les transactions à distance (notamment celles sur internet) ne sont pas prises en compte dans les données départementales (données régionales pour la Corse).

La nomenclature d’activités utilisée sur les données de carte bancaire CB (nomenclature MCC, Merchant Category Code) ne coïncide pas avec la NAF. En outre, il n’existe pas de définition précise de ce que serait un « secteur tourisme », les activités touristiques étant transverses, ce qui complique leur mesure. Pour les données de transactions bancaires, ce seront vingt-cinq items de la nomenclature MCC qui seront agrégés pour approcher les activités touristiques, recouvrant des activités parfois purement touristiques (échoppes de souvenirs et cartes postales, expositions touristiques, parcs d’attractions…), et des activités qui en dépendent partiellement (restauration et bars notamment).

 

Emploi

Le fichier source utilisé est issu des Fichiers « Tous Salariés » 2017 (anciennement appelés DADS-Grand format).

Ces fichiers couvrent l’ensemble des employeurs et des salariés. Ils sont constitués à partir des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS), des Déclarations Sociales Nominatives (DSN), de données provenant du Système d’Information sur les Agents des Services Publics (SIASP) et des déclarations des particuliers employeurs.

La déclaration sociale nominative (DSN) est un fichier mensuel produit à partir des données de paie des salariés. Elle a notamment pour but de remplacer un grand nombre de déclarations administratives qui étaient adressées jusqu’alors à des acteurs différents (CPAM, Urssaf, AGIRC ARRCO, Organismes complémentaires, Pôle emploi, Centre des impôts, Caisses régimes spéciaux, etc.). La DSN regroupe des informations sur le salarié dans une déclaration unique pour communiquer ensuite les informations nécessaires à la gestion de la protection sociale des salariés aux organismes concernés.

Le millésime 2017 est un millésime mixte, dont les données sur le champ privé proviennent de deux sources distinctes : Déclarations sociales Nominatives (DSN) et Déclarations annuelles de données sociales (DADS), les premières se substituant progressivement aux secondes. Il s’agit du deuxième millésime de transition. Cette transition peut entraîner des différences de niveau par rapport aux millésimes antérieurs. Le passage à la DSN permet notamment de mieux capter les courtes périodes d’emploi.

 

Activité partielle

Le dispositif de l’activité partielle (dénomination légale du chômage partiel) permet aux établissements confrontés à des difficultés temporaires de diminuer ou de suspendre leur activité tout en assurant aux salariés une indemnisation égale à 70 % du salaire brut (environ 84 % du net) pour compenser leur perte de salaire. Tous les salariés de droit privé sont concernés, y compris dans les entreprises publiques. Les indemnités d’activité partielle sont remboursées intégralement par l'État et l'Unédic, jusqu’à un plafond de 70 % de 4,5 Smic. Les demandes d’indemnisation sont déposées par les entreprises auprès de la Direccte.

Les arrêts de travail pour maladie sont pris en charge par l’Assurance maladie. Au début du confinement, l’Assurance maladie finance également le dispositif exceptionnel des arrêts de travail dérogatoires pour garde d’enfant (ou pour les personnes vulnérables), lorsque le télétravail est impossible. À partir du 1er mai, les salariés en situation de garde d’enfant ou les personnes vulnérables basculent vers le dispositif d’activité partielle, dans la mesure où ils sont toujours dans l’impossibilité d’exercer leur activité professionnelle.

Ces indicateurs sont calculés à partir de la Déclaration Sociale Nominative (DSN). La DSN remplace la majorité des déclarations sociales imposées aux entreprises en automatisant leur transmission à partir des données de paie. La DSN regroupe des informations sur les établissements et les salariés. Elle est renseignée chaque mois par les entreprises et contient des informations relatives aux salariés de droit privé, notamment sur l’activité partielle et les arrêts de travail.

 

Estimations trimestrielles d’emploi

Les estimations trimestrielles d’emploi sont obtenues par application d’évolutions trimestrielles aux niveaux annuels. Ces évolutions trimestrielles sont calculées à partir de sources administratives. Depuis le premier trimestre 2017, les données sont établies en coproduction avec l'Acoss (champ privé hors intérim) et la Dares (sur l'intérim). L’introduction de la Déclaration sociale nominative (DSN) en remplacement du bordereau récapitulatif de cotisations (BRC) peut transitoirement affecter les comportements déclaratifs des entreprises et générer des révisions accrues sur les données. À partir de la validité du premier trimestre 2018, le champ des estimations trimestrielles d’emploi localisé (ETE) est étendu à l’ensemble de l’emploi salarié et aux départements d’outre-mer (hors Mayotte). Sont ainsi ajoutés les salariés de la fonction publique, de l’agriculture et de l’ensemble des particuliers employeurs.

Définitions

Le taux d’occupation est le rapport du nombre de chambres occupées au nombre de chambres effectivement offertes sur une période donnée (c’est-à-dire en excluant les fermetures saisonnières).

La fréquentation en nuitées correspond au nombre total de nuits passées par les clients dans un établissement touristique. Un couple séjournant trois nuits dans un établissement compte pour six nuitées, de même que six personnes ne séjournant qu’une nuit.

Le taux d’ouverture des hôtels est le nombre d’hôtels déclarés ouverts, rapporté au nombre total d’hôtels sur une période donnée.

Les résidents sont les personnes, quelle que soit leur nationalité, qui ont leur domicile principal en France.

Les activités touristiques : les activités sont classées selon leur degré de « touristicité » tel que défini ci-après :

  • Les activités 100 % touristiques telles que l’hôtellerie, l’hébergement, la gestion des musées, des parcs d’attractions...
  • Les autres activités touristiques telles que la restauration, le transport, le commerce, la gestion des salles de spectacles...
  • Les activités non touristiques (par exemple, la construction, l’industrie, les services administratifs…)

Le secteur « hébergement et restauration » : un secteur regroupe des entreprises de fabrication, de commerce ou de service qui ont la même activité principale (au regard de la nomenclature d'activité économique considérée). L'activité d'un secteur n'est donc pas tout à fait homogène et comprend des productions ou services secondaires qui relèveraient d'autres items de la nomenclature que celui du secteur considéré.

Le secteur « hébergement et restauration » appartient au secteur tertiaire principalement marchand.

Les estimations d'emploi désignent une synthèse de sources permettant une couverture exhaustive de l'emploi total (salarié et non salarié), exprimé en nombre de personnes physiques (et non en nombre de postes de travail), et une ventilation à un niveau sectoriel et géographique assez fin. Elles ont pour objectif la couverture de l'emploi total et la cohérence entre les différents niveaux d'agrégation.

Les estimations d'emploi comportent des estimations annuelles, portant sur l'emploi total au 31 décembre, et des estimations infra-annuelles (trimestrielles), portant sur un champ plus restreint (emploi salarié des secteurs marchands et emploi salarié privé des secteurs non-marchands en France métropolitaine). Les estimations produites avant septembre 2009 se fondaient sur les niveaux d'emploi dans le recensement général de la population de 1999, auxquels sont appliqués des indices d'évolution de l'emploi issus de sources variées, notamment l'enquête Acemo de la Dares et les données des Urssaf (exploitées via les fichiers Epure) et de l'Unédic.

A partir de 2009, les estimations d'emploi annuelles sont calculées à partir du dispositif Estel (Estimations d'emploi localisées), qui se fondent sur l'utilisation des sources administratives en niveau. Pour les salariés, il s'agit des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS « grand format ») contenant, en plus des DADS stricto sensu, les données du fichier de paye des agents de l'État et celles des particuliers employeurs). Pour les non salariés agricoles, les sources mobilisées sont les fichiers de la Mutualité Sociale Agricole (MSA) et pour les non salariés non agricoles, les fichiers de l'Agence Centrale des Organismes de Sécurité Sociale (ACOSS) qui est la Caisse Nationale des Unions de Recouvrement des Cotisations de Sécurité Sociale et d'Allocations Familiales (URSSAF).

Le passage à Estel permet d'améliorer les estimations d'emploi annuelles dans plusieurs dimensions : meilleure qualité des données (prise en compte explicite de la multiactivité, amélioration de la qualité des sources en amont, restriction du nombre de sources utilisées), double localisation au lieu de résidence et au lieu de travail, ventilation plus fine (au niveau géographique et au niveau des catégories de travailleurs), concept d'emploi « répertorié BIT » précis et stable dans le temps, homogénéisation des méthodes et traitements, délais plus courts.

Le concept central d'Estel- le nombre de personnes en emploi- est proche de celui du BIT. La mesure sera datée au 31 décembre de chaque année.

ESTEL estime un nombre de personnes en emploi. Mais à la différence du recensement, l'emploi d'Estel n'est pas déclaratif car appréhendé à partir des sources administratives afin de compter en emploi toute personne dès lors qu'elle a effectué un travail déclaré d'au moins une heure pendant la dernière semaine de l'année ou qu'elle a un lien formel avec son emploi (pour les salariés, il s'agit grosso modo de repérer les contrats de travail « actifs » fin décembre).